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Ils sont vingt et un. Un jour, après une très belle carrière dans le ski alpin, le ski de bosses, le ski de vitesse, le snowboard, le biathlon, le combiné nordique, le saut à ski, ces championnes et champions ont décidé de raccrocher leurs skis. Comment ont-ils pu laisser derrière eux cette adrénaline si grisante et toutes les émotions procurées par le ski ? Préfacé par Alexandre Pasteur, ce premier livre de Michel Roche retrace les moments si particuliers où ces athlètes de haut niveau ont basculé dans une nouvelle vie, souvent vers l'inconnu, mais toujours très motivés pour s'élancer tout schuss vers une reconversion à réussir.
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Veröffentlichungsjahr: 2020
Quand tu es arrivé au sommet de la montagne,
continue de grimper
Proverbe tibétain
Pour mes parents, partis tout là-haut beaucoup trop tôt
Avant-Propos
Préface
Alexandre Pasteur
Le ski français sur des sommets
Michel Vion
Retour aux sources
Perrine Pelen
Le bosseur sur scène
Edgar Grospiron
Des gestes parfaits
Michaël Prüfer
Passionnée et passionnante
Florence Masnada
Skieur un jour, skieur toujours
Christophe Saioni
Sous le soleil du midi
Corinne Niogret
Un surnom pour le ski, un nom pour la vie
Sébastien Amiez
Des skis
«
Made in Savoie“
Antoine Dénériaz
Chez Pépé Gust
Florine de Leymarie
Un air nouveau sur le fitness
Pierre Paquin
Diététique à volonté
Pierrick Bourgeat
Le critérium à Val Cenis
Pierre-Emmanuel Dalcin
Vivre l’inoubliable
Ingrid Jacquemod
Ambassadeur du ski
Gauthier de Tessières
L’homme qui murmure à votre dos
Guilbaut Colas
Le scénario de sa vie
Coline Mattel
Bien-être et performance
Marie-Laure Brunet
De l’émotion à la performance
Paul-Henri de le Rue
Un métier très persillé
Anémone Marmottan
Bienvenue à bord
Jason Lamy-Chappuis
Le soleil brille en ce matin de mars 2019. Progressivement, la neige va s’effacer sur le sommet des Pyrénées pour laisser la place à une très belle saison d’été. Le temps de ranger les skis arrive, non sans une pointe de nostalgie.
Mais aujourd’hui, dans la Principauté d’Andorre, ce sera encore une grande journée de ski. Depuis plusieurs jours, la station de Soldeu accueille les finales de la Coupe du monde de ski alpin. Des mois de préparation pour organiser une ultime séquence de compétition destinée aux 25 meilleurs skieuses et skieurs au monde.
Le dernier Géant hommes de la saison se joue ce matin. Ce sera aussi le dernier pour un autre géant du ski français. A presque 38 ans, Thomas Fanara va faire ses adieux au cirque blanc.
D’autres grands noms ont également choisi de raccrocher leurs skis de compétition en cette fin de saison. Lindsey Vonn et Aksel Lund Svindal l’ont annoncé juste avant les championnats du monde à Åre en Suède. Frida Hansdotter, Félix Neureuther et Matthias Hargin vont aussi franchir pour la dernière fois, ici à Soldeu, la ligne d’arrivée d’une course de Coupe du monde.
Beaucoup de souvenirs et d’émotions se croisent dans l’esprit de tous ceux qui ont la chance d’être présents dans la raquette d’arrivée.
Thomas veut finir en beauté. Il s’élance à fond dans cette première manche avec son dossard 3. Tout va bien aux premiers inters, il devance même Marcel Hirscher. Et puis, à une dizaine de portes de la ligne, la faute, la chute, l’histoire qui s’arrête…
Ultime sortie de piste pour le skieur de Praz-sur-Arly. Un silence assourdissant s’abat sur la ligne d’arrivée. De longues minutes s’écoulent avant que Thomas, qui se fait soigner pour sa blessure au visage, ne rejoigne la zone des interviews. Il arrive, son émotion est immense, à peine retenue.
L’instant est important. Je vais devoir capter les moindres détails, tous les mots qui vont s’échanger. Mais mes pensées sont ailleurs. Une question trotte dans ma tête. Que va-t-il faire après le ski ?
Une victoire et 14 podiums en Coupe du monde, c’est une très belle trace sur la neige que Thomas va nous laisser. Mais la reconversion ne doit pas être chose facile pour un athlète de haut niveau. Quitter du jour au lendemain les lumières du circuit de la Coupe du monde est assurément un exercice plus que délicat.
Comment passer à autre chose et laisser derrière soi cette adrénaline si grisante et toutes les émotions procurées par le ski ? Comment bien gérer ce nouvel épisode de sa vie ?
Toutes ces questions me donnent soudainement l’envie d’en savoir plus sur l’après ski de tous ces champions qui ont un jour décidé de mettre un terme à leur carrière.
D’avril à octobre 2019, je me suis donc élancé sur les routes des montagnes alpines pour aller à leur rencontre. Leurs noms sont emblématiques et imposent le respect. Certains ont touché du doigt l’or olympique, d’autres en revanche ont fréquenté plus rarement les podiums. Qu’importe, j’ai cette envie de tous les écouter pour qu’ils me racontent leurs belles histoires de reconversion.
