Portraits de Shanghai - Barbara Guicheteau - E-Book

Portraits de Shanghai E-Book

Barbara Guicheteau

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Beschreibung

Découvrez Shangai à travers les yeux de ses habitants

Portraits de Shanghai raconte ces parcours de vies et la ville. On y fait la rencontre de Federico, le jeune chef colombien arrivé à 20 ans pour officier dans les cuisines du restaurant français de l’Expo universelle ; Inès la libraire, venue pour un stage de 6 mois, restée pour la ville ; Philippe, l’entrepreneur, shanghaïen depuis 20 ans, il conseille et aide les entreprises suisses à s’implanter ; Quentin, qui parle de cette ville propice aux excès où il puise toute l’énergie de son expression artistique ; Christine, en quête d’identité qui retrouve ses racines à Shanghai ; Annick, figure de la communauté française, qui décrypte Shanghai, ville où elle a été à la fois l’actrice et le témoin de l’explosion économique. Portraits de Shanghai c’est aussi l’expérience shanghaïenne de Qile, Dominique, Michel, Chen, Jérémy, Laëtitia, Jessica...

Pour connaître les mille facettes de la ville, des restaurants fusion aux petites cantines, des visites insolites aux incontournables, cette quinzaine de personnages partagent leur Shanghai. Chaque portrait livre sa sélection originale de lieux qu’il juge incontournables. Le livre propose ainsi plus de 250 endroits à découvrir, tous choisis et testés par leurs habitués : leurs meilleurs restaurants, leurs meilleures sorties, leurs meilleures visites, leurs meilleurs hôtels et leurs meilleures adresses shopping. En découvrant leurs histoires, vous n’aurez qu’une envie : embarquer pour Shanghai, et foncer dans ces lieux qu’ils ont confiés comme à leurs meilleurs amis.

Un guide à plusieurs voix rempli d'adresses utiles !

CE QU’EN PENSE LA PRESSE

- « Ces regards sont complétés par quelques bonnes adresses sélectionnées par l’auteure. A grignoter pour s’évader. » – Ouest France

-« C’est à la fois un concept innovant et une valeur sûre ! » – Curieuse Voyageuse

A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE MA VILLE »

Vivre ma ville, ce sont des livres de voyage avec supplément d'âme. Ils donnent les clés, les conseils, les bonnes adresses, grâce à l'expérience de ceux qui vivent sur place, là où les autres guides se contentent d'auteurs professionnels de passage. Ils offrent aussi des histoires, une chair littéraire par les interviews-portraits d'une dizaine de personnes qui présentent leur lieu de vie. Chaque portrait est un roman. Chaque portrait a un enjeu : comprendre le choix de cette vie-là. Chaque portrait permet aussi au lecteur de s'identifier, et donc de choisir ses destinations en fonction de ses affinités, en fonction du personnage qui résonne le plus en lui.

LES ÉDITIONS HIKARI

Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.

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Seitenzahl: 317

Veröffentlichungsjahr: 2016

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PORTRAITS DE SHANGHAI

Barbara Guicheteau

PORTRAITS DE SHANGHAI

par Barbara Guicheteau

Un livre de la collection Portraits de ville.

Directeur de la publication : Anthony Dufour.

Éditrice : Marie Duchaussoy.

Crédit photo de couverture : © Beboy - Fotolia.com

Photographies pages intérieures : Barbara Guicheteau.

Hikari Éditions© Hikari Éditions4, avenue Foch, 59000 Lille (France).ISBN 978-2-36774-022-5 eISBN 978-2-36774-040-9www.hikari-editions.comISSN 2265-3082

Aucun guide n’est parfait, des erreurs et des coquilles se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Des informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Shanghai est une ville où tout change très vite… Merci de nous suggérer toute correction utile que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition en nous écrivant à : [email protected].

Portraits de ville

Portraits de Shanghai, de la collection Portraits de ville, est un livre dans lequel les habitants de la ville vous en donnent les clés. Mieux qu’un guide de tourisme, nous allons dresser ici une quinzaine de portraits, à la première personne, à travers lesquels vous découvrirez le parcours de ceux qui ont décidé de venir vivre dans cette fascinante cité.

Chaque voyage, chaque départ, a sa propre histoire. On s’exile par amour, pour travailler, pour fuir, pour découvrir. C’est une aventure permanente qui a un immense mérite pour celui qui la pratique : ouvrir les yeux.

Certains de ceux que vous allez découvrir dans les prochaines pages sont des personnalités de Shanghai. D’autres, de parfaits inconnus. Pour ce livre, nous avons pris le temps d’écouter leur histoire.

L’objet littéraire qui suit est donc hybride : entre le récit et le guide pratique. Il s’adresse aux visiteurs, aux touristes, à ceux qui veulent vivre à Shanghai, ou en Chine. Il s’adresse à ceux qui sont curieux et qui veulent trouver dans les parcours de leurs semblables des indices pour comprendre la ville.

Ce livre est écrit en toute indépendance. Les lieux que nous mentionnons sont ceux de nos invités, ceux qu’ils ont décidé de partager avec vous, dans la plus grande liberté, en toute subjectivité.

