The Brothers Moore - Tome 1 - Jenna Ric’s - E-Book

The Brothers Moore - Tome 1 E-Book

Jenna Ric’s

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Beschreibung

" Trahie, brisée, mais prête à aimer à nouveau… Sarah trouvera-t-elle le bonheur au Texas ?

Sarah avait tout pour être heureuse : une carrière épanouissante et un homme en qui elle avait confiance. Mais tout bascule lorsqu’elle découvre qu’il l’a trahie de la pire des façons. Anéantie, Sarah sombre dans le désespoir. Ses deux meilleures amies, déterminées à l’aider à se relever, lui offrent le cadeau parfait : un voyage dans un ranch au Texas, où Sarah pourra renouer avec sa passion pour l’équitation. Sur place, elle rencontre John, un cowboy veuf, taciturne et rongé par la colère. Entre eux, une passion inattendue éclate, mêlée de désir et de blessures encore ouvertes. Mais leur attirance peut-elle survivre aux secrets et au passé qui les hantent ? Jusqu’où cette relation les mènera-t-elle, et trouveront-ils ensemble le chemin vers la guérison ? Laissez-vous emporter par cette romance passionnée et dépaysante au cœur des vastes paysages texans. Découvrez le premier volet d'une série qui mêle émotion, résilience et amour.

EXTRAIT

Je quitte l’appartement au pas de course sans prendre la peine de récupérer mon sac à main. Je ne fais même pas attention à rien autour de moi et je dévale les escaliers à une vitesse folle. Mes larmes me brûlent les yeux quand je sors de mon immeuble. Aveuglée par mes pleurs, je continue ma course sans réfléchir pour m’échapper de cet endroit de malheur. Mis à part mon souffle court et cette chaleur qui m’envahit le corps, je ne ressens rien. Je me sens vide et blasée. Je suis écœurée par la vision de ce gros connard d’infidèle et de cette fille. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait cela ? Je nous croyais heureux ensemble et comblés à tous les niveaux. Nous avions des hauts et des bas, mais comme tous les couples, et il a tout détruit. Pour moi, c’est fini ! Je ne lui pardonnerai jamais ce qu’il m’a fait. Je le déteste ! Un grand coup de klaxon me fait sortir de mes pensées, mais c’est trop tard.

À PROPOS DES AUTEURES

Née à Bordeaux en août 1984, Jenna Ric's vit dans la région bordelaise avec son compagnon et ses deux enfants. Suite à des problèmes de santé qui l’ont contrainte à rester à la maison, et passionnée de lecture, elle s’est lancée dans l’écriture pour donner vie aux histoires qui peuplaient son esprit. Pour Jenna, écrire est un moment d’évasion où elle est seule maître à bord. Victoria Mado, née dans les Vosges en 1987, est aujourd’hui mariée et maman de deux enfants. Bien qu’elle se soit essayée à l’écriture, elle n’oublie pas sa première passion : la lecture. Elle ne peut se passer d’avoir un livre à portée de main, continuant à dévorer les histoires qui la transportent."

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Seitenzahl: 209

Veröffentlichungsjahr: 2019

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The Brothers Moore

Tome 1

Se reconstruire

-

Jenna Ric’s

Victoria Mado

 

Romance

Editions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Val

 

 

 

 

 

Résumé

 

Sarah est une jeune femme épanouie qui avait tout pour être heureuse...

Un jour, elle découvre que l’homme en qui elle avait le plus confiance la trahit de la pire des façons.

Ses deux meilleures amies inquiètes de la voir sombrer décident de lui offrir un voyage au Texas dans un ranch étant une amoureuse d’équitation.

Durant son séjour, elle va y rencontrer John, un cowboy veuf, taciturne et toujours en colère.

Entre ces deux-là, une passion va naître, mais où va-t-elle s’arrêter ?

