Portraits de Berlin - Anastasia Lévy - E-Book

Portraits de Berlin E-Book

Anastasia Lévy

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Beschreibung

Découvrez Berlin à travers les yeux de ses habitants

Portraits de Berlin, c'est la rencontre avec Hermione, Félix, Thierry, Marko, Delphine, Nadia, Joseph, Hannah, Camila, Adrian, Nicolas... Une mosaïque qui reflète l'esprit d'avant-garde berlinois. Qu'ils aient connu Berlin avant la chute du Mur ou n'étaient alors pas encore nés, aujourd'hui ils y sont guide street-art, entrepreneurs, perceuse- tatoueuse, DJ, étudiant, graphiste, militaire, caviste... D'origine américaine, bolivienne, britannique, française, algérienne, allemande... Ils vous racontent leur histoire, la ville de l’intérieur, le melting-pot culturel et social, l'intimité de la cité, comment chacun est devenu ein Berliner.

Chaque portrait livre sa sélection originale de lieux qu’il juge incontournables : de la meilleure currywurst aux restos branchés, des visites insolites aux indispensables sites historiques, c'est aussi le Berlin alternatif qui se dévoile. Le livre propose ainsi plus de 250 adresses à découvrir, toutes choisies et commentées par leurs habitués : leurs meilleurs restaurants, leurs meilleures sorties, leurs meilleures visites, leurs meilleurs hôtels ou hébergements et leurs meilleures adresses shopping. En découvrant leurs histoires, vous n’aurez qu’une envie : embarquer pour Berlin et foncer dans ces lieux qu’ils nous ont confiés comme à leurs meilleurs amis.

Un guide à plusieurs voix rempli d'adresses utiles !

A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE MA VILLE »

Vivre ma ville, ce sont des livres de voyage avec supplément d'âme. Ils donnent les clés, les conseils, les bonnes adresses, grâce à l'expérience de ceux qui vivent sur place, là où les autres guides se contentent d'auteurs professionnels de passage. Ils offrent aussi des histoires, une chair littéraire par les interviews-portraits d'une dizaine de personnes qui présentent leur lieu de vie. Chaque portrait est un roman. Chaque portrait a un enjeu : comprendre le choix de cette vie-là. Chaque portrait permet aussi au lecteur de s'identifier, et donc de choisir ses destinations en fonction de ses affinités, en fonction du personnage qui résonne le plus en lui.

LES ÉDITIONS HIKARI

Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.

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Seitenzahl: 304

Veröffentlichungsjahr: 2016

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PORTRAITS DE BERLIN

Anastasia Lévy

PORTRAITS DE BERLIN

d’Anastasia Lévy

Photographies d’Adlan Mansri

Un livre de la collection Portraits de ville.

Directeur de la publication : Anthony Dufour.

Éditrice : Marie Duchaussoy.

Photo de couverture : © Norbert Buchholz - Fotolia.com

Photographies pages intérieures : © Adlan Mansri. Tous droits réservés.

Hikari Éditions© Hikari Éditions, octobre 2014.4, avenue Foch, 59000 Lille (France).eISBN 978-2-36774-052-2www.hikari-editions.comISSN 2265-3082

Toute reproduction partielle ou intégrale, faite sans l’accord préalable et écrit de l’auteur et de l’éditeur, est strictement interdite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du Code de la Propriété intellectuelle). La copie sur support papier à usage privé de ces différents objets de droits est autorisée conformément à l’article L122-5 du Code de la Propriété intellectuelle. Aucun guide n’est parfait, des erreurs se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Des informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Berlin est une ville où tout change très vite… Merci de nous suggérer toute correction utile que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition en nous écrivant à [email protected]..

Portraits de ville

Portraits de Berlin est un livre dans lequel ceux qui vivent dans la ville vous en donnent les clefs. Mieux qu’un guide de tourisme, mieux qu’un récit d’expatriés, nous allons dresser ici une douzaine de portraits, à la première personne, dans lesquels vous découvrirez l’histoire de ceux qui vivent ou qui ont décidé de venir vivre à Berlin.

Chaque voyage, chaque départ, a sa propre histoire. On s’exile par amour, pour travailler, pour fuir, pour découvrir. C’est une aventure permanente qui a un immense mérite pour celui qui la pratique : ouvrir les yeux.

Certains de celles et ceux que vous allez découvrir dans les prochaines pages sont des personnalités de Berlin. D’autres, de parfaits inconnus. Pour ce livre, nous avons pris le temps d’écouter leur histoire.

L’objet littéraire qui suit est donc hybride : entre le récit et le city guide, c’est un livre de voyage. Il s’adresse aux visiteurs, aux touristes et à ceux qui veulent vivre à Berlin. Il s’adresse à celles et ceux qui sont curieux et veulent trouver des idées dans les parcours de leurs semblables.

Ce livre a été écrit en toute indépendance. Les lieux proposés dans ces pages sont ceux de nos invités, ceux qu’ils partagent dans la plus grande liberté, en toute subjectivité.

