Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Découvrez Amsterdam au travers des yeux de ses habitants.
La ville d'Amsterdam, avant-gardiste et libérée, vous cache bien des mystères. Dans cet ouvrage entre guide et récit, ses habitants vous la dévoilent comme vous ne l'avez jamais vue. Amstellodamois et Amstellodamoises de toujours ou d'adoption, ils ont grandi, travaillé et vécu dans cette ville. Ils s'en sont imprégnés et l'ont parfois même changée. Ils la connaissent comme leur poche et vous font part de leurs secrets les mieux gardés. Les portraits dressés ici sont riches et variés : Yvette est réalisatrice de films pornographiques féministes, Jeroen et Gio sont propriétaires d'un coffee-shop, Sjeazy est DJ la nuit, militante le jour, ... Amsterdam et ses habitants n'ont pas fini de vous surprendre !
Portraits d'Amsterdam est un livre de la collection
Vivre ma ville, qui vous présente la ville avec un nouveau regard, celui de ceux et celles qui la vivent et qui la font. Vous trouverez dans cet ouvrage plus de deux cents adresses et bons plans : restaurants, shopping, sorties, visites, tout y passe ! Onze habitants vous racontent leur parcours, ce qui leur plait à Amsterdam, les raisons de leur présence. Chaque portrait est accompagné de leurs conseils, classés par centre d'intérêt. Amsterdam n'aura bientôt plus de secret pour vous !
Un guide de voyage original à la découverte d'Amsterdam vue par ceux qui y vivent.
EXTRAIT
Certains de celles et ceux que vous allez découvrir dans les prochaines pages sont des personnalités amstellodamoises, d’autres, de parfaits inconnus dans la ville. Pour ce livre, nous avons pris le temps d’écouter leur histoire. Au travers d’elles, ce sont les contours de la ville qui se précisent, la mosaïque des portraits dessine Amsterdam.
L’objet littéraire qui suit est donc hybride : entre le récit et le guide pratique, c’est un livre de voyage. Il s’adresse aux visiteurs, aux touristes et à ceux qui veulent vivre à Amsterdam. Il parle à celles et ceux qui sont curieux et veulent trouver des idées dans les parcours de leurs semblables.
Ce livre a été écrit en toute indépendance. Les lieux proposés dans ces pages sont ceux des invités des auteurs, ceux qu’ils partagent avec le lecteur dans la plus grande liberté, en toute subjectivité.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 289
Veröffentlichungsjahr: 2018
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
PORTRAITSD’AMSTERDAM
Céline L’Hostis
PORTRAITS D’AMSTERDAM
par Céline L’Hostis est un livre de la collection Vivre ma ville.
Directeur de la publication : Anthony Dufour.
Édition : Elise Bultez.
Maquette et mise en page : Katarina Cendak.
Correction : Claire Daures.
Imprimé en France par Typo’ Libris.
Distribution : Les Belles Lettres DD ; diffusion : CED-CEDIF.
Couverture illustration originale © Katarina Cendak.
Photographies des portraits : © Céline L’Hostis.
Carte de la ville : © Shutterstock.
Hikari Éditions
4, avenue Foch, 59000 Lille (France).
www.hikari-editions.com
© Hikari Éditions, 2018.
ISBN 978-2-36774-130-7
ISSN 2430-4891
Dépôt légal : mai 2018.
Toute reproduction partielle ou intégrale, faite sans l’accord préalable et écrit de l’auteur et de l’éditeur, est strictement interdite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du Code de la Propriété intellectuelle). La copie sur support papier à usage privé de ces différents objets de droits est autorisée conformément à l’article L122-5 du Code de la Propriété intellectuelle. Aucun guide n’est parfait, des erreurs se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Des informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Merci de nous suggérer toute correction utile que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition en nous écrivant à [email protected].
SOMMAIRE
1. Tomoko Kurita, violoniste, 51 ans, japonaise
2. Simion Blom, élu municipal et militant, 28 ans, néerlando-surinamais
3. Danielle Bourgois, retraitée heureuse, 70 ans, française
4. Sjeazy Pearl, DJ et activiste LGBT, 29 ans, néerlandaise
5. Özden Karababa, photographe, 44 ans, turque
6. Paul Spits, entrepreneur, 31 ans, néerlandais
7. Yvette Luhrs, militante et travailleuse du sexe, 32 ans, néerlandaise
8. Edy Juneady, restaurateur, 43 ans, indonésien
9. Clémentine Latron, dessinatrice, 28 ans, française
10. Jeroen Roeleveld et Gio Dronkers, gérants d’un coffee-shop, 47 ans, néerlandais
11. Céline L’Hostis, auteure, 30 ans, française
Classement des adresses
Plans
Amsterdam en un coup d’œil
Amsterdam pratique
Remerciements
Bibliographie
VIVRE MA VILLE
Portraits d’Amsterdam de la collection Vivre ma ville est un livre dans lequel ceux qui vivent dans la cité vous en donnent les clefs. Mieux qu’un guide de tourisme, nous allons dresser ici onze portraits à la première personne, dans lesquels vous découvrirez l’histoire de celles et ceux qui vivent ou qui ont choisi de vivre à Amsterdam.
