Aux confins de l'esprit - Jean-Michel Bartnicki - E-Book

Aux confins de l'esprit E-Book

Jean-Michel Bartnicki

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Beschreibung

"Aux confins de l’esprit", là où la réalité vacille et où les âmes errent entre lumière et obscurité, s’ouvrent les portes d’un univers fascinant. Ce recueil de nouvelles explore les profondeurs de la conscience humaine, les illusions du réel et les tourments de l’âme.

Qu’arrive-t-il lorsque l’on rêve de s’évader de son propre corps ? Jusqu’où peut nous mener l’obsession d’un idéal inaccessible ? Que reste-t-il d’un homme lorsque son destin est scellé par l’injustice ?

À travers des récits captivants et troublants, "Aux Confins de l'Esprit" vous entraîne dans un voyage où l’inconnu est maître et où chaque choix pourrait bouleverser votre perception du monde.

Ce recueil est une plongée vertigineuse dans les profondeurs de l’esprit, là où la frontière entre fantasme et réalité s’efface. Et vous, jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour échapper à votre propre destin ?

À PROPOS DE L'AUTEUR

Jean-Michel Bartnicki est né en 1957 dans le nord de la France. Poète, parolier, auteur d'un roman historique et désormais nouvelliste, ce touche-à-tout littéraire aime plus que tout imaginer des univers à la fois poétiques, oniriques et fantastiques, mais également relater de façon romanesque des faits historiques en se basant sur des personnages attachants et singuliers.

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Seitenzahl: 106

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Jean-Michel BARTNICKI

Aux Confinsde l’Esprit

Nouvelles

 

Cet ouvrage a été composé en France par Libre 2 Lire

 

 

 

 

 

www.libre2lire.fr – [email protected], Rue du Calvaire – 11600 ARAGON

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN papier : 978-2-38157-570-4ISBN Numérique : 978-2-38157-571-1Dépôt légal : Mars 2025

© Libre2Lire, 2025

 

 

 

Du même auteur

 

Le Don d’Aimer – Tome 1 : Prélude

Editions Libre 2 Lire – 2019

 

Les Bons Points Dinosaures

Editions Libre 2 Lire – 2021

 

Le Don d’Aimer – Tome 2 : Trajectoires

Editions Libre 2 Lire – 2022 

Jacqueline, je t’écris

Editions Libre 2 Lire – 2024

 

Mot de l’auteur

 

Je me souviens des romans de Ray Bradbury, Aldous Huxley, René Barjavel, Stephen King, George Orwell, Alfred Elton Van Vogt, qui ont accompagné une partie de ma jeunesse, notamment lorsque j’étais au collège, puis au lycée. Ces grands maîtres de l’anticipation, de la science-fiction, de la pure fiction, du fantastique, du suspens, ont sûrement été à l’origine de mon désir d’écrire, à un âge certain, mes quatre premières nouvelles.

Plus récemment, j’ai adoré lire les romans de Bernard Werber ainsi que ceux de Franck Thilliez dans un registre plus sombre, mais ô combien captivant. Je me suis enfin délecté de la plume d’Eric-Emmanuel Schmitt, selon moi le Victor Hugo contemporain, toutes proportions gardées bien entendu, avec ses nouvelles et ses romans incroyablement bien écrits, comme le dernier en date dont je viens d’achever la lecture : La lumière du bonheur.

J’ai laissé courir mon imagination sur le papier en m’évertuant à construire des scénarios originaux, lesquels, je l’espère, sauront vous tenir en haleine jusqu’à leurs chutes spectaculaires.

C’est avec émotion et une appréhension compréhensible que je rédige ces quelques lignes en guise de préambule.

