Sur le chemin de mon père - Chantal Bernati - E-Book

Sur le chemin de mon père E-Book

Chantal Bernati

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Beschreibung

Timothée a deux tourments dans son petit coeur : il n'a pas de papa et sa maman est toujours triste. Cette dernière lui a dit que son père "était parti comme il était venu, sans bruit." Mais c'est tellement peu comme explication. Alors, du sommet de ses neuf ans, le jeune garçon décide de mener sa propre enquête pour trouver ce père qui lui manque tant... Mais ce qu'ignorait Timothée, c'est qu'en agissant ainsi, plusieurs vies allaient être bouleversées, entre Chambéry et la magnifique vallée des Belleville...

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Seitenzahl: 80

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Toute représentation intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite.

Chantal Bernati est née en 1966, elle entre à « La Société des Auteurs Savoyards » en mars 2016 avec son roman « Partir avant de vous oublier… »

Bibliographie :

« Une adolescence volée » 2014

« Partir avant de vous oublier… » 2015

« Après toi… » 2015

« Comme une ombre au fond de ses yeux » 2016

À mon cousin Franck Sampol, qui me manque et avec qui j’ai des souvenirs inoubliables dans la vallée des Belleville…

À mes parents,

À mes grands-parents, Angèle et Rémy Favre,

À mes grands-oncles et tantes, Joachim et Pauline Charvin, Eugénie et Paul Plaisance,

À mon arrière-grand-père Hyppolite Favre,

À mes cousins Plaisance,

À Marie Rey et à Jean Rey qui ont contribué à me faire aimer cette belle vallée des Belleville.

À Monsieur et Madame Hudry, à Monsieur et Madame Dujean, à Chantal Dujean, à Chantal et Régis Tatou, avec qui j’ai passé mes premières vacances à Gittamelon,

Aux habitants des Frênes, de Gittamelon, des Varcins, de la Rochette, de Planvillard et de Villaranger que j’ai retrouvés chaque été avec plaisir …

Sans oublier « Missette », petite chienne mémère, qui nous suivait partout aux Frênes,

Et enfin à Sam, adorable chien de « Mamou» qui surveillait les enfants que nous étions, en même temps que les chèvres, dans les années 70 !

A tout ce petit monde qui a contribué à me faire passer des vacances mémorables dans la vallée des Belleville, il y a environ une quarantaine d’années (entre 1970 et 1983), je voudrais vous dire MERCI !

« En vérité le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout »

Albert Camus

Sommaire

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13

Chapitre 14

Chapitre 15

Chapitre 16

Chapitre 17

Chapitre 18

Chapitre 19

Chapitre 20

Chapitre 1

- Bâtard !

Ce mot résonnait dans la tête de Timothée ; Hugo lui avait lancé cette insulte lors d’un match de foot qui les opposait. Ce n’était pas la première fois que Tim l’entendait mais cette fois-ci, son opposant avait ajouté : « fils de personne ! »

Timothée était âgé de neuf ans, il était en CM1. C’était un petit garçon espiègle, pas plus terrible qu’un autre. Il avait les cheveux bruns, des yeux très sombres, presque noirs et un magnifique sourire. Jules et Tommy étaient ses meilleurs amis depuis la maternelle et ensemble ils refaisaient le monde, comme beaucoup d’enfants à cet âge-là. Sa maman, Aurore, disait de lui qu’il était l’homme de la maison, car de papa, Timothée n’en avait pas, et c’était bien là le principal problème du jeune garçon. Sa mère lui avait dit qu’il était parti comme il était venu, sans bruit. Tim ne comprenait pas trop ce que ça voulait dire. Pouvait-on quitter femme et enfant, comme ça, sans bruit ? Cette explication ne lui suffisait plus mais devant le silence de sa mère et l’insulte d’Hugo, le jeune garçon se devait d’agir et de retrouver son père. Mais que savait-il de lui ? Un prénom, Eric, et ce petit détail : une fois, lors d’une balade, comme ils croisaient un troupeau de chèvres, Aurore lui avait dit, d’une voix mélancolique, « ton père adorait les chèvres ».

C’était bien peu mais Tim était persuadé qu’en questionnant encore sa mère, il aurait suffisamment d’indices pour le retrouver.

Ce soir-là, quand sa mère rentra de la superette où elle avait été faire quelques courses, elle trouva son fils avec le visage des mauvais jours.

- Bonjour, mon chéri, ça ne va pas ?

- Non !

- Viens me raconter tes malheurs.

- Papa, il aimait les chèvres et quoi d’autre ?

Aurore avait encore beaucoup de mal à parler du père de son fils. Elle soupira :

- Il aimait les montagnes, le calme…

- Et puis quoi d’autre ?

- Il disait toujours « un jour, j’irai vivre dans la vallée des Belleville… »

- C’est où, ça ?

- En Tarentaise. Et maintenant, va prendre ta douche, je vais préparer le repas.

Timothée monta dans sa chambre et consigna toutes les informations que sa mère lui avait données sur un cahier, le rangea soigneusement dans son bureau et alla prendre sa douche.

Au moment du repas, il essaya bien de remettre la conversation sur son père, mais, comme d’habitude, sa mère coupa court à ses questions.

