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Laissez-vous guider au cœur du Chili
Vivre le monde est la première collection de guides qui s’adresse au désir grandissant des Français et des Européens de vivre à l’étranger.
Etudiants, ingénieurs, artistes, professeurs, les opportunités ne manquent pas à Santiago et dans le reste du pays, créant une véritable communauté internationale dans le pays. Le Chili, puissance économique et puissance culturelle, semble trouver un nouveau souffle, après le traumatisme du tsunami en 2011. Ces derniers mois, les visiteurs internationaux, ainsi que les projets d’installation, se sont multipliés. Le pays semble une porte d'entrée naturelle, accessible, sur l'Amérique du Sud.
Dans
Vivre le Chili, Thomas Poussard, journaliste qui vit au Chili depuis de nombreuses années, donne toutes les clés du quotidien, depuis le logement jusqu’au mariage, en passant par le travail et l’éducation. Mais l’exploration ne s’arrête pas là, on découvre à chaque page une société qu’on comprend autrement, par ses règles sociales. Comment on conduit, comment on loue un appartement, comment on s’aime, etc., chaque chapitre répond à ces questions quotidiennes et permet de comprendre le pays et sa culture.
Le compagnon idéal pour vos aventures chiliennes !
A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE LE MONDE »
Vivre le Monde est une collection destinée à ceux qui veulent comprendre un pays, pour y vivre, y étudier, y faire des affaires, ou simplement y séjourner en espérant plus que du tourisme. Chaque livre est à la fois un guide pratique expliquant par le détail tout ce qu'on doit savoir sur le quotidien du pays, en donnant à chaque fois les clés pour comprendre la société.
LES ÉDITIONS HIKARI
Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.
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Seitenzahl: 371
Veröffentlichungsjahr: 2016
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VIVRE LE CHILI
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VIVRE LE CHILI
par Thomas Poussard.
Un livre de la collection Vivre le monde.
Directeur de publication : Anthony Dufour.
Éditrice : Marie Duchaussoy.
Crédit photo de couverture : © rochu_2008 - Fotolia.com
Illustrations pages intérieures : tous droits réservés sauf mention contraire.
© Hikari Éditions sarl
Hikari Éditions
4, avenue Foch, 59000 Lille (France).
www.hikari-editions.com
eISBN 978-2-36774-037-9
ISBN 978-2-36774-017-1
Aucun guide n’est parfait, des erreurs et des coquilles se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Les informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Merci de nous suggérer toute correction utile, que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition.
VIVRE LE MONDE
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Vivre le Chili de la collection Vivre le monde est un guide pratique qui veut donner toutes les informations nécessaires à ceux qui habitent ou souhaitent habiter dans le pays.
Il a été rédigé par un journaliste qui réside au Chili depuis plusieurs années. Au-delà de son travail pour des médias français et francophones, il a voulu faire partager son expérience du quotidien. Louer un appartement, payer son téléphone, aller à l’hôpital, scolariser ses enfants, sortir, travailler, faire du sport… Vivre tout simplement dans l’un des pays les plus attractifs d’Amérique Latine.
Vous trouverez donc dans ces pages des informations pratiques, des contacts, des conseils, bien entendu, mais sans jamais oublier de vous donner nos clés de la société chilienne. Car pour nous, une information doit toujours être comprise dans son contexte, dans sa culture, dans son univers.
Ce guide vous offre également le seul regard indépendant sur la vie au Chili. L’auteur comme l’éditeur sont libres de toute affiliation, ne dépendent d’aucune organisation qui posséderait des intérêts dans les informations qui suivent. Nous n’avons reçu aucune subvention d’aucune sorte. Pour la prochaine édition de ce guide, n’hésitez pas à nous faire part de votre expérience, de vos idées, de vos trouvailles… Nous espérons que ce guide sera un compagnon efficace et agréable de votre projet chilien.
SOMMAIRE
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CHAPITRE I : LA DÉCOUVERTE DU CHILI
Présentation du pays
Histoire
Carte du Chili
Géographie
Économie
Dans la rue
Une société de classes
CHAPITRE II : LE VOYAGE
Visa et permis de résidence
Permis de résidence définitive
Du vécu : mon parcours du combattant pour l’obtention du visa
Les douanes
Les exigences sanitaires
Les services institutionnels utiles et efficaces
Organiser son voyage
CHAPITRE III : DÉMÉNAGER
Arriver dans le pays avec ses affaires
Déménager à l’intérieur du pays
Repartir
CHAPITRE IV : SE LOGER
Quel type de logement?
Louer
Acheter
Se meubler
L’eau, le gaz, l’électricité, les poubelles
Faire des travaux
CHAPITRE V : TRAVAILLER
Trouver un travail
Travailler avec les Chiliens
Du vécu : « Vous êtes Français, vous connaissez donc l’architecture ! »
Les salaires
La protection sociale
Le chômage
Les vacances et les jours fériés
Rencontre avec un salarié français en contrat local
Prendre sa retraite au Chili
CHAPITRE VI : FAIRE UN STAGE
Trouver un stage
Être en stage avec les Chiliens
Gratification de stage
CHAPITRE VII : ÉTUDIER
Comment étudier dans le pays ?
Le coût de la vie pour un étudiant
La reconnaissance des diplômes
Rencontre avec une étudiante
CHAPITRE VIII : ENTREPRENDRE
Les formes de société
Les démarches pour créer son entreprise
Le financement
Rencontres avec des entrepreneurs
CHAPITRE IX : L’ARGENT
Les banques
Du vécu : six mois pour ouvrir un compte en banque… et en obtenir deux !
Cartes de crédits et virements bancaires
CHAPITRE X : LES IMPÔTS
L’impôt sur le revenu
La taxe d’habitation
Les impôts indirects
CHAPITRE XI : LA PRÉSENCE FRANCOPHONE
Les ambassades
Les consulats
Les chambres de commerce
Les associations de francophones
CHAPITRE XII : CONDUIRE
Passer le permis de conduire
Du vécu : pourquoi j’ai dû passer l’équivalent chilien du brevet des collèges
Acheter et louer une voiture
Entretien et réparation de sa voiture
CHAPITRE XIII : SE DÉPLACER
L’avion
Le train
Le bus
Le métro
Les taxis
Les ferries
La moto
Le vélo
CHAPITRE XIV : PARLER
Quelle langue sur place?
