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Découvrez le voyage sous ses multiples facettes... Voici 150 façons de goûter l’expérience du voyage, de partager l’effervescence d’un départ, le charme d’une rencontre, la surprise d’une découverte, le bonheur d’un retour. Autant d'émotions qui marquent tous nos voyages, que l'on parte en explorateur ou comme simple touriste.Des petits textes à lire au hasard de vos envies, à poser puis à reprendre, pour entrer en voyage par la littérature ou la poésie, l’histoire ou la mythologie, le cinéma ou la peinture, l’ethnologie ou l’aventure, les croyances et les rêves... Un vade-mecum pour tenter de saisir ce qui pousse depuis toujours voyageuses et voyageurs à prendre la route À PROPOS DE L'AUTEURRomancière et ethnologue, Chantal Deltenre est l’auteur de plusieurs romans et essais qui ont pour cadre sa région d’origine en Belgique ou les pays qu’elle a sillonnés : l’Égypte, la Roumanie ou encore le Japon.
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Seitenzahl: 318
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Si tu t’engages dans le voyage, tu arriveras. Ibn Arabî (1165–1240)
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Le poète Charles Baudelaire n’a fait qu’un seul long voyage : en 1841, alors qu’il vient d’avoir vingt ans, sa mère et son beau-père, inquiets de le voir sombrer dans un spleen profond, le font embarquer pour l’Inde. Mais très vite le poète s’ennuie : il débarque à l’Île Maurice, part pour la Réunion avant de reprendre le bateau pour la France. Cette seule échappée nourrira son imaginaire toute sa vie, lui inspirant les plus beaux vers des Fleurs du mal.
Quand Phileas Fogg, héros du Tour du monde en 80 jours de Jules Verne, regagne enfin Londres après son périple, il est persuadé qu’il a perdu son pari : selon ses calculs, il lui a fallu en tout 81 jours pour boucler son tour du monde, et non 80 comme promis aux gentlemen de son club.
Or il s’aperçoit le lendemain matin qu’il n’en est rien : le calendrier est formel, 80 jours seulement ont passé en Angleterre alors que lui-même et son valet Rouletabille, tandis qu’ils fonçaient vers l’est, ont vu le soleil se lever 81 fois. Fogg a simplement oublié qu’en voyageant au rebours du soleil ils ont écourté chacune de ces 81 journées de dix-huit minutes en moyenne, soit à la fin du voyage toute une journée de moins. Contre toute attente, il a remporté son défi !
Le héros de Jules Verne n’est pas le premier à qui advient cette mésaventure, et l’auteur le sait bien, car il en fait mention dans son Histoire des grands voyages et des grands voyageurs (1870). Quand le pilote Sebastian Elcano, en 1522, ramène à Séville l’ultime caravelle de la flotte de Magellan après avoir bouclé en un peu moins de trois ans le tout premier tour du monde, il constate avec surprise qu’on est un jeudi alors qu’il se croyait un mercredi : « Nous ne pouvions nous persuader de nous être trompés d’un jour, parce que j’avais, sans interruption, marqué dans mon journal les jours de la semaine et les quantièmes du mois. »
À lui aussi il faudra qu’un astronome explique que, voyageant vers l’ouest avec le soleil, il a, au contraire de Fogg, manqué un jour : ses journées à lui ont, à son insu, duré une minute et demie de plus en moyenne.
On aimerait donner un nom, un visage à ce héros. Mais on ne connaît de lui que les traits imaginés par les scientifiques aux peuples de la préhistoire. Le premier grand voyageur de l’histoire humaine s’appelle Homo Erectus. Il ne se contente pas de se tenir debout comme l’indique son nom savant, mais en profite aussi pour marcher loin, très loin : parti d’Afrique orientale, la terre de tous ses ancêtres Homo Habilis, il essaime jusqu’au Maroc, en Espagne, en Europe du nord et de l’est, en Asie centrale, en Chine et en Indonésie – voire en Amérique. Après lui, il ne restera guère à la vague suivante – la nôtre, Homo Sapiens – qu’à coloniser quelques îles jusque-là désertes : l’Irlande, l’Australie, le Japon, les Caraïbes, le Groenland ou les archipels du Pacifique, puis enfin (aux Temps modernes) l’Antarctique, la dernière terre vierge d’hommes.
Certes Homo Erectus prend son temps pour rayonner ainsi en tous sens : quelques centaines de milliers d’années, de sorte qu’aucun individu de l’époque n’accomplit personnellement aucun de ces fabuleux voyages – et même s’il a bien fallu qu’une famille au moins soit la première à franchir les isthmes, les cols, les fleuves ou les détroits qui la mèneraient d’Afrique en Europe ou en Asie, puis de là en Angleterre ou à Java.
