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Cela fait maintenant 10 ans que j'ai eu une maladie. Le 20 janvier 2012 a été une date marquante. Ma vie a changé lorsque j'ai eu 15 ans, sans que je puisse faire quoi que ce soit. J'ai commencé à écrire ce petit livre à l'âge de 20 ans. Je vous partage mon expérience ainsi que mes souvenirs de mon cancer.
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Seitenzahl: 188
Veröffentlichungsjahr: 2022
« Confortablement nichée dans un recoin de son corps, la mort avait entamé sa lente et inexorable marche triomphale ».
Harlan COBEN, Tu me manques
J’ai écrit ce petit livre pour faire part de mon expérience et de mon ressenti des un an et demi d’hospitalisation. J’ai écrit en fonction des moments où j’ai eu l’envie d’écrire ou le besoin d’écrire. Je me devais de mettre sur papier ces souvenirs auxquels je tiens tant.
Je parlerai beaucoup des problèmes que j’ai rencontrés dans mon enfance, mais ce n’est pas le plus important pour moi. Je retiens le plus important : je n’oublie pas les bons et uniques moments que j’ai passé avec ma famille que j’aime plus que tout au monde et mes amies. Je ne vous remercierais jamais assez. Merci beaucoup.
PARTIE I
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
PARTIE II
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39
Chapitre 40
Chapitre 41
Chapitre 42
Chapitre 43
Chapitre 44
Chapitre 45
Chapitre 46
Chapitre 47
Chapitre 48
Chapitre 49
Chapitre 50
Chapitre 51
Chapitre 52
Chapitre 53
Chapitre 54
Chapitre 55
Chapitre 56
Chapitre 57
Chapitre 58
Chapitre 59
Chapitre 60
Chapitre 61
Chapitre 62
Chapitre 63
PARTIE III
Chapitre 64
Chapitre 65
Chapitre 66
Chapitre 67
Chapitre 68
Chapitre 69
Chapitre 70
Moi c’est Cynthia, j’ai 20 ans. J’ai deux frères. Et deux parents géniaux ! Je vous aime fort.
Tout aller (très) bien dans ma vie, à part quelques détails. Premièrement, la séparation de mes parents à l’âge de 9 ans. Le mercredi 27 juillet 2005 aux alentours de 19h00. Je n’ai rien vu venir, vous savez, à cet âge-là, on ne pense pas à ça. On pense à jouer, à jouer à Pokémon, à jouer à la Game Cube, à Medal of Honor Débarquement Allié avec ses frères chéris. Mes frères, ils comptent beaucoup pour moi, même si parfois, ils étaient vraiment très embêtants. Mais je les aime comme ça. Au collège, un jour, je ne sais plus qui m’a demandé, Elsa, peut-être, s’ils n’étaient pas trop énervants, je me souviens que je lui avais répondu « ça dépend des jours ». Ils m’ont appris à faire bouger mes narines. Ça peut vous paraître bête, mais je les remercie aujourd’hui.
Passons en mars ou avril 2007. J’ai 10 ans. J’ai mal au ventre. Mal, très mal. Je le dis à ma Maman qui m’emmène voir un médecin à Marly le Roi. Je ne me rappelle plus son nom… mais je me rappelle comment était son cabinet. Ce cabinet était très, comment dire, spécial. Des perroquets dans la salle d’attente, des perroquets dans son bureau. Une odeur de ferme. Ce monsieur, ce médecin, m’a dit que j’avais un rhume de hanche, enfin, je devrais plutôt dire un « soi-disant » rhume de hanche. Ma hanche est enrhumée ? Ma blague est nulle. Tout de même, ça m’a valu 10 jours de dispense, non pas de sport, mais d’école. J’étais en CM2 à l’époque. Je devais éviter de marcher. Puis un jour, je suis retournée à l’école et mon maître m’a dit « oh mais tu es revenue ! tu devais rester chez toi encore 3 jours, non ? » en quelque sorte. Oui, mais j’allais « mieux ». J’allais souvent à l’hôpital, aux Urgences de Necker avec Papa et Maman car j’avais mal au ventre. D’un côté, j’étais « contente » de voir mes parents réunis, mais de l’autre, je ne faisais pas exprès d’avoir mal. Non.
