Survival Breizh - Yves Donguy - E-Book

Survival Breizh E-Book

Yves Donguy

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Beschreibung

Ce livre a été réalisé par Yves Donguy à l'aide de citations d'auteurs, d'extraits de textes littéraires, de traités historiques, de chartes, de contrats, de correspondances officielles, d'extraits d'articles de journaux, de statistiques économiques et démographiques. Le fil conducteur reste le peuple Breton luttant pour son existence.

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Seitenzahl: 470

Veröffentlichungsjahr: 2024

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Sommaire

Préface

Introduction

Mare an Henamzer

Ied-IIIed Kantvedoù

IVed Kantved

Ved Kantved

VIed Kantved

VIIed Kantved

VIIIed Kantved

IXed Kantved

Xed Kantved

XIed Kantved

XIIed Kantved

XIIIed Kantved

XIVed kentved

XVed Kantved

XVIed Kantved

XVIIed Kantved

XVIIIed Kantved1

XIXed Kantved

XXed Kantved

Préface

De la Culture à la Planète

J’ai fait la connaissance d’Yves Donguy en 1965, alors que nous avions tous les deux dépassé de peu l’âge de vingt ans. Il assistait à un cours d’histoire de la Bretagne que je donnais en tant qu’étudiant en histoire à Rennes au sein de la Jeunesse Etudiante Bretonne (JEB), l’université ne nous permettant pas de suivre cet enseignement. Yves avait déjà une excellente culture bretonne –notamment musicale, dansée et chantéesans doute pour partie acquise au sein du cercle celtique de Rennes, pour partie en autodidacte puisqu’il était déjà un grand lecteur de livres historiques.

Nous nous sommes aussi retrouvés dans la politique bretonne où l’on nous incitait aussi à découvrir nous-même la matière de Bretagne avant de la partager avec le groupe par des exposés. Une décennie plus tard, on se retrouvait encore chaque année aux assemblées gallèses avec leurs multiples débats et conférences. Au sein du mouvement « Bretagne gallèse », Yves acquit beaucoup de notions de linguistique et participa à des collectes aussi bien sur les langues de Bretagne que sur l’ethnologie. Quelques années plus tard, il travailla, y compris comme salarié, à collecter des mots et des définitions pour un grand dictionnaire de gallo. Parallèlement, Yves était présent et actif au sein de l’association environnementaliste Bretagne vivante, en s’occupant de l’entretien et de la sauvegarde d’une lande avec tourbière. Culture et environnement, deux engagements précoces auxquels Yves Donguy sera fidèle jusqu’au bout.

Sa volonté de se documenter aux meilleures sources l’amena à dépouiller de nombreux fascicules rédigés en allemand et consacrés aux dialectes romans d’un linguiste suisse de haut niveau1. Il devait les commander dans des universités d’Europe. Déjà utilisée dans plusieurs dictionnaires existants, une partie de ses travaux sur le gallo, désormais reconnus et rendus accessibles sur le site de l’Institut du gallo2.

L’apparition d’internet, y compris au point cybercommune de Plémet (à 15 m A-R de son domicile, malheureusement situé à l’époque en « zone blanche » !), devait donner une ampleur nouvelle à ses recherches.

Devant cet accès soudain à une documentation internationale, Yves Donguy s'est rendu compte de l'importance de la langue anglaise pour accéder aux actions menées dans le monde entier en faveur du combat pour l'environnement. Il s’est donné pour objectif de rendre une partie du patrimoine culturel immatériel breton (l'histoire, les langues, la civilisation) accessible au niveau mondial, vaste ambition qu'il a rendue concrète en entamant un dictionnaire anglais/breton et en donnant d'importants repères sur l'histoire de la Bretagne dans son contexte européen en s'appuyant sur des travaux réalisés dans toute l'Europe.

Travail méthodique, ingrat tellement il demande d'investissement en temps, en déplacements et en traduction, mais la publication de l'ébauche qui suit montre à quel point Yves Donguy était exigeant sur la qualité des sources et sur la rigueur scientifique de ce qu'il produisait. C'est un travail qui le met, pour la partie publiée ici, au niveau d'universitaires réputés et précurseurs dont Yves s’est imprégné, comme le fut Léon Fleuriot, linguiste et historien, dans ses "origines de la Bretagne" ou Jean-Pierre Chauveau, de l’université de Nancy, dans son travail sur le gallo (1984).

Son but : relier la défense des diversités culturelles à celle de la diversité des espèces, afin que l'on comprenne que défendre les espèces, sans défendre les créations humaines que sont les cultures n'a pas de sens. Donc engager un grand combat pour la survie des unes et des autres, sous le nom de “survival”.

Il s’agit d’un objectif ambitieux, intéressant et nouveau, mais presque surhumain ! Yves Donguy voulait rendre l'histoire de Bretagne au monde entier afin que l'on s'intéresse autant à sauver la culture bretonne qu'à sauver les espèces animales ou végétales menacées. Un combat pour la diversité des cultures et le respect des patrimoines du monde. Une pensée très originale, qui, par chance, peut enfin être pleinement reconnue.

Jean Jacques MONNIER

1 FEW, revue de Walther von Wartburg, dictionnaire étymologique des dialectes gallo-romains, 1922-1967

2 Site Institutdugalo.bzh

Introduction

C’est l’histoire du peuple breton, rapportée année après année. Les récits et les écrits des témoins des événements jalonnent le cheminement de ce livre. Cela commence au début du christianisme pour aller jusqu’à l’année 2006. Les guerres, la politique, la religion, tout ce qui touche à la vie de ce petit peuple qui se débat comme il peut dans les convulsions du monde européen nous touche et nous passionne peu à peu. Il y a des périodes difficiles où il semble sombrer, d’autres où il relève la tête. Des textes, parfois peu connus, nous font mieux comprendre la mentalité de l’époque.

Arrivée à une certaine prospérité, l’annexion brutale par un état voisin plus puissant, qui lorgnait depuis longtemps sur ses richesses traumatise la société bretonne. Les lois changent, les méthodes changent, la culture change, les Bretons doivent se battre pour d’autres, doivent payer pour d’autres. À tous ces bouleversements, les gens s’adaptent comme ils peuvent, souvent mal. La misère s’installe, l’économie plonge, le commerce extérieur s’effondre. Quand les révoltes grondent, la répression est forte. Mais le droit garantit encore quelques libertés qu’il faut défendre âprement. Quand la Révolution française éclate, le peuple s’y engouffre sans se douter de tout ce que cela implique, les dernières institutions bretonnes disparaissent. Après l’empire, le niveau de vie augmente, la démographie aussi, le monde industriel a besoin de bras. Les villes s’agrandissent, l’exode rural hors de Bretagne est souvent la seule issue. Le monde rural domine encore, mais les guerres se profilent et vont faire des ravages dans la population.

À l’école, l’élimination de la langue bretonne est le credo de la république française. Mais une minorité déterminée commence un long combat pour le maintien de la langue et de la culture. Les années 1960 apportent la société de consommation et la technocratie. D’autres changements se profilent à l’horizon : l’importance de l’écologie et une démocratie plus décentralisée.

Peu de Bretons connaissent leur Histoire. Si ce livre peut aider à combler des lacunes, il a sûrement son utilité.

Michel Donguy

Mare an Henamzer

On pense que les Celtes étaient, dès le IIIe millénaire (bronze ancien), présents dans les régions où ont été et sont parfois encore parlées, les langues celtiques : les îles Britanniques, la Bretagne et la côte atlantique, l’Ibérie. Cette zone correspond à celle de la culture campaniforme, car les sépultures renferment des gobelets céramiques en forme typique de cloche. (L’Âge du fer en France. Premières villes, premiers Etats celtiques. Pascal Brun, Pascal Ruby, La Découverte, 2008).