Raison de cette formidable bougeotte : de régime plus volontiers carnivore que ses prédécesseurs, c’est moins pour voir du pays que pour conquérir de nouveaux terrains de chasse qu’Erectus s’aventure en ces régions inconnues, plutôt moins propices que les Tropiques pour un végétarien, mais attrayantes pour un chasseur sachant marcher. Si notre remuant ancêtre court le vaste monde, c’est parce qu’il court après quelque chose : la proie dont il fera son dîner !
Il nous arrive en droite ligne du mot latin via signifiant chemin, voie ou route : c’est lui qu’on retrouve non seulement dans « voie », « voyage » et « voyager », mais aussi dans « convoi », « dévier », « envoyer », « fourvoyer » et même dans « veine » (le chemin du sang) et « venelle ».
Via a pour origine un vieux radical indo-européen signifiant « voyager en char », d’où sont issus des mots comme « véhicule », « voiture » ou « wagon ». Une variante de ce radical a donné au latin le verbe vadere « aller de l’avant », qui survit dans « je vais », « évasion » et « envahir », tandis qu’une autre forme, vagari « aller au hasard », se retrouve dans « vagabond ».
De via, découlait viaticum, provisions de route, en souvenir des Romains contraints de se balader avec argent, vaisselle et autres indispensables, d’où le terme un peu vieilli de « viatique » qui désigne précisément l’argent et les provisions que l’on donne à quelqu’un pour son voyage.
D’autres mots latins exprimaient le voyage : iter a laissé « itinéraire » en français, et sa forme verbale ire, signifiant aller, se retrouve dans « j’irai » mais aussi dans une étonnante panoplie de mots : « circuit » (aller en rond), « coït » (aller avec), « errer », « initier » (faire passer dans), « périr » (passer dans l’au-delà), « soudain » et « subitement » (venir d’un coup), « transe » (passer par delà), « transit » (passer par) et bien d’autres.
Peregrinatio (de per agros « à travers champs »), qui indiquait les voyages à l’étranger, survit dans « pérégrination » tandis que peregrinus (l’étranger en latin), donne « pèlerin ».
En vieux français, on disait veiage, puis voiage au 3e siècle, pour désigner tous les voyages : commerciaux, pèlerinages et autres croisades (le voyage d’agrément comme on l’entend aujourd’hui n’existait pas). La forme moderne est apparue à la fin du 14e siècle.
Le mot ni sa définition n’ont plus changé, mais bien parfois le point de vue. Dans le Larousse médical illustré (Paris, Larousse, 1929), on trouve entre « vomitifs » et « vue », une définition du voyage comme remède : « Les voyages, en distrayant l’esprit et le détournant de tout travail, sont excellents pour les individus ayant une grande fatigue intellectuelle, confinant à la neurasthénie… » À bon entendeur…
« Touriste » se dit des voyageurs qui ne parcourent des pays étrangers que par curiosité et désœuvrement, qui font une espèce de tournée dans des pays habituellement visités par leurs compatriotes. Se dit surtout des voyageurs anglais en France, en Suisse et en Italie. (Littré, 1812)
« Xénomane » (du grec
xenos
‘étranger’ et du latin
mania
‘folie’) se dit des personnes qui ont la passion des voyages et sont toujours à la piste des nouvelles. C’est l’homme que vous rencontrez en chemin de fer, lisant le journal ou parlant à des personnes qu’il n’a jamais vues. Ordinairement, le xénomane passe pour être toqué, un peu fou. (Töpffer,
Albums grotesques
, Paris, 1860)
Celui ou celle qui voyage en amateur. (Dictionnaire de l’Académie française, 1878)
Le touriste est celui qui voyage d’un lieu à un autre pour son plaisir ou pour sa culture. (
Websters’s third New International Dictionnary
, 1971)
Toute personne en dehors de sa résidence habituelle pour une durée d’au moins 24 h (ou une nuit) et de 4 mois au plus pour un des motifs suivants : agrément (vacances et séjours de fin de semaine) ; santé (thermalisme, thalassothérapie) ; missions ou réunions de toutes sortes (congrès, séminaires, pèlerinages, manifestations sportives, etc.) ; voyages d’affaires, déplacement professionnels, voyages scolaires. (OMT, Organisation Mondiale du Tourisme)
La géographie n’a pas toujours existé. C’est l’ingénieux Ératosthène, mathématicien, philosophe et astronome d’Alexandrie au 3e siècle avant notre ère, qui en a jeté les bases.
