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ditLaissez-vous guider au cœur du Japon !
Vivre le Japon donne toutes les clés du quotidien, depuis le logement jusqu'au mariage, en passant par le travail et l'éducation, les visas, les études, etc. Mais l'exploration de l'archipel ne s'arrête pas là, grâce au partage d'expériences, on découvre à chaque page une société que l'on comprend autrement, par ses règles sociales. Comment on conduit, comment on loue un appartement, comment on s'aime, ce que travailler à la japonaise veut dire, etc. Chaque chapitre permet de comprendre le pays de l'intérieur et sa culture au quotidien. Vivre le Japon est le mode d'emploi indispensable pour réussir son projet japonais.
Vivre le Japon, c'est plus qu'un guide, c'est surtout :
- les réponses à toutes les questions qu'on se pose quand on part s'installer à l'étranger. Quel visa, quelles procédures ? Trouver un logement, comment on fait ? Trouver un boulot, monter une boîte, c'est possible et comment ? Socialiser, sortir, quels sont les codes ? Tomber amoureux, se marier, c'est facile ? Partir en famille, à quoi faut-il penser ? La langue, faut-il l'apprendre ? Et beaucoup d'autres réponses encore.
- une mine d'infos garanties, des vrais bons plans, des témoignages d'expatriés de tous profils et les conseils des locaux.
- des encarts anecdotiques et pratiques.
- un outil fiable, synthétique et ultra complet. Pour comprendre le Japon et son mode de vie de l'intérieur. Cette nouvelle édition, publiée en janvier 2017, est mise à jour et largement enrichie.
Le compagnon idéal pour vos aventures japonaises !
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
L’ouvrage se démarque par son côté ludique et sa facilité de lecture et se destine aussi bien aux expatriés qu’aux futurs voyageurs ou tout simplement aux passionnés. Un guide original, ponctué d’anecdotes et de tranches de vie récitées avec simplicité. -
Nautiljon
En bref, il s'agit du Guide avec un grand G, des réponses aux questions les plus concrètes et les plus précises, de l'ouvrage essentiel en cas de véritable projet japonais. -
Dozodomo
A PROPOS DE LA COLLECTION « VIVRE LE MONDE »
Vivre le Monde est une collection destinée à ceux qui veulent comprendre un pays, pour y vivre, y étudier, y faire des affaires, ou simplement y séjourner en espérant plus que du tourisme. Chaque livre est à la fois un guide pratique expliquant par le détail tout ce qu'on doit savoir sur le quotidien du pays, en donnant à chaque fois les clés pour comprendre la société.
À PROPOS DE L'ÉDITEUR
Hikari Éditions est un éditeur indépendant, dédié à la découverte du monde. Il a été fondé par des journalistes et des auteurs vivant à l'étranger, de l'Asie à l'Amérique du Sud, souhaitant partager leur expérience et leurs histoires au-delà des médias traditionnels.
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Seitenzahl: 440
Veröffentlichungsjahr: 2017
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VIVRE
LE JAPON
VIVRE LE JAPON, 2e édition
par Risa Iwamoto et Jean-Paul Porret.
Un livre de la collection Vivre le monde.
Directeur de publication : Anthony Dufour.
Édition : Sandrine Harbonnier.
Maquette et mise en page : Katarina Cendak.
Corrections : Yannick Dufour.
Imprimé en France par Dupli-Print, 2, rue Descartes, 95330 Domont.
Distribution : Les Belles Lettres DD ; diffusion : CED-CEDIF.
Crédit photo de couverture : © www.fotolia.com.
Illustrations pages intérieures : © Antonio Tajuelo/Flickr (modification de la légende) ; © Bgabel/Wikimedia Commons ; © Bricefgh/Wikimedia Commons, gauche ; © Daniel Héctor Stolfi Rosso/Flickr ; © Douglas P Perkins/Wikimedia Commons ; © Eerkmans/Flickr ; © Fisherman/Wikimedia Commons ; © Geoff Whalan/Flickr, droite ; © Hitty Evie/Flickr, gauche ; © Ivva/Flickr ; © James Byrum/Flickr ; © Jean-Pierre Dalbéra/Wikimedia Commons, bas ; © Jordi M/Flickr, haut ; © Kate Nevers/Flickr, haut ; © Kiyonobu Ito/Flickr ; © Kobakou/Flickr, bas ; © Ma_shimaro/Flickr, haut ; © Ominae/Wikimedia Commons ; © Redoxkun/Flickr ; © Todd Lapin/Flickr, bas ; © Wei-Te Wong/Wikimedia Commons, droite ; © Wikimedia Commons,.
Hikari Éditions
4, avenue Foch 59000 Lille (France).
www.hikari-editions.com
ISBN 978-2-36774-073-7
ISSN 2271-8265
© Hikari Éditions SARL.
______________________
Dépôt légal : janvier 2017.
Aucun guide n’est parfait, des erreurs et des coquilles se sont peut-être glissées dans celui-ci malgré tout le soin apporté à la rédaction comme à l’édition. Les informations peuvent également avoir été modifiées entre l’écriture de ce guide et le moment où le lecteur le prend en main. Merci de nous suggérer toute correction utile, que nous pourrions intégrer dans la prochaine édition.
Toute reproduction partielle ou intégrale, faite sans l’accord préalable et écrit de l’auteur et de l’éditeur, est strictement interdite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque (article L. 122-4 du Code de la Propriété intellectuelle). La copie sur support papier à usage privé de ces différents objets de droits est autorisée conformément à l’article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle.
VIVRE LE MONDE
Vivre le Japon est un guide pratique qui veut donner toutes les informations nécessaires à ceux qui habitent ou souhaitent habiter dans le pays.
Il a été écrit par une équipe de journalistes résidents au Japon depuis plusieurs années. Au-delà de leur travail pour des médias français et francophones, ils ont voulu faire partager leur expérience du quotidien : louer un appartement, payer son téléphone, aller à l’hôpital, vivre tout simplement dans l’un des pays les plus fascinants du monde.
Vous trouverez donc dans ces pages des informations pratiques, des contacts, des conseils, bien entendu, mais sans jamais oublier de vous donner nos clés de la société japonaise. Pour nous, une information doit toujours être comprise dans son contexte, dans sa culture, dans son univers.
Ce guide vous offre également le seul regard indépendant sur la vie au Japon. Les auteurs sont libres de toute affiliation, ils ne dépendent d’aucun organisme, d’aucune organisation qui posséderait des intérêts dans les informations qui suivent. Nous n’avons reçu aucune subvention d’aucune sorte. Pour la prochaine édition de ce guide, n’hésitez pas à nous faire part ([email protected]) de votre expérience, de vos idées, de vos trouvailles… Nous espérons que ce guide sera un compagnon efficace et agréable de votre projet japonais.
SOMMAIRE
CHAPITRE I Découvrir le Japon
Dans la rue
L’économie
Le climat
L’histoire
La géographie
CHAPITRE II Le voyage
Organiser son voyage
Exigences sanitaires
Visa et permis de résidence
La carte de résident
Le numéro de sécurité sociale
La douane
CHAPITRE III Se loger
Quels types de logement ?