Procope (de Césarée, est un historien byzantin né vers 500 après JC)

Les marins armoricains, « quand ils traversent dans leurs propres bateaux, sans employer les voiles, en ramant, font avec difficulté le voyage en une nuit et un jour ».

Tacite (historien romain, né en 58)

Les habitants de la Bretagne « …les plus voisins des Gaulois leur sont aussi ressemblants, soit que persiste une communauté d’origine, soit que, dans ces pays orientés à l’encontre l’un de l’autre, le climat ait formé les corps. Cependant, en gros, on peut croire que les Gaulois ont envahi l’île en raison de sa proximité. On peut y remarquer leur culte, leurs croyances superstitieuses ; les langues diffèrent peu ».

César

« Ce peuple (les Venètes) est de beaucoup le plus puissant de toute cette côte maritime : c’est lui qui possède le plus grand nombre de navires, flotte qui fait le trafic avec la Bretagne ; il est supérieur aux autres par sa science et son expérience de la navigation ; enfin, comme la mer est violente, et bat librement une côte où il n’y a que quelques ports dont ils sont les maîtres, presque tous ceux qui naviguent habituellement dans ces eaux sont leurs tributaires ». « (Les Vénètes) s’assurent pour cette guerre l’alliance des Ossismes, des Lexoviens, des Namnètes, des Ambiliates, des Morins, des Diablintes, des Ménapes ; ils demandent du secours à la Bretagne, qui est située en face de ces contrées ». César voulut néanmoins partir pour la Bretagne, parce qu’il se rendait compte que, dans presque toutes les guerres que nous avions faites contre les Gaulois, ceux-ci avaient reçu des secours de la Bretagne ». « On croit que leur doctrine (celle des druides) est née en Bretagne et a été apportée de cette île dans la Gaule ; de nos jours encore ceux qui veulent en faire une étude approfondie vont le plus souvent s’instruire là-bas ».

Strabon (géographe et historien grec né vers 60 avant J.C.)

« Après les peuples dont nous venons de parler (Parisii, Meldi, Lexovii, Remi), il reste en fait de peuples belges que ceux qui habitent le littoral océanique. Ce sont, en premier lieu, les Vénètes qui livrèrent à César une bataille navale dans le dessein de l’empêcher de passer avec ses navires en Bretagne, cette île leur servant de marché ».

Ied-IIIed Kantvedoù

Bloavezh 43

Claude soumet la partie méridionale de la Grande-Bretagne.

Un réseau de voies romaines, dont plusieurs remontent à des chemins proto-historiques, reliait les agglomérations d’Armorique et des vici moins importants. Ce réseau fut amélioré quand les Romains occupèrent la Grande-Bretagne dans la seconde moitié du 1er siècle de notre ère, ce qui fait penser que les relations Armorique-Grande-Bretagne ont été renouvelées à ce moment.

Pengwern (royaume gallois)

Bloavezh 161

Soulèvement en Grande-Bretagne et chez les Séquanes (peuple gaulois du Jura.)

Bloavezh 180

Troubles dans l’île. Le mur d’Antonin est abandonné.

Bloavezh 184

Troubles en Armorique. Artorius Castus, à la tête de troupes bretonnes, réprime la révolte.

Bloavezh 258

Première grande invasion en Gaule.

Bloavezhiou 270-280

Piraterie en mer du Nord.

Bloavezh 276

Nouvelle grande invasion en Gaule ; enfouissement de nombreux trésors. (Cf. Trésor de Landebaëron (5086 pièces), enfouis de 260 à 283.)

Bloavezhiou 287-288

Le Ménapien (peuple de la Gaule belge) Carausius se révolte en Grande-Bretagne. Il établit son pouvoir sur les deux rives de la Manche.

Bloavezh 293

Allectus tue Carausius et le remplace. Constance Chlore (empereur romain 305-306) reprend Boulogne aux forces révoltées.

Bloavezh 296

Constance Chlore passe en Grande-Bretagne. Il bat

Allectus et réunit à nouveau l’île à l’empire.

Depuis le 4° siècle

Incursion des Scots (Irlandais) sur toute la côte Ouest en Ecosse, Pays de Galles, Cornwall surtout.

IVed Kantved

Bloavezh 314

Présence de trois évêques bretons au concile d’Arles.

Bloavezh 353

Magnence, fils d’un Lète (colon établi sur la rive gauche du Rhin à la solde de l’empire romain) Breton, se proclame empereur. Il est battu par l’empereur d’Orient Constance II et se tue.

Bloavezh 358

Saint Hilaire de Poitiers, exilé en Phrygie, dédie son traité De Synodis, aux évêques des provinces bretonnes.

Bloavezh 359

Plusieurs évêques bretons au concile de Rimini.

Bloavezh 363

Saint Athanase range toujours la Bretagne parmi les nations demeurées fidèles à la doctrine catholique.

Bloavezh 377

Niall « aux Neuf Otages » (377-405) préfigurait la tendance à désigner un Ard Ri ou Roi suprême d’Irlande : sa lignée, la célèbre famille des O’Neill, donnera de nombreux « rois suprêmes » à l’Irlande.

Bloavezh 383

A la tête de l’armée de Grande-Bretagne, Maxime passe sur le continent. Il établit sa capitale à Trèves, domine l’île et la Gaule.

L’empereur Gratien est battu et tué.

Bloavezhiou 383-387

Coexistence entre Maxime et Théodose.

Bloavezhiou 387-388

Maxime passe en Italie ; après des succès initiaux, il est battu dans la région de la Slovénie actuelle. Maxime meurt ; Théodose est clément envers ses partisans.

Bloavezh 388

La jeunesse bretonne et les chefs qui suivirent Maxime ne reviennent pas dans l’île. Une partie périt ; le reste demeure sur le continent, sans doute en Armorique.

Le rêve de Maxime

Alors Kynan dit à son frère Adeon : « Que veux-tu, demeurer dans ce pays ou retourner au pays d’où tu viens ? » Il fut d’avis de retourner au pays et beaucoup d’hommes avec lui. Kynan resta avec l’autre partie pour habiter (dans leur conquête). Ils résolurent de couper les langues des femmes de peur que leur langue ne fût corrompue. Du fait que les femmes étaient silencieuses, on les appela gens de « Bretagne – Llydaw » (jeu de mots avec Lled-daw, « se taire à demi »). Par la suite, vinrent et viennent encore de (l’île de) Bretagne des hommes parlant cette langue. L’on appelle cette histoire le rêve de Maxen Wledic, empereur de Rome…

Dissentiments assez graves parmi les évêques d’outre-Manche. Saint Victrice, évêque de Rouen, fut obligé de passer la mer pour rétablir la paix parmi eux.

Ved Kantved

Bloavezh 404

Le roi suprême d’Irlande Niall des 9 otages est tué dans une rencontre navale avec les Romains (?) (cf. Demougeot, p. 27).

Bloavezh 405

Pélag (moine breton, jugé hérétique) à Rome, aux temps du pape Anastase.

Bloavezh 406 Grande invasion en Gaule des Vandales, Alains et

Suèves. (S., Chronica Gallica, Prosper, Zosime VI, 3)

Bloavezh 407

Invasions dans l’île de Saxons (et Frisons et Francs ?). Des généraux, Marc, Gratien puis Constantin, repoussent les Barbares. (S., Chronica Gallica, Zosime VI fin de C. 3).

Constantin, chef de l’armée de Bretagne, passe en Gaule. Il vainc les Barbares, rétablit provisoirement le Limes (système de fortifications délimitant l’empire romain) du Rhin, s’entend avec les Bagaudes. Il établit sa capitale à Arles et s’associe son fils Constant 5S., Chron. D’Anjou, p. 10, Chronica Gallica, Procope III, 2, 31, Sozomène, Zosime VI, 4, 5).

Kustennin (Constantine, roi gallois, grand-père d’Arthur)

Les Bagaudes (bandes armées de paysans, d’esclaves et de déserteurs) dominent le Nord de la Gaule et les campagnes, Constantin, les villes et le Sud.