Après avoir donné à l’arc du méridien compris entre les deux tropiques la valeur de 47°42’, mesure qui reste inchangée ou presque depuis vingt siècles, il se demande comment calculer la circonférence de la terre. Conjuguant ses connaissances en géométrie, son art de l’observation et son puissant sens pratique, il calcule alors le méridien terrestre en choisissant deux objets distincts mais situés sur le même méridien : un puits situé à Syène (Assouan) et un obélisque à Alexandrie, dont il va observer attentivement les ombres le 21 juin, jour du solstice d’été, à l’heure de midi, moment où, dans l’hémisphère nord, le soleil atteint sa plus haute position au-dessus de l’horizon. Ératosthène remarque qu’à Syène, ville située à peu près sur le tropique du Cancer, le soleil luit à la verticale et éclaire directement le fond du puits. Par contre, au même jour à la même heure, l’obélisque d’Alexandrie forme bel et bien une ombre ; le soleil n’est donc plus à la verticale. En comparant l’ombre et l’obélisque, Ératosthène déduit que l’angle entre les rayons solaires et la verticale est de 1/50e d’angle plein, soit 7,2 degrés. Il évalue ensuite la distance entre Syène et Alexandrie en faisant appel à un « bématiste », arpenteur de l’Égypte ancienne, chargé de mesurer les distances en nombre de pas ou bêma : la distance est de 5 000 stades. Si 1/50e de la circonférence terrestre mesure 5 000 stades, alors la circonférence entière peut être évaluée à 50 fois autant, soit 250 000 stades, 39 375 km. Le même calcul des ombres réalisé de nos jours grâce à des appareils de haute précision donne 40 075,02 km. Le savant grec n’était pas loin du compte !
Ensuite, Eratosthène dessine l’écoumène, une carte sensible de la terre comme on l’imaginait alors – une île immense entourée d’un seul océan – où sont représentés les Hommes et leurs différents milieux. Si le savant invente le mot « géographie » (description de la terre), c’est Ptolémée qui en fera son miel. Eratosthène n’a guère voyagé, mais son écoumène a longtemps guidé les voyageurs de l’Antiquité tandis que lui, peut-être pour se reposer de ses savants calculs, rêvait le monde infini en observant le ciel et les étoiles. L’astéroïde 3521 porte son nom en hommage.
Au Musée de Versailles, une peinture de Nicolas André Monsiau figure le roi Louis XVI donnant ses instructions au capitaine Jean-François de la Pérouse pour son voyage autour du monde. Sur une carte déployée sur la table entre les deux personnages, le roi pointe du doigt un endroit précis. À y regarder de plus près, on constate que l’index royal est posé au milieu de nulle part, en plein océan, mais aussi que la carte est truffée d’erreurs.
C’est pour cela que la Marine royale, en quête d’un passage par le nord de l’Amérique pour le commerce avec l’Orient, envoie vers le Pacifique ses deux frégates la Boussole et l’Astrolabe : moins pour y découvrir des terres nouvelles que pour repérer et cartographier avec précision les rivages déjà aperçus par d’autres navigateurs ou voyageurs terrestres. D’où la présence à bord d’une fine équipe d’astronomes, de naturalistes, de peintres et de diplomates, pourvus d’un impressionnant appareillage scientifique : observatoires portatifs, horloges de précision pour les mesures astronomiques et le calcul des longitudes, astrolabes perfectionnés etc.
Même le nom des deux vaisseaux semble proclamer leur mission, l’un dédié à la boussole – mise au point au 11e siècle par des marins italiens sur le modèle des instruments des navigateurs arabes, initiés par les Chinois à la propriété d’une aiguille aimantée de pointer le pôle nord du champ magnétique terrestre – et l’autre à l’astrolabe – invention grecque du 2e siècle pour mesurer la hauteur des astres, perfectionnée au 17e siècle sous la forme du sextant.
Ainsi tout dans cette expédition pointe vers l’art de tracer des cartes. De fait, celles que La Pérouse transmet à Paris depuis son départ de Brest, le 1er août 1785, jusqu’en février 1788, sont parfaites : l’île de Pâques, l’archipel de Hawaï, l’Alaska, la Californie, les îles Mariannes, les Philippines, la Corée et le Japon, le détroit entre Sakhaline et Hokkaïdo (qui porte encore le nom de La Pérouse), le Kamtchatka et l’Australie y figurent avec une précision sans précédent, qui permettra à Louis XVI de repérer finement toute cette partie du monde.
Mais alors que le capitaine annonce qu’il s’apprête à gagner, pendant l’été, les îles Tonga, puis les parages de la Nouvelle-Calédonie et de la Nouvelle-Guinée, le destin semble se souvenir que l’index royal, dans le tableau de Versailles, se posait… nulle part. Geste prophétique ? On attendra en vain d’autres nouvelles du navigateur et de ses quelque deux cents accompagnateurs, disparus corps et biens après cette escale en Australie.
