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Oui ou non à l’immigration de masse ?
L’auteur expose les positions contraires qui divisent les Français. Entre partisans d’un accueil ouvert et généreux, adeptes d’une France multiculturelle et fractionnée par divers communitarismes, d’une part, et les nationaux résolument inquiets pour la sauvegarde de l’identité française, résolus à renvoyer les irréguliers et à limiter drastiquement le nombre des nouveaux arrivants, d’autre part, ces positions paraissent irréconciliables.
Il propose donc une alternative, à peine évoquée, mais sans conviction, dans les discours de certains… Que tous, on se préoccupe en premier lieu pour les persécutés, exploités, pauvres à la vie insupportable, quand ils sont chez eux, avant qu’ils ne quittent leur pays et ne soient pris souvent dans les filets de trafiquants maffieux. Qu’on les aide d’abord sur place, par un engagement caritatif – il s’agit d’aimer en vérité – bien plus décisif que celui aujourd’hui pratiqué, de nature associatif, certes, mais surtout politique, socio-économique, culturel et militaire, destiné à supprimer à la source les causes structurelles du malheur des gens. Car les immigrés, demandeurs d’asile ou réfugiés économiques, ne quittent pas leur pays de gaieté de cœur. Que les élus et nous-mêmes nous décidions d’être éclairés et entraînés, pour la libération et le développement des peuples, par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, bien supérieure au « Pacte de Marrakech pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » de 2018, lequel représente une fuite en avant des Nations Unies.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Habité par une haute exigence d’objectivité lorsqu’il analyse les positions opposées concernant l’immigration en France, Benoit A. Dumas se situe dans le débat et surtout propose une autre vision – et passion –, inspirant la politique, qui soit en accord avec les défis de l’histoire et sa foi chrétienne.
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Seitenzahl: 281
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Benoit A. Dumas
Quelle alternative
à l’immigration de masse ?
Le défi du développement des peuples
Essai
© Lys Bleu Éditions – Benoit A. Dumas
ISBN :979-10-377-5035-8
Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Inscris au cours de ton bonheur
la chevauchée des grandes causes
chaque pays est en couleurs
quand il se passe quelque chose
partout les pauvres sont preneurs
Mène un combat pour le bonheur
Douceur aimée que l’on attend, Benoît A. Dumas
Du même auteur
Dire qu’il faudrait accueillir les migrants en nombre toujours plus grand, accepter chez nous la migration de masse, ouvrir plus largement nos frontières à ceux qui ont chez eux une vie insupportable… cela revient à prendre notre parti du désordre actuel du monde. Cela revient à penser qu’il n’y a pas d’autre solution à la misère, à l’exploitation, à la maltraitance, à la persécution, à la condamnation à mort d’une quantité considérable de nos frères humains, destinés à traîner chez eux une vie de souffrances et de malheurs.
C’est reconnaître qu’il n’y a rien à faire de mieux à leur bénéfice que de favoriser, et susciter même, leur exil et leur mise à l’abri chez nous. C’est reconnaître, d’une part, qu’ils sont impuissants à changer leur sort et n’en sont pas capables, n’ont pas même vocation à le faire – les choses étant ce qu’elles sont – et, d’autre part, qu’il n’entre pas dans notre responsabilité et dans notre rôle citoyen et fraternel de les accompagner et de les aider dans un sursaut de résistance et de transformation. En un mot, c’est leur recommander tacitement de renoncer à se faire les acteurs de leur histoire collective, et d’un côté comme de l’autre, nous dispenser de prendre à bras le corps la dimension politique de ce phénomène migratoire.
Cet avertissement préalable ne supprime pas l’exigence humaine et fraternelle de l’accueil qui devrait prévaloir et l’emporter sur toute autre considération dans un nombre x de cas ou de situations qui présentent un caractère d’urgence absolue ou désespérée.
Mais ceci étant fermement dit et rappelé, il faut cependant être lucides : à force de remédier au coup par coup à tous les cas de détresse qui arrivent et se multiplient, on risque d’être tellement pris corps et âme par cet aspect humanitaire pressant qu’on omet de porter la réflexion et la réaction sur les problèmes de fond, je veux dire les causes structurelles des malheurs des immigrés et demandeurs d’asile. Leur survie, à notre portée, a quelque chose de si alarmant et suscite une telle compassion qu’on ne voit pas plus loin et qu’on n’a plus d’yeux pour d’autres remèdes.
