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Découvrez Bangkok à travers les yeux de ses habitants
Portraits de Bangkok raconte ces parcours de vies, et la ville. On y fait la rencontre de l’artiste Val, qui a trouvé sa voie et son équilibre dans cette ville où l’énergie vibre à tous les coins de rue; Florence, chef d’entreprise, qui a enfin réalisé son rêve asiatique de petite fille ; Robert, le restaurateur d’œuvres d’art sans frontières et au grand cœur ; Carmen, prof et sportive, qui raconte comment elle a réussi à se faire adopter par la famille et la ville de son mari ; Charlotte, la femme d’expatrié, qui a dompté la complexité de cette cité tentaculaire. C’est aussi Ariya, entre la France et la Thaïlande, qui raconte comment il a réussi son acclimatation professionnelle et spirituelle dans le pays de ses ancêtres...
Chaque portrait nous livre sa sélection originale de lieux qu’il juge incontournables. Le livre propose ainsi près de 300 endroits à découvrir, tous choisis et testés par leurs habitués : leurs meilleurs restaurants, leurs meilleures sorties, leurs meilleures visites, leurs meilleurs hôtels et leurs meilleures adresses shopping. En découvrant leurs histoires, vous n’aurez qu’une envie : embarquer pour Bangkok, et foncer dans ces lieux qu’ils ont confiés comme à leurs meilleurs amis.
Un guide à plusieurs voix rempli d'adresses utiles !
CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE
- « Une mine d’informations précieuses que les contributeurs vous confient comme à leurs meilleurs amis.
Portraits de Bangkok s’impose ainsi comme l’un des meilleurs guides touristiques sur la ville et l’un des plus utiles pour tous ceux qui ont choisi de vivre à Bangkok. » –
Gavroche Thaïlande
A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE MA VILLE »
Vivre ma ville, ce sont des livres de voyage avec supplément d'âme. Ils donnent les clés, les conseils, les bonnes adresses, grâce à l'expérience de ceux qui vivent sur place, là où les autres guides se contentent d'auteurs professionnels de passage. Ils offrent aussi des histoires, une chair littéraire par les interviews-portraits d'une dizaine de personnes qui présentent leur lieu de vie. Chaque portrait est un roman. Chaque portrait a un enjeu : comprendre le choix de cette vie-là. Chaque portrait permet aussi au lecteur de s'identifier, et donc de choisir ses destinations en fonction de ses affinités, en fonction du personnage qui résonne le plus en lui.
LES ÉDITIONS HIKARI
Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.
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Seitenzahl: 377
Veröffentlichungsjahr: 2016
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PORTRAITS DE BANGKOK
Alexis Thuaux
PORTRAITS DE BANGKOK
par Alexis Thuaux
Un livre de la collection Portraits de ville.
Directeur de la publication : Anthony Dufour.
Éditrice : Marie Duchaussoy.
Crédit photo de couverture : © Gloria Kaewvimol - Dreamstime.com
Photographies pages intérieures : Alexis Thuaux.
Hikari Éditions
4, avenue Foch, 59000 Lille (France).
www.hikari-editions.com
© Hikari Éditions
eISBN 978-2-36774-035-5
ISBN 978-2-36774-014-0
ISSN 2265-3082
Aucun guide n’est parfait, des erreurs et des coquilles se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Des informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Bangkok est une ville où tout change très vite… Merci de nous suggérer toute correction utile que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition en nous écrivant à : [email protected].
Portraits de ville
Portraits de Bangkok est un livre dans lequel ceux qui vivent dans la ville vous en donnent les clés. Nous allons dresser ici une douzaine de portraits, à la première personne, dans lesquels vous découvrirez l’histoire de celles et ceux qui vivent dans cette vibrante cité asiatique.
Chaque voyage, chaque départ, a sa propre histoire. On s’exile par amour, pour travailler, pour fuir, pour découvrir. C’est une aventure permanente qui a un immense mérite pour celui qui la pratique : ouvrir les yeux.
Certains de ceux que vous allez découvrir sont des personnalités bien connues de la ville, d’autres sont plus discrètes. Certains ont choisi Bangkok comme lieu de vie, d’autres ont été choisis par la ville. Certains sont à Bangkok depuis des décennies, d’autres sont simplement de passage.
Mieux qu’un guide de tourisme pratique, mieux qu’un récit de voyage, l’objet littéraire qui suit est donc hybride. Chaque parcours, chaque récit livré ici est différent mais tout comme chaque touche de peinture de couleur est une part d’un tableau fini, ces Portraits de Bangkok brossent une vision globale de la ville toute en nuances et contrastes. Ce livre s’adresse avant tout aux curieux, qu’ils soient touristes ou expatriés. Il est écrit en toute indépendance. Les lieux mentionnés sont ceux de nos invités, ceux qu’ils ont décidé de partager avec vous, en toute subjectivité.
Table des matières
ARIYA BANOMYONG
Les adresses d’Ariya
VAL
Les adresses de Val
ARNAUD DUBUS
Les adresses d’Arnaud
CARMEN LORENA
Les adresses de Carmen
BENJAMIN CORBLET
Les adresses de Benjamin
ARK SAROJ KUNATANAD
Les adresses d’Ark
CHARLOTTE THOMÉ
Les adresses de Charlotte
FLORENCE JAFFRE
Les adresses de Florence
ROBERT BOUGRAIN-DUBOURG
Les adresses de Robert
OH - JITTI CHOMPEE
Les adresses de Jitti
FRÉDÉRIC LOYAT
Les adresses de Frédéric
ISABELLE RÉMY-RICCIONI
Les adresses d’Isabelle
ALEXIS THUAUX
Les adresses d’Alexis
Classement des adresses
Bangkok en un clin d’œil
Bangkok pratique
Dans la même collection
«Je suis né en France, un 5 décembre, date d’anniversaire du roi de Thaïlande. Mes deux parents, thaïs, se sont rencontrés en France où ils faisaient leurs études. Quand j’étais enfant, notre maison était un peu l’annexe de l’ambassade de Thaïlande en France car nous recevions beaucoup de visiteurs. Les Thaïs adorent la France et, quand ils en ont les moyens, c’est une destination de choix. Nous faisions des repas à la maison en alternant cuisine thaïe et française. Notre nounou thaïe avait appris à cuisiner avec ma mère. Elle est arrivée pour ma naissance, et elle est toujours en France et travaille toujours pour nous. À la maison, on alternait aussi les langues : le français et le thaï.
