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Journal de mon chemin de Compostelle en partant du Puy-en-Velay jusqu'à Santiago de Compostela : 71 jours de marche 1.530 km. Je décris mes joies et mes peines, mes peurs et mes doutes, et les nombreuses rencontres que j'ai vécues et qui m'ont fait vivre cette inoubliable et forte expérience.
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Seitenzahl: 190
Veröffentlichungsjahr: 2016
Jeudi 13 août – Bouaye / Le Puy en Velay par le train
Vendredi 14 août – Le Puy en Velay / Montbonnet
Samedi 15 août – Montbonnet / Monistrol d’Allier
Dimanche 16 août – Monistrol d’Allier / Saugues
Lundi 17 août – Saugues / La Roche-de-Lajo
Mardi 18 août – La Roche-de-Lajo / Aumont-Aubrac
Mercredi 19 août – Aumont-Aubrac / Finieyrols
Jeudi 20 août – Finieyrols / Aubrac
Vendredi 21 août – Aubrac / Saint-Côme-d’Olt
Samedi 22 août – Saint-Côme-d’Olt / Estaing
Dimanche 23 août – Estaing / Le Soulié
Lundi 24 août – Le Soulié / Conques
Mardi 25 août – Conques / Livinhac-le-Haut
Mercredi 26 août – Livinhac-le-Haut / Figeac
Jeudi 27 août – Figeac / Gréalou
Vendredi 28 août – Gréalou / Mas del Pech
Samedi 29 août – Mas del Pech / Varaire
Dimanche 30 août – Varaire / Le Pech
Lundi 31 août – Le Pech / Cahors / Les Matthieux
Histoire du pont
Quelques messages d’encouragement
Mardi 1er septembre – Les Mathieux / Lascabanes
Mercredi 2 septembre – Lascabanes / Montlauzun
Jeudi 3 septembre – Montlauzun / Dufort-Lacapelette
Vendredi 4 septembre – Dufort-Lacapelette / Moissac
Samedi 5 septembre – Moissac / Espalais
Dimanche 6 septembre – Espalais / Castet-Arrouy
Lundi 7 septembre – Castet-Arrouy / Marsolan
Mardi 8 septembre – Marsolan / Condom
Mercredi 9 septembre – Condom / Montréal du Gers
Jeudi 10 septembre – Montréal-du-Gers / Sauboires
Vendredi 11 septembre – Sauboires / Lanne-Soubiran
Samedi 12 septembre - Lanne-Soubiran / Barcelonne-sur-Gers
Dimanche 13 septembre - Barcelonne-sur-Gers / Miramont-Sensacq
Lundi 14 septembre - Miramont-Sensacq / Arzacq-Arraziguet
Mardi 15 septembre – Arzacq-Arraziguet / Pomps
Mercredi 16 septembre – Pomps / Sauvelade
Jeudi 17 septembre – Sauvelade / Navarrenx
Vendredi 18 septembre – Navarrenx / Aroue
Samedi 19 septembre – Aroue / Ostabat
Dimanche 20 septembre - Ostabat / Saint-Jean-Pied-de-Port
Lundi 21 septembre - Saint-Jean-Pied-de-Port / Roncesvalles
Mardi 22 septembre – Roncesvalles / Zubiri
Mercredi 23 septembre – Zubiri / Pamplona
Jeudi 24 septembre – Pamplona / Puente la Reina
Vendredi 25 septembre – Puente la Reina / Estella
Samedi 26 septembre – Estella / Los Arcos
Dimanche 27 septembre – Los Arcos / Viana
Lundi 28 septembre – Viana / Navarette
Mardi 29 septembre – Navarette / Azofra
Mercredi 30 septembre – Azofra / Grañón
Paroles d’encouragement reçues
Jeudi 1er octobre – Grañón / Tosantos
Vendredi 2 octobre – Tosantos / Agès
Samedi 3 octobre - Agès / Burgos / Rabé de las Calzadas
Dimanche 4 octobre – Rabé de las Calzadas / Hontanas
Lundi 5 octobre – Hontanas / Boadilla del Camino
Mardi 6 octobre - Boadilla del Camino / Carrión de los Condes
Mercredi 7 octobre - Carrión de los Condes / Terradillos de los Templarios
Jeudi 8 octobre - Terradillos de los Templarios/Bercianos del Real Camino
Vendredi 9 octobre - Bercianos del Real Camino / Mansilla de las Mulas
Samedi 10 octobre - Mansilla de las Mulas / Léon / Virgen del Camino
Dimanche 11 octobre - Virgen del Camino / Hospital de Órbigo
Lundi 12 octobre - Hospital de Órbigo / Astorga / Murias de Rechivaldo
Mardi 13 octobre - Murias de Rechivaldo / Rabanal del Camino
Mercredi 14 octobre – Rabanal del Camino / Molinaseca.