Contents

BENJAMIN BLAISE

Les adresses de Benjamin

ANNICK DE KERMADECBENTZMANN

Les adresses d’Annick

CHRISTINE LEANG

Les adresses de Christine

PHILIPPE ZWAHLEN

Les adresses de Philippe

INÈS BRETON

Les adresses d’Inès

XINGHAO CHEN

Les adresses de Xinghao

DOMINIQUE KABEL

Les adresses de Dominique

QUENTIN PAQUIGNON

Les adresses de Quentin

LAËTITIA CHARACHON

Les adresses de Laëtitia

FEDERICO DUARTE

Les adresses de Federico

JESSICA JUVENELLE

Les adresses de Jessica

MICHEL BOURB OTTE

Les adresses de Michel

QILE WANG

Les adresses de Qile

JÉRÉMY CHEVAL

Les adresses de Jérémy

L’AUTEUR

Les adresses de Barbara

Classement des adresses

Shanghai en un clin d’œil

Shanghai pratique

Dans la même collection

«Pour moi, Shanghai est indissociable du Café des Stagiaires, la chaîne de bars que j’ai montée en 2011, avec mes deux meilleurs amis de l’école hôtelière de Lausanne, Max et Thomas, et deux autres associés, Alex et Olivier. Ici, je vis dans une sorte de bulle : je respire, je parle, je pense… « Café des Stagiaires » ! Shanghai est donc avant tout le cadre qui nous a permis de développer notre « bébé ». En ce sens, cette ville est le meilleur laboratoire au monde. Quand tu as beaucoup d’envie, mais peu de moyens, il y a quand même possibilité de faire de belles choses. Actuellement, rares sont les endroits qui offrent autant de potentiel. Rien que sur notre marché (de niche), la marge de progression est énorme. Donc, quand on m’a dit : « Shanghai », j’ai pensé : « Pourquoi pas ? ». C’était une opportunité de malade à saisir. Et je n’avais aucune idée préconçue sur ce pays qu’on me présentait comme émergent. Avant d’y aller, la Chine, pour moi, c’était juste un territoire immense et très peuplé, avec des trucs à faire. J’ai attendu d’être sur place pour faire marcher mon imagination.

Avec Max et Thomas, on s’est rencontré à l’école hôtelière de Lausanne. Moi, j’y suis arrivé un peu par hasard. En fait, après le bac, je ne savais pas trop quoi faire. Je savais juste que je ne voulais pas rester coincé derrière un bureau. Au lycée, à Marseille, mon meilleur ami souhaitait intégrer cet établissement et je me suis dit que j’allais y entrer avant lui. J’ai convaincu mon père, qui est professeur en hématologie, et il m’a décroché un pré-stage de neuf mois dans un hôtel à Dubaï. Là-bas, j’ai découvert l’esclavage moderne, avec des gens se partageant un lit pour trois. À Shanghai, les différences sociales ont beau être énormes, riches et pauvres vivent encore ensemble : cela semble mieux vécu de part et d’autre. Très dur, mon stage à Dubaï m’a fait grandir et surtout, prendre conscience de ma chance. Fort de cette expérience, j’ai intégré l’école hôtelière de Lausanne à la rentrée 2008.

Passé la barrière du prix, la force de cet établissement, c’est son réseau exceptionnel. Par exemple, quand on a monté notre café, on a vite rencontré des anciens de l’école installés à Shanghai, qui nous ont mis en garde et prodigué des conseils bien utiles. À l’EHL, chaque promotion compte 400 élèves et à l’issue de la formation, on a un carnet de plus de mille adresses ! La première année, j’ai vécu sur le campus et, dès la suivante, j’ai intégré une colocation. À Lausanne, on apprend à vivre et à travailler avec les autres. On évolue dans une sorte de bulle, sans pour autant être déconnecté de la réalité de l’emploi. On fait des services comme extra le week-end, on cumule les stages… L’été précédant notre dernière année, Thomas et Max sont ainsi partis à Shanghai, travailler dans un restaurant français, Le Saleya, tandis que je restais en Suisse pour des raisons financières. J’avais juste pris un billet d’avion pour les rejoindre un mois, en octobre, histoire de me faire ma propre petite idée de la Chine.

En fait, leur stage s’est super bien passé. J’ai vite reçu des messages Skype où ils me disaient : « On a un plan ! Il va falloir que tu apportes de l’argent. » Moi, je leur répondais : « Ok, ok, on verra quand j’arrive ». Plus tard, j’ai appris qu’il s’agissait de monter un bar, puis une boulangerie, puis une boucherie. Et sur ce, j’ai débarqué à Shanghai. Max m’a fait une énorme faveur en venant me chercher à l’aéroport. J’ai posé mes valises et on a enchaîné avec trois jours de très belle fête, comme on sait le faire ici ! Ensuite, il a bien fallu se mettre au boulot… Les gars m’ont présenté la Yongkang Lu, une petite artère typique de l’ancienne concession française, surnommée à l’époque la « rue qui pue ». Avant son rachat par un homme d’affaires, il n’y avait rien, hormis des petits bouis-bouis chinois comme on peut en voir partout. Depuis, on a compris son intérêt, car un mall de luxe s’est ouvert à 500 mètres… Et le quartier, très agréable avec ses platanes et ses maisons à trois étages, est appelé à devenir de plus en plus prisé. Bref, à mon arrivée, tout était en fait bien plus avancé que je ne le pensais : la boulangerie marchait déjà, le bar était en travaux. Mais les autres m’ont tout de suite inclus dans le plan, qui s’est imposé comme notre projet de fin d’études. De mon côté, je n’ai pas hésité : Thomas et Max en étaient, j’y allais.