Acheter
Louer
Meubler
L’eau, le gaz, l’électricité
Les ordures
Faire des travaux
L’aide à domicile
CHAPITRE IV Déménager
Arriver dans le pays avec ses affaires
Déménager moins cher
Déménager à l’intérieur du pays
Quitter le Japon
Rencontre avecun expatrié
CHAPITRE V Travailler
Trouver un travail
Les relations de travail
Les salaires
Le chômage
L’assurance-maladie
Prendre sa retraite au Japon
Les jours fériés et les vacances
Rencontre avecun salarié en contrat local
Faire un stage
Volontariat international
CHAPITRE VI Étudier
Le coût de la vie étudiante
La reconnaissance des diplômes
Rencontre avecun étudiant
Parcours atypique, expérience unique !
CHAPITRE VII Entreprendre
Les formes de sociétés
Le financement
Rencontre avecun entrepreneur
CHAPITRE VIII L’argent
Les banques
Les impôts
CHAPITRE IX La présence internationale
Les ambassades et consulats
Les chambres de commerce
Les associations de Français au Japon
CHAPITRE X Conduire
Passer le permis
Acheter une voiture
CHAPITRE XI Se déplacer
L’avion
Le train
Le bus
Les taxis
Le métro
La moto
Le vélo
CHAPITRE XII Parler
Quelles langues sur place ?
Apprendre la langue
Les échanges de langues
CHAPITRE XIII Se soigner
La médecine de tous les jours
Les gros accidents
Accoucher
Couverture santé : combien ça coûte ?
CHAPITRE XIV La sécurité
Allô, la police ?
Radioactivité
Tremblements de terre et tsunamis
CHAPITRE XV Les enfants
L’éducation
École française ou japonaise ?
Les bourses scolaires
Rencontres avecdeux mères de famille
CHAPITRE XVI Rester connecté
Le téléphone
Internet
La poste
CHAPITRE XVII Manger
La gastronomie locale
Les restaurants internationaux
Trouver des produits importés
Le vin
La sécurité alimentaire
CHAPITRE XVIII Shopping
S’habiller
L’électronique
Les souvenirs japonais
CHAPITRE XIX Les animaux
Emporter son animal
Acheter un animal
La vie des bêtes
CHAPITRE XX Sortir
La vie nocturne
Boîtes de nuit
CHAPITRE XXI Se cultiver
Les fêtes et traditions locales
Les arts traditionnels
Le cinéma
La musique
Le théâtre (français)
Les mangas
Les médias
CHAPITRE XXII Les religions
Les religions locales
Cultiver sa foi
CHAPITRE XXIII L’amour
Avoir un(e) petit(e) ami(e)
Japon gay et lesbien
Rencontre avecun couple homosexuel
Se marier
Rencontre avecdeux couples mixtes
Divorcer
Rencontre avecune femme divorcée
CHAPITRE XXIV Les vacances au japon
Le top 10 des choses à voir au Japon
Le top 10 des choses à faire à Tôkyô
Le top 5 des choses à ne pas faire à Tôkyô
BONUS
Les Jeux olympiques de 2020
Kyôto vu par Rafaele Brillaud
Chapitre I
Que n’a-t-on pas écrit sur le Japon ? Que n’a-t-on pas lu sur ce pays ? Le Japon est le pays de tous les fantasmes pour les Occidentaux. Rêvé, décrié, haï, idéalisé… On peut écrire des pages et des pages en faveur ou contre l’archipel, mais rien ne remplace une expérience vécue. Au regard de notre propre expérience, notre volonté est de vous aider à préparer au mieux votre propre séjour. Nous tâcherons d’être les plus neutres possible, sans idéaliser ni dénigrer ce pays aux mille et une facettes, un pays déconcertant.
Depuis soixante ans un « pays développé » et, par certains aspects, trop développé. C’est le royaume de la consommation où tout n’est qu’achat et néon lumineux. On trouve de tout en abondance, même en excès et à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Les transports en commun sont efficaces, propres et rarement en retard. Les gens sont bien habillés, soignés et bien élevés. Tous ces éléments font croire aux Occidentaux que le Japon est un pays comme les autres. Du moins, un pays comme « chez nous ».
Mais à y regarder de plus près, le Japon a ses subtilités, ses spécificités, ses différences. Bref, c’est un pays particulier que des décennies de pratique ne permettent pas toujours de décoder. Pourtant, toutes ces raisons en font un pays fabuleux et attrayant, un pays où se côtoient modernité et tradition, où le paradoxe est à chaque coin de rue !
Jusqu’en 2010, le Japon pouvait se targuer d’être la seconde économie mondiale derrière les États-Unis. Cependant, il a récemment dû céder la place à son voisin chinois. Il n’en demeure pas moins une puissance économique de premier plan. Débuté dans les années 1960, le miracle économique japonais commence à s’essouffler sérieusement.
Le modèle économique qui a fait le succès de l’archipel a vécu et ses voisins n’ont pas hésité à le copier pour mieux le dépasser. Progressivement, le taux de croissance annuel est passé de 10 % dans les années 1960 à 4 % dans les années 1980, avec le coup d’arrêt des années 1990. Avec l’éclatement de la bulle financière a débuté la « décennie perdue », décennie pendant laquelle les banques ont soit mis la clef sous la porte, soit été sauvées in extremis par des injections massives de capital. Il faudra attendre 2003 pour voir revenir la croissance économique. C’est pendant cette embellie des années Koizumi que le Japon subit de plein fouet la crise des subprimes de 2007.
Depuis cette date, l’économie japonaise va cahin-caha. En 2015, le déficit commercial est retombé à 850 millions d’euros après trois années noires. La balance commerciale nippone a même atteint les 97 milliards d’euros de solde négatif en 2013. Ces mauvais chiffres proviennent d’un yen trop faible et des importations massives de gaz pour faire face aux fermetures de centrales nucléaires suite à la catastrophe de Fukushima. Par ailleurs, le gouvernement japonais doit faire face à des dépenses publiques toujours plus importantes. La dette publique représente déjà plus de 230 % du P.I.B., ce qui ne met pas le Japon à l’abri d’une crise majeure digne de celle qui a frappé la Grèce et menace le reste de l’Europe.
Avec une démographie déclinante, des problèmes énergétiques et l’explosion de la concurrence asiatique, on peut être raisonnablement pessimiste sur l’avenir économique du Japon. L’arrivée au pouvoir de Shinzo Abe en 2012 avait laissé espérer une embellie. Mais l’enthousiasme n’a duré qu’un temps. Les fameux « Abenomics » (nom donné aux mesures prises par le Premier ministre Abe) n’ont pas produit les fruits escomptés. Certes, la crise tant redoutée n’a pas eu lieu, mais un certain nombre d’indicateurs sont dans le rouge. Cette économie basée à la fois sur la consommation des ménages et l’épargne reste sous surveillance. D’ailleurs, fin 2015, les agences de notation ne cessent de dégrader le Japon. La note de l’Archipel est désormais « A + ». On est bien loin du « AAA » atteint en 1998.
Le Japon reste néanmoins un des pays qui a le meilleur niveau de vie de la planète, placé au dix-septième rang mondial pour son IDH*. À titre de comparaison, la Suisse se classe troisième, le Canada huitième, la France et la Belgique, elles, sont respectivement aux vingtième et vingt et unième rangs.
L’AGRICULTURE
L’agriculture est le parent pauvre de l’économie japonaise. Depuis la fin de la guerre, l’exode rural frappe les communautés paysannes. Il faut dire qu’avec seulement 15 % de terre arable sur l’ensemble du territoire, le Japon n’a pas une vocation agricole. De nos jours, seuls 3 % de la population travaillent dans l’agriculture, pour un montant équivalent à 1 % du P.I.B. De plus, si les rendements sont bons, ils ne suffisent pas à faire vivre les familles. Seuls 20 % des agriculteurs parviennent à vivre uniquement de leur exploitation, ce qui apporte l’autosuffisance au Japon. Pour le reste, le Japon dépend des importations pour plus de 50 % de ses besoins alimentaires.
