Tiens bon la barre - Isabelle Dienis - E-Book

Tiens bon la barre E-Book

Isabelle Diénis

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Beschreibung

Dans ce nouveau roman feelgood, vous vous retrouverez forcément dans un, voire plusieurs, des personnages, qui sont au nombre de cinq : Alice, la femme parfaite au foyer, trois enfants et une magnifique maison. Christophe, l'écolo de service, une femme très présente et un bambin de dix-huit mois. Jean, quarante ans de mariage, père d'Alice, Lilly et Christophe, qui commence sérieusement à saturer avec sa femme psychorigide au possible. Clara, la meilleure amie de Lilly, qui a toujours dix mille idées à la seconde pour la caser ou lui faire lâcher prise. Et Lilly bien sûr, qui pensait avoir trouvé l'amour et un travail. Lilly qui croyait ne plus être (enfin !) le vilain petit canard de la famille. Comme beaucoup de familles, celle de Lilly renferme ses failles et ses secrets tout en tentant de tenir la barre. Va-t-elle y arriver ?

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Seitenzahl: 140

Veröffentlichungsjahr: 2025

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« Tiens bon le cap et tiens bon le flot

Hissez haut (hissez haut, Santiano)

Sur la mer qui fait le gros dos

(Nous irons jusqu'à San Francisco) »

Hugues Aufray

« On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille

On choisit pas non plus les trottoirs de Manille

De Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher »

Maxime le Forestier

Sommaire

Prologue

Première partie

1- Alice

2- Christophe

3- Jean

4- Clara

5- Lilly

Deuxième partie

1- Alice

2- Christophe

3- Jean

4- Clara

5- Lilly

Troisième partie

1- Alice

2- Christophe

3- Jean

4- Clara

5- Lilly

Quatrième partie

1- Alice

2- Christophe

3- Jean

4- Clara

5- Lilly

Cinquième partie

1- Alice

2- Christophe

3- Jean

4- Clara

5- Lilly

Sixième partie

1-Alice

2- Christophe

3- Jean

4- Clara

5- Lilly

Épilogue

Prologue

Vous vous souvenez de moi : Lilly, trente-trois ans, pure parisienne, se retrouvant sans petit ami à présenter au moment de Noël à ma « charmante » famille ? Sans oublier la bonne idée de ma super copine, Clara : me trouver un Escort pour remplacer au pied levé l’immonde individu qui ne m’avait pas dit être marié.

Licenciée pour cause de ne pas avoir voulu coucher avec mon boss et célibataire puisque tous les hommes sont cruels, menteurs, hypocrites et tout ce que vous pouvez imaginer d’autre.

Mes parents, passés devant Monsieur le Maire puis à l’église depuis quarante ans, attendaient que je leur présente enfin l’heureux élu.

Mais, moi, je n’étais pas comme Alice, ma sœur aînée : femme de Bruno, un diplôme de droit en poche et trois charmants bambins élevés à la méthode Montessori. Encore moins comme mon petit frère, Christophe, « marié au premier regard », puis rapidement papa d’un bébé.

J’avais finalement échappé au traditionnel Noël familial à cause d’une gastro fulgurante de mes neveux et nièces qui avaient contaminé parents et grands-parents.

Seule chez moi, ma journée du vingt-cinq décembre fût finalement mémorable, totalement improvisée et orchestrée par Clara, dans les bras de mon adorable libraire, James. Celui grâce à qui j’avais pu trouver mes cadeaux dix petits jours avant la date fatidique, et non offerts à ce jour.

Inutile de vous raconter les détails : le champagne rosé était délicieux et le canapé bien moelleux. Le reste est classé X.

Au Nouvel An, j’ai festoyé avec Clara et ses amis, James étant également convié. Cela allait vite entre nous car j’avais maintenant l’âge du Christ lorsqu’il est mort, alors il ne fallait pas traîner si je voulais fonder une famille.

Mes parents ont proposé de nous réunir à Pâques pour faire un tir groupé : fêter Noël, la nouvelle année et les fêtes pascales.

Grâce à la présence de James, j’étais dans les starting-blocks.

Sauf que rien ne s’est passé comme prévu.

Première partie

1- Alice

Moi, Alice, trente-six ans, sœur aînée de Lilly, trois enfants au compteur, femme au foyer après avoir exercé deux ans en cabinet d’avocats. Puis j’ai décidé de mettre ma carrière entre parenthèses, il y a quelques années de cela maintenant.

