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Ce livre est un abrégé de l'Ecole de cavalerie de François Robichon de la Guérinière. Sa traduction en français moderne le rend facilement accessible à l'amateur soucieux de former son cheval selon les principes et les procédés de la tradition française. Le cavalier y trouve tout ce qu'il lui est possible d'acquérir seul, à condition qu'il veuille bien lire attentivement et qu'il ne soit plus tout à fait un débutant. C'est le triomphe du classicisme français.
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Seitenzahl: 186
Veröffentlichungsjahr: 2023
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PRÉSENTATION
François Robichon de la Guérinière naquit en 1688. Il avait suivi les cours de Vendeuil et reçu en 1715 du comte d'Armagnac ses provisions d'Écuyer pour fonder une académie à Paris, à l'angle des rues Tournon et de Vaugirard. En 1730, le prince Charles de Lorraine, Grand Écuyer, lui confia la direction du manège Royal des Tuileries rétabli à son intention. Il le dirigea en tant qu'Écuyer ordinaire de la Grande Écurie du roi jusqu'à sa mort en 1751.
Le style littéraire de La Guérinière est admiré, en son temps, comme du nôtre, à quelques exceptions près, (certains ne peuvent s'extraire de leur chapelle et de leurs a priori).
Il est le contemporain de Boileau et il illustre admirablement son concept : « ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire vous viennent aisément. La Guérinière écrit le plus beau français qui soit, note Marion Scali. Une langue du XVIII ème siècle, admirable légère, précise harmonieuse.
Pour autant il ne faut pas croire que l'équitation est chose facile. Il faut des bases sérieuses avant d'aborder sa lecture, le lire avec attention, et surtout le relire.
Le style est simple, élégant, fin et délicat sans emphase, sans manière ni afféterie.
On ne peut faire référence à la Guérinière sans évoquer l'École de Versailles, fondée au temps de Louis XIV selon les plans de l'architecte Jules Hardouin Mansart. La grande et la petite écurie furent construites de 1679 à 1682. Elle durera jusqu'en 1830 à la chute de l'ancien régime. L' école de Versailles c'est l'époque de la Guérinière, cependant il semble qu'il n'y ait jamais enseigné, mais l'esprit de cette école imprègne toute son œuvre, fille du siècle des Lumières.
De Xénophon, la Broue, La Guérinière, et jusqu'à Baucher, l'art équestre est une tradition transmise ou rien ne se crée sans s'appuyer sur un acquis plus que millénaire. Ce sont des siècles d'enrichissement accumulé pour aboutir à la perfection que l'on retrouvera au manège royal et à l'académie des Tuileries où siégea La Guérinière.
L'école de Versailles était composée de :
Un grand écuyer ou monsieur le Grand qui avait sous ses ordres :
- Un écuyer commandant.
- Trois à vingt écuyers ordinaires dont deux à la tête de chacun des manèges royaux.
- Trois écuyers « cavalcadours » dont le rôle était de dresser les chevaux du roi et des princes.
- Le gouverneur et le sous-gouverneur des pages.
- Quatre-vingts pages, tous de la vieille noblesse.
- Un roi d'armes, qui depuis 1484 s'appelait « Monjoie St Denis » (cri de guerre de l'armée des rois de France).
- Douze hérauts d'armes portant chacun le nom d'une province française.
- Et des centaines de personnes assurant diverses fonctions.
En 1773, l'effectif de la Grande Écurie atteignait huit cents personnes pour quatre mille chevaux. La petite écurie s'occupait principalement de l'attelage, de la chasse et de la poste avec un effectif d'environ trois mille chevaux.
Dans cette nouvelle version de l'abrégé de « l'École de Cavalerie » je n'ai gardé que les chapitres qui se rapportent à l'équitation, accompagnés des plans de terre qui aident considérablement à la compréhension. Ils ont gardé toute leur valeur pédagogique, on y puise souvent avec intérêt ce qui manque à notre équitation moderne. Il semble aussi que La Guérinière nous parle à nous-même, comme un confident à un ami.
Il nous dit : « Il faut aimer les chevaux, être vigoureux et hardi, et avoir beaucoup de patience. Ce sont là les principales qualités qui font le véritable Homme de Cheval...et s'il se trouve quelqu'un qui pense autrement, il est puni de son indifférence par les accidents auxquels il s'expose ou par la privation du secours qu'il espérait tirer du Cheval ».
« J'ai cherché à dévoiler les mystères qui semblaient n'être réservés que pour un petit nombre de personnes ; comme si la vérité ne devrait pas se répandre universellement ».