Autrement dit : nous voilà sur un champ de bataille, où les blessés graves et les handicapés affluent et sont légion, et nous n’envisageons pas d’autre mission que celle d’être les brancardiers qui mettent les victimes à l’abri du combat. Mais pas la mission des stratèges ou des commandants qui organisent la tournure des opérations et encore moins la mission des responsables les plus impliqués dans le déclenchement ou la cessation des hostilités.
Bien sûr, si l’on est chrétien, pour nous élever à ce niveau d’intervention, nous avons le recours à la prière… On priera donc pour les responsables majeurs, car on sait bien que la grande pauvreté et les persécutions ont leurs causes propres, et on demandera à Dieu pour ces décideurs la justice, la sagesse et le courage…, mais soi-même, on se gardera d’intervenir à ce niveau – le peut-on d’ailleurs ? – convaincu que Jésus nous demande seulement d’être les bons samaritains et que l’entrée dans ces graves et redoutables problèmes politiques n’est pas à notre portée et sort de nos attributions et compétences.
***
Avant de présenter les convictions et raisons de ceux qui sont favorables à une immigration importante (« de masse ») chez nous en Europe, et les raisons de ceux qui s’y opposent, il faut faire entendre à ces derniers que leur positionnement idéologique et pratique doit être accompagné – impérativement – d’un investissement et d’un engagement humanitaire, associatif, politique, militaire tels qu’ils manifestent une réelle préoccupation pour « les damnés de la terre » dont ils pensent que la place n’est pas chez nous. C’est la condition indispensable pour que leurs convictions ne soient pas décriées et rejetées comme des manifestations de repli sur soi identitaire et égoïste, de xénophobie raciste, d’insensibilité, de conservatisme aveugle et anachronique, de contre-sens historique… c’est la condition pour que leurs convictions échappent manifestement à ces qualifications primaires, car elles doivent faire poindre et éclater une vérité autrement plus constructive, qui soit apte à répondre aux défis de l’histoire.
Les ténors ou adeptes de la droite qui, pour des raisons que nous allons examiner, parlent de la fermeture de nos frontières aux immigrés, on ne les entend guère parler (si, Marine Le Pen, à l’occasion) de ce que serait en compensation – mieux comme alternative – l’ouverture de la France à un engagement de notre pays, nécessaire et coûteux, en faveur du développement solidaire des peuples, avec les révisions que cela implique « à l’interne ». Quant à certains représentants d’extrême gauche, d’accord avec une immigration toujours plus généreuse, qui stigmatisent de manière irresponsable la brutalité de nos policiers, alors même qu’ils risquent leur vie, est-ce qu’ils vibrent à l’unisson de notre Armée engagée, notamment en Afrique, pour protéger des populations civiles victimes de divers groupes de l’Islamisme terroriste ?
Je propose qu’avant de poursuivre la lecture, on se fasse une idée suffisamment objective et chiffrée de ce que recouvrent les mots « immigration de masse ».
En 2017, l’immigration régulière bat tous les records, selon le compte-rendu d’un haut fonctionnaire français publié dans FIGAROVOX/TRIBUNE, sous le pseudonyme de Maurice Lachaize.
« FIGAROVOX/TRIBUNE – Les statistiques sur l’immigration rendues publiques hier révèlent l’ampleur des défis qui attendent Emmanuel Macron sur cette question. Si le gouvernement n’est pas responsable de la situation actuelle, il doit en revanche le saisir à bras le corps et ne pas se contenter d’effets de manche.
S’il est un reproche que nul ne pourra adresser au gouvernement actuel, c’est celui de manquer de transparence sur les statistiques de l’immigration rendues publiques le 16 janvier. De même, il serait évidemment de la plus mauvaise foi de tenir l’équipe dirigeante actuelle, au pouvoir depuis six mois, pour responsable d’une situation dont elle a hérité. Il n’empêche : les dernières statistiques révèlent une situation sérieusement préoccupante. L’augmentation du nombre des demandeurs d’asile en 2017 est spectaculaire. Ils étaient 20 000 en 1997, 61 468 en 2012, et pour la première fois, plus de 100 000 en 2017. Un rapport de la Cour des comptes d’octobre 2015 souligne que 96 % d’entre eux, mêmes déboutés, ne repartent jamais et deviennent donc illégaux.