Ce n’est qu’en 1827 qu’un navigateur anglais localisera le naufrage de l’Astrolabe face à l’île de Vanikoro, aux Salomon, et en rapportera quelques objets récupérés à terre. Mais il faudra attendre 2005 et une longue fouille des fonds marins au large de l’île pour que l’ex-Marine royale, devenue nationale, identifie enfin l’épave de La Boussole grâce à la découverte d’un objet dûment répertorié dans l’inventaire de 1785 : un sextant…
Le temps tourne, j’en quitte le cercle pour le centreAB
Rouler sa bosse
Mener une existence vagabonde et aventureuse. Expression du début du 19e siècle, issue de métaphores plus anciennes où le verbe « rouler » évoquait une démarche chaloupée. La « bosse » n’est peut-être pas celle du bossu, mais plutôt le « cordage utilisé pour saisir solidement un objet quelconque » et le gros nœud qu’on y fait à cette fin, symbole d’une existence où rien n’est stable, à bord comme dans la vie elle-même.
Prendre le large
S’enfuir. Expression d’origine maritime, milieu du 15e siècle. Le « large », c’est partout où l’on perd la côte de vue. Dans le même sens, on disait aussi bander ses voiles au 17e siècle, puis mettre les voiles au 20e siècle. Par contre, dans l’expression mettre les bouts (apparue en 1918), les « bouts » sont les jambes.
Prendre la poudre d’escampette
S’enfuir. Dès le 17e siècle, prendre l’escampe ou l’escampette (du même verbe italien scampare « s’enfuir » qui a donné « décamper ») est la même chose que prendre la fuite. C’est seulement au 19e siècle que, par analogie avec la poudre de Perlimpimpin, faux remède-miracle des charlatans, on imagine la poudre d’escampette, qui permet de disparaître comme par enchantement. (De la même époque date, plus mathématique, l’expression prendre la tangente.) Verlaine, fin connaisseur de toutes sortes de moyens d’évasion, est le premier à la placer dans un poème : « Voulant te fuir… J’ai pris, l’un de ces derniers jours, La poudre d’escampette. »
Se mettre au vert
Aller se reposer à la campagne. L’expression se répand au 16e siècle, quand le mot « vert » commence à désigner la nature et la campagne dans le langage des citadins, voire une planque dans l’argot des truands. Mais le milieu équestre disait déjà mettre un cheval au vert, au pâturage plutôt qu’à l’écurie.
Prendre la clef des champs
S’enfuir, prendre sa liberté. Pas de sens caché à cette expression apparue au 14e siècle : la clef y est l’instrument qui permet de sortir, et les champs sont un espace ouvert, un lieu de liberté.
Battre l’estrade
Courir les routes, errer pour découvrir le monde. D’après l’italien strada (latin via strata) « voie pavée, route ». Battre l’estrade, c’est marcher le long de la route, où qu’elle mène. Par confusion avec un autre mot estrade (« plancher surélevé », de l’espagnol estrado), l’expression s’emploie désormais plus souvent dans un tout autre sens : se démener sur la scène, faire du spectacle.
Faire la navette
Aller et venir régulièrement d’un lieu à un autre. Expression née au 18e siècle en référence au mouvement alterné de la navette sur le métier à tisser – mais, « navette » étant à l’origine un diminutif de « nef » (ancien français nave, latin navis) à cause de sa forme effilée qui rappelle une coque de bateau, on peut dire aussi que l’expression, pareille justement à un navire qui rentre après une sortie en mer, est… revenue à son port d’attache.
Plier bagage
S’en aller, partir. Au 16e siècle, on disait d’abord « trousser bagage », au sens de décamper en hâte et sans bruit : le bagage d’alors se « troussait », se roulait en un paquet fixé derrière la selle du cheval. Puis se sont répandus les sacs et autres valises où l’on plie proprement ses affaires au moment du départ, et « plier » a remplacé « trousser ».
Filer à l’anglaise
C’est partir sans tambour ni trompette, sans demander son reste ni payer l’addition. Les aristocrates britanniques adeptes du grand tour étaient-ils donc de mauvais payeurs ? Les Italiens en seraient d’accord, qui disent eux aussi andarsene all’inglese – mais non les Anglais eux-mêmes, ni les Allemands, qui disent to take French leave ou sich auf französisch empfehlen : décamper… à la française !
Filer la comète
Vagabonder, être sans logis. Selon un dictionnaire d’argot du milieu du 19e siècle, le terme « comète », sans aucun rapport avec l’idée de voyager à la belle étoile, est pris dans son sens technique de « ruban » en passementerie, d’où le sens dérivé de « route » : filer le ruban, c’est donc suivre la route. Mais la comète est aussi un astre à la trajectoire irrégulière, à l’inverse des planètes et des étoiles dites fixes, ajoutant à l’idée de mobilité celle d’un déplacement imprévisible.
