Sur le chemin de mon père.. - Chantal Bernati - E-Book

Sur le chemin de mon père.. E-Book

Chantal Bernati

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Beschreibung

Timothée a deux tourments dans son petit coeur : il n'a pas de papa et sa maman est toujours triste. Cette dernière lui a dit que son père « était parti comme il était venu, sans bruit. » Mais c'est tellement peu comme explication. Alors, du sommet de ses neuf ans, le jeune garçon décide de mener sa propre enquête pour trouver ce père qui lui manque tant... Mais ce qu'ignorait Timothée, c'est qu'en agissant ainsi, plusieurs vies allaient être bouleversées, entre Chambéry et la magnifique vallée de Belleville...

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Seitenzahl: 81

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Toute représentation intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite.

Chantal Bernati est née en 1966, elle entre à « La Société des Auteurs Savoyards » en mars 2016 avec son roman « Partir avant de vous oublier… »

Bibliographie :

« Une adolescence volée » 2014

« Partir avant de vous oublier… » 2015

« Après toi… » 2015

« Comme une ombre au fond de ses yeux » 2016

« Un cœur en hiver » 2017

« Une vie… » 2019

À mon cousin Franck Sampol, qui me manque tant et avec qui j’ai tellement de souvenirs inoubliables dans la vallée des Belleville…

À mes frères, Patrick et Daniel Menoud qui ont grandement contribué à ces souvenirs,

À mes parents, à toi, Maman qui me faisait de si jolies poupées avec des fleurs et des feuilles,

À mes tantes, Thérèse Sampol et Chantal Favre,

À mes grands-parents, Angèle et Rémy Favre,

À mes grands-oncles et tantes, Joachim et Pauline Charvin, Eugénie et Paul Plaisance,

À mes cousins Plaisance,

À mes cousins Favre,

À mon arrière-grand-père Hippolyte Favre,

À Marie Rey pour les belles histoires qu’elle me racontait en patois,

À Jean Rey, facteur toujours de bonne humeur, que je guettais pour l’échange de courriers.

À Monsieur et Madame Hudry, à Monsieur et Madame Dujean, à Chantal Dujean, à Chantal et Régis Tatou, avec qui j’ai passé mes toutes premières vacances à Gittamelon,

Aux habitants et vacanciers des Frênes, de Gittamelon, des Varcins (Familles Rey, Favre…), de la Rochette (familles Frémiot, Contoz, Jay (et particulièrement Thierry), Jean-Noël Roux-Mollard…), de Planvillard (familles Bouchard, Borrel…) et de Villaranger que j’ai retrouvés chaque été avec plaisir …

Sans oublier « Missette », petite chienne mémère, qui nous suivait partout aux Frênes,

Et enfin à Sam, adorable chien de « Mamou » qui surveillait les enfants que nous étions, en même temps que les chèvres, dans les années 70 !

À tout ce petit monde qui a contribué à me faire passer des vacances mémorables dans la vallée des Belleville, il y a environ une petite cinquantaine d’années (entre 1970 et 1983), je voudrais vous dire

MERCI !

Je dédie ce livre tout spécialement à Jeannot Humbert qui nous a quitté un triste jour de juin 2021, il va nous manquer, il était l’âme de la vallée des Belleville.

Jeannot, si ce roman est ce qu’il est, c’est en partie grâce à toi, j’en ai passé du temps à t’écouter me parler de ta vie de facteur, à rire de tes anecdotes devant un café, sous l’œil indulgent et complice de Maria.

« En vérité le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout » Albert Camus

Sommaire

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 1

- Bâtard !

Ce mot résonne dans la tête de Timothée ; Hugo lui a lancé cette insulte lors d’un match de foot qui les oppose. Ce n’est pas la première fois que Tim l’entend, mais cette fois-ci, son opposant a ajouté : « fils de personne ! »

Timothée est âgé de neuf ans, il est en CM1. C’est un petit garçon espiègle, pas plus terrible qu’un autre. Il a les cheveux bruns, des yeux très sombres, presque noirs et un magnifique sourire. Jules et Tommy sont ses meilleurs amis depuis la maternelle et ensemble ils refont le monde, comme beaucoup d’enfants à cet âge-là. Sa maman, Aurore, dit de lui qu’il est l’homme de la maison, car de papa, Timothée n’en a pas, et c’est bien là le principal problème du jeune garçon. Sa mère lui a dit qu’il était parti comme il était venu, sans bruit. Tim ne comprend pas trop ce que ça veut dire. Peut-on quitter femme et enfant, comme ça, sans bruit ? Cette explication ne lui suffit plus, mais devant le silence de sa mère et l’insulte d’Hugo, le jeune garçon se doit d’agir et de retrouver son père. Mais que sait-il de lui ? Un prénom, Eric, et ce détail : une fois, lors d’une balade, comme ils croisaient un troupeau de chèvres, Aurore lui avait dit, d’une voix mélancolique, « ton père adorait les chèvres ».

C’est bien peu, mais Tim est persuadé qu’en questionnant encore sa mère, il aura suffisamment d’indices pour le retrouver.

Ce soir-là, quand sa mère rentre de la supérette où elle a été faire quelques courses, elle trouve son fils avec le visage des mauvais jours.