En outre, la hausse de l’immigration régulière mesurée par le nombre des « premiers titres de séjour » délivrés est tout aussi marquée. En 2017, elle bat tous les records avec 262 000 étrangers supplémentaires. Ce chiffre est dans la continuité d’une évolution de long terme : 125 000 en 1995 ; 186 116 en 2002 ; 183 893 en 2008 ; 193 655 en 2012 ; 210 940 en 2014 ; 215 220 en 2015 ; 230 353 en 2016. En 2017, tous les volets de l’immigration sont à la hausse : professionnel, familial, études et surtout humanitaire.
Cette tendance à l’augmentation se reflète nettement, sur le long terme, dans la démographie française. Le pourcentage des naissances dans les familles composées d’au moins un parent immigré est passé de 26,3 % en 2007 à 30,4 % en 2016 (Ined). En Île-de-France, 38 % des femmes ayant eu un enfant en 2015 sont immigrées (Insee). Selon la sensibilité idéologique de chacun, il est possible d’y voir un phénomène positif ou un sujet de préoccupation.
Quoi qu’il en soit, accueillir chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes, dont beaucoup fuient la misère, constitue un lourd défi dans un pays qui compte déjà 3,5 à 6 millions de chômeurs, 8 à 9 millions de pauvres, 4 millions de mal-logés, une dette publique astronomique (100 % du PIB). Cette réalité, mal prise en compte par les différents gouvernements, s’est traduite au fil des décennies par une prolifération des cités-ghettos où s’entassent une partie des migrants et leurs descendants, dans des conditions dramatiques de pauvreté, d’exclusion, de chômage, de désœuvrement, d’échec scolaire et de destruction de la cellule familiale. Ces conditions chaotiques accentuent le risque de la radicalisation, de la révolte, des trafics et de la violence.
La prolongation de la rétention administrative de 45 à 90 jours n’aura qu’un impact limité, dès lors que le pouvoir de décision en la matière est laissé au juge des libertés.
L’orientation de gouvernement, qui encore une fois n’est en rien responsable de la situation, par-delà les effets de manche, ne semble pas encore clairement arrêtée.
D’une part, il paraît anticiper sur une poursuite de ce phénomène. Dans la loi de finances de 1917, l’aide médicale d’État AME (la gratuité des soins dont bénéficient 300 000 migrants en situation irrégulière) est en augmentation, passant de 812 millions à 882 millions d’euros. Le dispositif national d’accueil en faveur de l’hébergement des « migrants » (souvent en situation irrégulière), qui comporte déjà 80 000 places réparties sur les régions, doit s’accroître de 7 000 places en 2018, puis d’autant en 2019.
D’autre part, il affiche, à travers son projet de loi, une intention de fermeté en matière de maîtrise de l’immigration. Pourtant, face à la gravité des enjeux, les mesures avancées paraissent d’une portée réduite, par-delà une polémique artificielle entretenue par la presse, la gauche et le monde associatif. Ainsi, sa mesure phare, la prolongation de la rétention administrative de 45 à 90 jours, n’aura qu’un impact limité dès lors que le pouvoir de décision en la matière est laissé au juge des libertés, mal préparé à cette mission, dont le réflexe naturel est souvent de refuser une prolongation de la rétention après 48 heures. La réforme prévue ne suffira pas à améliorer de manière significative un dispositif d’éloignement paralysé par sa lourdeur (6 600 reconduites hors de l’Union européenne en 2017).
Macron et son gouvernement sont au pied du mur. Une politique d’une tout autre ampleur est nécessaire. Dans quatre ans et demi, si la situation continue à évoluer au rythme actuel, la France risque de connaître une grave crise de société autour de l’immigration et sanctionnera par son vote les dirigeants qui auraient laissé la situation se dégrader. (…) La question n’est pas de prêcher en faveur d’une impossible et illusoire « immigration zéro ». Mais de manifester, dans les faits, et pas seulement dans les gestes et les paroles, une volonté de stabiliser les phénomènes, de retrouver un niveau de flux migratoire compatible avec les capacités d’accueil et d’intégration du pays, et de prouver que l’État a bien les choses en main. »
Sur les réseaux sociaux, des internautes ordinaires ou des personnages influents et renseignés, proches de la sphère médiatique mais se situant en général en dehors des canaux officiels qui alimentent le grand public, informent sur l’influence et l’action de maîtres de la finance et de la politique internationale qui littéralement
manipulent les flots migratoires actuels vers l’Europe.
