Médiathèque 5 : Shaman King - Julian Bocachard - E-Book

Médiathèque 5 : Shaman King E-Book

Julian Bocachard

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Beschreibung

Durant les années 2000, en France, le manga a pris une place de plus en plus importante chez les libraires.
Certains titres forts, dont "Shaman King", ont été les fers de lance d’une nouvelle génération de lecteurs. Cependant,
en comparaison de Naruto ou Bleach, dont les succès ont perduré après leur conclusion, l’oeuvre de Hiroyuki
Takei n’a pas bien su résister à l’épreuve du temps. Malgré tout, le retour de la saga à travers ses suites et son
adaptation animée ont entraîné un regain de popularité depuis 2018. OEuvre prometteuse mais inachevée, puis
phénix ressuscité, "Shaman King" a des choses à dire, tout comme son auteur, qui est parvenu à ne pas s’incliner
en dépit des difficultés rencontrées. Cet ouvrage propose de revenir sur l’artiste et son parcours, la genèse et l’évolution de son manga, ainsi que ses différents niveaux de lecture.

 À PROPOS DE L'AUTEUR

Julien Bocachard - Enfant des années 1990, Julian a été bercé par la fin du Club Dorothée avant de s’émerveiller sur les œuvres qui ont entretenu l’animation japonaise en France, telles que Pokémon,Yu-Gi-Oh!,Digimon et Card Captor Sakura. Rédacteur sur le site Manga News , qu’il a rejoint dès ses années de lycée, il voue un amour sans nom à la saga Gundam , à l’univers Dragon Ball , aux jeux Yu-Gi-Oh!, à la sage Persona d’Atlus, à la mafia de Katekyô Hitman Reborn! et au monde numérique de Digimon. Joueur vidéoludique ponctuel, il ne refuse jamais une partie de Crash Bandicoot ou de Resident Evil. 

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Seitenzahl: 82

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Couverture

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Médiathèque 5 : Shaman Kingde Julian Bocachardest édité par Third Éditions10, rue des Arts, 31000 [email protected]

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Tous droits réservés. Toute reproduction ou transmission, même partielle, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans l’autorisation écrite du détenteur des droits.

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Le logo Third est une marque déposée par Third Éditions, enregistré en France et dans les autres pays.

Directeurs éditoriaux : Nicolas Courcier et Mehdi El KanafiÉdition : Ludovic CastroAssistants d’édition : Ken Bruno et Damien MecheriTextes : Julian BocachardPréparation de copie : Sylvie Bernard et Hélène FuricRelecture sur épreuves : Sarah RivoalMise en pages : Bruno ProvezzaCouverture : Ken Bruno

Cet ouvrage à visée didactique est un hommage rendu par Third Éditions au manga Shaman King.L’auteur se propose de retracer un pan de Shaman King dans ce recueil unique, qui décrypte les inspirations, le contexte et le contenu du manga à travers des réflexions et des analyses originales.

Shaman King est une marque déposée de Kôdansha.Tous droits réservés.

Le visuel de la couverture est inspiré du manga Shaman King.

Édition française, copyright 2024, Third Éditions. Tous droits réservés.ISBN numérique : 978-2-37784-508-8Dépôt légal : mai 2024

Page de Titre

SHAMANKING

MEDIATHEQUE 5

JULIAN BOCACHARD

Sommaire

Avant-propos
Chapitre 1 : Création
Chapitre 2 : Univers
Chapitre 3 : Les adaptations animées
Chapitre 4 : Décryptage
Conclusion
Bibliographie
Remerciements

SHAMANKING

MEDIATHEQUE 5

Avant-propos

Durant les années 2000, en France, le manga a pris une place de plus en plus importante chez les libraires. Certains titres forts, dont Shaman King, ont été les fers de lance d’une nouvelle génération de lecteurs. Cependant, en comparaison de Naruto ou Bleach, dont les succès ont perduré après leur conclusion, l’œuvre de Hiroyuki Takei n’a pas bien su résister à l’épreuve du temps. Malgré tout, le retour de la saga à travers ses suites et son adaptation animée ont entraîné un regain de popularité depuis 2018. Œuvre prometteuse mais inachevée, puis phénix ressuscité, Shaman King a des choses à dire, tout comme son auteur, qui est parvenu à ne pas s’incliner en dépit des difficultés rencontrées. Cet ouvrage propose de revenir sur l’artiste et son parcours, la genèse et l’évolution de son manga, ainsi que ses différents niveaux de lecture.