J’espère que mes nouvelles seront à la hauteur de vos attentes dans notre monde de plus en plus formaté, où je crains que l’intelligence artificielle ne supplante d’ici peu la plupart des artisans de la création, dont l’esprit est le principal outil. Je pense, entre autres, aux écrivains, aux artistes, aux poètes, aux paroliers, aux dialoguistes, aux scénaristes, aux acteurs, notamment à ceux dont le métier est le doublage et qui voient leurs voix remplacées par celles conçues par l’intelligence artificielle : des voix sans âme !

Obsession est la description de l’esprit dérangé et du plan machiavélique d’un nain, attraction plébiscitée d’un cirque imaginaire. L’on assiste progressivement à sa descente aux enfers. Foudroyé par l’appel du cœur envers une jeune femme assistant à ses clowneries, il mettra tout en œuvre pour s’emparer de l’âme et du corps de sa victime.

Substitution est un vif plaidoyer contre la peine capitale. Au Texas, à tort, Jerzy Sullivan est condamné à mort pour le crime de sa petite amie. Tout semble bouclé après une parodie de justice, mais c’est sans compter sur l’intervention des êtres de lumière. Réalité et fiction se confondent pour un épilogue hitchcockien.

Le survivant est l’histoire extravagante d’un romancier enfermé dans sa bulle sur une exoplanète vagabonde sans nom, où des créatures polymorphes veillent sur le dernier rescapé de l’Humanité. Il en incarne l’ultime espoir à quatre cents années-lumière du système solaire.

La nymphe est l’histoire onirique, érotique de Thibault, aveugle de naissance, qui se promène avec son chien guide Hermina dans les allées du jardin du Palais-Royal à Paris. Tout à coup, Thibault s’endort sur un banc. C’est alors que la réalité bascule dans une autre dimension.

 

Jean-Michel Bartnicki, le 03/03/2025https://jeanmichelbartnicki.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

OBSESSION

 

Un jour, il faut bien faire le bilan de sa vie, non ? Qu’en pensez-Vous ? Pourtant, croyez-moi, je n’aime pas revenir en arrière, juger la folie de mes actes. Mais, qu’est-ce que la démence, dites-moi ? N’avez-Vous pas des secrets que Vous ne dévoilerez jamais, que Vous emporterez dans votre tombe ?

Je sais pertinemment que mon introspection va être douloureuse puisque j’ai décidé qu’elle sera sincère. J’ai accepté d’être mon propre miroir. J’ai accepté de Vous dire la vérité, rien que la vérité comme si j’étais l’accusé d’un tribunal où l’humanité scruterait le moindre de mes faits et gestes, disséquerait ma confession pour mieux épouser mes pensées et devenir moi-même. Je suis votre conscience. Je suis Vous. Vous êtes Moi… non pardon moi ! Je préfère le m minuscule, car après tout, j’ai l’impression de n’avoir jamais existé. Le M majuscule me donnerait trop d’importance. Bien, ça suffit, je n’ai pas à me justifier davantage. Commençons ! J’espère que Vous avez le cœur bien accroché, sinon n’allez pas plus loin et rentrez dans votre coquille.

J’ai toujours vécu dans le nord de la France, à Dunkerque, Valenciennes, Douai, Dunkerque, Lille et Boulogne. Le Nord a toujours été mon territoire de chasse favori. Qu’ai-je donc fait de si grave pour m’abandonner ainsi à votre jugement ? Remords de conscience ? Insupportable fardeau à porter sur mes frêles et seules épaules ? Soupçon d’une humanité subitement retrouvée, comme un éclair de lucidité ? Voyez-Vous, je n’en sais rien !

Pourquoi la nécessité d’écrire, de me livrer à Vous ? Pourquoi ce besoin de partage ?

Pourquoi ? Pourquoi ?

