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30 chansons de Pierre Perret illustrées dont les textes font rire, charme et font réfléchir. Pierre Perret est multiple. Auteur, compositeur, interprète, il est un poète de notre temps dont le regard nous réjouit, nous interroge et nous éclaire.
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Seitenzahl: 48
Veröffentlichungsjahr: 2021
Avec l’aimable autorisation des Editions Adèle.
Tous les textes de ce livre sont de Pierre Perret,
Auteur-Compositeur-Interprète Français.
Les illustrations de ce livre sont de Roger Moréton
Peintre-Illustrateur Français.
Remerciements à Madame Rébecca Perret
La bête est revenue
Lily
Le tord boyaux
Le cul de Lucette
Tonton Cristobal
Vieux Sidney
Mon p’tit loup
L’arbre si beau
La télé en panne
La petite kurde
Sauvage
La porte de ta douche est restée entr’ouverte
Ferdinand
Riz pilé
La femme grillagée
Le zizi
La réforme de l’orthographe
Les jolies colonies de vacances
Le plombier
Vert de colère
Donnez-nous des jardins
Ouvrez la cage aux oiseaux
Les tabliers bleus
L’hopital
Ainsi parlait mon grand père
Elle attend son petit
Quand le soleil entre dans ma maison
Femmes battues
La sieste
Quelle époque on vit
Sait-on pourquoi, un matin,
Cette bête s'est réveillée
Au milieu de pantins
Qu'elle a tous émerveillés
En proclamant partout, haut et fort
"Nous mettrons l’étranger dehors"
Puis cette ogresse aguicheuse
Fit des clones imitatifs.
Leurs tirades insidieuses
Convainquirent les naïfs
Qu'en suivant leurs dictats xénophobes,
On chasserait tous les microbes.
Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi, la bête est revenue!
C'est une hydre au discours enjôleur
Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
Y a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne lui ouvre pas ta porte.
D'où cette bête a surgi,
Le ventre est encore fécond.
Bertold Brecht nous l’a dit.
11 connaissait la chanson.
Celle-là même qu’Hitler a tant aimée,
C'est la valse des croix gammées
Car, pour gagner quelques voix
Des nostalgiques de Pétain,
C'est les juifs, encore une fois,
Que ces dangereux aryens
Brandiront comme un épouvantail
Dans tous leurs sinistres éventails.
Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi, la bête est revenue!
C'est une hydre au discours enjôleur
Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
Y a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne lui ouvre pas ta porte.
N'écoutez plus, braves gens,
Ce fléau du genre humain,
L’aboiement écœurant
De cette bête à chagrin
Instillant par ces chants de sirène
La xénophobie et la haine.
Laissons le soin aux lessives
De laver plus blanc que blanc.
Les couleurs enjolivent
L'univers si différent.
Refusons d'entrer dans cette ronde
Qui promet le meilleur des mondes.
Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi, la bête est revenue!
C'est une hydre au discours enjôleur
Dont les cent mille bouches crachent le malheur.
Y a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne lui ouvre pas ta porte.
Car, vois-tu, petit, je l'ai vue,
La bête. La bête est revenue.
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d’Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs
Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s’est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de chez
Elle a essayé l’Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fut le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite sœur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c’est pour conjurer sa peur Lily
Qu’elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur
Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l’enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l’amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d’émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.
Tl s'agit d'un boui-boui bien crado
Où les mecs par dessus l'calendo
Se rincent la cloison au Kroutchev maison
Un Bercy pas piqué des hannetons
D'temps en temps y a un vieux pue-la-sueur
Qui s'offre un vieux jambon au vieux beurre
Et puis une nana, une jolie drôlesse
Qui lui vante son magasin à fesses
Au Tord-Boyaux
Le patron s'appelle Bruno
Il a de la graisse plein les tifs
De gros points noirs sur le pif
Quand Bruno fait l'menu et le sert
T'as les premières douleurs au dessert
L'estomac à genoux qui demande pardon
Les boyaux qui tricotent des napperons
Les rotules de grand-mère c’est du beurre
A côté du bifteck pomme vapeur
Si avant d'entrer y te reste une molaire
Un conseil : tu la laisses au vestiaire
Au Tord-Boyaux
Le patron s'appelle Bruno
Sa femme est morte y a trois mois
D'un ulcère à l’estomac
Dans le quartier meme le mois le plus doux
Tu n'risques pas d'entendre miaou
Des greffiers mignons y en a plus bezef
Ils sont tous devenus terrine du chef
Je m’souviendrai longtemps d’un gazier