Chaque voyage, chaque départ, a sa propre histoire. On s’exile ou l’on reste par amour, pour travailler, pour fuir, pour découvrir, parce qu’on a ce choix et parfois parce qu’il n’y a pas d’alternative. C’est une aventure permanente qui a un immense mérite pour celui qui la vit : ouvrir les yeux.
Certains de celles et ceux que vous allez découvrir dans les prochaines pages sont des personnalités amstellodamoises, d’autres, de parfaits inconnus dans la ville. Pour ce livre, nous avons pris le temps d’écouter leur histoire. Au travers d’elles, ce sont les contours de la ville qui se précisent, la mosaïque des portraits dessine Amsterdam.
L’objet littéraire qui suit est donc hybride : entre le récit et le guide pratique, c’est un livre de voyage. Il s’adresse aux visiteurs, aux touristes et à ceux qui veulent vivre à Amsterdam. Il parle à celles et ceux qui sont curieux et veulent trouver des idées dans les parcours de leurs semblables.
Ce livre a été écrit en toute indépendance. Les lieux proposés dans ces pages sont ceux des invités des auteurs, ceux qu’ils partagent avec le lecteur dans la plus grande liberté, en toute subjectivité.
« Je suis née au Japon, sur l’île de Honsh, dans la ville tragiquement célèbre d’Hiroshima. Je n’y ai cependant jamais vécu et n’en garde aucun souvenir. Pourtant, j’ai toujours le vague sentiment qu’être née à Hiroshima n’est pas anodin. La profession de mon père, journaliste, nous amenait à déménager fréquemment à travers le pays, si bien que de toute mon enfance, je n’ai jamais vécu plus d’une ou deux années dans une même ville. C’était un mode de vie très instable, car à chaque déménagement, je devais me réadapter à un nouvel environnement. Mais la société japonaise étant plus patriarcale qu’aux Pays-Bas, ma mère, mon frère aîné et moi l’avons suivi partout sans hésitation.
Mes parents n’étaient pas musiciens, mais ils ont toujours voulu que mon frère et moi ayons la meilleure éducation possible. La musique devait, selon eux, en faire partie. Mon père est un grand amateur de musique classique, notamment du Boléro de Ravel, le premier disque que nous avons eu. Quand mon grand-frère a commencé à prendre des leçons de violon, j’étais encore très petite. L’instrument et les mélodies qui en sortaient me fascinaient. Bien sûr, je voulais surtout imiter mon frère, comme le font si souvent les petites sœurs. Mes parents, qui étaient ravis de mon engouement précoce pour la musique, m’ont donc inscrite à mes premières leçons de violon à l’âge de 3 ans.
J’ai suivi une méthode, novatrice à l’époque, qui a été conçue au milieu du XXe siècle par Shinichi Suzuki, un violoniste très doué. Alors qu’aucune partition ne pouvait lui résister, il rencontrait énormément de difficulté dans l’apprentissage de la langue allemande. Il a remarqué que les très jeunes enfants n’avaient aucune difficulté pour apprendre une nouvelle langue, y compris les dialectes les plus compliqués. Suzuki s’est donc basé sur leurs facultés spécifiques pour créer une méthode d’apprentissage de la musique dont les principes fondamentaux sont de commencer dès le plus jeune âge, de se baser sur le principe de l’apprentissage de la langue maternelle, d’utiliser la mémoire auditive, de donner des cours en groupe et d’inviter les parents aux leçons individuelles.
Le violon est devenu pour moi une langue à part entière, au même titre que le japonais. J’en jouais deux à trois heures par jour sans jamais me lasser. À l’âge de 9 ans, mon professeur m’a inscrite à un concours où j’ai été sélectionnée pour faire partie d’un programme à destination de dix jeunes musiciens japonais. Avec nos enseignants, nous sommes partis un mois aux États-Unis donner une série de concerts. L’expérience était incroyablement enrichissante, mais j’étais encore si petite. Le mal du pays et l’éloignement avec mes parents ont été difficiles à vivre : j’ai pleuré pendant les trois premiers jours du voyage. Heureusement, nos accompagnateurs étaient formidables et mon chagrin est finalement passé. À l’âge de 11 ans, j’ai même participé une nouvelle fois à ce programme.
