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Suite à la tragique disparition de ma Maman, j'ai trouvé dans l'écriture le moyen de m'exprimer et de combattre mes démons intérieurs. A travers des textes et un récit autobiographique, j'ai décidé de raconter ce moment douloureux qui a bouleversé ma vie. J'ai pris un tsunami en pleine figure, maintenant je me reconstruis petit à petit, à travers différentes thérapies, dont l'écriture. Tous les bénéfices seront reversés à l'Association pour la Recherche sur les Tumeurs Cérébrales. Pour me contacter, vous pouvez m'écrire à l'adresse suivante : [email protected]
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Seitenzahl: 68
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Pour ma mère
"Notre amour est plus grand que tout l'univers, et je t'aime à l'infini."
DANS LA FIAT
LA SAINT CHRISTELLE
TÊTE A TÊTE AVEC HADES
UN BOL DE GET 27
JE RÊVE
LA CREME A LA LENTILLE
POITIERS JE TE HAIS
TA CLOPE AU BEC
J'AI DEUX PAPAS
TSUNAMI
LA ROUSSE DU CHAMP DE TOURNESOLS
NAEPGQTLUEJTAALI
AU 9 RUE BOURBONNAISE
ODEUR DE LYS
A MON DOIGT
LEGER PERE ET FILLE
TU LAISSES UN VIDE
MON HÔTE
A LA MONK
ENRACINEMENT
TEMOIGNAGE : RECIT
Dans la p'tite Fiat Uno, j'étais,
Derrière dans mon siège de bébé.
Dans la p'tite Fiat Panda, j'étais,
Assise devant, à tes côtés.
Toi au volant, tu conduisais,
Moi à côté, je te guidais.
Avec la Fiat, on a roulé,
Jusqu'à Figeac, la Fibaudet.
Dans la p'tite Fiat, on a causé,
De tout, de rien, on s'en fichaît.
Dans la p'tite Fiat, on a chanté,
Sardou, Thiefaine et Stromaé.
Dans la p'tite Fiat, on a pesté,
Contre les camions et les mémés.
Dans la p'tite Fiat, on a crié,
D'colère, de peine, et de regret.
Maint'nant, la p'tite Fiat, elle est garée,
Devant chez moi, toute la journée.
Je m'installe derrière le volant,
Et dans la p'tite Fiat, j'ai beau causer,
J'ai beau chanter, crier, pester,
Quand je regarde le siège passager,
Tu n'es plus là, à mes côtés.
J'ai souvent zappé,
Ta fête, de t'la souhaiter.
Mais j'sais pas pourquoi c't'année,
Du jour, je m'souvenais.
Le 24 juillet, je voulais t'appeler,
Depuis Hanovre pour te souhaiter,
"Bonne fête Christelle".
Ce 24 juillet, j'ai crié, j'ai pleuré,
J'ai murmuré à ton oreille,
"Adieu Christelle".
En plein milieu d'l'été,
Fallait r'ssortir les gilets,
Des gouttes de pluie apparaissaient,
Il était moche ce mois d'juillet.
Alors le ciel, s'est déchiré,
Alors le sol, s'est effondré,
Dans le Tartare je suis entrée,
Et j'avançais, comme une damnée.
Sur le Styx, j'ai erré,
Pendant plus d'une demi journée,
En m'enfonçant dans les ténèbres,
A la rencontre de ce cher Cerbère.
Il m'a ouvert les portes de l'enfer,
Où m'attendait mon pire cauchemar.
Et dans les profondeurs et les couloirs,
J'ai marché droit, droit dans les flammes,
Du tourment, du supplice, du désespoir.
Devant la porte de la fournaise,
J'ai senti mon coeur se glacer,
Le feu, autour de moi, se dissipait,
Et laissait place au grand Hadès,
Qui m'attendait, pour un tête à tête.
Quand tu étais pompet',
Et qu'tu partais en cacahuète,
Tu t'enfilais sans t'défiler,
Ce bol d'alcool, vert mentholé,
Tu t'buvais cul sec, un bol de Get 27.
Pendant l'été à la Fibaudet,
J'sortais la bouteille de rhum,
J'cueillais d'la menthe poivrée,
Et quand j'voyais qu't'étais en forme,
J'te f'sais un mojito corsé.
Pendant l'réveillon, c'était cocasse,
Après trois verres d'vin rouge,
Tu f'sais une course d'coquilles St Jacques,
Pendant qu'elles gratinaient, au chaud dans l'four.
Et je riais, de t'voir comme ça.
Après une soirée, chez des amis,
Tu revenais en f'sant l'martien,
Tu zig-zagais, jusqu'à ton lit.
Je me disais "Elle est pas bien !",
Et tu t'endormais, dans un sourire.
Je rêve, d'une baignade dans du Curaçao,
Je rêve, de Trump enfermé dans un zoo,
Je rêve, de Bamboula dans son landeau,
Je rêve, d'une rencontre avec le Choixpeau,
Je rêve, d'mon chien bouffant un artichaut.
Ces rêves sans queue, ni tête,
C'était avant qu'tu disparaisses.
Maintenant, mes rêves sont bien plus noirs,
Ils ressemblent plus à des cauchemars.