Apprendre la langue
Rencontre avec l’un des plus anciens résidents francophones
CHAPITRE XV : SE SOIGNER
La médecine de tous les jours
Les gros accidents
Du vécu : le parcours du combattant du malade
Les risques santé spécifiques au Chili
Accoucher
Rencontre avec une jeune maman
CHAPITRE XVI : LES ENFANTS
Entrer et sortir du territoire chilien avec des enfants
Les tout-petits
Une alternative : la nana
Les écoles françaises au Chili
Les bourses scolaires
Les autres établissements
Les activités et loisirs pour enfants
Rencontre avec une femme d’expat avec enfants
CHAPITRE XVII : LA SÉCURITÉ
La sécurité au jour le jour
Des dangers spécifiques au Chili
Allô, la police?
La protection consulaire
CHAPITRE XVIII : RESTER CONNECTÉ
Le téléphone
Internet
La poste
CHAPITRE XIX : MANGER
La gastronomie locale
L’eau et le pain
La once
Les produits bios et végétariens… et les OGM
Trouver des produits importés
Les restaurants internationaux
Le vin
CHAPITRE XX : SHOPPING
S’habiller
L’électronique
CHAPITRE XXI : LES ANIMAUX
Emporter son animal
Acheter un animal
CHAPITRE XXII : SORTIR
La vie nocturne
Gay et lesbien
CHAPITRE XXIII : LE SPORT
Pratiquer son sport
Assister à un événement sportif
CHAPITRE XXIV : LA CULTURE
Les traditions locales
Les arts traditionnels
Le cinéma
La musique
Le théâtre
Les musées
CHAPITRE XXV : LES MÉDIAS
Les médias locaux
Les médias francophones
CHAPITRE XXVI : LES RELIGIONS
Les religions locales
Cultiver sa foi
CHAPITRE XXVII : L’AMOUR
Avoir un(e) petit(e) ami(e)
Se marier
Rencontre avec un couple mixte
Divorcer
CHAPITRE XXVIII : LES VACANCES
Les vacances au Chili
Les excursions
Les vacances dans la région
L’auteur
CHAPITRE I
LA DÉCOUVERTE DU CHILI
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« Le Chili, terre d’accueil », voilà un concept qui peut surprendre, tant le pays, vu de l’étranger, n’a a priori rien d’attirant. Le Chili, c’est Allende et Pinochet, les séismes à répétition, et les 33 mineurs miraculeusement sauvés des entrailles de la Terre en 2010. Rien de très engageant. C’est un pays dont on n’a pas d’image évidente – à l’inverse de son voisin le Pérou, représenté par le Machu Picchu, et de l’Argentine, par son tango. Et si l’on jette un œil à une mappemonde, ce n’est pas mieux : cette bande de terre du bout du monde, coincée entre le Pacifique et la cordillère des Andes, loin de tout, serait une terre d’accueil ? Et pourtant…
PRÉSENTATION DU PAYS
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Depuis le début des années 1990, le Chili s’est transformé à vitesse grand V. Débarrassé de l’autarcie imposée par la dictature, il s’est petit à petit fait une place visible dans le continent et s’est ouvert au monde. Devenu le pays le plus occidentalisé d’Amérique Latine, entré récemment dans l’OCDE, il est encensé pour sa stabilité politique et économique.
Le Chili des années 2010 est un pays dynamique résolument tourné vers la modernité, et curieux de l’étranger. Ses trésors naturels, du désert d’Atacama aux immensités patagoniennes, en passant par la majesté des Andes et du Pacifique, n’en finissent pas de susciter l’admiration.
Terre d’aventuriers, terre d’opportunités, terre des extrêmes, terre qui bouge sous vos pieds, aussi… Le Chili, c’est tout cela. Un pays discret qui gagne à être connu, et qui attire de plus en plus d’étrangers venus du monde entier, tel un nouvel eldorado sud-américain. Un seul chiffre : en dix ans, la population française au Chili a doublé, et que dire des Espagnols qui arrivent en masse, fuyant la crise ! Tous viennent ici pour travailler, étudier, changer d’horizons, tenter une nouvelle aventure, ou tout simplement pour rejoindre un Chilien ou une Chilienne qui aura su les attirer si loin. L’ambition de ce guide est de leur donner quelques clés pour comprendre le pays où ils vont passer quelques semaines ou quelques années.
HISTOIRE
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L’Histoire du Chili ne se réduit pas à Salvador Allende et Augusto Pinochet – sujet d’ailleurs très sensible, à éviter lors des conversations avec les Chiliens. Le pays en tant que tel prend forme durant la conquête espagnole au XVIe siècle, mais le territoire y était habité depuis des millénaires par une multitude de tribus indigènes. On y a ainsi trouvé des restes archéologiques datant de 14 800 ans av. JC, ce qui constitue la plus ancienne trace d’êtres humains en Amérique. Dans le désert d’Atacama, les Indiens Chinchorros sont connus pour être la première civilisation à momifier ses morts (dès 4 000 ans av. JC, soit deux millénaires avant les Égyptiens !).
Les nombreuses ethnies cohabiteront pacifiquement sur ce vaste territoire jusqu’au XVe siècle, époque à laquelle elles seront soumises à l’empire Inca. Venus du Pérou, les Incas conquièrent toute la partie nord de l’actuel Chili, arrivant au niveau de l’actuelle Santiago du Chili. Seuls les Indiens Mapuches, au sud de Santiago, leur résisteront.