 

Chapitre 1

 

 

Je suis dans le train sur le chemin du retour, il me tarde d’arriver. Les prémices de la grossesse ne sont pas faciles et les nausées matinales, pour ma part, durent toute la journée. À cause de cela, j’ai dû écourter mon voyage professionnel à Paris pour retourner chez moi à Dijon où m’attend Mathieu, mon compagnon et père de mon futur enfant. Ça fait quatre ans que nous sommes ensemble dont presque deux ans que l’on est installé. Lui est cuisinier et moi traductrice pour une maison d’édition. Parlant l’anglais et l’espagnol couramment et étant passionnée de lecture, ce métier m’est tout à fait destiné.

Je pose ma main sur mon ventre tout en rêvant de notre enfant à me demander quel mélange nous allons pouvoir réaliser. Je fais un mètre soixante avec des cheveux blonds bouclés et j'ai les yeux noisette quand à Mathieu il mesure un mètre soixante-quinze, blond aussi, mais avec les yeux noirs, j’ai hâte de voir la frimousse qu’il ou elle aura. Une chose est sûre, il ou elle devrait être blond.

Après mûre réflexion, nous avons décidé de fonder notre famille. Moi, ayant trente-deux ans et lui, trente-quatre, c’était le bon moment. Quelques mois d’essai plus tard, me voilà enceinte de trois mois. Cette nouvelle nous a comblé tous les deux et moi je suis la plus heureuse des femmes et futures maman.

Orpheline depuis ma naissance, c’est pour moi une évidence que notre enfant sera aimé et choyé mais aura aussi toute l’attention nécessaire. Toute mon enfance, j’ai étais trimballée de famille d’accueil en famille d’accueil plutôt douteuse. Des foyers sans aucun amour, ni même de respect, ça n’a pas toujours été facile, en revanche cela m’a permis de me forger un caractère, mais également de savoir ce que je souhaite pour moi et mes futurs enfants. Certains moments ont été plus durs que d’autres, mais j’ai tenu le coup jusqu’à mes dix-huit ans où j’ai pu prendre mon indépendance.

Par la suite, je me suis trouvé plusieurs petits jobs tout en poursuivant mes études. J’ai eu la chance de rencontrer mes deux meilleures amies Caroline et Julie lors d’une soirée où j’étais hôtesse. Depuis nous sommes inséparables. Quant à Mathieu, lui est arrivé au moment où j’ai décidé de me poser. Je sais déjà que quoiqu’il se passe cet enfant sera ma priorité et je m’efforcerai chaque jour d’être la meilleure maman possible.

Dès que j’arrive à la gare, je prends le tram pour rentrer à notre appartement. Je n’ai pas prévenu mon homme de mon retour précipité, car je veux lui faire la surprise d’autant plus que je sais qu’il est surchargé de travail avec tous les touristes du mois de juillet.

Il est seize heures lorsque j’arrive en bas de notre immeuble. Je sais qu’il est là car sa moto est garée devant. Je prends l’ascenseur chargé de ma valise à roulettes. C’est fou ce dont une fille a besoin même pour trois jours. J’avoue que les trois quarts de ma valise est constitués de « on ne sait jamais ». Arrivée à mon étage, je me dirige vers la porte qui est ouverte. Il a dû oublier de la fermer. Le salon est désert, il doit sûrement faire une sieste en vue de son service de ce soir.

Je dépose mes affaires dans l’entrée avant de partir discrètement vers la chambre lorsque tout d’un coup, j’entends des gémissements féminins. Je me demande s’il mate un porno, c’est bien connu quand le chat n’est pas là, les souris dansent ou se branlent. Le cœur battant de ce qui m’attend derrière, j’ouvre la porte de notre chambre pour y découvrir un tout autre tableau. Il réalise carrément le film en étant l’acteur principal.

Je bloque net. Voir Mathieu, cet enfoiré prendre par derrière une pétasse brune, refaite, du moins du peu que j’entrevois. Je suis sous le choc de ce qu’il se passe devant moi. Il tire les cheveux de cette fille qui pousse des hurlements et gémissements de plaisir. Il la prend sauvagement tout en lui disant des mots crus. Je ne reconnais pas cet homme. Quand, il lui claque le cul avec force, je lâche un cri de surprise et les deux intéressés s’arrêtent. Ils se retournent directement vers moi qui suis dans l’embrasure de la porte complètement tétanisée.