Un jour, Maman décide de m’emmener à la clinique de l’Europe à Port Marly pour voir un médecin dont je ne me souviens ni de son nom ni de sa spécialité, si on peut appeler ça, une « spécialité ». Ce médecin m’emmène sur le lit au fond de la pièce pour m’ausculter, me palpe le ventre très vite. Maman me regarde. Il me demande de tousser et j’ai mal. En un coup d’œil, il fait un diagnostic. Il faut m’opérer. Je ne sais plus ce qu’il avait diagnostiquer. Maman fixe une date avec lui sans trop vouloir.
Le soir, je mettais mise à pleurer, beaucoup. Je ne voulais pas me faire opérer. J’ai pleuré aussi, parce que nous avions eu connaissance de la date de ma communion. Le 13 mai 20071.
Souvent, voire tout le temps quand je partais aux Urgences de l’hôpital Necker avec Papa et Maman, on me disait que j’avais un « caca » coincé. Je veux bien, une fois ou deux, mais pas à chaque fois. Je savais qu’il y avait un truc qui cloché. Mais quoi ? Un moment, chez Papa, à Saint Germain en Laye, je prenais ma douche et je me rappelle que je regardais mon ventre, et là, je vois, vous allez me prendre pour une folle, mais non, je vous assure, une boule « en relief » partir du côté droit de mon ventre vers le côté gauche, et d’un coup je ne la voyais plus. Mais je ressentais une douleur.
Je me prépare comme tous les matins à aller à l’école, mais ce matin-là, j’avais encore mal mais différemment. C’était ma grand-mère qui devait m’accompagner. J’étais assise sur un des fauteuils du salon et j’ai dit que j’avais mal. Après ça, ma grand-mère a appelé Maman au travail. Dès qu’elle est rentrée, nous sommes parties aux Urgences.
Après plusieurs échographies, lavements, prises de sang et pleures, le verdict tombe le vendredi 8 juin 2007. Après un touché rectal fait par le Dr R. Pour rappel j’ai 10 ans. J’ai une torsion de l’ovaire gauche et des kystes à l’ovaire droit qui sont coincés derrière l’utérus. 10 ans et déjà des problèmes. Et ce n’est que le début. A 14h on vient dans ma chambre aux Urgences en me disant qu’il va falloir m’opérer. Je fonds en larmes, j’ai peur ! Maman appelle mes frères pour leur annoncer « la nouvelle ». Lorsque j’ai eu Jeff, il m’a expliqué par téléphone comment ils vont m’endormir. Il m’a dit de penser à lui quand je serai en train de faire endormir.
J’étais mal parce que j’étais invitée pour son anniversaire le soir chez Mélanie, ma meilleure amie. Je l’ai rencontré en CP. J’ai dû l’appeler, enfin, Maman l’a appelé sur son téléphone fixe car elle n’était pas au courant que je me suis faite opérée plus tôt dans la journée. Maman m’a passé le téléphone. Et à cet instant-là, j’étais sur le point de pleurer car je voulais tellement aller à son anniversaire, je n’en ai jamais manqué… et cette année à cause de ce fichu truc, je ne vais pas y aller ? Non…
Mélanie est venue plusieurs fois me voir à la maison pour me tenir compagnie durant ces temps durs2. Un jour, j’étais habillée en robe, une robe blanche avec des fleurs rouges je crois, ou des coccinelles rouges, peu d’importance. Ce jour-là, je l’avais mise car mes cicatrices se trouvent au niveau de la ceinture et frottaient contre mon pantalon. Cela me faisait mal. Je portais donc une robe, c’était le vêtement le plus adéquat et donc je n’avais « plus » mal. Cette journée, j’ai eu très peur. J’étais dans ma chambre, je jouais avec Mélanie, et à un moment, je vois du sang. Je vais vite voir Maman dans la salle de bain. Ma cicatrice s’est ouverte. La peur monte encore plus. Nous allons vite à la pharmacie du centre commercial. La pharmacie, qui se trouvait juste en bas, c’est celle où nous avions l’habitude de nous rendre pour prendre les médicaments. Maman a prêté son téléphone à Mélanie pour qu’elle puisse rester plus longtemps chez moi. Je ne sais plus précisément ce qu’il s’est passé ensuite.
