Vous saurez tout sur le permis - Nina Belile - E-Book

Vous saurez tout sur le permis E-Book

Nina Belile

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Beschreibung

 Permis de lire ce guide plein d'humour !

​​Permis un jour, permis toujours ! Le tout est de l'obtenir. Conduite à adopter, virages à négocier, culs de sac à esquiver… Une jeune femme a bien malgré elle foncé dans le panneau et vous dévoile avec la plus grande malice son journal de bord. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le permis : le vrai du faux, les frais de trop… Prenez place sur la banquette arrière et attachez votre ceinture, en voiture Simone !​

Un ouvrage frais et drôle pour devenir un vrai pilote.

EXTRAIT 

J’ai toujours été bonne élève. Mais ça, c’était avant. Avant de pénétrer dans le monde impitoyable de la conduite en auto-école. Un monde à part, où même les premiers de la classe se cassent les dents après que celles-ci ont rayé le parquet. J’ai eu beau être appliquée, disciplinée comme un petit soldat, discrète (comprenez par là pas grande gueule), cette fois, ça m’a plus handicapée qu’autre chose. Si la formule magique avait jusque-là fonctionné (c’est-à-dire jusqu’au niveau Bac + 4), le charme a brusquement été rompu par je ne sais quelle incantation vaudoue. Le jour où je signe le contrat qui me lie désormais à mon auto-école de la région parisienne, c’est à n’en pas douter pour le meilleur…et surtout pour le pire.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Nina entame une conversation décontractée et amicale avec le lecteur tout en dressant une galerie de portraits acérés des personnages qui ont semé d’embûches son apprentissage.[...] Ludiques et rafraîchissantes, les aventures véridiques de Nina déstresseront les candidats anxieux et feront sourire ceux qui ont survécu à l’épreuve. - Belle & Belge
Futurs candidats ou candidats en formation, ce livre est fait pour vous ! Vous éviterez les nombreux pièges qui ne sont là que pour vider votre portefeuille… [...] Bravo Nina et merci pour ce carnet de bord édifiant, avec de nombreuses « leçons »  à retenir, dites avec beaucoup d’humour.À lire absolument avant de se lancer dans l’aventure du permis de conduire ! - Bénédicte de Loriol, Publik'art

À PROPOS DE L'AUTEUR

Nina Belile, jeune femme rescapée du permis de conduire, nous offre son premier livre : un témoignage de son épopée chevaleresque sur le bitume. 

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Seitenzahl: 211

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Vous saurez tout sur le permis

Nina Belile

À Fati et Éric, À tous ceux qui connaissent ou ont connu l’échec au permis de conduire

Petit quiz pour la route

Êtes-vous prêt à passer votre permis de conduire sans tomber dans le panneau ?

1 – Quel est LE critère à prendre en compte pour ne surtout pas vous planter d’auto-école ?

a) Les pépètes à débourser.

b) Le look du bolide.

c) Le pourcentage de bides aux examens.

2 – Pour décrocher votre code bien-aimé, vous mettez un point d’honneur à :

a) Venir régulièrement poser vos fe-fesses sur les chaises de la salle dédiée à votre auto-école, après avoir digéré une ou deux fois votre livret du code.

b) Réviser en mode papillon de nuit : uniquement avec des DVD et/ou sites Internet spécial permis juste avant de dormir, quitte à ressembler à un zombie après chaque séance.

c) Apprendre à la lettre près la bible du code, et faire acte de présence une fois par mois à l’auto-école (après tous ces efforts, c’est déjà énorme).

3 – Question heures de conduite, tant qu’à avoir le choix, vous préférez :

a) Vous taper tout le temps le même moniteur (pas au sens figuré, voyons !) pour ne pas risquer pire.

b) Piocher un autre moniteur lorsque vous avez l’impression de pédaler dans la choucroute.

c) Changer de moniteur comme vous changez de chemise. L’assurance d’une allure irréprochable.

