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Ce fut dans les eaux de Tauroentum que se livra le combat naval entre la flotte de César, commandée par Decimus Brutus, et la flotte de Marseille. Les Marseillais combattirent en héros avec la volonté de vaincre ou de mourir, et, sans le lâche abandon de Nasiditis qui s'enfuit avec sa flotte restée intacte, la victoire eut couronné leur bravoure. Pendant la lutte, deux trirèmes marseillaises, avisant la galère amirale romaine montée par Brutus, l'attaquèrent des deux côtés à force de rames; Brutus, serré de près, échappa à leur choc avec une telle adresse que les deux trirèmes se heurtèrent violemment et furent coulées bas par quelques vaisseaux ennemis. À la Suite de ce combat, la ville de Tauroentum fut prise par Brutus et réunie à la colonie d'Arles…
L'origine de Tauroentum est fort ancienne. Des Phocéens montés sur un navire qui avait été séparé de la flotte, abordèrent sur cette plage et y fondèrent une ville ou bourg ainsi appelé à cause d'un taureau sculpté sur la proue du navire.
Comment périt cette fille de Phocée? Abandonnée sans doute à la suite des invasions, elle aura été d'abord saccagée ; puis, minée sans cesse par les flots, la plus grande partie de ses monuments auront été engloutis par la mer, et le sable mouvant a recouvert ce que les barbares et les flots avaient respecté.
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Seitenzahl: 66
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Tauroentum en Provence : une ville disparue.
Tauroentum en Provence
une ville disparue.
Ce fut dans les eaux de Tauroentum que se livra le combat naval entre la flotte de César, commandée par Decimus Brutus, et la flotte de Marseille. Les Marseillais combattirent en héros avec la volonté de vaincre ou de mourir, et, sans le lâche abandon de Nasiditis qui s'enfuit avec sa flotte restée intacte, la victoire eut couronné leur bravoure. Pendant la lutte, deux trirèmes marseillaises, avisant la galère amirale romaine montée par Brutus, l'attaquèrent des deux côtés à force de rames; Brutus, serré de près, échappa à leur choc avec une telle adresse que les deux trirèmes se heurtèrent violemment et furent coulées bas par quelques vaisseaux ennemis. À la Suite de ce combat, la ville de Tauroentum fut prise par Brutus et réunie à la colonie d'Arles…
L'origine de Tauroentum est fort ancienne. Des Phocéens montés sur un navire qui avait été séparé de la flotte, abordèrent sur cette plage et y fondèrent une ville ou bourg ainsi appelé à cause d'un taureau sculpté sur la proue du navire.
Comment périt cette fille de Phocée? Abandonnée sans doute à la suite des invasions, elle aura été d'abord saccagée ; puis, minée sans cesse par les flots, la plus grande partie de ses monuments auront été engloutis par la mer, et le sable mouvant a recouvert ce que les barbares et les flots avaient respecté.
(cf À travers la Provence : impressions de voyage, descriptions pittoresques, histoires, légendes…)
Lorsque les ingénieurs étudièrent le tracé du chemin de fer qui devait relier le grand port commercial de la Méditerranée avec le premier arsenal maritime de la France, ils eurent tout d’abord la pensée fort naturelle de rapprocher autant que possible la nouvelle ligne de la mer. Quelle que soit en effet l’écrasante supériorité de Marseille et de Toulon sur tous les autres ports de Provence, ils ne sont pas les seuls dignes d’intérêt, et la voie en quelque sorte idéale eût été celle qui aurait suivi fidèlement tous les contours du rivage et aurait permis de desservir et par suite de développer les plus modestes stations du littoral.
Les navires accostant ainsi partout bord à quai et trouvant sur ces quais des appareils de transbordement tels qu’on en voit en Angleterre et des rails qui auraient facilité l’écoulement des marchandises vers l’intérieur du continent, telle eût été la solution parfaite non-seulement au point de vue commercial, mais encore au point de vue stratégique.
La configuration du sol, sans s’opposer d’une manière absolue à ce résultat, a conduit bien souvent à s’éloigner, de la mer d’une manière très regrettable, et la plupart des ports secondaires, Cassis, la Ciotat, Antibes, Nice, Menton, voient passer le chemin de fer au-dessus et en arrière d’eux, à flanc de coteau, et à une altitude telle qu’on ne peut espérer de longtemps la construction d’un embranchement maritime. Des accidents de terrain, insignifiants en apparence, ont déterminé ces déviations, et c’est ainsi qu’après la station de la Ciotat la voie, qui semblerait devoir se rapprocher de plus en plus du rivage et épouser le contour arrondi de la côte, s’en éloigne brusquement, passe au village de Saint-Cyr et délaisse un des meilleurs mouillages de la Provence.