— Oh non, merde…

Il sort sa queue de cette fille. Son sexe encore à moitié en érection.

— Ma chérie, ce n’est pas ce que tu crois !

Mais bien sûr, ce n’est pas ce que je crois ! Il se fout de ma gueule. Quant à la chose étalée sur le lit, elle ne prend même pas la peine de se rhabiller et se permet même de me fixer avec un petit sourire en coin mesquin. Il descend du lit et s’approche de moi.

— Ne t’approche pas de moi, hurlé-je

Sous le choc, je préfère fuir.

Mon esprit part en vrille, toutes les émotions m’envahissent, la tristesse, la colère, le dégoût, la peur…

Je quitte l’appartement au pas de course sans prendre la peine de récupérermon sac à main. Je ne fais même pas attention a rien autour de moi et je dévale les escaliers à une vitesse folle. Mes larmes me brulent les yeux quand je sors de mon immeuble. Aveuglée par mes pleurs, je continue ma course sans réfléchir pour m’échapper de cet endroit de malheur. Mis à part mon souffle court et cette chaleur qui m’envahit le corps, je ne ressens rien.

Je me sens vide et blasée.

Je suis écœurée par la vision de ce gros connard d’infidèle et de cette fille.

Pourquoi ?

Pourquoi, il a fait cela ?

Je nous croyais heureux ensemble et comblais à tous les niveaux. Nous avions des hauts et des bas, mais comme tous les couples mais il à tout détruit.

Pour moi, c’est fini !!

Je ne lui pardonnerais jamais ce qu’il m’a fait.

Je le déteste !!

Un grand coup de klaxon me fait sortir de mes pensées, mais c’est trop tard.

 

 

Chapitre 2

 

 

J’ai du mal à ouvrir les yeux, mon corps me semble lourd et complètement engourdi.

Un bip résonne au loin. Je n’arrive pas à distinguer d’où ça provient. Me sentant perdue et n’aillant aucune force, je préfère me laisser sombrer a nouveaux.

Quelques heures ou jours plus tard, honnêtement, je n’en sais rien, j’ai perdu la notion du temps. Je retente d’ouvrir les yeux et cette fois-ci, je n’éprouve aucune difficulté. J’observe la pièce dans laquelle je me trouve. Elle ressemble à une chambre d’hôpital et je m’aperçois que je suis reliée à divers appareils qui n’arrêtent pas d’émettre des bruits.

Au moment où je me demande ce que je fais ici, une infirmière entre dans la chambre.

— Ah ! Vous voilà enfin réveillée, Mademoiselle Martin.

— Que... que m’est-il arrivée ? Qu’est-ce que je fais ici ? Je demande la voix rauque, mes cordes vocales me faisant souffrir à cause de la sécheresse de ma bouche.

— Vous avez été renversée par une voiture.

D’instinct, je passe ma main sur mon ventre.

— Et mon bébé !?

— Le médecin va venir vous voir dans un instant.

— Mais je… essayé-je de parler.

Les larmes me montent. Je sens que quelque chose ne vas pas. Son regard est trop compatissant. L’infirmière finit de vérifier les différents appareils avant de me regarder avec douceur.

—Le médecin va arriver et répondre à toutes vos questions, me répond-elle avec un sourire gêné.

Quelques instants plus tard durant lesquels je me suis posé mille questions, on frappe. Je n’ai pas le temps de répondre que la porte s’ouvre sur un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu d’une blouse blanche.

— Bonjour, Mademoiselle Martin, je suis le docteur Jallon, gynécologue. Vous êtes actuellement au CHU de Dijon suite à un accident vendredi en fin d’après-midi. Vous avez été renversée par une voiture devant votre domicile. Suite à ce choc violent, vous avez été admise dans notre service. Je suis sincèrement désolé de vous annoncer que vous avez fait une fausse couche mais vu l’ampleur de l’accident, c’est un miracle que vous soyez en vie.