Réponses à mes tweets
Jeudi 15 octobre – Molinaseca / Cacabelos
Vendredi 16 octobre – Cacabelos / Vega de Valcarce
Samedi 17 octobre – Vega de Valcarce / Fonfria
Dimanche 18 octobre – Fonfria / San Mamede
Lundi 19 octobre – San Mamede / Portomarin / Gonzar
Mardi 20 octobre – Gonzar / Pontecampaña.
Mercredi 21 octobre - Pontecampaña / Ribadiso da Baixo
Jeudi 22 octobre – Ribadiso da Baixo / Pedrouzo
Vendredi 23 octobre - Pedrouzo / Santiago de Compostela
Samedi 24 octobre - Santiago de Compostela / Hendaye en train
Dimanche 25 octobre - Hendaye / Bordeaux / Nantes en train
Messages de félicitations
Mon premier Chemin de Compostelle, je l’ai effectué en 2012 en partant de chez moi.
J’ai emprunté le Chemin Vendéen pour rejoindre, à Saintes, la Voie de Tours jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port, puis le Camino francés jusqu’à Santiago de Compostela.
Je suis partie de Bouaye avec Monique, ma belle-sœur. Une fracture de fatigue au talon et une tendinite à un genou l’ont contrainte à abandonner le Chemin à Gradignan (près de Bordeaux).
J’ai continué seule et suis allée jusqu’au bout. Je suis rentrée chez moi heureuse et comblée par ce Chemin. C’était une expérience unique et forte.
Deux années se sont écoulées, le Chemin était toujours très présent en moi.
Puis, l’envie de repartir a commencé à poindre. Monique, qui était très déçue de n’avoir pu aller jusqu’au bout, m’a aidée à prendre la décision de refaire le Chemin de Compostelle avec elle mais, cette fois-ci, par la Voie du Puy-en-Velay.
Alors que ma décision de partir était prise, un problème d’épaule est venu m’embêter. Il fallait trouver une solution. Après quelques recherches sur Internet, j’ai opté pour l’achat un chariot. Mon choix s’est porté sur le « Carrix ». En voici la description :
Composé d’un harnais auquel s’accroche un chariot ingénieux, il permet de reporter la quasi-totalité du poids du sac à dos sur la roue, soulageant ainsi les jambes et surtout le dos. Sa maniabilité et sa stabilité sont surprenantes au bout d’un petit temps d’apprentissage. De plus, le Carrix a été étudié avec des critères de solidité et de fiabilité extrêmement exigeants, permettant une utilisation intensive sur tous terrains, même très accidentés.
Quand un passage devient trop engagé, voire aérien, il est possible d’enfiler le sac en quelques instants sans l’enlever du Carrix, ni démonter ce dernier.
Lors des phases de transit (gares, aéroport, etc.) le Carrix est utilisé comme un chariot à pousser, une fois les bras de tirage repliés. Le Carrix est un matériel très léger, entièrement pliable en quelques instants.
L’apprentissage s’est fait sur le parcours de Roche-Ballue, près de chez moi, où il y a quelques petites montées et descentes dans du rocher et des passages délicats tels que passerelles, escaliers et grandes marches de différentes hauteurs. Ce n’était pas évident mais je n’avais pas le choix, le Chemin, c’est avec le Carrix ou il ne se fait pas.
Avec cet engin, je fus l’attraction du Chemin, comme vous le lirez plus loin.