Cependant, mes parents déménageaient toujours beaucoup à cause du métier de mon père et il devenait difficile pour moi de suivre mes cours et des leçons de violons. Nous avons pris la décision de m’inscrire à la Tokyo University of fine arts and music où j’ai obtenu une place à l’internat. Me séparer de mes parents a été aussi difficile pour moi que pour eux. Mais ma mère, qui n’a jamais travaillé en dehors de la maison et de ses enfants, a toujours tenu à ce que je devienne moi-même une femme indépendante. La séparation avec mes parents a été difficile, mais je savais que pour progresser dans ma pratique, c’était la meilleure solution. Dans cet établissement, je suivais les cours comme n’importe quel autre élève de l’école, puis je poursuivais ma journée par deux à trois heures de leçons quotidiennes, principalement de théorie et de solfège. La discipline était stricte, mais l’école et l’internat m’ont offert un cadre pour me consacrer entièrement à la passion qui m’animait le plus : le violon. À côté de ces enseignements, je m’entraînais également deux heures au minimum chaque soir. Songs my mother taught me de Dvorák est la chanson que je préférais jouer à l’époque, et celle qui reste toujours ma favorite. Je suis restée dans cet établissement jusqu’à mes 24 ans.
Je finissais mon école à Tokyo quand j’ai découvert le travail d’Herman Krebbers, un violoniste néerlandais. Il avait acquis une renommée mondiale par les enseignements qu’il dispensait au Conservatoire d’Amsterdam. Les plus grands violonistes contemporains travaillaient avec lui : Frank Peter Zimmermann, Peter Tanfield, Jeanne Lamon, Vera Beths, Rudolf Koelman ou encore Szymon Krzes-Zowiec. Je rêvais d’intégrer ses cours à mon tour. Cependant, il n’enseignait qu’en Europe, aux Pays-Bas plus précisément. Je n’avais jamais entendu parler de ce pays et n’étais pas capable de le situer sur une carte. Mais ma passion dévorante pour le violon, à laquelle s’ajoutait l’envie de m’améliorer toujours plus, m’a poussé à acheter mon billet d’avion. Étudier la musique classique en Europe, le continent de tous les grands compositeurs, était un rêve de petite fille que j’étais sur le point de réaliser.
J’ai posé le pied à Amsterdam à 25 ans, sans aucune idée de la ville que j’allais découvrir. Quand j’y repense aujourd’hui, je réalise à quel point c’était un saut dans l’inconnu pour lequel je n’étais pas préparée. Sans surprise, mon arrivée a été très difficile. La société néerlandaise est à l’opposé de la culture japonaise. J’étais aussi timide, discrète et respectueuse qu’on m’avait appris à l’être à l’internat. A contrario, le peuple néerlandais me semblait rude, froid et parfois grossier. Je me souviens de cette fois, à la gare d’Amsterdam peu après mon arrivée, où un Néerlandais a pris ma place dans la fille d’attente parce que je n’avançais pas assez vite. C’était inimaginable au Japon. Je n’arrivais pas à comprendre les personnes qui m’entouraient. À Tokyo, les relations sociales sont extrêmement codifiées, de même que les comportements individuels. Ici, les gens agissaient avec une spontanéité qui me surprenait. Néanmoins, leur franchise a su me séduire. Au Japon, impossible de dire ce que l’on pense vraiment. À Amsterdam, un Néerlandais vous donnera toujours son opinion, même sans y avoir été invité, ce qui simplifie tellement les leçons de violons et les répétitions.
Révolution(s)
Dans les années 1960 et 1970, la rigueur protestante d’Amsterdam est bousculée par une vague de mouvements contestataires, qui préludent aux événements français de mai 1968. Les Provos cherchent à réveiller les consciences tandis que la tolérance que la ville développe envers l’usage des drogues douces en fait une ville de prédilection pour la génération hippie. Une révolution sociétale s’amorce pour la jeunesse de l’époque. Au-delà des manifestations, Amsterdam est également, après la Seconde Guerre mondiale et à cette époque, un lieu d’expérimentations artistiques et culturelles, avec l’héritage du mouvement CoBrA et des artistes comme Karel Appel.
Le vent de liberté qui soufflait à l’époque sur Amsterdam m’a effrayée autant qu’il m’a séduite. La société japonaise est très fermée, notamment sur les questions sociétales. Imaginez une jeune Japonaise dans les années 1980, sortant de son internat de filles de Tokyo et arrivant seule à Amsterdam. J’ai découvert en même temps le quartier rouge, la drogue, les engagements politiques, mais surtout une vraie liberté de mœurs. Quelques mois après mon arrivée, un ami avait décidé de préparer un space cake à l’occasion d’une soirée étudiante, à ma plus grande surprise, car à l’époque, je n’avais aucune idée de ce que pouvait contenir un tel gâteau. Pour autant, certaines questions m’ont fait réfléchir. Aujourd’hui, je suis heureuse de vivre dans une société multiculturelle qui a légalisé le mariage pour tous, autorisé l’euthanasie et qui considère que la femme doit être émancipée, libre et forte.