4 – Pour vous préparer aux tant redoutées vérifs intérieures et extérieures de l’examen :

a) Vous balancez les questions qui vous passent par la tête au moniteur, ça devrait suffire.

b) Vous achetez le livret de votre auto-école, point barre. Pourquoi perdre du temps avec ça pendant vos heures de conduite ?

c) Vous travaillez au corps votre moniteur (sur les vérifs, pas sur autre chose), en plus d’avoir le livret de l’auto-école.

5 – Vous atteignez trente-cinq heures de conduite, mais l’examen vous semble encore mission impossible :

a) Vous alternez conduite à l’auto-école et location d’un véhicule double commande avec pour accompagnateur un ami qui vous veut du bien.

b) Vous continuez vos cours de conduite dans votre auto-école jusqu’à ce que mort s’ensuive (du porte-monnaie, pas la vôtre).

c) Qu’à cela ne tienne, vous réclamez une date à votre auto-école. Le temps, c’est de l’argent.

Vous avez terminé ? Découvrez votre résultat !

Vous avez une majorité de ♠ :

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Pas de panique : petite séance de rattrapage avec ce livre. Restez motivé, rien n’est perdu.

Vous avez une majorité de ♦ :

Pas de doute, vous êtes prêt à tout ou presque pour décrocher le précieux sésame. Rassurez-vous, je suis aussi passée par là. Réfrénez votre sens du sacrifice, vous êtes sur la bonne voie !

Vous avez une majorité de ♥ :

Le permis ? Même pas peur ! Dans le genre expert qui n’est pas du genre à se faire berner, vous devriez facilement sortir votre épingle du jeu. À vous le permis de conduire !

La présente histoire est tirée de faits réels. Néanmoins, par souci de confidentialité, les

Mission inscription au permis B

Rien ne sert de courir, Nina…

J’ai toujours été bonne élève. Mais ça, c’était avant. Avant de pénétrer dans le monde impitoyable de la conduite en auto-école. Un monde à part, où même les premiers de la classe se cassent les dents après que celles-ci ont rayé le parquet.

J’ai eu beau être appliquée, disciplinée comme un petit soldat, discrète (comprenez par là pas grande gueule), cette fois, ça m’a plus handicapée qu’autre chose. Si la formule magique avait jusque-là fonctionné (c’est-à-dire jusqu’au niveau Bac + 4), le charme a brusquement été rompu par je ne sais quelle incantation vaudoue.

Le jour où je signe le contrat qui me lie désormais à mon auto-école de la région parisienne, c’est à n’en pas douter pour le meilleur…et surtout pour le pire.

Même si je n’ai pas encore la moindre idée de ce que je vais vivre, j’ai dû inconsciemment flairer le traquenard, car depuis l’adolescence, je n’ai eu de cesse d’échafauder des prétextes pour repousser l’inscription au permis (je peux pas me libérer, j’ai piscine !) jusqu’à ce que le déclic se produise enfin…à mes 28 ans. Pas trop tôt vous me direz, mais comme le dit l’adage, mieux vaut tard que jamais. Mes parents l’ayant aussi passé « tard » (32 ans tous les deux, si, si, mais ça n’a pas empêché mon père de devenir un professionnel de la route), j’y ai vu là un signe.

— Après tout, pourquoi pas ?

Je suis alors loin de me douter que plus tard je me poserai la question :

— Pourquoi, mais pourquoooi ?