Plusieurs personnes de ma famille ou de mes ami(e)s, ont émis le désir de me suivre tout au long de ce Chemin et m’ont demandé de leur donner de mes nouvelles. J’ai opté pour des envois réguliers (texte et photos) par l’intermédiaire de Twitter
J’ai mis en application cette formule juste avant mon départ pour m’assurer que cela fonctionnait bien.
Voici les premiers messages que j’aie reçus en retour et qui m’ont bien encouragé pour le grand départ.
Bonjour Joelle
Ça ne m'a pas beaucoup surpris ce projet de nouveau chemin. Tu as tellement apprécie ton premier, malgré la déception de devoir le faire seule, les piqures (n’oublie pas la petite nappe!), les chutes, les maux de pieds... Tu as tout le courage qu'il faut pour ce nouveau défi. Je t'y suivrai avec intérêt, quels beaux souvenirs on a en commun... Buen camino, je vais penser à toi.
Ma sœur et moi avons fait 10 jours de rando itinérante du Puy-en-Velay à Conques. 10 jours merveilleux du 21 juin au 2 juillet. On a adoré... je t'envie. Je te souhaite de réussir ce périple avec ta belle-sœur. Nous préparons la suite pour l'année prochaine. Le chemin de Compostelle est une vraie drogue. Quand on a commencé on ne rêve plus que de repartir. Bises
Je te trouve formidable de repartir ainsi pour un si grand voyage. Je ne sais pas si tu referas ton petit livret, mais j'ai beaucoup apprécié la lecture de celui de ton premier voyage. Je pense que tu tiendras compte des aléas du premier voyage pour perfectionner le second. C'est sacrément long ! Quelle belle expérience.
Malheureusement, je ne suis ni face book ni twitter. Je te suivrai donc par la pensée. Ce sera encore un parcours plein de rencontres et de moments forts, passant par des hauts et des bas (je n’espère pas trop).
Bonne route à vous, bon courage. Je t'embrasse et je t'envoie un peu d'énergie, tu pourras te brancher sur "ma batterie" pour t'aider à marcher quand le moral sera un peu moins bon, tu sauras que je pense à toi. Bises,
Je suis admirative de ton nouveau départ.... Bon courage, ... je serais ravie que tu m'emmènes sur la route avec toi... pour t'encourager d'abord, pour t'accompagner, pour prier avec toi ensuite. Merci de me porter, ainsi que mes enfants dans tes prières.
Bon chemin ! Je penserai à toi, je veux bien de tes nouvelles... Je repense à ce qu'on a vécu en journée pastorale du pays de Retz en juin où tu es venue témoigner. Je suis sûre que ce nouveau départ, ce nouveau pèlerinage, sera encore plus intense que le premier.
Mon ordi est réparé juste à temps pour recevoir ton message et t'envoyer une grande brassée d'amitié, de soutien et de bises !
Tu sais que je le trouve élégant ce Carrix, quand je pense que tu me l'avais décrit comme une brouette !!
Trêve de plaisanterie ... Avec toi par la pensée sur le Chemin et le meilleur pour vous deux
On vient de voir la photo de la pèlerine harnachée ! Bon vent pour cette nouvelle aventure...
CHAPEAU Joëlle ! Nous sommes fiers de toi !
Le Carrix sera la grâce de cette année ....
Nous sommes avec vous par la pensée, je vois que vous avez investi dans du matériel de transport. La région de Lauzerte, Moissac, Auvillar, Lectour, Condom je connais pour y être passé d'innombrables fois pour mon travail.
Nous vous souhaitons bons pieds, bonne allure une foi inébranlable et beaucoup de courage.
Je pense bien à toi en cette veille de départ. Je te porterai dans mes prières comme tu me porteras dans les tiennes...
Je te souhaite bon, très bon, courage, de belles rencontres surtout, une belle forme physique qui te permette d'avancer au rythme que tu le souhaites.
Bon courage ma Jojo et bon chemin, avec toute mon admiration et mon amitié
Lever à 5h15 et départ pour la gare de Nantes. Il ne faut surtout pas rater le départ... And m'accompagne jusqu'au train. Première petite émotion lors de l'au revoir sur le quai....