Contents

THIERRY NOIR

Les adresses de Thierry

HANNAH GRAVES

Les adresses d’Hannah

ADRIAN BUENDIA

Les adresses d’Adrian

HERMIONE FRANK

Les adresses d’Hermione

MARKO ZANDER

Les adresses de Marko

DELPHINE DUBUISSON

Les adresses de Delphine

JOE RICHMOND-SEATON

Les adresses de Joe

NADIA OUSSAID

Les adresses de Nadia

NICOLAS SIMONEAU

Les adresses de Nicolas

CAMILA BASCON

Les adresses de Camila

FÉLIX BOULANGER

Les adresses de Félix

ANASTASIA LÉVY

Les adresses d’Anastasia

Classement des adresses

LES QUARTIERS DE BERLIN

Berlin en un clin d’œil

Berlin pratique

Chez Hikari Éditions

«En 1982, je suis arrivé à Berlin, un 22 janvier, et j’ai appris bien plus tard que c’était justement le jour de commémoration de l’amitié francoallemande. Heureusement, j’avais pris un aller simple… Sinon je crois que je serais reparti aussi vite ou j’aurais continué ma route au-delà de Berlin.

Mais à ce moment-là, j’ignorais que Berlin-Ouest était un cul-de-sac, une enclave à l’intérieur de l’Allemagne de l’Est : on ne pouvait pas aller plus loin. À mon époque, les programmes d’histoire s’arrêtaient en 1945 à l’école et c’était moins facile qu’aujourd’hui de s’informer autrement. Il n’y avait que trois chaînes de télévision, et bien sûr, pas Internet. J’avais 23 ans, et pour venir de Lyon, j’ai dû changer trois fois de train et faire 21 heures de voyage ! C’était un système spécial, qui s’appelait Transalpino, pour les moins de 26 ans : ça n’était pas cher, mais tu mettais un temps fou. Il fallait attendre à Strasbourg, Karlsruhe, Francfort-am-Main. Quand on passait de l’Est à l’Ouest, on devait changer de locomotive, on attendait dans les wagons, on était secoués, et puis on repartait. Je suis arrivé à 6 heures du matin à la gare de Berlin-Zoologischer Garten. J’ai vraiment eu peur ce jour-là : je ne comprenais rien, je n’avais jamais fait d’allemand à l’école, et il faisait froid et nuit. On m’avait pris mes derniers 5 marks pour le visa d’entrée en Allemagne de l’Est, je ne pouvais même plus me payer un sandwich ! Rien.

Mais dans le fond, je ne me faisais pas de souci : j’avais un super bon plan qu’une Lyonnaise m’avait donné trois semaines avant, à la soirée du Nouvel An : elle m’avait dit que son meilleur ami habitait à Berlin et que je pouvais rester chez lui aussi longtemps que je voulais.

Quand je suis arrivé, j’ai attendu trois heures à la gare dans un café, et j’ai débarqué chez le meilleur ami en question vers 9 heures. En passant la porte, j’ai réalisé que ma copine lyonnaise et lui se connaissaient à peine, et que je n’étais pas du tout le bienvenu, ou en tout cas pas « aussi longtemps que je voulais ». Au bout de deux jours, j’ai décidé de chercher autre chose. J’avais en tête les paroles de Lou Reed, dans la chanson Berlin sortie en 1973 : « It was so nice, it was paradise, Berlin by the wall, Dubonnet on ice ». Je me disais qu’il devait avoir écrit cette chanson de chez lui et j’ai décidé de marcher le long du Mur jusqu’à ce que je trouve cette maison qui semblait être le paradis. Je suis parti en quête un lundi matin à 8 heures de Kreuzberg et je me suis retrouvé face au Mur. J’ai pris à droite, parce que ça avait l’air plus joli. Et je me suis retrouvé face à cette maison, immense, attachée au complexe de l’ancien hôpital Bethanien avec son église. C’était la maison où habitaient les nonnes de l’église et les infirmières qui travaillaient dans l’hôpital. Comme cet hôpital était trop près du Mur, la mairie de Berlin-Ouest avait décidé d’abandonner le lieu, pourtant l’un des principaux hôpitaux de la ville depuis 1860. Un autre plus moderne, détaché du Mur, avait été construit plus loin.

Quand l’ancien hôpital Bethanien a été vidé, des jeunes ont commencé à l’occuper, petit à petit, de manière illégale. À l’époque, il y avait très peu de logements disponibles : les gens ne voulaient pas investir dans l’immobilier à cause des Soviétiques tout autour, il y avait des rumeurs d’invasion. Il y avait très peu d’appartements à louer, mais beaucoup de jeunes, nés après la guerre, qui vivaient chez leurs parents et cherchaient un moyen de s’en émanciper. C’est comme ça qu’a commencé la vague de squat de Berlin-Ouest. Cette maison-là s’appelait la Rauchhaus et son occupation a finalement été légalisée en 1978. Moi, quand je suis arrivé, je n’en savais rien, je me suis juste posé là avec mes petites valises. Et j’ai réalisé bien des années plus tard qu’en fait Lou Reed n’avait jamais mis les pieds à Berlin.