Les choses n’iront pas en s’arrangeant, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, 70 % des paysans nippons ont plus de 55 ans, sans que la relève ne se présente ni ne soit formée. Il existe bien un mouvement de départ vers la campagne, depuis la crise des années 1980, pour certains cols blancs de Tôkyô, un mouvement soutenu par le ministère de l’Agriculture. Une tendance qui ne peut renverser la démographie déclinante de la paysannerie japonaise. De ce fait, déjà 8 % des terres arables sont retournées en friche (souvent faute de bras), limitant d’autant plus la production agricole.
Enfin, la catastrophe nucléaire de Fukushima a privé l’archipel d’une de ses régions les plus fertiles, pesant encore plus sur les besoins d’importations. Alors même que le Japon est le quatrième pays exportateur et le cinquième pays importateur au monde, les dépenses liées aux importations obligent le Japon à entretenir de bonnes relations avec ses voisins, mais aussi à disposer des moyens nécessaires afin de pouvoir se fournir à l’étranger.
En outre, pour des raisons de rendements économiques, nombre d’exploitations sont de plus en plus robotisées, déshumanisées et en rupture totale avec les cycles naturels. En plus de produire des aliments de mauvaise qualité, cela menace à terme l’existence même de l’agriculture au Japon.
LA PÊCHE
Avec une consommation aux alentours de 15 % des prises mondiales, le Japon reste le plus grand consommateur de poisson de la planète. Pour satisfaire cet appétit, l’archipel possède l’une des plus grandes flottes de pêche au monde. Ces bateaux-usines partent au large pour des campagnes de plusieurs mois.
La pêche côtière demeure importante même si, à l’instar de l’agriculture, elle voit sa moyenne d’âge s’élever et que l’avenir du secteur est loin d’être assuré (le nombre de pêcheurs a diminué de 42 % depuis 1995). Le domaine de la mariculture et la conchyliculture quant à lui reste stable tant en production qu’en consommation.
Jusqu’à présent, un Japonais disposait de 60 kilogrammes de poisson par personne et par an. C’est pratiquement quatre fois plus qu’un Français. Cependant, la raréfaction du poisson (et la quasi-extinction de certaines espèces comme le thon) entraîne une diminution progressive de la quantité disponible. De plus, la croissance économique de la Chine et le changement alimentaire qui en découle entraînent une pression supplémentaire sur la quantité de poissons disponible pour les Japonais. Enfin, la catastrophe de Fukushima a également entraîné une suspicion durable vis-à-vis des produits de la mer.
Il faut ajouter à cela un changement majeur dans les habitudes alimentaires nippones. La consommation de viande prend une place de plus en plus grande dans le quotidien des Japonais. La consommation effective de poisson serait déjà tombée en dessous des 30 kilogrammes par an et par habitant. Preuve supplémentaire de ce tournant, les exportations japonaises de produits maritimes ne cessent d’augmenter. Même si elles restent inférieures à 300 000 tonnes par an, elles affichent une progression constante à rendre jaloux tous les pans de l’industrie japonaise.
L’INDUSTRIE
Si le Japon est un pays hyper moderne dont l’économie est dominée aujourd’hui par les services, il n’en reste pas moins une puissance industrielle hors du commun. Depuis la fin des années 1970, l’industrie lourde ou simple comme le textile disparaît au profit des industries de pointe. Pourtant, le pays demeure constellé de zones industrielles où se mêlent des géants de type Toyota et des PME qui constituent l’essentiel du maillage économique du pays.
L’automobile reste un domaine d’excellence pour le Japon (12 % de la production mondiale) quoique le gros de l’industrie nippone repose sur les produits technologiques : robotique, informatique, jeux vidéo et téléphonie mobile.
LE TERTIAIRE
Le secteur des services emploie 75 % de la population active et représente la même proportion du P.I.B. japonais. La banque, l’assurance, les transports, le commerce et les télécommunications sont des secteurs d’activité qui continuent d’afficher une relativement bonne santé en dépit des diverses crises auxquelles le pays a dû faire face. Toujours est-il que, si l’un de ces secteurs venait à tousser, c’est tout le pays qui risquerait de s’enrhumer.
Même si les PME-PMI représentent 99 % des entreprises et 70 % des emplois, ce sont les grands groupes internationaux qui maintiennent le pays à flot. Parmi ces géants, on peut citer les six keiretsus (sorte de conglomérats d’entreprises) que sont Mitsubishi, Sumitomo, Fuyo, Mitsui, Dai-Ichi Kangyo et le groupe Sanwa.
Ce qui saute bien entendu aux yeux de l’étranger au Japon, c’est la place du commerce. Toutes les rues de chaque ville ou village sont une succession de vitrines. Dans les villes, les grandes enseignes s’octroient les emplacements de choix. Mais les commerces familiaux continuent d’occuper une place majeure dans un pays qui n’est pas totalement envahi par les grandes surfaces. Les petits magasins (alimentation, services, vêtements…) se transmettent de génération en génération et emploient une part importante de la population active.
>> L’économie japonaise en quelques chiffres
Troisième rang mondial
Monnaie : yen japonais (JPY)
Il est symbolisé par . En japonais, il se prononce « én » et s’écrit
P.I.B. : 4 900 milliards de dollars (2013)
Croissance du P.I.B. : 0,5 % (estimation pour 2016)
P.I.B. par habitant : 36 194 dollars (2014)
P.I.B. par secteur d’activité : tertiaire 71,6 %, industrie 27,3 %, agriculture 1,2 %
Population active : 65 millions (estimation pour 2014)
Répartition de la population active : tertiaire 69,8 %, industrie 26,2 %, agriculture 3,9 % (estimation pour 2010)
Chômage : 3,2 % (estimation pour 2015)
Population vivant en dessous du seuil de pauvreté : 15,7 %
Exportations : 746 milliards de dollars (estimation pour 2014)
Biens d’exportation : véhicules à moteur 13,6 %, semi-conducteurs 6,2 %, métallurgie fer 5,5 %, composants automobiles 4,6 %, groupes électrogènes et générateurs électriques 3,5 %
Principaux pays d’exportation : Chine 19,7 %, USA 15,5 %, Corée du Sud 8 %, Hong Kong 5,2 %, Thaïlande 4,6 % (2011)
Importations : 803,74 milliards de dollars (estimation pour 2014)
Biens d’importation : pétrole 15,5 %, gaz naturel 5,7 %, habillement 3,9 %, semi-conducteurs 3,5 %, charbon 3,5 %, matériel audiovisuel 2,7 % Principaux pays d’importation : Chine 21,5 %, USA 8,9 %, Australie 6,6 %, Arabie Saoudite 5,9 %, UE 5 %, Corée du Sud 4,7 % (2011)
Dette publique : 7 400 milliards de dollars, soit 230 % du P.I.B. (estimation pour 2015) <<
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* IDH : Indice de développement humain, d’après le classement 2014 du Programme des Nations unies pour le développement.
Deux saisons ? Trois saisons ? Quatre saisons ? À n’en pas douter, Vivaldi aurait eu bien du mal à composer son chef-d’œuvre au Japon. En s’étirant des confins de la Sibérie aux plages tropicales d’Okinawa, le Japon de Miss Météo est difficile à définir. En fonction du lieu, les saisons peuvent être plus ou moins marquées. Malgré tout, les Japonais affirment mordicus que le pays possède quatre saisons. La division en quatre saisons offre également un avantage commercial (notamment pour les collections de prêt-à-porter) ! Cependant, les choses ne sont pas aussi simples.
