Mon Fils T'appartient Seigneur - Corine E. Phillips - E-Book

Mon Fils T'appartient Seigneur E-Book

Corine E. Phillips

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Beschreibung

Entrez dans le récit boulversant de "Mon Fils T'appartient Seigneur" de Corine E. Phillips; un livre qui résonne dans les coeurs endurant une perte profonde ou cherchant le récondort dans le chagrin. Corine met son âme à nu dans un voyage authentique d'amour, de perte et de foi, qui commence avec le décès de son fils; Caleb. Il ne s'agit pas seulement d'une histoire, mais d'une invitation à témoigner de l'esprit de résilience de l'humanité et à découvrir une paix qui transcende les domaines de la compréhension. Au-delà d'un récit de deuil, ce livre est un témoignage de la force de l'esprit humain, un phare qui inspire la force dans l'épreuve. Procurez-vous votre exemplaire pour vivre une expérience spirituellement enrichissante.

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Seitenzahl: 199

Veröffentlichungsjahr: 2024

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A Michael, mon humain préféré.

Dieu m’a promis qu’un jour, toi et moi, nous le servirons ensemble. En attendant ce jour, je continuerai à croire et à tenir fermement à cette promesse. Je t’aime.

SOMMAIRE

I. INTRODUCTION

II. CHAPITRES

1. CALEB, NOTRE JOYEUX ENFANT

2. VA DANS LE PAYS QUE JE VOUS MONTRERAI

3. QUOI QU’IL ARRIVE, JE T’AIMERAI TOUJOURS

4. SEIGNEUR, IL T’APPARTIENT

5. PRÊTE POUR LE PROCHAIN DÉFI

6. JÉSUS, OÙ ÉTAIS-TU?

7. MÊME S’IL N’AGIT PAS

8. SAINT ESPRIT, MON MEILLEUR AMI

9. DIEU EST BON

10. MON FILS UNIQUE, MAIS POURQUOI ?

11. TA FOI TE SAUVERA

III. ALBUM PHOTO

IV. EPILOGUE

V. REMERCIEMENTS

VI. À PROPOS DE L’AUTEUR

La première fois que j’ai écrit la moitié d’un livre, j’avais environ 12 ans. Il s’agissait d’un livre d’enquêtes criminelles. À l’époque, c’étaient les livres que j’aimais le plus. Après ce chapitre de ma vie, il ne m’est pas venu à l’esprit qu’un jour, peut-être, je serais appelée à écrire un livre à nouveau, même si depuis plus d’une décennie, la tenue d’un journal est une pratique religieuse pour moi.

Vers la fin de l’année 2018, j’ai commencé à embrasser l’idée d’écrire un livre d’encouragement pour les femmes Chrétiennes mariées à des hommes non croyants. Cette idée découlait de mes propres expériences, car je vivais la même situation à l’époque. Cependant, je ne l’ai jamais achevé en raison d’une tragédie imprévue qui a frappé ma famille.

Le 11 Mars 2019, mon fils unique, Caleb Toby Phillips, est décédé dans l’un de nos hôpitaux Méthodistes de Houston où il fut transporté d’urgence pour recevoir des soins médicaux. Je suis reconnaissante à l’équipe qui a fait tout son possible pour le réanimer.

Dans les mois qui ont suivi le décès de Caleb, nous sommes passés par le feu. Dans ces moments-là, Dieu ne m’a pasINTRODUCTION seulement porté, mais il m’a révélé la raison de cet événement. “Le prix était trop élevé”, lui ai-je crié un après-midi. Oui, il l’était, mais avec Dieu, j’ai compris que son amour insouciant pour nous va au-delà de ce que nous pouvons l’imaginer.

Je viens d’une culture où la mort est rarement considérée comme naturelle. Les gens supposent toujours que si vous mourez, c’est que quelque chose de mystique ou quelqu’un a dû “s’occuper de vous”. Dans les quelques jours qui ont suivi le départ de Caleb, j’ai pensé que j’étais puni par Dieu. Si vous aviez observé ma marche avec le Seigneur à cette époque de ma vie, vous auriez certainement su que mes pensées n’étaient pas en accord avec ma réalité. Pourquoi, alors, cela s’est-il produit ? Je n’ai pu m’empêcher de me poser la question.