Je vous emmène maintenant en 2008. J’ai 11 ans. J’ai mal. Encore. Je ne sais pas pourquoi. Nous allons à l’Hôpital Necker. Toujours la même chose. « Un caca est bloqué », « non, il n’y a rien ». Là, cette année, si je peux dire ça, ce sont encore des lavements, des « blablatries ». Les médecins m’ont conseillé de consulter un gastroentérologue. Ce que nous a fait. Mais comme le médecin n’a pas trouvé ce qui causait cette douleur, elle a pensé que ça venait de moi, de ma tête… après deux ou trois rendez-vous, je me suis mise à pleurer parce qu’elle nous a donc conseillé d’aller voir un psychologue. Enfin je dirais même forcé d’en aller voir un. C’est que nous avons fait.
Maman m’a emmené voir une psychologue à Saint-Germain-en-Laye. Un mercredi au CMPP. C’est à mon tour. La psychologue vient me chercher avec ma Maman dans la salle d’attente. Nous la suivons jusqu’à son bureau. Là, la psychologue me pose tout un tas de questions pour faire connaissance avec moi. OK, si c’est que ça, ça va. Mais non, elle me pose des questions précises que je n’aime pas du tout. A toutes les questions qu’elle me posait je répondais « je ne sais pas ». Je ne me rappelle plus ses questions, mais je n’avais pas, voire jamais, envie d’y répondre. En sortant de ces rendez-vous, je finissais en pleurs. Et nous devions reprendre rendez-vous… encore et encore. Une fois j’ai eu un rendez-vous divisé en plusieurs parties. La première a été avec Maman et moi puis Maman seule, ensuite seulement moi, puis Papa et moi, puis Papa seul. Stop. J’en ai marre. En plus, j’avais rendez-vous le 23 septembre 2008. Le 23 septembre… mon anniversaire, quoi… je n’ose pas dire autour de moi que je vais voir une psychologue. Je n’ai pas envie, j’ai honte. Du coup, je suis obligée d’inventer des excuses pour justifier que je vais manquer l’école. Je me rappelle, dans la queue de la cantine, que j’ai dit à Mélanie que j’avais un rendez-vous. Elle m’a répondu « le jour de ton anniversaire ! ». Oui… j’étais mal. J’ai dit à Maman plus tard, que je veux arrêter de voir une psychologue, que cela ne servait à rien à part me faire du mal.
Je suis retournée à l’Hôpital Necker, aux Urgences, avec Papa et Maman toujours pour ce mal de ventre. Papa a gardé son téléphone près de lui, car mamie était à l’hôpital. Le téléphone sonne lorsque je suis allongée sur la table d’examen. Le médecin vient d’arriver dans la chambre. Papa décroche et a les larmes aux yeux. Il doit se rendre à l’hôpital pour voir mamie.
Finalement, nous avons arrêté les consultations quelques temps plus tard « le suivi » avec la psychologue. Ouf. Je me suis fait opérée, le 14 juin 2008, par le Dr F., à l’Hôpital Necker d’une appendicite aiguë. D’ailleurs, nous attendons toujours le compte-rendu de l’opération.