Tim était habitué aux humeurs de sa maman. Il l’avait toujours connue triste ; rares étaient les fois où elle souriait, tout avait l’air d’être effort pour cette femme. Elle avait perdu le goût de vivre en même temps qu’elle avait perdu le père de son fils. Ce dernier n’avait pas eu le temps de le reconnaître, il était parti avant sa naissance. Depuis, elle survivait pour son fils mais plus jamais elle n’avait regardé un autre homme et pourtant c’était une très belle femme, toute fine, presque maigre. Elle s’était raccrochée à Eric après une rupture douloureuse et après lui, il lui semblait que plus jamais elle ne pourrait être heureuse. Deux déceptions à la suite lui avaient fait comprendre qu’elle n’était pas faite pour le bonheur.

Les années étaient passées et Aurore n’avait jamais retrouvé la joie de vivre ; son fils était son seul rayon de soleil. Elle était fille unique et n’avait plus ses parents. Sans famille, elle vivotait, solitaire et dépressive.

Sa mère n’ayant bien souvent le courage de rien, Timothée prenait en charge beaucoup de choses ; régulièrement, il cuisinait, faisait les lessives, passait l’aspirateur. Cette vie ne lui pesait pas plus que ça ; il était simplement étonné, quand il allait passer des après-midis chez Jules ou Tommy, de les voir plaisanter et rire avec leur mère.

Timothée eut du mal à trouver le sommeil ce soir-là ; il cherchait un moyen de retrouver son père. Soudain il eut une idée ; comment n’y avait-il pas pensé plus tôt ! Il allait regarder sur le bottin téléphonique de sa mère, chercherait dans la vallée des Belleville toutes les personnes qui se prénommaient Eric ; il les appellerait et leur demanderait si elles avaient des chèvres. Puis quand il aurait trouvé cet homme, son père, il noterait l’adresse et lui écrirait.

Il lui dirait la tristesse de sa mère, il lui expliquerait qu’il fallait revenir, qu’il n’en pouvait plus, lui Tim, de n’être le fils de personne. Sûr que son père comprendrait et reviendrait. Satisfait de son idée, Timothée s’endormit avec un sourire sur les lèvres.

Le lendemain, en rentrant de l’école, le garçon mit son plan à exécution ; il s’installa à son bureau, prit l’annuaire, son cahier, et patiemment, releva tous les numéros des « Eric ». Il élimina les « Eric » des villes.

Pour Timothée, son père ne pouvait vivre qu’à la campagne, au milieu des chèvres. Il trouva vingt-sept noms, attendit que sa mère sorte faire des courses et commença à les appeler un par un en leur demandant s’ils avaient des chèvres.

Tim eut toutes sortes d’accueils, certains ne lui répondaient même pas et raccrochaient immédiatement, d’autres lui disaient de s’occuper de ses affaires. Un Eric, très gentiment, lui expliqua qu’il aurait adoré mais qu’il était âgé de quatre-vingt-six ans et qu’il était trop vieux pour s’occuper de chèvres. Quatre d’entre eux lui dirent qu’ils avaient des vaches et enfin un lui répondit qu’effectivement il avait quelques chèvres et lui demanda pourquoi il lui posait cette question. Timothée avait bien évidemment préparé une réponse :

- C’est pour l’école, Monsieur, on doit faire un exposé sur les chèvres mais je n’y connais rien et je n’ai pas internet.

- C’est bien, petit, pose-moi tes questions et j’y répondrai avec plaisir.

- C'est-à-dire que je n’ai encore rien préparé, j’attendais de trouver quelqu’un de sympa qui veuille bien me répondre. Le problème, c’est ma mère…

- Oui, et quel est le problème avec ta maman ?

- Ben, le téléphone, c’est cher ! Maman va râler ! Je ne pourrai pas plutôt vous écrire et vous me répondrez aussi par lettre ?

- Si tu veux. Mais ta mère est d’accord ?

- Oui, oui…

- Dis-moi, comment t’appelles-tu ?

- Timothée…

- Bon, Timothée, tu as de quoi noter, je te donne mon adresse ?

- Oh oui, M’sieur, vous êtes très gentil !

- Eric Bernard, comme le prénom.

- Avec un « D » à la fin ?

L’homme acquiesça et lui donna son adresse. Tim le remercia de nouveau et raccrocha, un sourire aux lèvres.

Ce soir-là, le jeune garçon imagina tout ce qu’il pourrait raconter à Eric et s’endormit, heureux.

Chapitre 2

Son chien, Sam, couché près de lui, Eric était assis sur son perron, une cigarette à la bouche, il admirait le paysage tout en pensant au jeune garçon ; son appel l’avait intrigué. Il avait senti dans la voix de Tim comme une prière et il n’avait pas eu le cœur à l’envoyer paître. Que lui voulait-il exactement ? Car Eric sentait bien que l’enfant ne lui disait pas la vérité. Bah, il verrait bien quand il recevrait sa lettre ! Il se replongea de nouveau dans la contemplation du paysage, un bien-être l’envahissait quand il voyait ces magnifiques montagnes, ces grandes prairies…