On the road, résume Jack Kerouac, c’est « l’odyssée turbulente de deux marginaux à travers les États-Unis ». Partis de New-York à la fin des années 40, Kerouac, fils d’immigrés canadiens d’origine bretonne et son ami Neal Cassidy, un fou de vitesse, sillonnent les étendues américaines en voiture, en auto-stop ou dans les trains de marchandises à la manière des hobos, ouvriers saisonniers ou vagabonds. Poussés par un souverain dédain pour le conformisme petit-bourgeois de l’American way of life, ils ont le goût d’aller jusqu’au bout de la route et d’eux-mêmes, quitte à sacrifier aux excès de vitesse et à tous les autres.
Au retour du voyage, Jack Kerouac écrit On the road en moins de trois semaines de l’année 1952 sur un rouleau de téléscripteur long de 35 m. Même la forme du tapuscrit colle au ruban d’asphalte :
« Il n’y a pas de silencieux sur les voitures mexicaines ; on écrase le klaxon allègrement, en permanence. ‘Yee ! s’écrie Neal, faites gaffe !’ Il balance la voiture dans la circulation, en jouant avec tout le monde. Il conduit comme un Indien. Il s’engage sur le rond-point de la Réforme, ses huit rayons nous crachent leurs voitures de tous les côtés, à gauche, à droite, en face, il braille, il saute, il se tient plus de joie. ‘Ça c’est la circulation dont j’ai toujours rêvé, les gens ROULENT, ici !’ »
Dès sa parution en 1957, On the Road devient la bible de la Beat Generation, la « génération foutue », dans l’argot du jazz. Avec ses amis Allen Ginsberg, apôtre du Flower power, et William Burroughs, auteur du scandaleux Festin nu et futur collaborateur de Kurt Cobain du groupe Nirvana, Jack Kerouac est aussitôt reconnu comme la tête de file des beatniks, qu’il définit comme « un groupe d’enfants sur la route qui parlent de la fin du monde. »
Sa route à lui, Kerouac ne cessera jamais de la chercher : entre deux descentes dans l’alcool et la came, quelques détours par la méditation zen et l’art du haïku, courts poèmes japonais, il rend hommage dans Les Clochards célestes, à Arthur Rimbaud, son guide, son héros, qui prônait déjà le « dérèglement de tous les sens ».
À quarante-sept ans, au bout du rouleau et du ruban de téléscripteur, il lègue sa soif de liberté et de grands espaces, son mal-être et sa déglingue, aux générations futures des hippies et à tous les fans des road movies, des Doors, du rock punk ou grunge ou de la mode destroy…
À côté de la cabane où il méditait, Munefusa Matsuo, ermite japonais du 16e siècle, regardait pousser le bananier qu’un de ses disciples avait planté là. C’est tout naturellement et non sans une pointe de dérision que ce maître dans l’art du haïku – ces micro-poèmes en trois vers qui saluent les petites joies des saisons et de la vie quotidienne avec un mélange d’humour et d’abandon intérieur qui en font une école de vie – prend pour nom Bashô, « bananier » en japonais.
À 40 ans, son ermitage détruit par un incendie, il part sur les routes du Japon d’alors, pour se reconstruire lui-même au fil des chemins. Ce qu’il faut, dit-il à ses disciples, c’est « de son propre cœur faire un haïku ».
Son premier voyage le conduit dans sa région natale, les trois suivants dans les lieux « classiques » du Japon lettré et le plus long enfin – 2 340 km, à pied – jusque dans l’extrême nord du pays, alors encore à demi sauvage, qu’il raconte dans La Sente étroite du Bout-du-monde, le plus beau de ses carnets de route émaillés de poèmes cueillis au bord des sentiers.
La veille de sa mort, après dix ans de pérégrinations inspirées, il écrit, entouré de quelques compagnons, ce dernier poème :
Malade en chemin,
en rêve j’arpente toujours
la lande fanée.
Quelques pas en compagnie du moine « Bananier » :
« Parti pour un voyage de mille lieues, sans m’encombrer de provisions de route, […] à la huitième lune d’automne je laisse mon logis en ruines ; au bord de la rivière, il souffle un vent frisquet.
Dussent mes os blanchir,
jusqu’au cœur même cette brise
souffle dans mon corps.
Il pleut le jour où je passe la frontière, les montagnes se cachent dans les nuées.
Brouillard et bruine
ont beau voiler le mont Fuji,
la belle journée !
Je vais prier au monastère de Taema sur le mont Futagami. On y voit dans le jardin un pin vieux de mille ans sans doute, assez gros pour cacher un bœuf. Bien qu’inanimé, les bouddhas ont épargné à cet hôte la hache des bûcherons.