L’auteur :

Enfant des années 1990, Julian a été bercé par la fin du Club Dorothée avant de s’émerveiller sur les œuvres qui ont entretenu l’animation japonaise en France, telles que Pokémon, Yu-Gi-Oh!, Digimon et Card Captor Sakura. Rédacteur sur le site Manga News, qu’il a rejoint dès ses années de lycée, il voue un amour sans nom à la saga Gundam, à l’univers Dragon Ball, aux jeux Yu-Gi-Oh!, à la saga Persona d’Atlus, à la mafia de Katekyô Hitman Reborn! et au monde numérique de Digimon. Joueur vidéoludique ponctuel, il ne refuse jamais une partie de Crash Bandicoot ou de Resident Evil.

SHAMANKING

MEDIATHEQUE 5

Chapitre 1 : Création

Hiroyuki Takei, sur la voie du Shônen Jump

Les auteurs de mangas ne souhaitent pas tous créer une œuvre pour les mêmes raisons. Toutefois, dans le cas des artistes ayant œuvré dans le Shônen Jump, on retrouve bien souvent des critères communs, que ce soit un goût précoce pour le dessin ou la découverte de la revue de prépublication durant leurs jeunes années. Rien d’anormal, après tout : bien que le lectorat du magazine soit large, celui-ci a toujours cherché à parler à la jeunesse, notamment à travers ses fameuses valeurs – amitié, effort et victoire.

Le cas de Hiroyuki Takei fait à moitié exception. Né le 15 mai 1972, celui-ci grandit dans la campagne de Yomogita, dans la préfecture d’Aomori, aux côtés de son petit frère Hirofumi Takei, qui deviendra lui aussi mangaka. Ce dernier se fera connaître notamment pour la série Chopperman, dérivé humoristique de One Piece centré sur le petit renne de l’équipage du Chapeau de paille. L’aîné de la fratrie, lui, découvre le manga à l’âge de six ans, non pas avec le Shônen Jump, mais grâce au CoroCoro Comic, un magazine de la maison d’édition Shôgakukan qui a accueilli certaines adaptations de licences fortes comme Pokémon, Splatoon ou Duel Masters. Malgré ce premier contact avec le manga, le choc n’a pas directement lieu. Pour cela, il faudra attendre les neuf ans du futur auteur. Hiroyuki parcourt alors les pages de Mashônen BT (nommé Cool Shock BT en Occident), l’œuvre d’un certain Hirohiko Araki, qui façonnera un peu plus tard le légendaire JoJo’s Bizarre Adventure. La découverte de cet artiste cristallisera la passion de Takei – qui citera JoJo’s et Baoh parmi ses titres favoris – et marquera indéniablement son style et son œuvre au sens large.

Dès lors, tout semble prédestiner le jeune garçon au dessin. Son premier fait d’armes survient à l’adolescence. Collégien, il remporte un concours de création de véhicules pour la gamme de modèles réduits Mini 4WD, organisé par la version mensuelle du CoroCoro Comic. Parmi 30 000 candidats, seuls trois créateurs sont désignés, dont lui. Des années plus tard, âgé de dix-huit ans, Hiroyuki n’est toujours pas auteur, mais il choisit de quitter sa campagne de Yomogita pour la mégalopole tokyoïte. Passé les vingt ans, il a un enfant, mais toujours pas de travail. Face à l’urgence de subvenir aux besoins de son foyer, il décide de revenir à sa passion du dessin, ce qui lui permet de dénicher un premier emploi. C’est en répondant à une petite annonce parue dans le magazine Famitsu qu’il devient assistant pour le mangaka Tamakichi Sakura, grande figure de la bande dessinée nipponne des années 1990 et 2000, mais dont les œuvres ne sont jamais arrivées en France.