Pridi Banomyong
Homme politique, Pridi Banomyong (11 mai 1900 - 2 mai 1983) étudia le droit et les sciences politiques à La Sorbonne. De retour au Siam en 1927, il travailla au ministère de la Justice et fonda le parti politique Khana Ratsadon (Parti du Peuple) pour le système de monarchie constitutionnelle. Le coup d’État qu’il mena en 1932 mit fin à la monarchie absolue. En 1934, il fonda l’Université de Thammasat, et assuma différents rôles de ministre. En 1942, le dictateur Phibun s’allia au Japon et signa une déclaration de guerre contre l’Angleterre et les USA que Banomyong refusa de contresigner. Il organisa la résistance aux forces japonaises et fut nommé régent du nouveau roi Rama VIII en 1944. Il devint le huitième Premier ministre de Thaïlande (1946). Fin 1946, le jeune roi fut retrouvé mort d’une balle de revolver dans sa chambre. En 1947, un coup d’État des généraux remit au pouvoir le dictateur Phibun. La Grande-Bretagne et les USA aidèrent Pridi Banomyong à quitter le pays. Des rumeurs furent lancées soutenant le fait improbable qu’il était membre d’un complot pour assassiner le roi Rama VIII. Pridi retourna en secret en Thaïlande en 1949 pour tenter de destituer le dictateur, sans succès. Il s’exila de façon définitive en Chine, puis en France où il finit sa vie.
Papi Pridi, mon grand-père, résidait lui aussi en France. Nous nous réunissions tous chez lui le weekend. Enfant, je ne connaissais rien à l’histoire de ma famille et je ne comprenais pas pourquoi tant de gens entouraient mon grand-père et lui rendaient hommage. Je pensais à l’époque que c’était la même chose pour tous les grands-pères.
Je ne sais comment l’expliquer, mais auprès de mon grand-père, j’ai reçu l’attachement que j’ai pour la Thaïlande. Après sa mort, j’ai commencé à apprendre un peu plus l’histoire familiale et pourquoi tant de gens venaient à la maison. J’ai toujours été fier sans être arrogant de l’héritage de mon grand-père et surtout des sacrifices qu’il a fait pour son pays. Il ne s’est jamais enrichi, il n’est pas devenu puissant comme tant d’autres hommes politiques en Thaïlande. Quand des Thaïs entendent mon nom de famille, ils me parlent avec beaucoup de respect de lui. C’est comme cela que j’ai développé mon amour pour ce pays. Depuis le plus jeune âge, j’ai toujours eu le projet de revenir vivre un jour en Thaïlande. Je me sens aussi français que thaï. Je suis ce qu’on appelle une « banane », jaune à l’extérieur et blanc à l’intérieur.
Pendant mon enfance, je passais les grandes vacances (juillet et août) en Thaïlande, je connaissais donc ce pays comme on connaît un lieu de villégiature, assez superficiellement. Nous avons une grande famille, je pouvais compter sur de nombreux cousins et cousines pour m’amuser. Quand j’étais gamin, j’adorais les tuk tuk, j’étais fasciné par ce moyen de transport tellement drôle et si peu cher. Mes parents m’ont élevé à la française et j’ai appris très tôt à être indépendant, ce qui n’est pas du tout la façon traditionnelle thaïe d’élever des enfants. Vers l’âge de 12 ou 13 ans, j’ai fait mon premier voyage tout seul vers Bangkok, à l’aller dans l’avion, j’étais misérable et je pleurais, mais après je n’ai plus jamais voyagé avec mes parents car j’ai passé des vacances inoubliables ! Je mangeais ce que je voulais, je dévorais les brochettes de porc par centaines. Enfant, je passais beaucoup de temps dans les temples, cela me fascinait. Et puis, quand j’ai grandi, j’ai vite découvert les boîtes de nuit ! Quand j’ai commencé à sortir vers 17 ou 18 ans, Silom était vraiment le centre de la nuit. Au coin de Silom sur Convent devant le petit magasin Seven Eleven, il y a toujours un célèbre vendeur de brochettes de porc qui s’appelle Pi Huan. Vous ne trouverez pas de meilleures brochettes que les siennes ! C’est une institution. Nous finissions toujours à un moment ou un autre sur ce trottoir, mes copains et moi, pour nous régaler de ses brochettes. Pi Huan vend tellement de brochettes qu’il est riche : quand on fait des soirées entre amis, on commande tous des spécialités des bouis-bouis les plus connus de Bangkok, et Pi Huan vient nous les livrer ses brochettes en Mercedes ! On peut manger à n’importe quelle heure à Bangkok et c’est dans la rue qu’on se régale le mieux après une bonne sortie en boîte. Ça faisait une énorme différence avec la France, ce bruit, ce chaos, et toujours tout ouvert, à n’importe quelle heure. Paris, il y a vingt ans, était une ville morte le dimanche. Les Thaïs mangent à toute heure du jour et de la nuit, ils veulent pouvoir manger un plat frais et cuisiné devant eux.
Bangkok, et plus généralement la Thaïlande, ont énormément changé depuis mon enfance. Quand j’étais petit, nous allions très souvent à Pattaya, c’était encore un lieu où l’on pouvait passer des vacances en famille. Il ne me viendrait plus à l’idée d’aller à Pattaya à présent… Siam Square n’avait pas un seul immeuble élevé. Avant, on avait du mal à trouver des restaurants internationaux, à présent on trouve tous les types de cuisine dans cette ville. Pour moi, la bonne cuisine c’est important. Ces dernières années, la scène culinaire bangko-kienne a littéralement explosé. Ce qui a changé, je crois, c’est que des farang ont décidé de s’installer définitivement ici et Bangkok s’est adaptée à cette nouvelle population. La situation économique étant difficile en ce moment, il y a de plus en plus de Français qui décident de tenter leur chance en Asie. Beaucoup ont monté des restaurants. Autrefois, un restaurant français, c’était un restaurant gastronomique à l’addition salée, maintenant on a aussi des restaurants-bistrots plus modernes et abordables.