Avant tout, je vais Vous demander de me croire. Oh, je sais ! Les lignes qui vont suivre risquent de Vous surprendre, de Vous déstabiliser, de Vous effrayer, tant mon témoignage est insensé. Certains d’entre Vous n’iront pas plus loin que la première page, incapables de croire, d’adhérer au récit de ma vie hors du commun. Pour ceux-là, il n’y a rien à faire. Il n’y aura jamais rien à faire. Remarquez, cela me rassure. Nous avons tous nos limites, n’est-ce pas ? Ne faites pas attention si j’emploie de temps en temps n’est-ce pas ? Ainsi, j’ai l’impression de parler comme Elle. Mais, une chose en son temps, n’est-ce pas ? Allez, il est encore temps de prendre la clé des champs. Je ne Vous en voudrais pas. Que les âmes bien pensantes, les moralisateurs, les esprits cartésiens prennent leurs jambes à leur cou et retrouvent le confort de leurs certitudes ridicules au plus vite : bon débarras ! Que les plus courageux et les plus curieux d’entre Vous me fassent l’infime honneur de m’accorder quelques minutes de leur temps.

Un énorme doute m’envahit. Oui, un énorme doute. J’ai peur de ne pas être à la hauteur, car je ne suis pas un auteur. Tiens, voilà que je me mets à faire des rimes. Rassurez-Vous, c’est juste un coup de chance. Je crains que mon écriture, mon style Vous déçoivent : Vous et non vous. Que voulez-Vous, je Vous donne sûrement trop d’importance en utilisant le V majuscule dès l’instant où je m’adresse à Vous. C’est ainsi. Mais, après tout, je m’en fiche. Allez, assez de tergiversations, entrons dans le vif du sujet. Où ai-je bien découvert le mot et le sens du mot tergiversation ? Je ne sais plus, mais je suis fier de moi. Cela fait plus littéraire, plus chic. Vous voyez que j’ai des qualités.

J’ai… J’ai… J’ai vécu dans le corps et l’âme d’une femme une grande partie de mon existence. Impossible, n’est-ce pas ? Et pourtant ! Oui, oui, Vous avez bien lu. J’ai déménagé plusieurs fois. Certaines maisons bourgeoises des Hauts-de-France doivent encore garder en elles l’empreinte de mon âme fusionnée – oui, fusionnée, je vais vous expliquer –, ainsi que l’odeur de mon corps transfiguré – oui, transfiguré, soyez patients, vous allez bientôt tout comprendre.

La nature ne m’a pas gâté et si Elephant Man rejaillissait de ses cendres, il se sentirait sans doute Apollon à côté de ce débris humain qui tente d’implorer votre pardon. Pour combien de temps ?

Plus nain que le plus minuscule des nains, les traits difformes de mon visage ont souvent fait fuir mon prochain. Au fond, j’aurais sûrement dû porter un masque. Et Vous, Vous n’en portez jamais ? Menteurs ! Je me compare à un vermisseau, à une larve grotesque, à l’énigmatique preuve vivante d’une erreur génétique. Mes yeux noirs se devinent à peine ; deux têtes d’épingle microscopiques plantées dans leurs orbites minuscules : deux anomalies anatomiques sous un front anormalement haut et bombé. Mes imposantes oreilles en feuille de chou à la Gainsbourg contrastent avec la maigreur et la pâleur de mon faciès hideux, morbidement marqué par un vieillissement précoce. Mes jambes faméliques et arquées éprouvent toutes les peines du monde à supporter ma carcasse disloquée. Bon, stop ! J’en ai assez dit sur mon physique, mais, comme je Vous ai dit que je serai le plus sincère possible, je suis bien obligé de ne pas me ménager, de m’autoflageller. Ce souci d’authenticité est à mettre à mon crédit, ne trouvez-Vous pas ? Bon, poursuivons. Vous êtes toujours là, je l’espère ?

Je n’ai jamais connu mes parents. Étaient-ils humains ? J’en doute souvent. Comment une femme et un homme pourraient-ils concevoir une telle monstruosité physique et morale ? D’ailleurs, dites-moi : qu’est-ce que la morale ? Tout ce que je sais, c’est qu’ils m’ont abandonné. Quand était-ce ? Incapable de Vous le dire. Je les hais.

