12 jours - Michel Roche - E-Book

12 jours E-Book

Michel Roche

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Beschreibung

Championne et champion du monde de ski alpin. Elles et ils sont nombreux à souhaiter le devenir. Mais sur la ligne d'arrivée de cette course d'un jour, où tout peut arriver, où seules les médailles comptent, il y a très peu d'élus. Préfacé par Adrien Théaux, 12 Jours vous emmène d'abord dans l'hémisphère Sud, à Portillo au Chili, pour revivre la légendaire et inoubliable moisson de médailles tricolores de 1966. Michel Roche vous raconte ensuite avec passion12 instants magiques de victoires, enrichis avec des témoignages de championnes et champions de ski. De la "Slalom love story" de Mikaela Shiffrin au premier titre de Didier Cuche, de l'extraordinaire victoire de Marion Rolland sur la Planai de Schladming à la démonstration de Ted Ligety sur la Birds of Prey de Beaver Creek, vous allez vivre ou revivre, dans chacune des disciplines du ski alpin, 12 histoires de jours en or.

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Seitenzahl: 158

Veröffentlichungsjahr: 2022

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« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »

Mark Twain

Pour tous les jeunes dans nos nombreux clubs de ski qui rêvent de devenir un jour champion.

Starting List

AVANT-PROPOS

PREFACE

Adrien Théaux

LE JOUR D‘AVANT

Portillo 1966 - Légendaire et inoubliable

COMBINE ALPIN

JOUR 1

Pernilla Wiberg - Une seconde manche d’anthologie

JOUR 2

Alexis Pinturault – Un accomplissement en or

SUPER-G

JOUR 3

Anna Fenninger – Apothéose sur la Raptor

JOUR 4

Didier Cuche – Imbattable sur la Face de l’extrême

DESCENTE

JOUR 5

Marion Rolland – Une journée sur le toit du monde

JOUR 6

Erik Guay – Dans son jardin de Garmisch

PARALLELE

JOUR 7

Marta Bassino, Katharina Liensberger et Mathieu Faivre - La toute première fois

JOUR 8

Equipe de France – Une Saint Valentin en or

GEANT

JOUR 9

Tessa Worley – Sur un nuage

JOUR 10

Ted Ligety – Mister GS

SLALOM

JOUR 11

Mikaela Shiffrin - Slalom Love Story

JOUR 12

Jean-Baptiste Grange – Comme dans un rêve

LE JOUR D‘APRES

2023, 2025 et 2027

PODIUM MEDIATIQUE

Avec Edward Jay

Avant-propos

La première fois que je me suis intéressé à des Championnats du monde de ski alpin remonte à très loin. Des champions comme Hermann Maier, Deborah Campagnoni, Bode Miller ou encore Tina Maze n’étaient pas encore nés !

Deux raisons avaient guidé mon attention. D’abord, parce qu’il est, somme toute, assez rare de se passionner pour des courses de ski alpin en plein mois d’août. Même si cet été-là en Savoie, la météo n’avait rien d’estival.

A mi-juillet, il neigeait en effet dans pratiquement toutes les stations de sports d’hiver et en plaine les températures avaient du mal à dépasser les 15 degrés !

Ensuite parce que, jour après jour, arrivaient de l’autre bout du monde de très bonnes nouvelles pour le ski français.

A l’heure où dans les campagnes françaises on s’apprêtait à démarrer la moisson, celle des médailles des skieurs tricolores en 1966 à Portillo au Chili dépassait les espérances des pronostiqueurs les plus optimistes.

Tout cela peut vous paraître bien lointain. Pourtant, il faut encore remonter près de 35 ans avant Portillo pour trouver l’origine de cette compétition internationale.

C’est en effet à l’Anglais Arnold Lunn que l’on doit l’idée d’organiser, sous l’égide de la Fédération Internationale de Ski, une première édition des Championnats du monde de ski alpin.

C’est en 1931 que se déroule le premier Mondial dans l’histoire du ski alpin dans la station suisse de Mürren, avec deux courses, une descente et un slalom.

Dès l’année suivante, une nouvelle épreuve appelée le combiné, destinée à inciter les athlètes à être polyvalents, est inscrite au programme.

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les Championnats du monde ont lieu chaque année. Jusqu’en 1939, ils porteront le nom de championnats internationaux de la FIS (Fédération Internationale de Ski).