Déclenchement, financement, accompagnement. Et ils dénoncent cette entreprise, cachée au grand public et qui échappe plus ou moins elle-même à une majorité de politiciens.
Les citoyens dont l’information quotidienne est alimentée exclusivement par les voix médiatiques officielles disent qu’ils n’ajoutent aucune foi à ces sources parallèles dont ils peuvent entendre parler, et qu’ils jugent être de l’ordre de la conspiration et du complot. Il est cependant des observations « de détails » qui posent de redoutables questions, comme celle du coût extrêmement élevé que des migrants, pour la plupart pauvres et même très pauvres, parviennent à payer aux passeurs mafieux. Le nombre relativement restreint de femmes et d’enfants dans les convois est une autre question qui attire l’attention.
On se demande immédiatement quel serait l’intérêt des magnats de la finance à favoriser cette immigration de masse vers l’Europe. Deux réponses principales sont apportées qui ne se recouvrent pas et peuvent sembler contradictoires. La première, dans la mesure où les financiers en question seraient principalement d’origine nord-américaine : déstabiliser les pays d’Europe dans la course à l’hégémonie mondiale par la création d’un certain chaos. La seconde : créer de meilleures conditions à la rentabilité de l’économie capitaliste libérale chez nous, « booster » celle-ci, par la baisse significative du coût de la main-d’œuvre d’immigrés prêts à accepter n’importe quel travail, avec des exigences salariales bien moindres que celles des travailleurs locaux ; dans ce cas, ce sont nos propres financiers ou leurs représentants et alliés qui sont à la manœuvre. (Nous avons des exemples similaires d’agissements opaques de grands financiers et de personnes influentes dans d’autres secteurs)1et là, la consigne des uns et des autres est impérativement au silence. Il est remarquable, en effet, que l’on n’entende jamais poindre cette dénonciation dans les médias officiels. Dira-t-on alors que ces accusations relèvent purement et simplement du complot ?
Je ne prétends pas trancher la question, mais je dis qu’elle mérite au moins qu’on s’en saisisse et qu’elle donne lieu à un débat de fond, largement renseigné et ouvert.
En tout cas, les doutes que l’on pourrait avoir sur la fiabilité des avertissements donnés par certains réseaux sociaux qui dénoncent le phénomène qu’on pourrait qualifier :
« immigration, en avant toutes ! »
sont dissipés par la déclaration ci-dessous du
commissaire européen chargé de l’immigration
,
Dimitris Avramopoulos
, dans un article pour POLITICO, publié le lundi 18 décembre 2017 et intitulé
« Aucun coin de l’Union européenne n’échappera à l’immigration de masse »
(article publié par Le Panache Français en date du 19/12/2017 que je transcris presque intégralement.)
Bruxelles a déclaré que les Européens doivent accepter l’immigration massive en provenance du tiers monde comme la « nouvelle norme », avertissant que ni les murs ni les politiques ne permettront à un morceau de l’UE de rester « homogène et sans immigration ».
« Il est temps d’affronter la vérité. Nous ne pouvons pas et ne pourrons jamais arrêter l’immigration », écrit le commissaire européen : « Les migrants européens sont là pour rester ».
L’Eurocrate y dit que « la mobilité humaine définira de plus en plus le 21e siècle », et que l’immigration de masse est une question dans laquelle Bruxelles a engagé l’Europe « pour le long terme, en déclarant » : « L’immigration est profondément liée à nos politiques en matière d’économie, de commerce, d’éducation et d’emploi – pour n’en citer que quelques-unes. »
Faisant référence aux migrants des pays les plus pauvres du monde qui se sont vus accorder le statut de réfugié en Europe, Avramopoulos a clairement indiqué que Bruxelles considère l’asile non pas comme un moyen d’offrir un répit temporaire à la guerre, mais plutôt comme une autre méthode de transplantation permanente des populations du tiers monde dans les pays de l’UE.
« Ils ont trouvé la sécurité en Europe, mais nous devons aussi veiller à ce qu’ils trouvent un foyer », écrit-il à propos des réfugiés, en insistant sur le fait que programmer les Européens à l’accueil de l’immigration de masse est « non seulement un impératif moral », mais aussi « un impératif économique et social pour notre continent vieillissant– et l’un des plus grands défis dans l’avenir proche ».