Le Chili en tant que pays prend forme au XVIe siècle, avec les conquistadors. C’est le dernier territoire à tomber aux mains des Espagnols. La première visite européenne sera celle de Magellan, en 1520, lors de son tour du monde. Il faudra attendre 1535 pour que Pedro de Valdivia et ses hommes, arrivés du Pérou déjà vaincu, conquièrent ce que les indigènes appelaient la «vallée du Chili ». En 1541, Valdivia fonde la première ville espagnole : Santiago de la Nouvelle Extramadoure. Mais tandis que les conquistadors ont conquis sans trop de mal les empires aztèque, maya et inca, ils ne parviennent pas à venir à bout des Mapuches. En un siècle, ils seront repoussés environ 400 kilomètres plus au sud.
Éloignée des grandes routes commerciales, la province du Chili est le parent pauvre de l’empire espagnol. Rattachée au Vice-royaume du Pérou, elle n’a d’autre utilité que fournir du blé, du cuir et des graisses animales aux autres provinces. Cette situation perdurera jusqu’en 1810, année de la formation d’un gouvernement indépendantiste. Après une longue guerre, le Chili devient officiellement indépendant en 1818. Durant le XIXe siècle, le Chili consolide ses frontières, notamment à l’extrême sud de la Patagonie, et finit par amadouer les Indiens Mapuches en faisant venir des colons allemands, à qui l’on avait promis de grands terrains fertiles et gratuits pour l’agriculture ou l’élevage. Là où la guerre avait échoué, la colonisation pacifique a fonctionné. En parallèle, on assiste à une importante vague d’immigration de Français, Italiens, Allemands donc, mais surtout Britanniques, qui développent le commerce avec l’Europe. Par ailleurs, le Chili est connu pour héberger la plus grande communauté d’exilés palestiniens au monde, avec environ 400 000 membres, qui ont commencé à fuir le Moyen-Orient à la fin du XIXe siècle. La majorité est composée des Chrétiens venant de l’actuel Liban. D’autres vagues d’immigration surviendront lors des deux guerres mondiales, notamment venant de Croatie.
La guerre du Pacifique, un tournant historique
Mais le principal événement du siècle, c’est la guerre du Pacifique. Malgré la signature de deux traités, la Bolivie et le Chili ne sont jamais parvenus à se mettre d’accord sur le tracé des frontières, notamment en raison de la découverte de gisements de nitrate vers 1870. Ce désaccord aboutira à la guerre du Pacifique, en 1879, contre la Bolivie et le Pérou. Le fait marquant de cette guerre, c’est le combat naval d’Iquique, le 21 mai 1879, qui voit s’affronter la frégate chilienne Esmeralda, un vieux bateau en réparation, avec le blindé péruvien Huascar. Côté chilien, le capitaine Arturo Prat, avocat de métier et marin par patriotisme, comprend vite que le combat est perdu d’avance : son navire, bien moins puissant que le Huascar, est pris en sandwich entre l’ennemi et le port d’Iquique, alors dominé par le Pérou. Malgré tout, Prat harangue ses hommes et décide d’aller au combat. Au bout de quelques heures, l’inévitable arrive : le Huascar a éperonné par trois fois l’Esmeralda de sa proue blindée, et la frégate chilienne finit par couler. Arturo Prat et les deux tiers de ses hommes meurent au combat.
C’est donc une défaite cuisante pour le Chili. Mais lorsque le bruit court à Valparaiso puis à Santiago de l’héroïsme de Prat, une vague de patriotisme déferle, et des milliers de Chiliens s’enrôlent spontanément dans l’armée. Le Chili finira par l’emporter en 1884, obtenant de vastes territoires incluant les villes d’Antofagasta, Iquique et Arica.
Enfin, en 1888, l’île de Pâques devient officiellement possession chilienne et le territoire national prend la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Les quatre-vingts ans qui suivent voient se succéder chefs d’État issus de l’élite et coalitions. Ces années sont parsemées de mouvements sociaux et révolutions.
Allende, Pinochet : les années sombres
En 1970, Salvador Allende met le Chili sous le feu des projecteurs internationaux : son Unidad Popular devient le premier gouvernement socialiste-communiste à être élu démocratiquement dans le monde. Mais le « conte de fées » n’allait pas durer : mouvement de grève des transporteurs, pénurie alimentaire, troubles sociaux, inflation de 600 %, le gouvernement d’Allende subit de plein fouet la crise de 1972-1973. Qui plus est, l’opposition est secrètement soutenue par la CIA et Henry Kissinger, qui voient d’un très mauvais œil le fleurissement d’une démocratie socialo-communiste, et font tout pour miner la politique d’Allende. Les affrontements entre militants de l’Unidad Popular et opposants se multiplient dans les rues.
Finalement, le 11 septembre 1973, l’armée prend d’assaut le palais présidentiel à Santiago. Salvador Allende meurt dans des circonstances encore non élucidées, et Augusto Pinochet prend le pouvoir. Il le gardera pendant près de 17 ans. Durant la dictature, plus de 3 000 prisonniers politiques périront. Quelque 35 000 personnes seront torturées. Plus de 200 000 Chiliens fuiront leur pays. Et à l’heure actuelle, on compte plusieurs milliers de disparus. Durant son régime, Pinochet a mis en pratique les théories ultralibérales des Chicago Boys : privatisations, hausse de la TVA, forte réduction des emplois publiques et des dépenses de l’État… Cette politique a certes boosté l’économie chilienne, mais elle a aussi fortement accentué les inégalités.
Fait peut-être unique dans l’Histoire du monde, le dictateur s’en est allé de luimême, après avoir demandé aux Chiliens s’ils voulaient toujours de lui par référendum, en 1988 (voir à ce sujet l’excellent film No, primé à Cannes). Mais Pinochet est parti en s’assurant un poste de sénateur à vie. Il est également resté le chef suprême des armées jusqu’en 1998, ce qui lui conférait un pouvoir de taille. Poursuivi pour crimes de guerre, Augusto Pinochet a été considéré comme sénile et n’a jamais été jugé. Il est décédé en 2006 à Santiago.