Quand je suis arrivée à Amsterdam, j’ai habité quelque temps à l’hôtel avant de trouver une petite chambre dans un appartement que je partageais avec une vieille dame. Heureusement, les autres étudiants que je fréquentais, plus aguerris que moi, m’ont aidé à m’installer. J’ai par la suite beaucoup déménagé de la Bethoveenstraat au Jordaan, en passant par Leidenstraat ou encore Jacob van Lennepstraat. Ces appartements étaient très agréables, mais souffraient d’un vrai problème : le manque d’insonorisation. Je jouais autant que possible à l’école, mais une fois que je n’ai plus été étudiante, c’est devenu plus compliqué. Je ne compte plus le nombre de voisins que mes entraînements intensifs ont excédés. Je me console en me disant que peut-être certains d’entre eux achètent maintenant leur place pour venir m’écouter jouer.
Au bout d’un an à Amsterdam, je voulais rentrer au Japon. Je trouvais la vie si difficile : je ne parlais pas la langue, les gens me semblaient durs et je souffrais de l’éloignement avec ma famille. Je suis pourtant restée pour continuer à suivre les enseignements de mon professeur, Herman Krebbers. Que n’aurais-je pas fait pour le violon ! J’aimais énormément ce professeur qui m’a beaucoup appris. Comme je n’avais pas d’argent, il me donnait les tickets et les invitations qu’il recevait pour des concerts et des spectacles. Il voulait que je me nourrisse intellectuellement. Je me suis alors promis de rester un an de plus, promesse que j’ai renouvelée l’année d’après ainsi que la suivante.
Quatre années après mon arrivée, j’avais 29 ans et je finissais le conservatoire. J’avais finalement commencé à me créer une vie à Amsterdam et j’ai donc cherché un travail, en me promettant toujours de repartir l’année suivante. Je n’aurais jamais pensé rester si longtemps : l’exubérance et la forte personnalité des Néerlandais me gênaient toujours beaucoup. J’étais comme écrasée. Pourtant je sais aussi que leur nonchalance et leur décontraction m’ont aidée à relativiser au quotidien en réduisant mon niveau de stress, toujours très élevé. Aujourd’hui, même si j’ai toujours le mal du pays, je me plais à Amsterdam. C’est une ville à taille humaine, où je peux tout faire à pied ou à vélo, y compris aller à mes répétitions. J’aime me promener dans le centre-ville, sauf dans les quartiers gagnés par le tourisme de masse, qui a pris des proportions inquiétantes ces dernières années.
Velours rouge et cuivre vieilli
L’orchestre royal du Concertgebouw a été fondé en 1888, quelques mois après l’inauguration de la superbe salle d’inspiration néo-Renaissance flamande dont elle porte le nom. Aujourd’hui considérée comme l’un des trois meilleurs orchestres internationaux, avec les philharmoniques de Berlin et Vienne, son répertoire de prédilection comprend des œuvres du romantisme tardif de compositeurs tels que Mahler, Bruckner et Strauss. L’acoustique exceptionnelle du bâtiment, soyeuse et chaleureuse, attire les meilleurs musiciens et chefs d’orchestre. Avec plus de 850 000 visiteurs et environ 800 événements par an, elle est la deuxième salle philharmonique la plus fréquentée au monde.
Pendant mes études, j’avais été engagée par l’orchestre royal du Concertgebouw comme remplaçante. Au Japon, il n’existe pas de telles salles dédiées aux orchestres philharmoniques. Je pouvais m’entraîner avec l’orchestre, parfois jouer quelques récitals. Cette expérience m’a réellement enthousiasmée. Dès la fin de mon apprentissage avec Herman Krebbers, j’ai donc passé une première audition pour intégrer cet orchestre, sans succès. J’ai en revanche été recrutée à Hilversum, une ville de taille moyenne située à 35 km au sud-est d’Amsterdam, par l’orchestre de la radio philharmonique, pour lequel j’ai joué pendant trois années consécutives. À côté de cela, je donnais des récitals, parfois au Japon, quand je rentrais voir ma famille qui me manquait toujours autant, mais le plus souvent je jouais aux Pays-Bas. En 1998, soit trois années après ma première audition, j’ai retenté ma chance auprès de l’orchestre royal du Concertgebouw, avec succès cette fois-ci. Quelle joie ça a été pour moi !