Lorsque le Seigneur m’a demandé d’écrire ce livre, j’étais très réticente. Je craignais que les gens pensent que je cherchais de la pitié. Partager le plan de Dieu derrière le départ de Caleb me mettait mal à l’aise. Je redoutais d’être considérée comme folle - ne vous inquiétez pas, j’ai fait la paix avec moi-même à ce sujet. Je n’ai rien contre le fait que vous me traitiez de folle. Si je dois l’être, pour l’amour de mon sauveur, Jésus, alors qu’il en soit ainsi - même par des gens qui me connaissaient. Je ne me sentais pas qualifiée pour écrire et voir mon livre publié un jour. “Mon Fils T’appartient Seigneur” est une authentique histoire d’amour. C’est l’histoire de mon retour à la maison vers Christ, de ce que Dieu est devenu pour moi, et de la façon dont le Saint-Esprit m’a fait traverser le feu indemne.

Lorsque Jésus a dit dans Matthieu 11:30 que son joug est doux et son fardeau léger, je l’ai cru ! Bien qu’être croyant puisse être très difficile et déprimant à certains moments, c’est la volonté personelle de Le laisser agir dans nos vies qui nous permet d’expérimenter la paix qui surpasse l’entendement au milieu des épreuves.

Quand Caleb a été formé dans mon sein, Dieu avait un plan et un but pour lui. Ma prière aujourd’hui est que des vies soient transformées par les mots de ce livre. Puissiez-vous voir Dieu dans chaque page. Puissiez-vous ressentir la paix que j’ai connue au milieu du chagrin. Puissiez-vous non seulement pleurer avec moi, mais aussi vous réjouir. J’espère que ce livre allumera en vous le désir de commencer votre marche authentique avec Jésus.

CALEB, NOTRE JOYEUX ENFANT

Cette petite lumière en moi,

Je la laisserai briller.

Cette petite lumière en moi,

Je la laisserai briller.

Cette petite lumière en moi,

Je la laisserai briller.

Brilles, brilles, brilles.

Let It Shine - Listener Kids

J’ai beaucoup prié pour avoir cet enfant. Il était le seul espoir que j’avais à ce moment-là de croire un jour que je pourrais devenir mère. Je savais que je ne le méritais pas, mais j’étais déterminée à ne pas abandonner jusqu’à ce que Dieu m’exauce.

Caleb est né le 27 juin 2016, trois jours après la date prévisionelle pour mon accouchement. Tandis qu’il se sentait à l’aise dans mon sein, j’étais impatiente de le voir. Pendant neufmois, j’avais imaginé à quoi il ressemblerait, et je ne pouvais plus attendre. Le jour présumé de l’accouchement, le 24 juin 2016, ma petite sœur Love et moi avons marché tout autour de Bonapriso à Douala, au Cameroun - mon quartier à l’époque - en espérant que cela déclencherait le travail. Rien ne s’est produit ce soir-là, et nous sommes rentrées à la maison, épuisées. Le dimanche, j’ai dit à mon petit ami, Michael, qu’en allant au travail le lundi, nous devrions nous arrêter à l’hôpital parce que je ne pouvais pas attendre plus longtemps pour voir mon bébé. J’ai appelé mon gynécologue pour le prévenir, et mon accouchement a été programmé.

Lundi matin, vers 7h40, je me suis allongée dans la salle de travail et le déclenchement de l’accouchement a commencé. Michael est resté avec moi pendant une trentaine de minutes environ, puis il est allé au travail, en me faisant savoir qu’il reviendrait à l’heure du déjeuner. J’ai appelé ma mère pour qu’elle vienne, mais elle était trop épuisée parce que mon jeune frère Dany et sa petite amie Yanelle, qui est aujourd’hui sa femme, ont eu leur premier enfant pendant la nuit. C’était une fille, Oria. Malheureusement, elle est décédée la même semaine. C’était un bébé prématuré qui n’a pas survécu. Ma mère a donc promis d’être là en fin de journée, une fois qu’elle serait bien reposée. D’après elle, comme c’était mon premier accouchement, le travail prendrait toute la journée. J’ai ensuite appelé mon frère aîné, Patrick, en Australie, afin qu’il prie pour moi. Une fois que j’ai raccroché, j’ai pris un dernier selfie, j’ai mis déposé montéléphone sur le côté et je ne l’ai plus touché jusqu’à la fin de l’accouchement.

