Portraits de Londres - Amandine Alexandre - E-Book

Portraits de Londres E-Book

Amandine Alexandre

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Beschreibung

Découvrez Londres à travers les yeux de ses habitants

Portraits de Londres, c'est la rencontre avec Maia, Ning, Rani, Steeve, Sophie, Jesse, Thomas, Line, Alessandro... Une mosaïque composée d'une douzaine de portraits qui reflètent la diversité socioculturelle et la fascination pour la cité. Chef cuisinier quaker, trader italien de la City, prof d'arts martiaux zimbabwéen, intellectuelle française, ethnographe britannique, jeunes expats dans le marketing ou le business, entrepreneur irlandais, restauratrice chinoise... Tous parlent de Londres, LA ville mondiale, où ils sont aujourd'hui chez eux. Ces "insiders" vous racontent leur histoire, la ville de l’intérieur, ses codes, et comment ils sont devenus des Londoniens.

Chaque portrait livre sa sélection originale d'endroits qu’il juge incontournables : comment choisir un restaurant ? Où se promener, quelles visites privilégier ? Pour quelles sorties culturelles, festives, artisanales opter ? Le livre propose plus de 250 adresses, toutes choisies et commentées par leurs habitués : leurs meilleurs restaurants, leurs meilleures sorties, leurs meilleures visites, leurs meilleurs hébergements et leurs meilleures adresses shopping. En découvrant leurs histoires, vous n’aurez qu’une envie : embarquer pour Londres et foncer dans ces lieux qu’ils ont confiés comme à leurs meilleurs amis.

Un guide à plusieurs voix rempli d'adresses utiles !

A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE MA VILLE »

Vivre ma ville, ce sont des livres de voyage avec supplément d'âme. Ils donnent les clés, les conseils, les bonnes adresses, grâce à l'expérience de ceux qui vivent sur place, là où les autres guides se contentent d'auteurs professionnels de passage. Ils offrent aussi des histoires, une chair littéraire par les interviews-portraits d'une dizaine de personnes qui présentent leur lieu de vie. Chaque portrait est un roman. Chaque portrait a un enjeu : comprendre le choix de cette vie-là. Chaque portrait permet aussi au lecteur de s'identifier, et donc de choisir ses destinations en fonction de ses affinités, en fonction du personnage qui résonne le plus en lui.

LES ÉDITIONS HIKARI

Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.

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Seitenzahl: 357

Veröffentlichungsjahr: 2017

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PORTRAITS DE LONDRES

par Amandine Alexandre

Un livre de la collection Portraits de ville.

Directeur de la publication : Anthony Dufour.

Édition : Marie Duchaussoy.

Maquette et mise en page : Katarina Cendak.

Couverture : © Katarina Cendak.

Photographies des portraits : © Amandine Alexandre sauf © Emiliano Verrocchio (portrait de l’auteure), © Manos Fotiou (portrait de Rani Khanna). Tous droits réservés.

Photographies des adresses : tous droits réservés.

Hikari Éditions

4, avenue Foch, 59000 Lille (France).

www.hikari-editions.com

© Hikari Éditions, avril 2015.

ISBN 978-2-36774-055-3

ISSN 2265-3082

Dépôt légal : avril 2015.

Toute reproduction partielle ou intégrale, faite sans l’accord préalable et écrit de l’auteur et de l’éditeur, est strictement interdite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du Code de la Propriété intellectuelle). La copie sur support papier à usage privé de ces différents objets de droits est autorisée conformément à l’article L122-5 du Code de la Propriété intellectuelle.

Aucun guide n’est parfait, des erreurs se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Des informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Londres est une ville où tout change très vite… Merci de nous suggérer toute correction utile que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition en nous écrivant à [email protected].

PORTRAITS DE VILLE

Portraits de Londres est un livre dans lequel ceux qui vivent dans la ville vous en donnent les clefs. Mieux qu’un guide de tourisme, mieux qu’un récit d’expatriés, nous allons dresser ici une douzaine de portraits, à la première personne, dans lesquels vous découvrirez l’histoire de celles et ceux qui vivent ou qui ont décidé de vivre à Londres.

Chaque voyage, chaque départ, a sa propre histoire. On s’exile par amour, pour travailler, pour fuir, pour découvrir. C’est une aventure permanente qui a un immense mérite pour celui qui la pratique : ouvrir les yeux.

Certains de celles et ceux que vous allez découvrir dans les prochaines pages sont des personnalités londoniennes. D’autres, de parfaits inconnus. Pour ce livre, nous avons pris le temps d’écouter leur histoire.

L’objet littéraire qui suit est donc hybride : entre le récit et le guide pratique, c’est un livre de voyage. Il s’adresse aux visiteurs, aux touristes tout comme à ceux qui veulent vivre à Londres. Il s’adresse à celles et ceux qui sont curieux et veulent trouver des idées dans les parcours de leurs semblables.

Ce livre a été écrit en toute indépendance. Les lieux proposés dans ces pages sont ceux de nos invités, ceux qu’ils partagent avec vous, dans la plus grande liberté, en toute subjectivité.

Contents

Portraits de ville

Jesse Dunford Wood

Lisa Mckenzie

Ning Ma

Kudakwashe Chinhara

Sophie Exintaris

Steve Pagett

Rani Khanna

Thomas Dortel

Line Mariani-Playfair

Alessandro Bordoni

Perrin Joel

Matt Collins

Maia Fontaine

Amandine Alexandre

Classement Des Adresses

Londres En Un Coup D’Œ il

Londres Pratique

Notes

«Je suis né au Brésil, un peu par accident. Mon père est peintre. Ma mère a suivi une formation d’orfèvre. À la fin des années 1970, mes parents ont vécu deux ans dans une communauté d’artistes et d’intellectuels à Ouro Preto dans l’État du Minas Gerais dans le sudest brésilien. Ils s’étaient liés d’amitié avec une poétesse américaine lesbienne qui s’appelait Elizabeth Bishop. J’ai vu le jour dans sa maison le 22 octobre 1977. J’y suis retourné pour mes 14 ans. Le jour de mon anniversaire, mon père s’est débrouillé pour que je dorme dans le lit où j’étais né. Il voulait que je sache d’où je venais.