À cette fin, la Commission s’emploie à « renforcer les voies légales d’immigration économique grâce à une Carte Bleue plus ambitieuse pour les travailleurs hautement qualifiés et à lancer des projets pilotes ciblés de migration de main-d’œuvre dans les principaux pays du tiers monde », note-t-il. Alors que Bruxelles prétend que la Carte Bleue apportera des « travailleurs hautement qualifiés » en Europe, Breitbart London a indiqué l’année dernière que les révisions apportées au système vont clairement à l’encontre de ce point de vue, déclarant qu’il serait nécessaire d’offrir aux nouveaux arrivants une éducation, un emploi et une formation professionnelle. Constatant que les personnes d’origine non européenne vivant en Europe sont beaucoup plus susceptibles d’être au chômage ou à bas salaires, la Commission a même souligné que des « mesures d’intégration » seraient nécessaires pour accueillir les arrivées qu’elles prétendent être essentielles aux économies du continent. (…)
Avramopoulos qui la semaine dernière a rejeté sans ambages la suggestion de Donald Tusk de supprimer le système controversé des quotas de migrants en le qualifiant d’« anti-européens » a ajouté pour être parfaitement clair qu’il pense qu’aucun coin de l’UE ne pourra échapper à l’immigration de masse.
« Il est naïf de penser que nos sociétés resteront homogènes et sans immigration si l’on érige des clôtures », lance-t-il, dans un paragraphe visant clairement les nations d’Europe centrale dont les dirigeants se sont battus contre l’imposition de l’immigration du tiers monde. « Il ne serait pas sage de penser que l’immigration restera de l’autre côté de la Méditerranée, si notre seule solidarité est financière », poursuit-il. « Il serait idiot de penser que l’immigration disparaîtra en adoptant une rhétorique rigide. » En fin de compte, nous devons tous être prêts à accepter l’immigration, la mobilité et la diversité comme nouvelle norme et à adapter nos politiques en conséquence. « La seule façon de rendre nos politiques d’asile et d’immigration pérennes, c’est de commencer par changer collectivement notre façon de penser », conclut le commissaire à l’immigration. (Article provenant de Français de souche)
Voici donc que les choses sont claires. Le jugement se veut prophétique, le ton est péremptoire et sans appel. On n’a qu’à bien se tenir et accepter docilement le verdict. Mais on se demande quels sont le poids et l’autorité de la parole de ce commissaire européen chargé de l’immigration… Parle-t-il en son nom propre ou ses déclarations représentent-elles fidèlement la pensée de la Commission dans son ensemble ? Quelle influence ce positionnement exerce-t-il sur la politique française et sur celle de l’Europe ? On comprend la résistance de certains pays de l’Union, ou du moins de larges fractions de leurs populations, à inscrire de force leur propre avenir dans ce chenal historique pré-destiné, tracé d’avance pour l’Europe… Anticipé, interprété et planifié par d’autres qu’eux-mêmes et sans concertation.
« programmer les Européens à l’accueil de l’immigration de masse est non seulement un impératif moral, mais aussi un impératif économique et social pour notre continent vieillissant, et l’un des plus grands défis dans l’avenir proche ».
Autrement dit : Nous ne sommes plus capables de nous reproduire suffisamment pour le bon fonctionnement de notre économie – lequel fonctionnement est une finalité majeure et incontournable (on dirait en espagnol : « irrenunciable »), il faut donc trouver ailleurs le potentiel humain capable de la faire tourner. Heureusement,
« Bruxelles considère l’asile (…) comme une autre méthode de transplantation permanente de populations du tiers monde dans les pays de l’UE »
(sic).
On sait que l’Allemagne d’Angela Merkel se montre, et surtout s’est montrée, très généreuse dans l’accueil des migrants. Plus d’un million de personnes ont ainsi été reçues en Allemagne en 2015 et 2016. On a aussi compris que dans l’Allemagne dont la natalité est au plus bas et particulièrement déficitaire, la générosité de l’accueil s’inscrit dans le nécessaire relèvement de sa démographie déclinante. Ces deux aspects ne sont pas forcément exclusifs l’un de l’autre, heureusement : le ressort démographique « utilitaire » peut certes s’accorder avec la solidarité et la générosité envers les migrants. (Ce n’est pas parce qu’on a un intérêt palpable à poser une action que celle-ci se trouve disqualifiée moralement) Et l’Allemagne, bien qu’elle ait réduit assez considérablement le nombre de réfugiés accueillis en 2017 à cause des difficultés et des oppositions, semble relever (beaucoup) mieux que d’autres le défi de l’intégration. Cependant, lorsqu’on porte un jugement qui se veut objectif sur la générosité d’un engagement socio-politique et culturel aussi lourd, il importe de distinguer les motivations et de ne pas déguiser en positionnement purement humanitaire« ce qui est aussi un impératif économique et social pour notre continent vieillissant ».