C’est une bonne décision en ce moment pour un Européen de venir tenter sa chance en Asie. La croissance dans cette partie du monde est encore possible car le continent est en pleine évolution. La qualité de vie en Asie, et surtout en Thaïlande, est très bonne. Ce qui est spécifique à Bangkok et à la Thaïlande, c’est que la qualité de vie est bonne que l’on soit très riches ou de la classe moyenne. Il y a un éventail de services qui vont répondre aux différents niveaux de vie. Le climat contribue aussi à l’aspect qualitatif de la vie. Même si des saisons plus marquées me manquent personnellement par moment, la luminosité et la chaleur de Bangkok sont des atouts quotidiens. Bangkok est au milieu de l’Asie du Sud-Est, c’est facile d’aller visiter les pays voisins. C’est une très bonne base.
Je suis venu vivre en Thaïlande en 2001 et par pure coïncidence, la même année, mes parents ont décidé de rentrer à Bangkok. Ma sœur habite toujours en France. Nous, les Thaïs de l’étranger, nous avons été exposés à une culture qui nous a énormément appris et nous avons la responsabilité de revenir au pays et d’apporter cette richesse à la Thaïlande. Mais quiconque connaît bien la Thaïlande sait l’importance des connexions. Or, mon grand désavantage était que tous mes amis étaient des Français et que je n’avais pas développé de connexions suffisantes avec des Thaïs.
Il y a une énorme différence entre venir à Bangkok en tant que touriste et y vivre ! J’ai vécu dans pas mal de pays : en France, en Grande-Bretagne, en Roumanie, et dans tous ces pays, je suis toujours allé avec un esprit très ouvert, sans attente ni a priori. En revanche, quand je suis venu en Thaïlande pour y travailler, le choc a été plus fort parce que mes attentes et mes espoirs étaient plus grands. Je n’avais jamais eu d’expérience professionnelle ici. La culture du travail entre l’Europe et la Thaïlande, c’est le jour et la nuit. Mon style de travail français : franc, s’il y a un problème on en débat. Ici, tout est en nuances et les vraies discussions se font après les réunions, surtout pas en public. Mon premier jour de travail ici, j’avais une première réunion cet après-midi-là, et j’ai posé une question très directe concernant la sélection d’un fournisseur à la cantonade. Ce fut le silence complet et gêné. Je me suis tout de suite dit que j’avais dû poser une question qu’il ne fallait pas poser et qui avait été interprétée comme « Qui a fait la faute concernant ce fournisseur ? ». J’ai appris qu’il ne fallait pas poser de question franche et inattendue en pleine réunion, mais qu’il faut préparer le terrain en amont.
Je suis convaincu que si le pays avait une situation politique plus stable, toutes les sociétés dont les sièges sont actuellement basés à Singapour seraient basées à Bangkok. Je suis venu en Thaïlande pour la société française Orange alors que la téléphonie mobile explosait dans le pays. Quand je suis arrivé en 2001, ce n’était que quelques années après la grave crise financière de 1997 mais le pays était déjà sur la voie de la reprise économique. La Thaïlande est un pays qui ne s’avoue pas facilement battu. Il y a un climat politique relativement volatil, il y a eu Tom Yam Gung (la crise de 1997), le tsunami de 2004, les protestations des années 2007-2008, les inondations de 2011 et pourtant, les gens vivent toujours un peu comme d’habitude, on tient le coup et c’est un des aspects uniques de la Thaïlande. Les Thaïs oublient très vite et passent à autre chose.
J’aime l’aspect chaotique de Bangkok. J’aime les choix de vie et d’activités, dans cette ville. Oui, c’est une ville très urbaine, mais à une ou deux heures de route, on peut déconnecter. Il est facile de prendre l’avion, ce n’est vraiment pas cher avec toutes ces compagnies aériennes. On peut faire de la plongée, des sports extrêmes et des activités qui nous coûteraient les yeux de la tête en Europe. On commence à trouver à Bangkok des lieux qui n’existent pas encore en Europe ou aux USA.
Il faut comprendre quelques points importants avant de venir faire du business ici. En Thaïlande, les connexions et les relations personnelles sont plus importantes que le reste, c’est le système du clientélisme. Du coup, cela peut créer un manque d’efficacité. D’autre part, le système d’éducation n’a pas appris aux étudiants à remettre en cause la parole du supérieur hiérarchique. Il est important de s’adapter à la culture locale pour comprendre pourquoi les gens agissent ainsi et, ensuite, de trouver une façon de contourner ces difficultés et rester efficace. La première année a été très difficile. J’ai vraiment cru que je n’allais pas tenir. Les embouteillages tous les jours, la politique qui tourne en rond, le travail, tout cela me minait.
Les embouteillages, ici, ce sont de faux embouteillages. À Paris, on a tous les systèmes pour optimiser les déplacements, il y a les transports en commun, une voirie performante, des moyens de réguler la circulation à la pointe de la technologie, donc quand il y a un embouteillage je l’accepte car je sais que tout a été fait pour l’éviter. Mais à Bangkok, on ne fait rien pour les éviter : sur Sathorn, le dimanche après-midi, quand il y a un embouteillage parce que le feu rouge dure trois minutes comme en semaine alors qu’il n’y a aucune circulation perpendiculaire et que le trafic est fluide, c’est illogique. C’est ce que j’appelle un faux embouteillage. Et cela me frustrait énormément car ça serait si simple à éviter. Je suis prêt à relever le challenge et à améliorer en moins de deux ans la situation de la circulation à Bangkok !
Et puis, j’ai commencé à mieux connaître le pays, à comprendre les gens ici, à me faire de vrais amis, j’ai rencontré mon épouse, et j’ai trouvé mes marques. Je m’énerve beaucoup moins à présent. Cela ne veut pas dire que j’abandonne et que je ne continue pas à penser qu’il faut changer beaucoup de choses. Je n’explose plus au volant, malgré l’égoïsme et la façon dangereuse de conduire ici.
Ce qui m’a beaucoup aidé dans ma carrière et dans ma vie, c’est l’esprit d’indépendance typiquement français que mes parents m’ont donné. Il serait inconcevable pour moi d’habiter encore chez mes parents au début de ma vie professionnelle, situation tout à fait commune ici. J’ai des amis qui ont la trentaine qui vivent encore chez leurs parents pour le confort que ça leur procure.