Bloavezh 408

Participation des Bretons aux révoltes de Bagaudes.

L’Armorique, imitant les Bretons, se rend autonome à l’égard de l’Empire. On a noté le « parallélisme » ou l’identité de ce mouvement avec celui des Bagaudes.

(Les barbares d’au-delà du Rhin) « envahissant à leur aise toutes ces contrées, mirent les habitants de l’île de Bretagne et quelques-uns des peuples celtes dans la nécessité de se séparer de l’empire des Romains et de vivre par eux-mêmes, sans plus obéir à ses lois. Les gens de la Bretagne prirent donc les armes et, affrontant le danger pour leur intérêt, délivrèrent leurs villes des barbares qui les infestaient. Toute l’Armorique et les autres provinces des Gaulois, à l’exemple des Bretons, se rendirent libres de la même façon, chassant les magistrats romains et constituant à leur gré, chez elles, un gouvernement national. » (Zosime V – chap. V et VI) (Zosime est un historien grec de la fin du Vème siécle).

Bloavezh 409

Echecs de Sarus, général d’Honorius, contre Constantin et les Bagaudes.

Honorius reconnaît Constantin (provisoirement) comme collègue et Auguste (Lot, 1940, p. 40).

En septembre-octobre 409, les Vandales et les Suèves passent en Espagne, sans doute en raison d’échecs subis devant Constantin, l’armée de Bretagne et les Bagaudes. Voyage de Pélage en Sicile, en compagnie de Celestius.

Bloavezhiou 410

Départ des dernières troupes romaines. Les Romains confient la défense de l’île à une fédération de villes à

l’Est, à des royaumes indigènes au Nord et à l’Ouest comme au Sud-Ouest.

Cette organisation résistera près d’un siècle et demi contre les Pictes, les Scots et surtout les Saxons.

Le Breton Iumadus, après un combat heureux contre Boso « consul » de Chartres, obtient et fortifie Blois.

Août 410, Alaric (roi des Wisigoths 395-410) prend Rome et meurt à la fin de 410.

Constantin envahit l’Italie sous couleur d’aider Honorius contre Alaric et parvient jusqu’ à Vérone.

Gerontius, général Breton de Constantin, envoyé en Espagne, se révolte contre Constantin. Il bat et tue Constant, fils de Constantin, qui se réfugie dans Arles.

Gerontius établit à Tarragone un empereur à lui (Maxime).

Constance, général Illyrien d’Honorius, et le Goth Ulphilus battent Edobinc, général Franc de Constantin. Gerontius est battu à son tour et tué avec sa femme Nonnichia (S., Sozomène IX, XIII) (Historien chrétien 400-450).

Constantin et son second fils Julien sont pris dans Arles et tués près du Mincio (rivière en Italie). (Selon Ashe, 1960, p. 67, il est devenu le « Bendigeit Custennin » des traditions galloises.)

Bloavezh 411

La défense des territoires ossisme et vénète confiée à des foederati bretons depuis Constantin ? Renforcement ultérieur de ces éléments par Germain d’Auxerre ?

Pélage à Carthage.

Bloavezh 408-417

L’Armorique et la Gaule du Nord semblent demeurer autonomes de 408 à 417. Iovin, continuateur de Constantin se maintient à Mayence et Trèves (Lot, 1940, p. 43).

Bloavezh 413

En mai 413, Jovin est battu et tué en Gaule du Nord-Est.

Bloavezh 415

Pélage au concile de Diospolis (ville de haute-Egypte).

Bloavezh 417

A l’Assemblée annuelle du vicariat des Gaules à Arles, en 417, la Gaule du Nord reste absente. Les Wisigoths dominent l’Aquitaine, les Burgondes, le Rhin supérieur en tant que foederati (Lot, 1940, p.49 et note 60).

Exuperantus, général romain (né à Poitiers), vainc les Armoricains et les Bagaudes. L’autorité de l’empire est rétablie un temps sur la Gaule (Sources, Rutilius ; Chadwick, 1969, p. 144, 149 ; Jullian, H. Gaule, t. VIII, p. 176).

Les Bretons luttent contre des invasions de Pictes au Nord, de Scots à l’Ouest et sans doute de Saxons à l’Est dès cette époque.

Bloavezh 418

Pélage à Jérusalem.

Bloavezh 424

Exuperantius est tué à Arles.

Bloavezh 428

Appel de Vortigern aux Saxons.

Vers 428, arrivée de Hengist et Horsa (chefs jutes, danois)? (Morris, 1973, p. 40, 512…).

Vortigern, roi suprême des Bretons, fait appel aux Saxons contre les Pictes et les Scots.

Les Saxons repoussent ces derniers mais commencent à s’installer en Grande-Bretagne.

Palladius, peut-être le fils d’Exuperantius, suggère d’envoyer Germain en Grande-Bretagne avec Loup d’Auxerre ; Loup avait été moine à Lérins.

Bloavezh 429

Première mission de Germain d’Auxerre, avec Saint Loup de Troyes.

Victoire sur les Pictes.

Bloavezh 431

D’après Prosper d’Aquitaine, le pape Célestin envoya, en 431, aux Scots « qui croyaient dans le Christ », comme leur premier évêque, Palladius, ordonné par lui.

Bloavezh 432

Etablissement de grands monastères dans le Sud-Galles, sur la basse Severn, en Armorique, Iles du Trieux.

Patrice fait voile sur l’Irlande.

Bloavezh 435

L’émigration bretonne semble encadrée à partir de ces centres. « Nouvelle alliance » entre Rome et les Bretons remplaçant les rapports de sujétion.

Rôle diplomatique de Germain sur le continent, en particulier chez les Armoricains. Il intercède pour eux et demande des allègements d’impôts. (S., Vie de Germain ; Chadwicck, 1969, p. 150).

Bloavezhiou 435-437

Les Romains aident les Bretons dans l’île. Les Bretons

aident les Romains en Gaule.

Bloavezhiou 437-438

Révolte d’Ambrosius contre Vortigern, il combat Guitolin à Car Guoloph (bataille entre Ambrosius et les saxons). Ambrosius dirige la résistance contre les envahisseurs.

Nouvelle révolte des Bagaudes (et des Armoricains). Majorien, général romain, doit les combattre sur la Seine, la Loire, le Clain, l’Allier, et défend Tours contre eux (Lot, 1940, p. 61, note 27 ; Loyen, Recherches, p. 66).

Tibatto, chef des Bagaudes, est pris et tué. Les vainqueurs, Lithorius et ses mercenaires Huns, reviennent vers le Sud de la Gaule (S., Sidoine, Carm. VIII, 209, éd. Loyen, t. I, p. 64).

Bloavezh 439

Les Pictes et les Scots demeurent actifs et menaçants.

Des auxiliaires de diverses nationalités (Gaulois, Francs, Romains, Bretons, Scots) viennent rejoindre Patrice en Ilrlande.

Bloavezhiou 441-442

Les Saxons commencent à débarquer en force au Sud-Est (Lot, 1940, p. 64).

Saint Patrice à Rome (?).

Bloavezh 444

Patrice fonde le siège d’Armagh, destiné à devenir le siège épiscopal de l’Irlande.

Bloavezhiou 443-444 (447 ?)

Deuxième mission de Germain d’Auxerre, avec Sévère de Trèves, entre 441 et 445 (Chadwick, 1969, p. 145 corrigée par Thomson, Ann. Boll., t. 75, p. 135 sq.).

Bloavezh 445

Bataille d’Aegels-trep (Aylesford) (bataille entre Vortigern et les anglo-saxons), où Horsa est tué.

Bloavezh 447

Saint Germain aurait ordonné prêtre, sans doute lors de son second voyage, Iltut, qui fonda le monastère de Llantwit, où il eut pour disciples les saints, Samson, Pol Aurélien, et, peut-être, Gildas, lesquels devaient, dans la suite, passer en Armorique, et, peut-être encore, saint David.