L'école de Cavalerie est une encyclopédie équestre. En plus de l'équitation, La Guérinière fait des descriptions des parties extérieures du cheval, des différents harnachements et selles, les fers. Il décrit le manège, l'alimentation, les maladies et soins apportés aux chevaux, le choix d'un cheval, etc., bref, tout ce qui concerne le cheval et son emploi par l'homme. Le baron de Vaux écrit à son sujet : « c'est une œuvre admirable et qui est remplie de vérités auxquelles le temps ne pourra rien changer. Ce livre reste aujourd'hui l'un de ceux que l'on peut consulter avec le plus de fruit. Toute la partie qui traite de l'équitation ne le cède en rien, est même supérieure à nos meilleurs ouvrages modernes, et la fameuse « Épaule en Dedans », trop mal comprise de nos jours est vraiment admirable ».
Pour ce qui est de l'équitation, que reste-t-il de l'enseignement de celui que l'on nomme à juste titre, le père de l'équitation française ?
Tout d'abord, son équitation est basée en grande partie sur les assouplissements, « on prépare au pas, on assouplit et on muscle au trot ». Dresser c'est assouplir disait le colonel Charles de Ladoucette.
L'on a tort de l'opposer à Baucher en prétendant que La Guérinière assouplit le cheval dans son ensemble, alors que Baucher l'assouplit par partie, en fait c'est la même équitation dira Étienne Beudant. Les opposer c'est oublier que la leçon sur la main de bride est une autre façon de définir la mise en main, d'une part et, d’autre part, il utilisait pour assouplir les chevaux, les voltes et demi-voltes directes ou renversées, le fameux carré, resté célèbre qu'il pratiquait aux trois allures et sur une ou deux pistes, ce qui le conduit, in fine à piaffer des postérieurs et à passager des antérieurs. Qui en serait capable aujourd'hui ?
Son équitation ne se résumait pas à l'épaule en dedans malgré les nombreux avantages que procure cet exercice que l'on a transformé en figure pour les reprises de dressage, ce qui lui enlève une bonne part de son objet qui est d'assouplir et de favoriser l'abaissement de la hanche intérieure et de grandir le devant.
En France, deux anciens écuyers en chef du cadre noir lui rendront hommage : le général Pierre Durand et le colonel Christian Carde, sans oublier un écuyer civil, Michel Henriquet. Mais comme nul n'est prophète en son pays, c'est surtout l'École Espagnole de Vienne qui continuera à perpétuer la tradition française dont il est le père.
En Allemagne au XIXe siècle, Gustave Steinbrecht approfondira l'étude de l'épaule en dedans. Même s'il en attribue la paternité au duc de Newcastle il reconnaîtra que La Guérinière l'a perfectionnée et transmise à la postérité sous son nom actuel.
IL reste de La Guérinière deux principales leçons que sont l'épaule en dedans et la descente des aides (le cheval restant et se plaisant dans son air) mais aussi la croupe au mur, l'arrêt, le demi-arrêt, le reculer, l'usage de la main de bride, ainsi que tous les airs relevés, distinguant avec précision ce qui dépend du cheval et ce qui dépend du cavalier.
Pour ce qui concerne la main de bride (mais on pourrait dire aussi, la main du bridon), il dit que pour avoir la main bonne, il faut qu'elle soit LÉGÈRE, DOUCE OU FERME. Cette perfection ne vient pas seulement de l'action de la main, mais encore de l'assiette du cavalier...La main doit aussi produire quatre effets qui sont : rendre la main, soutenir la main, tourner la main à droite et tourner la main à gauche. À cette époque la main de bride est la main gauche qui tient les deux rênes, la main droite était la main qui tenait la « gaule » ou l'épée. Notons que la bride n'était pas toujours équipée du « bridon », il n'y avait donc que deux rênes et non quatre comme dans la bride actuelle.
La seconde action qui est de soutenir la main, se fait en rapprochant la main de l'estomac et en levant les ongles un peu en haut, cette dernière aide est pour arrêter un cheval ou pour marquer un demi-arrêt, ou bien pour reculer. On se rapproche de l'effet d'ensemble.
Un cheval obéissant est celui qui la suit dans tous ses mouvements. Ce que rappelle le colonel Carde dans ses leçons : « le cheval accepte la main, respecte la main, et enfin suit la main ».
La main légère est celle qui ne sent point l'appui du mors sur les barres.
La main douce est celle qui sent un peu l'effet du mors, sans trop d'appui.
Et la main ferme est celle qui tient le cheval dans un appui à pleine main.