Elles et ils sont aujourd’hui devenus chefs d’entreprise, conférencier, coach, spécialiste en médecine vasculaire, journaliste, pilote d’avion de ligne, entraîneur, fabricant de skis, fromagère, restaurateur, chirurgien, comédienne…
Ils ont tous un point commun : un jour, ils ont basculé dans une nouvelle vie, souvent vers l’inconnu, mais très motivés pour s’élancer tout schuss vers une reconversion à réussir.
Michel Roche
Quelle drôle de vie que la vie de skieur de haut niveau !!! Il entre dans le grand cirque blanc comme on entre en religion : avec la foi des fidèles chevillée au cœur et la passion comme unique moteur.
Ce n’est pas l’argent ni le désir de monter dans l’ascenseur social qui anime un skieur quand il décide de faire carrière. Un skieur de haut niveau vit comme un pro, s’entraîne comme un pro, passe plus de 250 jours par an loin de chez lui et des siens à jouer à saute-mouton avec les massifs.
Il s’entraîne comme un forcené depuis l’âge de dix ans, sacrifie une partie de sa jeunesse et met de plus en plus souvent la main à la poche pour aider son comité ou la fédération à financer les stages sur les glaciers ou dans l’hémisphère sud.
Mais un skieur n’a pas de statut, sauf s’il a un contrat avec les Douanes ou l’Armée de terre. Sans salaire, sans couverture sociale, il doit souvent se débrouiller seul pour démarcher des sponsors privés afin de financer ses hivers et souffre d’une exposition médiatique hélas bien faible.
Un skieur est un individu fragile, vulnérable aux blessures qui immanquablement viendront ralentir ou briser sa trajectoire. Et c’est souvent seul qu’il doit affronter l’après ski, cette « petite mort » comme disent les athlètes de haut niveau quand ils évoquent la fin de leur carrière.
Mais derrière cet écran de précarité se cache une vie souvent rêvée. Une vie faite de voyages, de rencontres, et d’aventures humaines. Le ski est aussi un sport merveilleux, un sport d’instinct et de sensations où tous les gabarits et toutes les techniques peuvent cohabiter.
En vingt-cinq ans de présence dans le milieu du ski de compétition, j’ai côtoyé à la fois des immenses champions et des talents qui n’ont jamais confirmé les espoirs placés en eux.
J’ai vu des destins se sublimer sur le tard et des stars sans lendemain. J’ai côtoyé des anonymes qui n’ont jamais su ou pu transformer leur amour de la glisse en rage de vaincre.
Je n’ai vu que des hommes et des femmes forts et fragiles à la fois, mais riches d’une expérience de vie unique et pétris de valeurs fondamentales : le respect, l’humilité, la solidarité, la loyauté.
Avant de plonger dans les chemins parfois tortueux de la reconversion chez les skieurs à travers les portraits que propose Michel Roche, me revient une phrase de Sébastien Amiez, quelques heures après sa deuxième place en slalom derrière Jean-Pierre Vidal aux JO de Salt Lake City : « On ne va pas se prendre pour des autres !! On n’est que les champions du village !!! ».
Alexandre Pasteur
« LORSQU’ON A ÉTÉ SKIEUR, DÉMARRER SA RECONVERSION EN TRAVAILLANT POUR UNE GRANDE MARQUE DE SKIS C’EST INTÉRESSANT »
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MICHEL VION
And the winner is… Courchevel-Méribel. Menée par Michel Vion, Président de la Fédération française de ski (FFS), la délégation tricolore explose de joie ce jeudi 17 mai 2018 au congrès annuel de la Fédération Internationale de Ski.
Les deux stations savoyardes viennent de l’emporter face à la station autrichienne de Saalbach et vont donc organiser les championnats du monde de ski alpin en 2023.
Michel Vion peut être fier de ce succès collectif de la France du ski : « J’ai travaillé pendant deux ans de façon acharnée, car je pense que cela peut être un catalyseur énorme pour le ski français ».
Originaire de Pralognan la Vanoise, Michel Vion a passé dix ans de sa vie en équipe de France de ski alpin. Ses meilleures performances, il les obtient dans la discipline très complète qu’est le Combiné.
Il connait son heure de gloire le 5 février 1982 à Schladming en devenant champion du monde du combiné, après avoir disputé avec brio un slalom (en deux manches à l’époque) et une descente.
Trois ans plus tard, il signe sa seule et unique victoire en coupe du monde en s’adjugeant le combiné de Wengen au pied du Lauberhorn.
Contrairement à bon nombre de skieurs qui mettent un terme à leur carrière en fin de saison de Coupe du monde, donc au printemps, Michel Vion décide de raccrocher ses skis de compétition à l’automne 1985 ! « Parce que j’avais fait le tour de ce métier de sportif à haut niveau ».
Le temps de la reconversion est arrivé et elle sera plutôt rapide et bien menée. Michel Vion est très rapidement sollicité et embauché par la marque de skis Dynastar pour occuper la fonction de directeur sportif : « Lorsqu’on a été skieur, commencer sa reconversion en travaillant pour une grande marque de skis c’est toujours intéressant ».