Les quakers

On recense aujourd’hui 23 000 quakers en Angleterre, berceau du mouvement quaker au XVIIe siècle. Son fondateur voulait revenir à une forme épurée du christianisme. Le credo de Gorges Fox : Dieu est présent dans chaque personne; pour entrer en relation avec Dieu, il n’y a besoin ni de prêtres, ni d’églises. Ces idées très égalitaristes ont valu à Fox d’être emprisonné. Persécutés, beaucoup de quakers s’exilèrent aux États-Unis. Plusieurs familles quakers ont tout de même laissé leur marque dans l’histoire de l’Angleterre. John Cadbury a créé l’une des plus célèbres marques de chocolat au monde au XIXe siècle à Birmingham. Il était également un grand philanthrope. Les quakers sont aussi connus pour leur engagement en faveur de la paix. Ils ont contribué à la création d’Amnesty International, de Greenpeace ou encore d’Oxfam.

Nous avons quitté le Brésil lorsque j’avais un an. Nous avons ensuite passé une année à Paris. Puis, nous nous sommes installés dans la région d’Oxford. Je n’ai pas eu une enfance très conventionnelle. J’ai d’abord grandi entouré des amis artistes de mes parents et, à 13 ans, j’ai intégré un pensionnat quaker, Leighton Park dans le Bershire, à l’ouest de Londres. Je suis devenu pensionnaire là-bas grâce à une bourse. Mes parents sont des quakers dilettantes. Dans l’établissement, moins d’un quart des élèves était issu de familles quakers. Certains venaient de familles juives, d’autres hindoues, mais tout le monde respectait la religion quaker. L’introspection, l’humilité, la modération sont des valeurs fondamentales pour les quakers. Ce n’est pas une religion où les gens chantent, dansent ou crient en invoquant un dieu quelconque. Il n’y a pas de prêtre, ni aucune autre hiérarchie ecclésiastique. L’autre particularité, c’est que le culte se célèbre dans le silence. Pendant les réunions, tout le monde est en cercle et chacun est libre de penser à ce qu’il veut. C’est une religion qui se pratique facilement.

J’ai adoré mes années de pensionnat. J’avais besoin d’être dans un environnement très structuré. J’appréciais le fait de manger à heure fixe par exemple. Ça me changeait de la maison ! J’étais populaire auprès des élèves et des profs qui m’avaient élu headboy, j’étais donc chargé de représenter l’école à l’extérieur de l’établissement. J’ai gardé des liens forts avec Leighton Park. J’y retourne régulièrement pour prononcer des discours, donner des conseils d’orientation aux élèves ou pour jouer les juges lors des concours de pâtisserie. L’école est fière de ma réussite, et moi, j’en profite pour leur donner un coup de main, leur faire bénéficier de ma petite notoriété est un juste retour des choses. J’organise aussi des soirées dans mon restaurant à Londres dans le quartier de Kensal Green pour les anciens élèves de l’école. Ça me fait plaisir de garder le contact avec l’établissement.

À 18 ans, après l’équivalent du bac, j’ai intégré l’école des Beaux-Arts à Wimbledon dans le sud de la capitale. La première année s’appelle foundation course : les étudiants s’essayent à différentes pratiques artistiques (le stylisme, la production de décors de théâtre, la photo ou encore le graphisme). Ce n’est qu’au terme de cette première année que l’on choisit sa spécialisation. Ç’a été une période de très grande liberté pour moi. En sortant du pensionnat, j’ai dû apprendre à faire la cuisine moi-même par instinct de survie, pour ne pas mourir de faim ! Et j’ai découvert que j’aimais ça. Ce que j’adorais par-dessus tout, c’était organiser des dîners, choisir la musique, faire un plan de table et créer des plats originaux. C’est là que je me suis dit : « Pourquoi est-ce que je ne gagnerais pas ma vie à faire ça ? ». Aujourd’hui, j’ai réalisé mon rêve, même si préparer à manger pour une centaine de personnes nécessite un peu plus de travail que de cuisiner pour une table de huit…

À l’issue de l’année de foundation course, j’ai finalement décidé de me spécialiser dans le graphisme et la photographie. Ça impliquait de déménager à Edinbourgh en Écosse. Je suis arrivé là-bas en été, bien avant la rentrée universitaire. J’avais en besoin d’un boulot et je me suis dit que ce serait une expérience sympa de travailler dans la cuisine d’un restaurant. J’envisageais ça comme un moyen de financer mes études. J’ai décroché un job de plongeur. En réalité, j’ai tellement aimé l’atmosphère des cuisines que j’ai décidé de ne pas faire la rentrée universitaire et je ne suis jamais retourné aux Beaux-Arts. Pour moi, c’était parfait : je vivais avec des amis étudiants, je gagnais ma vie et j’apprenais un métier. Au bout d’un an et demi, et après avoir travaillé dans deux restaurants différents, j’ai pensé que si je voulais devenir un bon chef cuisinier, il fallait que j’aille travailler dans les meilleurs restaurants du pays. Je suis allé dans le Devon où j’ai été embauché par Michael Caines, un chef très talentueux qui venait de décrocher sa seconde étoile au Michelin après avoir beaucoup galéré. Il m’a pris comme apprenti. J’ai appris énormément à son contact, mais j’avais envie d’être dans un environnement plus créatif.