Il a cependant fallu convaincre mon père, de passage à Shanghai pour un congrès, du bien-fondé d’investir dans notre entreprise. C’était la condition sine qua non. À peine était-il arrivé que je lui ai tout expliqué, montré la rue… Il m’a trouvé trop enthousiaste et je suis vite redescendu de mon petit nuage. Le soir, coup de poker : mon père a rencontré nos associés, Alex et Olivier, les patrons du Saleya, où Thomas et Max avaient fait leur stage. Leur expérience a fait la différence et il a finalement accepté de me prêter l’argent dont j’avais besoin. Sans son accord, je ne l’aurais pas fait.

Après un mois de folie à Shanghai, je suis rentré en Suisse avec Max pour passer les examens de rattrapage. Thomas, qui en était exempté, a ouvert seul notre première adresse. C’était le 8 novembre 2011. Le nom est venu d’une blague à lui : « On est encore des stagiaires, on va bosser avec des stagiaires… Appelons-le Le Café des Stagiaires ! ». De fait, à partir de la fin décembre, ce sont les stagiaires qui ont fait tourner le bar, pendant que nous terminions nos études en Suisse. Contre toute attente, les premiers chiffres ont été bien au-delà de nos espérances.

La force des guanxi

Dans l’Empire du Milieu peut-être plus qu’ailleurs, et a fortiori à Shanghai, il convient de ne pas négliger son réseau de relations, amicales et professionnelles, le fameux guanxi en chinois.

Ce dernier peut en effet s’avérer bien utile en maintes occasions, notamment dans le cadre d’un lancement d’activités ou d’une recherche d’emploi. À Shanghai, les occasions d’étoffer son carnet d’adresses ne manquent pas. Apéros afterwork, cocktails networking et autres soirées d’affaires s’organisent à tour de bras, tandis que sur Internet, l’activité des réseaux sociaux bat son plein.

Profondément ancrée dans la société chinoise, la culture du guanxi est régie par toute une étiquette où il est question, entre autres, de « face » (en donner/la (faire) perdre) et de « ganbei », le fameux toast local, où l’on trinque cul-sec de préférence.

Après de brefs séjours durant l’année, nous étions de retour à Shanghai – fraîchement diplômés – le 1er août 2012. Entre-temps, la Yongkang Lu avait été investie par d’autres commerces. Je nous revois encore y passer nos journées à faire des business plans. On sortait aussi pas mal, sous couvert de promotion et d’analyse de concurrence…

Dans l’euphorie, a rapidement émergé l’idée d’ouvrir un deuxième bar. Chose faite le 15 septembre 2012, sur Wuding Lu, à Jing’an : un gros succès ! Et dix mois plus tard, nous inaugurions une troisième adresse sur Dagu Lu, une rue proche de People’s Square, avec pas mal de bars et de restaurants. Son avantage ? L’emplacement était mieux aménagé et plus vaste, avec une grande terrasse. Nous avions notamment davantage d’espace pour les toilettes, notre problème n°1 jusque-là. En fait, on n’en avait pas prévu assez par rapport à notre débit de clients ! Dans la foulée, nous avons ouvert La Pétanque, un restaurant-bar-tapas, avec un boulodrome. Entretemps, on a lâché la boucherie et la boulangerie sur Yongkang Lu. En fait, on s’est vite rendu compte que ce sont des métiers à part entière.

Avec le recul, tout est allé très vite. Cela tient à l’environnement ultra dynamique de Shanghai. Ici, les tendances se font et se défont rapidement… On trouve un endroit et, en un mois, il est aménagé. Notre succès, on le doit aussi en grande partie à nos stagiaires. Ce sont eux qui ont fait connaître le café. Aujourd’hui encore, ils attirent 40 % de notre clientèle. À Shanghai, cela reste original de voir des laowai (étrangers) derrière le bar. Les gens sont en outre intrigués par notre histoire, relayée par le bouche-à-oreille. Et l’ambiance fait le reste. On a essayé de créer une atmosphère chaleureuse, en utilisant des matériaux de récup et en affichant des prix pas trop chers. Au final, chaque café a son âme, avec un noyau de clients très fidèles de 25-35 ans (la classe d’âge qui sort le plus à Shanghai), à 80% européens et en majorité français. On a également de plus en plus de Chinois qui viennent pour la qualité du service… et pour voyager ! Par contre, on ne capte pas trop les Anglo-Saxons qui n’ont pas la même culture de « bar de quartier ». Au Café des Stagiaires, on peut venir à n’importe quelle heure, on croisera toujours une tête connue.

Vu leur attachement au lieu, nos clients ont été assez compréhensifs quand on a eu des problèmes de voisinage sur Yongkang Lu en 2012. En fait, les gens se plaignaient du bruit et chaque soir, à la même heure, une de nos tables extérieures (la n° 9) se prenait un seau d’eau. Certains Chinois – vraiment pas contents – descendaient même le soir, dans la rue. On a atteint un point culminant le 8 mars, premier jour de beau temps de l’année. Tout le monde est sorti et on a enregistré un record d’affluence, au grand dam des voisins. Les tensions se sont heureusement apaisées depuis, malgré un mauvais relais de la part des médias. Dorénavant, à partir de 22 heures, les clients restent à l’intérieur. Et nous avons proprement négocié le départ de notre voisin du dessus, dont nous avons transformé l’appartement en bureaux.