Les autres tenants beaucoup plus nombreux et déclarés de l’immigration de masse se trouvent dans les rangs de la gauche universaliste, « la gauche sociale et généreuse » ; chez les partisans des droits de l’homme à respecter et faire respecter toujours et partout, défenseurs du droit d’asile presque sans restrictions et de l’ouverture de nos frontières. Ces personnes acceptent en général volontiers le multiculturalisme et sont prêtes à favoriser son expression et son extension. Elles le voient comme une chance d’enrichissements mutuels et de dépassement de nos fermetures et replis identitaires et individualistes, opposés au sens de l’Histoire et contraires à l’avenir de la civilisation…
Une autre couche de population, proche de la précédente et pouvant dans la pratique s’identifier avec celle-ci, est constituée par ce qu’on peut appeler
le catholicisme social
. (Sous leur appellation propre, de nombreux protestants particulièrement engagés épousent la même cause. cf.
la CIMADE
). À des degrés d’implication variable de ses membres, je crois qu’il faut nommer ici
l’Épiscopat français
, ainsi que les mouvements, organisations et médias catholiques travaillant en accord avec celui-ci, ou sous son éclairage et sa mouvance. Mais il faut signaler tout spécialement
JRS France
qui fait partie de JRS international (Service Jésuite des Réfugiés) : une ONG qui travaille dans une cinquantaine de pays, animée par les jésuites
« au service, à l’accompagnement et à la défense des réfugiés »
.
Ce collectif « Welcome en France », dont le nom complet change d’une ville ou d’une région à l’autre, est en continuité d’inspiration et d’action avec ce que furent pendant de nombreuses années « les Cercles de Silence », mouvement profane lancé par les frères franciscains et qui constitua un vrai pôle de rassemblement en diverses régions de France. Ces Cercles de Silence, en plus d’une aide concrète et personnalisée envers un certain nombre d’immigrés, avaient au moins trois objectifs : la protestation contre les CRA (les Centres de Rétention Administrative) où étaient tenus prisonniers nombre de migrants sans papiers dans notre pays, y compris des enfants (ces CRA existent-ils toujours ?), la pression sur les pouvoirs publics afin que soit accéléré l’examen des demandes de régularisation des sans-papiers, la régularisation des migrants sans papiers, déjà insérés de fait dans la société française, car bénéficiant d’un emploi rémunéré, fréquemment assorti de droits sociaux.
À ceux qui se dépensent corps et âme à la cause des migrants réfugiés chez nous, il faut, me semble-t-il, faire remarquer que beaucoup de ces personnes qui parviennent jusqu’en Europe sont certainement moins mal « loties », culturellement et économiquement, que celles qui n’ont pas trouvé les moyens de fuir. Les plus exposées en certains cas, c’est sûr, mais pas forcément les plus indigentes. Leur détermination à franchir les obstacles, leur triomphe sur les difficultés rencontrées plaide en faveur de leurs capacités humaines. En les accueillant, nous accompagnons, de fait, l’affaiblissement des sociétés d’où elles proviennent, la fuite des cerveaux, peut-être, la soumission accrue des populations aux forces d’oppression et de violence, la stagnation économique…
L’engagement assumé par JRS et par une partie significative de l’Église catholique, dont on ignore toutefois le volume, se fait certainement l’écho d’une préoccupation majeure du pape François depuis le début de son pontificat, et de son plaidoyer du 21 août 2017 pour l’intégration des réfugiés et des migrants, dans un texte très engagé dans lequel il défend
le regroupement familial, la libre circulation, le droit du sol et le respect des cultures d’origine
(Cécile Chambraud – LE MONDE 22.8.2017).
« Le pape François (…) y énumère notamment une série de droits qui devraient, à ses yeux, leur être mieux garantis par les États sur le territoire desquels ils se trouvent. Parmi ses demandes figurent une offre plus libérale de visas humanitaires, des regroupements familiaux étendus, un octroi plus souple de la nationalité, un accès plus large à l’emploi, y compris pour les demandeurs d’asile et davantage de possibilités de régulariser les sans-papiers. Pour défendre« le principe de la centralité de la personne humaine », il plaide pour « faire passer la sécurité personnelle [des migrants] avant la sécurité nationale », dans une formule qui ne manquera pas de faire débat, quatre jours après l’attentat de Barcelone. Il rejette en outre « les expulsions collectives et arbitraires ». 2 Nous tâcherons de donner plus loin une appréciation sur le positionnement du pape et sur ses exhortations, ou son enseignement, relatifs à ce problème majeur.