J’ai à présent la quarantaine et j’ai beaucoup appris sur ce pays depuis que j’y vis. Ce qui a eu le plus d’effet sur moi depuis que je suis à Bangkok, c’est le bouddhisme. Un moment pivot de ma vie a été le mois passé dans un monastère bouddhique en 2011. J’ai toujours été bouddhiste, mais enfant et adolescent je ne comprenais pas pourquoi on devait devenir moine. Et puis on grandit, on devient adulte, et la vie devient plus compliquée. J’ai commencé à envisager de devenir moine pour résoudre mes problèmes. J’ai commencé à aller voir les bonzes mais ils me disaient que je n’étais pas prêt, et cela m’a pris quelques années pour l’être. Il faut devenir moine pour les bonnes raisons et non pour résoudre ses propres problèmes. Cela m’a pris quatre ans pour aller au fond de moi et comprendre que devenir bonze, c’est un acte qu’un homme fait pour ses parents. Du fait de mon éducation française, j’avais toujours été plutôt en opposition vis-à-vis de mes parents. Je faisais systématiquement l’inverse de ce que mes parents me demandaient. Cela m’énervait si ma mère me demandait dix fois dans la même journée si j’avais assez mangé. Puis, j’ai enfin compris que le fond de tout cela c’était que mes parents m’aimaient de façon inconditionnelle et que c’était leur boulot de s’inquiéter pour moi. J’ai compris que mon indépendance était en fait de l’ingratitude… Cela m’a frappé et j’ai décidé de devenir bonze pour mes parents. Rejoindre un monastère pendant une semaine seulement ne me semblait pas être assez. Je venais de prendre la direction de Google Thaïlande, mais c’est une entreprise qui est très ouverte sur l’équilibre entre vie privée et professionnelle. J’ai écrit à mon boss en lui disant que je devais être bonze pendant un mois, il m’a dit que c’était un des emails les plus inattendus de sa carrière mais il a répondu : « Pas de problème ». Cela a été une des meilleures décisions de ma vie. Je suis parti en décembre 2011 et j’ai voulu faire cela dans un temple de forêt. Je ne voulais pas être dans un temple urbain. Je suis parti dans la province du Kanchanaburi dans un monastère très isolé. Chaque minute passée dans ce monastère était dédiée à mes parents.
Devenir moine en Thaïlande
Faire partie du Sangha (la communauté des moines bouddhistes) est l’idéal de beaucoup d’hommes thaïs. Pour des raisons d’ordre financier et pratique, certains hommes ne rejoignent cette communauté que pour une courte durée, traditionnellement pendant la période de la saison des pluies. Pour entrer dans les ordres, un homme doit avoir vingt ans révolus, savoir lire et écrire, et doit apprendre les règles et préceptes du bouddhisme. Le jour de l’ordination, la tête et les sourcils du jeune homme sont rasés, sa famille et ses amis l’accompagnent au temple. Une fois ordonné le moine doit suivre 227 préceptes de vie. Les cinq préceptes de base du bouddhisme sont : ne pas détruire d’être vivant, ne pas prendre ce qui est à autrui, ne pas mal agir sexuellement, ne pas mentir, ne pas ingurgiter de substances intoxicantes. Pour un moine, les quatre règles d’or sont l’interdiction d’avoir des relations sexuelles, de voler, de tuer, de prétendre à des pouvoirs surhumains. Un moine en Thaïlande est traité avec grand respect, il améliore le karma de toute la famille. Le Patriarche suprême de Thaïlande, nommé à vie par le roi, est le chef du Sangha thaï.
Je ne sais pas lire le thaï, je le parle mais je n’ai jamais appris l’alphabet. J’ai eu beaucoup de chance car l’abbé avait demandé à un autre bonze de s’occuper de moi, ce qui est assez rare. Ce bonze m’a tout appris et m’a aidé à mémoriser les sutras. Ne connaissant pas grand-chose à la religion, j’étais un peu comme un livre blanc et je n’avais aucun a priori. Cette expérience m’a vraiment transformé. À présent je comprends la vie d’un bonze. Vous êtes bonze, les gens s’agenouillent devant vous, même vos parents, et vous sentez à chaque instant le poids et toute la responsabilité attachée à cette fonction. Les temples de forêt sont beaucoup plus stricts que les temples en ville. Je vivais dans une chambre de deux mètres sur deux sans électricité, sans chauffage. En montagne, et en décembre, il fait froid ! D’habitude, je tombe malade assez facilement si je suis pieds nus et qu’il fait froid, mais pendant ce mois-là, je n’ai pas été malade une seule fois. Je me sentais protégé.
Quand nous marchions la nuit dans la forêt pour rejoindre nos habitations, il y avait des bruits autour de nous, et, sans électricité en pleine forêt au milieu de nulle part quand la nuit est d’encre, on s’imagine ce que ces bruits peuvent être un tigre, un serpent ? Un jour, alors que je récitais mes prières, j’ai réalisé que les bruits de la forêt en plein jour étaient les mêmes que ceux de la nuit. Pourquoi avais-je peur la nuit et pas le jour ? L’esprit est comme un petit singe qui joue des tours. Les problèmes viennent de notre propre pensée que nous ne contrôlons pas assez. La nuit, notre esprit imagine que ces bruits sont ceux d’un tigre ou d’un fantôme mais si on se concentre et qu’on ne laisse pas le petit singe nous jouer des tours, ces peurs ridicules disparaissent et la sérénité prend sa place.
Tous les jours je prenais des notes sur ce que j’apprenais. J’aimerais écrire un livre sur cette expérience car cela a été une énorme révélation pour moi. Quand je suis sorti, tous mes problèmes avaient disparu. On cherche à blâmer les autres mais il faut réaliser que la plupart des problèmes, et donc les solutions, sont en nous. Quand je suis revenu, j’ai remis ma vie en ordre. Je suis devenu beaucoup plus calme. J’espère que je suis devenu une meilleure personne. »
Les adresses d’Ariya
LES RESTAURANTS D’ARIYA
C’est difficile de n’en citer que quelquesuns… Ma règle d’or en ce qui concerne les restaurants à Bangkok (il en ouvre toutes les semaines), c’est de leur laisser toujours deux chances. Je les teste à l’ouverture, puis un ou deux mois après. Il y a peu d’indépendance des médias et tout est affaire de relations, de connexions, alors c’est rare de trouver de bonnes critiques de restaurants dans les journaux. Je me fais mon opinion moi-même.
LE BEAULIEU
Cuisine française gastronomique
C’est à mon avis le meilleur restaurant français de Bangkok, assez cher mais ça vaut le coût. Superbe qualité des produits et le chef Hervé est très créatif. Le Beaulieu se trouve dans le lobby de l’Athénée Office Tower, à 3 minutes à pied de la station de BTS Ploenchit.