Mes yeux sont immédiatement envahis de larmes. Le docteur pas diplomate pour un sous continue son jargon, mais je ne l’écoute qu’à moitié. J’entends que j’ai eu de la chance malgré l’ampleur du choc et que je n’ai rien de cassé, juste quelques contusions et un léger traumatisme crânien. Puis, il m’explique que malgré ma fausse couche, je n’aurai aucune difficulté à retomber enceinte. Mais qu’avant toute chose, il me faut surtout beaucoup de repos et reprendre des forces.

Il sort de la chambre, je me retrouve seule. Les seuls bruits sont ceux de mes sanglots et de ces fichues machines qui n’arrêtent pas de biper.

Comment en une fraction de seconde peut-on passer du bonheur au malheur ?

Je n’en reviens toujours pas.

En quelques secondes, je me retrouvé célibataire et j’ai perdu mon bébé…

Je m’étais déjà tellement attachée à lui. Je commençais à imaginer à quoi il ou elle pourrait ressembler et même à chercher des prénoms.

D’un coup, un flash me revient.

Je revois Mathieu en train de baiser cette fille, sauvagement, et moi partant en courant pour lui échapper alors qu’il avait encore son sexe à l’air.

Puis le coup de klaxon et l’impact.

Quel gros connard!!!

Tout est de sa faute…

C’est à cause de lui que j’ai perdu mon bébé.

Ma porte s’ouvre discrètement et je vois, la tête de Caroline apparaitre.

— C’est nous ma chérie, dit-elle avec douceur.

Mes deux meilleures amies entrent dans ma chambre avec leurs visages cernés par la fatigue certainement. Elles se précipitent sur moi puis grimpent chacune d’un côté de mon lit. Leurs présences me rassurent et me réconfortent. Caroline me caresse les cheveux et Julie me tient la main. Néanmoins, à cet instant, je laisse libre cours à mes larmes. Je lâche par mes pleures toutes la souffrance que j’éprouve.

Après ce qui me parait une éternité, j’arrive à me calmer.

— Tu veux nous parler, demande tout doucement Julie.

— J’ai… j’ai perdu mon bébé, avoué-je la voix cassée.

— Oui, nous avons appris. Nous sommes tellement désolées pour toi, me répondent-elles en chœur à voix basse.

— Je me sens tellement vide. Je suis à bout, je n’arrive pas à réaliser.

— Ça va prendre du temps, mais tu vas t’en remettre. Nous serons là pour t’aider, me dit Caroline.

— Je sais, merci les filles.

Malgré le fait que je sache qu’elles seront toujours là, cela ne m’aide pas sur le coup. Là seule chose que j’ai envie et de me morfondre sur mon même et de tuer Mathieu.

— Il y a autre chose… commence Julie.

— Quoi !?

Je vois qu’elle ne dira rien donc je regarde Caro pour en savoir plus.

— Euh, Mathieu est resté deux jours dans la salle d’attente. Il a parlé à tous les médecins pour s’informer et suivre l’évolution de ton état. Julie et moi avons refusé qu’il entre dans ta chambre quand il nous a raconté la raison de ton accident. Nous savions que tu ne souhaiterais pas le voir à ton réveil. Il vient seulement de partir.

— Vous… vous êtes au courant alors !?

Putain, il a plus de couille que j’aurais pensée d’avoir raconté la vérité aux filles. Mais rien à foutre, il peut culpabiliser autant qui veut. Jamais, je ne pourrais lui pardonner cette trahison.

— Oui, nous sommes vraiment désolé ma chérie, dit Julie tout en m’embrassant le front.

Mes larmes refont surface encore une fois et nous restons toutes les trois sur le lit avec pour seule compagnie, le bruit de mes sanglots.

Avant que les filles ne partent, je leur demande si elles peuvent aller prendre toutes mes affaires à l’appartement. Caroline m’a proposé de m’héberger le temps de ma convalescence et de me trouver un logement. Je leur demande aussi de dire à Mathieu que je le quitte, si pour lui ce n’est pas une évidence et qu’il ne cherche surtout pas à me contacter. L’appartement et les factures étant à son nom, je n’ai pas de démarche à faire, mise à part celle de mon changement d’adresse.