En schématisant un peu, il serait plus juste de parler de l’hiver doux (décembre-janvier), l’hiver froid (février-mars), le printemps (avril-mai), la saison des pluies (juin-juillet), l’été (août), l’automne et l’été indien (septembre-novembre). De plus, il ne faut pas oublier la saison des typhons qui peut s’étendre de mai à septembre…
De manière générale, le nord du pays possède un climat sibérien avec d’importantes chutes de neige et la formation d’une banquise. La côte intérieure, elle aussi, subit de fortes chutes de neige. Elle reçoit la totalité des vents froids venant de Chine et de Corée. À l’inverse, sur la côte pacifique, l’hiver est plus sec et peu enneigé (sauf dans le Nord). À Okinawa, l’hiver est doux avec 13 °C de moyenne pour les mois de janvier et février. Le printemps y débute plus tôt et remonte progressivement jusqu’à Hokkaidô. La remontée vers le nord de la chaleur emporte avec elle la floraison des cerisiers. Ainsi la période des hanami, la célèbre saison de floraison des pruniers puis des cerisiers (appelés sakura), s’étale de fin janvier à fin avril.
L’été est chaud et très humide. Dans le Kansai, on frôle régulièrement 40 °C et 80 % d’humidité. Les montagnes et Hokkaidô offrent une fraîcheur reposante. D’ailleurs, nombre de citadins fuient la moiteur des villes pour se ressourcer dans des villes comme Karuizawa.
L’automne est généralement doux et bien plus agréable que l’été. L’arrière-saison permet un grand nombre d’excursions et d’activités en plein air.
Néanmoins, le Japon n’échappe pas aux dérèglements climatiques qui touchent l’ensemble de la planète. Hivers doux, absence de chutes de neige et printemps précoces s’installent progressivement dans la saisonnalité nipponne.
ÉPOQUE JÔMON (-10 000 AVANT J.-C. À -300 AVANT J.-C.)
La préhistoire japonaise est marquée par une très grande maîtrise de la poterie. La terre cuite est décorée de « cordes » (d’où le nom de la période : , Jô signifie corde et , Jômon est ce motif de corde imprimé sur les poteries). Certaines pièces ont été datées de -7 000 ans, ce sont les plus anciennes retrouvées à ce jour. Au cours de la période, les chasseurs-cueilleurs vont peu à peu se sédentariser et tenter de maîtriser l’agriculture.
ÉPOQUE YAYOI (-300 AVANT J.-C. À 300 APRÈS J.-C.)
L’époque Yayoi voit le passage du néolithique à l’âge du fer. De plus, c’est à cette époque que se développe la riziculture dans l’archipel.
ÉPOQUE KÔFUN (300 À 710)
Cette époque va marquer à plus d’un titre la fondation du Japon. Tout d’abord, des envahisseurs coréens vont prendre pied sur l’archipel. Peu à peu, les coutumes venues du continent vont se mélanger aux pratiques primitives.
Sur le plan religieux, c’est à ce moment-là que les premiers Japonais vont inventer le Shintô et le culte des Kami. À la fin de la période, le bouddhisme va apparaître à son tour dans le pays (voir aussi le chapitre sur la religion).
Dans le domaine architectural, on note la construction de tumulus funéraires. La période est aussi connue pour les nombreux statues et autres artefacts en terre cuite qui sont parvenus jusqu’à nous.
ÉPOQUE NARA (710 À 794)
Courte période pourtant considérée comme l’âge d’or du Japon. C’est en effet pendant l’époque Nara que seront publiés le Kojiki et le Nihon shoki, les deux ouvrages fondateurs du Japon – l’origine divine de la lignée impériale trouvant sa source dans ces livres. Le bouddhisme devient la religion du pouvoir.
ÉPOQUE HEIAN (794 À 1185)
L’Empereur va se faire confisquer le pouvoir par la famille Fujiwara. Il s’ensuit une série de luttes intestines pour reconquérir le pouvoir. Le « Moyen Âge » japonais s’ouvre sur une période de conflits qui ne cesseront d’être relatés dans la littérature et le cinéma japonais par la suite. Finalement, les Minamoto l’emporteront sur les Taira. Les Minamoto sont également connus sous le nom de Genji , les Taira sous le nom de Heike . Il existe des livres, parmi les premiers connus dans la littérature japonaise qui parlent de ces familles : Le Dit du Genji et Le Dit des Heike sont les plus célèbres. Ces luttes, qui ont pour cadre la région de Kyôto où était installé le pouvoir, sont notamment relatées dans Le Dit des Heike.
ÉPOQUE KAMAKURA (1192 À 1333)
Le clan Minamoto va installer son pouvoir à Kamakura : c’est le bakufu ( le pouvoir shogunal, pouvoir militaire qui est désolidarisé du pouvoir de l’Empereur) avec à sa tête un shôgun. De 1192 à 1867, le terme de shôgun est le titre donné à celui qui détenait le pouvoir militaire et civil au Japon. Il y eut trois dynasties shogunales : les Minamoto, les Ashikaga et les Tokugawa.
Afin d’asseoir son emprise sur les provinces, des intendants et des commissaires militaires vont être dispatchés dans l’ensemble du pays. C’est ce système féodal qui servira d’ossature à la naissance du bushidô (le code d’honneur du samouraï).
Les Hôjô vont succéder aux Minamoto. C’est sous leur règne qu’aura lieu le célèbre épisode de l’invasion mongole ratée grâce à l’intervention des vents divins : les typhons Kamikaze. Les Mongols dans leur empressement à conquérir le Japon avaient réquisitionné tout ce que la Chine comptait de bateaux. La grande majorité de la flotte mongole était constituée de bateaux faits pour la navigation fluviale chinoise. Autrement dit à fond plat. Le typhon « divin » (le Kamikaze) n’eut aucune peine à envoyer l’armada par le fond, sauvant ainsi l’archipel de l’invasion.
Dans la première moitié du XIVe siècle, l’empereur Go-Daigo décide de reprendre le pouvoir. Il s’appuie sur le clan Ashikaga pour chasser les Hôjô de Kamakura.
ÉPOQUE MUROMACHI (1333 À 1568)
Une fois la victoire remportée, Ashikaga décide d’établir le pouvoir à Kyôto (dans le quartier de Muromachi). L’Empereur refuse de se voir déposséder une nouvelle fois du pouvoir. Il s’ensuit une période confuse où le pays est scindé en deux : au sud, le shogunat et au nord, les légitimistes et l’Empereur.
En 1392, les Ashikaga l’emportent. Cependant, dès 1428, le Japon est secoué par des jacqueries dues à la famine qui sévit dans le pays. En 1467, il est frappé par une guerre de succession au sein du clan Ashikaga. La guerre civile d’Ônin achèvera de dévaster le pays. En 1489, l’assassinat du shôgun marque le début d’une guerre qui durera près d’un siècle pour s’achever en 1576. Cette période trouble et anarchique favorise la montée en puissance des nobles locaux.