C’est un train à deux niveaux, nous sommes à l'étage, le Carrix monte sans problème.
Aidées de nos livres-guides, nous cherchons les possibilités d’acheter ou de prendre nos premiers repas. Pour l'instant, la marche ne nous préoccupe pas, "le boire et le manger" nous paraît plus important.
Premier contretemps..... A l’arrivée à Lyon notre train a pris 38 minutes de retard, nous ratons notre correspondance pour le Puy-en-Velay. Prochain train à 15h05 : 3 heures d'attente et une arrivée à 17h20 au lieu de 14h28 initialement. Pour le coup, nous avons grandement le temps de manger. Nous trouvons une bonne place dans la gare au frais – dehors il fait 31 degrés –. Nous dégustons nos sandwichs tout en appréciant l’excellente musique que joue pour nous un pianiste amateur.
Voie C nous attend notre ange. Elle s'appelle Sœur Colette et habite à la Maison Saint François au Puy-en-Velay, notre gîte pour ce soir. Nous voyageons en sa compagnie. Elle nous fait profiter de son expérience du trajet ainsi que de la voiture qui l’attend à la gare. Dix minutes plus tard, nous sommes au gîte et.... notre ange disparaît.
A la Maison des Pèlerins du Puy, nous sommes accueillies par des bénévoles du Chemin. Autour d'un kir, nous faisons la connaissance de pèlerins, qui comme nous, attaquent la première étape demain matin.
Petit tour au LIDL pour l’approvisionnement de ce soir et de demain. 20 h arrivent très vite, il faut encore faire notre lit, prendre notre douche et préparer notre dîner. Il est 22 h lorsque je m'allonge sur mon lit...
La journée a passé très vite et d'une manière très calme sans énervements pourtant possibles.
7h Messe à la Cathédrale avec l'évêque du diocèse. Il assure aussi la bénédiction des pèlerins d'une manière très détendue et très sympathique. On nous remet une médaille de Saint-Jacques ainsi qu'une intention de prière et un chapelet en plastique blanc, moche (comme le dit l'évêque) mais qui a le mérite d'être léger. Puis c'est la descente des 120 marches de la Cathédrale décorées à l'occasion du 15 août. Tout va bien avec le Carrix, je fais une forte impression. Un pèlerin avec un sac à dos, ça n’intéresse personne, mais une pèlerine avec un Carrix, c’est moins banal : j’ai l’impression que tout le monde veut me prendre en photo.
Nous traversons le Puy et prenons la route de Saint-Jacques-de-Compostelle (1.522 km indique une pancarte). La route grimpe assez vite avec une belle vue sur la ville. Nous marchons en compagnie des pèlerins rencontrés à la Maison des Pèlerins la veille : Sinsayd et Laurence, un couple de Québec, et d'autres qui nous dépassent très vite.
Alors que Sinsayd reste indépendant, Laurence à l'air de vouloir nous suivre. La québécoise s'arrête souvent, un jeu de dépassement s'installe très vite. En fait, elle a mal au dos, son sac est trop lourd. Elle aura du mal à atteindre Saint-Privat, terme prévu de son étape de 23 km. Nous la perdons de vue puis soudain, dans la matinée, elle nous dépasse avec son compagnon de route. Elle n'a plus son gros sac, seulement un tout petit avec une bouteille d'eau. "J'ai trop présumé de mes forces" nous dit-elle. Elle a des amis au Puy-en-Velay qui sont venus lui enlever son fardeau.
Laissant Sinsayd partir à son allure, Laurence se décide à voyager avec nous. Elle a vraiment envie de parler et elle engage avec Monique une longue conversation qui se poursuivra jusqu’à Montbonnet. Je marche devant avec mon Carrix. Tout va bien.
Le Chemin est bien balisé grâce au symbole de la coquille Saint-Jacques et aux repères blancs/rouges du GR 65. Il longe des routes, des petits chemins ruraux, des passages à travers champs et des sentiers de randonnée à travers prés et hameaux avec des montées faciles en général mais parfois très raides.
