666 nuances de dark fantasy - Jean-Baptiste Messier - E-Book

666 nuances de dark fantasy E-Book

Jean-Baptiste Messier

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Beschreibung

Dans ce monde d'Euphoria, où sexe, sang et sorcellerie sont liés, lisez ce livre et mettez-vous dans la peau de Myrina, l'Amazone, Lucien, le vampire, Cudor, la guerrière dévouée et Argien, le nécromancien. Vous connaîtrez des aventures palpitantes, irez de plaisirs troubles en scènes gores et de scènes gores en paysages merveilleux. Un voyage dans les 666 nuances de la dark fantasy. Recueil qui regroupe les deux tomes "Lune sanglante" et "Argien le nécromancien". Extrait : « Monstre, obéis-moi » me dit Carmilla en me fixant dans les yeux. « Allonge-toi. » Je ne peux que me soumettre. Par cette nuit constellée, les pavés froids de l'esplanade maltraitent mon dos ainsi que mes omoplates. Je regarde les arcs-boutants qui se rejoignent. Je n'entends plus grand chose et c'est à peine si je peux penser. Myrina me souffle à l'oreille : « Salaud, je vais t'aspirer tout entier, toi et ton Dieu. Depuis le temps que tu es son jouet ; tu ne mérites pas mieux et même bien pire ! » Les lèvres racornies de la vampire se posent sur mon membre en métal. Un ouvrage inspiré des univers hauts en couleurs d'Anne Rice, Lovecraft, Michael Moorcock et bien sûr la patte inspirée et diabolique de l'auteur ! Ce n'est pas du light ni du Twilight, vous êtes prévenu.

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Seitenzahl: 150

Veröffentlichungsjahr: 2018

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666 nuances de dark fantasy

666 nuances de dark fantasyLUNE SANGLANTEMyrina – Le festinArgien – dans tes entrailles, je lis mon destin.Myrina – En quêteLucien – solveMyrina – le jugementLucien – exultateARGIEN LE NECROMANCIENArgien – dans tes entrailles, je lis mon destin.Cudor – la guerrière obéissante jusqu’à l’extrêmeArgien – Je suis à CalicedorMyrina – la non-vampireArgien – Peur de rienCudor – c’est bon d’être libreMyrina – A un moment, il faut faire un choixArgien – La rencontreÉpilogueÀ propos de l’auteurPage de copyright

666 nuances de dark fantasy

Jean-Baptiste Messier

https://jeanbaptistemessier.blog/

Crédit image : illustrations originales de Guitaropathe

https://www.deviantart.com/guitaropathe/

LUNE SANGLANTE

Lucien – in tenebris

Les mains dans ma terre. Mon corps démembré et désossé. Le sang s’infiltre entre les particules d’humus. Mes chairs hurlent et repoussent. Privé de mes sens, j’erre dans la nuit obscure. De la déliquescence à la renaissance. Froid, néant, désorientation totale. Je n’ai jamais connu une telle souffrance.

Dans un demi-délire, je songe : Son obsession a eu raison de ma conformation. Combien de recherches a-t-elle menées pour enfin me dépecer ? Elle a pourtant oublié un outil de boucherie essentiel. Et ce manque sera la raison de mon retour. Dans le tourbillon de ma conscience déchirée, je la revois. Je suis la bête traquée.

Elle s’est approchée sous le vent, cachant ainsi son odeur. J’étais entièrement occupé par mon dernier festin. Les sens exaltés par l’ivresse du sang que je buvais à grandes goulées. Ma victime extatique m’offrait sa gorge blanche à la tendre peau de biche.

Dans ce petit manoir perdu d’un nobliau, j’avais pris plaisir à observer cette jouvencelle jour et nuit, avant de passer à l’assaut. La regarder sagement lire un ouvrage près de la fenêtre, l’observer dormir innocente dans ses draps blancs. Escalader la façade, ouvrir la fenêtre, un jeu d’enfant. Mes canines pointèrent en même temps que je m’approchai du lit. D’abord l’estourbir par une violente morsure et lui injecter le narcotique contenu dans mes dents.