Je rêve, d'un tsunami approchant,
Je rêve, d'une valise piégée explosant,
Je rêve, d'un psychopathe me pourchassant,
Je rêve, d'un orque me happant,
Je rêve, d'un ogre me dévorant.
Ces rêves où la mort règne,
Sont le reflet d'mon immense peine,
D'mon impuissance face à la maladie,
Qui t'a arrachée à la vie.
J'vais p't'être devoir d'mander,
A M'sieur Freud de m'psychanalyser...
Assise, sur le bord d'la baignoire,
J'te regardais choisir dans les tiroirs,
C'que t'allais mettre sur ton visage,
Ce p'tit pot d'crème, d'crème anti-âge.
Crème appliquée, pot rebouché,
J'aimais v'nir mettre mon nez,
Contre ta joue douce pour sentir,
L'odeur d'la crème, l'odeur d'lentille.
La première fois, tu t'es vexée,
Tu croyais à tort, que j'te disais :
" Maman, tu sens la vieille mémé."
Mais pas du tout, t'ai-je assuré,
Tu sentais bon, comme un bébé.
C'était la faute d'mon p'tit nez,
C'est la lentille, lui qu'il sentait,
Avec ton pot d'crème, tu m'as r'gardé,
Et d'rire, on a explosé,
Cette simple crème de fille,
Est dev'nue notre crème à la lentille.
Comme Proust et sa madeleine,
J'ai cette odeur d'lentille,
Ce souvenir, de petite fille.
Voiture garée, moteur coupé.
Il est 4h du matin,
On vient d'arriver à Poitiers,
Après 1200 bornes, sans s'arrêter.
J'ai un noeud dans la gorge,
Et mes jambes qui flageolent,
Mes mains tremblent tandis qu'j'avance,
Vers les urgences où il m'attend.
J'le vois au loin se lever,
Il m'a vu, ses yeux sont gonflés.
Il m'embrasse et me regarde,
Et je m'effondre dans ses bras.
Il prononce alors ces mots :
"Elle est morte".
Tout s'effondre autour de moi,
Putain d'bordel, qu'est c'que j'fous là ?
Dans les couloirs, assommée, je erre,
Jusqu'à la chambre de ma mère,
J'ouvre la porte, et je la vois,
Mon coeur s'arrête, elle est juste là.
Dans les lueurs de la nuit,
Le visage pâle, l'air endormie,
Je m'approche sur la pointe des pieds,
Je pose ma main sur sa joue ridée,
Oh mon dieu, qu'elle est glacée.
Je cherche sa main sous le drap,
Elle est dure comme de la pierre.
Je m'assieds à côté d'elle,
Attendant qu'elle se réveille.
J'écoute le silence pesant,
Je me serre fort contre toi Maman,
Cherchant de tout mon coeur à te réchauffer,
Mais tu es endormie, à tout jamais.
Poitiers, je te hais.
Je te revois, ta clope au bec,
Roulant les yeux, pinçant les lèvres,
Derrière la vitre, ta clope au bec.
Je t'imagine, en pleine nuit,
En quête, d'une cigarette,
De désespoir, aller fumer,
De vieux mégots, dans l'cendrier.
Je te revois, ta clope au bec,
Fêter l'jour d'mes vingt ans.
Je revois, ta clope au bec,
Après les enterrements.
T'es partie avec une clope,
Glissée incognito auprès de toi,
Petit clin d'oeil des temps passés,
A refuser de t'en donner.
Sur ton nuage de fumée,
Je t'imagine, une clope au bec,
Pestant, râlant, en me voyant...
... Une clope au bec.
J'ai deux papas,
Tous deux biens différents.
J'ai deux papas,
L'un f'sait tous les jours,
Pour mes biberons des allers retours.
J'ai deux papas,
L'un me f'sait faire du toboggan,
Grâce à son ventre proéminant.
J'ai une maman, et deux papas,
L'un est son premier amour,
Patrice, le premier pour toujours.
L'autre est son âme-soeur,
Marc, qui a gagné son coeur.
Elle a aimé ces deux hommes,
M'offrant deux papas hors normes.
J'ai besoin d'eux auprès de moi,
Je sais que c'est une chance,
Car certains n'en ont pas,
Et moi, j'ai deux papas.
Mon quotidien, paisible et calme,
S'est pris un jour en pleine face,
Un tsunami, d'magnitude sans égale,
J'étais pas prête, pour y faire face.
J'ai pas vu v'nir la lame de fond,
Juste des p'tites vagues d'appréhension,
Face au choc de la nouvelle,
De ces grosseurs, dans ta cervelle.
Cette tumeur, remplie de fureur,
S'est transformée en raz-de-marée,
Puissant et destructeur,
Qui t'a hapé, t'a submergé.
La mer déchaînée,
Ma mère m'a arrachée,
Ce tsunami cérébral,
L'a engloutie sur son passage.
J'ai pas vu v'nir la lame de fond,
Quand elle a décidé d'frapper,
Du rivage, j'étais trop éloignée,
Le tsunami t'a emporté,
Des torrent de larmes, j'ai versé,
J'étais pas là, pour te sauver.
La rousse du champ de tournesols,
A les cheveux en bataille,
Une vieille salopette en jean,
Et des Dock aux pattes.
La rousse du champ de tournesols,
Tourne sur elle même au milieu des fleurs,