- Bonjour, mon chéri, ça ne va pas ?

- Non !

- Viens me raconter tes malheurs.

- Papa, il aimait les chèvres et quoi d’autre ?

Aurore a encore beaucoup de mal à parler du père de son fils. Elle soupire :

- Il aimait les montagnes, le calme…

- Et puis quoi d’autre ?

- Il disait toujours « un jour, j’irai vivre dans la vallée des Belleville… »

- C’est où, ça ?

- En Tarentaise. Et maintenant, va prendre ta douche, je vais préparer le repas.

Timothée monte dans sa chambre et consigne toutes les informations que sa mère lui a données sur un cahier, le range soigneusement dans son bureau et va prendre sa douche.

Au moment du repas, il essaye bien de remettre la conversation sur son père, mais, comme d’habitude, sa mère coupe court à ses questions.

Tim est habitué aux humeurs de sa maman. Il l’a toujours connue triste ; rares sont les fois où elle sourit, tout a l’air d’être effort pour cette femme. Elle a perdu le goût de vivre en même temps qu’elle a perdu le père de son fils. Ce dernier n’a pas eu le temps de le reconnaître, il est parti avant sa naissance. Depuis, elle survit pour son fils, mais plus jamais elle n’a regardé un autre homme et pourtant c’est une très belle femme, toute fine, presque maigre. Elle s’était raccrochée à Eric après une rupture douloureuse et après lui, il lui semblait que plus jamais elle ne pourrait être heureuse. Deux déceptions à la suite lui avaient fait comprendre qu’elle n’était pas faite pour le bonheur.

Les années sont passées et Aurore n’a jamais retrouvé la joie de vivre ; son fils est son seul rayon de soleil. Elle est fille unique et n’a plus ses parents. Sans famille, elle vivote, solitaire et dépressive.

Sa mère n’ayant bien souvent le courage de rien, Timothée prend en charge beaucoup de choses ; régulièrement, il cuisine, fait les lessives, passe l’aspirateur. Cette vie ne lui pèse pas plus que ça ; il est simplement étonné, quand il va passer des après-midis chez Jules ou Tommy, de les voir plaisanter et rire avec leur mère.

Timothée a du mal à trouver le sommeil ce soir-là ; il cherche un moyen de retrouver son père. Soudain une idée lui vient ; comment n’y a-t-il pas pensé plus tôt ! Il va regarder sur le bottin téléphonique de sa mère, cherchera dans la vallée des Belleville toutes les personnes qui se prénomment Eric ; il les appellera et leur demandera si elles ont des chèvres. Puis quand il aura trouvé cet homme, son père, il notera l’adresse et lui écrira.

Il lui dira la tristesse de sa mère, il lui expliquera qu’il faut revenir, qu’il n’en peut plus, lui Tim, de n’être le fils de personne. Sûr que son père comprendra et reviendra. Satisfait de son idée, Timothée s’endort avec un sourire sur les lèvres.

Le lendemain, en rentrant de l’école, le garçon met son plan à exécution ; il s’installe à son bureau, prend l’annuaire, son cahier, et patiemment, relève tous les numéros des « Eric ». Il élimine les « Eric » des villes.

Pour Timothée, son père ne peut vivre qu’à la campagne, au milieu des chèvres. Il trouve vingt-sept noms, attend que sa mère sorte faire des courses, et commence à les appeler un par un en leur demandant s’ils ont des chèvres.

Tim a toutes sortes d’accueils, certains ne lui répondent même pas et raccrochent immédiatement, d’autres lui disent de s’occuper de ses affaires. Un Eric, très gentiment, lui explique qu’il aurait adoré, mais qu’il est âgé de quatre-vingt-six ans et qu’il est trop vieux pour s’occuper de chèvres. Quatre d’entre eux lui disent qu’ils ont des vaches et enfin un lui répond qu’effectivement il a quelques chèvres et lui demande pourquoi il lui pose cette question. Timothée a bien évidemment préparé une réponse :

- C’est pour l’école, Monsieur, on doit faire un exposé sur les chèvres, mais je n’y connais rien et je n’ai pas internet.

- C’est bien, petit, pose-moi tes questions et j’y répondrai avec plaisir.

- C'est-à-dire que je n’ai encore rien préparé, j’attendais de trouver quelqu’un de sympa qui veuille bien me répondre. Le problème, c’est ma mère…

- Oui, et quel est le problème avec ta maman ?

- Ben, le téléphone, c’est cher !

Maman va râler ! Je ne pourrai pas plutôt vous écrire et vous me répondrez aussi par lettre ?

- Si tu veux. Mais ta mère est d’accord ?

- Oui, oui…

- Dis-moi, comment t’appelles-tu ?

- Timothée…

- Bon, Timothée, tu as de quoi noter, je te donne mon adresse ?

- Oh oui, M’sieur, vous êtes très gentil !

- Eric Bernard, comme le prénom.

- Avec un « D » à la fin ?

L’homme acquiesce et lui donne son adresse. Tim le remercie de nouveau et raccroche, un sourire aux lèvres.

Ce soir-là, le jeune garçon imagine tout ce qu’il pourra raconter à Eric et s’endort, heureux.

Chapitre 2