Je la pris entre mes pattes griffues et m’envolai à grands coups d’ailes de chauve-souris vers une clairière proche plus propice à la saignée. Entouré des arbres aux branches sinistres, avec la lune pour spectatrice, j’aspirais son sang. Les gouttes perlaient contre ma bouche et mon menton. Le goût suave et chaud du liquide ambré me remplissait de félicité. Les trépidations de son cœur ralentissaient en raison inverse des miennes qui augmentaient. L’afflux de sang gonflait mon pénis de manière démesurée. L’orgasme montait en moi, et la confusion la plus totale régnait en mon esprit. Ma vigilance réduite à néant. C’est alors que la lame d’un cimeterre me transperça de part en part. Au plaisir succédèrent des rafales de douleur. Je me retournai et la vis, ma chasseresse. Des cornes pointaient sur sa tête, une magnifique tunique bleue décolletée et ample laissait voir la courbe de ses fiers seins, une lourde chaîne en fer dessinait ses hanches, ses fesses rondes ornées d’une culotte échancrée de cuir bleu indigo. Un croissant de lune gravé sur la fesse droite. Un feu meurtrier animait ses yeux, sa bouche ourlée de noir déformée par un rictus haineux.

Je n’eus pas le temps de réagir, elle me trancha la tête en un second mouvement aussi vif que l’éclair. Puis chacun de mes membres. Sans oublier mon phallus. Certainement elle avait lu le Livre du rituel où l’on détaille la démarche à suivre pour faire périr un vampire. Mais…

Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que j’avais pris grand soin d’envoyer tous mes acolytes et fidèles serviteurs, longtemps auparavant aux quatre coins du monde connu, arracher la page, celle qui permettait de clore le rituel : le pieu dans le cœur. La populace croit souvent que le vampire n’a pas de cœur. Grande erreur, pourquoi aurions-nous besoin de tellement de sang ? Nous avons un cœur énorme, c’est même lui qui nourrit notre vie et nos sens, le foyer de notre immortalité et qui nous permet d’entendre sans oreilles, de voir sans yeux, de sentir sans nez, de toucher sans peau, de goûter sans langue, en un mot de ressentir hors de notre corps. C’est aussi lui qui nourrit notre passion pour la vie et le sang des femmes et des hommes. Et c’est lui qui nous permet, tant qu’il n’a pas été percé d’un pieu, de demeurer conscient même si notre corps a subi les coups les plus terrifiants.

Je l’observais donc, à son insu en train de se délecter de ma charogne. Avait-elle conscience qu’elle mangeait un être depuis longtemps mort ? Peut-être ma chair possédait-elle un fumet particulier, qu’elle avait un merveilleux goût de faisandé ?

Elle s’alluma un feu et prit mon pénis qu’elle piqua à l’aide d’une brochette. Elle le fit griller. La graisse et le sang qui s’écoulait de mon sexe surchauffé grésillait dans le feu, tandis que la peau cloquait en certains endroits. Quand elle le jugea à point, elle le mangea bouchée par bouchée en accompagnant son festin d’une miche de pain. Elle savourait le mets, tout en jetant des coups d’œil satisfaits à ce qui restait de mon être.

Myrina – Le festin

Le bout de chair roulait entre ses dents, effleurait sa langue. Myrina en goûtait la consistance et le jus de viande spongieuse et cuite, qu’elle avait agrémentée d’herbe de sa province et d’un peu d’ail. Le tout était délicieux pour son palais et son esprit. Après tant d’années, elle tenait sa vengeance. Du moins la chasseresse le pensait.

Elle se souvint de ces années de traque à se rendre dans tous les monastères les plus reculés, à interroger les exorcistes qui ouvraient de grands yeux devant cette Amazone déterminée et d’une beauté à couper le souffle. Enfin elle avait trouvé le livre, celui qui amena la lumière dans la nuée de sa douleur. La guerrière se souvenait comme d’hier de la voûte de pierres dans laquelle se nichait la bibliothèque. Des grands livres poussiéreux, humides et rongés par les rats.

Un beau moine tonsuré aux yeux bleus lui avait soutenu que l’accès en était interdit aux profanes, à plus forte raison à une femme. Il avait prétendu cela tout en la détaillant d’une manière lubrique. Elle avait su bien vite comment le faire fléchir ou plutôt comment le dresser. Sous la robe de bure qu’elle avait soulevée prestement, elle agrippa de ses longs doigts habitués à tendre la corde d’un arc, le membre encore mou de l’éphèbe (peut-être encore puceau se dit-elle avec gourmandise). Après une fellation et un long feulement, le beau moine, choqué par cette révélation sensuelle, l’avait laissée poursuivre ses recherches. Elle ne donnait pas cher de sa vocation.

Elle avait finalement trouvé. Le Livre du rituel. Elle avait dévoré les pages du livre qui concernaient les vampires et leur mise à mort. Leur sectionner la tête, les membres et le sexe, sa violence trop longtemps frustrée s’en régalait d’avance.