Squat et Hausprojekt, habitats berlinois

Si l’Ouest avait sa propre culture du squat avant la chute du Mur, c’est après cette date que les squats deviennent une part non négligeable des logements à Berlin-Est également. Beaucoup d’habitants de la partie Est de la ville ayant fui l’État communiste à la chute du Mur, d’innombrables appartements vides sont alors squattés par une majorité de jeunes Berlinois de l’Ouest, qui trouve là un nouvel espace à s’approprier. Ces nouveaux lieux n’avaient pas de propriétaire puisque la RDA n’existait plus, dans une Berlin-Est où l’immobilier était précédemment propriété d’État. Dans les années 1990, le squat devient l’espace privilégié de la culture underground qui vibre dans toute la ville. De même, les Hausprojekt, littéralement maison-projet, reposent sur des projets de vie, souvent à l’initiative de collectifs d’artistes. Même si aujourd’hui beaucoup de squats historiques ont été fermés par la mairie, comme le mythique Tacheles, squatté depuis 1990 et définitivement vidé de ses occupants en 2012, le squat, légalisé ou non, fait partie de l’identité alternative intrinsèque de Berlin.

Berlin la Rouge

La Fraction armée rouge, Rote Armee Fraktion (RAF), est une organisation terroriste d’extrême gauche active pendant trente ans, de 1968 à 1998, en Allemagne de l’Ouest puis en Allemagne réunifiée. La « Bande à Baader », du nom de son leader Andreas Baader, avait pour objectif de « Favoriser la lutte des classes - Organiser le prolétariat - Commencer la résistance armée - Construire l’Armée Rouge » comme inscrit dans sa déclaration officielle. Ce qui avait commencé par des attaques de banques devint vite une véritable guérilla urbaine, provoquant la mort de nombreux policiers et de membres de la RAF, qui alla jusqu’à perpétrer des attaques à la bombe visant notamment des bâtiments militaires américains ou d’autres institutions publiques. En 1998, après avoir décidé d’arrêter les assassinats, la RAF finit par annoncer sa dissolution.

C’est le goût de l’aventure qui m’a envoyé là-bas. Je n’avais rien à perdre en France. Je faisais des petits boulots et je n’arrêtais pas de me faire virer. Je me disais qu’il allait falloir que je change quelque chose à ma vie. C’est la musique qui m’a fait mettre Berlin sur la carte : tous les gens que j’aimais à l’époque, David Bowie, Iggy Pop, D.A.F, parlaient de Berlin-Ouest ou en étaient originaires, comme Malaria ! ou Einsturzende Neubauten. Il fallait que j’aille voir par moi-même pourquoi tous ces artistes allaient à Berlin, et pas à Lyon.

En juin 1981, six mois avant mon arrivée, le nouveau maire de Berlin-Ouest, Richard von Weiszäcker, avait promis de fermer tous les squats de la ville : il a commencé, avec l’aide de son ministre de l’Intérieur, à expulser les jeunes. Ç’a été la guerre, il y a même eu des morts ! Notamment un qui avait été écrasé par un bus lors d’une manifestation à Schöneberg. C’était la première fois que j’entendais parler de Berlin aux actualités… C’est-à-dire que, jusquelà, je n’en avais entendu parler nulle part ailleurs que chez les disquaires.

Il y avait près de soixante-dix jeunes quand je suis arrivé dans cette maison au Bethanien. Le système d’Anmeldung, l’enregistrement de chaque habitant de Berlin à la mairie, avait été instauré après les attentats de la RAF, la bande à Baader, et maintenant on devait tous y passer. Il y avait beaucoup de gens qui étaient enregistrés mais qui ne vivaient pas là à plein-temps : ça leur donnait juste une adresse. Le premier point positif pour moi dans ce squat, c’était qu’il y faisait chaud (pas comme chez le mec chez qui je squattais, où les fenêtres étaient tout le temps ouvertes, on était en plein hiver berlinois tout de même…). Et puis c’était un port d’attache, un moyen de socialiser : on mangeait tous les jours ensemble, il y avait une vie de communauté. Cette maison, je l’avais trouvée belle en arrivant mais le dos de la bâtisse était collé au Mur. Il y avait un mirador qui nous regardait jour et nuit, finalement c’était assez lugubre.

J’ai vite réalisé que tout le monde ici était artiste. À Lyon, j’en avais rencontré un en vingt ans, et là, en une semaine, j’en avais rencontré une dizaine ! Pour ne pas perdre la face, j’ai commencé à dire à tout le monde que j’étais artiste moi aussi : je ne voulais pas être l’idiot du village. Je disais que j’avais des talents multiples, que je faisais « de tout ». Et puis j’ai commencé à peindre et à essayer de vendre mes toiles, pour prouver aux autres – et à moi-même – que je pouvais en vivre.

Le Mur était omniprésent. Dans la maison, il n’y avait pas une fenêtre qui ne donnait pas dessus. Ça n’était pas qu’un tas de béton de 3,60 m de haut, mais tout un système de 50 à 60 mètres de large. Il y avait un couloir de la mort derrière le mur, avec du sable, une clôture électrique, avec un système d’alarme, et tous les 500 mètres une tour d’observation avec deux soldats qui relevaient la garde toutes les huit heures. Et derrière cette clôture, il y avait un deuxième mur. Et entre la clôture et le deuxième mur, un chemin de ronde goudronné où les soldats faisaient des patrouilles. C’était un système de surveillance très sophistiqué. En fait, le mur lui-même n’était pas la frontière : il était construit à 5 mètres de la frontière Est-Ouest pour que les soldats de l’Est puissent aussi patrouiller de l’autre côté. À force de regarder ce mur avec Christophe Boucher, un autre artiste français à Berlin, on s’est dit qu’il fallait en faire quelque chose.