À l’heure du déjeuner, Michael est revenu me voir, et vers 13h40, j’ai donné naissance à un gros garçon en bonne santé. “C’est un bébé ! C’est un bébé !” J’étais en état de choc lorsque la sage-femme m’a tendu Caleb, qui sortait tout droit de mon utérus. Je n’arrivais pas à croire qu’un être humain puisse produire un autre être humain. Cela m’a fait prendre conscience de la beauté de ce miracle qu’est l’accouchement. Il pesait 3,7 kg. Dieu merci, l’accouchement a été relativement rapide et sans danger.

Une fois l’accouchement terminé, Michael, notre fils Caleb et moi-même avons été installés dans ma chambre privée. Pendant que je déjeunais, ma tante Lydie, la sœur aînée de ma mère, est entrée. Elle n’en croyait pas ses yeux. À sa grande surprise, le travail et l’accouchement se sont déroulés rapidement. Je suis restée quatre jours à l’hôpital. Tous les matins, Michael s’arrêtait pour me dire bonjour, et tous les soirs après le travail. Pendant tout mon séjour à l’hôpital, ma tante Lydie s’est occupée de Caleb et moi. Elle m’a donné le bain lorsque j’étais trop faible pour le faire. Elle veillait sur Caleb pendant que je prenais une sieste. Elle m’encourageait à allaiter malgré l’horrible mal de tête que j’avais - c’était l’effet secondaire de la péridurale que j’avais reçue. Puisque Caleb était un gros bébé, j’ai eu droit à une déchirure vaginale, dont je m’en serais bien passée. J’ai reçu de nombreuses visites d’amis et de membres de ma famille àl’hôpital. Le dernier jour, mes parents sont venus me chercher et nous sommes allés chez eux. Nous avons été accueillis très chaleureusement, la chambre d’enfant était prête pour nous. J’y suis restée pendant un mois, où ma famille s’est occupée de Caleb et moi. Tous les jours, à l’heure du déjeuner, Michael venait nous rendre visite chez mes parents. Selon l’entreprise pour laquelle il travaillait à l’époque, il n’avait pas le droit de nous rendre visite la nuit ; c’était interdit. Nous vivions dans un des logements de l’entreprise à Bonapriso. Le week-end, nous allions passer le samedi après-midi avec lui et le soir nous retournions chez mes parents. Après ce mois chez mes parents, Michael est venu nous chercher et nous sommes rentrés chez nous.

Dieu a entendu mon cri. J’étais maintenant une maman, pour de vrai.

Lorsque Caleb était bébé, je passais des heures à le regarder pendant qu’il dormait. Je faisais des pauses pour faire autre chose, mais je revenais toujours pour regarder mon fils dormir dans son berceau. Je n’arrivais pas à croire que quelque chose d’aussi parfait était sorti de moi, l’imparfaite. Michael avait pour habitude de poser Caleb sur sa poitrine, afin de ressentir sa chaleur et ça l’apaisait. Une nuit, il est allé dans la chambre de Caleb et l’a laissé dormir sur sa poitrine, et lui aussi s’est endormi. À un moment de la nuit, j’ai entendu mon bébé pleurer si fort que je me suis réveillée. Je suis allée dans sa chambre et je l’ai vu allongé sur le sol, en train de crier. Il était tombé de la poitrinede Michael. Heureusement, il a atterri sur le tapis épais près du lit. Cette nuit-là, je me suis tellement énervée contre Michael. Et dans ma colère de maman ours, je me souviens l’avoir frappé si fort parce qu’il avait fait du mal à mon bébé. Il ne s’est pas réveillé parce qu’il était trop fatigué et sans doute trop ivre pour le faire. J’ai pris mon bébé et je l’ai emmené dans ma chambre. Il n’avait que deux mois. Même si cela m’a mise en colère, j’ai reconnu plus tard que derrière cet incident se cachait un père follement amoureux de son fils. Caleb était tout pour Michael. Pour lui, il pouvait tuer. Un jour, il m’a dit qu’il n’avait jamais pensé qu’il aurait un jour un enfant. Son ex-femme ne lui a jamais donné d’enfants et, à un moment donné de sa vie, il a perdu l’espoir d’être un père biologique. Caleb était son miracle.