Après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’en 1985, les Championnats du monde se déroulent tous les deux ans, les années paires. De 1948 à 1980, les Jeux Olympiques font office de Championnats du monde, le champion olympique étant alors considéré également comme le champion du monde.

C’est en 1950 qu’un slalom géant est couru pour la première fois dans des Mondiaux, à Aspen aux Etats-Unis. Depuis 1985, les Championnats du monde se déroulent toujours tous les deux ans, mais désormais les années impaires.

Une nouvelle discipline de vitesse, le Super-G, intègre le programme des Mondiaux en 1987 à Crans Montana.

De nouvelles épreuves de slalom parallèle viennent également enrichir les Championnats du monde avec une course par équipe, à partir de 2015 à Vail-Beaver Creek, et en individuel plus récemment, en 2021 à Cortina d’Ampezzo.

Les Mondiaux se différencient singulièrement du circuit Coupe du monde, constitué par plus d’une vingtaine d’étapes distinctes pour les hommes et les femmes.

Ils réunissent en effet en un seul lieu environ 600 skieurs alpins masculins et féminins venus de près de 75 pays, qui s’affrontent pendant 12 jours d’épreuves.

Tous ces Mondiaux se sont déroulés dans les plus grandes stations de ski de la planète. Très souvent en Europe, un peu moins souvent sur le continent nord-américain (Etats-Unis et Canada), deux fois en Asie (Japon) et une seule fois en Amérique du Sud (Chili).

Ils ne se sont tenus qu’à trois occasions en France : à Chamonix en 1937 et 1962, et à Val d’Isère en 2009. Après 14 années d’absence, ils seront de retour dans les Alpes françaises.

Du 6 au 19 février 2023, le monde du ski aura en effet le regard tourné vers les pistes de ski savoyardes de Courchevel et Méribel.

De superbes courses disputées dans 6 disciplines tiendront en haleine jusqu’à 20 000 spectateurs chaque jour et 500 millions de téléspectateurs sur la durée de l’événement.

Plusieurs de ces compétitions auront lieu sur le versant opposé à mon village savoyard de cœur, Montagny, sur une piste difficile, rapide et engagée. Dénommée l’Eclipse, elle a été testée pour la première fois lors des Finales de Coupe du monde 2022.

C’est durant l’été 2020 au cours d’une randonnée menée sur son tracé, qui démarre du Col de la Loze pour s’achever au charmant village du Praz, que m’est venue l’idée d’écrire ce livre sur les Championnats du monde de ski alpin.

Au fil de ces pages, vous allez découvrir ou redécouvrir 12 histoires de skieuses et skieurs qui ont merveilleusement réussi cette course d’un jour.

Avec 46 éditions des Mondiaux depuis 1931, le choix de celles et ceux qui font partie de ce livre 12 jours n’a pas été facile.

Bon nombre de championnes et champions méritaient en effet d’y figurer au regard de la formidable trace qu’ils ont laissée dans l’histoire des Championnats du monde.

Ce livre débute avec le regard d’Adrien Théaux. Le récit de ses 7 participations (2007 à 2019) à des Championnats du monde permet de mesurer pleinement combien cette compétition internationale est particulière et unique en son genre.

Il se poursuit avec ce que j’ai appelé le jour d’avant. La fabuleuse campagne chilienne du ski français de 1966 ne pouvait pas ne pas être racontée ici.

Rendez-vous compte : chaque fois qu’un skieur français s’est élancé dans le portillon de départ à Portillo, c’était quasiment une médaille sur la ligne d’arrivée !

Je vous invite ensuite à vous élancer dans la lecture de 12 histoires de jours en or dans chacune des disciplines inscrites au programme des Mondiaux.

12 moments inoubliables pour ces championnes et champions et pour les nombreux fans de ski venus les encourager, qui resteront gravés à jamais dans l’histoire du ski alpin mondial.

Michel Roche

Préface

Depuis toujours, le ski alpin est ma passion. Dès l’âge de 8 ans et de mes premières compétitions, mon rêve était de devenir un champion. Franck Piccard et Luc Alphand étaient mes idoles. Je suivais leurs exploits. Cela m’a donné envie de disputer des Championnats du monde.

De 2007 à 2019, j’ai eu l’honneur de participer à sept d’entre eux. De Åre à Beaver Creek, de Val d’Isère à Schladming en passant par Garmisch et Saint-Moritz, j’ai pu mesurer combien cette compétition internationale est particulière et unique en son genre.