La discipline est très stricte dans l’orchestre. Nous répétons le lundi, le mardi, le mercredi et parfois le jeudi. La fin de la semaine est consacrée aux concerts, trois en moyenne. Quand nous jouons un nouveau morceau que je ne connais pas, il me faut en plus travailler seule chez moi. Nous avons le droit de prendre des congés, mais nous devons nous organiser longtemps en amont pour que les remplaçants puissent travailler et prendre notre suite. Il n’y a que l’été que nous pouvons prendre six semaines de vacances consécutives, ce qui me permet de laisser quelque temps, et avec soulagement, mon instrument de côté. Je me rends compte que j’ai une chance incroyable de jouer dans l’un des meilleurs orchestres d’Europe. Même si Vienne et Berlin sont des ensembles d’exception, c’est celui d’Amsterdam que je voulais intégrer, certainement à cause de mes années passées comme étudiante ici, de l’influence de mon professeur qui a luimême joué pour l’orchestre royal d’Amsterdam et de cette ville que j’ai fini par aimer. Notre orchestre a un son très spécial du fait de la salle du Concertgebouw qui accueille nos répétitions et nos représentations. Elle a cette particularité de présenter une forme rectangulaire assez profonde et non courbée donnant à l’identité acoustique de notre orchestre une spécificité unique au monde. Pour moi, il s’agit d’une des plus belles salles, mais sans doute ne suis-je pas totalement objective.
Mon métier pourrait sembler très répétitif puisque nous jouons régulièrement les mêmes morceaux. Mais les chefs d’orchestre changent régulièrement tandis que d’autres sont invités sur des périodes très courtes. Chacun propose une lecture différente des morceaux que nous interprétons, nous permettant donc, à nous, musiciens, d’améliorer notre pratique et de continuer à apprendre. Jouer dans un tel orchestre, même pendant de longues années, est toujours passionnant. Y jouer depuis aussi longtemps permet également de nouer des liens d’amitié, malgré l’hypercompétitivité de notre milieu. Avec certains collègues musiciens, nous allons régulièrement dîner ensemble et profiter de la campagne néerlandaise.
Il faut dire que nous vivions des moments parfois intenses ensemble au sein de l’orchestre. Je me souviens de ma première tournée internationale avec eux. J’étais jeune et très intimidée. Nous avons joué au Brésil, aux États-Unis ainsi qu’au Japon. C’était une fierté autant pour moi que pour ma famille, qui s’est déplacée au grand complet, de me voir jouer dans mon pays. Ma tante, très fière de sa nièce, avait même ramené tous ses collègues au concert. Sur cette tournée, j’ai été marquée par mon voyage au Brésil. Dans le bus qui nous conduisait à la salle de concert, nous avons traversé des bidonvilles extrêmement pauvres. N’ayant vécu que dans des pays développés, je n’avais jamais rencontré autant de misère. L’impression sur moi et sur mes collègues a été d’autant plus forte que nous avons ensuite joué dans une salle magnifique devant un public très riche. Idem aux États-Unis où nous avons joué au prestigieux Carnegie Hall. J’ai vraiment compris avec ce voyage que j’évoluais dans un milieu extrêmement privilégié et vivait dans un pays où nous avons la chance d’avoir relativement peu d’inégalités sociales. Ces voyages que j’ai pu faire grâce à l’orchestre m’ont appris beaucoup.
Je suis donc extrêmement reconnaissante de la vie que je mène aujourd’hui. Pour réussir en tant que musicien, il faut beaucoup de passion, de persévérance et d’efforts. Comme pour un sportif de haut niveau, la régularité et le sérieux de l’entraînement sont les facteurs clés de la réussite. Pour autant, le succès de la carrière d’un musicien tient presque autant à la chance qu’à son travail. Il faut être là au bon moment, être en forme le jour d’une audition, avoir la bonne recommandation. C’est terrible de savoir que l’on ne maîtrise pas tout et que le destin décide parfois pour nous sans que l’on ne puisse rien y faire. Je remercie chaque jour ma bonne étoile. Sans elle, mes efforts auraient pu ne servir à rien.
Le violon a jusqu’ici été toute ma vie : il a décidé de mon éducation, de mon expatriation et a exigé de moi tellement de sacrifices. Ma vie à Amsterdam me comble de joie, car elle m’a permis de réaliser mon rêve, même si elle m’a tenu éloigné de mes proches et de mes parents pendant la moitié de ma vie. Je n’ai pas de regrets cependant : il fallait que j’aille au bout de mes rêves de musicienne et je ne pouvais le faire qu’ici. La seule amertume que je pourrais garder de mes années néerlandaises est de ne pas avoir réussi à y trouver l’amour. Il aurait certainement rendu mon expatriation bien plus douce. Lorsque je me retirerai de l’orchestre du Concertgebouw dans quelques années, mon départ laissera un grand vide dans ma vie. Je sais que je continuerai toujours à jouer du violon. Mais peut-être profiterai-je également de mon temps libre pour enfin mener des projets autres que musicaux, comme du jardinage ou passer un diplôme de professeur de yoga. Je pense toujours que je rentrerais au Japon auprès des miens quand je n’aurais plus d’obligations professionnelles à Amsterdam. Mais ce retour, je l’annonce depuis plus de 25 ans maintenant, si bien que moi-même je commence à ne plus vraiment y croire.
