Portraits de Melbourne - Valentine Sabouraud - E-Book

Portraits de Melbourne E-Book

Valentine Sabouraud

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Beschreibung

Découvrez Melbourne à travers les yeux de ses habitants

Portraits de Melbourne est le livre qui vous emmène faire un voyage dans cette belle européenne version « Down Under », branchée et cultivée, qui s’assume en cité créative, culturellement dynamique. La métropole la plus tendance d’Australie se dessine au travers d’une mosaïque composée de treize portraits. Avec Adrian, street artiste, au détour des maisons victoriennes, des quartiers entiers complètement multicolores, des lanes recouvertes de pochoirs et de muraux, c’est LA ville du graffiti qui apparaît. Avec Lorena, documentariste bolivienne militante féministe, ou Myles, expert en histoire, art et culture d’origine aborigène, approchez la cause et l’identité du peuple natif. Delphine, la prof de français qui a monté sa petite entreprise, raconte l’histoire de ceux qui ont choisi d’élever leurs enfants là. Avec George, le producteur greco-arménien, ce sont les migrations et la multiculturalité qui ont bâti la plus européenne des villes australiennes. Lara, australienne, est la meilleure amie des animaux, elle dira comment Melbourne est presque un zoo à ciel ouvert...
La galerie de portraits du guide prend le lecteur par la main vers la côte, entre les pingouins de St Kilda Beach et les cabines de plage colorées de Brighton Beach ; dans les laneways couvertes de fresques ; à Fitzroy dans les second-hand shops en tout genre ; croiser les oppossums ; vivre les cafés et les restaurants comme les locaux, dans celle qui est réputée pour sa culture gastronomique et sa religion du café, où les baristas sont presque des demi-dieux... Vivre ma ville, c’est comprendre des parcours de vie qui ont comme point commun le choix de Melbourne, tout en découvrant près de 300 adresses, toutes choisies et commentées par leurs habitués. Avec Portraits de Melbourne, on comprend pourquoi celles et ceux qui ont choisi d’y vivre ne la quittent plus !

Un guide à plusieurs voix rempli d'adresses utiles !

A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE MA VILLE »

Vivre ma ville, ce sont des livres de voyage avec supplément d'âme. Ils donnent les clés, les conseils, les bonnes adresses, grâce à l'expérience de ceux qui vivent sur place, là où les autres guides se contentent d'auteurs professionnels de passage. Ils offrent aussi des histoires, une chair littéraire par les interviews-portraits d'une dizaine de personnes qui présentent leur lieu de vie. Chaque portrait est un roman. Chaque portrait a un enjeu : comprendre le choix de cette vie-là. Chaque portrait permet aussi au lecteur de s'identifier, et donc de choisir ses destinations en fonction de ses affinités, en fonction du personnage qui résonne le plus en lui.

LES ÉDITIONS HIKARI

Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.

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Seitenzahl: 420

Veröffentlichungsjahr: 2017

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PORTRAITS DEMELBOURNE

Valentine Sabouraud

PORTRAITS DE MELBOURNE

de Valentine Sabouraud. Un livre de la collection Vivre ma ville.

Direction de la publication : Anthony Dufour.

Édition : Marie Duchaussoy, Sandrine Harbonnier.

Maquette : Katarina Cendak.

Diffusion : BLDD. Distribution : CED-CEDIF.

Couverture : © Katarina Cendak.

Imprimé en France par Printachats.

Photographie de couverture : © Shutterstock et Fotolia.

Hikari Éditions

© Hikari Éditions, 2017.

ISBN 978-2-36774-075-1

ISSN 2430 4891

Dépôt légal : janvier 2017.

Toute reproduction partielle ou intégrale, faite sans l’accord préalable et écrit de l’auteur et de l’éditeur, est strictement interdite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du Code de la Propriété intellectuelle). La copie sur support papier à usage privé de ces différents objets de droits est autorisée conformément à l’article L122-5 du Code de la Propriété intellectuelle.

Aucun guide n’est parfait, des erreurs se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Des informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Merci de nous suggérer toute information utile que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition en nous écrivant à [email protected].

SOMMAIRE

1. Lynette Russell, historienne et archéologue, 55 ans, australienne

2. Lara Shannon, défenseuse des animaux, 43 ans, australienne

3. Ludovic Deloche, négociant en vins, 38 ans, français

4. Sineth Sar, serial entrepreneuse, 45 ans, cambodgienne

5. Adrian Doyle, street artiste, 37 ans, australien

6. Vanessa L., blogueuse culinaire, 28 ans, australienne

7. Carolyn Cardinet, artiste plasticienne, 52 ans, française

8. George Donikian, producteur, journaliste, 64 ans, gréco-arménien

9. Fraser Carson, docteur en hypnose appliquée au sport, 37 ans, irlandais

10. Delphine Laboureau-Ormancey, enseignante, 47 ans, française

11. Lorena Guzman, réalisatrice militante, 43 ans, bolivienne, australienne

12. Christophe Mallet, journaliste à SBS, 40 ans, français, australien

13. Inge Fransen, Mademoiselle Champagne, 32 ans, belge

14. Anaïs Lellouche, commissaire d’art, 32 ans, franco-américaine

15. Myles Russell-Cook, expert en histoire, art et culture, 26 ans, aborigène

16. Valentine Sabouraud, l’auteure, 41 ans, française

Classement des adresses

Adresses dans la région du Victoria

Cartes et plans

Melbourne en un coup d’œil

Melbourne pratique

À Guillaume, qui m’a emmenée à Melbourne, À Alice et Manon, qui m’y ont accompagnée…

VIVRE MA VILLE

Portraits de Melbourne de la collection Vivre ma ville est un livre dans lequel ceux qui vivent la ville vous en donnent les clefs. Mieux qu’un guide de tourisme, mieux qu’un récit d’expatriés, nous allons dresser ici une quinzaine de portraits, à la première personne, dans lesquels vous découvrirez, par leurs voix, l’histoire de celles et ceux qui ont choisi de vivre à Melbourne.

Chaque voyage, chaque départ, a sa propre histoire. On s’exile par amour, pour travailler, pour fuir, pour découvrir, parfois par hasard. C’est une aventure permanente qui a un immense mérite pour celui qui la pratique : ouvrir les yeux.

Certains de celles et ceux que vous allez découvrir dans les prochaines pages sont des personnalités melbournaises. D’autres, de parfaits inconnus. Pour ce livre, nous avons pris le temps d’écouter leur histoire.

L’objet littéraire qui suit est donc hybride : entre le récit et le guide pratique, c’est un livre de voyage. Il s’adresse aux visiteurs, aux touristes et à ceux qui veulent vivre à Melbourne ou simplement comprendre l’esprit des lieux. Il s’adresse à tous ceux qui sont curieux et veulent trouver des idées dans les parcours de leurs semblables.

Ce livre a été écrit en toute indépendance. Les lieux proposés dans ces pages sont ceux des invités de l’auteure, ceux qu’ils partagent avec les lecteurs dans la plus grande liberté, en toute subjectivité.