Poste frontière C à la postérité

Poste frontière C – comme Charlie en alphabet phonétique de l’OTAN – Check point Charlie, sur la Friedrichstraße, était le point de passage des étrangers, des personnels diplomatiques et des prisonniers échangés entre l’Ouest (ici le quartier de Kreuzberg) et l’Est (le quartier de Mitte). Depuis que le Mur est tombé, ce check point est devenu un symbole et un haut lieu du tourisme berlinois. On peut s’y faire prendre en photo avec les militaires, qui ne sont que des figurants en uniforme qui posent devant la guérite, restée telle quelle. Théâtre de la « confrontation des blindés » en 1961, un face-à-face de chars d’assaut des deux superpuissances qui s’affrontaient pendant la Guerre froide, Check point Charlie joue un rôle dans le James Bond, Octopussy, ou encore dans le roman d’espionnage L’espion qui venait du froid de John LeCarré. À quelques mètres de Check point Charlie se trouve le musée du Mur, Museum Haus am Check point Charlie (www.mauermuseum.de).

La première fois que j’ai peint sur le Mur, c’était en avril 1984, vers 6 heures du matin. Jusque-là, il n’y avait rien dessus, enfin si, que des trucs de 50 centimètres de haut. Des slogans, comme « U.S. go home » ou « Türken Raus » (Les Turcs, dehors) et quelques rares messages personnels, mais le Mur restait un tabou, les artistes allemands ne s’en étaient pas du tout emparés à l’époque. Les gens faisaient même des détours pour ne pas le voir. C’est Christophe Boucher et moi qui avons fait les premières peintures de haut en bas de la paroi. Parfois, on avait peur, parce qu’en peignant sur le Mur, on était déjà à Berlin-Est, leurs soldats avaient le droit de nous arrêter.

Quand on a commencé à peindre, les gens nous demandaient qui nous payaient. Ils ne comprenaient pas qu’on ait envie de le faire spontanément. Pour eux, on était soit payés par la CIA, soit par la CDU. On nous traitait de capitalistes, de voleurs de Mur : on avait des discussions sans fin, et je n’arrivais pas à terminer mes peintures. C’est comme ça que j’ai progressivement trouvé le style qu’on connaît maintenant, avec ces grosses têtes colorées, gros nez, gros yeux, grosses bouches, grosses oreilles.

Il y avait des endroits dangereux comme Check point Charlie, c’était un point de passage pour les étrangers, c’était très bien gardé. Il y avait des gardes frontières, des gens de la Stasi en civil… Là, fallait éviter de peindre. Mais près de la maison où j’habitais, c’était relativement tranquille. Il fallait que les soldats passent au-dessus du Mur pour nous attraper. Avant qu’ils l’aient dépassé, on entendait les bruits de bottes qui grimpaient sur les échelles en acier, on avait le temps de déguerpir. On utilisait très peu de matériel : en cas de danger, on prenait l’échelle, on reculait sur Berlin-Ouest, on mettait le matos dans la voiture, et voilà.

Petit à petit, nos interventions artistiques sur le Mur ont déclenché quelque chose dans l’inconscient de la population. Ç’a été une mutation de la culture. Le premier hiver, en 1984-1985, on voyait ces longues fresques de couleurs, avec la neige et la lune, c’était particulier. Les gens ont commencé à s’intéresser à nous.

En 1985, j’ai rencontré Wim Wenders, qui faisait des recherches sur le Mur pour son film Les ailes du désir. On fréquentait déjà les mêmes endroits : je vendais mes petits tableaux dans des restaurants à Charlottenburg, et je le croisais souvent avec sa copine de l’époque, une Française, Solveig Dommartin. Il lui a d’ailleurs donné le premier rôle dans Les ailes du désir, celui qui l’a fait connaître du grand public. On croisait aussi Otto Sander, ou Eddie Constantine. Et Wenders me parlait régulièrement des recherches qu’il faisait pour son film. Il allait dans une boutique de disques tenus par deux Français à Grossbeerenstraße 29, c’était le point de rencontre de tous les gens qui ne savaient pas quoi faire l’après-midi. Petit à petit, il a fréquenté toute la bande des artistes de Berlin-Ouest, comme Nick Cave et Blixa Bargeld. Et moi.

Wenders m’a intégré à son projet : sur le Mur, j’ai repeint la fresque de 200 mètres de long pour le film, et en même temps j’ai peint un mur en bois pour faire un décor. Après la sortie du film, le centre Pompidou de Paris a fait une exposition qui s’appelait « Ciné Cité » : Wenders avait donné ses décors à la cinémathèque de Berlin : la fausse Golden Else, cette statue d’or d’où Otto Sander regarde l’Ouest et le mur en bois que j’avais peint. Ils ont été envoyés au centre Pompidou, mais le morceau de mur du décor n’est jamais revenu. On n’a jamais su ce qui s’était passé : c’était un truc de 3,60 mètres de haut sur 20 mètres de long, ce n’est pas quelque chose que tu prends sous le bras ! Beaubourg était assuré, ils m’ont demandé de le refaire.

Entre les peintures et le film, le Mur n’était enfin plus tabou, on pouvait le regarder. Mais du coup, il est aussi devenu réel. Trop réel.