Dans bien des communes de France se trouvent
des comités ou associations de citoyens
, telle la Croix Rouge française, qui se mobilisent en permanence en faveur de l’insertion sociale des immigrés ou réfugiés : obtention de papiers, logement, santé, subsistance, scolarisation des enfants, formation, recherche d’emploi… Ils donnent
un visage concret à la « France, terre d’Asile ».
C’est avec la guerre en Afghanistan et au Proche-Orient,
le terrorisme de l’État Islamique Daech
dans les pays arabes – un terrorisme comparable pratiqué par certaines organisations africaines, émules ou ramifications de Daech sévissant en divers pays d’Afrique (
AQMI
« l’Organisation d’Al-Qaïda aux Pays du Maghreb Islamique »,
Boko Haram
, mouvement insurrectionnel et terroriste d’idéologie salafiste djihadiste, originaire du nord-est du Nigéria et ayant pour objectif d’instaurer un califat et d’appliquer la charia)
–, le grand nombre de naufrages de migrants en Méditerranée, ces dernières années… que notre pays ainsi que d’autres pays d’Europe se sont sentis profondément interpellés et touchés : on a dû faire face à des situations dramatiques rep
roduisant l
’exode des boat-people
à la fin de la guerre du Vietnam, et à une
affluence d’immigrés sans précédent
. Et cela conduit à nous interroger en profondeur sur la nature des engagements qu’il nous incombe de prendre.
Le terrorisme aveugle et barbare de Daech opérant aussi chez nou
s et en plusieurs pays européens
a donné un caractère d’autant plus dramatique à cette réalité.
La droite politique française et l’extrême droite disent que l’immigration de masse représente
un poids économique difficilement supportable
et, s’agissant de cette immigration en provenance de pays à population musulmane blanche
(celle provenant d’Afrique noire est mieux acceptée),
une réelle mise en péril de l’identité nationale
et européenne. Il n’en a pas toujours été ainsi de la part de la droite politique traditionnelle au pouvoir,
sous les mandats de Valéry Giscard d’Estaing, de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy
. Les gouvernements respectifs de ces personnalités ainsi que l’opinion qui les soutenait favorisèrent cette immigration, tout en s’efforçant de la garder dans certaines limites et de la contrôler. Mais elle n’est devenue effectivement, pour cette droite-là et pour le pays en général, une sorte d’abcès de fixation que pendant la deuxième moitié du quinquennat de
Nicolas Sarkozy
, il y a donc une dizaine d’années. L’extrême droite, elle, s’est constamment opposée à l’immigration en tant que déplacement substantiel de population, pour des raisons d’ordre économique et identitaire.
Au-delà de cette appartenance ou caractérisation politique, on peut dire qu’un assez large public, aujourd’hui, en dehors donc d’un positionnement politique de gauche ou de droite, éprouve un malaise de plus en plus ressenti et affirmé à l’égard de l’immigration « de masse ». Quantité de ces gens pâtissent de diverses précarités dans leur vie quotidienne, pénurie de logements, coût de la vie, chômage, suppression de services publics, bas salaires… alors que beaucoup d’argent du produit national est dirigé vers l’accueil et le bien-être des immigrés. Ils estiment donc qu’ils font les frais d’une gestion économique qui leur est défavorable. Pour se rendre compte de cet état d’esprit, il suffit de lire sur les réseaux sociaux les calculs des sommes versées annuellement aux étrangers en divers domaines :allocations de base, santé, logement, revenus familiaux… Ce public, de classe populaire principalement, attire à lui dans le ressenti du problème migratoire d’autres secteurs sociaux à l’abri de ces précarités, mais qui n’hésitent pas à dénoncer ces déséquilibres et à se faire les porte-paroles de cette dispersion (dilapidation) du revenu national. (On pourra se reporter pour des analyses plus étoffées et plus subtiles à Christophe Guilluy : « Fractures françaises » et « la France périphérique »)
De la part d’une population qui sociologiquement se situe ou se situait historiquement et sociologiquement de préférence à gauche (contingents importants de la classe ouvrière et d’employés),
ce sentiment de frustration n’est pas une sorte de jalousie mesquine…
Il s’explique aussi, ou se trouve fortement accentué, par le fait que ceux qui sont responsables au premier chef d’un niveau élevé d’immigration ou qui l’approuvent
n’en font pas eux-mêmes économiquement et socialement les frais
: ils bénéficient d’un niveau de vie, de revenus, de salaires et d’avantages « légaux »
(telles les remises d’impôts concédées aux journalistes)
qui creusent toujours plus régulièrement inégalités et différences avec la France d’en bas. Autrement dit, l’effort national envers les migrants
n’est pas réparti selon la justice,
ce qui voudrait dire
:
qu’il fût consenti et assumé en priorité
,
à un niveau proportionnellement supérieur
,
par une classe possédante et politique riche,
laquelle l’impose donc à l’ensemble du pays sous couvert de générosité nationale, d’humanisme historique et « civilisationnel », reportés sur « la France périphérique ».