Lucien devait être le dernier vampire, celui qui, femme après femme, avait complètement décimé sa tribu d’Amazones, se repaissant de chacune d’entre elles, en y adjoignant les plus cruelles tortures. Leur déchirer le sein, leur manger une part de cuisse, un morceau de fesse. Lucien était un vampire qui se plaisait à se dire gourmand et gourmet. Telle était sa réputation diabolique. Enfant de treize ans elle avait été cachée par ses mères et avait échappé à la saignée. Les Amazones sont de redoutables guerrières rompues à la chasse et à la vengeance. Elle était l’avenir de sa tribu.

Dans un halo de souvenirs idéalisés, elle revoyait ses mères éducatrices. L’une qui lui enseignait tous les secrets de la chasse, en lui montrant comment bien tendre son arc, retenir sa respiration pour ne pas manquer sa cible. Une autre qui lui apprenait les secrets du plaisir et de la conception avec des discours imagés et des sourires coquins. Enfin sa mère biologique qui lui enseignait tout sur les dieux, les forces naturelles à vénérer, les rites à observer pour s’attirer leurs faveurs. Lucien avait brisé son enfance, son paradis, rayé de la carte sa tribu à coups de monstrueuses succions.

Dès qu’elle devint féconde, elle chercha un mâle pour se faire saillir, un mâle vigoureux et intelligent. Dans la formation d’une véritable Amazone, c’était le premier degré d’une éducation qui en comptait trois. Elle voyagea, rencontra de nombreux hommes pour qui elle représentait le trophée ultime. L’on savait que les Amazones ne s’accouplaient qu’avec les étalons les plus méritants et qu’une fois fécondées, elles s’en allaient seules pour élever leur progéniture. De nombreux savants et explorateurs avaient ainsi rapporté que des Amazones avaient été vues très loin de leur terre d’origine à la recherche de l’homme qui saurait leur donner un enfant au potentiel à la mesure de leurs ambitions farouches. Elle écouta les épopées des héros, regarda leurs cicatrices, respira leur peau et enfin se décida. Il s’appelait Argien, il était des montagnes du nord, un nécromancien guerrier, et son sang charriait sans doute des souvenirs sombres, des relents magiques et maléfiques mais la puissance de l’esprit et du corps s’exaltait en lui. De longs cheveux noirs corbeaux, un regard viril, des yeux dont la couleur de la mer variait en d’infinies nuances selon la lumière, une barbe de trois jours, un corps fin et musclé achevaient de le rendre extrêmement désirable aux yeux de n’importe quelle femme. Et quelles fesses rebondies et fermes songea Myrina.

Il lui raconta que son odyssée l’emmenait au bord du monde sur l’île de Puanamaline, conquérir le secret de l’éternité. Elle l’écoutait à moitié, bercée par son accent rocailleux et grave. L’amazone fougueuse lui dit son envie de vengeance contre les vampires, ces êtres immortels et dénaturés.

Les paupières d’Argien se plissèrent, seul signe que cette information l’avait troublé.

Enfin, sur le pont d’un navire en pleine mer, elle était apparue revêtue de la parure de la déesse des délices. C’était une longue robe de cuir noir fendue sur les jambes de tous côtés, décolletée devant jusqu’à la naissance du pubis, décolletée derrière jusqu’à la naissance des fesses. Dernière touche, elle avait mis le Khôl tueur qui rendait, s’il était besoin, ses yeux et son regard encore plus expressifs. L’harmonie était parfaite avec ses longs cheveux noirs et ses grands yeux aux iris violets. Argien en la regardant avait tout de suite compris qu’il avait été élu. Il lui ouvrit grand sa couche, et au rythme des vagues, de l’écume blanche qui en irisait le sommet, il lui fit l’amour jour après jour. C’étaient des ondes de plaisirs, des courbes charnelles qui s’épousaient et se rencontraient, se pénétraient, des vagues de jouissances incessantes. Argien se flattait de la faire jouir et défaillir mais à dire vrai, elle n’était pas en reste pour l’estourbir de ses charmes, le chevaucher et le dégorger de tout son suc. C’est au pic de la jouissance du nécromancien qu’elle s’envoyait sur les sommets. Nuit et jour, ils firent ainsi l’amour jusqu’à ce qu’elle soit sûre d’avoir été ensemencée. C’est ainsi que cela devait se passer. Il était temps. Argien, malgré ses talents de magicien et de guérisseur, était exsangue, épuisé par tant de gourmandise déterminée.