À partir de cette première expérience, Hiroyuki Takei emprunte un chemin qu’il qualifie aujourd’hui de peu orthodoxe. En 1994, il reçoit une mention honorable au prix Tezuka, concours destiné à récompenser les nouveaux artistes, et organisé deux fois par an conjointement par le Shônen Jump et le quotidien Asahi Shinbun. Il se distingue notamment grâce à son histoire courte Anna l’itako1. Sans le savoir, il vient alors de poser la première pièce de son univers shamanique, qu’il continuera de nourrir pendant près de trente ans. Grâce à ce prix, il est présenté au mangaka Nobuhiro Watsuki, le père du populaire Kenshin le vagabond, sur lequel celui-ci travaillait à l’époque. Takei devient alors son assistant aux côtés d’autres artistes, dont Eiichirô Oda, Mikio Itô et Gin Shinga. Tous sont passionnés et dédient leur art au manga. Pour Takei, il s’agit d’une occasion parfaite, puisqu’il n’habite qu’à quelques pas du studio de Watsuki. Ainsi, rien ne l’empêche de rester tard la nuit pour dessiner. Son travail fervent auprès d’un mentor chevronné marque le véritable début de sa carrière en tant que mangaka.

Après avoir fait ses armes en tant qu’assistant, il est temps pour lui de se lancer dans un projet personnel. S’il adore les séries publiées dans le Shônen Jump, il souhaite apporter quelque chose de différent. C’est ainsi que naît en mars 1997 le manga Butsu Zone, un récit d’aventures et d’affrontements dans lequel les personnages se servent de pouvoirs provenant des croyances bouddhistes et shamaniques. Dans ce titre composé de dix-neuf chapitres partagés en trois volumes, l’auteur débutant aborde un univers spirituel qu’il ne quittera plus. Avec du recul, il admettra que la mythologie de Shaman King est la suite logique de cette première série.

L’aventure du Jump

Butsu Zone prend fin en août 1997 dans le Jump, et il faudra une petite année avant que l’auteur mette sur pied un nouveau projet. Le résultat est celui qui fera sa renommée dans le monde : Shaman King. Reprenant le folklore abordé dans Butsu Zone et dans son histoire courte Anna l’itako, Takei dépeint une aventure ésotérique qui lui permet d’aborder diverses cultures et religions. Dans cette histoire, de nombreux personnages capables de communiquer avec les fantômes participent à un tournoi, le Shaman Fight, afin de devenir le roi des shamans. La série débute le 13 juillet 1998 et quittera officiellement la revue plus de six années plus tard, le 13 septembre 2004. Pendant la parution, de 2001 à 2002, elle a droit à sa première adaptation animée, dont nous parlerons plus en détail dans un prochain chapitre.

Avec cette première série-fleuve, Hiroyuki Takei doit faire face plus frontalement au fonctionnement impitoyable du magazine. Les classements de popularité, résultant de votes des lecteurs, qui trouvent dans chaque numéro un bulletin à remplir, décident du destin des séries. Celles flirtant trop longtemps avec le bas de la liste ont souvent tendance à être annulées. Tout mangaka souhaitant réussir et développer son œuvre sur le long terme doit donc veiller à satisfaire les attentes du lectorat. Quand on pense aux blockbusters du Shônen Jump, on imagine des titres qui s’octroient les premières places du podium pendant de longues périodes. Pourtant, le déroulement des séries populaires n’est pas forcément aussi constant. Shaman King fait partie de celles qui, du début à la fin, ont côtoyé tous les étages du classement. Elle n’a pas fait partie des élèves modèles ne quittant jamais les premières places, mais a connu des hauts et des bas ; des moments où les lecteurs ne votaient plus en masse pour la série, et d’autres où celle-ci figurait un bon temps dans le top 10.

Du fait que Shaman King oscille dans la classification du Jump