Souvenirs d'Albert - Dominique Soudry Galateau - E-Book

Souvenirs d'Albert E-Book

Dominique Soudry Galateau

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Beschreibung

Comment voyageait-on en 1933 ? Visites très rapides de Berlin et Moscou. Les impressions sur ce voyage en train dans une Europe pas encore unifiée. Journal d'un industriel dont les notes ont été retrouvées et rédigées dans ce livre.

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Seitenzahl: 56

Veröffentlichungsjahr: 2019

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PARIS 11 juillet 1933

Je rencontre Monsieur L…. et un ami Monsieur C…. au restaurant de l’Ecu de France.

Monsieur C…. regrette vivement de ne pas s’être décidé à faire le voyage. Nous dinons convenablement avec un menu et des vins choisis par M. C…., puis nous quittons ce dernier pour nous rendre à la gare du Nord.

Nous voici dans le train qui doit partir à 21h 05. Nous y trouvons trois ingénieurs effectuant également le voyage envisagé avec lesquels nous faisons connaissance. On ne nous a réservé que des « coins ». Nous appréhendons le passage de la nuit dans ces conditions et retenons des couchettes en sleeping dans le même compartiment dont nous prenons possession ; supplément 200 francs 1 par personne pour BERLIN, et 120 francs 2 jusqu’à COLOGNE où nous devons arriver à 8h 30 demain matin, ce qui nous suffira. Notre sleeping est tout battant neuf, 1ère classe. Nous faisons la reconnaissance des lieux, assez exigus du reste, deux couchettes superposées, un lavabo, communication avec la cabine voisine qui est libre ; on remarque que le verrouillage ente les deux cabines est avec combinaison de « mutuel consentement ». On nous retire nos billets, nos passeports pour ne point être inquiétés à la douane belge pendant notre sommeil.

Déshabillés rapide, et nous voilà dans nos « étagères », assez confortablement installés. Nous avons cherché à préparer nous-mêmes les couchettes, mais des complications surgissant, nous en laissons le soin à l’employé de la Compagnie des Wagons-lits. Nous avions commencé par déménager à tort le matériel voisin pour nous en servir.

J’occupe la couchette du haut, la couverture de laine fait son effet, transpiration, mon voisin de dessous ronronne assez rapidement. Dans mon repos, je comprends successivement quelques arrêts criés dans la nuit ; après MONS, je dors un peu, mais à LIEGE je me rends compte que notre train a changé son sens de marche.

12 juillet

A la douane allemande, vers 6h 30, on ouvre notre compartiment. Il faut déclarer son argent à titre de contrôle. Encore un peu de repos, ma montre sonne à 7h 30 et à 8 h on nous prévient de l’arrivée à COLOGNE pour 8h 30. Toilette. Le train entre en gare, nous avons 20 minutes d’arrêt, juste le temps d’aller visiter la cathédrale et de faire partir quelques cartes postales. La gare est belle, la deuxième de l’Allemagne après LEIPZIG. Nouveau démarrage ; il faut penser au déjeuner que nous prenons en compagnie de deux autres ingénieurs, Monsieur R..., représentant le journal « L’USINE », et un ingénieur rejoignant son poste en Russie. La température a baissé, il fait beau mais un peu frais.

Nous passons à ESSEN, devant les Usines KRUPP, leur superficie démontre leur importance. Nous traversons de très vastes prairies paraissant très fertiles. Les maisons ont l’air coquet et propre, généralement peintes de vert, de rouge ou d’orange. Dans les villes, l’aspect de l’architecture est dans l’ensemble assez sombre, ayant néanmoins assez grande allure. La propreté est remarquable.

La traversée du Rhin, à COLOGNE, nous a donné une idée de l’activité d ce grand fleuve couvert d’une flottille de péniches. Le pont du Rhin, avec ses nombreuses voies ferrées, route et tramways est un travail d’art considérable, fortifié aux deux extrémités.

Le roulement de la voie est très doux, à grande vitesse on ne perçoit pas les joints, les rails étant très longs, environ 27 mètres, bien éclissés et tirefonnés sur 50 traverses par longueur.

Midi

Nous venons de quitter DORSMUNDT, le temps est très couvert, la pluie fait son apparition pour quelques instants, ce qui vaut toutefois autant qu’un soleil trop chaud. Au petit déjeuner, l’ingénieur français qui a sa situation en Russie nous a fait un tableau assez peu réjouissant d’un voyage aussi important et aussi rapide, mais a ajouté que nous serons largement récompensés de notre fatigue. Il paraît qu’une dame fait partie du voyage et qu’à BERLIN nous pourrions être reçus à l’Ambassade de France….

12h 50

C’est l’heure convenue pour le déjeuner, nous allons au restaurant, le train est très long, il nous faut le parcourir presque en entier car depuis LIEGE notre compartiment est en tête et le restaurant est en queue.

Nous traversons trois voitures de 3ème classe où les gens semblent entassés, le train parait bondé car c’est la grande ligne qui relie la Pologne à la France. Au départ le train avait été pris presque d’assaut par une foule grouillante.

Nous voici à table, M. R..., M. L…. et moi, d’autres français s’y trouvent aussi ; nous ignorons s’ils appartiennent tous à notre groupe, sauf trois avec qui nous faisons connaissance. Jusqu’ici nous doutons de la quinzaine annoncée au départ. On nous sert de la soupe aux cerises, jus d’une couleur douteuse avec des cerises éclatées. A mon avis c’est très rafraichissant, mais mes voisins ne paraissent pas apprécier la mixture. Limande frite bien réussie, veau en sauce avec pommes de terre et champignons, une glace. En résumé, assez bon repas.

Arrêt HANOVRE 15 minutes

Nous descendons sur le quai. Belle gare, le beau temps est revenu et nous repartons. La campagne est agréable, le train file à vive allure dans une plaine immense, qui semble durer des centaines de kilomètres. De beaux pâturages se déroulent, on remarque de temps en temps des troupeaux de vaches bretonnes blanches et noires et quelques chevaux. Des bois, quelques céréales, mais ce sont surtout les prés qui dominent. Avec les variations du relief des terres, on se croirait en Normandie.

Nous traversons des villes assez importantes sans le moindre ralentissement dans les gares, le train a l’allure d’un chronomètre. Depuis 16 h le soleil est très chaud mais nous sommes contraints d’éviter les courants d’air. Le long de la voie, nous remarquons plusieurs moulins à vent dont les ailes tournent. Traversées de fleuves ou de grandes rivières, les ponts de la ligne ont été repeints à neuf et sont imposants, la ligne étant à quadruple voie. Toujours la plaine immense, mais un gros orage a dû passer par là car les blés sont couchés. Les chevaux doivent être utilisés de préférence aux bovins pour les charrettes, laissant supposer que l’on ne possède des vaches que pour le lait et l’élevage.

17 h

Dans une heure nous serons aux portes de BERLIN, ayant eu en tout 19 heures de train alors que certains grands rapides ne mettent plus guère que 13 heures. Notre train roule pourtant vite, mais s’arrête un peu trop souvent.

18 h

Nous sommes dans les faubourgs de BERLIN, les maisons sont coquettes, jardinets fleuris, propreté générale, architectures très variées.

Arrêt à la première gare, peu animée, des trains de banlieue circulent électriquement mais sont peu chargés.