Moines ou volubilis,
combien en a-t-il vu mourir,
le pin de la Loi ?
Mes sandales de marche posées d’un côté et mon bâton de l’autre, l’année s’achève mais le voyage continue.
L’année finit pour moi
le chapeau toujours sur la tête
et les sandales aux pieds. »
En 1726, le révérend Jonathan Swift, doyen de la paroisse St Patrick à Dublin, mais aussi satiriste grinçant quand il songe au sort de son peuple d’Irlande, publie les récits du chirurgien de marine Lemuel Gulliver sur ses voyages en diverses contrées lointaines : l’île de Lilliput, au sud-ouest de Sumatra, où les habitants ne mesurent pas plus de six pouces, celle de Brobdingnag, dans le Pacifique, peuplée par des géants hauts comme des clochers, l’île volante de Laputa, dirigée par des intellectuels maniaques, le pays des Struldbrugs, immortels et misérables, et la terre des Houyhnhnms, gouvernée par des chevaux sages et vertueux (leur nom évoque un hennissement) qui ont domestiqué les Yahoos, humains dégénérés.
À première vue, c’est le plus merveilleux des livres de voyage, émaillé d’images devenues mythiques : Gulliver enchaîné par la foule des nains sur la plage de Lilliput, transformé en poupée par la jeune géante de Brobdingnag, ahuri face aux savants fous de Laputa, fuyant le désir des ignobles femelles Yahoo auprès de son maître cheval…
Mais, grattant la surface, on trouve rapidement une critique acerbe de la société anglaise et de ses institutions : sa cour ridicule et pusillanime, ses querelles théologiques sur des questions idiotes – faut-il casser l’œuf par le gros bout ou le petit ? –, ses assauts d’élégance sur fond de misère sociale, sa Bourse aux mains d’affairistes sans scrupule… Les changements d’échelle de tous ces mondes, notamment, se lisent en rapport avec les aléas de la bulle spéculative de la Compagnie des Mers du sud, qui ruina Swift et tant d’autres épargnants.
Proches des Lettres persanes de Montesquieu et des contes fantastiques de Voltaire, mais aussi des voyages dans le temps de H. G. Wells et de certaines inventions de Jules Verne, les Voyages de Gulliver, souvent imités depuis trois siècles mais jamais égalés, restent une lecture d’actualité !
Le philosophe Karl Gottlob Schelle, ami de Kant et comme lui adepte de la promenade, publie en 1802 L’art de se promener. Bien au delà du simple mouvement physique, la promenade s’y déploie comme un exercice esthétique. Par le jeu du corps, elle met en branle les mécanismes de l’esprit, menant à une expérience intellectuelle, mais sans fatigue ni contrainte. Nul besoin de se forcer à observer ou réfléchir, juste « planer au-dessus des choses, être réceptif et ouvert ».
La promenade selon Schelle n’est pas seulement solitaire à la façon de Rousseau : puisant dans les écrits de Friedrich Schulz sur la vie des Parisiens et leurs promenades dans les jardins des Tuileries, le Luxembourg, le Palais Royal ou sur les grands boulevards de la rive droite, Schelle présente un idéal de la promenade qui mêle la sensibilité pour la nature et l’intérêt pour la vie en société. « Un art de la promenade présente de l’intérêt pour toutes les personnes cultivées qui ont à cœur de flâner, l’esprit et les sens en éveil, aussi bien dans la nature que dans les lieux fréquentés, afin de jouir pleinement de la nature et de la société durant leurs promenades ; tout comme l’art de vivre devrait être pour chaque individu un objet d’attention, au sens plein du terme, si la vie est pour lui un simple jeu. »
Dix conseils pour les flâneurs avisés :
Si l’on considère la personne, la première condition nécessaire à la promenade est l’ingénuité du cœur. Il est impossible de flâner avec un cœur alourdi par les soucis ou une âme chagrine.
Il convient surtout que le mouvement du corps ne soit pas trop précipité durant les promenades.
Jamais on ne devrait partir en promenade au sortir de la table.
On ne devrait pas se promener à cheval ou en voiture immédiatement après un repas.
Le meilleur moment pour se promener, chose bien connue, c’est à midi, juste avant de se mettre à table.
Le plus avantageux pour le corps et l’esprit, ce sont les promenades de bon matin en été, si elles ne fatiguaient pas tant.
Se promener quand il y a du vent, qu’il soit fort ou faible, nous permet de ressentir le charme d’une vie ainsi agitée.
8. Le calme et le mouvement dans la nature peuvent être également bienvenus pour le promeneur, suivant l’état de son âme.
Se promener loin des sentiers battus entretient la connaissance de la nature.