Un après-midi de septembre 2009, je passe enfin, confiante, la porte grinçante de mon auto-école (dans les films, le bruitage vous fait tout de suite comprendre que c’est de mauvais augure, mais moi, j’ai rien vu venir). Au préalable, j’ai bien sûr fait le tour des auto-écoles de ma ville…enfin, juste sur Internet, c’est déjà pas mal. Je n’allais quand même pas toquer à toutes les portes ! (Comment ? J’aurais dû ?) Ayant des contraintes horaires, je suis vite séduite par la disponibilité et les tarifs attractifs de l’une d’elles, l’auto-école Bonjour Permis, qui possède plusieurs agences dans la région parisienne. Un gage de qualité, me dis-je. Pourtant, soyons honnête, je n’y connais rien, et, personne dans mon entourage n’a passé récemment le sacro-saint examen pour éclairer ma lanterne. Il y a bien ma meilleure amie qui habite en province, mais elle a vite déchanté il y a huit ans pour finir par jeter l’éponge : son unique moniteur – également boss tout puissant de l’auto-école – a réussi à lui faire croire qu’elle ne parviendrait même pas à conduire un tricycle.

Emportée par ma frénésie et bénéficiant encore de bonnes économies, j’opte pour un forfait code + conduite de trente et une heures… équivalant en réalité à vingt-six « vraies » heures de conduite en circulation. Les cinq heures bonus se répartissent ainsi : deux heures de « théorie de la pratique » (les fameuses vérifications intérieures et extérieures du véhicule pour l’oral du permis), et trois heures d’apprentissage de la conduite sur simulateur.

Vient le moment de signer mon contrat d’auto-école… Très vite, je lutte pour chasser de mes pensées la trouille bleue que j’ai de prendre le volant pour la première fois (je signe où? Là? Mince, le stylo ne fonctionne plus…). Mais pourquoi n’ai-je pas eu l’occasion de m’exercer en secret avec le bon copain, la bonne copine, ou le gentil papi dans le parking, histoire d’assurer un minimum ? Ne parlons même pas de ma mère que j’imagine s’accrocher à la poignée en hurlant si je dépasse les 20 km/h… et mon père qui refuse tout net que je m’exerce avec sa voiture de peur que je ne provoque un drame ou que je raye sa carrosserie briquée à la perfection :

— Il n’en est pas question, tu apprendras tout ça dans une auto-école !

Et, alors que la perspective du simulateur de conduite me console, mon père en rajoute une couche et ruine mon dernier espoir de réconfort :

— Ça sert à rien cette machine, c’est sur une vraie voiture que t’apprends à conduire.

Comme je veux bien faire, le zèle s’en mêle. En passant à la caisse, je paie comptant en une seule fois la totalité du forfait.

De loin, j’entends mon compte en banque qui crie au supplice, mais déjà, mon esprit est ailleurs : c’est sûr, je serai très bientôt détentrice de mon code de la route et de mon permis de conduire.

Bienvenue dans le monde merveilleux des séances de code

Souriez, ça ne va pas durer

Au début, l’épreuve du code provoque en moi la même intensité de stress que l’annonce de la fin du monde par les Mayas en décembre 2012 : quelle bonne blague ! Un QCM ? Les doigts dans le nez, une simple formalité.

Oui mais celui-là n’est pas comme les autres : représentez-vous le célèbre Qui veut gagner des millions… les jokers et les millions en moins. Enfin…l’important c’est de participer, n’est-ce pas ? À la différence du quidam assis sur son petit siège confortable, tapant la causette à Jean-Pierre, les heureux candidats au code ont potassé scrupuleusement un livre officiel agréé sur le code de la route (pour moi, comme pour beaucoup, l’édition la plus récente du Code Rousseau1).

Code Rousseau : comme dans les panneaux du manuel Rousseau…2 Ne vous y trompez pas, il s’agit là du code de la route édité par la société Codes Rousseau, créée en 1937. À ne pas confondre avec le douanier Rousseau, célèbre peintre français du XIXe siècle. Pour le premier, il s’agit d’itinéraires et de panneaux, pour le second il est question d’exotisme et de tableaux.