«Je suis née à Melbourne et, en dehors d’une année passée à Oxford et une autre à Cambridge, j’ai toujours vécu ici. J’ai été élevée dans la banlieue nordouest de la ville, dans un milieu ouvrier extrêmement modeste. Mon père était mécanicien et ma mère travaillait dans une usine. J’ai deux plus jeunes frères qui ont eu un parcours bien différent du mien. Dans ma famille, je suis la seule à avoir fait des études universitaires et j’ai eu la chance de réussir, dans une voie que j’ai empruntée sans y être spécialement encouragée.

Mon enfance n’a pas été malheureuse. Je suis allée à l’école primaire, puis secondaire de mon quartier. Des établissements qui disposaient de ressources minimales et qui devaient compter sur la bonne volonté des parents (surtout des mères) pour entretenir les terrains ou gérer la cantine. Je me souviens qu’il y avait une association, une sorte de club dont les membres fédéraient leurs efforts et ils étaient, heureusement, très impliqués dans la vie de la communauté. La majorité de mes camarades, peut-être 70 %, vivait dans un environnement non anglophone. La plupart des enfants étaient nés ici de parents immigrés qui venaient d’Italie, de Grèce, de Chypre ou de Yougoslavie. Parmi eux, j’étais une petite fille à part, studieuse, introvertie et sensible. Surtout, j’ai développé très jeune un goût prononcé pour la lecture, une originalité dans mon environnement. J’ai l’impression d’avoir toujours eu ce penchant-là, mais je reconnais avoir eu des professeurs qui m’ont poussée. J’ai notamment eu une maîtresse de primaire merveilleuse et très encourageante. Au collège aussi, certaines personnes m’ont aidée à donner le meilleur de moi-même. En y repensant, je réalise que ce sont des femmes qui ont contribué à changer les choses pour moi. Mes livres, je les empruntais, bien sûr. Je me souviens encore de la première fois où je suis allée à la bibliothèque municipale, je n’en croyais pas mes yeux ! À côté de ça, j’étais très sportive aussi. J’ai fait de l’athlétisme et du netball pendant des années. L’Australie a toujours valorisé le sport et j’adhère complètement à cet état d’esprit. Aujourd’hui, je vois dans les pratiques collectives un moyen d’apprendre à négocier, rationaliser et se rapprocher de gens différents de soi.

Après la fin du secondaire, j’ai refusé d’arrêter mes études pour travailler. J’ai commencé par me chercher et j’ai fini par me tourner vers l’archéologie, puis l’histoire. Aujourd’hui encore, je travaille à la croisée des deux disciplines, ce qui est peu commun. Je ne vais plus sur les sites de fouille, mais j’aime utiliser le matériel culturel pour nourrir mes travaux d’historienne. Quand j’ai commencé, l’archéologie était un domaine récent en Australie et ma bibliothèque contenait à peine une demi-étagère de livres spécialisés. Désormais, j’en ai plusieurs milliers !

Drapeau aborigène

Conçu par Harold Thomas, premier Aborigène diplômé d’une école d’art en Australie, il est composé de deux bandes horizontales et d’un rond central. Les couleurs associées sont le rouge pour la terre et la relation spirituelle des hommes avec cette dernière, le noir pour les Aborigènes et le jaune pour le soleil, source de vie. Sa première apparition officielle date du 12 juillet 1971 à Victoria Square (Adélaïde) : il est brandi pour célébrer la Journée nationale des Aborigènes. Aux jeux Olympiques de 1994, l’athlète Cathy Freeman crée la polémique en effectuant un tour de stade avec deux drapeaux, dont celui-là. Elle lui donne alors une visibilité mondiale. Reconnu officiellement « drapeau australien » par le gouvernement en 1995, il flotte désormais sur de nombreux bâtiments officiels à côté du drapeau national.

Quant à l’histoire, pour moi, elle est fondamentale et je regrette le peu d’intérêt qu’on lui porte. Ici, on a tendance à croire qu’elle a commencé avec l’arrivée des Européens, en 1770. Comme s’il n’y avait rien eu avant et qu’il faille toujours se tourner vers l’Europe pour comprendre le passé. L’Australie est un très vieux pays, avec une très vieille histoire. Que l’Australien « moyen » ne se sente pas faire partie de ses fondations est absolument tragique. Si seulement il voulait bien comprendre la valeur énorme de son héritage aborigène et qu’il y trouve une part de fierté, alors ça changerait tout. Et la façon dont on considère le pays à l’extérieur s’en trouverait également bouleversée. Aujourd’hui, l’identité australienne, c’est… le sport, le bronzage et, disons, la blondeur. C’est un non-sens ! Les Aborigènes sont en Australie depuis 50 000 ans au moins. La plupart des gens croient qu’ils ont toujours été là, mais les scientifiques, archéologues et historiens ne sont pas de cet avis. Il semblerait en effet que les Aborigènes soient arrivés d’Afrique.

En ce temps-là, l’Australie était déjà un vaste territoire insulaire, cela sous-entend que ces voyageurs disposaient certainement d’une marine significative. En effet, même en s’arrêtant d’île en île, il reste une immense portion d’océan à traverser – un voyage difficile. Pour moi, leur arrivée ici n’a rien d’un « accident ». C’était un projet planifié qui a concerné énormément de monde car, en peu de temps, il y avait des habitants partout sur le continent. Par exemple, on a trouvé des traces de présence humaine qui datent de 40 000 ans en Tasmanie. C’était une exploration délibérée et significative. Pour moi, ces voyages sont comparables à nos premiers pas sur la Lune dans les années 1960. Pourquoi ? Parce que venir ici, à cette époque-là, était un projet d’une portée tout aussi exceptionnelle. Certains pensent qu’il n’y a eu qu’une ou deux vagues migratoires. Je ne peux pas le croire et j’ai l’intuition qu’elles ont été plus nombreuses. Le dingo n’est pas un animal endémique : il est apparu en Australie il y a quelques milliers d’années seulement. Il a dû arriver plus récemment, transporté par des navigateurs asiatiques. Géographiquement, les Aborigènes se sont installés sur les terres les plus fertiles, parfois proches des côtes, notamment dans le Sud-Est. Cette partie de l’Australie avait énormément de ressources : de l’eau, des bêtes, des fruits, du bois… Tout le nécessaire pour vivre. Ils étaient chasseurs-cueilleurs, mais pas seulement. On les imagine toujours se nourrissant de kangourous et de possums : en réalité, leur alimentation était bien plus variée car ils étaient aussi pêcheurs et fermiers. Ils mangeaient notamment le murnong, une tubéreuse qu’on peut encore cultiver de nos jours. Les ethnobotanistes travaillent sur le sujet, mais il existe aussi une tomate endémique et bien d’autres plantes locales – le chef actuel Mark Olive s’attache d’ailleurs à les cuisiner.