Après trois ans, je suis parti en Australie. Cela m’a amené à connaître une autre façon de voir la gastronomie. Je n’avais pas besoin de porter un costume pour passer la porte des grands restaurants, je pouvais manger des plats raffinés en tee-shirt, je n’en croyais pas mes yeux ! Je me souviens qu’un jour, à Londres, j’étais allé dîner au Gavroche, le restaurant tenu par Michel Roux Junior (deux étoiles au Michelin). Je portais une cravate et une chemise. J’étais bien habillé, mais le maître d’hôtel m’avait forcé à porter une veste, qui était beaucoup trop grande pour moi. Il fallait que je fasse attention à ce que les manches ne trempent pas dans mon assiette… Ça m’avait gâché tout le plaisir !

Après mon séjour en Australie, je suis revenu en Angleterre où j’ai été embauché à Kensington Place sur Kensington High Street. C’est la brasserie britannique moderne par quintessence. Ce qui est drôle, c’est que lorsque j’étais étudiant aux Beaux-Arts à Wimbledon, j’habitais juste à côté, je logeais chez mon grand-père maternel à Notting Hill. Je me disais régulièrement : « J’aimerais tellement avoir les moyens de dîner dans ce restaurant ». Lorsque je rentrais de la fac, tous les soirs, à 18 heures, je voyais les chefs et tout le personnel du restaurant en train de manger avant le service. Tout avait l’air tellement bon ! Je n’arrive toujours pas à croire que j’ai fini par travailler là-bas.

À l’époque, le chef de Kensington Place était Rowley Leigh. Leigh fait partie de ces personnalités qui ont révolutionné la culture gastronomique britannique dans les années 1980. Jusqu’alors, c’était une culture dominée par la haute cuisine française. Quatre ou cinq restaurants londoniens – parmi lesquels Bibendum à Chelsea et River Café à Hammersmith – ont amorcé une petite révolution en montrant qu’on pouvait préparer de la très bonne cuisine avec des ingrédients simples et la servir dans un cadre un peu plus décontracté.

Le retour en force de la cuisine britannique

Le chef Raymond Blanc se souvient encore du désert culinaire qu’était le Royaume-Uni à son arrivée dans les années 1970. « Il était impossible de trouver des produits du terroir ! », se rappelle le chef français étoilé vénéré des Britanniques. Quarante plus tard, tous les restaurants à la mode de Londres se prévalent de servir des produits d’origine locale, de saison et, ces dernières années, les plats traditionnels britanniques sont revenus sur le devant de la scène. Ce sont en général des plats simples à base de viande et de légumes, des gratins de viande ou de poisson (fish pie, cottage pie) ou encore des tourtes (chicken and mushroom pie). Pour ce qui est du sucré, là non plus, les Anglais ne font pas dans la sophistication, mais ils n’ont pas à rougir de leurs desserts, comme le crumble aux fruits et le bread and butter pudding, version britannique du pain perdu.

La leçon que j’ai retenue de Rowley Leigh, c’est qu’on peut très bien mettre au menu du foie gras à côté d’une omelette. Cette vision des choses est en complet décalage avec les idées que l’on m’avait inculquées jusqu’alors dans les restaurants étoilés. Je pensais qu’il fallait sacraliser la nourriture et l’expérience gastronomique. En réalité, les gens vont au restaurant pour toutes sortes de raisons. Certaines personnes déjeunent seules et travaillent en même temps sur leur ordinateur portable. D’autres viennent pour vivre une expérience gustative hors du commun. D’autres se restaurent après un enterrement ou une fête de famille. C’est pour cette raison que mon restaurant, Parlour, est ouvert de 10 heures à 23 heures. Je veux que tout le monde puisse y trouver son compte. J’ai des clients qui viennent prendre un café et manger des toasts, d’autres font un bref passage à l’heure du déjeuner et ceux qui le souhaitent peuvent vivre une expérience culinaire extraordinaire à la table du chef. Grâce à Rowley Leigh, j’ai pris conscience qu’il fallait préparer des plats que les gens avaient envie de manger. Je n’y avais jamais pensé avant !

Avant lui, pour moi le but était de décrocher des étoiles au Michelin et de servir des choses ultra-sophistiquées. En fait, dans la vraie vie, tout le monde adore le traditionnel gratin de poisson (fish pie). Or, je n’avais jamais préparé de gratin de poisson ! Ce chef a complètement fait voler en éclats mes idées reçues sur la grande gastronomie.

Après cette expérience londonienne, la première de ma carrière, je suis allé aux États-Unis pour travailler dans des grands restaurants, d’abord à Chicago puis à New York. À mon retour à Londres, en 2006, je me suis senti fin prêt à ouvrir ma propre affaire. Sauf que je ne savais pas trop comment m’y prendre.

J’ai alors rédigé un document dans lequel j’expliquais quel était mon projet et j’ai présenté ça sous la forme d’un magazine sur papier glacé. Je n’avais pas d’argent pour me lancer et je pensais qu’en présentant mon projet de manière originale et visuelle j’allais attirer des investisseurs. Au final, je ne savais pas quoi faire de mon joli magazine. Les gens me demandaient où était mon business plan et je n’en avais pas ! C’est à ce moment-là que j’ai été contacté par Oliver Peyton, un restaurateur irlandais connu pour avoir participé à quelques émissions autour de la cuisine sur la BBC. Il avait besoin d’un chef pour lancer un restaurant et un café baptisés The National Dining Rooms, à l’intérieur de la National Gallery sur Trafalgar Square. Peyton est considéré comme étant une référence en matière de cuisine britannique. En réalité, quand je l’ai rencontré, il n’y connaissait rien et moi non plus ! J’avais 27 ans. J’avais passé plusieurs années à l’étranger. Je n’avais aucune idée de ce qu’était que la cuisine britannique et, tout à coup, j’étais responsable du contenu des assiettes servies aux visiteurs de l’un des musées les plus célèbres du Royaume-Uni…

Quand j’étais aux États-Unis et en Australie, les gens se moquaient de la cuisine britannique et, moi, je ne savais pas quoi leur répondre. Heureusement, ce projet a correspondu à la renaissance de la british food. C’était une période excitante. Les chefs s’épiaient les uns les autres pour savoir ce que c’était que la cuisine britannique. Je me suis beaucoup amusé dans le cadre de ce projet et le magazine Time out nous a décerné le titre de meilleur restaurant britannique de l’année ! Après ça, je me suis dit que j’étais vraiment prêt à ouvrir ma propre affaire.