Une autre particularité du QCM du code de la route, c’est LA VOIX, celle qui récite les questions et les réponses avec tant de chaleur et d’allégresse. Ou plutôt les voix : celles d’une femme et d’un homme qui ont dû se farcir 6 000 questions-réponses, le pied. Résultat : vous ressortez de cette séance infernale avec quelques symptômes caractéristiques d’une santé mentale défaillante : sensation que votre QI a diminué de moitié, hallucinations auditives persistantes … Il faut dire que certains commentaires n’aident pas : « Le feu est rouge…je m’arrête. », ou encore « Le panneau est un sens interdit : je ne m’engage pas. » Les symptômes ne devraient plus laisser de séquelle au bout de trois bons mois d’entraînement, période dite « d’accoutumance par surexposition ».

Si vous observez bien la salle de code de mon auto-école, vous constaterez qu’elle est équipée d’un grand écran, d’un lecteur DVD, de chaises, mais pas de tables (au cas où certains seraient tentés de piquer un somme dessus ou d’y danser la carioca, on ne sait jamais). Quant à moi, comme tous les élèves modèles, j’entre religieusement dans la salle, munie de l’artillerie nécessaire :

- une grille pré-imprimée de quarante questions recto/verso, fournie par l’auto-école à remettre en fin de séance ;

- un stylo (non fourni cette fois car, comme le dit l’affiche scotchée sur la porte : « Déjà 13 stylos ont été portés disparus. »). Cela ne fait aucun doute, Judas ne doit pas être bien loin.

Voilà le topo : quarante questions dictées par les voix charmantes et suaves des comédiens voix-off, une dizaine de secondes pour percuter chaque question… et y répondre, car c’est quand même le but. Et enfin (après un suspense insoutenable), réponse à la question assortie d’une explication, le tout en trois quarts d’heure environ pour chaque séance.

Comme son nom l’indique, le Questionnaire à Choix Multiples vous laisse vous débarbouiller entre A, B, C, et D, sachant qu’il n’y a pas qu’une seule réponse possible. Là où ça se corse, c’est lorsque vous tombez sur deux questions posées en une seule. Autrement dit, vous avez répondu correctement à la première partie de la question mais pas à la seconde ? C’est ballot, il n’existe pas de demi-point, de demi-faute, pas de demi-mesure quoi ! Ajoutons un peu de piquant !, se sont certainement dit les auteurs des questions en se frottant les mains.

Les premiers temps, je me languis de ne pas pouvoir venir au code régulièrement à cause de mon job. Pendant mes journées de travail, mes pensées s’évadent secrètement vers la salle de code (c’est fou comme ces voix sont addictives, je vous dis !) et je m’imagine déjouer les pièges un à un. Sauf qu’arrivée en vrai dans la salle, c’est l’hécatombe.

À force, au fil des semaines, la pente douce se fait savonneuse. Littéraire de formation, je constate que sur le nombre de questions qui défilent sous mes yeux, une minorité – Dieu soit loué – révèle de petits attrape-nigauds.

Illustration : sur une route à double sens non séparée par un terre-plein, en tant que jeune conducteur, je peux circuler :

- A : à 70 km/h ;

- B : à 80 km/h ;

- C : à 90 km/h.

Je sais que je peux circuler jusqu’à 80 km/h, donc je réponds B. Ah mais non, il fallait aussi répondre A. Pourquoi diable ? J’aurais pourtant juré voir à l’écran « je peux circuler jusqu’à » et non pas « je peux circuler à ». Si tu ne maîtrises pas un minimum la langue, oublie direct la route mon gars.

Pour ceux qui ne connaissent pas, l’ambiance d’une salle de code, ce n’est pas l’after party du concert de Johnny : la majeure partie du public oscille entre 18 et 20 ans. Quelques trentenaires et un ou deux survivants quarantenaires s’aventurent vaille que vaille, en le regrettant sans doute, tant se concentrer relève de l’exploit. Parce que cette salle, c’est le défilé du salon de l’Agriculture. Imaginez un instant une poignée de jeunes hommes et demoiselles faire salon, glousser au téléphone, cancaner à gauche et à droite. D’autres grognent et commentent chacune des diapositives en beuglant leur réponse à qui veut l’entendre. Fermez les yeux… ça y est, vous y êtes : l’allée des bovins. Pour pouvoir apprécier à leur juste valeur ces instants privilégiés, une gymnastique intellectuelle incluant l’option « multitâches » est chaudement recommandée.