Un pays stable politiquement et en pleine croissance
Depuis 1990, le Chili connaît la démocratie, et sa stabilité politique en fait un modèle à suivre pour les autres pays d’Amérique Latine. En revanche, quarante ans après le coup d’État de Pinochet, vingt-trois ans après la fin de la dictature, la société chilienne demeure extrêmement divisée entre droite conservatrice et gauche populaire. Beaucoup de Chiliens considèrent encore Pinochet comme l’homme providentiel, celui qui a sauvé le pays du communisme. Et les deux principales candidates aux élections présidentielles de 2013, Michelle Bachelet et Evelyn Matthei, sont toutes deux filles de généraux des années 1970. Le général Bachelet a été torturé sous la dictature, tandis que le général Matthei était l’un des bras droits de Pinochet. Le Chili n’est donc pas encore près de tourner la page. Michelle Bachelet, à la tête du Parti socialiste, est l’actuelle présidente de la république. Son mandat s’achève début 2018.
Les conflits frontaliers
Depuis la création de l’État chilien, les frontières du pays ont été modifiées à plusieurs reprises. Au cours des trente dernières années, trois conflits ont refait surface.
Le premier, en 1987, concerne la frontière entre le Chili et l’Argentine en Patagonie. Les deux pays revendiquaient le contrôle du canal Beagle, alternative plus directe au détroit de Magellan pour relier l’Atlantique au Pacifique. Faute d’accord, le litige a failli se terminer en conflit armé. Il aura fallu l’intervention du pape Jean-Paul II à la dernière minute pour éviter la bataille. Un accord a finalement été trouvé, aboutissant à des frontières en ligne droite défiant toute logique géographique et topographique. Par ailleurs, une partie du Campo de Hielo Sur (une étendue de plus de 15 000 kilomètres carrés de glace à cheval sur les Andes) n’a pas de frontière précise. Les deux pays attendent, paraît-il, que la glace fonde et découvre les sommets, pour définir la limite naturelle.
Plus grave est la situation actuelle avec le Pérou et la Bolivie. Les deux pays sont toujours en désaccord avec le Chili au sujet des frontières, et ont tous deux saisi le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye, ultime instance supra étatique, pour résoudre ces conflits. Le 27 janvier 2014, le TPI a statué en faveur du Pérou, lui octroyant un triangle de mer poissonneuse qu’il avait perdu à l’issue de la Guerre du Pacifique. Le Chili a annoncé qu’il respecterait la décision de La Haye. Mises à part quelques confrontations dans la ville frontière d’Arica, le jugement a été accueilli avec un certain calme par les Chiliens. Mais elle crée un précédent dont pourrait profiter la Bolivie.
En effet, depuis des années la Bolivie réclame au Chili un accès à la mer – accès qu’elle a perdu à l’issue de cette même guerre. Malgré les propositions de Santiago de laisser un corridor de 5 km de large entre l’océan et la frontière bolivienne, ou de créer une route internationale entièrement contrôlée par la Bolivie pour traverser son territoire, rien n’a abouti. La décision de La Haye en faveur du Pérou entretient l’espoir de La Paz de récupérer ces territoires perdus lors de la Guerre du Pacifique, mais selon des sources militaires chiliennes, il y a peu de chances que le TPI juge valides les réclamations de la Bolivie.
Carte du Chili
© lesniewski - Fotolia.com
GÉOGRAPHIE
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Les Chiliens ont l’habitude de dire que leur pays est une île : bordé par l’océan Pacifique à l’ouest et les mers australes à l’extrême sud, le Chili est coupé du reste du continent par la cordillère des Andes à l’est et par le désert d’Atacama au nord.
Avec un territoire qui s’étire sur 4 300 kilomètres du nord au sud pour une centaine de large en moyenne, le Chili possède une grande variété de climats et de paysages : au nord, le désert d’Atacama et ses hauts plateaux de roche et de sel, est réputé être le plus aride du monde (il pleut en moyenne une fois tous les six ans dans les zones les plus sèches); la zone centrale bénéficie du clément climat méditerranéen : beaucoup de soleil, peu de pluies, jamais trop froid, et un paysage de montagnes sèches et vallées fertiles qui ressemble à la Californie; plus au sud, la région d’Araucanie avec ses lacs et ses volcans enneigés, ses forêts tropicales froides uniques au monde, et ses 4 000 millimètres de précipitation par an par endroit (c’est quatre fois plus que la Bretagne !); et plus au sud encore, la Patagonie et ses steppes, froides et balayées par le vent, entrecoupées de trois vastes étendues de glacier. Le Campo de Hielo Sur, masse de glace de près de 300 km de long sur 60 de large, constitue la plus grande réserve d’eau douce continentale au monde. Enfin, il faut ajouter l’archipel Juan Fernandez et l’île de Pâques, îles volcaniques au climat subtropical, et la partie de l’Antarctique revendiquée par le Chili, et vous avez un éventail assez complet des différents climats et paysages terrestres chiliens.
Pour connaître le temps qu’il fait au Chili :http://www.meteochile.gob.cl/Le site météo de l’armée, qui indique notamment la météo maritime :http://meteoarmada.directemar.cl/prontus_meteo/site/edic/base/port/inicio.htmlPour la montagne :http://www.meteochile.cl/pronostico_cordillera.phpCette géographie particulière a profondément forgé le caractère du Chili, pays longtemps fermé au monde à cause de ses barrières naturelles. Les Chiliens sont généralement très accueillants, mais ils sont plus distants, plus froids que les Brésiliens, Péruviens ou Argentins. On les appelle les Allemands d’Amérique Latine. Et mis à part ceux qui ont l’opportunité de voyager, ils ont une vision du monde très limitée.
Malgré son étirement géographique, le Chili est un pays hypercentralisé : toute l’activité politique et économique est concentrée à Santiago, qui concentre près de 40 % des 17 millions de Chiliens. Si l’on y ajoute la région voisine de Valparaiso, on arrive à la moitié de la population, sur une zone couvrant environ un vingtième du territoire chilien. Après Santiago et ses 7 millions d’habitants, on compte quelques villes de 300 000 habitants : Valparaiso, Viña del Mar, Concepción et Antofagasta. Elles ne jouent tout simplement pas dans la même catégorie que la capitale, et les différences de développement sont criantes entre Santiago, la région de Valparaiso, et le reste du pays.