Bloavezh 448

Malgré une nouvelle intervention de Germain en leur faveur, les Bagaudes et Armoricains révoltés sont battus par Aetius et ses alliés, les Alains de Gohar et les mercenaires Huns en 448 ? (Thomson, Ann. Boll., t. 75, p. 135-138; Lot, 1940, p. 62 Chadwick, 1969, p. 150-153; Loyen, Rev. Et. Anc., t. 74, p. 153 sq.). Les efforts de Germain pour rétablir la paix entre Rome, les Armoricains et les Bretons réussiront, mais après sa mort.

L’Armorique est pacifiée (S. Merobaudes, Panégyrique d’Aetius sans doute pour son 3e consulat).

31 juillet 448 Mort de saint Germain d’Auxerre à Ravenne.

Bloavezhiou 451-457

Continuation des luttes indécises entre Bretons, d’une part, Scots, Pictes et Saxons, d’autre part.

Kent.

Bataille de Crecganford (Crayford), qui fait perdre aux Bretons le comté de

Bloavezh 451

Grande invasion hunnique en Gaule.

Les Bretons et Armoricains participent à la lutte contre Attila.

Eté 451 Attila est vaincu à la Grande bataille de Campus Mauriacus (Champs Catalauniques) (Lot, 1940, p. 66).

La Gaule est peu à peu divisée en aires d’influences : au Nord-Est les Francs, au Sud-Ouest les Wisigoths, au Sud-Est les Burgondes, au Nord-Ouest Romains, Armoricains et Bretons.

Bloavezh 452

Les Goths et d’autres Barbares détruisent Brest (S., Vie S. Goueznou ; Chronique de Saint Brieuc).

L’Armorique est dévastée par les Goths, les Frisons et les Saxons (S., Sidoine, Carm. VII, 369, 370 ; A. Loyen, éd. Sidoine, t. I, p. 68).

Chariatone (évêque des Bretons ?) au concile d’Angers.

Bloavezh 454

Après la mort de Valentinien III, l’empereur Avitus (455-456) est soutenu par l’Armorique (Sidoine, Paneg.

Dict. Avito Aug., p. 369 sq.) (Sidoine appollinaire 430486 évêque gallo-romain).

Bloavezh 455

Bataille d’Aegelesthrep, Horsa et un des fils de Vortiigern tués.

).

Les Saxons vainqueurs à Crecgan Ford (Stenton, 1950, p. 16

Bloavezhiou 450-470

Les Saxons connaissent une première période de succès dans le Sud de l’île. Ils s’établissent solidement dans le Kent et une bande côtière allant jusqu’au golfe du Wash. Aegidius « maître de la milice » (460-464) appuyé par les Francs (et les Bretons ?) refoule les Alains et les Wisigoths sur la Loire (Lot, 1940, p. 82).

Bloavezh 461

Mansuetus,évêque des Bretons, est l’un des 8 évêques de la province de Tours au concile de 461 à Tours. Les établissements bretons se multiplient. Mort de Saint Patrice (?).

Bloavezhiou 450-460

Ambrosius Aurelianus réussit à abattre Vortigern après une longue lutte pendant laquelle il doit se réfugier en Armorique. Puis Ambrosius combat les Saxons. Selon Gildas, tantôt les Bretons, tantôt les ennemis sont vainqueurs. Longue guerre indécise.

Bloavezh 465

Bataille de Wippedes Fleot (Ebbsfleet ?)

Etablissements Saxons en –ing dans le Kent (Stenton, 1950, p. 16-17).

Vers 465, Concile de Vannes. Dispositions contre des usages d’observance dans la région, etc.

Bloavezh 468

L’empereur Anthemius demande l’aide des Bretons (et non des Francs) contre les Wisigoths. Le roi des Bretons Riothamus (Ambrosius Aurelianus lui-même ?) débarque avec 12000 (?) hommes et rejoint les groupes de Bretons déjà établis en Gaule « supra Ligerim ». Sidoine écrit début 469 (Epist. I, 7) qu’Arvandus, préfet des Gaules, pousse Euric, roi des Wisigoths, à attaquer les Bretons afin de partager la Gaule avec les Burgondes (on notera qu’il n’est plus question des Francs).

« L’empereur Antemius demanda l’aide des Bretons. Leur roi Riothime, débarqua de l’océan et vint avec 12000 hommes sur le territoire de Bourges. Mais Euric dirigea une immense armée de Wisigoths, triompha de Riothime avant que les Romains ne pussent faire leur liaison. Riothime, ayant perdu une partie de ses troupes, s’enfuit chez les Burgondes. » (Jordanes, D’origine actibusque Getarum, éd. Mommsen, M.G.H., AA, V, p. 118.) (Jordanés, historien de langue latine du VIème siécle)

« Un message était adressé au roi des Goths (Euric)…, lui montrait la nécessité d’attaquer les Bretons installés au nord de la Loire… » (Sidoine, Lettres, livre I, 7, 5, éd. Loyen, Paris, 1970, II, p. 22. Lettre de 469.)

Bloavezh 469

Bataille de deux jours à Déols (près de Chateauroux). Euric vainc Riothamus avant qu’une armée romaine ne le rejoigne. Riothamus se réfugie chez les Burgondes alliés avec le reste de ses forces.

Bloavezh 470

Sidoine écrit de Lyon à Riothamus pour lui réclamer des esclaves que les Bretons ont poussés à la fuite. Il vante les sentiments de justice de Riothamus et décrit ses forces comme encore puissantes.

« Sidoine à son cher Riothime… Le porteur de ma lettre… se plaint que ses esclaves soient partis, débauchés en secret par des Bretons. J’ignore si l’accusation est fondée, mais en mettant les parties en présence… Je pense que ce malheureux pourra apporter la preuve de ce qu’il avance, si toutefois un homme seul, sans armes, sans forces, gauche, étranger et pauvre au milieu de gens subtils, armés, bruyants, confirmés dans leur obstination par leur courage, leur nombre, le soutien des camarades, peut être entendu selon les règles de l’équité et de la justice. » (Sidoine, livre III, 9, 2, éd. Loyen, I, p. 98. Lettre de 470.)

Bloavezhiou 470-485

Période de succès d’Ambrosius Aurelianus qualifié de « roi des Bretons Armoricains et des Francs » sur le continent et dans l’île.

Bloavezh 472

Les Wisigoths s’étendent en Auvergne et autour de Clermont. Aucune action des Romains du Nord et des Bretons n’est menée contre eux. Depuis 465 jusqu’en 475, guerre entre les « Romains » (y compris les Bretons) et les Francs de Childéric dont la domination est limitée à la Somme.

Bloavezh 473

Alternatives d’échecs et de succès des Britto-Romains menés par Ambrosius contre les Saxons.

Riothamus (Ambrosius roi des Bretons et des Francs ?) participe sans doute à la lutte contre les Francs dans le Nord de la Gaule et contre les Saxons en Grande-Bretagne.

Bloavezh 477

Colonisation du Sussex.Aelle (roi anglo-saxon) débarque à Selsey, avec ses trois fils, Cymen, Wlencing et Cissa et repoussent les Bretons vers la forêt d’Andreds-lea (Kent et Sussex).

Bloavezhiou 480-485

Date la plus probable pour la bataille du Mons Baldonicus.

Bloavezh 485

Disparition d’Ambrosius ?

Bloavezh 488

Mort de Hengist.

Bloavezh 491

Sac d’Andérida (Pevensey) par les Saxons qui restent confinés sur les côtes est et sud-est, mais fondent le royaume de Sussex.

Clovis « retournant de Saxe » bat les Bretons sur la Loire et prend Blois (S., Chron. Anjou, p. 23).

Guerre entre Francs d’une part, Armoricains et Bretons de l’autre. Siège de Nantes par Chillon.