Brocante et marché bio
Le quartier du Jordaan est l’un de mes favoris. Je m’y rends surtout le lundi matin et le samedi pour profiter de la brocante et du marché bio. Les produits vendus (noix, fruits, légumes, formages…) viennent tous de producteurs locaux et respectueux de l’environnement. Ils vendent de magnifiques bouquets de fleurs sauvages au printemps. Profitez de votre visite pour assister à un concert de musique classique dans l’Église Noorderkerk, tous les samedis à 14 h.
Tram 3 – Nw. Willemsstraat & tram 10 – Marnixplein Noordermarkt 42B, 1015 NA Amsterdam
www.noordermarkt-amsterdam.nl
Marché bio : le samedi de 9 h à 17 h.
Brocante : le lundi de 9 h à 13 h.
Café-concert et restaurant
En plein cœur du quartier historique, Kaptein Zeppos vous attend au fond d’une jolie impasse fleurie. L’intérieur est délicieusement rétro et chaleureux. Presque tous les jours, un concert ou un spectacle musical est organisé. Le mot d’ordre du patron : la bonne humeur.
Tram 4, 9, 14 & 24 – Spui Gebed Zonder End 5, 1012 HS Amsterdam
0031 20 624 2057
www.zeppos.nl
Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 1 h, les vendredi et samedi de 11 h à 3 h et le dimanche de midi à 1 h.
Pâtisserie
Holtkamp est une véritable institution qui existe depuis 1969. Leurs nombreuses pâtisseries sont toutes plus délicieuses les unes que les autres. Je vous conseille notamment les fameuses croquettes néerlandaises, notamment celles aux crevettes, qui sont une de leurs spécialités. Elles sont encore meilleures servies avec du persil frit. Un régal.
Tram 16 & 24 – Keizersgracht Vijzelgracht 15, 1017 HM Amsterdam
0031 20 624 8757
www.patisserieholtkamp.nl
Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h et jusqu’à 17 h le samedi.
Restaurant
Si vous êtes végétariens, passez votre chemin : le restaurant s’est spécialisé dans les beefsteaks. Mais la qualité de leur viande est une des meilleures de la ville. Situé au bord de l’IJ, dans la Marina d’Amsterdam, il offre de plus une vue magnifique sur toute la ville. Le bâtiment récemment rénové qui l’abrite est très élégant : moderne, vaste et très lumineux grâce à sa façade en verre.
Ferry derrière la gare Centrale en direction de NDSM-werf. Werfkade 14, 1033 RA Amsterdam
0031 20 208 8000
www.aantij.loetje.com
Ouvert tous les jours à partir de 10 h. La cuisine ferme à 22 h 30.
Café, petite restauration
Avec ses murs de brique, sa décoration choisie et son comptoir où s’étalent les tentations auxquelles il est si dur de résister, Lavinia est un café parfait pour une pause gourmande. L’endroit propose une petite restauration saine avec de nombreuses options végétariennes. Le choix de pâtisseries est plus qu’alléchant. Parfait pour un déjeuner sur le pouce ou pour prendre un goûter.
Deux adresses ont ouvert à Amsterdam :
- Tram 1, 2 & 5 – Prinsengracht Kerkstraat 176, 1017 GT Amsterdam
0031 20 626 1432
Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h et samedi/dimanche de 9 h 30 à 17 h.
- Tram 2 – Amstelveenseweg Amstelveenseweg 192, 1075 XR
0031 20 225 9029
Ouvert du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h et samedi/dimanche de 8 h 30 à 17 h.
www.laviniagoodfood.nl
Cinéma
Créé en 1921, le cinéma ne touchait au départ que la population du quartier. Il a aujourd’hui beaucoup grandi en proposant des films d’arts et d’essais très pointus. C’est également un des seuls cinémas de la ville qui propose des films non occidentaux. La décoration, tournée vers les années folles, est également agréable.
Tram 3, 12 & 24 – Ferd. Bolstraat Ceintuurbaan 338, 1072 GN Amsterdam
0031 20 662 3488
www.rialtofilm.nl
Les premières projections commencent à midi, 11 h le dimanche.