Pendant mes années d’université, j’avais un bon ami de mon église de jeunes qui s’appelait Caleb. Avant lui, je n’avais jamais entendu ce nom. Je trouvais son nom unique. J’ai donc dit à Corine, ma meilleure amie de l’université, qu’un jour, si j’ai un garçon, je l’appellerais Caleb.

Six ans plus tard, j’attendais un garçon et je savais comment il s’appellerait. Un soir, j’ai dit à Michael que je voulais que notre fils s’appelle Caleb. Au début de notre relation, Michael était très discret sur sa vie. Il ne parlait jamais de sa famille aux États-Unis. Je ne savais pas s’il avait des choses à cacher ou s’il ne me faisait pas encore suffisamment confiance pour partager des informations familiales avec moi. Peut-être était-ce un peudes deux. Il m’a dit qu’il y réfléchirait. Une semaine ou deux plus tard, il est revenu me dire qu’il avait trouvé un nom pour notre fils, et que ce serait, attendez, Caleb ! Et au moment où je m’apprêtais à dire “Attends une minute, n’est-ce pas ce que j’avais suggéré ?”, il m’a dit que c’était le nom de son feu frère et qu’il adorerait que notre fils porte son nom. Je ne pouvais rien ajouter à cela. L’histoire retiendra que notre fils devait s’appeler Caleb parce que sa maman aimait ce prénom et que son papa voulait honorer la mémoire de son frère en donnant son nom à son fils.

Embaucher une nounou au Cameroun est quelque chose de relativement facile et courant. Nous en avons eu une pour Caleb, ce qui nous a permis, surtout à moi, de respirer. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé dans mon pays : il faut un village pour élever un enfant. Qu’il soit gratuit ou payant, le “village” est toujours là. On ne se sent presque jamais seul. L’aide, quelle qu’elle soit, est presque toujours disponible. Je l’ai davantage apprécié lorsque nous avons déménagé pour les États-Unis, parce que j’étais désormais une maman au foyer à temps plein et qu’à 18 mois de Caleb, il était sans doute temps pour moi de m’occuper pleinement de mon fils. Cela a renforcé nos liens, mon fils et moi. J’étais beaucoup plus présente et proche de lui. Partout où j’allais, il était avec moi. À un moment donné, je l’appelais mon “mini-moi” parce que je me voyais en lui. C’était un garçon si aimant et si doux.

Une après-midi - il avait environ deux ans - lui et moi étions à table en train de déjeuner, et Michael prenait une sieste sur le canapé. Lorsque Caleb a fini son assiette, il est descendu et s’est dirigé vers son père. Il m’a regardé, a pointé son père du doigt et a dit “ee sheepy”, signifiant “he’s sleeping” ; en français, “il dort”. J’ai hoché la tête en signe d’approbation et je lui ai dit de ne pas réveiller son père. Il est donc allé dans sa chambre, a pris son ours en peluche, l’a placé dans les bras de Michael et a embrassé son père sur le front. Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais. Comment et quand mon fils a-t-il vu et appris cela ? J’avais l’habitude de mettre l’ours en peluche de Caleb dans ses bras lorsqu’il faisait la sieste, et j’embrassais Michael sur le front presque chaque fois que je le voyais dormir dans notre lit. Je n’avais aucune idée de quand et comment mon fils m’observait faire ces choses. Le voir faire cela m’a donné un grand sourire et un sentiment de fierté. J’élevais un garçon doux et aimant, et ce que je faisais, il le copiait. Je pense qu’à partir de ce jour, je suis devenue très prudente sur la façon dont je me comportais en sa présence.

Il y a une autre fois où il m’a fait rire aux éclats. J’avais l’habitude de déplacer des objets dans notre appartement. J’étais une amatrice d’art, et à cette époque, je passais également mon certificat de d’architecte d’intérieur. Un soir, Michael n’était pas là et j’étais seule à la maison avec Caleb. J’ai sorti mes outils pour accrocher mes tableaux. Me voici donc sur la table, en train d’ajuster l’impression dans le cadre, et soudainement, du coinde l’œil, je vois Caleb qui s’approche avec mon protège-slip. Il a enlevé la bande adhésive et a collé le protège-slip sur le mur, puis il a fait deux pas en arrière et l’a observé sur le mur, puis il est retourné l’ajuster et l’a regardé pour s’assurer que “son tableau” était bien accroché. Mon Dieu, je n’ai pas pu m’en empêcher. J’étais morte de rire. Une fois de plus, c’était tout à fait moi. J’ai enregistré toute la scène à partir du moment où je l’ai vu avec mon protège-slip. Mon petit doigt m’avait dit qu’il préparait quelque chose, alors j’ai fait en sorte de l’enregistrer. Malheureusement, j’ai perdu cette vidéo. Il y avait aussi cette autre vidéo de lui où je le surprenais dans ma salle de bain en train de mettre mon protège-slip sur ses sous-vêtements.