Question de générations

Si l’âge médian en Chine n’a pas encore passé la barre fatidique des 40 ans, il s’en approche doucement mais sûrement.

Tous les indicateurs laissent en effet augurer d’un vieillissement accru de la population dans les années à venir. À Shanghai, en 2011, les personnes âgées de plus de 65 ans représentaient déjà 16,6 % des habitants. Et le pourcentage des séniors devrait passer à 30 % d’ici 2015, selon le bureau municipal de la population. Que les jeunes noctambules se rassurent, vu la taille de la ville, la part des 20-30 ans reste encore conséquente.

Une génération qui fait d’ailleurs la part belle aux ressortissants français. Selon un récent sondage du consulat, ces derniers affichent une moyenne d’âge de 28 ans à Shanghai, contre 40 et des poussières en métropole.

Désormais, on passe beaucoup de temps à régler les problèmes et à faire des allers-retours en scooter entre les bars. À Shanghai, je ne me suis jamais trop attardé sur le Bund. J’ai toujours eu autre chose à faire. À notre arrivée, il fallait travailler. J’ai donc bossé, entouré par des Chinois. Je ne parlais pas le mandarin. Toujours pas d’ailleurs. Je n’ai eu ni le temps, ni l’envie de m’y mettre. Mais on apprend vite à se faire comprendre sur le tas. C’est comme le métier de patron, on commence à se mettre dans le rôle. Au départ, cela n’avait pas trop de sens pour nous. Puis, on nous a dit qu’il fallait être dur avec nos employés locaux. On nous a aussi expliqué le concept de la face, cette culture du respect - basée sur le rapport de force - qui peut vous coûter cher en Chine. Et on a vu par nous-mêmes les limites du copinage, avec les stagiaires notamment. De mon côté, je me suis endurci dans la gestion des ressources humaines, la mission qui m’a été dévolue, avec le marketing. Ça a pris du temps pour savoir dire non. Maintenant, j’engueule, je vire, j’embauche. C’est venu assez naturellement. C’est comme parler en public. À l’école, rien ne sortait. Désormais, je suis intarissable.

En septembre 2012, l’équipe comptait dix stagiaires pour vingt staff locaux. Aujourd’hui, nous tournons à cinq pour cinquante. Déjà, avec les stagiaires, nous sommes confrontés à un problème de visas. Puis, à un moment donné, on s’est dit qu’en restant à Shanghai, nous devions embaucher du personnel local. Cela a été un peu difficile au début, car nous n’avons pas du tout la même conception du service avec les Chinois. Chez nous, on leur a demandé de privilégier la conversation, la politesse et l’accueil. En toutes circonstances. Par exemple, on a eu un très mauvais client chinois à une période. Il criait, il crachait et il jetait des trucs par terre. Le service était dur mais instructif.

Au départ, j’ai eu un peu peur d’ailleurs de rencontrer uniquement des alcooliques et des individus peu fréquentables. Dans ce milieu, on ne sait jamais… En fait, pas du tout. Au contraire. Shanghai m’a permis de faire un tas de belles rencontres. Des gens avec des parcours tellement différents, du même âge ou plus vieux et expérimentés, comme nos associés. Ce côté relationnel, c’est super enrichissant ! Dès mes premiers jours ici, j’ai fait la connaissance de Chaton, un Chinois qui ne parlait pas un mot d’anglais à l’époque. Il a appris la langue, puis il a rapidement grimpé dans la hiérarchie, jusqu’à reprendre notre boucherie pour ouvrir sa boulangerie. Ce gars m’impressionne par sa curiosité et sa volonté, typique de la mentalité chinoise. Comme on le dit entre nous, dans dix ans, on travaille tous pour Chaton !

En attendant, notre but, c’est de conquérir le monde dans la joie et la bonne humeur ! Sans blague, ce qui nous intéresse désormais, c’est de voir comment nous allons réussir à passer à l’international. Dans cette optique, on a commencé à tout remettre à plat et consolider nos bases. On s’est donné quelques mois pour construire une structure la plus propre et la plus stable possible. Déjà, à Shanghai, le moindre faux-pas ne pardonne pas. En cas de souci légal, le couperet tombe tout de suite. Et les autorités peuvent décider de vous fermer du jour au lendemain. Ensuite, l’idée à terme, c’est de dupliquer notre concept ailleurs. La vraie question du moment, c’est où je me vois vivre plus tard ? Où iront Max et Thomas ? Et aussi, où veulent aller nos stagiaires ? Une chose est sûre : personne n’a envie de se retrouver dans le fin fond de la Chine. Business oblige, je pense qu’on va quand même rester en Asie dans un premier temps, avec l’Amérique en ligne de mire. Le summum, ce serait New York. À côté, Shanghai reste quand même un cran en dessous. En plus, avec la pollution qui règne en ce moment, je ne me vois pas y rester sur le long terme.

À l’avenir, une fois qu’on sera bien ancrés ici, puis qu’on aura investi toutes les grandes villes du monde et lancé une franchise (avec nos anciens stagiaires comme franchisés), pourquoi pas faire fructifier notre expérience, en devenant conseiller ? On a aussi des projets dans l’immobilier, le tourisme… Enfin, il ne faut pas oublier notre premier objectif qui consistait à s’amuser ensemble. À 24 ans, je ne suis pas encore marié, je n’ai pas d’enfants, je sors bien avec une Chinoise depuis plusieurs mois, mais je me sens encore jeune, libre, fou !