S’il ne veut pas prendre le risque de la solitude malgré l’animation qui règne dans les allées (des promenades publiques), le promeneur doit éviter de marcher seul.
Je deviens pas à pas le chemin que je suisAB
Chaque printemps depuis 1990, le festival « Étonnants voyageurs » accueille à Saint-Malo, patrie de tant d’aventuriers des mers, les écrivains-voyageurs du monde entier, « petits-enfants de Stevenson et de Conrad. » Chacun d’entre eux mériterait sa place dans ce petit livre – qui, même gros, n’y suffirait pas, car ils sont désormais des milliers. Si, d’entre eux tous, il faut en retenir un seul, alors c’est parce qu’il a su parler pour tous les autres…
« Il existe tant de façons de voyager – plus en tout cas que de couleurs dans l’arc-en-ciel – que pour les dénombrer, mes doigts suffisent à peine. Éliminons d’emblée un certain nombre de voyages : le voyage d’affaires (celui du représentant), le voyage d’amour (limité à deux et le plus souvent à Venise), le voyage civil forcé (l’exilé, le déplacé, le déporté), le voyage militaire forcé (guerre), le voyage d’aventure (l’explorateur), le voyage d’agrément (tourisme), le voyage clandestin (espionnage), le voyage scientifique (archéologue, géologue, ethnologue), le voyage militant (tournées électorales à l’île de la Réunion par exemple), le voyage missionnaire (prêtres et pèlerinages). À quoi il convient d’ajouter le voyage du diplomate et celui de l’enseignant ou technicien en poste à l’étranger, qui tiennent, selon des proportions variables pour chacun, du voyage d’affaires, du voyage officiel et du voyage missionnaire.
Lequel ai-je pratiqué de ces voyages ? Aucun. Il y a longtemps que j’ai opté pour le seul qui vaille, le treizième voyage. En quoi consiste-t-il ? Il se situe exactement à l’opposé du voyage-éclair. Mais comme il n’existe pas en français un terme unique pour désigner un « déplacement de longue durée à caractère non orageux », je le nommerai: voyage au ralenti, flânerie, musardise. Il consiste à visiter le plus lentement possible êtres et choses, à fréquenter patiemment leur histoire, s’immiscer posément dans leur vie intime. Voyage d’apprentissage donc, philosophique en somme : devenir apprenti d’Ailleurs, compagnon du Lointain, au sens où l’on entendait compagnon au siècle dernier, celui qui parcourait chemins et villes pour connaître un pays et acquérir en même temps une formation professionnelle. Ainsi ai-je fait pour ma part des années durant pour apprendre l’Ailleurs et me rapprocher du Lointain : j’ai parcouru la Grèce, l’Égypte, le Proche-Orient, la Tunisie et le Maroc, avec pour compagne et pour Mère, la Méditerranée.
Le but alors d’un tel voyage ? Aucun, si ce n’est de perdre son temps le plus fréquemment, le plus substantiellement possible. Se vider, se dénuder et, une fois vide et nu, s’emplir de saveurs et de savoirs nouveaux. Se sentir proche des Lointains et consanguin des Différents. Se sentir chez soi dans la coquille des autres. Comme un bernard-l’hermite. Mais un bernard-l’hermite planétaire. Ainsi pourrait-on définir l’écrivain-voyageur : “crustacé parlant dont l’esprit, dépourvu de carapace identitaire, se sent spontanément chez lui dans la culture des autres.” Oui, pensons bien au bernard-l’hermite. À ce symbole de liberté dans la jungle du fond des mers. À son indifférence à toute carapace originelle et à tout habitat permanent. À sa façon d’être chez lui dans la première coquille venue. De s’approprier en somme le squelette et l’histoire des autres.
L’écrivain-voyageur, lui, ne s’approprie rien, si ce n’est éventuellement le langage des autres, en comprenant et apprenant leur langue. Pour pouvoir dire à lui seul et à deux voix le grand poème du monde. »
Lao Tseu
Un voyage, fût-il de mille lieues, débute sous la semelle de ta chaussure.
Marquis de Vauvenargues
L’univers est un livre dont on n’a lu que la première page quand on n’a vu que son pays.
Michel de Montaigne
Je réponds ordinairement à ceux qui demandent la raison de mes voyages : que je sais ce que je fuis, mais non ce que je cherche.
Paul Morand
On voyage pour regarder, pour entendre, pour oublier, pour ne plus voir.
John Steinbeck
Le voyage est comme le mariage : l’erreur première est de croire qu’on peut le gouverner.
Alphonse de Lamartine
Ouvrons le livre des livres, vivons, voyageons ; le monde est un livre dont chaque pas nous tourne une page.