Caleb était si amusant. Un sacré gamin ! Un petit garçon joyeux. Il était aussi mon partenaire de câlins. Nous avions tous les deux en commun d’aimer les câlins, de sucer notre langue et de nous frotter l’un à l’autre comme le font les chats. C’est certainement l’une des choses que j’aimais le plus et qui me manque de Caleb - ses câlins et ses embrassades.

Parmi les choses que j’aimais partager avec mon fils, il y avait les leçons de natation. Il a commencé à prendre des leçons un peu avant l’âge de deux ans. Nous suivions les cours parentsenfants, où nous étions ensemble dans la piscine. Juste avant qu’il ne décède, il était passé au niveau supérieur, où il allait tout seul dans la piscine et n’avait plus besoin de maman. Il faisait de bons progrès et j’étais si fière de lui. À l’école de natation, on lui avaitdonné une pièce de récompense que je garde sur moi jusqu’à aujourd’hui.

Je l’ai également initié à la mode. Mon fils était si beau et si élégant. À l’époque, je n’ai pas réalisé à quel point ce petit garçon était magnifique, jusqu’à ce qu’il décède. Partout où il allait, il attirait les compliments. Cela me mettait parfois mal à l’aise parce que c’était un enfant, mais moi-même je recevais beaucoup de compliments de la part d’étrangers sur ma beauté et mon élégance. Je suppose que les chiens ne font pas des chats. Parfois, il restait debout avec moi très tard, lorsque je sélectionnais des tenues pour mon compte mode d’Instagram où je partageais des inspirations vestimentaires. Il me fallait souvent essayer des tenues avant de les filmer, et mon fils me tenait compagnie. Pendant que je m’amusais avec mes vêtements, il s’amusait avec ses jouets et portait parfois mes chaussures pour rigoler.

Avec Caleb à mes côtés, je pensais tout le temps aux différents moyens de m’améliorer. Sa présence dans ma vie m’a encouragée à en faire plus et à poursuivre mes rêves. Je l’ai ressenti encore plus pendant que je passais mon diplôme d’architecte d’intérieur. Lorsque je me suis inscrite à ce cours, j’ai décidé de confier Caleb à la garderie. Cela me donnait plus de temps pendant la journée pour me concentrer sur mes études. Certains soirs, je travaillais tard, et tant que Michael était là à veiller sur Caleb, je pouvais continuer à avancer. Une semaine, Michael était de nouveau en déplacement pour son travail. Je travaillais sur un modulecompliqué. Nous devions créer un plan d’étage à l’aide du Dessin Assisté par Ordinateur (CAD), et ça c’était difficile. Ce soir-là, j’ai décidé de ne pas me coucher avant d’avoir terminé. Mon espace bureau était dans la cuisine. J’ai nourri Caleb, je lui ai donné son bain et je l’ai laissé regarder la télévision pendant que je travaillais. J’étais tellement concentrée que je n’ai pas réalisé qu’il se faisait tard. Caleb a commencé à faire quelque chose dans mon dos, mais cela ne m’intéressait pas trop de regarder, tellement j’étais déterminée à terminer cet exercise. Mon fils était très indépendant et je le laissais volontairement faire des bêtises pour qu’il en tire une ou deux leçons. Mais ce n’était jamais des choses très dangereuses. À un moment donné, le silence s’est totalement installé. Je me suis retournée et j’ai vu mon fils allongé sur le sol, en train de dormir, avec des oreillers autour de lui et sa couverture rouge. Je n’ai pas pu m’en empêcher. J’ai pris une photo, puis j’ai versé quelques larmes – je suis parfois trop émotive – car je venais de réaliser quelque chose. Mon fils ne voulait pas me déranger. Il a donc silencieusement fait un lit près de moi et m’a laissée travailler, pensant probablement que je nous emmènerais au lit quand je serais prête à me coucher.