1 Je ne savais pas que 13 ans plus tard, ce serait la naissance de mon neveu.
2 Ce n’était pas les plus durs en fin de compte, mais ça, je ne le savais pas.
Faisons un saut dans le temps, allons en 2010. J’ai 13 ans. Je suis en 3e, plus précisément en 3e4 avec Mélanie. Nous étions toujours ensemble à l’école excepté en classe de 4e, année où j’ai rencontré Tania. Une très bonne amie. Vers le mois de mars ou même avril, je remarque que mon œil droit coule tout seul. J’attends quelques temps afin de voir si cela s’arrête avant de prévenir Papa et Maman. Après chaque journée d’école, je prends le bus 21 qui se trouve devant le collège Pierre et Marie Curie. J’étais contente de prendre le bus, et de pouvoir écouter de la musique avec mon portable. Un iPhone 4 noir, que j’ai reçu en cadeau d’anniversaire pour les 14 ans, de la part de mon Papa.
Le soir du 23 septembre 2010 c’est le jour de mes 14 ans. Nous fêtions cet évènement chez Maman. J’étais contente de manger avec ceux que j’aime, mon Papa, ma Maman, Jeff et Bryan. Dans la soirée, Papa m’appelle pour me dire qu’il n’a pas de cadeau, car il n’a rien trouvé. Je le rassure en lui disant que ce n’était pas grave s’il me l’offrait plus tard. Mais ce que j’ai trouvé étrange, je connais par cœur mon Papa, il me répétait sans cesse « je n’ai rien ». C’est étrange, ça cache quelque chose. Papa arrive à la maison, et on commence à manger le repas cuisiné par Maman. A la fin du repas, c’est le moment d’ouvrir les cadeaux sur la table à manger du salon. De la part de Bryan et Jeff j’ai reçu une housse de couette sur laquelle il y avait le drapeau du Royaume-Uni ! J’étais trop contente. Puis c’est au tour du cadeau de Maman. Un joli collier en or, avec un pendentif « LOVE » en lettres capitales. J’adore ! Ensuite, vient celui de Papa. Il me dit qu’il a oublié son cadeau à côté du canapé, dans une enveloppe marron. Je vais la chercher. J’ouvre, et là je vois une carte SIM. A cet instant précis, je ne réalise pas, et je pense que mon forfait a changé. Papa me fait comprendre qu’il y a autre chose dans son sac. J’y vais. Je regarde et sors une boite. iPhone 4 noir.
Je prenais le bus tous les jours avec Mélanie, sauf exception, lorsque Maman me récupérait après l’école. Comme je l’ai dit, j’aime bien prendre le bus, avec Mélanie et d’autres amies que je me suis faite au collège. Généralement, Mélanie et moi écoutons de la musique avec mes écouteurs, nous partageons un écouteur chacune et mon portable lorsque que nous étions assises côte à côte. Un jour, j’ai dû augmenter le volume car je pensais que l’écouteur que j’avais dans mon oreille fonctionnait moins. Je savais que Mélanie n’aimait pas trop écouter la musique fort, alors elle me demandait de baisser le son. C’est normal. Et puis un autre jour, je lui ai dit que c’était bizarre que j’entendais moins. Parfois, j’étais assise à droite d’elle, donc l’écouteur « L » était dans mon oreille gauche et j’entendais bien, normalement. Parfois, c’était l’inverse. J’étais assise à gauche d’elle, donc l’écouteur « R » était dans mon oreille droite. Quand celui-ci était du côté droit, ce n’était pas normal car je n’entendais pas très bien par rapport au côté gauche. Alors j’ai décidé de faire un test en échangeant les écouteurs pour savoir si ce n’était pas mon écouteur qui ne fonctionnait plus comme avant.
Non. Mélanie entendait bien, que ce soit avec l’oreillette droite ou gauche. Moi, j’entendais bien de l’oreille gauche mais moins du droit. Je ne voulais pas le dire à mes parents, de peur qu’ils me disent que c’est parce que j’écoute la musique trop fort. Donc ce n’étaient pas les écouteurs qui avaient un problème.