Volcans et séismes : les seuls vrais dangers
Le Chili, qui compte le plus de volcans en activité au monde après l’Indonésie, est aussi l’un des pays les plus sismiques de la planète. On y fait d’ailleurs la différence entre un « temblor » (une petite secousse) et un « terremoto » (quand cela commence à faire des dégâts matériels). Il détient d’ailleurs le triste record du séisme le plus fort jamais enregistré : 9,5 sur l’échelle ouverte de Richter, en 1960 à Valdivia. Le dernier gros tremblement de terre ayant eu lieu en 2010, le pays est a priori à l’abri de grosses secousses sismiques pour une quinzaine d’années – notamment la zone centre sud, touchée par ce dernier séisme. Mais il n’y a pas de règle, et aucun moyen de prévoir un tremblement de terre. Il est rare qu’il se passe plus de trois mois sans ressentir au moins une légère secousse.
Mais rassurez-vous : le Chili est bien préparé en cas de séisme ou de tsunami, avec une population éduquée et de plus en plus d’immeubles antisismiques. Les maisons en bois, très nombreuses dans le pays, ont également des propriétés antisismiques grâce à la flexibilité du bois. À titre de comparaison, le tremblement de terre de 2010, à 8,8 sur l’échelle de Richter, a fait seulement 525 morts, la plupart à cause du tsunami qui a suivi les secousses. Un mois avant, le séisme de 7,3 en Haïti faisait plus de 230 000 victimes.
Quant aux volcans, ils entrent en éruption indépendamment des séismes. Par chance, il n’y a pas de volcan actif très proche de Santiago ni des zones les plus peuplées du pays. Les éruptions sont détectables plusieurs minutes, voire plusieurs heures à l’avance, ce qui permet généralement d’amorcer l’évacuation de la population.
En dehors de l’activité sismique, le Chili ne présente pas de dangers particuliers : pas de virus ou d’animaux mortels, seulement une araignée venimeuse (l’araña delrincón, petit arachnide orange beige qui se cache souvent dans les coins sombres des maisons), pas de tornades ni d’autres catastrophes naturelles.
Une autre échelle
Et pour comparer avec l’Europe, amusez-vous à superposer une carte du Chili et une du Vieux Continent, à la même échelle : en mettant le nord du Chili au Groenland, vous aurez l’extrémité sud au Maroc ! Les échelles de distance ne sont pas du tout les mêmes. Au Chili, faire 500 km aller-retour dans la journée est tout à fait normal. Entre la grandeur des Andes (qui culminent à près de 7 000 mètres), l’immensité du Pacifique, la majesté du désert et les splendeurs solitaires de la Patagonie, les paysages chiliens paraissent grandis, magnifiés. On se sent parfois tout petit au Chili.
ÉCONOMIE
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Depuis 1990, la croissance économique annuelle du pays est d’environ 6 % en moyenne, malgré les crises des marchés financiers de ces dernières années. Les politiques libérales imposées par Pinochet sont toujours en vogue, et il ne faut donc pas s’étonner que tout ou presque, au Chili, soit privatisé : l’éducation, la santé, le système de retraite, l’eau, etc. À tel point que si quelque chose est gratuit, c’est suspect ! Forte de sa politique libérale, Santiago du Chili est devenue la seconde place financière majeure d’Amérique du Sud, après São Paulo au Brésil.
Le pays est, par ricochet, l’un des pays les plus inégalitaires, avec plusieurs familles de millionnaires, mais aussi des millions de Chiliens qui survivent avec le salaire minimum : un peu plus de 210 000 pesos nets par mois – alors que le PIB par habitant est de 15 000 dollars par an, soit trente fois plus. Or le coût de la vie se rapproche de plus en plus des standards européens maintenant inévitablement une bonne partie de la population sous le seuil de pauvreté. Mais on peut vivre très confortablement au Chili avec un salaire de 1 million de pesos par mois – et beaucoup moins d’argent quand on habite à la campagne.
Il suffit de se promener dans les rues de Santiago pour se rendre compte des disparités entre les classes sociales et du consumérisme frénétique. Ici, l’activité du week-end c’est aller au centre commercial. Il n’est pas rare de voir les clients payer une chemise en douze mensualités, ou de se rendre chez des Chiliens modestes qui n’ont qu’une table et trois chaises dans leur salle à manger, mais une télé à écran plat avec le satellite.
L’industrie minière, l’agriculture et les nouvelles technologies
Premier producteur de cuivre au monde, le Chili est très dépendant de l’industrie minière, qui représente plus de la moitié des exportations nationales. Le territoire est également riche en argent, en nitrate et en lithium : on estime que 40 % des réserves continentales connues se trouvent sous le grand lac de sel du désert d’Atacama. Les droits d’exploitation de ces réserves ont été récemment vendus à un groupe privé, ce qui a fait l’objet d’une polémique dans le pays.
Après l’industrie minière, l’agriculture et la pêche sont le deuxième secteur d’activité au Chili. Le pays exporte ses fruits, notamment le raisin, les pommes et l’avocat, dont il est le premier producteur mondial. L’élevage de saumons est également un secteur important, le Chili étant le troisième exportateur mondial. Et l’on ne peut pas parler de l’agriculture chilienne sans mentionner le vin, le pays étant désormais le cinquième producteur mondial en volume.
En revanche, les cultures OGM sont autorisées au Chili, et le sénat doit se prononcer sur une loi donnant la propriété intellectuelle des graines aux entreprises agrochimiques comme Monsanto. Le sujet, dont on ne parle pas dans les médias chiliens, scandalise les internautes locaux. Plus de deux millions de personnes ont signé une pétition en ligne contre ce projet de loi.