Avec mon mari, Bruno, nous avons acheté une belle demeure pour accueillir nos enfants. Pour ma part, je n’avais pas prévu d’en avoir trois si rapprochés : Capucine a deux ans, Emma quatre et mon grand, Gabin, six.

Très vite, j’ai vu qu’il s’avérait compliqué de jongler entre mon métier, ma vie de maman et de femme, alors Bruno a naturellement proposé, voire imposé, que j’arrête de travailler.

Selon ses dires, je pourrai enfin me détendre et profiter de ma marmaille, être une gentille mère au foyer qui prépare des menus équilibrés pour tout le monde et éduque correctement ses enfants.

Sauf que rester à la maison ne se révèle finalement pas si évident lorsque l’on a fait de longues études et que l’on occupe un emploi utile et agréable.

Le droit ce n’est pas une sinécure, j’en ai bavé à me coltiner les Dalloz en droit de la famille et du travail, des heures de révision. Et heureusement, je suis dotée d’une bonne mémoire pour retenir moults articles de loi. J’ai eu la chance de pouvoir rapidement intégrer un cabinet où il y avait plus d’avocats masculins que féminins. Nous sommes toujours très loin de la parité au XXIe siècle, c’est bien triste.

Cela a commencé à se compliquer lorsque j’ai annoncé ma première grossesse, non programmée. Mon mari a jugé que c’était le bon timing et un signe envoyé par l’Univers. Nombre de femmes n’arrivent pas à avoir d’enfants, il fallait donc saisir l’opportunité. Surtout que nous avions les moyens, comme il ne cessait de le rappeler.

Bruno travaille dans l’immobilier, il ne s’étend jamais vraiment sur son métier, si ce n’est qu’en pratique, il est souvent absent et que je dois gérer le quotidien de la famille en ne comptant que sur moi-même.

Forcément, entre mon patron qui commençait à râler sur les « femmes incapables de tout faire et bonnes à rester chez elles » et un mari qui pensait la même chose, j’ai donné ma démission en me disant que j’allais profiter de mon premier enfant, l’adorable Gabin.

Ce que je n’avais pas prévu en revanche, c’était que Bruno voudrait ensuite une petite fille et que les enfants n’aient que peu d’années d’écart pour pouvoir jouer ensemble.

Je n’ai pas bien compris le concept car, avec ma sœur et mon frère, malgré uniquement trois ans de différence entre chacun de nous, nous ne nous entendons pas trop. Sûrement à cause de ma mère, Catherine, qui a souvent fait moults distinctions entre ses enfants. Notamment avec ma sœur, l’enfant du milieu, elle n’a pas été très tendre et je crains de reproduire le schéma familial.

Deux ans après Gabin, est arrivée Emma (une vraie petite tornade !) et je ne voyais déjà plus le bout du chemin, ma vie me paraissait sans grand intérêt, c’est horrible à dire car j’adore mes enfants.

Il faut avouer qu’entre les biberons, les couches, les allers-retours à la halte-garderie pour sociabiliser Gabin, les courses, le ménage, les discussions peu intéressantes entre mamans, je n’avais pas de temps pour moi. Je devenais l’ombre de moi-même, mon mari s’absentait de plus en plus souvent, je ne prenais plus soin de mon physique, n’achetais que des vêtements et des jouets pour les deux prunelles de mes yeux, Bruno scrutant mes dépenses.

En démissionnant, il faut bien admettre que j’ai renoncé à mon indépendance économique et je déteste plus que tout demander de l’argent à qui que ce soit.

Dire que je ne voulais en aucun cas faire comme mes parents ! Mon père, à une époque, n’avait trouvé d’autre solution que de prendre ma mère comme secrétaire médicale et je ne sais pas comment cela se passait au niveau rémunération. Si j’ai un seul conseil à donner : une femme ne doit jamais, au grand jamais, dépendre de quelqu’un.

J’essayais de garder contact avec mon frère, Christophe, et n’en avais quasiment plus aucun avec Lilly que je trouvais peu mature et pas très équilibrée.

Puis je me suis retrouvée enceinte, pour la troisième fois. Je voyais si peu mon mari ; Capucine est arrivée.

Là, j’ai vraiment perdu pied et n’ai trouvé personne pour m’aider.

2- Christophe

J’ai toujours admiré Alice, ma sœur aînée. Pour moi, elle a donné tant de choses et s’est beaucoup occupée de nous (ma sœur Lilly et moi) dès nos plus jeunes années. Principalement lorsque maman a décidé de reprendre le travail en dehors du cabinet médical de mon père.