En 1543, les Portugais débarquent dans l’archipel. En échange d’armes à feu, le pouvoir les laisse, dans un premier temps, commencer leur mission d’évangélisation du pays (à ce sujet, se reporter au chapitre sur la religion). Grâce aux armes portugaises, Nobunaga Ôda va entreprendre la reconquête du pays. Un à un, les seigneurs locaux seront démis et devront se soumettre à Ôda. Trahi, Ôda est contraint au suicide, le 6 juin 1582. Hideyoshi Toyotomi le venge en tuant le traître et en profite pour récupérer le pouvoir au passage.
ÉPOQUE MOMOYAMA (1582 À 1603)
Toyotomi continue la pacification du Japon entreprise par Ôda. Fort de ses succès militaires, il se lance dans des expéditions expansionnistes contre la Corée. En 1598, il meurt confiant son fils à cinq tuteurs, parmi lesquels son compagnon d’armes des années Ôda, Ieyasu Tokugawa.
Fin stratège, Tokugawa profite des dissensions sur l’utilité des campagnes de Corée pour semer le trouble avant d’éliminer, un à un, ses opposants. Sa victoire est totale après la prise du château d’Osaka et l’anéantissement du clan Toyotomi.
ÉPOQUE EDO (1603 À 1868)
Ieyasu Tokugawa installe son bakufu à Edo (actuelle Tôkyô). À sa mort, son fils Hidetada prend le pouvoir et adopte une série de mesures restrictives des libertés. Persécutions des chrétiens, fermetures des ports, interdictions aux Japonais d’émigrer… Seuls deux ports, Hirado et Nagasaki, restent ouverts aux étrangers et, encore, pas à tous : les Chinois et les Hollandais sont les seuls à avoir le droit de commercer avec l’archipel.
Sur le plan intérieur, les axes de communication sont ouverts, agrandis, sécurisés et contrôlés. « Cinq routes » principales partent et arrivent à Edo (Gokaidō). La plus célèbre d’entre elles est la route du Tokaidô qui relie Tôkyô à Kyôto. Ces axes permettent une meilleure circulation des biens et des marchandises, mais aussi des hommes : les marchands, bien sûr, ainsi que les pèlerins et les premiers touristes. En outre, les routes sont un excellent moyen de contrôler tout ce qui circule dans le pays et, surtout, elles sont régulièrement utilisées par les daimyô (seigneurs locaux).
Le shogunat a retenu les leçons du passé : afin d’affaiblir les seigneurs, et donc de ne leur laisser ni la liberté ni les moyens de se rebeller, le pouvoir leur impose de séjourner une année sur deux dans la capitale. Ce système du sankin-kôtai est fort onéreux : obligation d’entretenir deux palais (un en province et un à Tôkyô), obligation de déplacer chaque année plusieurs personnes d’un point à un autre du pays. Et comme si cela ne suffisait pas, le shogunat impose qu’une partie des membres de la famille restent en otage à Edo (histoire de les avoir sous la main en cas de représailles…). Ce système dispendieux fait la fortune des marchands en tout genre. Ces nouveaux riches vont alors investir dans l’art (notamment le Kabuki et les estampes).
Dès la fin du XVIIe siècle, les navires étrangers augmentent leur présence près des côtes nippones, signifiant leur volonté de voir s’ouvrir le pays. Les tentatives d’intrusion russe et anglaise échoueront. Il faudra attendre 1853 et le commodore Perry, pour que le pays s’ouvre enfin aux barbares, à savoir les Occidentaux.
Il s’ensuivra une série de traités commerciaux avec les États-Unis, l’Angleterre, la Russie et la France. Ces intrusions barbares auront pour conséquence de raviver un sentiment nationaliste. La question de la position de l’empereur se fera de plus en plus grande (comment le shogunat peut-il commander à la destinée du pays sans que l’Empereur soit consulté ?).
Les tensions vont crescendo jusqu’à ce qu’en 1864 les loyalistes infligent une première défaite aux troupes shogunales. Les troubles et les escarmouches se poursuivront pendant quatre années. En 1868, les troupes de l’empereur écraseront définitivement l’armée du shôgun, forçant le dernier des Tokugawa (Yoshinobu) à abdiquer au profit de l’empereur Mutsuhito.
ÈRE MEIJI (1868 À 1912)
En accédant au trône, Mutsuhito devient l’empereur Meiji (tous les empereurs japonais ont un nom de baptême et un nom de règne). Le coup de maître du nouvel Empereur est de poursuivre l’ouverture du pays afin d’accélérer sa modernisation. Pour ce faire, le Japon recrute les meilleurs spécialistes du monde entier. Les Américains pour l’économie, les Français pour le droit, les Allemands pour la guerre et les Anglais pour la marine.
La première constitution, d’ailleurs appelée constitution Meiji, est adoptée en 1899. L’Empereur conserve le pouvoir exécutif et le législatif est reparti entre deux chambres.
Sur le plan technique, électricité, chemins de fer et automobiles se répandent à travers tout le pays. La redistribution des terres et la modernisation des techniques agricoles contribuent, elles aussi, à une amélioration du niveau de vie des Japonais. Une explosion démographique fait suite à ces changements.
L’armée bénéficie également de l’essor du pays, un armement plus moderne lui donne des velléités impérialistes. En 1874, c’est la conquête des Ryûkyû (Okinawa), en 1894, celle de la Corée, puis en 1895, celle de Formose (Taïwan). Cependant, son premier vrai coup d’éclat sera la victoire sur l’armée du tsar Nicolas II en 1904. En conséquence, dès 1905, le Japon contrôle une partie du continent : la Corée (avant son annexion en 1910), le Liadong, Sakhaline et reste présent en Mandchourie même s’il est censé l’avoir évacuée. Cette politique impérialiste et la course à l’armement qui en découle font la fortune des zaibatsu (grands groupes d’entreprises présents dans presque tous les secteurs de l’économie). Mais les victoires militaires donnent des ailes aux généraux qui se rêvent de plus en plus un destin politique entraînant, à la mort de l’Empereur en 1912, une lutte de pouvoir entre les libéraux et les militaires.
ÈRE TAISHÔ (1912 À 1926)
L’empereur Taishô est aussi faible de caractère qu’il a la santé fragile, un naturel qui manque de charisme et laisse le champ libre aux luttes de pouvoir. À ce petit jeu-là, les militaires vont sortir vainqueurs.
En 1914, ces derniers verront une belle opportunité d’étendre l’hégémonie japonaise sur la région en se rangeant du côté de la Triple-Entente (France, Royaume-Uni, Russie). L’objectif est de s’emparer des positions allemandes en Asie. Le traité de Versailles en 1918 leur donnera satisfaction.
Cependant, les victoires à l’extérieur ne calment pas les tensions de l’intérieur. De nombreuses émeutes éclatent notamment pour protester contre l’augmentation du prix du riz, l’aliment de base, mais aussi contre la politique militariste. En 1922, le parti communiste japonais est créé. Très puissant (c’est ce qui expliquera la volonté de le détruire dans les années 1960, voir ci-après), il organise de nombreuses grèves.
Cette période de revendications est aussi celle des grandes migrations. Fuyant un avenir plutôt sombre, les paysans pauvres de Gifu, Okinawa ou Hiroshima émigrent en masse vers les États-Unis et l’Amérique du Sud (principalement le Pérou et le Brésil). Ce flot d’immigrants ne sera interrompu que par la Seconde Guerre mondiale.
En 1921, l’empereur Taishô abdique au profit de son fils Hirohito, qui devient régent. Dans ce contexte particulièrement troublé a lieu le grand tremblement de terre de 1923. Tôkyô et Yokohama sont quasiment rayés de la carte. On estime à 150 000 le nombre de morts. Mais, aux victimes directes du séisme, il faut ajouter les victimes indirectes. Les jours qui ont suivi le tremblement de terre ont été l’occasion d’une véritable chasse aux Coréens et aux Chinois. Les communistes ne seront pas épargnés.