Avant d’arriver à Shanghai, je n’ai jamais vraiment été en couple. J’ai rencontré ma copine par le biais des cafés. En fait, à la base, elle est venue travailler pour nous. C’est même moi qui lui ai fait passer son entretien d’embauche. Dès le départ, je l’ai prévenue qu’elle ne devrait pas jouer les princesses avec moi. Elle m’a trouvé fort désagréable… Et on a terminé en couple ! Depuis, elle a quitté le café pour monter sa propre onglerie. Mais on vit toujours ensemble dans un bel appartement sur Yongkang Lu, que je partage aussi avec Max, Thomas et un de nos managers. Avec leurs copines, on est huit sous le même toit. Et il y a toujours des potes de passage qui dorment sur le canapé. Shanghai est une ville que tout le monde veut visiter.

J’appréhende déjà le moment où l’on va devoir tous se séparer. Avec Max et Thomas, on se surnomme le « trépied », car on a besoin des deux autres pour tenir debout. Ma seule peur pour l’avenir, c’est de me retrouver loin d’eux. À Shanghai, les jours où je m’ennuie, ce sont les jours où je suis seul… Cet esprit d’équipe, très loin de l’individualisme forcené des Chinois, je le dois à ma famille, tout comme ma philosophie de vie. Mon père m’a toujours répété : « Il va falloir travailler dur, mais fais avant tout ce qu’il te plaît ». En ce moment, il me trouve stressé. Mais comme le dit mon capitaine de rugby : « Si on ne se donne pas à fond à l’entraînement, on ne gagne jamais le match… » »

Les adresses de Benjamin

LES RESTAURANTS DE BENJAMIN

SALEYA

Français

Ouvert en 2003, ce vrai bistro tricolore affiche une longévité exceptionnelle pour Shanghai. On y mange de la bonne nourriture française, avec de la viande de qualité. Le tout dans une ambiance chaleureuse et conviviale, à l’image de son patron, Alex, l’un de nos associés.

570, Changle Lu

Xuhui district

Tél. : +86 21 5403 6957

www.saleya.com.cn

Ouvert tous les jours, 11h30-14h30 (15h, samedi et dimanche) et 18h30-22h30 (jusqu’à 23h le week-end).

LAMIAN

Chinois

Présente à (presque) chaque coin de rue, cette enseigne sert le repas le moins cher de tout Shanghai. Pour dix kuai, vous avez droit à un plat de nouilles, avec une cinquantaine de références à la carte. Au passage, vous pouvez assister à leur préparation ou comment transformer un gros bloc de pâte en de fins spaghettis, juste en le malaxant : un spectacle impressionnant ! En soi, le lieu est assez spartiate, mais il reste ouvert 24 heures/24, ce qui présente un gros avantage en fin de soirée, quand tout est fermé.

249, Wuyuan Lu

Xuhui district

Ouvert tous les jours, 24heures/24.

ULTRAVIOLET

Expérimental

C’est la dernière folie du chef français Paul Pairet. Le concept ? Quatre heures de dîner, avec au menu 22 plats (et 12 vins), chacun ayant sa propre ambiance, grâce à un habile jeu de sons et de lumières. Je sais que la carte a demandé un an de réflexion, avec près de 250 essais pour certains mets. Certes, l’addition est salée, mais cela en vaut vraiment la peine pour qui veut vivre une expérience culinaire unique. Chaque soir, le lieu (confidentiel) réunit seulement dix convives, qui se connaissent… ou pas. Je conseille quand même de réserver en bande, histoire de détendre rapidement l’atmosphère. Mention spéciale d’ailleurs au maître de cérémonie, exceptionnel, qui met tout le monde à l’aise.

Adresse confidentielle

Réservations en ligne

@ : [email protected]

http://uvbypp.cc/

Ouvert du mardi au samedi soir.

EL WILLY

Espagnol

Avec Max et Thomas, c’est l’un de nos restaurants favoris sur le Bund : on est littéralement fan de ses vraies spécialités espagnoles. Son saumon à la truffe est incroyable, sa paella et ses croquetas aussi. Bien sûr, cette qualité a un prix, à la hauteur de la notoriété de son chef, Willy Trullas Moreno. Omniprésent à Shanghai, ce dernier est multirécompensé par la presse chaque année. Son charisme participe au succès de ses affaires. Outre El Willy, il gère également les restaurants Elefante et Bikini (voir plus loin), ainsi que le bar El Coctel, dans l’ancienne concession française.

22, Zhongshan Dong Er Lu (5F)

South Bund

Tél. : +86 21 5404 5757

www.el-willy.com

Ouvert du lundi au samedi, 11h-14h30 (jusqu’à 15h le samedi) et 17h30-22h30.

MY KITCHEN

Chinois

C’est ce qu’on appelle un boui-boui local ! L’ambiance et la nourriture y sont typiquement chinoises, avec un large choix de plats de poulet, bœuf, poisson, légumes… Le tout à volonté, pour un prix imbattable. À une vingtaine, on s’en tire pour environ 1 000 kuai. Quand on va dans ce restaurant avec notre staff, c’est généralement le prélude à une grosse fête. Tout y est permis : les gens crachent, fument des cigarettes… Impossible d’en sortir intact !

1783, Huaihai Zhong Lu

Xuhui district

Tél. : +86 21 6433 5834

Ouvert tous les jours, de 10h30 à 22h30.