Avant de se séparer, Argien lui offrit une bague macabre ornée d’un crâne aux trois orbites.

Ne voulant pas le froisser, Myrina la glissa à son doigt en pensant la retirer plus tard. Mais ce n’était pas le genre de bague qu’on retire si facilement.

Accoudés au bastingage du navire, Argien lui dit en contemplant les volutes de brume qui se fondaient dans l’écume des vagues :

— Qui sait, peut-être nous reverrons-nous ?

Argien – dans tes entrailles, je lis mon destin.

« Maître Argien, votre jeune invitée est arrivée. »

Néopied, mon gnome, s’éloigne en trottinant dans les vastes couloirs de ma forteresse bien trop vide.

Devant ma psyché ornée d’un cadre de crânes dorés, je me regarde en train d’enfiler le costume de nécromancien par-dessus mon corps que j’ai entièrement tatoué de runes infernales. Au-dehors, le vent souffle et à l’approche de la nuit, les bêtes se terrent et les fragiles oiseaux se taisent.

Je ricane en pensant à ma disciple. On dit toujours que lorsque le disciple est prêt, le maître apparaît. Personnellement, j’ai toujours pensé que c’était le disciple qui choisissait le maître. Et la disciple n’était pas encore prête lors de notre première rencontre.

Ah Calicedor, derrière tes longs cils de biche, quelle âme perverse caches-tu pour ainsi me poursuivre de ton attention ? Tu connais pourtant ma nature de démon, tu sais que de mon cœur ne peuvent que jaillir tourments et souffrance. Que veux-tu apprendre de moi ? Le mal ? Je suis rentré dans ta chair, je t’ai appris les plaisirs interdits, j’ai empoisonné ton âme petit à petit, je t’ai fait mienne, soumise totalement. Et ton amour aveugle aussi noir que le feu destructeur sera le garant de mon élévation.

Derrière moi se faufile Cudor, ma dévouée servante. Elle s’agenouille et me lace mes chausses tandis que j’enfile mes gants de cérémonie. Je lui tapote son chignon démesuré qui tient grâce à un mélange de cire et de miel. Je maquille des motifs noirs sur mes joues et mon front prenant ainsi l’apparence symbolique du démon Asdroth. Cudor accélère le mouvement, elle saisit la tasse d’Euphoria et me tend la boisson à l’odeur de marais, à la couleur de limon. Je la bois à gorgées lentes. La glace et le feu descendent dans mes veines, m’ouvrent à la neuvième porte. Le démon s’empare de moi ! Je suis Asdroth, Asdroth est moi ! Mes cheveux d’un noir corbeau flamboient de reflets violets.

Cudor, au cul magnifique, s’empare de ma ceinture brodée d’argent et me la passe, les mains tremblantes, autour de la taille. Je sais qu’elle est jalouse de l’attention que j’accorde à Calicedor mais en même temps, elle sait depuis le début que ma relation avec Calicedor ne peut durer éternellement. C’est même tout le contraire. Cudor lasse férocement mon plastron orné d’une tête creusé d’un troisième orbite. Je suis tenté de lui faire remarquer que son agressivité devrait plutôt s’abattre sur ma jeune disciple. Mais finalement, il est vrai que c’est moi qui lui inflige cette violence et puis si je l’énerve encore un peu plus, elle risquerait de m’enfoncer ses doigts prolongés par des ongles en acier dans mes tripes. Le maître est faible devant sa servante favorite, me consolé-je par cet aphorisme impromptu. Je suis fin prêt. Cudor, comme il se doit, se courbe et s’accoude devant le prie-Asdroth, me tendant sa croupe rebondie. Les pans de sa robe tombent de part et d’autre et laissent apparaître ses fesses charnues...

« Par Asdroth ! »

Animé par le démon, je claque deux coups monstrueusement forts. L’écho de la fessée envahit tout le château. Elle expulse un grand soupir. Une fois, elle m’a expliqué que la douleur mêlée au plaisir était son bonheur suprême. Je ne comprends pas encore d’où vient son plaisir mais je me fais un devoir de lui chauffer le cul comme elle le désire. J’imagine les picotements qui envahissent son derrière. C’est cette sensation qu’elle recherche. Elle se redresse, le tissu de la robe recouvre à nouveau son postérieur. « Allez, Maître, vous avez à faire. »

« Tu ne crois pas si bien dire, Cudor. »

Je plaque ma main sur sa nuque, aussitôt elle ploie à nouveau vers le prie-Asdroth et écarte les cuisses. Je caresse ses fesses puis les embrasse voracement. Je prends un plumeau qu’elle tenait à la main en entrant et je la froufroute avec délectation. Elle ondule de la croupe accompagnant ainsi chacun de mes gestes. Finalement je finis par empoigner ses hanches et l’embrasser à sa source. Elle gémit comme si je tenais une flûte entre les lèvres. Délicieux breuvage qui se termine par une apothéose de parfums.