Avant l’arrivée des Européens, dans la région qui deviendrait la Victorian Colony of Port Phillip, on dénombrait 60 000 habitants. Cette population a été décimée par deux vagues de variole (vraisemblablement en provenance de Sydney) qui se sont succédé à vingt-cinq ans d’intervalle. On pense donc que lorsque les Européens sont arrivés, la population avait déjà significativement diminué. La pression sur les terres, les hostilités, les dévastations ont achevé de réduire la population aborigène. Ayant atteint son niveau le plus bas, elle a augmenté derechef. Imaginez que la plupart des nouveaux arrivants européens étaient des hommes. Soudain, les enfants sont partout ! Que peut-on en conclure ? En toute logique, il y a eu des relations ou des mariages interculturels. Cela signifie que la plupart des très vieilles familles australiennes d’origine anglo-saxonne peuvent découvrir, quelque part dans leur arbre généalogique, un ancêtre aborigène. Le problème, aujourd’hui, c’est que peu de personnes veulent découvrir cette vérité. À titre personnel, je peux attester qu’il n’y a aucun avantage à lever ce type de secret. L’Australie prétend ne pas l’être, mais elle est très raciste. La situation est donc compliquée.

Du côté de ma mère, les origines sont anglaises, sans doute avec des racines irlandaises. J’ai aussi un arrière-grand-père maternel qui serait né en Écosse. Du côté de mon père, en revanche, les racines sont plus complexes et les origines aborigènes remonteraient à mon arrière-grand-mère paternelle. Or, nous n’avons jamais discuté ouvertement de cette situation dans ma famille. Nous en parlions sur le ton de la plaisanterie ou de façon feutrée, comme si cela n’avait aucune signification ou importance. J’ai dû moi-même faire des recherches et j’ai publié l’histoire de mes aïeules dans le livre A Little Bird Told Me. J’ai reçu un retour très positif de nombreux lecteurs et l’ouvrage a été sélectionné pour différents prix. Mes parents l’ont lu, et aimé je crois. Malgré tout, certains membres de ma famille ne m’ont plus adressé la parole depuis sa publication. J’ai élevé mes deux fils dans la connaissance de leurs propres origines. L’un d’eux est fier et prolixe à ce sujet. L’autre intériorise davantage. Ils sont différents, mais ils respectent profondément cette part de leur identité.

Je dois admettre que par rapport à ce que j’ai connu dans mon enfance, la situation des Aborigènes s’est quand même améliorée. D’abord, nous avons désormais un drapeau qui flotte sur les bâtiments publics : c’est un pas gigantesque. Ensuite, il y a une vraie prise de conscience que nous vivons sur la terre ancestrale de tribus aborigènes. Il y a une reconnaissance officielle qui donne lieu à de nombreuses cérémonies en présence des elders. Enfin, certaines personnalités s’engagent en politique. Je refuse de me prononcer sur l’action de notre nouveau ministre conservateur Ken Wyatt, car son champ d’intervention est limité et on ne peut faire reposer tous ses espoirs sur un seul homme. Mais les choses bougent.

Cependant, je voudrais faire une mise au point sur les positions que l’on pourrait attribuer aux Aborigènes dans leur ensemble. Avant l’arrivée des Européens, on comptait plus de 250 langues pour 600 tribus autonomes. Peut-on imaginer que tout le monde soit d’accord sur les mêmes sujets ? Aujourd’hui, il existe des Aborigènes qui votent vert, d’autres travaillistes ou libéraux.

Ne faisons pas l’erreur de croire qu’il y a une pensée aborigène unique, ce serait comme dire qu’il existe une seule position européenne. C’est irréaliste.

Qui est Truganini ?

Figure aborigène, Truganini est née en 1812 sur Bruny Island au sud de la Tasmanie. Avant ses 18 ans, sa mère, son oncle et son fiancé sont tués et ses sœurs vendues comme esclaves. Dans cette période de Black War où les tensions se multiplient, le gouverneur George Arthur instaure une politique de ségrégation. En 1930, Truganini accepte d’être déplacée à Flinders Island. Avec une centaine de compatriotes, elle y suit George Robinson chargé de pacifier la Tasmanie. L’endroit se révèle être un mouroir où les hommes sont décimés par la grippe. Deux ans plus tard, alors qu’elle accompagne Robinson à Port Phillip pour monter un autre camp, elle rejoint la rébellion des Aborigènes du Victoria. Elle est capturée, renvoyée à Flinders Island puis Oyster Cove. Elle meurt en 1867. Malgré son refus d’être coupée « en morceaux », son corps est exhumé et exposé jusqu’en 1947 au Tasmanian Museum. En 1976, elle est finalement incinérée. Ses cendres ont été dispersées dans le détroit d’Entrecasteaux.

En dehors de ces avancées positives, il reste du chemin à faire. Les Australiens adorent leur boucher italien ou leur primeur grec. Ils ont bien accepté les immigrés qui sont arrivés après la Seconde Guerre mondiale, mais les nouveaux arrivants sont beaucoup moins tolérés et ils ont toujours du mal avec les Aborigènes. On compte, bien sûr, de nombreuses personnalités emblématiques comme David Unaipon, grand intellectuel et inventeur, ou Kath Walker Oodgeroo Noonuccal, la militante, journaliste et poète ; je pense aussi à Marcia Langton, une immense universitaire. D’autres sont malheureusement célèbres pour leur vie tragique comme Truganini considérée (à tort) comme la dernière Aborigène de Tasmanie. Et, naturellement, certains sportifs sont mondialement connus comme Cathy Freeman ou Evonne Goolagong. Mais tout cela ne suffit pas et la situation des Aborigènes dans le pays reste difficile. Par exemple, leur espérance de vie est bien plus courte que celle du reste de la population. Sur ce point précis, nous sommes face à une inégalité flagrante. Le tabac fait des ravages épouvantables et la prise en charge des maladies associées n’est pas à la hauteur. Ils vivent souvent dans des endroits où il n’y a ni docteur, ni traitement, ni équipements médicaux. Ainsi, dans le Territoire du Nord, certains sont obligés de prendre l’avion pour une dialyse. Il faut dire stop ! Si nous voulons plus d’égalité, il faut rendre l’accès aux soins plus équitable et il faut massivement investir dans l’éducation. C’est elle qui fera la différence en sensibilisant à une meilleure hygiène de vie et en ouvrant des horizons. Je crois énormément en l’éducation, et pas seulement parce que je travaille à l’université.

Professionnellement, j’ai plusieurs casquettes. J’enseigne, je fais de la recherche et je dirige le Monash Indigenous Centre. En plus de tout cela, j’écris. J’ai une dizaine d’ouvrages à mon actif et trois livres en cours, dont un sur la perception des Aborigènes par les anthropologues du XIXe siècle. J’ai des semaines bien remplies ! Mon travail me fait beaucoup voyager et j’ai eu la chance d’aller partout dans le monde. J’ai vécu plusieurs fois en Angleterre et j’y ai côtoyé des chercheurs éminemment brillants qui se sont montrés très… polis avec moi. Quand je viens leur parler d’histoire coloniale et que je leur montre mon utilisation des matériaux aborigènes, il y a parfois une incompréhension. Je m’aperçois que mon désir de changer la façon d’appréhender le monde et l’histoire n’est pas facile à accepter. Finalement, j’ai une approche très contemporaine.