C’est la course d’un jour où tout peut arriver. C’est la course d’une vie qui peut profondément changer votre existence. Contrairement à certains sports, telle la Formule 1 où tout se dispute sur une saison, en ski alpin, nous jouons le titre en moins de deux minutes !

Le stress peut alors vous envahir, la pression grandir, l’inattendu surgir à chaque seconde, la blessure vous anéantir, l’émotion vous submerger.

Quelques exemples marquants me reviennent en mémoire.

A Åre en 2007, pour ma première participation à des Mondiaux, j’hérite du dossard 1 en Super-G. Tout sauf un cadeau ! Pendant 3 jours, attentes et reports se sont succédés. Une vraie expérience de gestion du stress et quelques nuits compliquées.

Apprenant ! ! !

Deux ans plus tard à Val d’Isère, quel bonheur de me retrouver au sommet de la Face de Bellevarde. Une piste aussi incroyable et magique que sélective. Je signe une très belle 5e place sur cette descente.

Un moment qui restera inoubliable, partagé avec ma famille, mes amis, mon fan-club et le public français. C’est le Canadien John Kucera, jamais monté sur la boîte auparavant, qui rafle la médaille d’or.

Bluffant ! ! !

A Garmisch en 2011, sur la mythique Kandahar comme habituellement dans l’ombre, je suis champion du monde... de l’entraînement !

Mais le jour de la descente, mes Mondiaux se terminent dans les filets après 15 secondes de course, en raison de la perte d’un ski. Une blessure à la hanche en prime.

Rageant ! ! !

Schladming 2013 voit David Poisson, en pleine confiance, signer une fantastique troisième place sur la descente. L’équipe de France remet ainsi le pied sur le podium d’une descente des Mondiaux, 17 ans après Luc Alphand en Sierra Nevada.

La cérémonie des médailles restera à jamais gravée dans ma mémoire. Quel moment fabuleux, Caillou nous manque tellement.

Etincelant ! ! !

En 2015, à Beaver Creek, j’arrive avec de nouveaux skis et la ferme intention de me hisser sur le podium. Au départ du Super-G, je suis un peu stressé. Je vis alors un instant inexpliquable. Kjetil Jansrud vient me taper dans la main, geste qu’il n’avait jamais fait auparavant !

Plus tard, dans l’aire d’arrivée de la Birds of Prey, je m‘assois sur le fauteuil de leader avec mon dossard 15. Débute alors une très longue attente. Me voilà deuxième, puis troisième…

Heureusement la série s’arrête là. Je réalise enfin l’un de mes rêves d’enfant : ma première médaille mondiale. Une grande fierté.

Exaltant ! ! !

A Saint-Moritz en 2017, les résultats n’ont pas été au rendez-vous des attentes de notre groupe de descendeurs. Et encore moins des miennes. Je n’ai pas su trouver de solutions techniques et matérielles pour performer sur cette neige agressive.

Le réveil est arrivé, un peu tard malheureusement, avec ma 2e place dans la descente du Super Combiné. Mais au final, je termine 9e après un slalom disputé dans des conditions d’un challenge des moniteurs.

Attristant ! ! !

En 2019, les Mondiaux sont de retour à Åre en Suède. Je fais un très bon Super-G avec une 5e place. La descente qui suivra sera un véritable cauchemar. Neige et mauvais temps sont au rendez-vous.

Hannes Reichelt, dossard 1, ne se présente pas au tirage au sort afin d’être « sanctionné » d’un dossard plus élevé. Dossard 2, je suis donc le premier à m’élancer. Perdu d’avance, je fais le chasse neige. Jamais cette course n’aurait dû se dérouler.

Navrant ! ! !

En janvier 2020, je me blesse à l’entraînement. Ma saison est terminée. Les mois qui suivent sont marqués par de longues séquences de réathlétisation. Malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à retrouver le niveau suffisant pour espérer me qualifier pour les Mondiaux de Cortina d’Ampezzo en 2021.

Décevant ! ! !

Ainsi, ces quelques anecdotes vous montrent que tout peut arriver lors de Championnats du monde.

Avant de vous élancer dans la lecture de 12 belles histoires de médailles d’or choisies par Michel Roche dans ce livre, je veux vous dire combien la performance d’un skieur de haut niveau est aussi celle de l’équipe qui l‘entoure.