Finalement, obéissant à l’injonction de ma servante, je sors de ma chambre. Devant moi se déploie un vaste couloir, où les portraits de mes ancêtres tous plus sinistres les uns que les autres me toisent. Ils me rappellent le but ultime de notre lignée : devenir immortel ou pour être plus concret, vaincre Tigrath, la déesse de la mort. Ne vous inquiétez-pas chers vieux, votre rejeton est en bonne voie ! Tigrath n’aura bientôt plus que sa faux pour pleurer.

Après la galerie des ancêtres, je traverse le corridor des exploits. Sur ses murs, le visiteur peut contempler les peintures représentant les plus sombres crimes de notre famille sur le chemin de sa quête. En pensant à Calicedor, je sifflote la dernière chanson populaire d’un ménestrel :

Je vais m insinuer,

En ton cœur,

Comme un miel empoisonné,

Et tu crieras de bonheur.

J’ouvre les portes du salon. La pièce à première vue semble vide. Alerté par le bruissement des ailes diaphanes de Calicedor, je lève les yeux au plafond. Celle-ci volette entre les poutres et les énormes chandeliers de cristal.

Curieusement Calicedor est la fille d’une fée et d’un nain, croisement unique en son genre. La devise « La tête dans les étoiles, les pieds sur terre » lui convient parfaitement. Si son père lui a appris le monde de la mine et du travail, il n’a pu lui léguer le savoir éthéré et magique de sa mère, morte de l’avoir mise au monde, le bébé s’avérant excessivement volumineux pour sa conformation de fée. Et c’est auprès de moi qu’elle cherche à le combler. Bien sûr je peux lui révéler les mystères et le monde invisible mais si elle en connaissait la contrepartie…

« Bonjour Maître.

— Bonjour Calicedor. Tu es très en beauté. »

Elle se rapproche de moi. L’expressivité ardente de son visage est soulignée par un maquillage soigné. Ses seins opulents pour sa petite taille pointent nus à travers un haut aux ouvertures judicieuses. Ses petites fesses rebondies, sa chute de reins cambrée achèvent de lui donner un air de rêve sexuel.

« Asdroth entends mes imprécations, Euphoria, emplis-moi de ta force noire ! »

Tous les muscles de mon corps enflent tandis que mon squelette grandit. Ma carrure devient énorme et mes ongles se transforment en griffes. Ma mâchoire avance, mes dents grandissent et mon front recule. Mes orbites se creusent et au fond brille la lumière obscure du monde.

Calicedor ne recule pas, prend ma nuque entre ses mains et m’embrasse violemment.

Ma Calicedor, dans ton sang coulent des minerais en feu et les violentes tempêtes de la Fäerie. Je t’emprisonne dans mes bras, tes ailes se débattent vainement. Je baise ton cou et murmure les paroles ensorcelantes. Je saisis de longs draps de soie noire qui tombent du plafond et te lie les poignets. Tu ne te débats pas ma chérie telle la mouche hypnotisée par l’araignée. Je te menotte les chevilles au plancher. Tu es comme un X écartelé à la fente offerte.

Je te baise sauvagement tout le corps, conscient que c’est notre dernière fois. De plaisir, tu tires sur les liens qui te bleuissent la peau. Je m’agenouille devant ton sexe. Et tu m’abreuves de ta rivière d’or.

Plein d’un désir sauvage, je me redresse, ouvre ma braguette et tu me suces comme si j’étais la dernière pipe d’une condamnée. Oh ma petite Calicedor.

J’écarte bien tes cuisses menues et empale ta fente de la moitié de ma hampe. Tu saisis mes fesses et me pousse profondément en toi. Ma chérie, tu sais que je ne pourrais rentrer entièrement en toi. La folie, de son spectre chatoyant, nous guette et nous entoure de son manteau multicolore. Nous gémissons hors de nous.

Dans un sursaut de lucidité, je tire sur le cordon qui agite une clochette dans les dépendances. Ton fourreau soyeux et humide frotte contre le bout de mon dard joyeux.