Ne pouvant vaincre, les Francs signent un traité (S., Procope V, 12).

VIed Kantved

Bloavezhiou 490-510

Période de l’activité d’Arthur (Alcock, 1971, p. 55).

BB : Bale Arzur

La marche d’Arthur

Allons, allons, allons au combat ! allons parent, allons frère, allons fils, allons père ! allons ! allons ! allons tous ! allons donc, hommes de cœur !

Le fils du guerrier disait à son père un matin : - Des cavaliers au sommet de la montagne !

Des cavaliers qui passent montés sur des coursiers gris qui reniflent de froid !

Rangs serrés six par six ; rangs serrés trois par trois ; mille lances brillant au soleil.

Rangs serrés deux par deux, suivant les drapeaux que balance le vent de la Mort.

Neuf longueurs d’un jet de fronde depuis leur tête jusqu’à leur queue.

C’est l’armée d’Arthur, je le sais ; Arthur marche devant en haut de la montagne.

Si c’est Arthur, vite à nos arcs et à nos flèches vives ! et en avant à sa suite, et que le dard s’agite ! –

Il n’avait pas fini de parler que le cri de guerre retentit d’un bout à l’autre des montagnes :

« Cœur pour œil ! tête pour bras ! et mort pour blessure,

« Dans la vallée comme sur la montagne ! et père pour mère,

« Et mère pour fille !

« Etalon pour cavale, et mule pour âne ! chef de guerre

« Pour soldat, et homme pour enfant ! sang pour larmes, et flammes pour sueurs !

« Et trois pour un, c’est ce qu’il faut, dans la vallée comme

« Sur la montagne, jour et nuit, s’il se peut, jusqu’à ce que les vallées roulent des flots de sang.

« Si nous tombons percés dans le combat, nous nous baptiserons avec notre sang, et nous mourrons le cœur joyeux. »

« Si nous mourons comme doivent mourir des chrétiens, des Bretons, jamais nous ne mourrons trop tôt ! »

Bloavezh 497

Le traité de 497 reconnaît aux Armoricains et Bretons l’exemption du tribut, une certaine autonomie, aux Bretons un territoire accru (de la cité de Curiosolites ?) ; en revanche les Armoricains et les Bretons reconnaissent la suprématie des Francs et s’allient à ceux-ci. La conversion de Clovis est un élément de cette négociation menée par les évêques.

Bloavezhiou 481-500

Bataille du Mont-Badon (bords de la Severn ?), qui paraît avoir porté un coup sensible aux Saxons et où se serait signalé le celèbre Arthur.

Les Saxons sont arrêtés durant 44 ans (S., Gildas ; Bède, H. Ecl., I, XVI ; Loth, Emigr. Bret., p. 27, n° 1, p. 156).

La ligne York-Bedford-Oxford-Southam- pton marque l’avance saxonne jusque vers 550 (Jackson, 1953, carte p. 208-209.

Vers 500, Eusebius « roi de Vannes » réprime une révolte à Comblessac. (S., Vie Saint Melaine).

Bloavezh 501

Port (roi anglo-saxon) et ses deux fils, Bieda et Maegla, quittent la Germanie et s’établissent à Portsmouth.

Bloavezh 509

Un nouveau groupe de Saxons débarque en Bretagne.

Les Bretons Domnonii (comtés actuels de Cornwall, de Devon et peut-être de Somerset) et Cornovii (depuis l’embouchure de la Deva, le long de la rive gauche de la Severn, peut-être jusqu’à son embouchure) luttent pour leur territoire

Bloavezh 511

Grande migration menée par Riwal, descendant de Ivor et de Cadwaladr, en Domnonée.

« … Enfin le petit nombre, le tout petit nombre des Bretons qui avaient pu échapper avec peine à la menace de l’épée, abandonna le pays natal pour gagner bien à contrecoeur une terre étrangère, celle des Scots, quoique ce fût une terre ennemie, ou celle de Belgique.

Parmi ceux-ci, il y avait un homme illustre nommé Fracan, en qui résidait l’espoir d’une sainte postérité. Cet homme était le cousin de Catovius, roi breton, personnage qui jouissait d’une grande réputation dans le siècle ; mais la sainte semence était encore cachée dans ses flancs. Fracon avait deux jumeaux appelés Guénoc et Jacut. Leur mèr, qui portait le nom de Blanche, fut surnommée « aux trois mamelles » parce qu’elle avait autant de mamelles que de fils ; en effet, la sœur ne doit pas entrer en ligne de compte dans le calcul des mamelles parce qu’on n’a pas l’habitude de tenir par écrit la généalogie des femmes. Cet homme, dis-je, étant monté sur un navire, se dirige sur l’Armorique qui était alors réputée pour posséder un espace de terre ombragé, calme et encore à l’abri du fléau. Il traversa avec quelques compagnons la mer britannique, et grâce à une brise qui soufflait légèrement, il aborda dans un port appelé Bréhec. Il en parcourut aussitôt les alentours et, ayant découvert un domaine assez vaste qu’entouraient de tous côtés des bois et des ronces, mais qui était riche parce que la rivière dite du Sang l’arrosait, il s’y installa et commença à y vivre avec les siens, dans la prospérité.

Vers la même époque, tandis que grossit progressivement le nombre de ses compagnons et qu’il nage dans l’opulence, un troisième fils, figuration de la Sainte Trinité, est attendu. C’était vraiment trop peu de n’avoir que deux fils. La femme, pleine de bonheur, pressent qu’elle a conçu dans son sein ; le mari, de son côté, joyeux de la grossesse de son épouse, éprouve dans son cœur une grande allégresse parce qu’il espère laisser derrière lui un héritier. Tous espèrent la venue du grand jour où naîtra l’enfant.

Enfin arriva ce jour tant désiré où une vraie lumière, souhaitée de longue date, se manifesta au pays, ce jour, dis-je, qui devait paraître plus brillant que tous les autres aux Armoricains occidentaux. Celui qui vient de naître reçoit le nom pur de Guénolé. » (Vie de saint Guénolé ; Ed. et trad. R. Latouche, Mélanges d’Histoires de Cornouaille, Paris, 1911, p. 98.)

27 nov. 511 Mort de Clovis ; ses quatre fils se partagent le royaume.

Bloavezh 512

Longue période de paix extérieure, dit Gildas, mais les luttes entre Bretons continuent.

Vers 512, Riwal arrive en Domnonée avec l’accord de Clothaire qui régnera de 511 à 561 sur la gaule de l’Est. La capitale de Clotaire est Soissons. Childebert, roi de 511 à 558, roi du Nord-Ouest de la Gaule, sera le grand rival de Clotaire après la disparition des autres frères. Childebert favorise les Bretons.

Bloavezh 515.

Les évêques gallo-romains écrivent aux prêtres Louocat et Catihern sur les usages bretons ; les conhospitae en particulier.

« A nos bien heureux seigneurs et frères en Jésus-Christ, Lovocatus et Catihernus, prêtres, Licinius Melanius et Eustochius, évêques.

Par un rapport du vénérable prêtre Speratus, nous avons appris que vous ne cessez point de porter chez vos compatriotes, de cabane en cabane, certaines tables sur lesquelles vous célébrez le divin sacrifice de la messe, avec l’assistance de femmes auxquelles vous donnez le nom de conhospitae ; pendant que vous distribuez l’eucharistie, elles prennent le calice et osent administrer au peuple le sang du Christ.

C’est là une nouveauté, une superstition inouïe ; nous avons été profondément contristés de voir réapparaître de notre temps une secte abominable, qui n’avait jamais été introduite en Gaule ; les Pères orientaux l’appellent Pépodienne, du nom de Pépodius, auteur de ce schisme. A l’égard de quiconque oserait s’associer des femmes dans le divin Sacrifice, ils ont décidé que tout partisan de cette erreur doit être exclu de la communion ecclésiastique.