Pour fêter la fin du collège, le lycée a organisé une sortie, le dimanche 3 juillet 2011 au Futuroscope avec toutes les classes de 3e. Nous devions payer 70 euros pour le transport en car, aller-retour, le repas du midi et l’entrée du parc. Ce qui n’était pas cher finalement ! Super ! Mais avant, il y a les épreuves du brevet.
Mes épreuves du brevet se sont passées le mardi 14 juin et mercredi 15 juin 2011, dans la salle 201. Pendant l’épreuve de mathématiques, le mardi, mon œil droit a commencé à couler, à pleurer tout seul. Avant de commencer les épreuves, nous devions sortir tout ce dont nous aurions besoin de notre trousse et de notre sac, c’est-à-dire tous nos stylos, crayons, gomme, calculatrice et mouchoirs. Ce que j’ai fait.
Lorsque j’ai senti une larme couler de mon œil droit, je me suis précipitée de prendre un mouchoir. En le dépliant, j’ai eu peur. Peur que les deux professeures qui nous surveillaient me reprochent de tricher.
Une des professeures était ma professeure d’anglais. Madame V. Je l’ai eu en classe de 6e, 5e et 3e. Jeff et Bryan l’ont eu également. Ses cours, je me les rappellerais toujours. Interdiction de tousser, ni de se moucher. Hors de question de faire des fautes en essayant de s’exprimer en anglais. Ce n’était pas une partie de plaisir même si j’adorais et j’adore encore l’anglais. En attendant que la professeure arrive et qu’on puisse entrer en classe, je tremblais. J’avais peur… mais tout se passait bien avec moi. Sauf une seule fois, je n’avais pas ouvert mon cahier Oxford jaune que Bryan a choisi lorsque que nous avons acheté les fournitures scolaires, pour le cours d’anglais. Je n’ai pas appris ma leçon. La seule fois. Cette professeure m’a interrogée le lendemain. Je ne me rappelle plus la question, mais seulement de la réponse. « They are smiling to the crowd ». Après 7 ans, je me rappelle cette réponse. Par ma faute, nous avons eu une interrogation.
Tout s’est bien passé lorsque j’ai déplié ce mouchoir. Une vingtaines de minutes avant la fin de l’épreuve de mathématiques, je voyais les professeurs qui nous surveillent regarder par la fenêtre. Un homme marchait sur le toit du bâtiment en face du collège. Ce bâtiment est un laboratoire pharmaceutique. Quelques instants plus tard, une explosion a eu lieu sur le toit de ce bâtiment. Les professeures ont hurlé et ont hésité à appeler les pompiers. Je ne comprenais pas pourquoi elles n’appelaient pas. L’alarme incendie a sonné. Il est l’heure de sortir. Mais je n’ai pas fini mon exercice, il reste encore quelques précieuse minutes d’épreuve… Dans les escaliers, mon professeur de SVT a crié fort « Ceci n’est pas un exercice, sortez vite ! ». Je commençais à avoir peur. Nous devions sortir du collège non pas par l’entrée principale mais par l’arrière. Maman est venue me chercher en voiture vers le stade, un peu plus loin.
Samedi 2 juillet 2011. Abercrombie vient d’ouvrir aux Champs Elysées. Il fait beau, il fait chaud, c’est l’occasion d’y aller. J’étais chez Papa, à Saint Germain en Laye. Nous prenons les transports en commun pour y aller. Nous avons fait un tour, d’abord à Swatch, où mon Papa m’a acheté une montre blanche. Ma première montre, sans compter celles que j’avais eu quand j’étais enfant. Ensuite, nous nous dirigeons vers Abercrombie. Là, une longue queue nous attendait devant un immense portail noir, avec des dorures dorées. Et deux mannequins étaient devant ce portail. Après la longue attente, nous avons enfin pu entrer dans le magasin. On est ressorti avec un sac. Papa m’a acheté un gilet bleu, très beau.