Un été où il a fait très chaud, à Wedding, vers Bernauer straße, une personne a foncé avec sa voiture dans le Mur, le mur brutal, sans peinture, sans slogan. Il s’est suicidé comme ça, en fracassant sa voiture contre le Mur. À partir de ce moment-là, tous les deux jours, il y avait quelqu’un pour faire pareil… C’était vraiment l’angoisse. Petit à petit, la police a fait couler des monticules de goudron pour ralentir les voitures avant le mur. Le paradoxe du Mur, c’est qu’il a été ouvert pour que les gens arrêtent de fuir l’Est. On a ouvert le Mur, mais les gens ont continué à partir vers l’Ouest.

Le but du jeu pour moi, c’était de vivre de mon travail : comme j’ai réussi à Berlin, je suis resté. Après, je me suis marié avec une fille de Francfort et on a eu une fille, Charlotte, née en 1988. J’ai divorcé depuis, et je me suis remarié il y a quelques années avec une Turque, avec qui j’ai eu une deuxième fille qui s’appelle Clarissa, née en 2009. Charlotte a deux nationalités, française et allemande, et Clarissa en a trois. On est la famille typique « multikulti ». C’est important pour moi de garder cette culture française. Clarissa va à l’école maternelle franco-allemande, juste devant chez nous. Il y a tous les noms des enfants, et en dessous il y a écrit les langues parlées dans chaque famille. Elle est toujours très fière de dire à tout le monde : « français, allemand, turc ! ».

Aujourd’hui, à Berlin, il y a un plan « d’urbanisme » qui prévoit le démantèlement du Mur là où se trouve ce qu’on appelle l’« East Side Gallery » : le dernier morceau du Mur authentique de la ville, qui mesure 1 300 mètres. C’est honteux, c’est un vestige historique et une œuvre d’art aujourd’hui. Ç’a été la bagarre cette année : je suis allé au Parlement de Berlin, et j’ai été déçu par tous les partis, même les Verts et le Parti Pirate étaient pour la destruction ! Tout ça pour construire une tour de quatorze étages et des logements de luxe. On a l’impression d’être abandonnés par tous les politiciens de la ville, que tout le monde trouve ça bien d’oublier le lieu où treize personnes sont mortes, dont cinq enfants, tombés à l’eau. Comme l’eau de la rivière faisait partie de Berlin-Est, les pompiers de l’Ouest n’avaient pas le droit de plonger, ces gens sont donc morts sous les yeux des passants. Il y en a eu un chaque année de 1970 à 1975. C’était un tel scandale ! Le dernier, c’était un petit Turc âgé de cinq ans tombé et mort noyé le jour de son anniversaire : il a fallu ça à l’époque pour que Berlin-Est accepte que les pompiers de l’Ouest aillent les sauver. Aujourd’hui, on nous dit que ça coûterait très cher d’arrêter le projet de construction de la tour, et on nous a promis de réinstaller les six pans de mur une fois que les travaux seront finis. Mais les promesses n’engagent que ceux qui les croient… En été, des milliers de gens visitent l’East Side Gallery tous les jours, au seul endroit où on peut à peu près comprendre la réalité de ce mur. C’est un scandale d’abîmer de la sorte le dernier lieu de mémoire du Mur de Berlin.

À l’époque, Berlin-Ouest était un village international, associé de loin à l’Allemagne de l’Ouest, mais c’était les soldats occupants qui faisaient la loi. Il n’y avait pas d’armée allemande ici, donc pas de service militaire, les restaurants pouvaient être ouverts toute la nuit. Tout ça faisait qu’il y avait beaucoup d’Allemands alternatifs qui venaient vivre ici, pour être dispensés de service militaire. Ce village international est devenu la capitale de l’Allemagne réunifiée, avec ses avantages et ses inconvénients : tout est devenu plus cher, il y a plus d’embouteillages qu’avant, etc. C’est sûr, ce n’est toujours rien à côté de Londres ou Paris. Et les jeunes qui n’ont pas connu l’autre Berlin Est/Ouest aiment bien cette ville comme elle est devenue. Les autres sont souvent nostalgiques, mais ce n’était pas drôle cette vie avec le Mur. Tous ces gens qui se suicidaient, qui se droguaient, qui déprimaient… J’ai quitté la Rauchhaus en 2002, je trouvais que vingt ans là-bas, ça suffisait. À la fin, j’étais un des plus vieux et j’avais une vie plus classique avec des revenus réguliers, du coup j’étais en charge de la signature de l’Anmeldung : les gens venaient me voir pour signer un papier avant d’aller à la mairie s’enregistrer. La police n’acceptait plus d’autres signatures que la mienne, parce que c’était trop chaotique, avec toutes ces personnes. Du coup, je me sentais comme en devoir de rester. Quand je suis arrivé, les jeunes pouvaient habiter gratuitement dans cette maison. En 2002, quand les quartiers Friedrichshain et Kreuzberg ont fusionné, elle est devenue trop cher, et les gens ont dû payer. Je devais faire la collecte et je trouvais ça insupportable de demander de l’argent à tout le monde, alors j’ai décidé de partir. Et puis, il faut dire que ça n’a pas été qu’une partie de plaisir : tous les jours, il y avait des histoires, des suicides, des overdoses, des descentes de police…