Considéré dans son ensemble, le golfe de la Ciotat présente la figure d’une ellipse presque fermée. A peu près vers le milieu, une petite saillie rocheuse, le cap Saint-Louis, divise le golfe en deux segments un peu inégaux, et marque en même temps la limite des départements des Bouches-du-Rhône et du Var. La partie du golfe située à l’ouest, dans les eaux mêmes de la Ciotat, est la rade de Céreste ; celle qui est située à l’est a pris le nom d’un hameau plus que modeste, habité par quelques pêcheurs qui tirent le soir leurs embarcations sur la grève ou les amarrent à l’abri d’une petite jetée de construction récente ; c’est la baie des Lèques.
La plage des Lèques est demi-circulaire et de formation géologiquement moderne. Depuis le hameau jusqu’au château de Baumelles, c’est une succession de dunes sablonneuses et arides. Le développement de cet appareil littoral est de près de 2 kilomètres ; sa largeur varie de 1000 à 1500 mètres. Aucune végétation : le sol est mouvant, et sous l’action des vents du nord le sable apporté par les coups de mer se dessèche et chemine avec une très grande rapidité. On retrouve ici sur une petite échelle ce phénomène de déplacement des dunes qu’on observe en grand sur les côtes de Hollande, de Belgique, de Gascogne et sur tout le littoral du golfe de Lyon. Dans de pareilles conditions, il eût été difficile d’établir le chemin de fer d’une manière stable ; les remblais se seraient rapidement déformés, les tranchées auraient été comblées à la moindre bourrasque. On a dû rejeter la voie dans l’intérieur des terres pour l’asseoir sur un terrain solide ; et le petit golfe des Lèques, qui fut, il y a plus de deux mille ans, l’un des plus fréquentés de la Méditerranée gauloise, est aujourd’hui complètement abandonné par la vie moderne.
Presque tous les textes des historiens et des géographes classiques mentionnent l’existence, bien avant notre ère, d’une colonie grecque située entre Marseille et le cap Sicié qui commande la rade de Toulon. Les auteurs grecs la désignent tour à tour sous les noms de Tαύροις, Tαυρόέις, Tαυρέντιον, Tαυρέντιον ; les Romains, maîtres des Gaules, ont latinisé le mot et en ont fait indifféremment Taurentum, Taurentium, Tauroentum. Cette dernière dénomination a prévalu. Aujourd’hui encore, après plus de vingt siècles, la petite plage des Lèques et les vestiges de ruines qu’on y rencontre continuent à porter dans le pays le nom de Tarento. C’était en effet dans un enfoncement du rivage, au pied du rocher de Baumelles, que se trouvait le port ; à flanc de coteau étaient les maisons, au sommet se dressait l’acropole. La position exacte de l’ancien Tauroentum est indiquée d’une manière parfaitement nette dans deux documents qui sont deux bases fondamentales de la géographie historique des premiers siècles.
L’un, rédigé vers l’an 150 de Jésus Christ, est l’itinéraire maritime de l’empire, connu généralement sous le nom d’itinéraire d’Antoinn ; c’était en quelque sorte le livret officiel des stations obligées que devaient faire les navires de guerre et les courriers depuis le port d’Ostie à l’embouchure du Tibre jusqu’au port d’Arles dans l’estuaire du Rhône. On sait dans quelles conditions un peu primitives avait lieu la navigation romaine. Beaucoup moins hardis que les Phéniciens et les Grecs, que le goût des aventures et l’esprit d’entreprise poussèrent de très bonne heure vers des régions lointaines et inexplorées, les Romains ont toujours regardé la mer comme une ennemie redoutable ; guerriers incomparables sur terre, ils ne furent jamais que d’assez pauvres marins. La science ne les avait pas armés de cette triple cuirasse dont parle le poète, et qui permet d’affronter sans crainte l’immensité des flots ; pour eux la mer était le désert mystérieux, la nuit profonde, l’espace, l’inconnu. Ignorants d’ailleurs de la boussole, incapables de s’orienter pendant les nuits obscures, médiocres observateurs du cours des astres, ne disposant que de moyens de locomotion fort imparfaits, la voile et l’aviron, que la violence de la mer ou la direction du vent paralysaient souvent d’une manière complète, ne possédant que des nefs de constructions assez grossières et dont les qualités nautiques étaient très inférieures à celles des vaisseaux grecs, les Romains naviguaient toujours le long des côtes, sans perdre la terre de vue, voyageaient ainsi à petites journées et relâchaient tous les soirs dans un port désigné à l’avance et spécialement affecté à cet usage.
L’itinéraire maritime nous donne la liste de ces escales sur les côtes de l’Italie et de la Gaule ; le port de Tauroentum y est désigné entre la station d’Æmines, qui correspond à l’île des Embiez ou au mouillage du Brusq, et celle de Citharista