C’est fini, je ne veux plus avoir rien à faire avec lui.

 

******

 

Deux jours plus tard aprèsles derniers examens et prises de sang, je peux enfin quitter l’hôpital. Caroline doit venir me chercher en fin de matinée.

Je l’attends assise sur le fauteuil, face à la fenêtre, le regard tourné vers l’extérieur, perdue dans mes pensées. Je n’arrête pas de revivre ma découverte, l’accident et mon bébé. Malgré tout ce que j’analyse, je ne sais pas pourquoi, ni comment tout cela est arrivé. Je suis tellement absorbée que je n’entends ni frapper, ni m’appeler.

— Sarah, Sarah…

— Euh… oui, excuse-moi. Mes affaires sont prêtes, nous pouvons enfin partir de cette chambre d’hôpital morbide.

Ma réplique la fait sourire.

Le trajet du retour se passe dans un silence total. Caroline me regarde de temps en temps, mais elle ne cherche pas à me faire parler. En arrivant devant chez elle, elle prend d'office ma valise puis m’aide à descendre de la voiture, me sentant encore un peu affaiblie.

Une fois dans son appartement, elle se dirige directement vers la chambre d’amie qu’elle a aménagée spécialement pour moi. Une jolie parure de lit couleur parme est installée ainsi que des bougies parfumées. Quelques photos de Caro, Julie et moi sont mises en valeur. Je remarque que dans un coin de la chambre, des cartons. Quelle rapidité, elles ont déjà récupéré toutes mes affaires. En voyant ma vie emballée et qui prend si peu de place, je suis encore plus triste de constater que je n’ai rien à moi. Je respire un grand coup car ça me touche qu’elles en fassent autant pour moi, le canapé m’aurait suffi.

— Merci infiniment, ma Caro, je ne sais pas ce que j’aurai fait, avoué-je les larmes aux yeux.

— Pff !!! Arrête tes bêtises. Tu sais très bien qu’avec Julie, nous serons toujours là pour toi. Comme toi tu seras toujours là pour nous. Donc chutttt. Bon, maintenant que veux-tu faire ? Te reposer sur le canapé où tu préfères rester dans la chambre.

— Si ça ne te dérange pas, je préfère rester ici.

— OK ! Je… J’ai… bafouille-t-elle.

— Qui y a-t-il ?

— Je ne sais pas si c’est le bon moment, mais Mathieu t’a écrit une lettre et m'a demandé de te la donner lorsqu’il a su que tu ne voulais plus le voir. Donc… je ne sais pas quoi faire.

Elle est toute gênée en me disant cela, ce que je peux comprendre. Mais franchement, il est culotté de m’écrire après ce qu’il m’a fait et surtout qu’il sait que je ne veux plus entendre parler de lui. Sans grande envie, je lui demande de me la donner.

Dès qu’elle me la remet, elle sort de la chambre en me disant que si j’ai besoin d’elle, elle sera dans le salon.

Je m’assois sur le lit, dépitée.

Je regarde l’enveloppe dans mes mains comme si c’était une bombe. Je la pose sur le lit puis je mets la tête entre mes mains en me demandant quoi faire.

Dois-je la lire ou la brulée ?

Suis-je capable de supporté de qui y a dans cette lettre ?

Après plusieurs instants d’hésitation, ma curiosité l’emporte et je me décide à l’ouvrir.

C’est le cœur battant à tout rompre que je commence à lire.

 

Sarah

J’espère que tu prendras le temps de lire ma lettre, vu que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour te présenter mes excuses.

J’ai tenté en vain de venir te parler à l’hôpital, mais à chaque fois, je me heurtais à un mur, voire deux : Caroline et Julie.

Je comprends l’attitude de tes amies et je l’accepte.

Ton message était tout à fait clair lorsque Caroline s’est présentée à l’appartement pour prendre toutes tes affaires et pour m’annoncer que tu me quittais.

Mon attitude est inexcusable.

Je t’ai trahi de la pire des façons qui soit.

Il n’y a pas de mot pour te décrire mon état tellement je suis triste et écœurée de moi-même.