MR & MRS BUND

Français

C’est un grand nom de la restauration française à Shanghai. Côté carte, on se situe entre le bistro et le gastro, avec une cuisine de qualité, toujours inventive. On sent la recherche culinaire derrière le menu, concocté par Paul Pairet, le chef d’UV. Côté ambiance, la salle est très spacieuse, avec une belle vue sur Pudong. À noter : ce restaurant a pour particularité de rester ouvert tard dans la nuit, avec un menu à prix réduit à partir de 22h30 en semaine et 23 heures le week-end.

Bund 18 (6F)

18, Zhong Shan Dong Yi Lu

Bund

Tél. : +86 21 6323 9898

@ : [email protected]

www.mmbund.com

Ouvert de 11h30 à 14h, du lundi au vendredi, et tous les jours de 18h à 22h30 (23h vendredi et samedi). Service de nuit : 22h30-2h du mardi au jeudi, 23h-2h les vendredis et samedis.

BIKINI

Hot-dog

C’est un minuscule restaurant, conçu par le chef espagnol du El Willy. Il y a juste une dizaine de hot-dogs, pas chers du tout, à la carte. Pour les distinguer, chacun porte un nom d’acteur ou d’actrice du X. Et honnêtement, je n’aurais pas imaginé avant d’y manger qu’un hot-dog pouvait être aussi bon et créatif.

47, Yongfu Lu

Xuhui district

@ : [email protected]

Ouvert tous les soirs, de 18h à 2h du matin.

LES BARS DE BENJAMIN

CAFÉ DES STAGIAIRES

Européen

C’est notre projet à Thomas, Max et moi : notre bébé ! La « marque » compte désormais trois adresses. À chaque fois, le concept est identique, avec de la musique sélectionnée par nos soins, de bons produits (dont de la bière belge et du pastis de Marseille) et une ambiance conviviale. Au-delà de cette charte commune, chaque lieu a sa propre identité. Le CS1 est notre premier né. En semaine, on y reçoit une clientèle de quartier et, le week-end, les étrangers débarquent ! Exclusivement en intérieur, le CS2 est une avant-boîte prisée des expats. Dernier de la marque, le CS3, combinant salle et terrasse, marche très fort, notamment pour le brunch du week-end.

»CS1

54-56 Yongkang Lu

Xuhui district

Tél. : +86 21 3425 0210

Ouvert tous les jours, de 9h à minuit (set lunch de 11h à 14h30).

»CS2

1085, Wuding Lu

Jing’an district

Tél. : +86 21 5270 6851

Ouvert du lundi au samedi, de 17h à 2h du matin.

»CS3

386, Dagu Lu

Jing’an district

Tél. : +86 21 6312 9302

Ouvert tous les jours, de 16h à 2h du matin (dès 11h le week-end, avec un brunch servi de 11h30 à 16h).

www.cafedesstagiaires.com

LA PÉTANQUE

Bar à tapas

Notre première expérience de restauration, avec tapas et assiettes à partager, mitonnées par un chef espagnol. On a essayé de reconstituer l’ambiance typique d’un mas de Provence, avec une grande table centrale qui fait office de bar, des canapés dans le coin salon et une vraie salle à manger. Nos clients s’y sentent un peu comme à la maison. Pour le fun, on a fait installer un boulodrome : un pur bonheur personnel.

139, Tai’an Lu

Xuhui district

Tél. : +86 21 6281 4891

www.cafedesstagiaires.com

Ouvert du mardi au dimanche, de 11h30 à minuit (dès 11h et jusqu’à 1h, les vendredis et samedis).

CRAFT

Bar à vodkas

Cet endroit, tout petit, très cosy, est l’un de nos spots favoris dans l’ancienne concession. Avec le temps, on a appris à connaître la patronne et son serveur. Incroyable, ce dernier se souvient du nom de tous ses clients : ça fait la différence ! Autre bon point : on y entend toujours de la bonne musique. Et le lieu accueille régulièrement des expos.

Donghu Hotel (3F)

7, Donghu Lu

Xuhui district

Mobile : 139 1798 5763

Ouvert du mardi au samedi, de 20h à 2h du matin (jusqu’à 4h le week-end).

REVOLUCION COCKTAIL

Cubain

Déjà, ce bar bénéficie d’un très bon emplacement, juste à côté du premier Café des Stagiaires. Et côté cocktails, les serveurs assurent en vrais professionnels, avec un rapport qualité/prix au top. En plus, l’ambiance latine est super sympa. Un exemple : pour son anniversaire, le bar a été rempli de sable ! Gage de qualité, le Revolucion Cocktail constitue une vitrine pour Urban Bar, le groupe de consultants qui forme, entre autres, les meilleurs barmen de Chine.

58, Yongkang Lu

Xuhui district

www.cocktailarchitect.com

Ouvert tous les soirs, à partir de 17h30.

88 (BABA)

Chinois

Baba (8-8 en mandarin) : c’est un mot magique à Shanghai pour tous les noctambules. Quand on y va, on est pratiquement les seuls expatriés dans la salle. Le lieu est immense, une vraie usine, avec une quarantaine de toilettes pour les mecs et un son de malade ! Au Baba, on ne respecte aucune norme européenne en matière de volume. Parfois, des gars viennent aussi chanter en playback sur des tubes internationaux. Bref, une véritable immersion dans le milieu de la nuit en Chine.