Je suis aussi allée au musée du quai Branly à Paris (musée des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie, des Amériques), j’y ai donné des conférences et j’ai pris le temps d’analyser des expositions. C’est un lieu magnifique, une très belle galerie d’art en fait, où l’objet est pratiquement fétichisé. Mais, on peut parfaitement sortir de là sans rien avoir appris du tout ! Pour moi, une exposition doit trouver le parfait équilibre entre l’objet lui-même et le texte qui l’éclaire. En ce sens, je trouve le Bunjilaka Aboriginal Cultural Centre de Melbourne très réussi. Récemment, le British Museum a prêté certains de ses trésors cachés pour nourrir l’exposition Encounters qui s’est déroulée au National Museum of Australia de Canberra (je recommande cette exposition évidemment). Le pays accueille encore aujourd’hui d’innombrables chantiers de fouille et on suppose qu’il reste quantité d’objets à découvrir. Je crois aussi que les petits musées locaux anglais cachent des merveilles dans leurs réserves. Des objets dont on peut imaginer qu’ils ont été ramenés d’Australie par des voyageurs anglo-saxons il y a longtemps. Des pièces perdues dans des greniers, retrouvées puis données par une descendance ignorante ou, au contraire, très consciente de leur valeur et de leur histoire. Savoir qu’il reste tant à découvrir, voilà ce qui me fait tenir !

Alors que la jeune génération se sent peut-être plus proche des États-Unis, je dois dire que j’aime énormément l’Angleterre. Malgré ma part aborigène, quand je suis dans le pays, tout fait sens : la manière de rouler à gauche, les habitudes et peut-être aussi un certain sens de l’humour. C’est un sentiment que mes propres parents partagent. Cela dit, les Australiens ont leur façon bien à eux de plaisanter, un trait particulier que j’adore et qui repose beaucoup sur l’autodérision. Voici une histoire : « Un jour, un Français annonce qu’il souhaite devenir américain. “Ah ! mais ça va être extrêmement difficile, lui explique un chirurgien. Pour cela, il va falloir vous opérer et vous enlever un petit morceau de cerveau.” “Pas de souci, réplique le Français, je suis prêt à n’importe quoi.” L’opération a lieu, elle dure longtemps. À son réveil, le chirurgien se rend au chevet du convalescent. “Je suis désolé, dit-il, il y a eu un gros problème : j’ai enlevé plus de cerveau que prévu.” “No worries mate ! répond le Français.” » Vous l’avez compris, notre héros est devenu australien. D’habitude, je ne me rappelle jamais la chute des histoires drôles, mais celle-ci m’a été racontée quand j’étais petite, elle m’est restée et elle est assez typique.

Aujourd’hui, je vis, je travaille et j’écris à Melbourne. J’aime beaucoup cette ville. J’ai parfois eu des propositions pour m’installer ailleurs, mais en y réfléchissant bien, je n’ai jamais pu déceler le moindre avantage à la quitter. La société locale (que je côtoie – je ne veux pas généraliser) est profondément élégante et sophistiquée, elle est intéressée par la nourriture et profite d’une vie culturelle intense. Elle est animée par une très forte volonté de se cultiver par elle-même et cela n’a rien d’un phénomène récent. Dès 1850, on a vu se créer à Melbourne le Cercle philosophique, la Société royale, l’Institut de mécanique… Tout cela a permis de donner vie à un état d’esprit ouvert et curieux. Évidemment, je parle du cœur de la ville, car la banlieue reste à part. Dans ma famille, certains sous-entendent que je me crois meilleure que les autres et que j’ai oublié les valeurs de la classe ouvrière. C’est faux. Simplement, j’apprécie tout ce que peut m’offrir la ville en termes de nourritures culturelle et intellectuelle. Vivre quelque part où il n’y aurait ni gastronomie, ni librairie, ni théâtre ? Impossible !

Tout n’est pas rose cependant : il y a même un point très noir à Melbourne. Je fais référence aux transports en commun qui, à mon sens, sont dramatiques. On le ressent surtout le soir quand on ne peut plus rentrer chez soi après avoir dîné dans un bon restaurant. Pourquoi n’a-t-on jamais pris la décision politique d’entamer des travaux pour construire un métro correct en complément de nos deux petites lignes actuelles ? Le sous-sol est meuble, il serait facile de creuser des tunnels. Londres l’a fait ! Paris l’a fait ! Qu’attendons-nous pour améliorer la circulation en ville et relier nos banlieues et même les bords de mer ? Je travaille dans une université perdue au milieu de nulle part, je dois prendre ma voiture tous les jours et les étudiants galèrent eux aussi pour s’y rendre. On peut mieux faire, d’autant que la population s’accroît de jour en jour.

Quand je ne travaille pas – ce qui est trop rare – j’aime marcher, nager ou promener ma petite chienne Brontë sur la plage. Je cuisine aussi des plats extrêmement sophistiqués. Je réussis parfois à partir en vacances, surtout dans le Pacifique. Je vais en Nouvelle-Calédonie, sur les îles Vanuatu ou à Bali. Le seul hic, lorsque vous exercez un métier tel que le mien, c’est que vous avez toujours envie de comprendre le pays où vous allez. Il m’est donc souvent arrivé de me retrouver près de la piscine, plongée dans un livre d’histoire. On ne se refait pas ! »

Les livres de Lynette

« Parmi tous les livres que j’ai écrits, je suis particulièrement fière de Roving Mariners: Aboriginal Whalers and Sealer, in the Southern Oceans, 1790 – 1870. J’y raconte l’histoire de quelques Aborigènes qui, loin d’être cloîtrés et passifs, se sont lancés dans l’industrie maritime et sont devenus baleiniers. A Little Bird Told Me est un ouvrage plus personnel, puisqu’il raconte l’histoire de ma grandmère et de mon arrière-grand-mère. Tous mes livres sont en anglais. Un seul a été traduit en… hindi ! »

TOM PHAT

Cuisine thaïlandaise

Un merveilleux restaurant qui propose tous les grands classiques, avec une touche d’originalité. Par exemple, vous pouvez déguster des tacos au crabe, herbes fraîches et harissa et même des desserts incroyables comme un parfait au peanut butter. Un voyage en soi !

184, Sydney Road, Brunswick Station de train Jewell, tram 19, arrêt 20, Barkly Square

Tél. : +61 (0)3 9381 2374

tomphat.com.au

Ouvert en semaine (sauf mardi) de 11 h à 23 h et le week-end de 8 h à 23 h.

CARLTON YACHT CLUB

Bar

Un endroit que j’aime particulièrement pour aller boire un verre. Une bonne bouteille de vin, un DJ, du hip hop, de la funk, du R’n’B, un super burger… On a toujours une bonne raison d’y aller ! Je n’y ai passé que d’excellents moments.