Il me semble qu’à la naissance d’Alice, elle essayait de rester un maximum chez nous tout en donnant un coup de main, si le besoin s’en faisait sentir, à mon père. Puis, à l’arrivée de Lilly, elle a décidé de voler de ses propres ailes pour de nouveau rester à la maison à ma naissance.

Lilly croit être le vilain petit canard et cela doit jouer sur sa vie personnelle qui s’avère être… comment pourrais-je la qualifier ? Catastrophique, on peut le dire.

J’ai appris qu’à Noël dernier, elle était même allée jusqu’à chercher un Escort à nous présenter tellement elle n’en pouvait plus de la pression familiale.

J’avoue que nos parents sont pénibles avec leurs quarante ans de mariage. Quarante ans de façade, dirais-je plutôt. Je ne sais pas comment cela va se terminer ; être ou paraître, telle est la question !

Idem pour ma sœur aînée qui est seule avec ses trois enfants, je l’admire et j’ai de la peine en même temps ; je pense que son mari est carrément louche, ceci à tous niveaux.

Son travail ? Nébuleux car l’immobilier se révèle être un secteur très vaste. Il donne l’impression d’avoir de l’argent, en revanche il n’aide absolument pas Alice, s’envole des semaines entières à l’autre bout de la France en la laissant avec trois enfants en bas âge sans se montrer plus affecté que cela.

Il ne manquerait plus qu’elle soit cocue. À mon avis, c’est la prochaine étape ; Lilly l’avait déjà laissé entendre, me semble-t-il. Je rigolais à l’époque, finalement je crois qu’elle a raison et cela m’attriste au plus haut point.

Que vont devenir ma sœur, mon neveu et mes nièces si leur père multiplie les dettes, leurs parents étant mariés sous le régime de la communauté ? Elle n’a pas de salaire, elle est femme au foyer, ils pourraient se retrouver à la rue.

Ne pensons pas au pire, pour le moment ils sont ensemble, les enfants sont en bonne santé ; voyons les côtés positifs.

Quant à moi, j’ai eu la chance de rencontrer ma femme, Sandrine, alors que je travaillais à l’étranger pour une ONG. Au bout de six mois seulement, nous nous sommes mariés, mes parents se montraient assez réticents car ça allait bien trop vite selon eux et leurs idées très arrêtées sur la question, surtout concernant ma mère. Ils auraient préféré que l’on apprenne à se connaître un peu et rencontrer sa famille avant les festivités.

Mais ma femme n’avait plus de famille, mis à part des cousins éloignés et, à notre retour en France, elle s’est retrouvée enceinte. Nous sommes aujourd’hui les heureux parents d’un petit Adelin de dix-huit mois qui nous comble bien au-delà de nos espérances.

Comme vous ne le savez peut-être pas, ce prénom d’origine germanique est dérivé de « adal » qui signifie noble. Je n’ai pas bien compris pourquoi Sandrine tenait autant à ce prénom. Pour ma part, j’ai insisté (tradition oblige) pour mettre en second celui de mon père : Jean.

Afin de me rassurer, je me dis qu’Adelin est un nom original et que, sur les bancs de l’école, il n’y en aura pas deux comme lui.

C’est encore loin cette étape et nous aimerions l’instruire chez nous, un peu comme Géraldine Danon avec ses enfants sur son grand bateau. Nous avons le temps d’y réfléchir car personne n’est d’accord avec notre idée.

J’avais repris mon travail d’infirmier en libéral ; aujourd’hui je souhaiterais me tourner vers autre chose.

Lorsque je vois le monde dans lequel nous vivons, je me dis qu’il faut que je fasse ma part, à mon petit niveau. Infirmier, c’est utile, je vous l’accorde. Sandrine m’a parlé de politique et je commence à me prendre au jeu.

Ce ne sera pas du goût de tout le monde, j’en suis certain. Mais il s’agit de notre vie, donc nous avons bien le droit de réaliser nos rêves. Ma famille apprécie moyennement ma femme, ils trouvent que le mariage a été trop rapide et qu’elle décide de beaucoup de choses dans notre ménage. Rien n’est simple chez nous, ni chez les autres d’ailleurs. Chacun sa croix, comme on dit.

Moi je l’aime et j’adore mon fils, c’est le principal. Si certains émettent des doutes, cela ne nous affecte pas le moins du monde, nous vivons comme nous l’entendons. Sandrine et moi avons quelques idées en tête pour que cela dure le plus longtemps possible.