Juste avant l’arrivée à Montbonnet, nous nous arrêtons à la petite Chapelle Saint-Roch. Là nous attend un prêtre, accompagné d’un laïc, qui nous raconte l’histoire de Saint-Roch, le saint patron des pèlerins :
« À sa majorité, il distribua tous ses biens aux pauvres et partit en pèlerinage pour Rome,
Il s’arrêta dans plusieurs villes d'Italie atteintes par la peste et s’employa à servir les malades dans les hôpitaux.
Roch finit par attraper lui-même la maladie et il se retira dans une forêt près de Plaisance pour ne pas infecter les autres. Seul le chien de chasse du seigneur du voisinage vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître. Ce dernier, intrigué par le manège de l'animal, le suivit en forêt et découvrit le saint blessé, qu'il put ainsi secourir. Saint-Roch est généralement représenté avec son chien (Saint Roquet, d'où le terme de roquet pour désigner un chien), dont il est inséparable, d’où l’expression, pour parler de deux personnes qui en se quittent jamais : « c'est Saint-Roch et son chien ».
Selon la légende, il revint dans sa patrie vers l'âge de trente ans, guéri mais défiguré par les mortifications qu'il avait subies. Personne, pas même son oncle devenu gouverneur de la ville, ne le reconnut. Il fut pris pour un espion et jeté au cachot. Par humilité, il y demeura incognito et périt de misère, ses concitoyens ne s'étant rendu compte que trop tard de leur méprise. C'est en effet à sa mort qu'ils découvrirent, sur son corps, une marque de naissance en forme de croix. »
Quelques centaines de mètres après la Chapelle, nous sommes à Montbonnet - notre étape d’aujourd’hui - et la fin de nos 16 premiers kilomètres.
Gîte de l'Escole : sur la porte du grand portail une affiche indique que le gîte ouvre à 15h00. Il est 14h15 – ¾ h à attendre dans la rue, sur le trottoir -. J’essaie d’ouvrir, la porte n’est pas fermée, nous entrons dans le jardin. Sinsayd est déjà installé sur une chaise. Nous le rejoignons et, avec grande hâte, j’ôte mes chaussures et enfile mes Crocs.
A 15h00 le portail s’ouvre. L’hospitalière entre et s’étonne grandement de nous voir.
« Qui vous a permis d’entrer ? C’est chez moi ici ! Vous ne manquez pas de toupet ! » Et de continuer de nous réprimander. Comme accueil on ne fait pas mieux ! Je lui propose qu’elle nous donne une punition à faire ….
Le gîte porte bien son nom, il est dirigé d’une manière très scolaire, très catégorique et très sèche. Dommage que j’aie retiré mes chaussures et que je me sois déjà installée « dans ma tête », sinon j’aurais repris la porte dans l’autre sens !
Nous serons sept pèlerins ce soir dans le gîte. Un couple d’Allemands, Ulrich et Roswitha, Sinsayd, Laurence, Lionel, un jeune qui arrivera vers 19h00, Monique et moi. Lionel est parti de chez lui, à Caen ce matin, par covoiturage ; arrivé au Puy-en-Velay en début d’après-midi, il s’est engagé tout de suite sur le Chemin.
Au réveil, Monique découvre entre son matelas et son plastique de protection, horreur ! quatre ou cinq punaises de lit... Nous en informons notre "charmante hôtesse" qui nous dit que ce lit était en « haute surveillance ». Elle aurait pu prévenir ....
Nous partons à 8h avec Laurence.
Petit chemin de randonnée qui monte légèrement puis descend en pente douce à travers champs.
Rencontre d’Astrid, une jeune fille de Rouen qui va jusqu'à Conques. La conversation s’engage sur l’expérience de mon Chemin de 2012. Elle est très intéressée.
Nous traversons de charmants villages dont tous les corps de ferme et les maisons, grandes et belles, associent la pierre blanche et la pierre volcanique de couleur grenat. Je trouve cela magnifique. La dernière partie du chemin, dans les gorges de l’Allier, est en descente très raide dans des sentiers étroits avec cailloux et racines, belles pierres et gros rochers. Dur, dur. Mon Carrix en reste marqué !
Etape de 14,5 km seulement, mais ce n’est pas tout plat !