63 Wireless (Wittayu) Road
BTS : Ploen Chit
Tél. : +66 (0) 216 88 220
www.le-beaulieu.com/
JP
Cuisine française
Voici un autre restaurant français pour un budget plus raisonnable que Le Beaulieu. Le patron est en Thaïlande depuis vingt ans. Il a ouvert ce nouveau restaurant en 2012. Il propose une cuisine française entre tradition et création. Je vous recommande les bouchées à la reine aux ris de veau.
59/1 Soi Sukhumvit 31 (Soi Sawadee)
BTS : Asok
Tél. : +66 (0) 818 66 9403
www.jpfrenchrestaurant.com/
MUGENDAI
Cuisine japonIaise
Mon restaurant japonais favori. On ne peut pas vivre à Bangkok sans goûter les restaurants japonais qui sont nombreux et de qualité grâce aux nombreux expatriés japonais. La qualité n’est pas équivalente à ce que l’on trouve à Tokyo mais, ici, on trouve de quoi satisfaire son goût pour cette cuisine fantastique.
264/1 Soi Sukhumvit 55 (Thonglor 12)
Sukhumvit Road, Khlongton-Nua Wathana
BTS : Thong Lo
Tél. : +66 (0) 272 69 222
www.mugendaibkk.com/
Ouvert tous les jours de 11h à 14h30 et de 17h30 à tard.
ROAST COFFE & EATERY
Brunch, style bistro, vrai café
Ce qui me manquait autrefois à Bangkok, c’était les brunchs. Mais c’est devenu à la mode, aujourd’hui on trouve d’excellents brunchs facilement, cela ne manque plus du tout ! Je recommande en particulier Roast, pour les œufs Benedict, les gaufres, les pancakes…
Centre Commercial SeenSpace
Thonglor 13
BTS : Thong Lo
Tél. : +66 (0) 218 52 865
www.facebook.com/roastbkk
SOMTAM NUA
Cuisine isan
L’Isan est la région du nord-est de la Thaïlande, là-bas on décline une cuisine épicée et délicieuse. Voilà, un très bon restaurant de cuisine isan : grillades de poisson ou de viande, variations sur la salade de papaye (som tam en thaï)… Populaire, Somtam a fait ses preuves : l’établissement existe depuis plus d’une décennie, les locaux y vont aussi, on y fait même souvent la queue. Une valeur sûre.
Siam Square
392/14 Soi Siam Square 5
Rama 1 Road
BTS : Siam
Tél. : +66 (0) 225 14 880
PALA PIZZA ROMANA
Pizzeria
La cuisine italienne, on aime tous ! On y va pour les pizzas évidemment et aussi parce que tous les produits sont frais et importés directement d’Italie. C’est également un traiteur italien : leur deli (charcuterie, fromages, pâtes…) fait du bien jusqu’à la maison.
Room 1 Sukhumvit Platform
Asok Road
Khlongtoeey-nua, Wattana
www.palapizzabangkok.com
Ouvert tous les jours de 11 h à minuit.
CHINATOWN - YAOWARAT ROAD
Restos de poisson
J’aime aller dans la rue de Chinatown pour les restaurants de poisson, les crustacés et les fruits de mer. Prix imbattable, qualité parfois moindre.
LEK SEAFOOD
Poissons et fruits de mer
Là, j’y vais pour le crabe : excellent. Mon meilleur spot « crabe ».
Sous la station de BTS Chong Nonsi
156 Soi Phiphat
Narathiwat Road, Silom
BTS : Chong Nonsi
Tél. : +66 (0) 263 66 460
Ouvert de 17h à 1h.
TING TAI FU
Cuisine shanghaïenne
Une perle ! Le meilleur resto chinois où manger et, en plus, à un prix incroyable.
166, (à l’entrée du Soi Ramkhamhaeng 14 Lane)
Ramkhamhaeng Road
Huamark, Bang Kapi
Tél. : +66 (0) 271 88 586
RESTAURANTS DE RUE SUR SUKHUMVIT SOI 38
Cuisine locale de rue
Un bon endroit pour essayer la cuisine de rue thaïe. Je vous recommande la soupe de nouilles au wanton et au porc laqué.
BTS : Thong Lo
FACE
Cuisines thaïe, indienne et japonaise
C’est une adresse touristique (qui a d’autres établissements à Shanghai, Pékin, Jakarta) certes, mais je la recommande malgré tout pour le cadre, superbe. Dans une maison familiale traditionnelle en bois, joliment meublée, avec un jardin… Un havre. C’est peutêtre de la cuisine thaïe « pour touristes » mais c’est vraiment à voir.
29, Soi Sukhumvit 38
Prakanong, Khlongtoey
BTS : Thong Lo
Tél. : +66 (0) 271 36 048
www.facebars.com/en/bangkok/restaurant/
LES SORTIES D’ARIYA
Chaque quartier a son coin où sortir et sa population, il faut essayer chaque quartier !
» Thonglor et Ekkamai : le quartier des Yuppies.
» Silom : un quartier plus international.
» RCA : pour les jeunes.
SEENSPACE13
Centre commercial pour sortir
C’est un community mall avec plein de restaurants et de bars. Le Soi 13 où il se trouve est à mon avis une des rues les plus charmantes de Bangkok. Cela rappelle un peu Tokyo. On y trouve des boulangeries, des cafés, des petits magasins, des bars qui ouvrent le soir. C’est une excellente balade. Là-bas, je recommande Fatr Gut’z, Clouds, Mr. Jones’Orphanage, entre autres.
» SeenSpace13
251/5 Thong Lo Soi 13
BTS : Thong Lo
» Fatr Gut’z Saloon
Tél. : +66 (0) 271 49 832
www.facebook.com/fatgutzsaloon
Ouvert tous les jours de 17h à 2h.
» Clouds
Tél. : +66 (0) 218 52 365
www.facebook.com/cloudslounge
www.cloudslounge.com
» Mr. Jones’Orphanage
Tél. : +66 (0)218 52 378
www.facebook.com/mrjonesorphanage
THE IRON FAIRIES
Restaurant et bar, labyrinthe gothique
Un endroit vraiment curieux, original et difficile à imaginer à Bangkok : un dédale sombre avec des coins et des recoins, une déco gothique, des bougies, des sculptures, de la bonne musique… N’hésitez pas, vous ne le regretterez pas !
