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Léon va bientôt devenir grand frère. Devenu mon bébé des étoiles, j'ai souhaité livrer ses dix jours de vie et raconter à sa future petite soeur, encore installée bien au chaud dans mon ventre, l'histoire de son grand frère parti trop tôt. Ce livre témoignage est aussi une oeuvre pour parler du deuil périnatal, encore tabou dans notre société.
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Seitenzahl: 60
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Ce livre est dédié à Esmée,
Notre bébé bonheur
Et Léon,
Notre bébé des étoiles
Introduction
Découverte et projections
La rencontre
La séparation
Les retrouvailles
La réanimation néonatale
Le verdict
Au revoir Léon
La cérémonie
Ce n’est pas fini
Et après
La grossesse d’après ; toi
Un jour après l’autre
Conclusion
Remerciements
Ma chérie, ma toute petite fille. Je décide de t’écrire ces quelques mots pour te raconter notre histoire de famille.
En ce moment même, tu es bien au chaud dans le ventre de maman. Nous sommes le 11 avril 2021, je suis enceinte de quatre mois. J’ai découvert seule, lors d’une échographie, il y a deux jours ton petit secret. Tu es une fille, une petite princesse.
Ton super papa est depuis un mois parti en Martinique en mission, il sera de retour en juillet. Nous repartirons ensuite tous les quatre, pour y vivre durant deux ans. Quelle chance nous avons ! Alors si tu te demandes pourquoi je parle de « quatre », voici notre histoire. Ton histoire…
Tu n’es pas la première à occuper le creux de mon ventre. Et malgré tout, je suis certaine que tu le sais déjà là où tu es.
Tu as un grand frère, aujourd’hui devenu ton grand frère des étoiles.
Ton frère s’appelle Léon.
Nous avons découvert l’existence de Léon, bien au chaud, le 28 septembre 2019. Ton frère s’est logé ici le 13 septembre 2019, veille de la demande en mariage que m’a faite ton papa, en haut d’une montagne à Èze, sur la Côte d’Azur où nous vivons depuis sept ans. Je te raconterai sa demande un jour, il m’arrive encore de me demander comment il a fait pour ne pas se désister !
À la lecture de ce test de grossesse positif, c’est la panique pour moi ! Nous le voulions, mais je n'imaginais pas que cela arriverait aussi vite. Ton papa, lui, était tout excité... Pour tout dire, c’est lui qui m’a donné le résultat alors qu’il tournait en rond dans la salle de bain avec ses bananes – on rentrait des courses – encore dans les mains. Et là... ton père me dit : « Oh punaise ! Minouche, tu es enceinte ! », le sourire aux lèvres. Je lui réponds : « Ce n’est pas possible ! Comment on va faire ? »
Je regarde le test à nouveau, relis la notice. Oui, c’est bien vrai, je suis enceinte. Je contacte alors Laura ma belle-sœur puis Émeline, alias Meuh, ma meilleure amie, tes tantes, qui n’en reviennent pas non plus. Et là s’en suit un grand nombre de questions… Comment allons-nous organiser le mariage en plus de l’arrivée du bébé ? Allons-nous y arriver ? Financièrement, mais aussi dans notre vie de couple. Puis finalement, ton père comme toujours me rassure.
Nous découvrirons en décembre 2019 qu’il s’agit d’un petit mec. Alors nous cherchons des prénoms avec papa. Nous avions déjà une idée pour une fille, Jade. Mais le garçon… pas d’idées. Assis dans la cuisine chez tes grands parents, à Lavilledieu, ton père m’énumère tout le calendrier lors d’un petit-déjeuner. Arrivé au 10 novembre, le prénom Léon. Et là, c’est une évidence. Nous nous mettons d’accord, enfin. Nous pouvons nous projeter sur ce qui nous attend en tant que parents avec ton frère Léon.
La grossesse se passe à merveille. Fin février, je passe le week-end à Montpellier, enceinte alors de six mois pour fêter mon enterrement de vie de jeune fille, la fin de ma vie de « célibataire » et la baby shower pour l’arrivée de ton frère. Tes tantes Meuh et Céline, mes meilleurs amies qui sont initialement mes témoins de mariage, me font vivre un week-end génial. Un merveilleux moment entre filles, tout en sachant que sur 9, nous étions quatre filles enceintes. Dont tata Meuh qui, quelques mois plus tard, a mis au monde ta cousine Lila.
S’en suit après, mi-mars, le premier confinement. Une pandémie mondiale que tu liras probablement dans tes livres d’histoire à l’école, le covid-19, fait son apparition alors que notre mariage était prévu le 18 avril 2020 avec papa, ce dernier a donc dû être annulé… Quelle déception ! Alors que tout était prêt. Alors que beaucoup autour de moi me disaient : « Tu te rends compte pour ton mariage tu ne pourras pas picoler ! » Je m’en fichais.
Tout était clair dans ma tête, j’avais tout prévu. Porter LA robe de mariée, avec mon gros bidon, à sept mois de grossesse. La mairie, la séance photo, les animations, le buffet, le DJ et nos musiques, dont celle de l’ouverture de bal, More than anyone, de Gavin DeGraw. Je nous y voyais déjà. La fontaine à champagne, le gâteau puis la folie toute la nuit. Cela devait être notre journée. 2020 devait être notre année.
Finalement ce jour-là, nous sommes enfermés chez nous à Fréjus, à jouer à des jeux de société avec des amis. Mais à ce moment-là, même si la déception était grande, il nous restait encore le plus beau à vivre. La naissance de ton frère.
Le 16 avril, lors de la dernière échographie, le gynécologue qui m’ausculte me dit que je vais avoir un gros bébé, proche de 4 kg. À ce moment-là, je ne me pose pas plus de questions que ça. Je me dis qu’on verra bien. Puis un bébé bien potelé, c’est tellement plus mignon. Mimai, dernier rendez-vous de contrôle avec le gynéco. Je suis à trente-six semaines de grossesse et là encore, on me dit que Léon va être un gros bébé, que si ça continue il va être difficile de le sortir pour un premier bébé. On insiste en disant que ce serait bien qu’il sorte avant le terme prévu le 13 juin.
Je prends alors rendez-vous avec ma sage-femme, Isabelle, qui me propose de faire de l’acupuncture, ainsi que de déclencher le travail à trente-huit semaines pour accélérer les choses. Manque de chance, un résultat sanguin indique que je suis positive au streptocoque B. Rien de grave à première vue, mais cela ne permet pas de me faire le décollement des membranes comme prévu. Isabelle, que je vois tous les deux jours, essaye tant bien que mal de faire accélérer le processus. De mon côté je mets également tout en œuvre, les méthodes de grand-mère : ménage, lavage des vitres, marche, ballon, tisane de framboisier… On a même fait deux petites randonnées avec ton papa, au mont Vinaigre, à une semaine du terme. Rien. Rien n’y fait.
Je sentais que je devais accoucher, je ne sais pas pourquoi, mais j’avais ce pressentiment au fond de moi que mon fils devait naître, là, maintenant. Peut-être parce qu’on m’a rabâché qu’il allait être un gros bébé, que cela pourrait être difficile de le faire sortir. Puis finalement j’ai compris plus tard, c’est cela qu’on appelle « l’instinct de mère ». Seulement je n’en ai pas parlé, je n’ai pas su me faire entendre.