Aussi avons-nous cru devoir vous avertir et vous supplier, pour l’amour du Christ, au nom de l’unité de l’Eglise et de l’intégrité de notre commune foi, de renoncer, aussitôt que la présente lettre vous sera parvenue, à ces abus des tables en question, que nous ne doutons pas avoir été consacrées comme il convient par des prêtres, et de ces femmes que vous appelez conhospitae, d’un nom qu’on entend ni ne prononce sans une certaine frayeur d’âme, d’un nom propre à diffamer le clergé et à jeter la honte et le discrédit sur notre sainte religion.

C’est pourquoi, selon les décisions des pères, nous ordonnons à votre charité, non seulement d’empêcher ces femmelettes de souiller les sacrements divins en les administrant illicitement, mais encore de n’admettre à habiter sous votre toit aucune femme qui ne soit votre mère, votre aïeule, votre sœur ou votre nièce, les contrevenants devant être éloignés du seuil sacrosaint de l’Eglise, conformément aux canons.

C’est pour vous un devoir, très chers frères, si les choses se passent ainsi qu’on nous l’a fait connaître, d’y apporter la plus prompte correction : il importe au salut des âmes et à l’édification du peuple qu’une si honteuse dérogation à la règle ecclésiastique soit rectifiée sans retard ; il ne faut pas qu’en vous obstinant dans cet abus vous vous exposiez à une plus grande confusion, ni que nous soyons obligés par un refus contraire à la charité, de venir à vous, tenant en main la verge apostolique, et de vous livrer à Satan pour que l’esprit puisse être sauvé par le châtiment de la chair. Livrer quelqu’un à Satan, c’est l’exclure, pour faute grave, du troupeau de l’Eglise et le laisser dévorer par les démons, comme par des loups rapaces. L’Evangile aussi nous rappelle nos devoirs, quand il nous parle des membres qui scandalisent, c’est-à-dire de ceux qui introduisent l’hérésie dans l’Eglise catholique. Il vaut mieux retrancher un membre qui souille l’Eglise que de la laisser entraîner tout entière dans la perdition.

Nous pourrions en dire bien davantage : que ces quelques mots vous suffisent. Prenez à cœur la charité et l’unité de la communion… »

Bloavezh 519

Fondation du royaume de Wessex.

Bloavezh 520

Fondation de Clonard (abbaye irlandaise), dans le Meath, par Saint Finnian.

Bloavezh 527

Un grand nombre d’émigrants quittent la Germanie et viennent fonder les Etats d’Est-Anglie et de Mercie.

Bloavezh 535

Dalmas, évêque des Rutènes (Rodez), allant voir Theudebert petit-fils de Clovis (règne 534-547 ; voir Stenton, 1950, p. 8), rencontre non loin d’Orléans une « legio britannica ».

Bloavezhiou 538-540

Bataille de Camlann, mort d’Arthur ? (Ashe, 1960, p. 246).

Fondation de l’abbaye de Moville, non loin du Strangford Lough, dans l’Ulster, par un autre Finnian.

Bloavezhiou 541-542

La peste ravage l’Occident (Lot, 1940, p. 387 ; Ashe, 1960, p. 254).

La peste d’Elliant

Entre Langolen et le Faouet, habite un saint Barde, qu’on appelle Père Rasian ;

Il a dit aux hommes du Faouet : Faites célébrer chaque mois une messe, une messe dans votre église.

La peste est partie d’Elliant, mais pas sans fournée : elle emporte sept mille cent âmes !

En vérité, la Mort est descendue dans le pays d’Elliant, tout le monde a péri, hormis deux personnes,

Une pauvre vieille femme de soixante ans et son fils unique.

« La peste est au bout de ma maison, disait-elle ; quand Dieu voudra elle entrera ; lorsqu’elle entrera, nous sortirons, »

Sur la place publique d’Elliant, on trouverait de l’herbe à faucher,

Hormis dans l’étroite ornière de la charrette qui conduit les morts en terre.

Dur eût été le cœur qui n’eût pas pleuré, au pays d’Elliant, quel qu’il fût,

En voyant dix-huit charrettes pleines à la porte du cimetière, et dix-huit autres y venir.

Il y avait neuf enfants dans une même maison, un même tombereau les porta en terre,

Et leur pauvre mère les traînait. Le père suivait en sifflant… Il avait perdu la raison.

Elle hurlait, elle appelait Dieu, elle était bouleversée corps et âme :

Enterrez mes neufs fils, et je vous promets un cordon de cire qui fera trois fois le tour de vos murs.

Qui fera trois fois le tour de votre église, et trois fois le tour de votre asile.

J’avais neuf fils que j’avais mis au monde, et voilà que la Mort est venue me les prendre,

Me les prendre sur le seuil de ma porte ; plus personne pour me donner une petite goutte d’eau ! –

Le cimetière est plein jusqu’aux murs ; l’église pleine jusqu’aux degrès ;

Il faut bénir les champs pour enterrer les cadavres.

Je vois un chêne dans le cimetière, avec un drap blanc à sa cime : la peste a emporté tout le monde.

Bloavezhiou 544-548

Fondation de plusieurs monastères dont le principal fut

Clonmacnois, sur la rive gauche du Shannon.

Bloavezh 547

Etablissement du royaume de Northumbrie, sous Ida (roi anglo-saxon).

Bloavezhiou 547-548

« Mortalitas Magna ». Maglocune (Maelgwin de Gwynedd) en meurt (Chadwick, 1960, p. 171).

Bloavezhiou 547-549

Ida, roi de Northumberland.

En ce temps-là, Dutigern (Eudeyrn) combattait vaillamment contre la nation des Angles. C’est alors que Talhaearn tat Aguen s’illustra par ses poèmes. A la même époque Neirin (Aneirin), Taliesin, Bluchbard et Cian (encore appelé Gueinth Guaut) s’illustrèrent dans la poésie bretonne. (Historia Britonum)

Taliesin, originaire du vieux royaume du Powys, a commencé sa carrière à la cour de Kynan Garwyn, puis devient barde attitré d’Urien. Il survécut à Urien et à son fils et a peut-être séjourné à Saint-Gildas de Rhuys, près de Gildas. (Ifors Williams)

Bloavezh 549

Saint Kevin (ou Coemgen ?) fonde le monastère de Glendalough.

Bloavezh 550

Reprise de l’avance des Saxons.

Révolution de palais en Bretagne-Sud. Chanao élimine trois de ses frères et prend le pouvoir (S., Grég. Tours, IV, 4).

« Chanao, comte des Bretons, tua trois de ses frères. Voulant encore tuer Maclou, il le fit arrêter et le retint en prison chargé de chaînes. C’est grâce à Félix, évêque de Nantes, qu’il échappa à la mort… Mais celui-là, voyant qu’il ne pouvait s’évader (autrement), s’enfuit chez un autre comte de la région nommé Conomer… En apprenant cela, Chanao prit tout le royaume de Maclou. En effet, depuis la mort du roi Clovis, les (princes) Bretons sont toujours sous la domination des Francs et ils sont appelés comtes et non rois. Maclou… gagna la ville de Vannes où il fut tonsuré et ordonné évêque. Mais après la mort de Chanao, il apostasia… » (Grégoire de Tours, Histoire des Francs, IV, 20).

Début de la dernière grande lutte entre Childebert et Clotaire.

Clotaire attaque les Saxons continentaux.

Chramme, fils de Clotaire, s’allie à Childebert.

Bloavezh 552

Les Saxons du Hampshire reprennent leur avance.

Bataille de Old Sarum (Scarobyrig) (Jackson, 1953, p. 203 ; Ashe, 1960, p. 254).

Clonfert, fondé par Saint Brendan le Navigateur.

Bloavezh 556

Victoire des Saxons du Hampshire avec Ceawlin à Banbury Castle (Beran-byrig) (Jakson, 1953, p. 203).