Je vais être honnête avec toi, ce que j’aurai dû faire il y a déjà quelques mois.

Il y a quatre ans lorsque je t’ai rencontré, je suis tombé directement sous ton charme avec tes formes voluptueuses. Ton rire cristallin et ta joie de vivre communicative m’ont plu.

Tout se passait pour le mieux entre nous et par la suite notre installation puis la décision de fonder notre famille m’ont déstabilisé.

J’aurais dû réfléchir et être honnête avec toi en t’avouant ma peur de devenir père.

J’ai été lâche, j’avais peur de ne pas y arriver, mais je ne voulais pas paraitre faible à tes yeux alors que toi tu arrives toujours à te sortir de n’importe quelle situation et tout réussir.

Je me suis laissé absorber par mon travail en effectuant le plus d’heures possible, mais il y a six mois, Camille, une nouvelle serveuse a fait ses débuts au restaurant. Nous nous sommes de suite plu et nous avons commencé à flirter.

Un soir, je me suis décidé à être honnête avec toi, seulement lorsque je suis rentré, tu m’as annoncé ta grossesse. Dès ce moment, j’ai tout arrêté avec Camille, mais lors de ton déplacement, j’ai craqué.

Je ne cherche aucune excuse, je veux simplement être honnête avec toi. Ça n’excusera pas mon comportement, mais je te dois la vérité.

Sache que la perte de notre enfant m’a anéanti. J’étais heureux et excité par l’arrivée de notre bébé même si j’avais peur. Je me suis mis la pression comme un con, car je voulais que tu sois fier de moi. Au final, j’ai tout gâché.

Je n’aurais pas assez de toute ma vie pour te demander pardon.

J’ai décidé de quitter Dijon et de te laisser en paix.

J’espère que tu ne me détesteras pas et que tu trouveras la force au fond de toi d’avancer et te trouver la paix intérieure.

Je te souhaite tout le bonheur que tu mérites.

Merci pour ces quatre années passées à tes côtés.

Je chérirai nos moments et mon cœur te portera toujours ainsi que notre bébé.

Prends soin de toi.

Je t’aime

Mathieu.

 

Le choc !!

Je lis et relis sa lettre et je n’arrive toujours pas à y croire.

Cet enfoiré, ce connard, cette tête de nœud, ce trou du cul me trompait déjà depuis plusieurs mois et si je n’étais pas tombée enceinte, il m’aurait quittée. Finalement, il n’a pas autant de couilles que je le pense. Pauvre chou qui a eu peur…

Je ne savais que des que nous avions peur dans une relation de couple, la première chose à faire et de baiser une autre personne pour ce sentir mieux.

JE LE DÉTESTE !!

JE LE DÉTESTE !!

JE LE DÉTESTE !!

Il a peut-être essayé de m’attendrir par ces mots, mais cette lettre ne changera rien, c’est même pire.

À cause de lui, j’ai perdu mon bébé.

Ma chance de fonder une famille.

JE LE DÉTESTE !!

Les feuilles me glissent des mains tandis que j’éclate en sanglots pour la énième fois.

 

Chapitre 3

 

 

Une semaine que je suis sortie de l’hôpital et ma cohabitation avec Caroline se passe bien. Bon en même temps, je reste enfermée dans ma chambre du matin au soir à fixer le plafond. Je me sens tellement mal que j’en ai perdu l’appétit.

Je revis les scènes les unes après les autres depuis mon retour à l’appartement. Je ne comprends pas comment je n’ai pas décelé les signes sur son attitude. Je sais que j’étais focalisé sur mon boulot et sur mon désir de fonder une famille mais quand même.

Je suis vraiment dégoutée !!

Ce qui ne m’aide pas non plus, c’est que je n’ai pas perdu l’habitude de passer ma main sur mon ventre. Moi qui n’ai jamais eu de famille, j’avais enfin réussi à construire la mienne. Maintenant, je me retrouve seule et tout recommencer, enfin non, j’ai Caroline et Julie, elles sont ma famille.

Malgré ma tristesse, de penser à elles me fait sourire.