La loi martiale est décrétée. L’ordre est progressivement rétabli. Les libéraux accèdent au pouvoir, le suffrage universel est instauré en 1925. Mais, après les guerres et les séismes, le pays est ruiné. Ce contexte est favorable à un retour des militaires. En 1926, l’empereur Taishô s’éteint, Hirohito devient alors l’empereur Shôwa.
ÈRE SHÔWA (1926 À 1989)
L’ère Shôwa s’ouvre avec l’avènement du nationalisme nippon. En 1927, dans le Mémorandum Tanaka est présentée, noir sur blanc, la politique japonaise à venir : « Avant de conquérir le monde, nous devons conquérir la Chine. Avant de conquérir la Chine, nous devons conquérir la Mandchourie et la Mongolie. Si nous réussissons à conquérir la Chine, le reste des pays asiatiques et de la mer du Sud nous craindront et se rendront à nous. Alors le monde réalisera que l’Asie orientale est nôtre. »
Bien que considéré comme le Mein Kampf japonais, des doutes subsistent sur l’authenticité de ce mémorandum. En effet, les premiers exemplaires connus sont apparus en Chine et en URSS… Mais finalement, que le document en tant que tel ait existé ou non n’est que secondaire, puisque l’Histoire prouvera que les événements se dérouleront avec la même chronologie que celle prévue dans cet écrit !
Fin 1931, prenant prétexte de l’incident « provoqué » de Mukden — ou incident de Mandchourie (Mukden étant l’actuelle Shenyang chinoise), le Japon envahit la Mandchourie. L’état fantoche du Mandchoukouo est créé avec, à sa tête, l’empereur déchu Puyi. Mis au ban des nations, en 1933, le Japon finit par quitter la Société des Nations (l’ancêtre de l’ONU) afin de pouvoir mener la politique qu’il désire en Chine. Commence alors la seconde guerre sino-japonaise. L’invasion de la Chine ne se fait pas sans que de nombreuses exactions soient commises (notamment le massacre de Nankin en 1936).
En 1940, le Japon signe le traité de l’Axe. Maintenant allié à l’Allemagne, il devient l’ennemi des Américains et des Russes. L’attaque de Pearl Harbor entraînera les États-Unis à la guerre et la rupture du pacte germano-soviétique mettra fin au traité de non-agression entre le Japon et l’URSS. C’est la guerre menée par les soldats de l’Armée rouge qui stoppera l’expansionnisme nippon vers le nord. En revanche, vers le sud, la voie est libre… Le Japon s’empare de l’Indochine, de Singapour, de Manille et de l’Indonésie. La mainmise japonaise sur l’Asie sera totale jusqu’en septembre 1942 et les premières victoires américaines dans le Pacifique (avec la bataille de Midway). Les soldats américains vont alors progressivement reconquérir la région : les îles Mariannes, les Philippines, puis Okinawa.
En juillet 1945, la conférence de Potsdam qui entérine la défaite allemande demande au Japon de capituler. Les modérés sont prêts à accepter la reddition, les jusqu’auboutistes refusent. L’Empereur tergiverse. Les États-Unis profitent de ce flottement pour tester leur nouvelle arme sur Hiroshima, le 6 août 1945, et Nagasaki, le 9 août 1945. Les deux explosions atomiques, ainsi que l’invasion de la Mandchourie par l’URSS, conduisent l’Empereur à capituler le 15 août.
De nos jours, beaucoup d’historiens estiment que le largage des deux bombes atomiques n’était pas nécessaire à l’issue de la guerre. Le Japon était à bout de force et Hirohito avait pris sa décision. Les historiens tendent à considérer l’attaque atomique plutôt comme une démonstration de force américaine en vue du nouvel ordre mondial qui se dessinait avec la fin du second conflit mondial.
De 1945 à 1952, le Japon sera occupé par les États-Unis. Au cours de cette période, l’occupant va s’attacher à réformer en profondeur le pays : l’empereur voit son rôle politique annihilé et une nouvelle constitution pacifiste est adoptée. L’article 9 interdit au Japon de posséder une armée autre que pour défendre son territoire.
L’économie et l’administration sont reconstruites avec l’appui des Américains. La guerre de Corée, de 1950 à 1953, va jouer en faveur de l’archipel.
Craignant une domination communiste dans la région, les États-Unis vont tout faire pour aider leur nouvel allié. Cette aide sera directe – par exemple, le pacte de défense mutuelle américano-japonais – mais également indirecte – par exemple, la commande américaine à l’industrie nippone pour s’équiper en vue de combattre en Corée. De plus, les États-Unis permettront au PLD (Parti libéral démocratique) de se maintenir au pouvoir vaille que vaille, et en dépit de l’agitation sociale qui secoue le Japon et la planète tout entière au cours des années 1960.
Le miracle économique japonais est donc en partie dû aux États-Unis qui n’ont par ailleurs pas hésité à « recycler » quelques criminels de guerre, afin de bénéficier de leurs réseaux et de leur influence (comme avec les nazis en Allemagne, où seule une poignée de dignitaires sera jugée et exécutée après comparution devant un tribunal militaire). L’influence des États-Unis sera encore présente lorsqu’il conviendra d’anéantir le parti communiste japonais, notamment en recrutant des briseurs de grève venus de l’extrême droite ou recrutés chez les yakuza.
Un autre acteur de la réussite japonaise d’après-guerre est le MITI, Ministry of International Trade and Industry (désormais METI, Ministry of Economy, Trade and Industry) fondé en 1949 et qui va soutenir l’industrie en favorisant dans un premier temps les chantiers navals, l’automobile et la pétrochimie. Son rôle ne sera jamais démenti.
Il a résulté de tout ceci un capitalisme débridé avec son lot de laissés-pour-compte. Mais en l’absence de contestation, aujourd’hui encore, ces derniers sont aussi laissés sans voix… En moins de vingt ans, le Japon est revenu au premier plan international avec, comme première consécration de cette renaissance, l’obtention des jeux Olympiques pour 1964. Avant le premier choc pétrolier (1973), le Japon connaît une croissance annuelle à deux chiffres. Même après celui-ci, l’économie nippone a continué à afficher une santé de fer. Il faut dire que la politique proarabe du Japon a porté ses fruits. Grâce à ses positions, le pays a réussi à échapper à l’embargo sur le pétrole. La croissance s’est poursuivie jusque dans les années 1980, le MITI ayant entraîné le pays sur la voie des technologies de pointe avec l’électronique et l’informatique principalement. La bonne santé économique du pays attire les investisseurs du monde entier. Cet afflux massif de capitaux cumulés à l’épargne des ménages permet aux Japonais de spéculer sur les marchés mondiaux (en particulier sur les obligations américaines). Le Japon achète alors le monde au sens propre comme au figuré.
En 1989, Hirohito s’éteint à l’âge de 88 ans et met ainsi un terme au plus long règne d’un empereur japonais. Son fils Akihito devient l’empereur Heisei.
ÈRE HEISEI
Le règne du cent vingt-cinquième empereur débute par une série de catastrophes. Tout d’abord, en 1991, la machine économique s’arrête, la croissance tombe à 2 % par an, la bulle éclate. C’est le début de la « Décennie perdue ». En dix ans, et autant de plans de relance, le Japon ne parviendra pas à retrouver sa place d’antan. Il faut dire que les temps ont changé : la guerre froide s’est achevée et un géant s’est réveillé, la Chine, bien décidée à prendre la place de leader asiatique, jusque-là occupée par le Japon.