Bon, avançons ! Ma vie, ce fut longtemps le cirque, au propre comme au figuré. Ah ! quelle jolie formule ! Dans mon costume d’apparat bariolé, grimé à l’excès, grâce à l’extraordinaire habileté des maquilleuses, les pieds flottant dans de larges et trop grandes chaussures noires imitant celles de Charlot – je chausse du trente-cinq –, je ressemblais à un somptueux clown pathétique. Mon rôle se résumait à tourner plusieurs fois autour de la piste aux étoiles, pour inciter la foule à applaudir, à encourager, à rire. Combien de fois j’ai souhaité exterminer tous ces gens dits normaux, à Vous exterminer. J’étais adulé, réclamé, vénéré : indispensable élément au bonheur pathétique et éphémère de ce petit monde que j’enviais et haïssais tout à la fois.

Il ne fallait pas grand-chose pour que Vous deveniez béatement et subitement hilares, l’espace d’un numéro ; celui d’un pantin grotesque, d’une marionnette vivante sans fils qui gesticule, s’agite, tournoie sur elle-même telle une planète naine silencieuse ; oui, silencieuse, car je suis également muet. Eh oui ! Heureusement que mon jeu étudié de pantomime bouffonne faisait oublier mon handicap : un autre ! Le sort s’acharne sur les plus faibles. J’en ai fait les frais. Ah, si j’étais Dieu – il paraît qu’il existe – les choses se passeraient différemment. Vous voulez connaître le fond de ma pensée ? Je n’ose pas… mais, comme je veux rester fidèle à ma promesse d’être sincère, je Vous le dis : Dieu et le Diable, c’est la même chose. Tant pis, si je Vous choque, surtout Vous les cathos. Comme j’envie votre foi.

Un jour, constatant que ma vie se résumait au simple rôle d’une toupie dans un jeu de quilles, entre des numéros tous plus aboutis les uns que les autres, je pris la résolution de fuir cette lumière superficielle. Mais, en même temps – non, je ne suis pas Macron –, je me rendis compte que je ne savais rien des gens. Ma loge était mon refuge, où ma haine amplifiait chaque soir dangereusement contre mes semblables, pardon, contre mes dissemblables, devrais-je plutôt écrire, non ? Le cirque devenait une cage où j’étouffais. Je me sentais mourir à petit feu. Mettez-Vous deux secondes à ma place, deux secondes, ce n’est pas trop Vous demander, non ? Qu’auriez-Vous fait si Vous aviez eu cette non-existence ? J’étais un non-sens ! Je sais, je sais, chacun voit midi à sa porte – tiens, encore une expression que je maîtrise sans trop savoir comment. Je me surprends agréablement parfois, et Vous ?

Pour seule amie, pour seule ennemie, j’avais ma conscience torturée ; formidable instrument machiavélique au pouvoir insoupçonné. Mon imagination devint débordante, troublante, terrifiante, incontrôlable, vivante, au service de mon esprit vil. J’explorais les bas-fonds sordides de l’âme.

Mille et une questions traversaient mon esprit, mais il en est une qui me hantait, comme imprimée en permanence dans ma tête : comment connaître l’amour ? Ne me demandez surtout pas comment cette question affleura à la surface de mon cerveau en lambeaux : mystère !

Je me mis à lire de nombreux ouvrages métaphysiques sur l’élévation de l’âme. J’essayai de contrer cette petite voix qui montait et s’installait inexorablement en moi. Elle commençait à me hanter. À mon insu, elle était en train de prendre le pouvoir : Venge-toi !

Je tentai de m’inspirer du bouddhisme, du catholicisme. Je me mis à prier, le regard égaré dans un ciel gris et vide. Je dois avouer que je trouvais un certain confort, une forme de sagesse inconnue à rester de longues minutes dans le noir absolu, confronté à moi-même. J’avais l’impression de voyager à l’intérieur de mon propre corps, à l’intérieur de mon âme. Mais quel était mon but ?