C'est un grand art que de savoir accorder ces trois différents mouvements de la main.
L'APPUI est le sentiment que produit l'action de la main du cavalier et réciproquement, l'action que la main du cavalier opère sur les barres du cheval.
Pour apporter encore un peu plus de clarté au propos, le colonel Carde distingue l'appui que prend le cheval et la tension des rênes qu'opère le cavalier. Ainsi, de la tension des rênes doit naître l'appui correspondant.
Il y a des chevaux qui n'ont point d'appui (quand ils se mettent en arrière de la main pour se soustraire à son effet) ; d'autres qui en ont trop et d'autres qui ont l'appui à pleine main. L'appui à pleine main fait la meilleure bouche, c'est lorsque le cheval, sans peser ni battre à la main, a l'appui ferme, léger et tempéré ; ces trois qualités sont celles de la bonne bouche, lesquelles répondent à celle de la main qui doit être légère, douce et ferme.
Voilà, tout l'art est dans la nuance. Il faut aussi se méfier de juger certaines tournures de phrases, comme des gravures représentant des écuyers du XVIII e avec les yeux de 2022. Il faut soumettre ses opinions à la réflexion nécessaire et utile.
Il préconise toujours la mesure et la pondération, surtout dans les « châtiments ». Le cheval ne devant pas perdre sa gaité. En abuser, c'est rendre le cheval vicieux. Il adapte toujours ses procédés à la morphologie du cheval et à son tempérament.
C'est entre 1729 et 1730 que François Robichon de LA GUERINIERE publie les deux tomes de son « ÉCOLE DE CAVALERIE, son seul et unique livre. Il a alors 42 ans.
Il définit les bases d'une équitation que plus d'un siècle et demi plus tard, Georges de Lagarenne nommera : "A LA FRANÇAISE ". Titre de son analyse de l'œuvre.
À l'époque de La Guérinière, la tradition était essentiellement orale, les écuyers écrivaient peu, notamment à Versailles d'où on ne connaît qu'un seul traité, celui de Montfaucon de Rogles (1717-1760) contemporain de La Guérinière. On ne peut que regretter que Cazeaux de Nestier 1684-1754, dont on connaît bien la gravure le représentant sur « Le Florido » n'ait laissé aucun écrit.
Admirateur de LA BROUE, il connaissait l'ouvrage du duc de Newcastle, mais aussi les anciens maîtres, tels Pluvinel, ainsi que les maîtres italiens de la Renaissance : Grisone, Fiaschi...
Il savait très bien que les châtiments peuvent facilement rendre un cheval rétif, tout comme lui faire exécuter des airs qui sont contraires à sa nature. À chaque fois il étudie si les capacités du cheval le rend apte à réaliser tel ou tel air, prêt à lui réserver un autre usage dans le cas contraire ; il préconise toujours la modération dans l'emploi des aides, toujours en recherche d'équilibre et de légèreté.
Dans l'utilisation de ses procédés, il va du simple au complexe et décrit habilement en quelques phrases ce qu'il faut entendre.
À l'heure où les cavaliers de dressage ont adopté la position du skieur nautique dans des selles orthopédiques, je le trouve d'une étonnante modernité dont on ferait bien de s'inspirer.
Chapitre I
Des termes de l’art
Chapitre II
Des différents mouvements des jambes des chevaux
Chapitre III
De la belle posture de l’homme à cheval
Chapitre IV
De la main de bride et de ses effets
Chapitre V
Des aides et des châtiments pour dresser les chevaux
Chapitre VI
De la nécessité du trot pour assouplir les jeunes chevaux et de l'utilité du pas
Chapitre VII
De l’arrêt du demi-arrêt et du reculer
Chapitre VIII
De l’épaule en dedans
Chapitre IX
De la croupe au mur
Chapitre X
De l’utilité des piliers
Chapitre XI
Du passage
Chapitre XII
Des changements de main et de la manière de doubler
Chapitre XIII
Du galop
Chapitre XIV
Des voltes, des demi-voltes, des passades, de la pirouette du terre à terre
Chapitre XV
Des airs relevés
Rien ne contribue davantage à la connaissance d'un art ou d'une science, que l'intelligence des termes qui lui sont propres. L'art de monter à cheval en a de particuliers ; c'est pourquoi j'ai cherché à en donner des définitions claires et précises.
MANÈGE ; ce mot a deux significations ; savoir : le lieu où l'on exerce les chevaux, et l'exercice qu'on leur fait faire.