Lorsqu’il est décédé quelques mois plus tard, je n’avais pas terminé mon diplôme et j’ai failli abandonner parce que je n’avais pas envie de continuer si Caleb n’était pas là pour me soutenir. Après tout, malgré ma passion pour le design, je souhaitais laisser un héritage à mon fils grâce à ma passion. Je voulais qu’il soit fier de sa mère un jour, lorsqu’il serait assezgrand pour dire : “Ma mère est une architecte d’intérieur qui a réussi”. Malheureusement, il n’en sera jamais ainsi, et cela me brise le cœur encore aujourd’hui.

Au fur et à mesure que notre petit bébé devenait un bambin, il commença à développer de nouveaux caractères. Il pris de l’assurance et de l’autorité, surtout à la maison avec Michael et moi. Il ne s’ouvrait pas beaucoup aux étrangers, mais restait cordial. C’était le copain de son père. Michael le déposait le matin à la garderie et le récupérait le soir en rentrant à la maison. C’était leur moment père-fils. Ils avaient leurs rituels que je ne connaissais pas toujours, et cela me convenait.

Dès son plus jeune âge, Caleb a aimé Dieu. Il chantait toutes les chansons de Listener Kids à haute voix et il dansait dessus. J’ai appris à mon fils à honorer Dieu et à se réjouir des choses du Seigneur. Je l’emmenais à l’église avec moi chaque fois que je le pouvais. J’étais déterminée à lui donner ce que ma mère nous avait donné : la crainte et l’amour de Dieu. Je suis si heureuse d’avoir pu relever ce défi pendant le peu de temps qu’il a vécu.

Le dessin animé favori de Caleb c’était Pyjamasques. Il était passioné par ces gars-là. Il chantait tout le générique du dessin animé à tue-tête à la maison. Une semaine avant son décès, il nous a donné un petit spectacle à la maison. J’ai pris une vidéo de lui parce que l’énergie qu’il dégageait valait la peine d’être filmée. L’équipe de Pyjamasques venait à Sugar Land, au Texas, pour un spectacle, et Michael nous a obtenu des billets. Le week-endoù nous devions aller voir le spectacle, Caleb est tombé malade. Le dimanche matin, nous avons hésité à y aller parce qu’il était très faible et léthargique. Néanmoins, nous avons décidé de l’emmener voir le spectacle. Il était extraordinaire. Caleb s’est amusé, mais pas trop parce qu’il ne se sentait pas bien. Nous lui avons offert un t-shirt à l’effigie de son héros Pyjamasques préféré, Catboy. Cette année-là, trois mois après ce jour, Caleb allait avoir 3 ans et j’avais prévu de lui organiser une fête au thème Pyjamasques. Je pensais garder le t-shirt jusqu’à son anniversaire. Mais le lendemain, lorsque Michael est venu nous chercher pour aller aux urgences, quelque chose dans mon esprit m’a dit : c’est le jour idéal pour lui porter son plus beau t-shirt. Je l’ai donc habillé avec le t-shirt bleu Pyjamasques que nous avions acheté la veille. Notre fils est décédé ce lundi-là.

Caleb était aussi unique que son nom. Il était aimé par les gens qui l’entouraient. Les étrangers le trouvaient élégant, et la famille le trouvait mignon. Pour Michael et moi, il était notre plus grande fierté et notre source de joie. Il ne se passe pas un mois ou une année sans que nous ne souhaitions le serrer dans nos bras et l’aimer une dernière fois.

VA DANS LE PAYS QUE JE VOUS MONTRERAI

Tu es la tombe où dorment nos pères,

Le jardin que nos aïeux ont cultivé.

Nous travaillons pour te rendre prospère.

Un beau jour enfin nous serons arrivés

De l’Afrique sois fidèle enfant,

Et progresse toujours en paix,

Espérant que tes jeunes enfants,

T’aimeront sans bornes à jamais.

Le chant de ralliement (hymne national du Cameroun) - René Djam Afame

C’est le Lundi 1 Janvier, 2018, que j’ai officiellement déménagé aux États-Unis avec mon petit ami Michael et notre fils Caleb, qui avait un an et demi à ce moment là. Je suis arrivée dans un pays qui m’était étranger et, honnêtement, je n’avais pas du tout envie d’y être ! Michael nous y avait emmenés,