Dimanche 3 juillet 2011. C’est le moment d’aller au Futuroscope ! Papa me dépose le matin devant mon collège, Pierre et Marie Curie, c’était aussi le collège de mes frères. Il était très tôt. Il faisait encore nuit noire. C’est parti pour quatre heures de route ! Mélanie n’a pas pu venir ce jour-là, car elle partait en vacances. L’année précédente, en 4e, 4e5 précisément, j’ai rencontré une amie, une super amie, Tania ! Nous avons fait la route ensemble dans le car. Bryan m’avait fait écouter une musique quelques temps avant sur Youtube. Cette musique c’était What Are Words de Chris Medina. Cette musique était tellement bien, que j’ai décidé de l’écouter, en long en large et en travers durant le trajet avec mes écouteurs. Je fais écouter cette musique à Tania. Plus tard, pendant la musique je sens une larme couler de mon œil droit… Tania me dit « Faut pas pleurer ! ». On aime bien et on adore rigoler et se faire des blagues ! Mais non, là je ne pleurais pas, et je ne sais toujours pas pourquoi mon œil coule… j’essuie. Nous sommes revenus en Ile-de-France dans la nuit. Jeff et Bryan étaient venus en voiture, seuls, me chercher devant le collège parce qu’ils venaient d’obtenir leur permis. J’étais si contente et fière qu’ils viennent me chercher ! Je les aime fort mes frères.
Le matin j’avais l’habitude de prendre mon petit-déjeuner. Enfin je ne mangeais pas mais j’aimais bien prendre mon chocolat chaud dans une tasse. Je ne sais pas à partir de quand, exactement, mais un matin quand j’ai bu dans ma tasse, le chocolat a coulé sur moi du côté droit. Ma Maman m’a dit que c’est peut-être parce que c’est le matin et que je ne suis pas très bien réveillée. Les jours suivants, c’était la même chose, le chocolat coulait et tachait mon pyjama. Finalement, ma Maman m’a dit d’essayer de le boire à la paille. Ça avait marché.
Mon œil pleurait encore. Maman et moi sommes allées voir le médecin. Il nous a dit que c’était une conjonctivite et m’a prescrit des gouttes à mettre dans les yeux avec une compresse stérilisée. Je me rappelle quand lorsque j’ai voulu les mettre, je n’arrivais pas à ouvrir mon œil droit. Mais rien ne m’a alarmé.
Tout commença réellement pendant un repas chez ma grand-mère en 2011. J’avais 15 ans. Il y avait Papa, Maman, Jeff et Bryan, mais aussi mon arrière-grand-mère, Mame. Je ne sais plus pourquoi on avait parlé des Etats-Unis. Je ne me rappelle plus. Tout se passait bien, nous rigolions, nous étions joyeux et surtout très heureux. Après quelques verres de vin rouge, je me rappelle, mon Papa a une folie et nous a dit que ce serait super bien de partir à New York tous les cinq ! Nous, nous qui ne connaissons pas les Etats-Unis, nous qui ne connaissions pas La Grosse Pomme, à l’exception de cette vision faite à la télévision. Mais là, ce ne sera pas pareil. Moi, nous, à New York… amazing ! Bon, c’est vrai qu’au départ, je n’y croyais pas forcément. Le billet étant cher. Et puis, partir en vacances avec mes parents, sachant qu’ils étaient séparés, inimaginable mais ça me ferait super plaisir. Ce serait le premier voyage à cinq depuis que mes parents se sont séparés. Je me suis dit aussi que mon Papa était surement un peu pris par l’alcool à ce moment-là, et qu’il ne réalisait pas ce qu’il vient de dire. Il nous affirmait qu’il ne s’agissait pas d’une blague. Le repas se terminait bien.