Pendant un an, je n’ai pas travaillé pour me concentrer sur la rédaction de mon business plan. J’ai contacté des membres de ma famille, des amis, des connaissances. À ma grande surprise, plusieurs personnes étaient prêtes à me prêter de l’argent. Je me suis donc lancé dans la recherche de locaux. En octobre 2008, le projet commençait à prendre forme. J’étais sur le point de signer un bail de vingt ans. Mais, à ce moment-là, personne ne m’avait encore versé d’argent… J’ai donc décroché mon téléphone pour appeler tous ceux qui m’avaient promis d’investir dans mon restaurant pour qu’ils concrétisent leur promesse. Or, les unes après les autres, ces personnes m’ont répondu : « Mais tu n’es pas au courant de la crise financière qui est train de s’abattre sur le monde ? ». Tout est tombé à l’eau, d’un seul coup. J’ai pleuré pendant un mois. J’étais complètement désemparé. Personne ne savait combien de temps la crise allait durer. J’ai passé deux semaines à regarder la télé, je ne voulais parler à personne parce que je savais que tout le monde allait me demander où j’en étais dans mon projet de restaurant.

Finalement, j’ai trouvé des associés en 2010. Nous avons ouvert ensemble un restaurant à Notting Hill, le Malvern, et nous avons transformé ce qui était alors un pub-discothèque en un restaurant, Parlour. Je me suis séparé de mes associés en 2012, je voulais avoir ma propre affaire. Cela procure immense sentiment de liberté. C’est aussi une énorme responsabilité parce que j’emploie vingt-cinq personnes. Je ne gagne pas beaucoup d’argent, mais je fais ce que j’ai toujours eu envie de faire de la façon dont j’ai envie de le faire, et les affaires prospèrent. J’ai une bonne équipe autour de moi. Depuis que nous avons ouvert à l’été 2012, notre clientèle s’étoffe de semaine en semaine et les retours de nos clients sont très positifs. Je ne peux pas rêver mieux. Nous avons beaucoup d’ambition pour Parlour et nous ne sommes qu’au début de l’aventure. Chaque jour, on essaie d’améliorer les choses.

La clientèle de Parlour à Kensal Green est très différente de celle que j’avais lorsque j’étais le chef du Malvern à Notting Hill Gate. À Notting Hill, il y a beaucoup de banquiers et il y a aussi ce qu’on appelle la Red trousers brigade, des bourgeois quinquagénaires qui parlent fort. Ici, à Kensal Green, je pense que je suis plus en phase avec ma clientèle, elle me ressemble plus. Les clients aiment les plats fantaisistes qu’il y a au menu. Ils aiment l’atmosphère décontractée. Ils viennent en famille pendant la journée le week-end et entre amis le soir pour boire un cocktail, dîner en amoureux ou fêter un anniversaire.

Quand j’y pense, je n’ai pas passé beaucoup de temps à Londres depuis le début de ma carrière. J’ai fait le tour du monde pour glaner des idées ici et là, mais je n’ai jamais vraiment eu l’intention de m’installer définitivement à l’étranger. J’ai trouvé par exemple que l’Australie était un pays beaucoup trop superficiel. J’aime sentir le poids de l’Histoire et de la tradition. Et j’aime le fait qu’il existe des classes sociales en Grande-Bretagne. Cela me fascine. Je sais bien que pour moi, c’est facile de tenir ce genre de propos. J’ai été élevé dans une famille de la classe moyenne, j’ai fréquenté un pensionnat et, parce que mes parents étaient des artistes bohèmes, j’ai toujours côtoyé des personnes de tous horizons. Ça m’a donné un avantage substantiel. Je me sens à l’aise avec des gens de la classe supérieure, comme avec des personnes d’origine plus modeste et cela est très important quand on tient un restaurant.

Je me vois vivre à Londres et me concentrer sur mon restaurant pendant encore quelques années. Je ne sais pas si je passerai le reste de ma vie ici. C’est une ville cosmopolite, pleine d’énergie. J’ai des jumeaux âgés de deux ans. Je ne suis pas certain que ce soit le cadre idéal pour élever des enfants : il n’y a pas beaucoup d’espaces verts dans les abords immédiats du quartier où nous habitons. Mais le fait est que j’adore Londres. Tenir une affaire en plein développement dans une ville en pleine expansion est une expérience très épanouissante. La concurrence est rude, certes. Ceci dit, je ne serais pas forcément un chef plus heureux dans un environnement moins compétitif. En tant que chef, je suis en permanence à l’affût de ce que font les autres chefs londoniens. Et tout le monde fait pareil. Dans cette ville, nous nous nourrissons les uns des autres. »

THE BULL AND LAST

Gastropub

C’est un pub qui sert de la nourriture traditionnelle britannique de qualité. Le dimanche, vous pouvez commander un roast (des tranches de rôti de bœuf servi avec des légumes grillés au four), de la poitrine de porc fumée ou encore un fameux fish and chips (un filet de poisson pané avec des frites). La décoration est rustique. Le bâtiment est classé au patrimoine national. À mon avis, c’est l’un des rares pubs vraiment authentiques de la capitale. Il est situé tout près de l’immense parc de Hampstead Heath.

Métro Gospel Oak (Northern)

168 Highgate Road, NW5 1QS, Highgate

Tél. : +44 207 267 3641

www.thebullandlast.co.uk

Ouvert de midi à 23 h du lundi au jeudi, de midi à minuit le vendredi et le samedi, et de midi à 22 h 30 le dimanche.