298 Lygon Street, Carlton Trams 1, 3, 5, 6, 8, 64, 67, 72 arrêt 3, Lincoln Square

Tél. : +61 (0)3 9347 7080

www.facebook.com/CYCMelbs/timeline

Ouvert du lundi au mercredi de 17 h à 1 h, le jeudi et le samedi de 17 h à 3 h, le vendredi de 16 h à 3 h, le dimanche de 14 h à 1 h.

LA TROBE READING ROOM

Bibliothèque historique

Je viens souvent faire des recherches ici. L’ambiance est à la fois studieuse et inspirante. Cette salle historique est protégée et éclairée par un superbe dôme en verre qui mérite le détour. Par ailleurs, une plate-forme permet d’avoir une vue d’ensemble exceptionnelle. Je ne m’en lasse pas.

328, Swanston Street Station Melbourne Central, Trams 1, 3, 5, 6, 8, 16, 64, 67, 72, arrêt 10, Bourke Street Mall

Tél. : +61 (0)3 8664 7000

www.slv.vic.gov.au

Ouvert du lundi au jeudi de 10 h à 21 h et du vendredi au dimanche de 10 h à 18 h.

THE MOAT

Restaurant littéraire

Une adresse idéalement située près de la State Library où on peut prendre un café ou boire un verre. Les déjeuners sont excellents.

176, Little Lonsdale Street Station Melbourne Central, trams 1, 3, 5, 6, 8, 16, 64, 67, 72 arrêt 10, Bourke Street Mall

Tél. : +61 (0)3 9094 7820

www.themoat.com.au

Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à tard et le samedi de 15 h à tard. Fermé le dimanche.

CHIBA

Cuisine japonaise

Le meilleur resto japonais que je connaisse à Melbourne. Pas donné, mais authentique et délicieux.

41, Hall Street Moonee Ponds Station de train Moonee Ponds

Tél. : +61 (0)3 9326 0248

www.chibajapaneserestaurant.com.au

Ouvert tous les jours de 11 h 30 à 15 h et de 17 h 30 à 22 h 30 (vendredi et samedi jusqu’à 23 h).

SHAKAHARI

Végétarien

Une adresse formidable qui convient aussi aux allergiques et intolérants puisqu’on y cuisine des plats sans gluten ou produit laitier. Les plats d’inspiration asiatique font la part belle aux produits frais, graines et épices. Les desserts à base de lait de coco, macha ou fruits de saison sont irrésistibles.

201-203, Faraday Street, Carlton

Trams 1, 3, 5, 6, 8, 16, 64, 67, 72, arrêt 1, Melbourne University

Tél. : +61 (0)3 9347 3848

www.shakahari.com.au

Ouvert du lundi au vendredi de 12 h à 15 h et de 18 h à 21 h, samedi de 12 h à 15 h et de 18 h à 22 h 30, dimanche de 18 h à 22 h 30.

THE BRUNSWICK GREEN

Pub

Proche de chez moi, une adresse conviviale qui cache une grande terrasse arborée très agréable. On y mange des burgers ou des croquettes avec un verre de vin bien choisi. Les week-ends d’été, l’endroit accueille des groupes qui jouent de la musique live.

313, Sydney Road, Brunswick

Tram 19, arrêt 21, Brunswick Town Hall

Tél. : +61 (0)3 9381 2413

sydneyroad.com.au/company/the-brunswick-green

Ouvert du mardi au jeudi de 16 h à minuit, le vendredi de 15 h à 1 h, le samedi de 14 h à 1 h et le dimanche de 14 h à 23 h.

TIKI LOUNGE AND BAR

Bar

Si vous aimez le kitsch et le second degré, faites un saut dans ce bar polynésien. Les cocktails maison sont fraîchement secoués devant vous et on y passe une musique des îles toujours dépaysante.

327, Swan Street, Richmond

Station Burnley, tram 70, arrêt 13, Edinburgh Street

Tél. : +61 (0)3 9428 4336

www.facebook.com/tikiloungeandbar

Ouvert le vendredi et samedi de 18 h à minuit.

LA MAMA COURTHOUSE

Théâtre

Une salle proche de chez moi où l’on peut voir des pièces merveilleuses.

349, Drummond Street, Carlton

Trams 1, 3, 5, 6, 8, 16, 64, 67, 72, arrêt 1, Melbourne University

Tél. : +61 (0)3 9347 6948

lamama.com.au/our-venues/la-mama-courthouse

Ouverture du bureau du lundi au vendredi de 10 h 30 à 17 h 30.

MELBOURNE THEATRE COMPANY

Théâtre

C’est bien simple, je ne rate aucune de leurs pièces.

Attention, la compagnie joue dans des salles différentes. Vérifiez bien l’endroit avant de vous y rendre.

> Southbank Theatre 140, Southbank Boulevard ou 252, Sturt Street, Southbank Tram 1, arrêt 19, Mile Street

> Arts Centre 100, Saint Kilda Road

Station Flinders Street

Tél. : +61 (0)3 8688 0800

www.mtc.com.au

Ouvert du lundi au samedi de 9 h à 21 h. Fermé le dimanche.

THE WHEELER CENTRE

Centre littéraire

Il faut y aller pour assister à des conférences ou des débats avec des auteurs toujours intéressants. Parfois l’entrée est libre, mais il faut réserver : renseignez-vous.

176, Little Lonsdale Street Station Melbourne Central, Trams 1, 3, 5, 6, 8, 16, 64, 67, 72, arrêt 10, Bourke Street Mall

Tél. : +61 (0)3 9094 7806

+61 (0)3 9094 7800

www.wheelercentre.com

Ouvert du lundi au vendre de 9 h à 17 h. Fermé samedi et dimanche.

YOUNG AND JACKSON

Pub

Un établissement on ne peut plus central, face à la gare de Flinders et à deux minutes de Federation Square. Surtout, il abrite le célèbre tableau Chloé (nu), d’après un modèle français au destin tragique dont l’histoire a marqué la vie des habitants de Melbourne.

Coin de Swanston et Flinders Street, Station Flinders Street

Tél. : +61 (0)3 9650 3884

www.youngandjacksons.com.au

Ouvert tous les jours de 10 h à tard.

NATIONAL GALLERY OF VICTORIA

Musée d’art

C’est le plus grand et le plus ancien des musées du pays ! Dans le hall principal, le plafond en verre de Leonard French vaut à lui seul le détour.

180, Saint Kilda Road Station Flinders Street

Tél. : +61 (0)3 8620 2222

www.ngv.vic.gov.au

Ouvert tous les jours de 9 h à 17 h.

MELBOURNE ZOO

Zoo

On y trouve toutes sortes d’animaux, et pas seulement des kangourous ou des koalas. J’ai beaucoup d’affection pour cet endroit qui a le mérite d’être très accessible par les transports en commun depuis Melbourne. Récemment, j’ai proposé à mon fils d’y fêter ses 26 ans en tête-à-tête avec moi. Nous avons passé un excellent moment.