Bloavezh 557

Samson assiste au troisième concile de Paris.

Bloavezh 558

Mort de Childebert.

Bangor (abbaye d’Ulster, Irlande) est érigé par Comgall, au nord de Moville, sur le rivage méridional du golfe de Belfast.

Bloavezh 560

Aelle en Deira (côte nord-est de la Grande-Bretagne).

Chramme et les Bretons sont vaincus par Clotaire. Conoo (Conobor, Conober) est tué. Chramme également.

Bloavezh 561

Mort de Clotaire.

Bloavezh 565

Samson fait avec saint Germain une convention relative au monastère de Sainte-Croix, fondé en 565.

Bloavezh 565-567

Voyage de Gildas chez les Scots, sous le règne du roi irlandais Ainmire (Annales Cambriae).

Bloavezh 567

Deuxième Concile de Tours qui distingue Britannia et Romania.

Bloavezh 569

Le concile de Lugo (ville de Galice) mentionne un évêché breton dans ce pays.

Bloavezh 571

Cuthwulf, frère de Ceawlin, progresse au Sud de l’île. Bataille de Bedcanford (Ashe, 1960, p. 255, n°2 ; Jackson, 1953, p. 204).

Bloavezh 572

Au 2e concile de Braga (évêché portugais), parmi les évêques signataires, on trouve Mailoc Britoniensis ecclesioe episcopus

Bloavezhiou 572-379

Contre Deodric, fils d’Ida de Northum- berland, « luttèrent Urbgen (Urien) et ses enfants (Historia Britonum).

Bloavezh 575

Urien de Rheged assiège Theodric, fils de Ida à Lindisfarne (Jackson, 1953, p. 213).

Bloavezhiou 575-580

Saint Malo aborde au rocher du solitaire Aaron, du temps de Juthaël, fils de Judwal et père de Judicaël, contemporain de Dagobert.

Bloavezh 577

Bataille de Deorham(Derham). Les Bretons de Galles sont séparés de ceux de Domnonée. Prise de Bathcester (Bath), Gloucester, Cirencester. Trois rois bretons sont tués : Coinmail, Farinmail, Condidan (Jackson, 1953, p. 204 ; Ashe, 1960, p. 255).

Le territoire des Cornovii est entièrement occupé par les Saxons ; celui des Domnonii entamé par eux.

Division de la Cornouaille en deux Etats ?

En 577, querelle dynastique en Bretagne-Sud. Bodicus meurt.

Theuderic reste chef de Cornouaille. Waroc du Bro-Waroc. (S., Grég. Tours V, 16). Félix, évêque de Nantes (549-582).

Bloavezh 578

Victoire de Waroc sur la Vilaine.

Bloavezh 579

Waroc ravage les pays de Rennes et de Nantes.

Bloavezhiou 585-592

Contre Hussa (roi de Northumberland, fils d’Ida) « luttèrent quatre rois, Urbgen (Urien), Riderch Hen, Guallanc (Gwallawg) et Morcant ». (Historia Britonum)

Bloavezh 588

Waroc ravage le pays de Nantes.

« Les Bretons ayant alors envahi le territoire nantais y firent des ravages… Quand la chose eut été rapportée au roi Gontran, il fit mobiliser une armée et envoya sur les lieux un courrier pour leur notifier qu’ils aient à réparer tous les dommages qu’ils avaient faits ; faute de quoi, ils seraient égorgés par son armée. Or eux, pris de crainte, promettent de réparer tout le mal qu’ils avaient fait après avoir pris connaissance de ces promesses, le roi envoie sur les lieux une ambassade, à savoir Namatius (évêque d’Orléans), et Bertrand, évêque du Mans, ainsi que plusieurs comtes et autres hommes magnifiques. Il y eut aussi des hommes magnifiques du royaume de Clotaire, fils du roi Chilpéric ; ces personnages s’étant rendus dans le pays Nantais exposèrent à Wéroc et à Vidimaclus ce que le roi avait prescrit… (Ceux-ci) promirent en donnant des fideijusseurs rt en souscrivant des cautiionnements de donner à Gontran et à Clotaire mille sous à titre de composition ; ils promirent aussi de ne plus jamais envahir le territoire de ces cités… Mais Wéroc, oublieux de son serment et de son engagement, négligea tout ce qu’il avait promis, dévasta les vignes des Nantais et, cueillant la vendange, transporta le vin dans le pays Vannetais. Ceci rendit de nouveau le roi Gontran très furieux ; il fit mobiliser une armée, mais s’apaisa ensuite. »

Le vin des Gaulois et la danse du glaive

I

Mieux vaut vin blanc de raisin que de mûre ; mieux vaut vin blanc de raisin.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flots ! ô flots ! ô terre ! ô terre et chêne ! –

Sang rouge et vin blanc, une rivière ! sang rouge et vin blanc !

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! –

Mieux vaut vin brillant qu’hydromel ; mieux vaut vin brillant.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flots ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Mieux vaut vin de Gaulois que de pommes ; mieux vaut vin de Gaulois.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Gaulois, ceps et feuille à toi, ô fumier ! Gaulois, ceps et feuille à toi !

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Vin blanc, à toi, Breton de cœur ! Vin blanc, à toi, Breton !

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Vin et sang coulent mêlés ; vin et sang coulent.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Vin blanc et sang rouge, et sang gras ; vin blanc et sang rouge.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

C’est le sang des Gaulois qui coule ; le sang des Gaulois.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

J’ai bu sang et vin dans la rude mêlée ; j’ai bu sang et vin.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne !-

Vin et sang nourrissent qui en boit ; vin et sang nourrissent.

-O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

II

Sang et vin et danse, à toi, Soleil ! sang et vin et danse.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Et danse et chant, chant et bataille ! et danse et chant.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Danse du glaive, en cercle ; danse du glaive.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Chant du glaive bleu qui aime le meurtre ; chant du glaive bleu.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Bataille où le glaive sauvage est Roi ; bataille du glaive sauvage.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne ! -

Bataille où le glaive sauvage est Roi ; bataille du glaive sauvage.

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre ! ô terre et chêne !-

- O glaive ! ô grand Roi du champ de bataille ! ô glaive ! ô grand Roi !

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre et flôts ! ô flôts ! ô terre et chêne ! -

Que l’arc-en-ciel brille à ton front ! que l’arc-en-ciel brille !

- O feu ! ô feu ! ô acier ! ô acier ! ô feu ! ô feu ! ô acier et feu ! ô chêne ! ô chêne ! ô terre ! ô flôts ! ô flôts ! ô terre et chêne ! –

Mort de Saint David (Chronicon Scottorum) (?).

Bloavezh 589

Waroc bat Beppolen et Ebrachaire (chefs mérovingiens).

« Pendant ces événements, comme les Bretons se livraient à toutes sortes de violences aux alentours des villes de Nantes et de Rennes, le roi Gontran fit mobiliser une armée contre eux ; à sa tête il désigna les ducs Beppolène et Ebrachaire… Partout où ils passèrent, ils commirent des incendies, des meurtres, des brigandages et toutes sortes de crimes. Entre temps, ils arrivèrent au bord de la rivière de la Vilaine qu’ils traversèrent, et parvinrent jusqu’au fleuve de l’Oust, puis là, ayant démoli les chaumières du voisinage, ils jettent dessus des ponts et ainsi toute l’armée le traversa. A ce moment un certain prêtre joignit Beppolène et lui dit : « Si tu me suis, je te conduirai jusqu’auprès de Wéroc et je te montrerai tous les bretons réunis en un même endroit. » La vérité est que lorsque Frédégonde eut appris que Beppolène partait pour cette expédition… elle ordonna aux Saxons du Bessin, qui avaient été tondus à la mode des Bretons et avaient adopté leur costume, de venir au secours de Wéroc… Quand Beppolène arriva avec ceux qui avaient voulu le suivre, il engagea la lutte et tua durant deux journées beaucoup de ces Bretons et des Saxons susdits. Ebrachaire s’était séparé de lui avec la plus grande partie des troupes et il ne voulut pas le rejoindre jusqu’à ce qu’il eût appris qu’il avait été tué. C’est le troisième jour… que Wéroc se jeta sur lui avec ses gens et qu’on le tua, car Wéroc les avait enfermés au milieu des défilés et de marais où ils ont été noyés dans le bourbier plus que massacrés par l’épée.