291, Fumin Lu (2F)

Xuhui district

Tél. : +86 21 6136 0288

Ouvert tous les soirs, de 20h30 à 5h du matin.

LES CLUBS DE BENJAMIN

LOLA

Électro

C’est une boîte de nuit espagnole, point de ralliement de tous les expats de Shanghai. Nos stagiaires y vont régulièrement. Cela nous arrive d’y aller aussi, d’autant que nous habitons pas loin. La playlist est de qualité, avec de bons DJ. Résultat : la piste est toujours pleine !

Surpass Court (unit 413)

570, Yongjia Lu

Xuhui district

Tél. : +86 21 6074 0015

@ : [email protected]

www.lolaclubshanghai.com

Ouvert du mardi au dimanche, de 20h à 3h du matin.

THE SHELTER

Underground

C’est l’une des rares boîtes en souterrain de Shanghai, ambiance underground à la clef. Pour accéder à sa vaste salle, on doit descendre, descendre, descendre.. . On peut y faire la fête jusqu’à très tard dans la nuit, voire jusqu’au petit matin si on est bien motivé.

5, Yongfu Lu

Xuhui district

@ : [email protected]

Ouvert du mercredi au samedi, à partir de 22h.

BAR ROUGE

International

Le lieu est connu mondialement. De tous les clubs de Shanghai, le Bar Rouge reste la boîte emblématique pour les expatriés. Il faut reconnaître que sa vaste terrasse offre une vue imprenable sur la skyline de Pudong : une étape obligée pour les Français de passage.

Bund 18 (7F)

18, Zhong Shan Dong Yi Lu

Bund

Tél. : +86 21 6339 1199

@ : [email protected]

www.bar-rouge-shanghai.com

Ouvert tous les soirs, de 18h à tard dans la nuit.

LES VISITES DE BENJAMIN

ORIENTAL PEARL RADIO & TV TOWER

Gratte-ciel

Le quartier des affaires de Lujiazui, à la pointe de Pudong, abrite une sacrée concentration de gratte-ciel. Le plus fun d’entre eux est certainement la tour de la télévision, avec ses sphères de couleurs pop. On peut grimper à l’intérieur. Un des étages a même un sol transparent pour, j’imagine, apprécier encore mieux le panorama à ses pieds. Personnellement, je n’ai même pas pu poser un orteil dessus, tellement cela me faisait flipper.

1, Shiji Dadao (Century Avenue)

Pudong district

www.orientalpearltower.com/en/

Ouvert tous les jours, de 8h à 21h30.

SHANGHAI WORLD FINANCIAL CENTER

Gratte-ciel

Plutôt que de payer l’entrée pour l’observatoire au sommet, je conseille de prendre un verre au Park Hyatt, le luxueux hôtel qui occupe les étages 79 à 93 de la tour. De là-haut, on a une vue incroyable sur tout Shanghai, côté Puxi et Pudong. Mieux vaut y aller par beau temps, pour découvrir des aspects méconnus de la ville, comme les toits de ses lotissements ouvriers : un spectacle réellement impressionnant !

100, Shiji Dadao (Century Avenue)

Pudong district

Tél. : +86 21 6888 1234

@ : [email protected]

www.shanghai.park.hyatt.com

Bar Level 87 ouvert tous les jours, de 11h à 1h du matin.

LES BOUTIQUES DE BENJAMIN

PAIN CHAUD

Boulangerie

C’est l’affaire de Chaton, un de nos anciens salariés chinois, devenu lui-même entrepreneur. Depuis son ouverture cet été, il se donne à fond et ça paye. Pour preuve ? Il a coulé en trois mois la boulangerie concurrente. Il faut dire que le rapport qualité/prix de ses produits est excellent. Une bonne adresse pour le pain, les viennoiseries et même les pâtisseries.

31, Yongkang Lu

Xuhui district

Ouvert tous les jours, de 8h à 22h.

LES GARÇONS BOUCHERS

Boucherie

THE boucherie de Shanghai ! On y trouve de la viande importée de qualité et notamment du bœuf français. D’où son succès auprès des familles expatriées, installées à Gubei. C’est aussi le fournisseur officiel du restaurant Le Saleya. Le magasin, agencé comme une véritable boucherie de chez nous, fait envie. D’autant que ce type de commerce ne court pas les rues en Chine…

2261, Jianhe Lu

Hongqiao

Tél. : +86 21 6209 1803

Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 19h (fermeture à 17h le dimanche).

NAIL IT

Onglerie

Contrairement à l’Europe, en Chine, il y a une vraie culture des ongles, tant chez les femmes que chez les hommes. Récemment ouverte, cette petite boutique dispense des soins de qualité, exécutés par des professionnelles, avec des produits authentiques (ce qui est loin d’être le cas partout…). Sur demande, les filles peuvent aussi réaliser des manucures de folie. Pour les fêtes, j’ai failli rentrer en France avec un père Noël sur un ongle !

109, Rui JinYi Lu

Huangpu district

Mobile : 135 8554 1346

Ouvert tous les jours, de 11h à 21h.

MARCHÉ AU TISSU

Vêtements

C’est un mall, sur plusieurs étages, plein de petites échoppes de tailleurs, toutes identiques. Chemises, costumes, vestes, manteaux… On peut y faire fabriquer tout ce qu’on veut sur mesure. Je ne dirais pas que la qualité est exceptionnelle, mais le rapport qualité/prix est imbattable. Comptez par exemple 100 euros pour un costume trois-pièces ou dix euros la chemise. Il ne faut pas hésiter à comparer les stands et à passer deux ou trois fois pour les éventuelles retouches. Au départ, mieux vaut d’ailleurs être accompagné de quelqu’un qui connaît les meilleures adresses.