394 Soi Thong Lo, Sukhumvit 55 Road
Khlong Tan Nuea, Watthana
BTS : Thong Lo
Tél. : +66 (0) 271 48 875
www.theironfairies.com/
Ouvert tous les jours de 18h à 2h.
MAGGIE CHOO’S
Bar chic et branché
Ils ont réussi à créer un lieu trendy dans un endroit où personne n’allait. Un ambiance années 1920, dans une lumière tamisée, un lieu léché et assez chic, un concept unique et ultra-couru. J’aime y aller pour la beauté des lieux, la bonne musique, les live, les cocktails délicieux, les filles incroyables… The place to be! Tenue correcte de rigueur.
320 Silom Road, Bangrak
Tél. : +66 (0) 263 56 055
www.facebook.com/maggiechoos
TAPAS ROOM NIGHTCLUB
Club, bar et restaurant, une institution
Un bon mélange de clientèle farang et locale, gay et hétéro. Nous y allons avant tout pour la musique house et live, le style Ibiza, les percussionnistes de folie le week-end, la certitude de passer une excellente soirée.
114/17 Silom Soi 4
Sala Daeng
MRT : Sala Daeng
BTS : Silom
Tél. : +66 (0) 263 20 920
Ouvert de 15h à 3h.
KU DÉ TA
Bar, club, restaurant surplombant la ville
Ku Dé Ta de Bangkok prend la suite de ceux de Singapour et Bali (d’ailleurs, je suis fan de celui de Bali)… et ça dépote ! Plusieurs clubs et restaurants au sommet d’une tour, toujours des lieux d’exception, perché aux 39e et 40e étages.
Sathorn Square Complex
98 North Sathorn Road
Silom
BTS : Chong Nonsi
Tél. : +66 (0) 21 08 2000
RCA (ROYAL CITY AVENUE)
Quartier pour sortir
Le quartier des jeunes pour faire la fête.
ABOVE ELEVEN
Bar et restaurant perchés
Mon rooftop favori. Above Eleven n’est pas touristique, il attire une clientèle mélangée de Thaïs et d’expats. Les cocktails y sont excellents, dans un décor trendy et cosy.
Fraser Suites Sukhumvit (entrée par l’arrière de l’immeuble), 33e étage
Sukhumvit Road, Soi 11
BTS : Nana
Tél. : +66 (0) 835 42 1111
www.aboveeleven.com
LES VISITES D’ARIYA
Ma façon de faire connaître la ville aux amis qui nous rendent visite, c’est de leur faire découvrir quartier par quartier, petit à petit, et par la cuisine avant tout : je les emmène dans les restaurants de rue, ils sont surpris par la qualité. Le bonmoyen pour savoir si un restaurant de rue est bon, c’est d’observer les voitures qui sont garées pas loin. Si c’est excellent, même les riches en Mercedes et BMW se déplaceront. On essaye de faire d’une pierre deux coups en sortant et en montrant le quartier autour. Ensuite, on va manger un peu dans chaque endroit (RCA, Silom, Thong Lo, etc.).
GRAND PALAIS
Site touristique
Majestueux.
Na Phra Lan Road
Phra Nakhon
Bateau : Arrêt n° 8 ‘Tha Thien’
Ouvert tous les jours de 8h30 à 15h30.
WAT PHO
Site touristique
Incontournable.
2 Sanamchai Road
Phra Nakhon
Bateau : Arrêt n° 8 ‘Tha Thien’
Ouvert tous les jours de 8h à 17h.
CHINATOWN
Quartier
Il faut notamment aller voir le temple chinois.
Bateau : Arrêt n° 5 Rachawongse
TUFF CAMP
Boxe thaïe
Centre d’entraînement de boxe thaïe Muay Thai, situé sur une terrasse au sixième étage, à l’air libre, et doté d’une piscine. On suit l’entraînement des boxeurs thaïs sans les combats. Beaucoup de femmes en font (pour perdre du poids par exemple).
6e étage, Peter’s Mansion
Ekkamai Soi 2
Sukhumvit 63
BTS : Ekkamai
www.tuffcamp.in.th/
ASPIRE
Salle de sport
Ce n’est pas une salle de sport comme les autres : on n’y fait pas vraiment de la musculation, c’est plutôt un entraînement proche de Insanity ou High Pack Training, où l’on utilise la résistance de son corps. On trouve tous les sports à Bangkok et on peut se permettre d’avoir un coach ici pour un prix très abordable.
348/2 Sukhumvit Road
BTS : Asok
Tél. : +66 (0) 22 29 4114
http://theaspireclub.com/
AYUTTHAYA
Promenade en dehors de la ville
C’est une visite d’une journée à l’extérieur de Bangkok pour aller voir l’ancienne capitale du Royaume de Siam, détruite par les armées birmanes en 1767. Profitez-en pour y manger des crevettes de rivière, ces énormes crevettes d’eau douce, c’est délicieux. On dit même que c’est le caviar de Thaïlande !
LES HÔTELS D’ARIYA
THE SIAM
Si vous voulez un cadre magnifique, c’est l’endroit où aller.
3/2 Thanon Khao
Vachirapayabal, Dusit
Tél. : +66 (0) 220 66 999
www.thesiamhotel.com/
IBIS BANGKOK SATHORN
En plein centre de Bangkok : à ce prix-là, c’est donné. Parfait donc si vous avez un budget serré, et c’est aussi très bien situé.
Soi Ngam Duplee
Sathorn
MRT : Lumphini
Tél. : +66 (0) 265 92 888
www.ibis.com/gb/hotel-6537-ibis-bangkok-sathorn/index.shtml
FOUR SEASONS
Un cadre calme, le bruit de l’eau… Un bel hôtel.
155 Rajadamri Road
BTS : Rachadamri
www.fourseasons.com/bangkok/
LES BOUTIQUES D’ARIYA
Depuis quelques années, il y a une grosse tendance aux community malls : ce sont des centres commerciaux plus petits, spécialisés et à taille humaine. Voici mes favoris.
J AVENUE
Thong Lo 15
www.siamfuture.com/portfolio_javenue.php
SEEN SPACE
251/5 Thong Lo Soi 13
www.seenspace.com
A SQUARE
C’est dans ce mall que je vais faire du surf ! (Flow House Bangkok)
À côté de Big C
Sukumvit 26 Road (Soi Aree),
Khlong Tan, Khlong Toei
www.asquarebangkok.com/
K VILLAGE
J’y vais surtout pour un restaurant, King’s Palace, au deuxième étage qui fait de l’oie laquée à tomber par terre.