3- Jean

Avec Catherine, nous avons fêté nos noces d’émeraude l’année dernière : quarante ans, de mariage, non sans encombre contrairement à ce que pensent certaines personnes.

À ce jour, nous avons réussi à former une jolie famille : trois enfants et quatre petits-enfants pour le moment. Je dis bien pour le moment car j’ai l’impression que Lilly se cherche et qu’elle voudrait peut-être avoir un bébé, sauf que sa vie se révèle pour le moins complexe, à tous les niveaux.

Et j’en veux à ma femme, Catherine.

Comme vous avez pu vous en apercevoir à Noël, elle est psychorigide au possible et j’avoue que je suis extenué au bout de tant d’années de mariage. Nombreux sont d’ailleurs les couples qui se séparent au moment de la retraite. Se supporter H24 n’est pas donné à tout le monde.

Elle a beaucoup de caractère, c’est certain, mais je commence à saturer.

Je lui ai passé tant de choses, comme notamment s’occuper d’Alice à sa naissance, et jusqu’à sa deuxième grossesse ; tout en la prenant parfois comme secrétaire à mon cabinet afin qu’elle puisse avoir une vie sociale.

À une époque, je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête, elle a voulu totalement s’émanciper. Notre fille aînée rentrait à l’école, elle devait gérer Lilly. Au bout de la période de fin de congé maternité, elle a décidé de se lancer à la recherche d’un vrai travail, alors que je lui proposais de continuer à m’aider, en lui proposant cette fois-ci une rémunération.

Elle faisait régulièrement des déprimes (légères puis de plus en plus aigües), refusait de se faire soigner quitte à tomber en dépression, mettant cela sur le compte de ses trop maigres interactions sociales.

Madame m’a tenu tête en me parlant d’indépendance. Du coup Lilly s’est senti délaissée et je pense que cela se ressent depuis des lustres sur son comportement.

Elle a trouvé un poste de secrétaire polyvalente dans une étude notariale et a fait des horaires plus qu’extensibles au détriment de nos filles.

Puis, Catherine s’est retrouvée enceinte « par accident », comme on a coutume de dire ; avorter se révélait être un véritable cas de conscience et relativement mal vu à l’époque.

Nous y avons longuement réfléchi. Déjà qu’avec deux bambins notre vie était compliquée, moi complètement à bout entre mes consultations, la gestion de la maison et des filles. Je ne sais pas si cela aurait été la bonne solution, l’avortement. Un enfant c’est quand-même un joli cadeau. C’est aussi certainement mon métier qui m’a poussé à culpabiliser.

Christophe est arrivé dans notre vie. Un garçon après deux fillettes, j’étais heureux et ma femme également. Elle s’est mise en tête de prendre un congé supplémentaire pour rester proche de son fils, ce que je n’ai pas bien compris et encore moins Lilly.

Sa maman n’avait pas travaillé pour éduquer sa sœur aînée et là elle décidait carrément de rester plusieurs mois au domicile familial pour s’occuper de son petit frère. Cela s’est avéré extrêmement traumatisant pour Lilly qui ne manquait pas de nous le faire constamment payer.

Nous étions régulièrement convoqués à l’école où elle faisait le pitre et répondait aux adultes. On nous a fortement conseillé de l’emmener voir un psychologue. Nous sommes passés par des moments compliqués car ma femme ne voulait absolument pas en entendre parler.

Un confrère a tenté d’aider Lilly et Catherine en posant des mots sur leur relation mère-fille ou plutôt leur non-relation. Lilly a trouvé la parade en jouant à la fille muette et en refusant de dessiner pour un inconnu. Elle s’est amusée à jouer à la Reine du silence relativement longtemps ce qui a fait rire le psychologue au final. Elle est ensuite allée jusqu’à le mimer, alors il l’a prise à son propre jeu et nous a conseillé de l’inscrire à des cours de théâtre, ce qui s’est révélé salvateur pour elle.

Vous comprendrez que j’ai aujourd’hui envie de penser à moi. Avec ce que j’ai économisé, je vais enfin tenter de réaliser mon rêve : acheter un voilier. Pas trop grand pour pouvoir naviguer seul ou, éventuellement, en embarquant un jour enfants et petits-enfants, qui sait ?

Plus jeune, on me disait que je finirai inévitablement par faire le Vendée Globe, j’adorais la voile. Mais ma femme ne m’a pas laissé le loisir d’en profiter car elle a toujours détesté ce sport, comme tous les autres d’ailleurs.