THE DUKE OF KENDAL

Pub

En apparence, c’est un pub tout à fait ordinaire, situé près d’Edgware road et de Hyde Park. Mais, dans un coin, il y a un piano et, tous les dimanches soirs, vers 18 heures, une vieille dame se met à jouer et les clients l’accompagnent en chantant de vieilles chansons anglaises, des chansons qui datent de la guerre. Ça peut durer toute la soirée et tout le monde finit par chanter. C’est unique, ça laisse des souvenirs. C’est sans doute la meilleure chose que vous puissiez faire un dimanche soir à Londres !

Métro Lancaster Gate (Central)

38 Connaught street, WC 2AF, Edgware

Tél. : +44 207 723 8478

www.thedukeofkendal.co.uk

Ouvert de 11 h à 23 h du lundi au jeudi, de 11 h à 23 h 30 le vendredi et le samedi, et de midi à 22 h 30 le dimanche.

18 STAFFORD TERRACE

Maison victorienne

Il faut absolument visiter cette maison, qui a appartenu à un dessinateur du XIXe siècle. Edward Liney Sambourne travaillait pour un magazine satirique. Il vivait là avec sa femme, ses deux enfants et leurs dix domestiques. La maison est restée intacte. Elle contient beaucoup d’objets de décoration japonais, chinois et asiatiques en général. La visite est guidée, obligatoirement. Mieux vaut réserver assez tôt.

Métro High Street Kensington (Circle et District)

18 Stafford Terrace, W8 7BH, Kensington

Tél. : +44 207 602 3316 (du lundi au vendredi) +44 207 938 1295

(le week-end)

rbkc.gov.uk/subsites/museums/18staffordterrace1.aspx

Ouvert de mi-septembre à mi-juin.

BUBBLEDOGS

Hot-dogs de luxe

Le restaurant ne sert que des hot-dogs de luxe et du champagne. Il y a un très vaste choix de viande et aussi des saucisses sans viande pour les végétariens. Les chefs n’utilisent que de la viande britannique. La nourriture n’a absolument rien d’industriel. L’ambiance est décontractée et la carte des champagnes impressionnante, vous y trouverez des champagnes que vous ne trouverez nulle part ailleurs à Londres.

Métro Goodge Street (Northern) 70 Charlotte Street, W1T 4QG Fitzrovia

Tél. : +44 207 637 7770

www.bubbledogs.co.uk

Ouvert du mardi au samedi de 11 h 30 à 16 h et de 17 h 30 à 23 h.

THE SHED RESTAURANT

Cuisine anglaise familiale

C’est une affaire familiale montée par deux frères originaires d’un village de la région de Portsmouth. Oliver et Richard Gladwin viennent d’une famille de fermiers. Leur frère est éleveur, ils se fournissent auprès de lui et auprès de petits producteurs du Sussex. Ils servent des assiettes de champignons, d’œufs de caille, des viandes fumées également. Le restaurant est petit par la taille mais il fait partie des meilleures tables britanniques. Et, en bonus, vous vous y frotterez au beau monde de Notting Hill.

Métro Notting Hill Gate (Central, District, Circle)

122 Palace gardens terrace, W8 4RT

Notting Hill

Tél. : +44 207 229 4024

www.theshed-restaurant.com

Ouvert pour le déjeuner du mardi au samedi de midi à 15 h (jusqu’à 16 h 30 le samedi). Dîner servi de 18 h à 23 h du lundi au samedi.

DUCK AND WAFFLE

Gastronomie anglaise

C’est un bon restaurant qui sert de la cuisine britannique au 40e étage d’une tour de la City. Il est fréquenté à la fois par les milieux d’affaires et les touristes. La vue sur Londres y est incroyable. C’est une bonne adresse pour célébrer une occasion spéciale. L’esprit des lieux n’est pas très différent de ce que nous faisons au Parlour, mon restaurant. Vous pouvez y prendre un petit-déjeuner, un brunch ou y dîner. Le restaurant n’est jamais fermé.

Métro Liverpool Street (Central, Hammersmith and City, Metropolitan, Circle)

Heron Tower

110 Bishopgate Londres EC2N 4AY

Tél. : +44 203 640 7310

www.duckandwaffle.com

Ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

ARBUTUS

Bistro chic

Le restaurant est très réputé pour sa cuisine assez sophistiquée, servie dans un cadre chic mais plutôt décontracté. La carte est vraiment européenne : vous pourrez y manger aussi bien du lapin aux girolles que du crabe d’Écosse, dans un environnement minimaliste contemporain. Ils font des prix intéressants à l’heure du déjeuner et en début de soirée, notamment leurs formules « Pre-Theatre » de 18 h à 19 h 30 du lundi au samedi et « Post-Theatre » du lundi au jeudi à partir de 21 h 30.

Métro Oxford Circus (Bakerloo) ou Tottenham Court Road (Central, Northern) 63-64 Frith Street, W1D 3JW, Soho

Tél. : +44 207 734 4545

www.arbutusrestaurant.co.uk

Ouvert pour le déjeuner du lundi au samedi de midi à 14 h 30 et le dimanche de midi à 15 h Pour le dîner, du lundi au jeudi de 17 h à 23 h, le vendredi et le samedi de 17 h à 23 h 30 et le dimanche de 17 h 30 à 22 h 30.

ANDREW EDMUNDS

Cuisine européenne

C’est une table réputée, trente ans qu’elle est ouverte, où vous pourrez manger des plats simples (britanniques mais pas uniquement) préparés avec des produits de saison. Ils servent d’excellents vins à des prix raisonnables. Le service est irréprochable. L’atmosphère est intime avec, le soir, les tables éclairées à la bougie, dans cette maison du XVIIIe siècle du « old Soho ». J’aime beaucoup.