Et puisque l’on parle des internautes, les Chiliens ont un goût prononcé pour les nouvelles technologies informatiques. Surfant sur cette tendance, le gouvernement chilien a lancé le programme Start-Up Chile, qui vise à soutenir les porteurs de projet – pas seulement les Chiliens : on peut postuler de n’importe où dans le monde. Il est encore trop tôt pour dire si cette initiative porte réellement ses fruits, mais elle a le mérite d’exister.
Bref, le Chili possède de nombreux atouts encore peu ou pas exploités. Le tourisme, par exemple, est une industrie toute jeune et à fort potentiel : le nombre de visiteurs a été décuplé depuis 1990, mais le secteur n’est pas du tout structuré. Pour qui voudrait investir dans la restauration ou l’hôtellerie de standing, dans le tourisme vert ou le tourisme d’aventure, le marché est loin d’être saturé. En Patagonie par exemple, de grands espaces sont encore totalement inexplorés, mais visités par quelques connaisseurs aventureux qui gardent jalousement ces merveilles pour eux.
DANS LA RUE
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La première impression du Chili, au moment d’atterrir à Santiago, est mitigée : on est d’abord émerveillé par la beauté de la cordillère des Andes enneigée, toute proche de la ville. Mais plus l’avion s’approche du sol, moins les montagnes sont visibles : c’est à cause du nuage de pollution qui enveloppe la capitale. Cette première image est assez représentative du Chili : un enchantement au début, puis son lot de déconvenues par la suite.
L’aéroport de Santiago est moderne et bien organisé, les chauffeurs de taxi avenants, comme du reste la plupart des Chiliens dans la rue. Mais attention : ils sont nombreux à tenter de faire payer trop cher au « gringo » qui débarque. Et si les rues de Santiago paraissent sûres, les voleurs à la tire y sont nombreux, surtout dans le centre historique qui grouille de monde. Il faut prendre gare à son sac à main ou son appareil photo, éviter les bijoux voyants, et ne rien laisser dans sa voiture. Règles de base dans n’importe quelle grande ville, ceci dit.
Ce qui frappe d’abord à Santiago, c’est l’inégalité. L’autoroute flambant neuve qui arrive de l’aéroport longe des bidonvilles – ils sont en voie d’éradication dans le pays, remplacés par des logements sociaux très basiques. Le centre historique pourrait se targuer d’avoir une grande quantité de monuments, mais la plupart sont très décatis. En revanche, les quartiers riches de Providencia, Vitacura ou Las Condes n’ont rien à envier aux grandes métropoles nord-américaines : immeubles ultra modernes, restaurants, boutiques de luxe, centres commerciaux…
Santiago est une ville très occidentale, et les Chiliens sont les plus européens des Latino-américains. D’un point de vue occidental, leur mode de vie est assez proche de celui des Espagnols : tout se fait tard, et l’on parle beaucoup, surtout à table. Pas de grand choc culturel donc, à première vue. Mais il faut s’habituer à ces disparités, à cette société ouverte aux étrangers, mais très classiste, encore marquée par dixsept ans de dictature. Une société en quête d’identité, écartelée entre les traditions conservatrices et l’élan vers la modernité, impulsé par une nouvelle génération aux mentalités plus ouvertes.
Une constante, en revanche : en tant qu’étranger, évitez de parler d’Allende ou de Pinochet, parlez plutôt de thèmes positifs comme le football, les 33 mineurs ou le vin chilien. Le Chilien est amical, il est fier de montrer qu’il connaît quelques mots de français, ou de mentionner qu’il a une cousine en Angleterre, mais il est susceptible, et il faut du temps pour l’apprivoiser et se créer un cercle d’amis. Le temps, justement… le Chili ne vit pas au même rythme que l’Europe ou l’Amérique du Nord, et il a du mal à tenir ses engagements. Cela aussi, il faut l’apprivoiser. Ces deux éléments sont sans doute les plus difficiles à accepter en tant qu’étranger. Mais une fois que vous y êtes habitué, vous êtes à moitié chilien.
UNE SOCIÉTÉ DE CLASSES
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Le Chili est l’un des pays les plus inégaux au monde, non seulement en termes de revenus, mais également en termes d’accès à la santé, à l’éducation… à tout, en fait. Il existe donc toujours une société de classes dans le pays. Politiquement, les Chiliens sont divisés en deux depuis des décennies, notamment depuis l’époque d’Allende et de Pinochet. Et socialement, c’est la même chose. Il existe un système officiel de classes, adopté par le gouvernement et utilisé lors des recensements, qui divise le pays en plusieurs catégories. A, B, C, D, E et F. La catégorie C, qui correspond aux classes moyennes, est divisée en trois sous-catégories : C1, C2 et C3.
Plusieurs critères sont pris en compte pour définir ces différentes classes : le niveau d’éducation, les revenus, et les biens matériels du foyer. Ainsi, un foyer appartenant aux catégories A, B et C1 est constitué de personnes ayant effectué des études supérieures, possédant au moins une maison et une voiture ainsi que de nombreux biens matériels, avec des revenus d’au moins 2 millions de pesos par mois. Ils représentent un peu plus de 5 % de la population chilienne, et la plupart d’entre eux vivent à Santiago. Les catégories A et B désignent les millionnaires.
Les catégories C2 et C3 représentent la classe moyenne, soit plus de 30 % de la population. Les revenus par foyer vont de 400 000 pesos à 1,2 million de pesos par mois en moyenne, et tandis que les C2 ont généralement fait des études supérieures, ce n’est pas le cas des C3. Beaucoup ne sont pas propriétaires de leur logement.
Les membres de la catégorie D, la plus importante (plus de 40 % de la population), vivent modestement, avec des salaires allant de 200 000 à 400 000 pesos mensuels. La très grande majorité n’a pas effectué d’études supérieures, une bonne partie n’a même pas terminé l’école.
Enfin, les catégories E et F correspondent aux pauvres et aux indigents. Ces deux catégories constituent encore, d’après les données de 2012, plus de 20 % de la population du pays.