Café, restaurant
Si vous êtes comme moi du genre à arriver très en avance pour prendre votre train, je vous conseille d’aller passer un moment dans ce café, situé sur le quai 2 B de la gare Centrale d’Amsterdam. Le décor est délicieusement rétro, l’ambiance de hall de gare et de départ imminent lui donne un charme suranné qui me ravit toujours. Vous ferez également connaissance de leur perroquet, toujours fidèle au poste sur le comptoir.
À l’intérieur de la gare Centrale, quai 2 B.
Stationsplein 15, 1012 AB Amsterdam
0031 20 625 0131
www.restaurant1eklas.nl
Ouvert tous les jours de 8 h 30 à 23 h.
Philharmonique
Le Concertgebouw est le nom de l’édifice qui héberge l’orchestre dans lequel je joue. Le programme est diversifié et le bâtiment à lui seul vaut une visite. Guettez bien la programmation, la plupart des mercredis à 12 h 30 vous pouvez assister gratuitement à un « lunch concert » : il s’agit des répétitions, dans la grande ou la petite salle, du concert du moment par l’orchestre.
Tram 3, 5 & 12 – Museumplein Concertgebouwplein 10, 1071 LN Amsterdam
0031 20 671 8345
www.concertgebouw.nl
Musée
Magnifiquement rénové, le musée a rouvert ses portes en avril 2013 après dix années de travaux. Certainement le musée incontournable à visiter à Amsterdam. Si les visiteurs se pressent, à juste titre, autour de La Ronde de nuit de Rembrandt, je ne saurais trop conseiller le département d’art japonais, dont les riches collections témoignent de la longue tradition commerciale entre nos deux pays.
Tram 2 & 5 – Rijksmuseum Museumstraat, 1071 XX Amsterdam
0031 20 662 1440
www.rijksmuseum.nl
Ouvert tous les jours de 9 h à 17 h.
Galerie
J’aime beaucoup cet endroit pour son calme et sa tranquillité, loin du tumulte de la ville. Le choix du galeriste est toujours très bon et j’y découvre toujours de nouveaux artistes de talents. C’est aussi le lieu où je peux admirer le travail d’un de mes artistes néerlandais favoris, Joost van den Toorn. Je suis très heureuse de posséder une de ses œuvres chez moi.
Bus 22, 48 & 759 – Kadijksplein Hoogte Kadijk 17, 1018 BD Amsterdam
0031 20 423 0607
www.baarsprojects.com
Pendant les expositions, ouvert du mercredi au samedi de 12 h à 18 h.
Papeterie, décoration
Les amateurs de papeterie vont adorer cette petite boutique indépendante qui propose une sélection originale de carnets, agendas, cartes, etc. Il est rare que vous retrouviez les marques proposées chez LikeStationery dans d’autres grandes boutiques. Vous aurez l’embarras du choix pour trouver un petit souvenir et prévoir des cadeaux pour vos proches.
Tram 13, 14 & 17 – Westermarkt Prinsenstraat 24, 1015DD Amsterdam
www.likestationery.com
Ouvert les lundi, mardi, jeudi et vendredi de midi à 18 h et de 11 h à 17 h le samedi.
Accessoires de yoga
Le Yoga est une pratique véritablement apaisante pour les personnes aussi stressées que moi. C’est une hygiène de vie. Ce petit magasin propose une chouette sélection d’objets liés au yoga et à sa philosophie : tapis, coussins de méditation, serviettes, cristaux, sacs, vêtements, encens… de quoi améliorer sa pratique ou retrouver sa motivation. Une très bonne idée cadeau pour un.e ami.e fan de yoga.
Tram 13,14 & 17 – Westermarkt Prinsengracht 100, 1015 DZ Amsterdam
0031 20 789 5559
www.varsana.nl
Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 18 h et de midi à 18 h le dimanche.
Décoration, art de vivre
Cette petite chaîne néerlandaise qui monte propose des articles décoration et art de vivre empreints d’authenticité, de simplicité et de bien-être. Le fameux gezellig néerlandais. Vous trouverez un peu de tout : de la décoration, des accessoires pour la cuisine ou la salle de bain, des bougies, de la papeterie, quelques plantes ainsi qu’une partie épicerie (thé, sucreries, conserves…). Certains magasins proposent également une jolie section réservée aux enfants. Les matériaux employés sont toujours beaux et naturels : du bois, du verre, du coton, du lin…
À moins de 10 min à pied de la gare Centrale.
Nieuwendijk 16, 1012 MK Amsterdam
0031 20 330 3797
Ouvert le lundi de 11 h à 18 h, les mardi, mercredi, vendredi et samedi de 9 h 30 à 18 h, le jeudi de 9 h 30 à 21 h et le dimanche de 12 h à 18 h.