Un manège découvert peut être plus large et plus long, suivant le terrain qu'on a à y employer : on l'entoure de barrières.
Le manège regardé comme l'exercice que l'on fait faire au cheval, est la manière de le dresser sur toutes sortes d’airs.
AIR ; est la belle attitude que doit avoir un cheval dans ses différentes allures ; c'est aussi la cadence propre à chaque mouvement qu'il fait dans chaque allure, soit naturelle, ou artificielle, comme nous l'expliquerons dans la suite.
CHANGER DE MAIN, est l’action que fait un cheval avec les jambes, lorsqu'il change de pied, soit pour galoper sur le pied droit ou sur le pied gauche. Ce terme vient des anciens écuyers, qui nommaient les parties du corps du cheval, par préférence aux autres animaux, comme celles de l'homme ; et de même qu'on dit encore aujourd'hui, la bouche d’un cheval, le menton et le bras, ils appelaient aussi le pied d'un cheval la main ; ainsi changer de main, c'est changer de pied. Selon l'usage, on entend aussi par changement de main, la ligne ou la piste que décrit un cheval, en traversant le manège avant de faire ce changement de pied.
PISTE, est le chemin que décrivent les quatre pieds d'un cheval en marchant. Un cheval va d’une piste ou de deux pistes. Il va d'une piste, lorsqu'il marche droit sur une même ligne, et que les pieds de derrière suivent et marchent sur la ligne de ceux de devant. Il va de deux pistes, lorsqu’il va de côté ; et alors les pieds de derrière décrivent une autre ligne que ceux de devant : c’est ce qu’on appelle fuir les talons.
AIDES, sont les moyens dont le cavalier se sert pour faire aller son cheval, et le secourir : ces moyens consistent dans les différents mouvements de la main et des jambes.
AIDES FINES. On dit d’un homme de cheval qu’il a les aides fines, lorsque ses mouvements sont peu apparents, et qu’en gardant un juste équilibre, il aide son cheval, avec science, avec aisance et avec grâce, ce qu’on appelle aussi aides secrètes. On dit encore qu’un cheval a les aides fines, lorsqu’il obéit promptement, et avec facilité, au moindre mouvement de la main et des jambes du cavalier.
RENDRE LA MAIN, c’est le mouvement que l’on fait en baissant la main de la bride, soit pour adoucir, ou pour faire quitter le sentiment du mors sur les barres. Il faut remarquer qu’on entend toujours par la main de la bride, la main gauche du cavalier ; car, quoiqu’on se serve quelquefois de la main droite pour tirer la rêne droite, ce n’est alors qu’une aide à la main gauche, qui reste toujours la main de la bride.
S’ATTACHER A LA MAIN, c’est lorsqu’un cavalier a la main rude, et qu’il la tient plus ferme qu’il ne doit : c’est le plus grand défaut qu’on puisse avoir à cheval ; car cette dureté de main gâte la bouche d’un cheval, l’accoutume à se cabrer, et le met en danger de se reverser, accident bien funeste, et dont les suites sont quelquefois la mort du cavalier, comme il est arrivé plus d’une fois.
TIRER A LA MAIN. Ce défaut regarde le cheval ; c’est lorsque la bouche se raidit contre la main du cavalier, en tirant et en levant le nez, par ignorance ou par désobéissance.
PESER A LA MAIN, c’est lorsque la tête du cheval s’appuie sur le mors, et s’appesantit sur la main de la bride, en sorte qu’on est obligé de porter, pour ainsi dire, la tête du cheval.
BATTRE A LA MAIN, c’est le défaut des chevaux qui n’ont pas la tête assurée ni la bouche faite, et qui, pour éviter la sujétion du mors, secouent la bride, et donnent des coups de tête.
FAIRE LES FORCES, c’est un mouvement très désagréable que font certains chevaux en ouvrant la bouche, et en portant continuellement la mâchoire inférieure de gauche à droite, et de droite à gauche : c’est le défaut des bouches faibles.
APPUI, est le sentiment que produit l’action de la bride dans la main du cavalier, et réciproquement l’action que la main du cavalier opère sur les barres du cheval. Il y a des chevaux qui n’ont point d’appui, d’autres qui en ont trop, et d’autres qui ont l’appui à pleine main. Ceux qui n’ont point d’appui, sont ceux qui craignent le mors, et ne peuvent souffrir qu’il appuie sur les barres ; ce qui les fait battre à la main, et donner des coups de tête. Les chevaux qui ont trop d’appui, sont ceux qui s’appesantissent sur la main : l’appui à pleine main, qui fait la meilleure bouche, c’est lorsque le cheval, sans peser ni battre à la main, a l’appui ferme, léger et tempéré : ces trois qualités sont celles de la bonne bouche d’un cheval, lesquelles répondent à celles de la main du cavalier, qui doit être légère, douce et ferme.