Tous ces chiffres évoluent assez rapidement, en revanche, le système de classes reste ancré dans la culture chilienne. Les Chiliens font très souvent référence à cette catégorisation dans les conversations, et là où nous dirions « riche », « friqué », « bourge », « BCBG » ou « guindé », les Chiliens disent « ABC1 », avec un ton à la fois moqueur et envieux. Comme l’ascenseur social n’existe pas au Chili, il est difficile de monter les échelons, surtout de passer de C2 à C1, car c’est entre ces deux catégories que se trouve la limite entre ceux qui ont reçu une bonne éducation, qui sont nés dans les bonnes familles, et les autres. Et cette fracture n’est pas près de se résorber. En tant qu’expat, vous serez presque automatiquement catégorisé ABC1. Une étiquette de plus, finalement.
CHAPITRE II
LE VOYAGE
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Voyager au Chili n’est pas très compliqué. Plusieurs compagnies aériennes proposent des vols directs depuis Paris, Miami et Madrid, entres autres. Air Canada propose des vols réguliers avec escale depuis Toronto. Il est également possible d’arriver au Chili par la mer, soit par bateaux de croisière – Valparaiso est une importante escale – soit par cargo, ce qui peut être une solution pratique si vous avez du temps. En ce qui concerne les visas et permis de résidence, les démarches administratives sont assez simples, elles prennent juste du temps (prévoyez un bouquin pour patienter dans les files d’attente !). Il est à noter que le Chili est un pays ouvert à l’immigration, en particulier lorsqu’elle est issue de pays développés.
VISA ET PERMIS DE RÉSIDENCE
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Pour tous les ressortissants d’Europe et d’Amérique du Nord, il suffit d’un passeport valide pour entrer sur le territoire chilien et y rester 90 jours en tant que touriste. On vous demandera seulement d’avoir un billet retour pour la destination d’origine.
Si vous n’avez pas de passeport européen, canadien ou états-unien, une liste des documents requis selon le pays d’origine est disponible ici :
http://chileabroad.gov.cl/files/2008/11/CV-2013-CORREGIDA-01-ABR-2013.pdfOn peut demander une autorisation pour rester 90 jours supplémentaires auprès du ministère des Affaires étrangères, l’extranjeria, sur simple présentation du passeport et de la carte d’entrée sur le territoire (tamponnée à l’aéroport), moyennant la somme de 100 dollars américains. Mais dans les faits, il est tout à fait possible de rester plus longtemps au Chili sans visa : il suffit de passer la frontière avec l’Argentine, le Pérou ou la Bolivie, revenir le jour suivant, et c’est reparti pour 90 jours. Bien connue des guichetiers des compagnies de bus internationales, cette pratique est appelée « aduanar ». Il est toutefois déconseillé de le faire plus de trois fois : au bout de la troisième fois, la police internationale commence à vous jeter des regards désapprobateurs.
Si vous entrez avec un passeport des États-Unis, du Canada, d’Australie ou du Mexique vous devrez vous acquitter du Reciprocity Fee, qui correspond au montant que ces pays appliquent aux voyageurs entrant sur leur territoire national respectif. Par exemple, un Chilien partant en vacances au Canada doit payer 132 dollars US pour entrer sur le territoire nord-américain. En contrepartie, un Canadien arrivant doit s’acquitter du même montant. Voici les valeurs actuelles :
Canada :US$ 132États-Unis :US$ 160Australie :US$ 95Mexique :US$ 23À l’heure actuelle, il existe trois types de visas en dehors de celui de touriste. Les documents nécessaires à leur obtention sont indiqués sur le site internet du service des étrangers et de l’immigration du ministère chilien de l’Intérieur.
www.extranjeria.gob.clComptez deux à trois mois pour effectuer les démarches. Leur coût varie selon le type de visa et le pays d’origine du demandeur. Voici le détail :
http://www.extranjeria.gob.cl/media/2013/09/Valores-Visas.pdf- Visa temporaire : le visa temporaire peut être délivré aux personnes ayant un lien de parenté ou étant mariées avec un ressortissant chilien, ainsi qu’aux investisseurs et aux commerçants ayant des intérêts dans le pays. Ceux-là peuvent demander un visa temporaire qui leur permettra de travailler et d’effectuer légalement tout type d’activité dans le pays pour une durée d’un an, renouvelable une fois. Au-delà, il faut demander la résidence définitive au Chili.
Ce visa vous permet d’ouvrir un compte en banque, de prendre une assurance santé, d’acheter une voiture ou un appartement. Il peut être obtenu indifféremment dans votre pays d’origine ou au Chili. L’avantage de le faire faire sur place, c’est que vous avez 90 jours pour commencer à effectuer les démarches, et qu’une fois les démarches en cours, vous êtes « en tramite », un statut un peu bâtard qui vous permettra toutefois d’effectuer d’autres démarches, en présentant vos papiers provisoires.
- Visa étudiant : visa réservé aux étudiants qui se rendent au Chili dans le cadre de programmes d’échanges universitaires, ou qui s’inscrivent d’eux-mêmes à l’université chilienne. La durée de ce visa couvre la période d’études dans le pays (maximum un an, mais renouvelable jusqu’à la fin de la période d’études). Il ne permet pas d’ouvrir un compte en banque, d’acheter une voiture, ou même de travailler – mais cela n’empêche pas de faire des petits boulots à son compte, comme donner des cours de français ou faire des traductions en free-lance.
Le visa étudiant permet en outre d’effectuer des stages rémunérés, moyennant autorisation. Les démarches administratives doivent être effectuées depuis le pays d’origine (voir les chapitres « Faire un stage » et « Étudier » pour plus de détails).