Après ça, je suis allé à Kreuzberg mais de l’autre côté, à la frontière avec Schöneberg, puis à Schöneberg, et maintenant j’habite à Tiergarten. Je suis resté dans l’ex-Berlin-Ouest. Je vis à côté de cette église symbolique, l’Église du Souvenir (Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche), gardée à moitié démolie. Je me souviens du jour où je suis arrivé, elle est apparue, en plein centre-ville, ça m’avait vraiment choqué. Je n’avais jamais vu ce genre de vestiges, cette église est conservée en ruines uniquement pour montrer aux jeunes générations ce qu’était la guerre. Ça permet de comprendre, comme l’East Side Gallery. Aujourd’hui, j’ai un atelier ici, mais je continue à faire des expos partout dans le monde. Je fais tous les projets. J’avais lu ça dans le livre d’Andy Warhol, « from A to B and back again », il disait de dire oui à tout. Ça m’a fait vivre toute ma vie, alors je continue. »

Les adresses de Thierry

LES RESTAURANTS DE THIERRY

BORCHARDT

Gastronomie franco-allemande

À deux pas de ma galerie, ce restaurant est un point de rencontre pendant la Berlinale, c’est une institution berlinoise. Les gens ne viennent pas spécialement pour manger même si c’est très bon, ils viennent surtout pour se retrouver. Le cadre est historique, le décor date de 1895, année de l’ouverture : colonnades, dorures, mosaïques… Quand j’étais jeune, et encore sans enfants, j’y allais très souvent, plutôt pour vendre mes tableaux. Dans les restaurants ou les bars, les gens qui ont un peu bu te racontent souvent des histoires… Moi, je me servais de leurs histoires pour donner des titres à mes tableaux.

Französische Straße 47, 10117 Berlin

MITTE

Tél. : +49 30 81886262

www.borchardt-restaurant.de/en

Ouvert tous les jours de 11h30 à 1h du matin.

GALERIES LAFAYETTE GOURMET

Centre commercial, plats français

Dans ce centre commercial, qui est plus ou moins la réplique des Galeries Lafayette parisiennes, il y a plusieurs restos de nourriture française : j’y vais particulièrement pour les quenelles et les quiches lorraines, qui sont excellentes.

Friedrichstr. 76-78, 10117 Berlin

MITTE

Tél. : +49 30 209480

www.galerieslafayette.de/gourmet

Ouvert du lundi au vendredi de 10h à 20h.

MUSASHI

Restaurant japonais

Le Musashi est mon restaurant japonais préféré à Berlin : un tout petit restaurant à Kreuzberg, qui fait d’excellents plateaux de sushis et de makis, pour vraiment pas cher.

Kottbusser Damm 102, 10967 Berlin

KREUZBERG

Tél. : +49 30 6932042

Ouvert du lundi au samedi de midi à 22h30, le dimanche de 14h à 22h.

KIMCHI PRINCESS & ANGRY CHICKEN

Spécialités coréennes

Le Kimchi Princess est un excellent restaurant coréen et également un vrai point de rencontre à Kreuzberg. On y croise toujours du monde, c’est une institution. À côté, Angry Chicken, tenu par les mêmes propriétaires, pour les amateurs de poulet grillé, et autres variantes au barbecue, plutôt épicé.

» Kimchi Princess

Skalitzer Str. 36, 10999 Berlin

KREUZBERG

Tél. : +49 163 4580203

www.kimchiprincess.com

Ouvert tous les jours de 12h à 23h.

» Angry Chicken

Oranienstraße 16, 10999 Berlin

KREUZBERG

Tél. : +49 30 69599427

www.angry-chicken.com

Ouvert tous les jours de 12h à 22h.

WELT RESTAURANT MARKTHALLE

Restaurant allemand

Le Welt Restaurant, attenant au marché Markthalle Neun, est un lieu culte à Kreuzberg, notamment parce qu’il est dépeint dans le livre Herr Lehmann, livre (puis film) connu de tous les Allemands. La cuisine est principalement faite de spécialités du pays, comme la Schnitzel ou le Schweinebraten. Excellent et raisonnable vu la qualité. Très berlinois aussi, dans un certain sens.

Pücklerstraße 34, 10997 Berlin

KREUZBERG

Tél. : +49 30 6175502

www.weltrestaurant-markthalle.de

Ouvert tous les jours de 10h à 2h.

DIEKMANN

Restaurant allemand

C’est un restaurant traditionnel de Charlottenburg, un quartier un peu plus huppé et dans lequel Diekmann n’a pas à rougir, c’est classe sans ostentation. D’excellentes viandes, salades, soupes… On peut même y déguster un « menu secret » et laisser le chef nous surprendre avec ses spécialités.

Meinekestraße 7, 10719 Berlin

CHARLOTTENBURG

Tél. : +49 30 8833321

diekmann-restaurants.de

Ouvert du lundi au samedi de 12h à 1h, le dimanche de 18h à 1h.

PARIS BAR

Cuisine française

On dit du Paris Bar qu’il a été le premier restaurant moderne de Berlin-Ouest. Son heure de gloire est passée et on n’y croise plus Sophia Loren ou Robert Redford, mais on y déguste toujours une excellente cuisine française.

Kantstraße 152, 10623 Berlin

CHARLOTTENBURG

Tél. : +49 30 3138052

www.parisbar.net

Ouvert tous les jours de midi à 1h.