Métro Oxford Circus ou Piccadilly Circus (Bakerloo)

46 Lexington Road, W1F 0LP Soho

Tél. : +44 207 437 5708

www.andrewedmunds.com

Ouvert de midi à 22 h 45 du lundi au vendredi, de 12 h 30 à 22 h 45 le samedi et de 13 h à 22 h 30 le dimanche.

CABLE Co

Café

C’est un café qui a ouvert au début de l’année à Kensal Rise. Le café est excellent. Il est torréfié dans l’Est de Londres par un torréfacteur qui s’appelle Climpson and Sons. J’aime bien la décoration du lieu. Même si ça n’est pas très original pour un café londonien de nos jours : les murs sont blancs, les tables sont en bois naturel, le menu est affiché au mur sur de grands tableaux noirs. En plus de boire un café, vous pouvez prendre un petit-déjeuner, manger un sandwich ou une part de gâteau.

Juste en face de l’arrêt de métro aérien (Overground)

Kensal Rise. Bridge house, Chamberlayne road, NW10 3ND Kensal Rise

@CableCo_nw10

ALBERTINE

Bar à vins

J’adore ce bar à vins. La décoration est toute simple, voire un peu datée. Ça fait partie du charme. C’est un authentique bar à vins, pas un endroit à la mode ou prétentieux.

Quasiment à la sortie du métro Shepherd’s Bush Market (Central, Hammersmith and City)

Shepherd’s Bush

Tél. : +44 208 743 9593

@AlbertineWine

Ouvert du lundi au mercredi de 11 h à 23 h, le jeudi et le vendredi de 11 h à minuit, le samedi de 18 h à minuit.

THE GATE PICTUREHOUSE

Cinéma vintage

C’est mon cinéma préféré à Londres. La salle de cinéma est à l’ancienne, avec des fauteuils recouverts de velours rouge. On y visionne des films de qualité, que ce soit des grosses productions comme des films d’auteur, bien installé en mangeant du pop-corn fait maison et en buvant un café, un thé ou un verre de vin. Aller voir un film au Gate Picturehouse est bien plus qu’aller au ciné, c’est une expérience cinématographique à part.

Métro Notting Hill Gate (Central, District, Circle) 87 Notting Hill Gate, W11 3JZ, Notting Hill

www.picturehouses.co.uk

Tél. : 0871 902 5731 (à partir du Royaume-Uni)

GORDON’S WINE BAR

Bar à vins

Mon bar à vins préféré à Londres ! C’est censé être le plus vieux bar à vins de la capitale. Il est ouvert depuis la fin du XIXe siècle, c’est un lieu chargé d’histoire. Rudyard Kipling, l’auteur du Livre de la jungle, l’aurait fréquenté en son temps. La cave est éclairée à la bougie. L’ambiance y est très particulière. Pour un peu, ça sentirait presque la naphtaline ! Vous pouvez y passer la soirée à boire du vin et à manger du fromage. J’y emmène tous mes amis et, en général, comme moi, ils adorent cet endroit.

Métro Charing Cross (Bakerloo)

47 Villiers street, WC2N 6NE Charing Cross

Tél. : +44 20 7930 1408

www.gordonswinebar.com

Ouvert de 11 h à 23 h du lundi au samedi et de midi à 22 h le dimanche.

WILTON’S MUSIC HALL

Salle de concert, spectacles

C’est une très ancienne salle de concert, une partie du bâtiment date du XVIIIe siècle et une autre partie a été construite au XIXe siècle. L’endroit est grandiose. Les murs sont recouverts de fresques. La programmation y est très variée (opéras, spectacle de marionnettes, musique classique, cabaret, magie, cirque, danse, etc.). C’est à deux pas de la Tour de Londres. Allez-y !

Métro Tower Hill (District, Circle)

1 Graces Alley, E1 8JB Wapping

Tél. : +44 207 702 2789

wiltons.org.uk

PARLEMENT DE WESTMINSTER

Monument historique

Le palais de Westminster est magnifique. J’y suis allé pour la première fois de ma vie il y a seulement deux ans. Voir le Parlement à la télé et le voir en vrai, ce sont deux choses très différentes, les lieux sont somptueux. J’ai été très impressionné lorsque j’ai pénétré dans la Chambre des Communes et la Chambre des Lords. C’est fou de penser que c’est là que sont votées les lois du pays depuis des siècles. Le bâtiment d’origine date du Moyen-Âge. Il a été reconstruit en grande partie au XIXe siècle. La visite n’est pas donnée mais ça en vaut vraiment la peine, on y côtoie l’Histoire. Pour réserver un billet pour la visite, il faut téléphoner.

Métro Westminster (Jubilee)

Tél. : +44 16 1425 8677

www.parliament.uk

GREENWICH

Observatoire royal

J’aime beaucoup l’Observatoire royal de Greenwich, sur la rive sud de la Tamise. Je trouve que, de là, on a un point de vue incroyable sur Londres. C’est l’endroit idéal l’été pour admirer le coucher du soleil. Et puis, on se trouve au point de longitude 0°, c’est spécial. C’est aussi dans cette bâtisse que sont nés beaucoup des Tudor, Henri VIII et Elisabeth Ire notamment. En plus, à proximité, vous pouvez admirer le Cutty Sark, un voilier du XIXe siècle qui a servi au commerce du thé. Il a été endommagé par un incendie en 2007 mais a été rénové et il a rouvert au public.

Arrêt de DLR Cutty Sark

Royal observatory Greenwich

Blackheath avenue

Londres SE10 8XJ

www.rmg.co.uk

Ouvert tous les jours de 10 h à 17 h.

HIGH ROAD HOUSE

C’est un petit hôtel de 14 chambres, situé dans le sudouest de Londres à Chiswick. L’atmosphère est intime. Les chambres sont lumineuses, dans un esprit pension de famille (de standing). High Road House appartient au groupe Soho House qui possède un tas de clubs privés à Londres, en Europe et aux États-Unis. L’hôtel est fréquenté par des membres de Soho House. Il y a aussi la partie « House » de l’hôtel : une brasserie et plusieurs salons où l’on peut rencontrer des amis, des relations de travail ou se détendre en jouant, entre autres, au baby-foot. Chambre à partir de 110 £.