Seulement, une fois l’étape supérieure dite « de résignation » passée, vous risquez d’essuyer un nouveau revers. Malgré votre faculté d’adaptation surentraînée, il vous est cependant impossible d’incarner un joli petit dindon gloussant à merveille en l’espace de quelques jours, afin de vous fondre dans la masse. En même temps, il suffit d’observer quelques secondes un automobiliste conduire et envoyer un SMS simultanément pour se convaincre que le multitasking n’est décidément pas inscrit dans nos gènes.

Salle de code : endroit spécialement réservé aux élèves de l’auto-école afin de leur permettre de ne pas errer sans but dans les rues, de s’occuper en dehors des cours et de papoter de tout et surtout de rien. Téléphones et tricheurs admis. Politesse et concentration facultatives.

Malgré ces « petits » travers, le code devient heureusement accessible, pour peu que vous restiez assidu au point que le « parler code » devienne une seconde langue. Car, tenez-vous le pour dit, on vous a menti : vos connaissances ne suffisent pas. Pour mieux comprendre, une seule solution : vous jeter dans l’arène et vous confronter aux petites surprises concoctées spécialement pour vous à l’entraînement. Comme vous m’êtes sympathique, je vais vous dévoiler la teneur d’un de mes cadeaux (qui a dit empoisonné ?). Lors d’une séance parmi d’autres, je me retrouve nez à nez avec une diapositive mettant en scène un panonceau intitulé passage canadien. Méfiante, je défie du regard la diapo : « T’inquiète, tu crois que tu vas m’avoir ? ». Mais la diapo me nargue : « Tu peux toujours essayer, c’est pas dans ton livret de code ! ».

« Non, tu déconnes là !?! ».

Avouez-le, vous brûlez d’impatience de savoir de quoi il s’agit ! À moins qu’en fin connaisseur, vous n’ayez déjà la réponse… Toutefois si ce n’est pas le cas, sachez pour votre gouverne que le passage canadien est un élément d’une clôture à bétail qui dissuade généralement les grands animaux de le traverser (style caribou, ours brun, normal quoi). Il est constitué d’une série de barres de fer disposées au sol qui permettent le passage d’un véhicule automobile. Maintenant, vous pourrez briller dans n’importe quel dîner en posant la colle à votre voisin. La classe internationale !

Ah, j’oubliais… Méfiez-vous aussi des diapositives qui vous demandent combien de morts ont été causées par la route telle ou telle année…Ce n’est pas une légende, elles existent bel et bien.

Comme nous commençons à nous connaître, je peux bien aussi vous faire cet aveu : j’ai été confrontée à une affaire non classée à l’auto-école. Alors que pour la énième fois je tombe sur la sempiternelle question : « Puis-je dépasser la voiture devant moi ? » (un vrai classique déjà culte, attendez-vous à tomber sur cette question au moins cent fois), non seulement la réponse donnée par la voix m’échappe, mais l’explication me propulse aux frontières du réel. Jugez par vous-même :

Les conditions sont réunies pour me permettre le dépassement, je réponds par l’affirmative. Or, la voix est catégorique : j’aurais dû voir que le conducteur de la voiture de devant est une personne âgée, et qu’elle risque donc d’être perturbée par mon dépassement.

J’ai refilé l’affaire à Scully :

- Depuis quand peut-on distinguer l’âge du conducteur dans la voiture de devant ? Et faut-il renoncer au dépassement d’un véhicule sous prétexte que son conducteur semble avoir des cheveux blancs ?

J’attends toujours son rapport.

J’en profite pour donner un conseil à tous les fumistes de service qui supposent malgré tout qu’un DVD ou un site Internet traitant du code les dispensera des séances en auto-école… Que nenni ! À moins que vous soyez adepte du fiasco assumé, dites-vous que vous risquez l’embrouille totale : de nombreux sites Internet ou DVD ne sont pas forcément à jour ou ne traitent pas du code de la même façon dans les tournures et le style employés que les séries diffusées en salle de code, et donc, à l’examen.