REPRISE, est une leçon réitérée qu’on donne à un cheval, et dans l’intervalle d’une reprise à l’autre, on lui laisse reprendre haleine.
MARQUER UN DEMI-ARRÊT, c’est lorsqu’on retient la main de la bride près de soi, pour retenir et soutenir le devant d’un cheval qui s’appuie sur le mors, ou lorsqu’on veut le ramener ou le rassembler.
RAMENER, c’est faire baisser la tête et le nez à un cheval, qui tire à la main et porte le nez haut.
RASSEMBLER un cheval, ou le tenir ensemble ; c’est le raccourcir dans son allure, ou dans son air ; pour le mettre sur les hanches ; ce qui se fait en retenant doucement le devant avec la main de la bride, et chassant les hanches sous lui avec le gras des jambes, pour le préparer à le mettre dans la main et dans les talons.
ÊTRE DANS LA MAIN, c’est la qualité que l’on donne à un cheval parfaitement dressé.
BIEN MIS, c’est-à-dire bien dressé ; bien mis dans la main et dans les talons.
SE TRAVERSER, c’est lorsque la croupe d’un cheval se dérange de la piste qu’elle doit décrire, soit en fuyant les talons, ou en allant par le droit.
HARPER, c’est l’allure des chevaux qui ont des éparvins secs, dont le mouvement se fait de la hanche avec précipitation, au lieu de plier le jarret.
PIAFFER, c’est l’action que fait le cheval, lorsqu’il passage dans une même place, en pliant les bras, et en levant les jambes avec grâce, sans se traverser, ni avancer, ni reculer, et en demeurant dans le respect pour la main et pour les jambes du cavalier.
TRÉPIGNER, c’est le défaut de ceux qui piaffent mal, qui au lieu de soutenir la jambe haut, précipitent leur mouvement et battent la poudre : les chevaux qui ont trop d’ardeur, sont sujets à ce défaut.
DOUBLER. Il y a doubler large, et doubler étroit. Le doubler large, est lorsqu’on tourne un cheval par le milieu du manège sans changer de main, en partageant le terrain également. Et le doubler étroit, est lorsqu’on le tourne dans un carré étroit aux quatre coins du manège.
FERMER, SERRER une demi-volte, cela s’entend de la fin d’un changement de main ; ou d’une demi-volte, où un cheval doit arriver également de côté, les quatre jambes ensemble, sur la ligne de la muraille, pour reprendre à l’autre main.
TRAVAILLER DE LA MAIN A LA MAIN, c’est lorsqu’on tourne un cheval d’une piste avec la main seule.
SECOURIR, c’est aider un cheval avec les jarrets, ou avec les gras des jambes, lorsqu’il veut demeurer, ou se ralentir dans son allure.
CHEVALER, c’est lorsque le cheval en allant de côté, en fuyant les talons, les jambes de dehors passent par-dessus celles de dedans.
DEDANS ET DEHORS, c’est une façon de parler, dont on se sert quelquefois, au lieu de droit et de gauche, pour exprimer les aides que l’on doit donner avec les rênes de la bride, avec les jambes et les talons du cavalier, et aussi les mouvements des jambes du cheval, selon la main où il va. Pour mieux entendre ceci, il faut savoir qu’autrefois les écuyers travaillaient presque toujours leurs chevaux sur des cercles, et le centre autour duquel ils tournaient, déterminait la main où ils allaient ; en sorte qu’en tournant un cheval à droite sur un cercle, la rêne de la bride, la jambe et le talon du cavalier, et les jambes du cheval qui étaient du côté du centre s’appelaient la rêne de dedans, la jambe de dedans, le talon de dedans ; ce qui est le même de dire, rêne droite, jambe droite, etc. Pour lors la rêne de dehors, la jambe de dehors, sont la rêne gauche, la jambe gauche, et de même en tournant un cheval à gauche sur un cercle, la rêne et la jambe qui sont du côté du centre, s’appellent la rêne et la jambe de dedans, et sont la rêne gauche et la jambe gauche, et par conséquent la rêne de dehors, et la jambe de dehors, sont la rêne droite et la jambe droite. Aujourd’hui que les manèges sont carrés et bornés de murailles ou de barrières, il est aisé de comprendre qu’on entend par la rêne de dehors, la jambe de dehors, celles