Métro Turnham Green (District)

162-170 Chiswick High Road, W4 1PR Chiswick

Tél. : +44 208 742 1717

www.highroadhouse.co.uk

JAMES SMITH & SONS

Magasin de parapluies

Je suis tombé par hasard sur ce magasin de parapluies situé au centre de Londres, sur New Oxford Street. La boutique existe depuis 1857, l’enseigne au-dessus de la porte est même d’origine. Certains parapluies en vente dans le magasin sont fabriqués sur commande. Vous pouvez aussi y trouver des cannes et des ombrelles. Je trouve ça incroyable (et génial) que ce magasin fasse son commerce depuis l’époque victorienne.

Métro Tottenham Court Road (Central et Northern) ou Holborn (Central) Hazelwood House

53 New Oxford St London WC1A 1BL

Tél. : +44 207 836 4731

www.james-smith.co.uk

Ouvert de 10 h à 17 h 45 du lundi au vendredi, sauf le mardi à partir de 11 h, et de 10 h à 17 h 15 le samedi.

LIDGATE’S

Boucherie-charcuterie

Cette boucherie est tenue par la même famille depuis cinq générations. Lidgate’s a remporté de nombreux prix, notamment pour ses saucisses et ses tourtes anglaises (pies). La qualité des produits est exceptionnelle. Ils vendent aussi du fromage. Tout y est de qualité.

Juste à côté du métro Holland Park (Central)

110 Holland Park Avenue, W11 4UA Holland Park

Tél. : +44 207 727 82 43

www.lidgates.com

Ouvert de 7 h 30 à 19 h du lundi au samedi et de 6 h 30 à 18 h 30 le samedi.

THE JAPANESE KNIFE COMPANY

Coutellerie

Le magasin est tenu par un Anglais d’origine indienne qui a appris la coutellerie au Japon. Vous pouvez y acheter des couteaux japonais de fabrication artisanale avec des manches en bois. Le magasin comprend aussi un atelier où faire aiguiser ses couteaux.

Métro Bond Street (Jubilee, Central) ou Marble Arch (Central)

36 Baker Street, W1U 3EU

Tél. : +44 207 487 4868

www.japaneseknifecompany.com

Ouvert du lundi au samedi de 10 h 30 à 18 h.

BOOKS FOR COOKS

Librairie spécialisée, café

C’est une petite librairie qui stocke plus de 8 000 références. Vous y trouverez tous les livres de cuisine possibles et imaginables, il suffit de demander. L’autre spécificité de cette librairie, c’est qu’il y a un café au fond du magasin où vous pouvez goûter aux recettes contenues dans les livres qui se trouvent en rayon. J’y vais très souvent.

Métro Ladbroke Grove (Hammersmith and City, Circle 4 Blenheim Crescent, W11 1NN, Notting Hill

Tél. : +44 207 221 1992

www.booksforcooks.com

Ouvert du mardi au samedi de 10 h à 18 h.

ANN’S

Magasin de luminaires

Il y a plusieurs magasins de luminaires situés sur Kensington Church Street, mais celui-ci est vraiment à part ! Si vous passez devant, vous ne pouvez pas le rater. Ann’s est tenu par un couple de lesbiennes aux goûts très affirmés. Les suspensions et les abat-jour qu’elles ont en magasin sont très chargés. Ils sont souvent ornés de broderie. C’est un style très particulier, mais ça vaut le détour. Vous pouvez aussi commander des suspensions sur mesure.

Métro High Street Kensington (Circle et District)

34A-34B Kensington Church Street, W8 4HA Kensington

Tél. : +44 207 937 5033

@:[email protected]

Ann’s/Kensington Lighting Company Fan Page (Facebook) Ouvert de 9 h à 17 h du lundi au vendredi et de 9 h à 16 h le samedi.

«Pour moi, Londres ne faisait pas partie de l’Angleterre. J’avais même des sentiments très hostiles à l’égard de la capitale. Jusqu’à récemment, Londres ne m’intéressait pas. Je vivais à Nottingham, ma ville natale, où j’avais fait mes études. Je travaillais à l’université et je n’avais pas l’intention de quitter le nord de l’Angleterre. Il existe une fracture économique entre Londres et le reste du pays. Ce fossé a plus ou moins toujours existé, mais il s’est accentué avec la désindustrialisation dans les années 1970 et 1980 et il s’est encore creusé depuis la crise financière de 2008. Beaucoup de jeunes diplômés originaires du nord du pays quittent leur région pour tenter leur chance ici. La capitale vide le nord de l’Angleterre de tous ses jeunes talents ! À mes yeux, Londres était un autre pays, un pays beaucoup plus prospère, j’avais l’impression que les Londoniens se portaient beaucoup mieux que nous dans le Nord. Je ne voyais vraiment pas pourquoi je me serais intéressée à eux.

Et puis, j’ai décroché un poste à la London School of Economics (LSE). Moi, l’arrière-petite fille, la petite fille et la fille de mineurs, à qui la conseillère d’orientation avait demandé dans quelle usine je voulais travailler, parce que c’était l’unique sort réservé aux adolescentes de mon milieu à Nottingham au début des années 1980. Les garçons avaient pour horizon la mine, les filles rentraient comme ouvrières dans l’industrie. C’est le chemin que j’ai suivi, en partie. À 16 ans, j’ai été embauchée dans l’usine de bas dans laquelle travaillait ma mère. Sauf qu’à 30 ans, j’ai pris une bifurcation peu commune dans le milieu d’où je viens : j’ai repris mes études. Ça n’était pas facile. J’étais mère célibataire. Je gagnais l’équivalent de 250 livres par mois (environ 175 euros). Mais j’avais perdu ma mère et je voulais faire autre chose de ma vie que de travailler à l’usine. J’ai pu bénéficier de cours gratuits. Je me suis rapidement rendu compte que j’aimais apprendre et j’ai poursuivi mes études jusqu’en thèse.