FRANCUCCI’S RISTORANTE

Cuisine italienne, pizzeria

Le restaurant Francucci fait les meilleures pizzas de Charlottenburg, dans une ambiance classique et feutrée. C’est un peu cher, mais tout est excellent, et les produits sont super frais.

Kurfürstendamm 90, 10709 Berlin

CHARLOTTENBURG

Tél. : +49 30 3233318

www.francucci.de

Ouvert tous les jours de 12h à 1h.

BERLIN BURGER INTERNATIONAL

Fast-food

Berlin Burger International : mon burger préféré à Berlin. Les portions sont gigantesques et bon marché. Mais ce minuscule restaurant est victime de son succès et il n’est pas rare d’attendre très longtemps pour être servi. Il vaut mieux prendre son mal en patience et boire un verre sur la terrasse si on trouve une place.

Pannierstraße 5, 12047 Berlin

NEUKÖLLN

Tél. : +49 178 5407409

www.berlinburgerinternational.com

Ouvert du lundi au jeudi de midi à minuit, les vendredis et samedis de midi à 1h, le dimanche de midi à 22h.

BATEAU IVRE

Café français

Le Bateau Ivre est un petit café que j’adore, en plein cœur de Kreuzberg, sur la rue la plus animée du quartier, qui est déjà lui-même le plus animé de Berlin. Leurs petits-déjeuners sont excellents et on y trouve probablement les serveurs les plus sympas de Berlin (il faut dire que le sens du service étouffe rarement les serveurs à Berlin…). La terrasse, aux beaux jours, est souvent bondée.

Oranienstraße 18, 10997 Berlin

KREUZBERG

Tél. : +49 30 61403659

Ouvert tous les jours de 9h à 3h.

LES SORTIES DE THIERRY

WATERGATE

Club électro

LA discothèque mythique du Berlin post-chute du Mur est toujours un lieu incontournable pour les fêtards. Au bord du fleuve, le lieu lui-même est aussi important que la musique, et on y entend les sets de tous les DJ internationaux qui s’y pressent. Ça ne les empêche pas d’avoir aussi d’excellents DJ résidents comme Ellen Allien. Le Watergate a également lancé son propre label de musique.

Falckensteinstraße 49, 10997 Berlin

KREUZBERG

Tél. : +49 30 61280394

www.water-gate.de

Ouvert du mercredi au dimanche de 22h à 5h.

CAFÉ M

Café, lieu d’expos et concerts

Le café M est un café célèbre de Berlin-Ouest, où des personnalités comme Nick Cave et ses Bad Seeds ou Blixa Bargeld traînaient souvent. Il s’appelait à l’époque le Mitropa, qui était le nom des wagons-restaurants en Allemagne de l’Est. L’État leur a fait un procès à cause de leur nom et depuis ils sont simplement devenus « Café M ». Ils font d’excellents cafés au lait et le lieu a un charme sans prétention qui est indéniable. C’est par ailleurs un lieu pluridisciplinaire : expos, concerts…

Goltzstraße 33, 10781 Berlin

SCHÖNEBERG

Tél. : +49 30 2167092

www.cafe-m.de

Ouvert du lundi au vendredi de 8h à 1h, le samedi de 9h à 1h, le dimanche de 9h à 1h.

KATER BLAU

Club électro

Alors que le Kater Holzig, qui avait remplacé le Bar 25, vient de fermer, le Kater Blau a pris sa place. Tenu par la même équipe, on y assiste à des concerts et beaucoup de soirées électros, mais le lieu est avant tout à voir pour son décor : c’est cerné d’usines abandonnées couvertes de graffitis.

Holzmarktstr. 25, 10243 Berlin

KREUZBERG

www.katerblau.de

Ouvert selon événements.

ANKERKLAUSE

Bar au bord de l’eau

Pour une soirée sympa au bord du canal, rien de mieux que l’Ankerklause, avec son pub, son restaurant et la terrasse qui surplombe l’eau. Il y a un juke-box pour les soirées et, la journée, la musique est plutôt rock ou soul, dans un décor un peu guinguette. C’est vraiment bien.

Kottbusser Damm 104, 10967 Berlin

NEUKÖLLN

Tél. : +49 30 6935649

www.ankerklause.de

Ouvert le lundi de 16h à 4h, du mardi au dimanche de 10h à 4h.

ADMIRALBRÜCKE

Pont piétonnier

Depuis des années, les jeunes ont pris l’habitude de venir boire un verre sur ce pont au-dessus du canal. Dès qu’il fait beau, ça fourmille de gens qui vont acheter leur boisson au Späti (l’épicerie du coin), ou leur pizza à l’excellente trattoria en face, Il Casolare, et viennent discuter ici entre amis. C’est très bon enfant et toujours sympa.

» Admiralbrücke

Admiralstraße, 10967 Berlin

KREUZBERG

» Il Casolare

Grimmstraße 30, 10967 Berlin

KREUZBERG

SCHWARZLICHT MINIGOLF

Minigolf nocturne

Au cœur du Görlitzer Park, il y a un minigolf couvert qui se pratique dans le noir : on est guidé sur le parcours par des lumières complètement psychédéliques. On perd toute notion des distances, mais c’est super drôle, et les décors évoluent au fil du jeu. Immanquable !