Bruce Chatwin
Le vrai domicile de l’homme n’est pas une maison mais la route, et la vie elle-même est un voyage à faire à pied.
Paul Morand
Voyager, c’est demander d’un coup à la distance ce que le temps ne pourrait nous donner que peu à peu.
Arthur Rimbaud
La vraie vie est ailleurs.
Ella Maillart
Une seule chose compte : c’est l’engrenage magnifique qui s’appelle le monde.
En 1298, dans la prison du Bagno à Gênes, un Vénitien, fait prisonnier lors d’une escarmouche avec la cité voisine, dicte à un codétenu nommé Rustichello le récit de ses souvenirs… Mais autant la cellule est étroite, autant le titre du livre convoque l’immensité : Le Devisement (description) du monde.
C’est que ce prisonnier se nomme Marco Polo, et ce monde, il l’a en effet parcouru de long en large entre l’âge de dix-sept et quarante et un ans, traversant le cœur de l’Asie, servant pendant seize ans le grand Koubilaï, empereur de Chine, puis regagnant l’Europe par mer via Sumatra et l’Inde comme accompagnateur d’une princesse mongole.
Il n’est certes pas le premier occidental à découvrir les routes d’Asie : émissaires du Saint-Siège ou des rois de France, simples civils captifs des Mongols, mercenaires ou aventuriers – sans parler de son propre père Nicolo et de son oncle Mafeo, deux commerçants partis de Constantinople et dont c’est déjà le second voyage là-bas –, plus d’un, tout au long du Moyen Âge, a suivi les mêmes chemins, et quelques-uns ont même raconté leur périple.
Mais alors que ces voyageurs se contentent de livrer une liste de villes-étapes, quelques données stratégiques ou le portrait des princes du moment, Marco Polo, sous ses dehors d’envoyé officiel du pape Grégoire X et de pionnier de la chrétienté, n’oublie jamais, prenant la plume, celui qu’il est vraiment : un jeune homme curieux de tout, un conteur plein de verve et, davantage encore, un marchand vénitien, expert à flairer la bonne affaire.
Son récit devient un tourbillon de couleurs, une cohue de peuples et un vaste étal de marché, où les mœurs de chaque contrée, les productions locales et les détails pittoresques brossent un tableau vivant et fourmillant de réalisme. Le voyage au bout du monde n’est sans doute pas né avec Polo – mais bien le goût âpre ou fruité de l’exotisme.
S’il fait son miel des rumeurs fabuleuses qui courent à l’époque sur les contrées d’Orient, comme les hommes à tête de chien des îles Nicobar ou l’oiseau Rok qui emporte des vaisseaux tout entiers dans l’océan Indien, rien n’est plus merveilleux sous sa plume que ses observations sur le vif, fidèles celles-là, mais que l’on prend souvent pour… des fables. Ainsi chacun est prêt à admettre – puisque tous les récits de voyageurs concordent sur ce point – l’existence d’hommes cynocéphales, mais comment croire que les Chinois se chauffent en brûlant des pierres noires, puisque nul autre n’en parle ? De même ces chiffres ahurissants que Polo se plaît à consigner : autant de milliers de lieues d’ici à là, autant de millions de gens dans la capitale du grand khan, etc. On s’en moquera jusqu’à le surnommer « Messire Million »… alors qu’ils sont véridiques !
Polo n’est ni savant ni diplomate ni conquérant. Mais avec lui le récit de voyage devient une expérience partagée.
Ayant atteint l’âge d’homme, Jason, le fils du roi détrôné de Iolcos en Thessalie (nord-est de la Grèce), vient réclamer à son oncle félon Pélias sa part de royauté. En chemin, il a perdu une de ses sandales. Or un oracle a averti Pélias de « prendre garde à l’homme qui n’a qu’une seule sandale ». Ainsi mis en garde, le roi promet à son neveu qu’il accèdera à sa demande si Jason lui ramène de Colchide la fameuse Toison d’or, talisman de puissance et d’immortalité. C’est le début de l’expédition légendaire des Argonautes qui, depuis la mythologie grecque, ne cessent de nous faire rêver.
Loin de se laisser démonter, Jason fait construire, avec l’aide des déesses Héra et Athéna, une nef baptisée Argo, « la blanche », et enrôle les plus valeureux aventuriers de ces temps héroïques : Hercule, Orphée, Thésée et bien d’autres deviennent les Argonautes de la légende.
Après un voyage semé d’embûches, Jason atteint la Colchide et dérobe la Toison d’or avec l’aide de la magicienne Médée, fille du roi, tombée amoureuse de lui. Pour protéger sa fuite et celle de son amant, celle-ci n’hésite pas à égorger son propre frère et semer ses membres sur la route afin de ralentir leurs poursuivants.