Quant à Ebrachaire il s’avança vers la ville de Vannes, où l’évêque Regalis envoya au- devant de lui ses clercs avec leurs croix et leurs chantres qui l’escortèrent jusqu’à la ville. Certains prétendaient aussi que Wéroc désiraient alors fuir dans les îles avec ses navires chargés d’or et d’argent ainsi que du reste de ses biens, mais que lorsqu’il eut gagné la haute mer, le vent se serait levé, les navires auraient coulé et les objets qu’il avait entreposés auraient été perdus… Il implora la paix… en promettant de ne jamais venir en travers des intérêts du roi Gontran… L’évêque Regalis ainsi que le clergé et les habitants de sa ville prononcèrent aussi des serments semblables : « Nous ne sommes en rien fautifs à l’égard des rois, nos maîtres, dit l’évêque, et jamais nous n’avons eu la présomption de nous opposer à leur intérêt, mais conquis par les Bretons, nous avons été soumis à un joug qui est dur. » Après la conclusion de la paix entre Wéroc et Ebrachaire… la guerre cessa… »

Bloavezh 593

Aethelfrith, roi de Northumbrie.

Bloavezh 594

Nouveau succès de Waroc près de Rennes ?

Bloavezh 597

Traité entre deux fils de Chilpéric mentionnant le

« limes Britannorum ».

Vers la fin du 6e siècle, Colomban rencontre près de Luxeuil un monastère dirigé par l’abbé Breton Carantoc.

VIIed Kantved

Bloavezh 600

Echec de la contre-offensive des Bretons sur Catraeth (Catterick) (Jackson, 1953, p. 212, 213. Canu Aneirin).

… Les hommes allèrent à Catraeth, s’excitant au rire, farouches dans le combat, se rangeant avec leurs lances ; pour une courte année de paix, ils furent au calme. Le fils de Bodgad assouvit la vengeance par le travail de sa main. Bien qu’ils allassent dans les sanctuaires pour faire pénitence, jeunes et vieux, et braves et médiocres, rendez-vous fatal, la mort fut à leur rencontre. (Canu Aneirin ; LF)

…Les hommes se hâtèrent ; ils bondirent ensemble ; ils eurent une courte vie, enivrés d’hydromel tamisé, armée de MynYddawg renommée au combat ! Le prix de leur festin d’hydromel fut leur âme : Caradawc et Madawc, Pyll et Yeuan, Gwgawn et Gwiawn, Gwynn et Kynfan, Peredur aux armes d’acier, Gwawrddur et Aeddan, qui occupaient le terrain dans le tumulte de la bataille avec des boucliers brisés. Bien qu’ils fussent atteints, ils frappaient. Aucun d’entre eux ne retourna vers son pays. (Canu Aneirin ; LF)

Bloavezh 603

Aedan, roi des Scots, est battu à Degsastan par Aethelfrith.

Bloavezhiou 613-616

Grande bataille de Chester. Séparation des Bretons de Galles et ceux du Nord (Jackson, 1953, p. 210, 213). 1200 moines périssent.

Campagnes de Judicael, roi de Domnonée, contre les Francs.

« Gorchan » de Judicael

Les nombreuses troupes des ennemis par lesquelles il était entouré, de ses mains agiles et robustes, il les abattait en tout lieu, cet homme puissant par les armes, en combattant avec ardeur.

Ou bien, à la façon des paysans semant dans la campagne, Judicael jetait, partout où il voulait, là son trait descendait.

Et cependant aussi, à la façon des guerriers robustes dans le combat, il partait en guerre contre ses adversaires.

Avec ses écuyers marchant joyeux après lui, il partageait de nombreux chevaux porteurs de phalères. Et plusieurs lanciers qui allaient après lui, fantassins, ramenant chez eux de nombreuses dépouilles, s’en revenaient cavaliers. Et des cadavres qui, après son passage gisaient couchés sur la terre, les chiens, les vautours, les corbeaux, les milans et les pies se repaissaient.

Et nombreuses par les bourgs, hurlant dans les maisons, demeuraient les veuves.

Car, tel le courageux taureau parmi les bœufs anonymes et le verrat robuste parmi les porcs étrangers, l’aigle entre les oies, le faucon entre les grues, l’hirondelle entre les abeilles, ainsi Iudicael, roi des Bretons armoricains, souple et agile, dur combattant dans la guerre, jouait de la lance dans la bataille au milieu des ennemis qui se dressaient contre lui.

Et il fit surtout grand carnage de Francs et il dévasta souvent leurs provinces pour la raison que les Francs voulaient subjuguer la Bretagne.

Au début du 7e siècle, Winnoc et Judoc, de la famille de Judicael, fondent des monastères à Bergues et près de Montreuil.

Bloavezhiou 630-635

Traité de paix entre Dagobert et Judicael à Clichy.

Dagobert, résidant à Clichy, envoya des députés en Bretagne pour que les Bretons réparassent promptement le mal qu’ils avaient commis et se soumissent à sa domination, disant qu’autrement l’armée burgonde qui avait été en Vasconie allait se jeter sur la Bretagne. A cette nouvelle, Judicaël, roi des Bretons, se rendit promptement à Clichy, avec beaucoup de présents, auprès du roi Dagobert à qui il demanda grâce et promit de restituer tout ce que ses sujets avaient injustement enlevé aux leudes francs, assurant que lui et son royaume de Bretagne seraient toujours soumis à la domination de Dagobert et des rois francs. Mais il ne voulut pas prendre son repas avec Dagobert, car il était religieux et rempli de la crainte de Dieu. Lorsque Dagobert se fut mis à table, Judicaël, sortant du palais, alla dîner chez le référendaire Dadon, qu’il savait attaché à la sainte religion : le lendemain, ayant pris congé de Dagobert, Judicaël s’en retourna en Bretagne, chargé des présents de Dagobert. » (Pseudo-Frédégaire, Chronique, IV, 78)

Bloavezhiou 632-633

Cadwallon de Gwynedd, allié à Penda de Mercie, bat les Angles de Bernicie et envahit la Northumbrie.

Bloavezh 634

Oswald de Bernicie bat et tue Cadwallon (Bromwich, T.Y.P., p. 293-296).

Bloavezh 650

Conflits confus entre successeurs et descendants de Judicael (Vie Saint-Malo, éd. F. Lot, p. 130).

Bloavezhiou 650-700

Désastre du Powys. Les Saxons s’emparent des plaines de la Severn (Jackson, 1953, p. 205-210).

Perte des plaines du Powys autour de Ddinlleu Wrygon, sans doute le Wrekin, près de Wroxeter, l’ancienne

Uiroconium, capitale du grand peuple des Cornouii dont on trouve plusieurs branches dans l’ïle et en Bretagne armoricaine (Canu Llywarch Hen ; LF)

Bloavezh 653

Bataille de Penselwood. La Domnonée est menacée.

Des episcopi Britonienses signent au 8e concile de Tolède.

Bloavezh 655

Mort de Penda de Mercie.

Bloavezh 658

Concile de Nantes : dispositions contre des pratiques païennes.

Bloavezh 675

Saint Boniface est élevé à Exeter, enclave saxonne en Domnonée.

Des episcopi Britonienses signent au 4e concile de Braga.

Bloavezh 682

Centwine prend le Somerset. Le Breton demeure parlé en Somerset et Dorset (Jakson, 1953, P. 205, 239).