Quand dansent les deux-roues - Emilie Mathieu - E-Book

Quand dansent les deux-roues E-Book

Emilie Mathieu

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Beschreibung

Mon enfance, mon adolescence, ma grossesse et ma vie de maman : je vous parle à coeur ouvert des épreuves rencontrées, mais aussi de ce qui a illuminé ma vie. Découvrez mon témoignage sans filtres ni tabous dans lequel je parle avec mes tripes. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans ce récit autobiographique sincère et authentique ?

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Seitenzahl: 87

Veröffentlichungsjahr: 2022

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À mon Valentin et notre petite Emy.

Fais de ta vie un rêve et d’un rêve, une réalité.Antoine de Saint-Exupéry

Sommaire

Prologue

1. Machine à remonter le temps

Quelques années plus tard…

2. Novembre 2018

3. Nous

4. Premières interrogations

5. Contraintes et sacrifices

6. Nostalgie

7. Tabous de grossesse

8. Le jour J

9. Vérité poignante

10. Remise en question

11. Dure réalité

12. Passionnément, à la folie

13. Questions sur l’avenir

14. Bilan

15. Quand le corps parle

16. Mes arcs-en-ciel

Épilogue

Prologue

Je suis une femme. Enfin, tout est relatif, ça dépend de la définition que vous donnez à ce mot. Si pour vous, une femme est un être humain avec une paire de boobs, un utérus et des règles, alors oui, j’en suis une. Si une femme doit être élancée, mince et proportionnée comme une Barbie, avoir les cheveux longs, la peau lisse et maquillée, sapée comme jamais, alors je ne suis pas une femme. Seulement un être humain évoluant tant bien que mal dans cette société malfamée et stéréotypée.

J’aimerais travailler en jogging, mais je fais un effort : jean, baskets, tee-shirt noir. Essayez de trouver chaussure à votre pied alors que vous ne chaussez que du 34 ! Alors oui, le budget chaussures chez les enfants est vraiment intéressant, mais on en parle des modèles ? C’est pour ça, rien ne vaut une bonne petite paire de baskets !

Maquillée deux fois par mois, je fais une sacrée économie de temps de préparation et de démaquillage, de budget aussi. Au moins, comme ça, pas de mauvaises surprises ni de frayeurs : ma tête, les gens la voient direct sans se demander ce qui pourrait bien se cacher sous la peinture. En été, j’ose la robe longue et les nu-pieds, youhou ! Vêtements parfois colorés, histoire de changer du noir. Oui, y’a trop de folie dans ma vie !

Souvent, je me dis que j’aurais dû vivre dans les années cinquante, comme Marilyn. Elle est connue pour avoir été l’une des plus belles femmes de l’Histoire, l’icône la plus sexy du monde, jusqu’à sa mort en 1962. Un ventre pas si tonique, des cuisses qui se touchaient, des bras pas trop minces, des seins pas fermes non plus… Bon d’accord, il me manque les vergetures pour avoir le combo complet et j’aurais pu dire « Je suis une Marilyn ! » Le jour où je dirai Je suis belle » et que, bien sûr, je le penserai, les poules auront des dents. Oh putain, l’expression de vieux !

PUTAIN (n. f.) mot français. Putain peut être utilisé de plusieurs façons et il s’agit probablement du seul putain de mot qui peut être utilisé dans chaque putain de phrase tout en gardant un putain de sens.

Alors oui, putain est mon mot favori que, ô toi lecteur, tu liras plus d’une fois ici. N’en sois pas choqué. Il est ma colère, ma peur, mon envie, ma joie, mon bonheur, ma tristesse, ma jalousie, ma faim, ma perte de la télécommande. Il est mon interjection invariable française s’utilisant tout le temps et surtout pour tout. Il est mon tout, il est ma délivrance émotionnelle.

C’est difficile et complexe d’être une femme. « Ta jupe est trop moulante et ton haut, trop court. Tu n’es pas assez habillée. Tu es trop couverte, sois féminine un peu ! Mets des talons. Ne provoque pas, car les hommes ont des besoins et ne savent pas se contrôler. Sois sexy, belle et désirable. Tu es trop grosse, fais un régime bordel ! Tu es trop mince, il faut que tu manges plus. Tu dois perdre du poids. Tu as trop maigri, on dirait un squelette, tu dois faire un XS, non ? Les hommes aiment les femmes en chair. Tu as des vergetures et de la cellulite. Fais ce qu’il faut pour que ça disparaisse. Pourquoi tu ne manges pas ? Tu as l’air malade. Va chez l’esthéticienne, ne garde pas tes poils. Décolore tes cheveux. Maquille-toi. Pulpe tes lèvres. Mets du botox pour supprimer tes rides. Rentre ton ventre. Mets tes seins en avant avec un joli décolleté. Tu te fais trop voir, les hommes n’aiment pas les femmes qui en font trop. Tu ne fais pas d’efforts, ne te laisse pas aller comme ça ! Laisse-toi pousser les cheveux, les cheveux courts c’est moche, ce n’est pas féminin. Ne couche pas à droite et à gauche, les hommes n’aiment pas les putes. Ne sois pas aussi coincée, fais plaisir aux hommes ! Sois coquine, sympa, cool. Ne parle pas trop fort. Tais-toi. Pourquoi tu ne dis rien ? Parle ! Ne sois pas aussi émotive, tu es trop sensible. Arrête de pleurer. Ne crie pas. N’insulte pas, c’est pas beau dans la bouche d’une fille. Supporte la douleur, ne te plains pas. Occupe-toi du linge. Fais le ménage et la cuisine. Fais-lui un enfant. Reste à la maison. Va travailler. Pourquoi tu vas travailler alors que tu as tes enfants à t’occuper ? Ne bois pas trop. Ne dis pas oui. Ne dis pas non. Sois juste une femme. »