- Visa sujeto a contrato : directement lié à votre contrat de travail, il est délivré pour une durée deux ans, puis peut être prorogé pour une durée indéterminée. Le jour où votre contrat expire, ou si vous démissionnez, votre visa devient aussitôt caduc : vous avez alors le droit de rester 90 jours dans le pays, et vous aurez 30 jours pour effectuer les démarches pour obtenir un nouveau visa. Au bout de deux ans sous contrat, vous pouvez demander un permis de résidence définitive. En général, si une entreprise vous embauche depuis l’étranger, les ressources humaines se chargeront d’effectuer les démarches pour vous.
Le visa sujeto a contrato vous permet d’ouvrir un compte en banque, de prendre une assurance santé, d’acheter une voiture ou un appartement, et de voter pour les élections locales après cinq ans de résidence au Chili. Votre conjoint et vos enfants bénéficieront automatiquement du même visa, mais au titre de personnes dépendantes, ce qui ne leur permet pas de développer une activité rémunérée dans le pays.
Travailler avec un visa de touriste
Dans le cas d’une visite de moins de trois mois à des fins professionnelles, l’Extranjeria peut vous autoriser à travailler sur le territoire chilien avec un simple visa de touriste, pour une période de 30 jours maximum, renouvelable jusqu’à expiration du visa. Cela concerne par exemple des entrepreneurs ou des artistes étrangers. Normalement, l’entreprise chilienne qui vous emploie pour la mission se chargera de vous accompagner dans vos démarches, puisque l’un des documents demandés est le contrat de travail émis par l’employeur.
Dans les faits, beaucoup de visiteurs qui viennent quelques semaines pour des réunions d’affaire ou des conférences arrivent au Chili en tant que touriste. Le visa temporaire n’est vraiment nécessaire que si vous avez un contrat de travail émis par une entreprise chilienne, impliquant une rémunération de vos services.
Enfin, si votre demande de visa a été rejetée, il est possible de demander une seconde évaluation de votre dossier par courrier recommandé à :
Seccion Juridica, Clasificador N° 8, Correo Central Santiago.PERMIS DE RÉSIDENCE DÉFINITIVE
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Le permis de résidence définitive est relativement facile à obtenir : pas besoin de montrer patte blanche. Dans tous les cas, il fait suite à l’obtention d’un visa temporaire, sujeto a contrato ou étudiant, qui constituent de facto des permis de résidence d’un an ou deux. Pour pouvoir faire la demande, il faut avoir passé au moins 180 jours sur le territoire chilien au cours de l’année écoulée. Les titulaires du visa étudiant doivent en outre attendre deux ans pour demander la résidence définitive, et prouver qu’ils ont obtenu leur diplôme universitaire dans le pays. Les titulaires du visa sujeto a contrato peuvent effectuer la demande au bout de deux ans de contrat. Dans tous les cas, la demande de résidence définitive doit être formulée dans les 90 jours précédant l’expiration de votre visa.
Il existe de multiples types de permis de résidence définitive (dont une pour les religieux, par exemple). Pour savoir dans quelle catégorie vous apparaissez et quelles sont les démarches spécifiques, mieux vaut consulter la page du site de l’Extranjeria.
http://www.extranjeria.gob.cl/permanencia-definitiva/permiso-de-permanencia-definitiva/tipos-de-permanencia-definitivaEn revanche, mieux vaut ne pas être pressé : obtenir le permis de résidence peut prendre entre trois et six mois. Pendant ce temps, vous êtes « en tramite » (en cours de démarches administratives). Être « en tramite » est un statut à la fois flou et reconnu au Chili, qui vous permet notamment d’effectuer des démarches comme ouvrir un compte en banque ou acheter une voiture pendant que vous attendez vos papiers définitifs. Coût des démarches administratives : 55 000 pesos environ.
Une fois votre visa de permanence définitive obtenu, vous aurez 30 jours pour vous faire enregistrer à la Police Internationale et à vous faire faire votre carte d’identité chilienne, le RUT, auprès de l’état civil de votre commune. Prévoyez un bouquin : les files d’attente sont longues !
Au bout de cinq ans de résidence définitive, vous êtes autorisés à voter à toutes les élections, locales et nationales. Attention d’ailleurs, l’inscription sur les listes électorales est désormais automatique, et vous pouvez être choisi comme agent de dépouillement, ce qui veut dire que vous devez être présent au bureau de vote toute la journée. Des dérogations existent, bien entendu.
Attention : si vous passez plus d’un an à l’extérieur du pays, votre permis de résidence définitive sera révoqué.
Nationalisation
Au bout de cinq ans de résidence continue au Chili, il est possible de demander la citoyenneté chilienne, à condition d’avoir 21 ans, d’avoir déjà obtenu le permis de résidence définitive, de n’avoir commis aucun crime ou délit, et d’avoir les ressources économiques suffisantes pour vivre. Ces conditions remplies, il suffit de rédiger une lettre officielle en joignant tous les documents relatifs à votre résidence au Chili et des justificatifs de vos revenus, et de s’acquitter de 15 000 pesos.
Le formulaire avec la liste complète est disponible ici :http://www.extranjeria.gob.cl/filesapp/NCH_ISO.pdfUne fois votre demande effectuée, vous serez convoqué à un entretien avec la police d’investigation, Il s’agit d’une simple formalité, destinée à évaluer vos motivations. Il est important d’ajouter que vous pouvez conserver votre nationalité d’origine : le général Pinochet avait fait passer une loi obligeant les demandeurs à abandonner leur citoyenneté. Cette loi a depuis été abrogée.
Du vécu : mon parcours du combattant pour l’obtention du visa
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« Vous connaissez cet album d’Astérix où Obélix et lui passent des heures dans les bureaux de l’administration romaine, renvoyés d’étage en étage, de bureau en bureau, de secrétaire à secrétaire ? C’est exactement ce qui m’est arrivé au moment de faire les démarches pour obtenir mon visa, en 2007. À l’époque, il existait un autre type de visa, aujourd’hui disparu : le visa de travailleur indépendant (désormais assimilé au visa temporaire). Il était bien pratique, mais pour l’obtenir, il fallait s’accrocher! Voici des extraits de mon carnet de bord, tenu à l’époque.
Novembre 2007. Je suis en plein « tramites »