Elliott Avenue, Parkville Station Royal Park Railway, Tram 55, arrêt 25, Melbourne Zoo

Tél. : +61 (0)3 9285 9300

www.zoo.org.au/melbourne

Ouvert tous les jours de 9 h à 17 h.

CAPE OTWAY-LIGHTHOUSE KEEPERS COTTAGE

Excursion pour un week-end

Un phare historique au croisement du détroit de Bass et du Pacifique sud. Ce lieu sauvage a été le cadre de nombreux naufrages restés dans les mémoires. Aujourd’hui, vous pouvez vous y promener en toute tranquillité, et même dormir dans le cottage attenant. Personnellement, je le loue chaque année avec des amis : une tradition.

Lighthouse Road, Cape Otway

Tél. : +61 (0)3 5237 9240

www.lightstation.com

Ouvert du lundi au dimanche de 9 h à 17 h.

KOORIE HERITAGE TRUST

Artisanat aborigène

Il y a de très belles choses à acheter. C’est un lieu qui mérite une visite et où l’authenticité des objets et de l’artisanat est assurée.

The Yarra Building, étages 1 et 3, Federation Square

Station Flinders Street

Tél. : +61 (0)3 8662 6300

www.koorieheritagetrust.com

Ouvert tous les jours de 10 h à 17 h.

KAY CRADDOCK

Librairie

Un établissement culte, notamment spécialisé dans les livres rares et anciens. Impossible à manquer car bien indiqué, il est situé près d’un bâtiment néogothique remarquable, en plein cœur de Melbourne.

156, Collins Street Station Flinders Street, Trams 1, 3, 5, 6, 8, 16, 64, 67, 72, arrêt 11, City Square

Tél. : +61 (0)3 9654 8506

www.kaycraddock.com

Ouvert du lundi au jeudi de 10 h à 18 h, le vendredi de 10 h à 19 h, le samedi de 10 h à 16 h. Fermé le dimanche.

EMBIGGEN BOOKS

Librairie

Vous y trouverez un vaste choix d’ouvrages sur tous les sujets.

Little Lonsdale Street

Station Melbourne Central, Trams 1, 3, 5, 6, 8, 16, 64, 67, 72, arrêt 10, Bourke Street Mall

Tél. : +61 (0)3 9662 2062

www.embiggenbooks.com

Ouvert du lundi au mercredi de 8 h à 18 h 30, le jeudi et vendredi de 8 h à 19 h et le week-end de 10 h 30 à 17 h.

«J’ai vécu à Melbourne une première fois en 1993. J’avais suivi mon copain de l’époque, un joueur de cricket. Je vivais en colocation avec une amie dans une grande maison. C’est à ce moment-là que j’ai commencé ma vie professionnelle, en cumulant des expériences dans la presse magazine. J’avais une vie sociale intense et je sortais beaucoup. Ensuite, j’ai passé plusieurs années à Sydney, puis à Londres. Je suis revenue pour de bon en 2004 et je n’ai plus bougé. Aujourd’hui, on peut dire que je suis vraiment ici « chez moi ». Il y a quelques mois, j’ai même acheté une nouvelle maison près de la plage à Brighton. Il ne me reste plus qu’à adopter un chien et ce sera parfait !

J’ai toujours été entourée d’animaux. À Adélaïde, quand j’étais petite, nous avons tout eu : des chevaux, des chiens, des chats, des lapins… C’était très commun de vivre ainsi, au milieu d’une faune variée, un voisin possédait même un kangourou domestique ! Mes parents m’emmenaient souvent en promenade et je jouais beaucoup près de la rivière qui bordait ma maison. Mon imagination, excessivement fertile à l’époque, me permettait de m’inventer des aventures extraordinaires. Cette enfance en plein air a certainement contribué à faire de moi l’adulte militante que je suis devenue.

Attention quand même ! Mon militantisme reste pacifique. Pas question de faire la guerre aux pollueurs de façon violente et radicale. J’essaie d’être pédagogue, positive et concrète. Mon déclic ? Je l’ai eu en regardant une émission sur les orangs-outangs à la télévision. Cela peut faire sourire quand on pense à toutes les espèces menacées en Australie, mais moi, ce qui m’a touchée au point de faire basculer ma vie, c’est l’histoire de ces grands primates. Il suffit de les regarder dans les yeux pour savoir qu’ils comprennent et ressentent les choses exactement comme nous. En un sens, il ne leur manque que la voix pour s’exprimer. Ils sont nos plus proches « parents » et voyez ce qu’on leur inflige : on détruit leur habitat, c’est dramatique ! Pour moi, ce qu’on leur fait subir nous touche directement, au même titre que le travail des enfants ou l’esclavage.

J’ai vu ce documentaire alors que je travaillais dans la publicité à Sydney. Je me suis dit : « Impossible de continuer, j’arrête tout et je vais sauver les animaux. » Évidemment, ce projet était complètement utopique et, surtout, j’avais peu de chance de gagner ma vie de cette façon. Néanmoins, j’ai démissionné rapidement et j’ai réussi à trouver du travail chez World Wildlife Fund à Melbourne, comme responsable de la communication institutionnelle. Puis je suis devenue la porte-parole de l’association. On a l’impression que les Australiens se sentent concernés par l’environnement parce que nous avons la chance de vivre dans un pays au patrimoine naturel exceptionnel, nous pensons d’ailleurs être très forts dans ce domaine. En réalité, nous avons des mines et des industries extrêmement polluantes, avec des émissions de gaz carbonique parmi les plus importantes au monde. Nous avons presque trois véhicules par famille, ce qui est aberrant, surtout quand on pense au nombre de 4 x 4 qui circulent en ville uniquement. En plus, nous recyclons assez mal (souvent par manque d’information) et nos espèces rares disparaissent plus vite ici qu’ailleurs. Il y a beaucoup à faire.

J’ai adoré cette période de ma vie : je sensibilisais le grand public, tout en travaillant avec les entreprises. Même si la mobilisation des activistes (de Greenpeace ou Sea Shepherd notamment) est essentielle et que je la relaie autant que possible à titre personnel, je crois qu’on ne peut pas se passer du soutien des entreprises. Il faut se donner les moyens d’avoir un impact et nous avons besoin d’argent. C’est aussi simple que ça. WWF avait plein de projets, mais je me souviens surtout du mal que nous avons eu à trouver des animaux emblématiques qui attirent la sympathie des gens et les rallient à leur cause. La plupart des espèces menacées en Australie sont des reptiles terrifiants, comme le lézard à deux têtes, des araignées inquiétantes ou des marsupiaux (qu’ils me pardonnent) vraiment hideux – moins majestueux qu’un tigre et bien moins mignons qu’un panda ! Si les kangourous étaient en voie de disparition, là, on se mobiliserait. Évidemment, ce n’est pas le cas. Nous avons fini par choisir le wallaby des rochers (pétrogale) comme ambassadeur : il est assez sympathique.