95 Sukhumvit 26
Khlong Tan, Khlong Toei
Tél. : +66 (0) 225 89 919
www.kvillagebangkok.com/
Ouvert tous les jours de 10h à 23h.
ARENA TEN
Un super endroit où l’on trouve tout : sport, bars, karaoké, restaurants…
Arena 10, 225/11 Sukhumvit 55 (Thonglor)
Khlongton Nua, Wattana
Central Chit Lom
1027, Soi Somkid, Phloen Chit road
Pathum Wan
BTS : Chit Lom
Ouvert tous les jours de 10h à 22h.
SIAM SQUARE
Tout à fait représentatif du shopping à Bangkok. Je dirais que c’est le community mall le plus iconique de la ville.
Soi Siam Square
Rama 1 Road
BTS : Siam
MBK
À voir !
Phayathai Road, Wangmai, Patumwan,
BTS : National Stadium
www.mbk-center.co.th
Ouvert tous les jours de 10h à 22h.
SIAM PARAGON
Immense centre commercial luxueux.
BTS : Siam
www.siamparagon.co.th/
Ouvert tous les jours de 10h à 22h.
EMPORIUM
Immense centre commercial luxueux.
622 Sukhumvit Road
Khlongton, Khlongtoei
BTS : Phrom Phong
www.emporiumthailand.com/
Ouvert tous les jours de 10h à 22h.
«Je suis née en France mais j’ai passé mon enfance à l’étranger, en Afrique et en Amérique du Sud. Mon rêve d’adolescente, c’était d’être écrivain, j’ai fait Lettres modernes, puis finalement j’ai opté pour une voie plus concrète en intégrant une école de deuxième cycle de publicité.
Maison des esprits
La maison des esprits est la manifestation d’un ancien culte animiste encore très vivace en Thaïlande. Chaque parcelle de terrain, les arbres, rivières ou maisons ont leurs génies protecteurs mais aussi des esprits malins et des fantômes. Lorsque l’on entreprend une construction, ce génie protecteur est dérangé et risquerait de s’enfuir. Il s’agit de lui offrir, avec cette maison des esprits, un lieu de résidence miniature où il se sentira bien. Le bouddhisme theravada de Thaïlande n’entre en conflit ni avec ces croyances ancestrales ni avec l’hindouisme. Il place tout simplement le Bouddha au-dessus de ces autres dieux et génies. Si un bâtiment est détruit, on déplacera la maison des esprits dans un lieu isolé, un cimetière de maison des esprits où l’on abandonne la petite structure pour ne pas laisser le génie sans demeure. Récupérer une maison des esprits abandonnée ne se fait pas et porte malheur. Néanmoins, de superbes maisons des esprits anciennes atterrissent parfois chez les antiquaires. À vous de voir si vous voulez prendre le risque…
Quand j’ai eu fini mes études, j’avais le souhait de repartir à l’étranger. J’ai travaillé treize ans pour une régie publicitaire pour laquelle j’ai ouvert des bureaux à Londres et Madrid. J’ai rencontré mon mari en Espagne. Nous avons passé notre voyage de noces en Thaïlande en 1992, c’était un signe ! J’avais l’habitude de vivre dans les pays que je visitais. Or, ce voyage avait été organisé par mon mari qui, lui, connaissait bien la Thaïlande. Moi, c’était la première fois que je me retrouvais vraiment dans la situation de touriste, sans réellement rentrer dans la culture ou la vie quotidienne locales. Je me souviens de ne pas avoir été si à l’aise que cela à Bangkok. Tout semblait compliqué car, souvent, on tombait sur des tuk tuk qui avaient besoin de bons d’essence et voulaient inévitablement nous amener dans des magasins attrape-touristes au lieu de notre destination réelle. Ça n’existe plus à présent. Durant ce voyage, après Bangkok, nous sommes allés à Phuket en bus et je me souviens de la nature luxuriante et de la succession de maisons des esprits le long des routes, cela m’avait beaucoup marquée à l’époque. Ce premier voyage en Thaïlande reste une bulle dans ma mémoire, j’étais spectatrice. Adolescente, ce qui m’avait beaucoup marquée, c’était l’Amérique du Sud dont j’aimais absolument tout : la nature, la littérature, la culture… Et ce premier voyage en Asie ne m’a pas détournée de mon but initial : retourner un jour vivre sur le continent sud-américain.
Après cinq années passées à Madrid, mon mari et moi sommes revenus à Paris, mais l’ambiance au bureau était peu constructive et j’en avais assez. J’avais le sentiment de ne pas être à ma place, d’être un hamster qui fait tourner sa roue. Finalement, c’est un autre voyage en Asie, en 2000, au Vietnam cette fois, qui m’a fait réaliser qu’il fallait que je change de vie. Le Vietnam a été une révélation : nous avions la chance d’être reçus par des amis qui vivaient sur place et nous avons rencontré des gens authentiques, heureux malgré leur pauvreté apparente, alors que mon malaise à moi grandissait malgré mon aisance matérielle. J’ai réalisé que la cause de tout cela, c’était que je ne faisais pas un travail qui me satisfaisait au quotidien. Jusque-là, j’étais restée dans la voie toute tracée de la publicité pour telle ou telle mauvaise raison d’ordre purement matériel.
J’ai quitté ma société en rentrant de ce voyage au Vietnam. Et un jour, par hasard, une amie m’a fait faire du modelage avec de la terre, j’ai passé tout un aprèsmidi avec elle et immédiatement la sculpture est devenue une évidence. Assez rapidement, j’ai pu faire du conseil à mi-temps : trois jours de sculpture et trois jours salariée. J’ai commencé à m’inspirer de l’art africain que j’aimais depuis mes séjours d’enfance là-bas. Je faisais de la terre cuite avec une finition au cirage. La publicité m’avait énormément frustrée : le fait de pousser les gens à consommer me dérangeait et puis c’était du vent tout ça. À ce moment-là, mon retour à la terre, travailler avec mes mains, réaliser un objet tangible a été libérateur.