Görlitzer Straße 1/Haus 1, 10997 Berlin

KREUZBERG

Tél. : +49 30 61621960

www.indoor-minigolf-berlin.de

Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 22h, les samedis et dimanches de 10h à 22h.

LES VISITES DE THIERRY

CARILLON IN BERLIN TIERGARTEN

Concert de cloches

Dans cette tour, qui est aux abords du Tiergarten, il y a un concert de cloches tous les dimanches. Ça dure deux heures, on y joue Satie, Bach, Debussy, Schumann… J’avais eu le privilège de monter où le musicien joue, c’est une espèce de grand piano sur lequel il tape avec la tranche des mains sur des morceaux de bois et aussi avec les pieds pour les plus grosses cloches. C’est sublime à voir. Et à entendre !

Große Querallee, 10557 Berlin

MITTE

www.carillon-berlin.de

Tous les dimanches à 15h.

TIERGARTEN

Parc, zoo, quartier

Le Tiergarten, parc animalier, est gigantesque. Il y a un zoo évidemment, mais aussi un musée des lampadaires, plusieurs Biergarten, et de la place pour tout le monde… Il a été rendu célèbre par la Love Parade qui passait par là. À l’époque, pour interdire la manifestation, certains disaient que les jeunes détruisaient le parc en pissant sur les arbres !

Straße des 17. Juni 31, 10785 Berlin

MITTE

Tél. : +49 30 901833101

GOLDE ELSE (SIEGESSAÜLE)

Statue, vue sur Berlin

À un bout du Tiergarten, on peut voir la Golden Else, un ange doré sur une colonne. C’est la statue qu’on voit dans le film Les ailes du désir de Wim Wenders. Si on a le courage, il faut absolument monter les 103 marches de la tour pour se retrouver sous les jupes de l’ange et avoir un panorama incroyable sur Berlin. Pour moi, c’est la plus belle vue sur la ville.

Großer Stern, 10557 Berlin

MITTE

Tél. : +49 30 3912961

Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 18h30, les samedis et dimanches de 9h30 à 19h.

KADEWE

Centre commercial

Kadewe, je trouve que c’est un endroit magique : c’est le plus grand magasin d’Europe et j’y vais toujours avec mes enfants à Noël, quand ils installent des décorations incroyables. Chaque étage est comme un musée, on y trouve de tout, on a l’impression parfois de s’être arrêté dans le temps. C’est un lieu mythique de l’Ouest de Berlin. D’ailleurs, Kadewe est le diminutif de Kaufhaus des Westens qui veut littéralement dire « grand magasin de l’Ouest ».

Tauentzienstraße 21-24, 10789 Berlin

CHARLOTTENBURG

Tél. : +49 30 21210

www.kadewe.de

Ouvert du lundi au jeudi de 10h à 20h, le vendredi de 10h à 21h, le samedi de 9h30 à 20h.

NEUE NATIONALGALERIE

Musée

J’adore cet endroit. Quand ma fille Charlotte était petite, on y allait tous les dimanches. Parfois, on ne regardait même plus les tableaux, on allait directement au sous-sol, là où se trouve le jardin avec des sculptures, on s’amusait avec des insectes ou on se cachait derrière les œuvres. C’est un endroit magique de Berlin. Le bâtiment n’est pas très beau, assez plat, mais à l’intérieur il y a une ambiance très particulière. Et la collection d’art moderne du XXe siècle est très belle, avec beaucoup de tableaux d’expressionnistes allemands du mouvement Die Brücke.

Potsdamer Straße 50, 10785 Berlin

SCHÖNEBERG

Tél. : +49 30 266424242

www.smb.museum/museen-und-einrichtungen/neue-nationalgalerie/home.html

Ouvert le mardi, le mercredi et le vendredi de 10h à 18h, le jeudi de 10h à 22h, le samedi et le dimanche de 11h à 18h.

KAISER-WILHELM-GEDÄCHTNISKIRCHE

Église en ruines, mémorial

On l’appelle l’Église du Souvenir. Elle a été à moitié détruite pendant la guerre et on l’a laissée en l’état en souvenir des destructions du conflit. Je me souviens du jour où je suis arrivé, elle m’a sauté aux yeux, je n’avais jamais vu ce genre de vestiges avant. C’est une leçon, ça permet de comprendre les ravages de la guerre, ça participe du travail de mémoire collective. On n’a rien de comparable en France.

Breitscheidplatz, 10789 Berlin

CHARLOTTENBURG

Tél. : +49 30 2185023

www.gedaechtniskirche-berlin.de/KWG/index.php

Ouvert tous les jours de 9h à 19h.

LES BOUTIQUES DE THIERRY

MARKT AM WINTERFELDTPLATZ

Marché d’alimentation

Chaque samedi, ce marché est le rendez-vous de Schöneberg. Les fromages, la charcuterie, le miel, tout y est excellent. On peut aussi déjeuner sur place, notamment une très bonne soupe thaïe car des restaurateurs thaïlandais y proposent leur cuisine tous les dimanches.

Winterfeldtplatz, 10781 Berlin

SCHÖNEBERG

Tél. : +49 175 4374303

winterfeldt-markt.de

Ouvert le mercredi de 8h à 14h, le samedi de 8h à 16h.

MAÎTRE PHILIPPE ET FILLES

Fromagerie