Plus tard, le Japon est frappé par un grand séisme en 1995 et par les attentats au gaz sarin, perpétrés la même année dans le métro par la secte Aum.
Depuis, bon an mal an, le Japon se débat pour rester dans le trio de tête des puissances mondiales. L’économie chancelante entraîne une certaine instabilité politique, avec pas moins de quinze Premiers ministres en vingt ans qui, exception faite de Junichirô Koizumi en poste de 2001 à 2006, ne resteront pas plus d’un ou deux ans aux affaires. Pourtant, cette valse des Premiers ministres n’empêche pas le pays de fonctionner, elle empêche seulement les réformes nécessaires de donner un souffle nouveau au pays, tous les Premiers ministres ayant eu peu ou prou la même politique.
Le tremblement de terre et la catastrophe nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, sont venus affaiblir un pays déjà fragilisé. Pour l’instant, le Japon, pareil au roseau, plie mais ne rompt pas. Mais pour combien de temps encore ?
>> Chine/Japon/Corée : the Never-Ending Story
Il est des guerres plus faciles à oublier que d’autres. Par exemple, Français et Allemands ont réussi à tirer un trait sur leurs sanglantes relations au début du XXe siècle pour avancer main dans la main vers le XXIe siècle. À l’inverse, les stigmates des « événements d’Algérie » hantent encore les relations entre Paris et Alger.
Pour le Japon, c’est un peu comme si le curseur était resté bloqué en 1945, avec deux « Algérie » comme voisines. La Chine et la Corée n’ont jamais pardonné l’agression nippone de la Seconde Guerre mondiale. Toutes les occasions sont bonnes pour en remettre une couche sur ce douloureux passé. Ainsi, régulièrement, des manifestations anti-japonaises éclatent à Séoul ou Pékin. Sur fond de guerre économique, les vieilles blessures sont ravivées. Chinois et Coréens exigent des réparations de la part de Tôkyô. Et, tout aussi régulièrement, Tôkyô s’excuse et/ou met la main au porte-monnaie.
De son côté, Tôkyô estime que ses voisins ont trouvé là un moyen de pression (et de gagner un peu d’argent). Depuis les années 70, nombre de dirigeants japonais ont reconnu l’implication du pays dans le déclenchement de la guerre et plus aucun homme politique n’ose remettre en cause les exactions de l’armée impériale (le débat ne porte plus sur l’ampleur de celles-ci). Dans l’archipel, soixante-dix ans après la fin du conflit, on a envie de tourner la page.
Cependant, l’actualité récente a encore prouvé que les braises pouvaient être ravivées à tout instant. Ainsi, fin décembre 2015, le Japon, sous la pression des États-Unis, s’est engagé à payer 10 milliards de yens en dédommagement aux « femmes de réconfort » coréennes. Une partie de l’opinion publique japonaise estime que la somme était démesurée en considérant le nombre de ces femmes encore en vie à l’heure actuelle… <<
Situé à l’intersection de quatre plaques tectoniques, le Japon a une géographie tourmentée. Les zones montagneuses disputent l’espace aux plaines. Les volcans sont nombreux et plus d’une centaine d’entre eux actifs !
Il en résulte que le Japon est un chapelet de près de 7 000 îles qui s’étend de la Russie au nord jusqu’à Taïwan au sud. 3 300 kilomètres séparent les deux extrémités du pays. Si 430 îles sont habitées, 95 % de la population se répartit sur les quatre îles principales : Hokkaidô, Honshû, Shikoku et Kyûshû. Du nord au sud, on trouve Hokkaidô (et sa forme triangulaire), Honshû, la plus grande, qui abrite Tôkyô, Kyôto et Hiroshima, Shikoku (la plus petite des plus grandes) et Kyûshû.
Les terres émergées représentent un total de 377 944 km2, deux fois moins que la France (640 294 km2, outre-mer comprise) et dix fois plus que la Belgique (30 528 km2) ou la Suisse (41 277 km2). De ces terres émergées, il convient néanmoins de déduire 13 500 km2 de lacs et de rivières, soit 4 % du total. De plus, la plaine ne représente que 14 % du territoire total contre 63 % pour la montagne.
Malgré tout, c’est sur ce territoire que doit loger le double de la population française, soit plus de 127 millions de personnes, ce qui explique les problèmes de surpopulation dans les villes et que les plaines regroupent les principales mégapoles.
La plaine de Kantô abrite le grand Tôkyô avec ses 35 millions d’habitants (Yokohama, Kawasaki, Saitama et Chiba inclus), sachant que Tôkyô seule, sans ses banlieues, compte tout de même plus de 13 millions d’habitants. La plaine du Chûbu, c’est 9 millions d’habitants autour de Nagoya. La plaine du Kansai (Ôsaka, Kyôto et Kôbe) regroupe 19 millions d’habitants. Enfin, la région Fukuoka-Hiroshima compte 7 millions d’habitants.
À l’inverse, les zones rurales connaissent un exode ininterrompu depuis les années 1960. En plus d’être faiblement peuplées, la moyenne d’âge y oscille entre 55 et 60 ans, ce qui, à terme, va à n’en pas douter poser des problèmes en matière d’agriculture et d’indépendance alimentaire du pays. À l’heure actuelle, le Japon est encore autosuffisant à hauteur de 40 % de ses besoins. Cependant, selon les produits, ce taux peut descendre à 10 ou 20 %, c’est le cas pour le maïs par exemple. Un taux aussi bas impose de bonnes relations de commerce avec ses voisins et, surtout, des moyens pour acheter les produits importés !
Le Japon étant composé d’îles, cela ne fait pas moins de 33 889 kilomètres de côtes (en comparaison, l’Australie n’en compte « que » 25 760). De plus, le Japon est un pays aux limites incertaines : depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il se dispute avec ses voisins sur un certain nombre d’îles.
Les Kouriles, au nord, sont un point de friction avec la Russie. D’ailleurs, le différend est tel que soixante ans après la fin des hostilités, les deux voisins ne sont toujours pas parvenus à signer le traité de paix ! Avec la Corée, c’est l’île de Dokdo ou Takeshima qui pose problème. Enfin avec la Chine, ce sont les îles Senkaku ( Senkaku Shotô ou Diaoyutai en chinois) qui sont le point d’achoppement entre les deux nations. Dans tous les cas, régulièrement, des nationalistes des différents pays prennent pied sur les îlets de la colère en en revendiquant la possession…
Enfin, les éventuelles réserves de gaz naturel ne font qu’exacerber les tensions et les revendications.
Chapitre II
À pied, à cheval, en voiture ou en bateau à voile… À moins que vous n’habitiez dans les îles du Pacifique, il vous faudra traverser la moitié de la planète pour vous rendre au Japon.
La grande majorité des voyageurs opteront pour l’avion, mais certains originaux n’hésiteront pas à affronter les quinze jours de train nécessaires à la traversée de l’immense Russie… Le Transsibérien offre une opportunité exclusive d’apprécier la distance qui sépare l’Europe de l’archipel. Enfin, et pour se remettre de ces deux semaines d’étendues souvent désertiques, le ferry sera incontournable pour relier Vladivostok à Hokkaidô. Vous serez arrivé au Japon mais pas encore à Tôkyô, si telle est votre destination finale.