Cette protestation contre la disparité indécente, et même cynique, des niveaux économiques dans un pays où la richesse globale augmente ne se lit pas seulement sur internet. Elle fait aussi l’objet d’émissions ou de livres. Je me réfère à l’excellente enquête de M 6, de l’émission Capital du dimanche 21 janvier 2018 : « Assemblée nationale : la fin des privilèges ? »On y apprend notamment que le budget annuel de l’Assemblée nationale est de 550 millions d’euros, six fois plus élevé que celui de l’Élysée, qu’un député peut toucher jusqu’à 24 mille euros mensuels, en incluant salaires de collaborateurs, charges et frais divers, et que jusqu’à présent il n’a de comptes à rendre à personne ni d’obligation de remboursement de l’argent non dépensé… Et je mentionne le livre plus révélateur encore de la permanence des privilèges, paru tout récemment : « Les Intouchables de l’État » de Vincent Chauvert, del’Obs. Ces inventaires à odeur de dénonciation ne sont pas en relation directe avec la question de l’accueil des immigrés, mais comment ne pas s’interroger sur une générosité de l’État qui ne tient pas compte de l’extrême disparité des revenus des Français qui « supportent » donc l’effort demandé de façon tout à fait inégalitaire ? Tout est lié.
« Incarnée par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, une nouvelle noblesse d’État dirige la France. Une “caste” de hauts fonctionnaires plus que jamais minée par l’entre-soi et les conflits d’intérêts.
Ils exploitent leurs carnets d’adresses pour faire fortune comme banquiers d’affaires, consultants ou lobbyistes. Ils bénéficient du démembrement de l’État qu’ils ont eux-mêmes organisé. Ils se répartissent des postes très lucratifs en multipliant les établissements publics inutiles. Et parviennent à masquer leurs échecs, même les plus graves. Par quel miracle ?
Grâce à une centaine de témoignages et à des documents inédits, cette enquête révèle les secrets inavouables de ces intouchables d’État si nombreux au sein de la Macronie : des hauts cadres de Bercy rémunérés plus de 200 000 euros par an, puis recrutés par de grands groupes pour leur révéler les fragilités des règles fiscales… qu’ils ont eux-mêmes édictées ; des conseillers d’État qui monnayent dans le privé leur connaissance intime de l’appareil administratif… avant de revenir dans la fonction publique profiter à vie de leur statut ; des inspecteurs des Finances dont les erreurs de gestion coûtent des millions d’euros aux contribuables, qui sont rarement sanctionnés… et souvent promus.
Après deux ans d’enquête, Vincent Jauvert dévoile la face cachée de cette haute fonction publique qu’il est urgent de moraliser. »
(Présentation de l’éditeur – Spécialiste de l’investigation à L’Obs, Vincent Jauvert est notamment l’auteur du best-seller La Face cachée du Quai d’Orsay – Robert Laffont, 2016.)
Le mécontentement ou le ras l’bol vis-à-vis de « l’immigration de masse »
est exprimé par des Français de toutes conditions, à moins qu’ils ne soient des privilégiés vivant à part, cloisonnés dans un monde protégé ; à moins qu’ils ne soient des personnes particulièrement ouvertes et accueillantes mais apparemment dépourvues d’attachement à un
héritage comportemental, culturel, linguistique, civilisationnel, caractérisant notre pays
. Ces Français disent se sentir
de moins en moins chez eux sur leur propre sol
, dans leur propre quartier