Mes enfants avaient neuf et dix ans quand j’ai effectué ce changement de vie. A posteriori cela me semble incroyable, mais à l’époque c’était nécessaire et évident. J’ai vendu mes premières terres en France. J’ai d’abord fait une exposition dans un cadre privé où j’ai vendu six ou sept pièces. Cela m’a donné un signal : mes réalisations pouvaient aussi résonner chez les autres. J’ai encore une édition du premier bronze que j’ai vendu : c’est une femme longiligne, et c’est le premier (et le seul) bronze que j’ai réalisé et vendu en France. J’avais envie de partir, je voulais avoir une liberté et je ressentais une nécessité d’entreprendre qui aurait été beaucoup plus difficile à mettre en œuvre dans le cocon de mon pays, la France, entourée de ma famille. Mon mari était sur la même longueur d’ondes que moi et, par chance, son travail nous a envoyés en Thaïlande en 2004.
Quand nous sommes arrivés à Bangkok, nous étions dans le quartier de Sathorn Soi 9 et je n’ai pas vraiment aimé ce coin. C’est un endroit d’immeubles où il est difficile de marcher. J’ai toujours beaucoup regretté de ne pas pouvoir marcher davantage dans cette ville. Mon coin favori de Bangkok, c’est le long de la rivière : j’adore les bateaux-bus et les khlong, ces canaux avec toute une vie fluviale organisée dessus. Entre 2004 et maintenant, il y a des choses typiques qui commencent à disparaître : les petits gars avec leurs charrettes dans les rues qui vendent de tout et n’importe quoi. Je me souviens des vendeurs qui avaient sur l’épaule un long bambou duquel pendaient des sacs en plastique transparents remplis de poissons rouges et d’autres contenant des poissons multicolores. Bangkok se construit et se modernise mais je ne pense pas qu’il y ait une perte d’identité. Légère, mais pas tant que ça. Le métro était déjà là. Les petits marchés étaient partout comme toujours. En une décennie, on est quand même dans une certaine continuité.
À présent, mon nouveau mari et moi habitons à Bangkapi et, tout autour de notre maison, cela s’est vraiment énormément construit ces deux dernières années : des restaurants, des magasins, des routes… Avant, nous étions entourés de champs avec un troupeau de bœufs qui venait paître. Nous avons encore un voisin qui vit de manière traditionnelle. Bien qu’il ait une belle maison avec de grands terrains qui valent une petite fortune, il continue à faire pousser ses bananes et à les vendre sur le bord de la route A.
À mon arrivée, je m’étais donnée cinq ans pour devenir autonome financièrement avec ma sculpture. J’ai même enseigné pour financer mes premiers bronzes. Ma première exposition s’est déroulée neuf mois après mon arrivée et j’ai signé ma première galerie trois mois après ! J’ai divorcé en 2006, deux ans après mon arrivée à Bangkok. Ce n’était pas évident au début financièrement mais j’ai réussi à m’en sortir. Ma première galerie à Bangkok a été un marchepied formidable, un endroit où j’ai pu faire connaître mon travail. Je ne travaille plus avec cette galerie avec laquelle j’ai eu des démêlés, mais même ces ennuis ont été un tremplin et une occasion de grandir et d’être plus forte car cela m’a obligée à vraiment me battre et à trouver d’autres galeries à Singapour, Hong Kong, Shanghai… Un peu partout en Asie.
Je suis une solitaire, j’aime travailler seule. J’ai assez peu de culture en art contemporain, surtout en ce qui concerne la sculpture. À une époque, j’ai considéré cela comme une chance car cela m’a permis de me lancer sans contraintes, j’ai pu oser et j’ai été plus libre dans ma création pour trouver ma voie. Il y a une influence de l’étranger dans mon travail, plus que de la Thaïlande elle-même. Être si loin de chez soi, de son pays d’origine, rend plus léger, ça vous libère des contraintes. J’envisage cela comme le fait de se retrouver, en tant qu’être humain, sur la Terre et non à l’intérieur de frontières. On se sent plus petit face à l’immensité du globe mais aussi plus libre. Mes collectionneurs sont de toutes nationalités. Mon travail de sculpteur est axé principalement sur la représentation des espérances de l’Homme, infime maillon dans l’Univers, un homme souvent juché sur une architecture, basée en grande partie sur la création d’une rythmique avec l’alternance entre le Plein et le Vide. Étrangement, après avoir lu François Cheng, j’ai retrouvé dans mon travail beaucoup de similitudes avec ce qu’il écrit sur le yin et le yang et l’importance du Vide. En ce sens, il me semble qu’il y a une influence inconsciente de l’Asie sur ma sculpture.
Ma première année à Bangkok a été difficile car je ne me sentais pas très à l’aise dans la mouvance des gens de passage, qui vivent souvent entre eux, formant des « communautés ». Un petit monde fermé où les épouses ne travaillent pas, souvent parce qu’elles ne peuvent pas puisqu’elles changent constamment de pays. Et puis, j’ai commencé à rencontrer des femmes actives. Nous avions en commun ce besoin de faire quelque chose. Pour réussir, il faut travailler, travailler, travailler. On avait demandé à Françoise Giroud ce qu’il fallait pour réussir dans le métier de l’édition, elle avait répondu : un minimum de talent, un peu de chance et énormément de travail. Cela est vrai dans tous les métiers. Ma chance, cela a été que depuis que j’ai commencé la sculpture, tout s’est passé sur un bon tempo : les rencontres se sont faites au bon moment, j’ai trouvé la bonne fonderie, j’ai trouvé une première galerie, tout s’est enchaîné. Et puis, la plus belle des chances, c’est la rencontre avec Frédéric, mon nouveau mari, qui est aussi mon associé indispensable. Il a eu un coup de cœur pour mon travail, il a été disponible pour m’aider avec beaucoup d’envie. Je fais mon travail de sculpteur, de création, mais aussi de réalisation en bronze et Frédéric, qui gère également d’autres artistes, s’occupe de la relation avec les galeries et les clients, et de toute la communication. Une autre opportunité incroyable est ma rencontre avec celui avec qui je travaille pour la Chine et Taïwan. C’est lui qui avait créé la fonderie que j’ai choisie ici sans le savoir. Il a vu une de mes pièces chez un ami commun. Nous nous sommes liés d’amitié. Il m’a ouvert le monumental marché de la Chine et de Taïwan ! Pour travailler sur ces projets, il avait fait venir une équipe de Thaïlande, c’est comme cela que j’ai rencontré mon chef d’atelier et mon soudeur, thaïs tous les deux. Je parle thaï avec eux, j’ai appris le vocabulaire technique.