L’hôtel est situé, dans un quartier calme près du Tropenmuseum et de l’Osterpark. Les chambres sont très propres, sobres et élégantes. Surtout, la plupart offrent une vue imprenable sur la ville et ses canaux. Demandez une chambre « city view » lors de votre réservation. L’hôtel propose également un service de location de vélo.
Prix moyen d’une chambre double : 160 €
Tram 9 – 1e v.Swindenstraat
Linnaeusstraat 2C, 1092 CK Amsterdam
0031 20 692 5111
www.amsterdamtropenhotel.com
« Je n’avais que 4 ans quand mes parents ont quitté le Suriname, où je suis né, pour s’installer aux Pays-Bas. Les premières années ont été difficiles. Émigrer signifie quitter son pays, sa famille, ses amis ; tout est à reconstruire. Mes parents, ma sœur et moi avons d’abord été hébergés par de la famille avant de trouver un petit appartement dans le quartier du Bijlmer au sud-est de la ville. C’était le pire endroit du pays pour vivre. Les logements étaient insalubres, nous étions éloignés du centre-ville et surtout le quartier connaissait d’importants problèmes sociaux. De Bijlmer ressemblait à cette époque à un ghetto où s’entassaient les nouveaux immigrés, principalement surinamais. Depuis, de gros investissements ont été réalisés et le quartier a été réhabilité, les habitations rénovées, des actions en faveur des habitants ont été organisées. Le quartier, devenu attractif, constitue un parfait exemple d’une politique de la ville volontariste et réussie. Aujourd’hui, je vis toujours dans le Bijlmer et j’en suis très heureux. C’est un des secrets les mieux gardés d’Amsterdam : les loyers sont encore raisonnables, l’environnement est propre et calme avec une vraie diversité. Les cultures se mélangent, empruntent les unes aux autres : même si le quartier reste toujours économiquement pauvre et défavorisé, comparé à la moyenne nationale, il existe une vraie mixité culturelle et sociale. Je m’y sens chez moi ; le quartier fait partie de mon identité si bien que je ne me vois pas vivre ailleurs pour le moment.
De Bijlmer
L’indépendance du Suriname en 1975 a conduit de nombreux Surinamais à choisir l’immigration aux Pays-Bas. Le quartier du Bijlmer a ainsi été imaginé pour loger ces nouveaux arrivants. Les urbanistes et architectes ont conçu l’ensemble de cette banlieue comme un même ensemble octogonal, séparés par des espaces verts. Le projet fut un échec et le quartier se transforma rapidement en ghetto. Depuis le début des années quatre-vingt-dix et le crash d’un avion sur un des immeubles de la cité, la municipalité a entrepris de grands travaux de réhabilitation. Malgré un taux de chômage et de pauvreté toujours élevé, la qualité de vie de De Bijlmer s’est radicalement améliorée pour ses 100 000 habitants et 150 nationalités différentes.
Je suis arrivé aux Pays-Bas très jeune, juste à temps pour débuter ma scolarité. Apprendre la langue n’a donc pas été un problème. Mon cursus a été très classique, dans une école modeste, mais sérieuse. J’étais un élève moyen, mais toujours impliqué dans la vie de l’école. Je me souviens avoir été, presque chaque année, élu délégué de classe, avant de m’engager dans des associations et des syndicats étudiants. J’avais un sens déjà très aigu de l’injustice, ce qui me rendait insupportable de voir un de mes camarades se faire embêter par d’autres élèves. Le déclic de la politique m’est donc naturellement venu assez jeune, alors que j’étais lycéen. J’avais été sélectionné pour faire partie d’un panel de jeunes que rencontraient régulièrement les élus locaux de notre quartier. J’ai poursuivi cet engagement jusqu’à mes 20 ans environ, c’est-à-dire l’année où j’ai moi-même été élu. Rapidement, je me suis rendu compte que ces élus ne nous représentaient pas. Je voyais beaucoup de pauvreté autour de moi, dans la rue, chez les populations les plus fragiles. J’étais inquiet pour l’avenir de mon quartier, et encore plus pour celui de ses habitants, sans être convaincu que ces élus, avec lesquels notre panel discutait, prenaient la pleine mesure de la situation. Ils étaient tellement éloignés des réalités quotidiennes qui étaient les nôtres, ils ne comprenaient pas nos problèmes. Comment aurait-il pu en être différemment au regard de leur profil, de leur milieu social et de leur âge ? Quand les GroenLinks, le parti néerlandais de la gauche écologiste, ont lancé un appel à candidatures dans le cadre des élections municipales de 2010, je n’ai pas longtemps hésité avant de me présenter. Après tout, je connaissais mon quartier et ses populations bien mieux que ces élus que j’avais rencontrés et j’avais des idées et de l’énergie à revendre.