J’ai travaillé pour plusieurs autres associations et puis, il y a un an environ, j’ai eu envie de faire un break, de réfléchir à la prochaine étape de ma vie, en me concentrant davantage sur mon éco-blog. J’étais en train de faire une interview sur le lancement du Trans Bornéo Challenge (un trek de vingt-cinq jours qui traverse le Kalimantan pour lever des fonds au profit des orangs-outangs, toujours eux) quand je me suis dit : « Mais au fait, tu pourrais y participer toi aussi ! » Je venais de vendre ma maison, je dormais sur un matelas chez des amis, mon chien venait de mourir, je n’avais pas d’engagement qui m’enchaîne à quoi que ce soit. D’une certaine manière, c’était le bon moment pour passer à l’action et vivre ce que je prônais jour après jour. Dans le même temps, j’ai pensé qu’il serait cohérent de produire un documentaire sur cette expérience, pour témoigner de ce que j’aurai vécu et le partager avec le monde. Du coup, j’ai réussi à monter un financement et j’ai emmené une petite équipe de tournage avec moi. En rentrant, nous avons pu projeter le film au cinéma à Melbourne, et même le faire diffuser à la télévision.

Cette aventure était un énorme pari et la plupart de mes proches étaient dubitatifs, pour ne pas dire moqueurs en m’imaginant, moi, dans la jungle. Je ne suis pas une grande sportive mais je me suis bien préparée physiquement. En parallèle, j’ai fait un gros travail sur mon mental. J’avais le pressentiment que ma résistance psychologique ferait toute la différence. Mon aventure m’a donné raison. Sur place, j’ai été confrontée à de nombreux défis : les bêtes bien sûr (j’adore les animaux mais la vue d’une araignée m’a toujours fait hurler) mais aussi la nature. Traverser des torrents, remonter des chutes d’eau… On se dit : « Je n’y arriverai jamais. » Oui mais voilà, quand il n’y a pas de retour possible, on le fait. Tu peux être épuisée par les courbatures, ravagée par les piqûres d’insectes, tu peux avoir les pieds en sang ou te blesser beaucoup plus gravement encore (ce qui m’est arrivé en tombant sur du plat, le comble !) : tu dois te relever et marcher. Personne ne viendra te chercher en hélicoptère. Personne ne te portera sur son dos. Cette expérience a changé ma vie.

Je ne sais pas si je retournerai à Bornéo prochainement, mais je garde contact avec les membres de l’association grâce aux réseaux sociaux et avec les autres participantes. En dehors de l’équipe encadrante et des porteurs, seules des femmes (anglo-saxonnes) se sont portées volontaires. C’est à la fois étrange et fréquent : elles se mobilisent davantage pour ce genre de cause, cela ressort dans presque toutes les études. Je garde aussi l’image d’une maman orang-outang avec son bébé que j’ai pu apercevoir dans les branches d’un arbre, juste au-dessus de moi, un matin. Certes, c’était dans un parc national, mais tout le monde n’a pas la chance de faire une telle rencontre.

Bien sûr, ce genre de voyage extrême serait parfaitement réalisable en Australie, car les conditions peuvent être similaires. Je pense au Parc national de Kakadu, à la région de Kimberley, à la route qui va de Cairns à Cape York ou au South Coast Track en Tasmanie. Ici, on peut être confronté à la nature dans ce qu’elle a de plus sauvage, voire hostile. Oui, mais quelle cause défendre ? En Australie, il est difficile de mobiliser les gens. Ce n’est pas un jugement de valeur, mais ici comme ailleurs, je me rends compte que chacun a sa vie, ses priorités, ses soucis. Ma génération et celle de mes parents ont été élevées dans une société consumériste qui ne pensait pas à l’impact de ses choix. Il est difficile de changer cela. Ce sont les jeunes qui feront bouger les choses et j’espère qu’ils vont se dépêcher, car il y a urgence. Heureusement, l’environnement ou le recyclage font partie de l’enseignement obligatoire dispensé à l’école (je suis moi-même intervenue dans certaines classes). On essaie aussi de réduire notre consommation d’énergie : la carotte est certainement financière, mais la planète y gagne. Quant à la question de l’eau, elle dépend beaucoup des États. En Australie-Méridionale, les restrictions sont banales et nous savons comment les gérer. Dans le Victoria, nous avons lancé la construction d’une usine de dessalement d’eau de mer à Wonthaggi, un chantier monumental. Après bien des péripéties, elle va peutêtre finir par fonctionner.

La Grande Barrière de corail

Classé au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1981, le plus grand récif corallien du monde, Great Barrier Reef, s’étire sur plus de 2 300 kilomètres au large du Queensland au nord-est de l’Australie. Site spectaculaire, il constitue l’un des écosystèmes les plus riches et variés de la planète. Il regroupe notamment 400 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons, 4 000 espèces de mollusques et près de 240 espèces d’oiseaux. Des millions de touristes s’y pressent chaque année pour la reproduction annuelle des coraux, la migration des baleines ou la nidification des tortues. Mais ce paradis est en danger et pourrait bien devenir « patrimoine en péril ». Le réchauffement climatique, la pêche intensive ou la pollution contribuent conjointement à la disparition des coraux dont il pourrait ne rester que 5 % à l’orée de 2050. L’extinction menace aussi un grand nombre d’espèces qui vivent dans la Grande Barrière de Corail : la baleine à bosse, la raie manta, la grande tortue verte ou le requin des récifs…

Enfin, il est clair que nous avons des espaces naturels qui ont valeur d’icônes mondiales : la Grande Barrière de corail ou les forêts primaires de Tasmanie. Ces lieux magnifiques servent d’étendards à la cause que je défends, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des endroits moins connus et tout aussi fragiles : la Ningaloo Reef par exemple. Même ici, on n’en parle pas.

En Australie, nous avons la culture du bénévolat. La Green Army, notamment, attire de nombreux jeunes. Ils se forgent une expérience professionnelle, tout en menant des actions concrètes sur le terrain au profit de l’environnement. Ce programme est soutenu par le gouvernement et il fonctionne. Je regrette cependant que nous n’ayons pas de porte-parole suffisamment charismatique pour toucher plus de monde encore. Avant, nous avions Steve Irwin, le chasseur de crocodiles. Mais il est mort et sa fille, Bindi, vit désormais aux États-Unis. Elle prendra peut-être le relais dans quelques années. Dick Smith, le fondateur d’Australian Geographic, est une personnalité de premier plan. Certains conservateurs jouent aussi un rôle clé, mais le grand public les connaît mal. La jeune Jessica Watson, la plus jeune navigatrice à avoir fait le tour du monde, pourrait certainement endosser un rôle d’ambassadrice si elle le souhaitait. Quant à moi, je n’ai pas dit mon dernier mot !