Cela fait dix ans que nous sommes amies. Nous nous sommes rencontrées lors d’une soirée où nous étions toutes les trois hôtesses pour une maison de vin de la région. Nous avons tout de suite accroché et depuis nous nous sommes plus quitter. Ce sont mes meilleures amies, mes sœurs. Nos caractères, nos looks font que nous nous complétons à merveille.

Il y a Caroline, trente ans, grande, les yeux bleus, elle est toujours perchée sur des talons de huit centimètres et ne jure que par les grands magasins. Quant à ses cheveux, alors là c’est une autre histoire. Elle est coiffeuse et suivant son humeur du moment, elle passe du blond platine aux rajouts noirs bleutés, tout ça en l’espace d’un mois. D’ailleurs en ce moment elle est sur un carré plongeant violet, limite fluo. Ce qui est pratique pour nos virées shopping, car on ne la perd pas. Cette fille est une véritable pile électrique, elle ne s’arrête jamais.

Ensuite, il y a Julie, la plus discrète des nous trois, mais aussi la plus petite. Elle est blonde, tout comme moi et contrairement à Caro, ne change jamais de couleur, ni de coiffure. Peu importe le temps qu’il fait, elle n’enlève jamais sa natte qui lui arrive au bas du dos. Juju est photographe, elle consacre ses week-ends au mariage et depuis peu, elle part en déplacement à l’étranger pour un magazine, son rêve depuis toujours.

Quant à moi, ben, je ne sais plus très bien qui je suis. Physiquement, je n’ai pas changé, je suis toujours blonde avec les cheveux qui tombent au milieu du dos. Bien sûr, je n’oublie pas ma généreuse poitrine qui a souvent attiré les regards, en même temps difficile de passer inaperçu avec un 95D ainsi que des fesses bien présentes malgré des heures de sport.

Je sais, nous, les femmes, ne sommes jamais contentes.

Depuis une semaine, les filles font tout pour me faire sortir ou au moins manger un peu. Caroline m’a menacée pour que je prenne une douche, car apparemment mon odeur la dérange et aussi que soi-disant les voisins se sont plaints. Cette nana est folle, mais j’avoue que trois jours sans se laver, ça fait beaucoup même si je reste au lit.

La seule décision que j’ai prise cette semaine avec l’aide de mes acolytes a été de me prendre une année sabbatique tout en restant en stand by au cas où il y aurait des traductions urgentes. Oui, ce n’est pas très sabbatique mais j’aime vraiment mon boulot donc je préfère avoir un coup d’avance au cas où. J’ai toujours été très économe ce qui me permet d’en profiter un peu. Comme disent Caro et Juju, je vais pouvoir me consacrer à moi.

Le seul souci c’est que je n’ai envie de rien, même ma passion pour l’équitation, que je pratiquais régulièrement avant de tomber enceinte, m’a quittée. Ma seule envie du moment est de rester couchée dans le noir.

J’entends du bruit, ça doit être surement Caro qui rentre de sa journée.

— Saraaahhh, c’est moi ma lapinette, crie-t-elle.

Je souris, car je suis sûre que les voisins voire même tout le quartier ont dû l’entendre.

Elle entre dans la chambre et se dirige vers la fenêtre pour ouvrir les volets.

À peine les rayons de soleil entrent dans la pièce que mes yeux se rétractent. Mon premier réflexe est de mettre la couette sur mon visage et de marmonner.

— Je te prie de ne pas râler, jeune fille. On est en plein mois de juillet, il faut que tu voies le soleil, ça te fera du bien. À moins que tu sois un vampire, mais si c’est le cas, tuas bien caché ton jeu.

Je rigole, car je suis sûre qu’elle serait capable d’y croire.

— Qui sait, je serai toi, je me méfierai.

— Impossible, je suis trop canon pour vivre la nuit quand tout le monde dort. Et puis tu m’imagines avec le teint blanc. OH MY GOD, grosse faute de goût.

Nous rigolons ensemble puis d’un coup, je fonds en larmes. Caroline se précipite vers moi et m’enlace.