Nous arrivons au camping Le Vivier qui fait également gîte. Laurence installe sa tente, avec la permission téléphonique de la gérante. Nous faisons le tour du camping mais ne trouvons pas le gîte. Nous prenons notre douche et lavons notre linge. L'accueil du camping ouvre ses portes, on nous apprend que le gîte se trouve en haut du village. Il nous faut refaire nos sacs à dos, nous rechausser et grimper jusqu'au gîte. Quelle galère ! Mais l'accueil est tellement plus agréable que celui de la veille qu’il nous fait oublier tous ces petits tracas. Le gîte est une grande bâtisse communale sans attrait particulier. Là encore il faut descendre nos sacs et chaussures au sous-sol et remonter nos affaires personnelles dans des bacs en plastique noirs (ça s'améliore...). Nous ne sommes pas seules, une pèlerine est déjà là. Une fois installées, nous redescendons au camping. Je m'attable devant une bonne bière fraîche. Nous dessinons nos futures étapes et téléphonons pour réserver nos gîtes futurs. Pour le dîner, que nous prenons au camping, je prends un bon steak du pays avec frites, accompagné d'un verre de vin. A la table d’à côté, deux pèlerines, une maman et sa fille ; elles sont Belges. Cette nuit, elles dorment à l’hôtel.
Laurence nous raccompagne, nous papotons dehors et la pèlerine nous rejoint. Karen est allemande. Elle me demande de lui trouver un gîte pour demain, elle a du mal à s'exprimer en français. Je sors donc mon téléphone et la dépanne. En remerciement, nous avons droit, en soirée, à un mini concert de flûte. Très sympa.
Je dors très mal, j'angoisse quand je pense à l’étape de demain qui s’annonce redoutable. Si les sentiers de montée sont du même acabit que ceux de la descente d'aujourd'hui, avec le Carrix, je n'y arriverai pas.
Cette nuit pendant ma longue insomnie, j’ai décidé de ne pas couvrir mon sac à dos du sac poubelle pour laisser les bretelles libres afin que je puisse le porter en cas de grosses difficultés et je demande à Monique de porter la moitié du pique-nique.
Apres un passage à la boulangerie-épicerie, nous prenons la route. Ça monte bien avec des sentiers très caillouteux ; c’est dur mais ça passe. Une très belle vue sur Monistrol d'Allier. Passage devant la Chapelle de la Madeleine, nous ne nous arrêtons pas (dommage nous dit-on) car juste après le chemin gravit une pente très ardue, objet de mon angoisse. Des madriers en bois permettent de progresser à l’endroit le plus raide. J’en ai plein les bras, je dois faire un gros effort à chaque madrier pour aider le Carrix à passer l’obstacle.
Ouf ! Maintenant c'est du gâteau et je le déguste, l'angoisse s'est envolée. J'apprécie le paysage ; d'abord un joli sentier qui serpente tout en montant régulièrement dans une très belle forêt puis qui longe les champs et les prés avec un panorama large et découvert sur la Margeride. Nous rencontrons un grand troupeau de moutons, un bélier à grandes cornes avec ses petits, des cochons tout roses qui sortent d'une porcherie construite en pierres du pays, un petit veau qui s'est évadé de son pré et qui ne sait comment faire pour retrouver sa mère nourricière. Finalement, sa maman s'est approchée de la clôture en barbelés et le petit veau a pu atteindre les pis.
Je prends le temps de vivre le paysage, de me plonger dans mon intériorité, dans le silence, la disponibilité, la curiosité, l’inutile !
Nous traversons de minuscules villages tout endormis, avec des bâtisses en pierres toujours aussi belles. Arrêt a Rochar chez Josie pour déguster sa tarte aux myrtilles. Succulente. Nous arrivons, sans nous presser à Saugues 1 (étape de 12 km seulement). Nous laissons Laurence à son gîte puis filons vers le nôtre, un "donativo" (on donne ce que l'on veut financièrement). Très bon accueil. Autour d'un verre, nous discutons du Chemin. Les hospitaliers l’ont déjà fait et nous partagent leur vécu : gîte, rencontres, difficulté des sentiers etc.