De toute façon, sachez que la plupart des auto-écoles ne vous présentent pas à l’examen avant que vous ayez effectué un minimum de séances chez elles. Alors méfiance, et foin de la paresse !

En tout cas, question gestion des élèves pour la préparation au code, mon auto-école assure. C’est limite si on peut venir en pyjama, pour se sentir comme chez soi, à l’aise Blaise ! Pas de stress avec la technologie, la bonne vieille grille papier est toujours d’actualité. Pratique pour les moins assidus, ils peuvent s’arranger avec les résultats en répondant sur leur grille au moment où la réponse est donnée par le DVD, mais chut ! Cependant, pas easy de se familiariser ET de se concentrer avec l’engin électronique le jour J. D’ailleurs, ma mère m’avait recommandé de m’entraîner avec la télécommande de ma télévision, pour être sûre… Oui maman.

L’évaluation n’est pas surveillée, donc pas de pression supplémentaire… Le grand avantage de cette organisation très bien huilée, c’est la facilité avec laquelle chaque élève, s’il le souhaite, peut obtenir une date de passage au bout des trois mois d’attente minimum légale, au bluff ! Après tout, prêt ou non, la chance appartient à tout le monde, non ? (Ah oui ça c’était plutôt le slogan du Loto, désolée.) Au moins, mon auto-école donne sa chance à tous : ceux qui réussissent en ayant triché, et ceux qui échouent en étant prêts. Peut-être le patron est-il un ancien cancre reconverti en justicier pour ses pairs : les derniers seront les premiers, selon le Nouveau Testament…

Certes, l’accumulation du nombre d’échecs à l’examen entraîne souvent une file d’attente digne de plusieurs supermarchés réunis, pris d’assaut aux heures de pointe. Des élèves prêts « pour de vrai » se retrouvent régulièrement bloqués avec d’autres qui ont échoué à presque rien. Au moins, ils peuvent se raconter leurs malheurs.

Bon, et puis tant qu’on est dans les confidences, autant casser un mythe tout de suite : eh non, vous n’êtes plus prioritaire dès lors que vous avez passé l’examen une fois, vous faites la queue comme tout le m…enfin après tout le monde je veux dire. Tenez, mettez-vous là, derrière la longue file d’attente… Et en silence s’il vous plaît, non mais !

Et pas de quartier. On ne fera aucune différence entre le serial loser qui a commis une trentaine de fautes et celui qui a joué de malchance à une faute près.

Autre bonne nouvelle pour ceux qui n’aiment pas se faire de frayeurs inutiles, aucun examen blanc n’a lieu non plus chez Bonjour Permis. Ainsi, vous économisez votre stress pour le jour J. Je me suis enhardie une fois à demander à mon auto-école s’il était possible de suivre une séance dans les vraies conditions de l’examen, mais j’ai vite compris que je commettais un crime de lèse-majesté.

— Parbleu ! Mais les nouveaux élèves qui viennent de s’inscrire, vous y pensez ?

— Ah, euh, non, je… (cafouillage).

— Bon ben alors ? Vous m’excuserez, mais j’ai à faire là !

Coup classique, les mots ne me viennent qu’après, une fois qu’Anna, la secrétaire, a le dos tourné. Pourquoi ne pas réserver un créneau horaire, aussi rare soit-il, aux examens blancs ? Il pourrait être affiché dans l’auto-école afin que les élèves concernés puissent s’organiser et s’entraîner selon leur niveau, dis-je haut et fort…dans ma tête.

Pfff, trop tard, un élève est déjà en train de passer ses nerfs sur Anna. Mais pourquoi tant de haine ?