399, Lujiabang Lu

Huangpu district

Ouvert tous les jours, de 8h30 à 18h (jusqu’à 19h les vendredis et samedis).

«Née à Pékin, d’un père français et d’une mère chinoise, j’avais à peine deux ans quand mes parents ont quitté la Chine en 1949.

J’y suis revenue seulement trente ans plus tard, à la faveur d’un mois de périple avec l’association française des amis de l’Orient. À la fin des années 1970, la Chine s’ouvrait tout juste au tourisme. Il était rare d’y croiser des étrangers. Du Yunnan au Sichuan, en passant par Pékin ou Xi’an, je me souviens du regard des passants qui nous observaient comme des bêtes curieuses. Et jusqu’à Shanghai, où nous avions eu du mal à nous frayer un chemin dans la rue de Nankin, tant celle-ci était noire de monde.

Après des études aux Langues O., un diplôme de marketing international en poche et plusieurs expériences en PME comme responsable export, je suis entrée à la BNP en 1981. Dès l’année suivante, ma direction m’a proposé de venir à Pékin, en tant que représentante adjointe pour la Chine. J’allais y rester cinq ans…

Au départ, cette expatriation m’est apparue comme une opportunité professionnelle. Au passage, j’allais pouvoir améliorer ma pratique du mandarin, alors très littéraire. À titre personnel, cela constituait également un retour aux sources, motivé par un besoin de connaître mes racines. Plus jeune, mes parents m’avaient bien parlé de la Chine mais, en trente ans, le pays avait considérablement évolué. Leur vision était désormais révolue. Dans les années 1980, les portes commençaient à s’ouvrir… Dans cette société que l’on sentait frémissante, la vie était à la fois difficile et passionnante. Entre étrangers, nous nous connaissions tous. Hormis les diplomates, qui bénéficiaient d’appartements de fonction, nous étions contraints de loger et prendre nos repas à l’hôtel. Cela ne nous empêchait pas de nous retrouver régulièrement chez les uns, chez les autres. Il régnait alors une vraie sincérité dans les échanges.

À l’époque, nous étions pourtant tous surveillés. Les Chinois comme les étrangers. C’était la règle du jeu. Cette situation ne facilitait pas les contacts avec la population locale. J’avais donc peu d’amis chinois, excepté dans les cercles artistiques, plus ouverts. J’ai notamment le souvenir d’un dîner somptueux de raviolis chez un couple de musiciens, à Pékin. Souvenir d’autant plus marquant que les distractions étaient limitées et les restrictions, réelles. L’accès aux denrées alimentaires était même réglementé par des tickets de rationnement. Je me rappelle aussi avoir profité d’une escale à Hong Kong pour ramener un grille-pain dans ma chambre. Mais l’hôtel me l’a rapidement confisqué, sous prétexte que cela pouvait causer un incendie… Malgré cela, j’ai vraiment aimé cette première expatriation. Les années 1980, c’était une période de pionniers, tout se passait à ce moment-là !

Dès 1983, j’ai eu l’occasion de séjourner à plusieurs reprises à Shanghai, où la BNP avait ouvert un bureau de représentation. En tant qu’étrangers, nous y venions volontiers. La ville était déjà plus ouverte que bien d’autres, dont Pékin qui est toujours la capitale politique et, à ce titre, davantage bureaucratique. À Shanghai, nous fréquentions un petit restaurant, La Maison Rouge. C’était un bonheur d’y manger une crêpe ! Sur la Maoming Nan Lu, il y avait aussi un supermarché Jessica et un boulanger célèbre, au coin de la Huaihai, où l’on pouvait acheter des croissants et des viennoiseries.

Après un retour en France de trois ans, j’ai été mutée à Shanghai en mars 1990. Entre-temps, je m’étais mariée avec Hervé de Bentzmann et la situation avait changé en Chine. Étonnamment, à mon arrivée, j’ai découvert une ville qui sommeillait un peu… Les zones de développement, telles que Hongqiao, Caohejing et Minhang, avaient pourtant déjà été créées. Le projet de la nouvelle zone de développement économique de Pudong, district encore rural à l’époque, avait également été lancé. Mais de nombreux Shanghaïens restaient sceptiques quant à sa réalisation. Mes amis chinois me disaient : « Oui, oui, Pudong, c’est une idée… Pourquoi pas ? Il faut voir ce que cela va donner… ».

En 1992, une visite de Deng Xiaoping va définitivement réveiller la ville. De retour de Shenzhen, alors en plein essor économique, il se demande pourquoi Shanghai ne suit pas le même chemin. Ce discours va faire office de catalyseur. Du jour au lendemain, tout s’est accéléré. La construction du métro a démarré. De nouveaux ponts, tunnels et autoroutes ont été construits. L’aéroport de Hongqiao a été inauguré en 1995, puis celui de Pudong, quelques années plus tard. En 1990, je me rappelle encore avoir récupéré mes valises au fond d’un terminal de fortune, à même la terre battue ! La ville s’est vraiment métamorphosée en un temps record.

L’Exposition universelle de 2010 a indéniablement apporté sa pierre à l’édifice. En amont, nous redoutions pourtant des difficultés, de circulation notamment. Au