Celle des coachs, des techniciens ski, des préparateurs physique et mental, des médecins, kinés… C’est toute une équipe qui rend la performance possible en ski alpin. Les médailles en deviennent alors encore plus belles avec de grands moments de célébrations et de joies.

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis hélas de nouveau blessé. Pour autant, mon rêve de Championnats du monde n’est pas encore éteint. Même si je suis lucide sur le long chemin à parcourir pour revenir au plus haut niveau.

Avec la perspective de Courchevel-Méribel 2023 en ligne de mire...

Adrien Théaux

LE JOUR D’AVANTInoubliable et légendaire

Portillo, Août 1966

Lorsque le vol Air France se pose en ce matin de juillet 1966 sur l’aéroport de Santiago du Chili, les visages des athlètes de l’équipe de France de ski alpin sont souriants et ce, malgré le long voyage qu’ils viennent d’effectuer.

C’est la première fois que des Championnats du monde sont organisés dans l’hémisphère Sud. Du 5 au 14 août 1966, la station de sports d'hiver de la cordillère des Andes, Portillo, accueille l’élite mondiale du ski alpin à 2 870 mètres d'altitude sur les bords de la Laguna del Inca.

Riche de grands talents, l’équipe de France arrive au Chili très bien préparée. Sous l’impulsion d’Honoré Bonnet, Directeur de l’équipe de France, une préparation très équilibrée entre physique, technique et psychologie a été mise en place.

L’entraînement des athlètes a été très intense à partir d’avril, que ce soit au niveau physique à Briancon ou à ski, sur les glaciers de l’Alpe d’Huez et Val d’Isère.

Se rajoutent à cette préparation des séances quotidiennes de yoga pour soigner la concentration.

L’esprit d’équipe a aussi été travaillé. Garçons et filles ont passé beaucoup de temps ensemble dans les stages en France, puis à Santiago du Chili pour s’habituer au décalage horaire, et enfin à Farellones, une station voisine de Portillo.

« J’avais 16 ans et je découvrais tout. Il y avait beaucoup d’enthousiasme, d’énergie, et également de l’humour au sein du groupe », se souvient Florence Steurer.

L’équipe de France apporte dans ses bagages quelques nouveautés sur la neige chilienne. A l’occasion de leur défilé lors de la cérémonie d’ouverture, les tricolores créent la surprise en dévoilant au monde entier une nouvelle combinaison une pièce.

A la demande d’Honoré Bonnet, Léo Lacroix a contribué, au printemps 1966, à sa conception avec les équipes Fusalp. « Monsieur Bonnet m’a envoyé avec Rossat-Mignot faire des essais en soufflerie au Centre National d’études et de recherches aérospatiales de Meudon. C’est là qu’on s’est rendu compte que nos anoraks flottaient et nous faisaient perdre de la vitesse », explique Léo Lacroix.

Pour la première fois également, l’équipe de France dispose de deux préparateurs de skis, envoyés par les marques Dynamic et Rossignol. Michel Arpin a fait le déplacement pour s’occuper des skis Dynamic, et notamment ceux de Jean-Claude Killy.

Les équipes nationales sont logées dans l’hôtel Portillo, véritable paquebot de 400 mètres de long, que de nombreux athlètes connaissent déjà.

Lors des pré-mondiaux organisés l'année précédente, certains d’entre eux n’avaient pas quitté l’hôtel en raison d’une météo exécrable.

Jean-Claude Killy, Léo Lacroix, Marielle Goitschel et Madeleine Bochatay, qui avaient fait le choix à ce moment-là d’une tournée en Australie et en Nouvelle Zélande, n’auront aucun regret.

A Portillo, les filles logent dans un grand chalet rond installé en face de l’hôtel. Dans une chambre très spartiate équipée avec 4 lits superposés, on retrouve Marielle Goitschel, Annie Famose, Christine Béranger et Florence Steurer.

L’ambiance dans le groupe est entretenue par Marielle qui n’hésite pas un seul instant à chambrer ses voisines et concurrentes. « Marielle avait mis un message sur notre porte « Ici dort la meilleure équipe du monde ». Les Autrichiennes, qui logeaient quelques chambres plus loin, arrachaient régulièrement ce message que Marielle réinstallait à chaque fois », raconte en souriant Florence Steurer.