J’ai eu une illumination récemment : créer de l’emploi en mettant à disposition des élèves un gentil moniteur qui répondrait avec un sourire Colgate et deux petites fossettes, à toutes nos questions en nous félicitant, nous encourageant, et nous disant combien nous sommes intelligentes et belles, nous, les futures pilotes. Irréaliste m’a-t-on dit. Ah bon ?

Mais manifestement, mon auto-école a choisi son camp : faire vœu de charité et accueillir le plus grand nombre possible de brebis égarées. Tant pis si le troupeau ne peut être décemment nourri ensuite.

>RETENONS LA LEÇON !

L’entraînement au code

Avant de vous inscrire à votre auto-école, la fleur au fusil, demandez, ou vérifiez par vous-même ce qu’il se passe dans la salle de code. Privilégiez l’auto-école qui propose au moins l’un des critères suivants (plus il y a de critères, plus vous êtes bien tombé !) :

- La télécommande comme le jour de l’examen. Certes, vous ne pourrez pas tricher sur vos résultats, mais au moins, vous serez clean, et préparé à l’engin.

- Un moniteur présent dans la salle de temps en temps. S’il y en a un à chaque séance, vous avez déniché la perle rare, même si ça peut vous paraître lourdingue d’avoir un moniteur avec vous dans la salle. Cela vous évitera le syndrome du « j’ai rien capté » à la sortie de la séance.

- Un examen blanc occasionnel voire régulier, qui enchaîne les quarante questions en environ vingt minutes, et donne les réponses à la fin de l’exercice seulement. Non que les examens soient agréables, mais vous pouvez ainsi tester ce que vous valez en conditions réelles. Suspense garanti !

1. Il est aussi généralement possible de se procurer une version du code éditée par sa propre auto-école.

2. Les vraies paroles sont « comme dans les tableaux du douanier Rousseau… » chantées par la Compagnie créole en 1983.

La voie céleste pour le code

Houston, on a eu un problème

Après quelques mois, je démissionne de mon job. Direction le bagne : je peux ainsi enchaîner les séances de code comme un forçat en m’y rendant plusieurs heures par jour. Janvier pointe le bout de son nez : déjà quatre mois se sont écoulés depuis la signature de ce bout de papier qui me lie à mon auto-école ! Mes résultats étant satisfaisants – c’est-à-dire régulièrement inférieurs ou égaux à cinq fautes – j’enclenche la vitesse supérieure : l’opération « quémandage de date d’examen ».

Malheureusement, je me fais refouler comme une malpropre pour janvier et février (c’est bien connu, la carte senior « après-28-ans-passer-son-permis-c’est-VIP » n’existe pas encore, à bon entendeur). J’obtiens enfin mi-mars, soit six mois après mon inscription, la date qui officialisera les fiançailles avec ma chère et tendre future voiture. Je m’y vois déjà… À quand le mariage ? Dans la tradition, environ un an après. Oups…

Bien entendu je déborde de joie de n’avoir pas poireauté un mois de plus. J’arbore un sourire béat de gratitude… Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage… Ces longues heures, assise sur une chaise à cocher des cases, auront au moins eu l’avantage de renforcer mes muscles fessiers : une contraction à chaque bonne réponse… YES !

D’un optimisme exacerbé, je n’imagine pas une seule seconde rater un examen qui m’a demandé tant de travail : une simple formalité, à mi-chemin entre mon cours de natation et ma recette de gâteau au chocolat à tester. Mais c’est très mal connaître le QCM du code.

Pour commencer, le lieu de tous les dangers se situe dans un coin paumé, loin, très loin de chez moi. Pas de bol, le moniteur qui emmène les candidats ce jour-là affiche complet. J’ai tout essayé mais pas moyen : ne restait plus que le coffre. Définitivement trop glauque. Heureusement, j’ai trouvé l’âme charitable : merci papa.

À 8 heures du matin, dans une sinistre zone industrielle brumeuse et mal éclairée – mais c’était quoi ce bruit ? – la bonne élève que je suis attend patiemment devant la porte.