Mais avant ça…

1. Machine à remonter le temps

Avant ça, j’ai eu une enfance normale avec des parents aimants qui sont toujours ensemble. Je me permets de préciser puisqu’il est fréquent de se séparer après avoir eu un enfant. C’est triste et douloureux. Ça me fait de la peine pour ces enfants, même si, on ne va pas se mentir, il vaut mieux des parents séparés heureux que malheureux ensemble. Avec mon frère aîné de trois ans mon aîné, on a vécu notre enfance dans la même maison, avec un grand jardin.

Nous sommes en 2022, mes parents ont dépassé trente ans de mariage, sans compter les années avant cette union officielle. Vous allez vous moquer de moi si je vous dis que j’y crois encore, à ça ? Vivre avec l’amour de sa vie, pour toujours. Je suis très fleur bleue, romantique, cul-cul, je vous laisse choisir votre expression favorite. Oui, j’ose encore y croire ! Ça a été le cas pour mes grands-parents et mes parents… Alors, pourquoi pas moi ? Le premier amour est important et inoubliable. Il nous fait découvrir qui nous sommes et comment nous sommes. C’est grâce à lui que l’on comprend le vrai sens de l’amour. On tuerait, on mourrait pour l’amour de sa vie, non ?

À l’école, j’ai toujours été la plus petite chose au milieu des autres. Dans mon village de campagne où tout le monde se connaissait, j’avais plein de copains et de copines. J’étais la seule de ma génération à ne pas adhérer au club de basket ni à suivre les cours de catéchisme. Mon frère aussi, d’ailleurs. De toute façon, le basket, faut être grande et le caté machin, c’est quoi ça ? Ça sert à quoi cette doctrine et morale chrétienne ? Oui, j’aurais pu aller au cours pour avoir des cadeaux à la communion, mais bon, je n’ai pas été très maline sur ce coup-là ! Je ne regrette pas et je remercie mes parents de nous avoir laissé le choix, de ne pas nous avoir imposé une religion. Attention, je tiens à préciser qu’il ne s’agit que de mon avis. Athée, je respecte, bien sûr, que vous ayez pu assister à cet enseignement ! C’est même respectable d’en avoir eu l’envie. Je reconnais juste que ça me passe complètement au-dessus et, vu ma taille, ce n’est pas très compliqué…

Un peu d’autodérision ne fait pas de mal. Il en faut beaucoup pour ne pas focaliser sur son plus grand handicap. Essayez de vous mettre à la hauteur d’une personne de petite taille, à longueur de journée. Tentez de voir le monde comme elle le voit, vous verrez, c’est plus que fatigant !

Je ne vous parle pas des chaussures impossibles à supporter parce que le mode d’emploi Savoir marcher avec des talons n’est pas fourni à l’achat. Un excès de confiance soudain, on les achète pour une occasion. Au final, on dirait un marcassin qui essaie de traverser un lac gelé. Au bout de deux heures à peine, les pieds demandent à être libérés pour pouvoir respirer et ne plus être en apnée. Je les envie ces filles qui savent marcher avec ces chaussures de torture. Mais vous, les grandes, en mettant des talons, vous voulez choper un aigle en plein vol, ou comment ça se passe ? Je suis mauvaise. Non, jalouse, je l’ai dit. Je me permets, car j’ai des collègues, des mannequins de l’espace, à qui j’ai déjà fait la blagounette. Autrement, je n’aurais pas osé. Ce genre de collègues à côté de qui tu fais tache quand l’une est à ta droite et l’autre à ta gauche. La star entourée de ses deux gardes du corps, il vaut mieux en rire ! Si j’avais une baguette magique, je me donnerais dix centimètres de plus.

Au collège, il y a trois catégories qui se forment : les populaires, les invisibles et les bizutés. Je faisais partie des invisibles durant ma sixième, le garçon manqué qui se cachait derrière des pantalons et des sweats larges. Bonne élève, sans être fayotte, j’étais celle qui ne faisait pas d’histoires. Mal dans ma peau, mais je m’en sortais à peu près. En cinquième, je suis tombée amoureuse pour la première fois. Le premier bisou timide avant la première pelle, les premières lettres d’amour, les SMS payants jusqu’à pas d’heure (en faisant bien attention à ne pas dépasser le nombre de lettres nécessaires), les discussions sur MSN, les hors-forfait téléphoniques, le portable confisqué pendant deux mois par le papa… Deux interminables mois, je m’en souviens encore !

Si toi aussi tu as grandi dans les années 1990, alors tu fais aussi partie des rescapés de la plus belle époque avec les Walkmans, les VHS, le magnétoscope, le caméscope, les petites cassettes d’autoradio et j’en passe… À partir des années 2000, tout a basculé.