Quel que soit le moyen de transport pour lequel vous opterez, il sera nécessaire de préparer au mieux le voyage qui vous emmènera vers votre nouvelle vie.
Le Japon est loin, le Japon est un pays complexe, le Japon est différent du reste du monde. Par conséquent, l’installation dans ce pays n’est pas une chose à prendre à la légère. Il convient d’organiser au maximum son expatriation. Si on a du temps pour cela, c’est évidemment mieux.
Dans un premier temps, l’idéal est de trouver un emploi, un V.I.E. (Volontariat international en entreprise), un stage ou une université d’accueil. Ensuite, il faut entreprendre les démarches pour le visa ou, le cas échéant, les visas si vous partez en famille ; effectuer les premières recherches de logement ; entamer les démarches pour la scolarisation des enfants. Il conviendra aussi de préparer un petit pécule afin de faciliter l’installation sur place.
Un premier voyage de repérage peut être nécessaire pour chercher un travail, rencontrer ses futurs collègues ou découvrir son futur quartier et appréhender un peu les lieux. Ce sera aussi l’occasion de se faire une première idée et de confirmer, ou non, sa volonté de s’installer au Japon.
Bien sûr, on rencontre de temps en temps des baroudeurs extrêmes qui arrivent au Japon, la fleur au fusil. Cependant, il est de plus en plus rare que ces aventuriers des temps modernes parviennent à s’installer durablement. Les difficultés d’obtention de visa ainsi que la crise économique rendent quasiment impossible de trouver un travail pour un étranger qui débarque sans compétence particulière et donc… d’obtenir un visa. S’installer au Japon sans un minimum de préparation devient de plus en plus une utopie.
Sur ce plan, il n’y a pas d’exigence particulière pour rentrer au Japon. Il vaut toutefois mieux avoir tous ses vaccins à jour, notamment avec l’apparition ces dernières années de cas de tuberculose. Cette maladie avait disparu de l’archipel mais semble revenir au gré des flux migratoires et des voyages en Asie du Sud.
Pour l’étranger, il faut notamment avoir en tête que les hépatites A et B sont plus fréquentes au Japon qu’en Occident. Il est préférable également d’être vacciné contre l’encéphalite japonaise, transmise par les moustiques. Même si cette maladie a beaucoup reculé (et n’est pas spécifiquement japonaise), elle peut entraîner de graves symptômes.
D’une manière générale, l’obtention d’un titre de séjour au Japon est fastidieuse. L’administration nipponne déploie des trésors d’inventivité pour exiger des prétendants à l’immigration des documents qu’elle seule comprend… C’est la culture du papier, voire de la paperasse, du certificat, de l’écrit, poussée à l’extrême. Cette pratique est souvent désagréable, notamment si on lie cela au climat parfois antiétranger qui agite l’archipel, mais il faut reconnaître à l’administration un professionnalisme et une précision assez remarquables. Il est indispensable d’obéir, de sourire, d’attendre, de ne pas chercher à négocier en dehors des cases du formulaire, qui tient du sacré. Le résultat est en général conforme et rapide.
Avant de se rendre au Japon, pour un séjour de longue durée, il est primordial d’obtenir un certificat d’admissibilité au visa (/Certificate of Eligilibility). Il s’obtient auprès de la mission diplomatique japonaise du lieu de résidence avant le départ. Il faut compter un à deux mois avant d’obtenir la réponse des autorités japonaises. Pendant ce délai, les autorités vont vérifier un certain nombre de choses : une inscription à l’université pour les étudiants, la véracité du contrat de travail pour les travailleurs, ainsi que la concordance du poste avec les études du demandeur (cf. infra), les liens de parenté pour les demandes de visas dépendants (pour les membres de la famille du demandeur principal ou d’un Japonais).
Une fois le certificat d’éligibilité accordé, il convient de déposer son passeport au consulat ou l’ambassade, afin que le visa y soit apposé (compter quarante-huit heures).
Les informations en français :www.fr.emb-japan.go.jp/consulaire/visa/titulaires_COE.html
Le formulaire à télécharger :www.uni.international.mext.go.jp/documents/CertificateofEligibility.pdf#search=%27certificate%20of%20eligilibility%27
Il existe deux types de visas : ceux qui permettent de travailler et ceux qui ne le permettent pas. Dans cette dernière catégorie, sans travail, on trouve tout d’abord le visa de touriste (pas véritablement un visa, le séjour touristique d’une durée de 90 jours à compter de la date d’entrée sur le territoire ne nécessite aucune autre formalité que la possession d’un passeport valable six mois, pour les ressortissants français, belges, canadiens ou suisses), les visas d’étudiant (attention : les visas d’étudiant ne permettent pas le rapprochement familial), ceux d’épouses et enfants de travailleur et, enfin, ceux délivrés à titre exceptionnel (activité culturelle ne générant pas de revenu au Japon, séjour hospitalier, etc.). Leur durée peut aller de six mois à trois ans.
Il existe une dizaine de visas autorisant à avoir une activité rémunérée pendant un ou trois ans. La durée et le type de visas sont déterminés par l’administration, en fonction des qualifications et de la mission. Les autorités japonaises sont réputées très tatillonnes et les diplômes (ou au mieux l’expérience) doivent absolument correspondre au visa pour lequel la demande est effectuée. Par exemple, un diplômé en art ne pourra pas faire une demande pour un visa d’ingénieur.
Les visas autorisant à travailler les plus courants sont :
-Ingénieur, spécialiste en sciences humaines et service international / (gijyutsu/jinmonchishiki/kokusaigyoumu – Engineer/Specialistin Humanities/International Services)Catégorie fourre-tout destinée aux personnes travaillant dans le commerce international, l’économie, les domaines juridiques, la mode, etc. L’ingénierie est comprise dans son acception la plus large ainsi que dans les sciences naturelles.
-Personnel détaché d’une entreprise (kigyônaitenkin – Intra-Company Transferee)Détachement temporaire au sein de la filiale japonaise.
-Ouvrier spécialisé (ginô – Skilled Labor)Le terme est à prendre au sens large, car il englobe aussi bien les cuisiniers que les sportifs, les architectes et les pilotes d’avion.
-Investisseur et chef d’entreprise (keiei/kanri – Business Manager) Nécessite la preuve d’un bureau japonais avec au minimum deux employés ou de justifier d’un investissement égal ou supérieur à 5 millions de yens.
D’autres visas sont aussi délivrés pour certaines catégories socioculturelles :
-Diplomate et Officiel (gaikou/kouyou – Diplomat/Official) Personnels des ambassades et des consulats.
-Professeur (kyôjyu – Professor)Réservé aux enseignants du public (du primaire à l’université). Les enseignants du privé doivent obtenir un visa « Specialist in Humanities/International Services ».
-Artiste (geijyutsu – Artist)Les activités artistiques doivent pouvoir générer un revenu suffisant à elles seules (limites des 200 000 yens par mois).
-Activités religieuses (shukyo – Religious Activities)
-Journaliste (hôdô – Journalist)
-Juriste et comptable (hôritsu/kaikeigyômu – Legal/AccountingServices)
-Services médicaux (iryo – Medical Services)
-Chercheur (kenkyu – Researcher)
-Professionnel qualifié (gijyutsujisshu – Skilled Labor)Cette catégorie est destinée à tous les travailleurs avec une spécialité professionnelle (chef cuisinier, dresseur d’animal, tailleur de pierre…)
-Professionnel hautement qualifié (kôdosenmonshoku – Highly-Skilled Professionals)