Les filles ouvrent le bal

Après plusieurs jours d’entraînement, il est grand temps que la compétition démarre. C’est chose faite le 5 août avec le slalom dames. Tracé sur la piste Garganta par l'entraîneur de l'équipe féminine autrichienne Hermann Gamon, le départ du slalom est donné sous un grand ciel bleu et par une température de -15°C.

Les Françaises vont devoir compter avec la Canadienne Nancy Green, les Américaines Wendy Allen et Penny McCoy et les Autrichiennes Christl Haas, Trandl Hecher et Grete Digruber.

Dès le dossard 4, on rentre dans le vif du sujet. Avec son style rythmé et très beau à regarder, Nancy Green négocie parfaitement le passage des portes. Pour sa première participation à des Championnats du monde, elle signe le meilleur temps provisoire.

Annie Famose s’élance juste derrière elle. Depuis son arrivée à Portillo, la jeune Pyrénéenne a réalisé les meilleurs chronos aux entraînements. Elle attaque avec conviction chacune des portes avec juste ce qu’il faut comme risques. C’est du bon ski, même si ses virages sont un peu marqués. Annie Famose réussit le 2e chrono à 38 centièmes de la Canadienne.

Avec son dossard 9, Marielle Goitschel est indéniablement l’une des grandes favorites. La saison précédente, elle a dominé la discipline du slalom. « Dans toutes les grandes occasions, même lorsqu’elle n’est pas en grande forme, la rage de vaincre de Marielle lui permet de se détacher très nettement », rappelle Jean Béranger, entraîneur du groupe dames, dans les colonnes de L’Equipe.

Dès le départ, elle aborde les portes avec beaucoup d’assurance. Mais c’est insuffisant : elle réalise le troisième temps à 1 seconde de Nancy Green.

Chez les Autrichiennes, la déception est grande. Le tracé de leur entraîneur ne les a guère favorisées puisque la meilleure d’entre elles est douzième !

Les départs sont inversés en deuxième manche. Marielle Goitschel est en piste. Son ski est beaucoup plus engagé qu’en première manche. Elle semble accélérer jalon après jalon. Quand elle coupe la ligne, la skieuse de Val d’Isère prend la tête. Elle ne le sait pas encore, mais elle va signer le meilleur chrono de la manche.

Dans le portillon de départ, Annie Famose est tout sourire et incroyablement décontractée. Comme si elle connaissait déjà la partition à jouer dans cette ultime manche. Elle s’élance avec une grande détermination, franchit les portes au plus près, tout en prenant appui sur ses bâtons. A l’arrivée, malgré un retard de 13 centièmes par rapport à Marielle Goitschel, Annie Famose prend la tête du slalom avec une avance de 47 centièmes au total des deux manches.

Reste à attendre le passage de Nancy Greene. La Canadienne doit attaquer et prendre des risques si elle veut conserver sa première place. Son départ est très rapide mais à la 11e porte, elle chute. Elle se relève très vite mais toutes ses chances viennent de s’envoler. Greene se classe à une décevante 9e place.

Dans ce second run, Penny McCoy, une étudiante américaine de 16 ans, réussit une très belle remontée. Septième en première manche, elle prend la troisième place de ce slalom.

Annie Famose est championne du monde de slalom. Sur le podium, toute souriante, elle reçoit des mains de Marc Hodler, Président de la FIS, la première médaille d’or de ces Mondiaux. A ses côtés, Marielle Goitschel reçoit la médaille d’argent. Christine Béranger est 6e et Florence Steurer, déçue de sa course, termine 15e.

L’équipe de France vient de rentrer de la plus belle des manières dans l’histoire de ces Mondiaux. Ce doublé constitue un formidable déclic pour la suite des compétitions.

Grosses bosses sur la Rocca Jack

Depuis plusieurs jours, les hommes s’entraînent sur la Rocca Jack, la piste de descente de Portillo. Jean-Claude Killy et Léo Lacroix signent d’excellents chronos. Ces entraînements sont marqués par la grosse chute de l’américain Billy Kidd. Sans doute trompé par un changement de lumière, l’Américain négocie mal le passage du saut du tunnel et chute. Le verdict est terrible : double fracture à une jambe !

Le grand jour de la descente, épreuve reine de tout Championnat du monde, est arrivé. Lorsqu’ils se réveillent ce 7 août dans leur dortoir, Killy et Lacroix échangent un regard, sans un mot.