Quand je suis arrivée dans la capitale, je ne me suis pas posé la question de savoir dans quel quartier de Londres j’allais vivre car mon intention a toujours été d’habiter à Bethnal Green. Un livre, Family and kinship in East London, sur la classe ouvrière de l’est de Londres (et plus précisément celle du quartier de Bethnal Green) a été écrit il y a cinquante ans par Michael Young. Il a joué un rôle décisif dans ma formation. Cette étude sociologique m’a fascinée. J’ai moi-même mené une étude ethnographique sur le quartier où j’ai longtemps vécu à Nottingham, St Anns. Et il se trouve qu’à mon tour, j’étudie l’évolution de mon nouveau quartier, Bethnal Green, pour la Young Foundation, qui étudie et combat les inégalités. Nous nous basons principalement sur l’ethnographie pour le faire. Concrètement, cela veut dire qu’au lieu de faire des études statistiques sur plusieurs années pour comprendre quelles sont les racines du mal, on se met plutôt à l’écoute de personnes bien identifiées. Au travers de ce travail, la fondation est là pour recueillir leur histoire, chez eux, dans leur environnement, et pour comprendre ce qui a le plus d’impact sur la qualité de vie de ces personnes et sur leurs perspectives d’avenir.

Je fais tout pour m’intégrer à mon quartier, parce que cela fait partie de mon travail mais aussi parce que ça me semble la moindre des choses lorsque l’on s’installe quelque part. Je dis bonjour aux commerçants que je vois tous les matins sur le chemin du métro. Je passais beaucoup de temps dans un des pubs situés sur Columbia Road, The Birdcage. J’allais là-bas parce que c’est près de chez moi, parce que la pinte de bière n’était pas chère et parce que c’était un endroit privilégié pour observer les changements qui s’opèrent dans la communauté du quartier. Je constate comment les habitants les plus modestes, qui sont nés dans le East End, sont peu à peu chassés par les jeunes cadres qui travaillent dans la finance et dans la publicité. Ce sont deux populations complètement différentes et qui ne se mélangent pas. De plus en plus des jeunes branchés s’installent là, sans s’intéresser à l’histoire du quartier, encore moins à la vie de ceux qui y vivent depuis des décennies. Le samedi soir, ils prennent quasiment possession du pub et les habitués se retrouvent cantonnés à un recoin situé près des toilettes. Enfin, c’était le cas jusqu’à l’été 2014, date à laquelle le pub a fermé. Il a rouvert depuis mais il a été complètement transformé. Ce qui est intéressant, c’est que j’ai découvert que ce pub était le premier construit à Bethnal Green. C’est en assistant à une conférence donnée par une habitante du quartier dont la famille habite Columbia Road depuis six générations que j’ai appris cela. Au XVIIIe siècle, c’est ici que s’arrêtaient les fermiers qui venaient vendre leurs produits dans la City pour se restaurer. Ce pub existait depuis 1760. Il a une histoire très riche comme beaucoup de pubs en Angleterre. Il s’appelle The Birdcage, autrement dit la cage aux oiseaux, parce que les Huguenots, qui s’étaient réfugiés dans ce quartier de Londres pour échapper aux persécutions en France, avaient l’habitude d’avoir des oiseaux en cage. Le fait de découvrir l’histoire de ce pub en a accru encore mon attachement.

Je suis très triste que le Birdcage ait fermé ses portes. Il a été remplacé par un établissement à la mode qui sert des bières artisanales (craft beers) et des cocktails.

Aux alentours de Bethnal Green, j’aime beaucoup la bibliothèque de Bishopsgate. Je fréquente aussi une salle de sport dans le quartier et, au final, je ne sors de mon quartier que pour aller travailler à la LSE à Holborn. En arrivant à Londres, je m’étais dit que j’irais visiter des musées mais je n’ai rien fait de tout ça. Et ne comptez pas sur moi pour recommander d’aller voir Buckingham Palace, je suis une républicaine convaincue !

Pour le commun des mortels, la vie à Londres change du tout au tout selon l’étape de votre vie personnelle à laquelle vous vous trouvez. Si vous êtes un jeune cadre, certes, vous pouvez vous loger. Mais, même lorsque vous avez un salaire décent, la moitié de vos revenus passera dans votre loyer. C’est mon cas. Et pourtant, j’enseigne à la LSE ! J’ai un salaire plus que correct comparé au Londonien moyen.

Si vous voulez fonder une famille, la plupart du temps cela implique de déménager un peu plus loin du centre – si vous n’habitez pas déjà en banlieue parce que vous ne pouvez pas payer un loyer exorbitant et que vous n’avez pas accès à un logement social. Ce que je trouve scandaleux, c’est que les habitants de mon quartier, les familles originaires du East End, ne peuvent pas y rester. Ce sont des personnes qui sont salariées du public ou qui travaillent dans la construction, elles n’ont pas les moyens de payer des loyers de 1 500 livres par mois pour un petit appartement. Et il manque cruellement de logements sociaux. Même si vous bénéficiez d’allocations sociales, elles ne suffisent plus à couvrir le loyer d’un logement d’une famille dans la capitale. Je connais beaucoup d’hommes trentenaires obligés de vivre chez leurs parents, alors même qu’ils travaillent. C’est quelque chose d’extrêmement dégradant pour l’ego. Je ne vois pas pour quelle raison les enfants des familles du East End ne pourraient pas aller à l’école là où leurs parents ont été eux-mêmes scolarisés. Pourquoi est-ce que leurs pères ne pourraient pas travailler sur un chantier à la City et vivre à Bethnal Green ? Je ne vois pas non plus pour quelle raison c’est un droit qu’on peut leur contester.