Aujourd’hui, je me partage entre deux activités : mon travail de communicante avec Ecochick Adventures et… un service de sorties pour chiens, Pooches at Play ! Les chiffres sont impressionnants puisque 39 % des foyers australiens ont un chien, lequel est majoritairement considéré comme un membre de la famille. J’ajoute qu’il y a plus de foyers australiens avec un chien qu’avec un enfant de moins de 16 ans, ce qui peut sembler fou. Cela dit, je comprends intimement cette passion, puisque je la partage. J’ai toujours eu une relation privilégiée avec les chiens, comme si nous nous comprenions instinctivement. Ils viennent spontanément vers moi et m’obéissent naturellement. Je n’ai jamais eu peur d’être mordue et d’ailleurs cela ne m’est jamais arrivé, même en essayant de séparer deux bagarreurs. J’aime leur contact et j’ai eu un bichon maltais pendant treize ans, Max, qui a énormément compté dans ma vie.

Chaque jour, je peux emmener jusqu’à huit chiens en promenade. C’est assez facile à Melbourne, car il y a des parcs clos spécialement conçus pour eux. Je les emmène dans ma voiture hybride. Et hop, c’est parti ! J’en garde aussi chez moi, le week-end ou pendant les vacances. J’utilise assez peu la laisse, juste pour traverser les rues. Ici, comme ailleurs, leur propriétaire peut avoir envie de leur faire porter des vêtements. Cette habitude est moins répandue qu’au Japon mais, d’après mon expérience, je dirais qu’un animal sur dix porte un habit. J’ai accueilli une petite chienne pendant un mois. Elle avait sa valise avec une garde-robe bien fournie ! Le matin, je disposais quelques tenues sur le lit et elle choisissait elle-même ce qu’elle allait porter. La dernière fois que je l’ai vue, sur Facebook, elle arborait une queue de sirène et elle en semblait ravie. Évidemment, je pense quand même qu’un animal se passe très bien d’un habit.

Cette nouvelle activité s’inscrit dans une démarche plus globale, en lien avec les animaux en général. Dans ce cadre, j’ai récemment suivi une formation à la communication animale avec une spécialiste, Anna Breytenbach, ici à Melbourne. Nous avons tenté d’entrer mentalement en contact avec son chat… en Afrique du Sud. Je sais que beaucoup de personnes sont frileuses, voire hermétiques quand on aborde ce type de pratique, mais je suis curieuse de développer mon « sixième sens », celui qui fonctionne un peu comme de la télépathie. C’est intéressant, mais j’ai encore du chemin à faire. Il y a longtemps, à Sydney, j’étendais mon linge quand j’ai eu l’impression qu’on m’observait. C’était une sensation étrange et un peu inquiétante. J’ai regardé autour de moi et… j’ai repéré une minuscule chouette qui me fixait. Une autre fois, j’étais installée sur un banc juste avant de partir à Bornéo, quand un papillon s’est posé sur moi. Cela a duré près de trois minutes. Ces anecdotes sont significatives, et pas si exceptionnelles. Tout ça pour dire qu’il y a des liens à tisser ou à faire renaître.

Pour vivre cette vie-là, proche de la nature, mais aussi des médias et des entreprises, Melbourne est formidable. Les gens sont très accueillants et le milieu du travail est moins compétitif qu’ailleurs. Je me suis facilement construit un réseau amical et professionnel et je n’ai pas l’impression qu’on me mette des bâtons dans les roues. En termes de mode de vie, il y en a pour tout le monde : tranquille en banlieue ou plus animé, voire frénétique en ville, tout est possible. Moi, d’une certaine manière, je combine les deux. J’aime autant rester chez moi, près de la mer, que sortir en centre-ville où l’on trouve un nombre incalculable de bons restaurants.

En tant que végétarienne, je n’ai aucun mal à sortir et encore moins à cuisiner. Il y a dix ans, ce n’était pas aussi facile, surtout dans LE pays du barbecue. Depuis cinq ans environ, on se préoccupe plus de manger sainement et le nombre de blogs consacrés à la nutrition a explosé. On trouve désormais des produits issus de l’agriculture biologique et des saucisses végétales dans la plupart des supermarchés ; il y a aussi pléthore de produits sans gluten ou sans lactose. Ces marchés de niche sont presque devenus la norme. Personnellement, je suis une grande adepte des plats cuisinés de Linda McCartney (la femme de Paul) : malgré son décès, ses recettes continuent d’être commercialisées en Australie. J’achète notamment ses tourtes aux champignons, elles sont fabuleuses. Il m’arrive aussi de préparer des lasagnes ou des tacos avec du quorn, un substitut sans viande, les carnivores n’y voient que du feu.

Les bons vivants se plaisent ici, mais les sportifs aussi. Comme j’ai été infectée par un virus à Bornéo, j’ai dû me reposer pendant six mois et je me remets à peine à la gym. En revanche, mon ami nage régulièrement. Il appartient à un groupe de passionnés qui se baignent tous les jours de l’année dans une piscine d’eau de mer à Brighton Baths. Il s’agit d’un club mythique et très select, dont les membres sont surnommés les « Icebergers ». Les pauvres, même en hiver – cette saison existe bel et bien dans le Victoria – ils vont dans l’eau sans combinaison. Ils ont simplement droit à un maillot de bain et à un double bonnet pour protéger leur tête. Les adhérents sont des femmes et des hommes de tous âges. Le cadre est tout bonnement splendide.

Même lorsque je n’ai aucun chien à sortir (ce qui est rare), je me promène beaucoup. En ville, il y a des parcs superbes, remplis de perroquets colorés et même de possums. Parfois, je pars aussi camper. Les réserves naturelles sont à une ou deux heures de trajet seulement et on peut y planter la tente sans problème. Quel bonheur d’apercevoir des koalas en liberté, des pingouins en balade ou des dauphins qui nagent autour de vous ! Malheureusement, on croise aussi des serpents de temps en temps, il faut donc rester sur ses gardes. À Melbourne finalement, le seul hic, en plus de la météo imprévisible, ce sont les transports en commun : vieux et peu développés. Les endroits les plus sympas ne sont pas toujours desservis par le bus ou le train. Pour se déplacer, la voiture reste le plus pratique mais elles sont loin d’être toutes électriques. »

ICHI NI

Super japonais

Située à deux pas de la plage, une de mes cantines préférées avec quelques tables en terrasse. Je prends toujours le Ebi Mayo ainsi que le Dragon Roll – ce dernier n’est plus sur la carte, mais on peut le commander. Le restaurant propose aussi des bentos à emporter. Un peu cher mais authentique, et le chef cuisine devant vous.

12, The Esplanade, Saint Kilda

Trams 16, 96, arrêt 136, The EsplanadeTel : + 61 (0)3 9534 1212

www.ichini.com.au

Ouvert tous les jours à partir de midi.

HIDDEN SECRET TOURS

Visites guidées

Moi qui vis à Melbourne, j’ai testé et j’ai adoré. Les thèmes sont variés et ils proposent aussi des visites en français. À votre tour de découvrir, je l’ai mis dans mon Top 3 pour ça ! Vous ne serez pas déçu.

37, Swanston Street Station Flinders Street Tel : + 61 (0)3 9663 3358

hiddensecretstours.com

Ouvert du lundi au samedi de 9 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 12 h.

WILSONS PROMONTORY NATIONAL PARK

Parc national