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Célia est une jeune fille de presque dix-huit ans ans. Sa vie ressemble à celle de tous les adolescents de son âge, mais un soir, en rentrant du lycée, son chemin va croiser celui d’individus mal intentionnés. Rien ne sera plus pareil pour Célia, sa vie va basculer… L’intégralité des droits d’auteur est reversée à l’association « Les Mésanges » située à La Motte Servolex, en Savoie. Cette association accueille des enfants polyhandicapés et déficients mentaux.
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Seitenzahl: 37
Veröffentlichungsjahr: 2016
Toute représentation intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite.
Chantal Bernati est née en 1966, elle est mère de 5 enfants.
« Une adolescence volée » est son premier roman.
A mes enfants, Céline, Emilie, Guillaume, Nicolas et Lilou,
A mes petits‐enfants, Kélyah et Neymar, Prenez soin de vous.
A Audrey B.C. qui m’a décidée à écrire ce livre.
A Jacqueline Guillaud qui m’a transmis l’amour des mots.
Au fond d’elle, il y a des mots que
personne n’entend,
Il y a des cris qu’elle n’a pas su hurler,
Il y a des violences gravées,
Il y a de la peur qui ne s’en ira jamais,
Au fond d’elle,
Il y a des appels au secours,
Il y a des nuits pleines de cauchemars
Au fond d’elle,
Elle sera toujours seule.
« Ami rempli mon verre
Encore un et je va
Encore un et je vais
Non je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami rempli mon verre
Je serai saoule dans 1 heure
Je serai sans tristesse
Buvons à la santé
Des amis et des rires
Que je vais retrouver
Qui vont me revenir »
Jacques BREL
« Le bonheur ouvre les bras et ferme les yeux »
Proverbe allemand
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Soudain Célia réalisa que tout était silencieux autour d’elle.
Il faisait noir, l’adolescente avait si peur et tellement froid. Elle claquait des dents et ne parvenait pas à contrôler les tremblements de son corps. Elle se força à inspirer puis à expirer, son cœur battait la chamade.
La jeune fille avait fermé les yeux pour ne pas voir leurs regards, avait espéré que ça s’arrête, mais non, ça avait duré, duré encore.
Depuis combien de temps était‐ elle seule ? Elle ne se rappelait pas les avoir vu partir. Quand tout ça s’était‐il fini ? Il lui semblait avoir pleuré des heures.
Elle se leva péniblement, son corps endolori lui faisait si mal. L’adolescente se rhabilla, frotta ses vêtements et prit le chemin de la maison.
Célia habitait avec ses parents et son frère Marco, aîné de deux ans, dans une belle villa située à trois kilomètres environ de la ville la plus proche. Elle avait eu une enfance heureuse à courir dans les grands champs des alentours avec son aîné, à construire des cabanes dans les arbres. C’était un endroit paisible, tous les habitants se connaissaient, et la vie y était tranquille.
Son père se rendait chaque matin à son travail en voiture, tandis que sa mère, elle, s’occupait de la maison et des enfants à qui elle faisait chaque jour de délicieux repas et de savoureux gâteaux. Elle mettait un point d’honneur à ce que son foyer soit impeccable.
Sa mère se demandait souvent comment, son fils et sa fille, tout en étant si différents, pouvaient être si complices. Marco était calme et solitaire tandis que Célia était volubile et recherchait toujours la compagnie des gens. Leur père était un homme courageux qui n’en finissait jamais de travailler. Sitôt rentré, après sa dure journée, il bricolait à son atelier ou jardinait jusqu’à l’heure du souper.
Célia avait mal partout, elle avait envie de courir mais la force lui manquait. Ses larmes avaient séchés.
Quand elle arriva chez elle, son père lui demanda :
‐ C‘est à cette heure‐ci que tu rentres ?
Et, voyant ses habits maculés de boue, il ajouta :
‐ Tu t’es encore battue !
Célia resta muette. Elle n’avait qu’une envie, se laver, laisser l’eau couler sur ce corps qui n’était plus le sien !
Enfin couchée, elle se recroquevilla dans son lit. La jeune fille regardait sa chambre, avec tous ses posters accrochés au mur, tout ce qui avait eu tant d’importance à ses yeux ne voulait plus rien dire à présent. Elle prit son vieil ours en peluche contre elle et sanglota.
Son adolescence avait fichu le camp d’un coup ! Sa tête était pleine d’images terribles. Elle revoyait sans cesse les violences de ce long moment ! Elle réalisa à cet instant que sa vie avait été insouciante jusqu’à ce soir mais que rien ne serait plus pareil.
Le lendemain, quand elle se réveilla, ses yeux étaient gonflés, sa mère lui dit :
‐ Tu as encore lu jusqu’à point d’heure !
Non, la jeune fille ne s’était pas battue, non, elle n’avait pas lu toute la nuit.
