mon chemin vers compostelle - Joëlle Thibaud - E-Book

mon chemin vers compostelle E-Book

Joëlle Thibaud

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Beschreibung

Journal de mon chemin de Compostelle en partant de chez moi, près de Nantes, jusqu’à Santiago de Compostela : 62 jours de marche - 1.600 km. Je décris mes joies et mes peines, mes peurs et mes doutes, et les nombreuses rencontres que j’ai vécues et qui m’ont fait vivre cette inoubliable et forte expérience .

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Seitenzahl: 253

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Pour mes petits-enfants

et pour tous ceux

qui m’ont accompagnée

Bouaye - St Jacques de Compostelle 15 août - 16 octobre 2012 62 jours - 1600 km

« La marche est une dérobade, un pied de nez à la modernité.

Elle est un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies, une manière propice de prendre de la distance et d’affûter ses sens »

(David Le Breton)

Sommaire

Mercredi 15 août – Le Bignon – 22 km

Jeudi 16 août – Gorges – 21 km

Vendredi 17 août – Montaigu – 21km800

Dédicace sur mon carnet de route

Samedi 18 août – Saint-Fulgent – 22 km

Dédicace sur mon carnet de route

Quelques messages reçus

Dimanche 19 août – Saint-Vincent-Sterlanges – 22km600

Lundi 20 août – La Caillère/Saint-Hilaire – 26 km

Quelques messages reçus

Mardi 21 août – Bourneau – 19 km

Dédicace de mon carnet de route

Mercredi 22 août – Nieul-sur-l’Autize – 31 km

Jeudi 23 août – Saint-Hilaire-la-Palud – 28 km

Vendredi 24 août – Surgères – 24 km

Quelques messages reçus

Samedi 25 août – Saint-Jean-d’Angély – 33 km

Dédicace sur mon carnet de route

Dimanche 26 août – Saintes – 35 km

Lundi 27 août – Pons – 22km200

Mardi 28 août – Mirambeau – 29km800

Mercredi 29 août – Saint-Aubin-de-Blaye – 17 km

Dédicace sur mon carnet de route

Paroles du chant « Ultreïa »

Jeudi 30 août – Blaye – 31km900

Quelques messages reçus

Vendredi 31 août – Blanquefort – 28 km

Samedi 1er septembre – Gradignan – 21km900

Quelques messages reçus

Dimanche 2 septembre – Le Barp – 26km500

Lundi 3 septembre – Mons – 19km600

Quelques messages reçus

Mardi 4 septembre – Moustey – 20 km

Mercredi 5 septembre – Labouheyre – 27 km

Maxime de Michel

Jeudi 6 Septembre – Onesse – 25km700

Anecdote au moment du dîner

Vendredi 7 septembre – Taller – 25 km

Samedi 8 septembre – Dax - 23km400

Dimanche 9 septembre – Peyrehorade – 20km200

Quelques messages reçus

Lundi 10 septembre – Arancou – 20km800

Mardi 11 septembre – Saint-Palais – 19km100

Mercredi 12 septembre – Ostabat – 11 km

Quelques messages reçus

Jeudi 13 septembre Saint-Jean-Pied-de-Port – 22km700

Vendredi 14 septembre – Ronceveaux – 27km100

Samedi 15 septembre – Zubiri – 22km

Ma rencontre avec Peter

Dimanche 16 septembre – Pampelune – 20km800

Lundi 17 septembre – Puente-La-Reina – 23km500

Mardi 18 Septembre – Estella – 22km700

Mercredi 19 septembre – Los Arcos – 21km500

Jeudi 20 septembre – Viana – 19km100

Vendredi 21 septembre – Navarrete – 22km400

Samedi 22 septembre – Azofra – 23km600

Dimanche 23 septembre – Grañón – 22 km

Lundi 24 Septembre - 50ème jour de marche – Tosantos – 21 km

Mardi 25 septembre – Agès – 23km500

Quelques messages reçus

Mercredi 26 septembre – Burgos puis Tardajos – 34km800 (dont une grande partie en bus)

Jeudi 27 septembre – Hontanas – 21 km

Vendredi 28 septembre – Boadilla de l Camino – 28km700

Samedi 29 septembre – Carrión de los Condes – 26km300.

Dimanche 30 septembre – Terradillos de los Templarios – 26km300

Lundi 1er Octobre – Bercianos del Real Camino – 24km200

Quelques messages reçus

Mardi 2 octobre – Mansilla de las Mulas – 26km500

Mercredi 3 octobre - Léon – 18km900 (dont une partie en bus)

Jeudi 4 octobre – San Martin de Camino – 22km800

Vendredi 5 octobre – Astorga – 25km600

Samedi 6 octobre – Rabanal del Camino – 22 km

Quelques messages reçus

Dimanche 7 octobre – Molinaseca – 26km100

Lundi 8 Octobre – Cacabelos – 23km500

Mardi 9 octobre – Vega de Valcarce – 27km700

Mercredi 10 octobre – Fonfria – 26km100

Jeudi 11 octobre – San Mamede 24km500

Chantal la Bruxelloise

Quelques messages reçus

Vendredi 12 octobre – Portomarin – 28 km

Samedi 13 octobre – Ponte Campana – 29 km

Impression du jour

Dimanche 14 octobre – Ribadiso de Baixo – 22 km

Lundi 15 octobre – Pedrouzo/Arca do Pino – 22 km300

Mardi 16 octobre – Saint-Jacques-de-Compostelle–21 km

Quelques messages reçus

Mercredi 17 Octobre

Jeudi 18 octobre – Fistera

Le retour

Vendredi 19 octobre

Samedi 20 octobre – Bouaye

Quelques messages reçus

Paroles de la chanson Moi Mes Souliers

Mes compagnons de route

En guise de conclusion

Mercredi 15 août – Le Bignon – 22 km

C’est le grand départ.

A 8h00 je ferme la porte de chez moi.

Mes voisins, Bernard et Andrée, viennent me saluer, première petite émotion…

Je pars accompagnée de Claude, Marie, Véronique et And, rejoindre Monique chez elle.

Aux feux de l’église, je croise Jean ; il est en voiture, il s’arrête, ouvre sa vitre et me souhaite bon chemin. Un peu plus loin, c’est Michèle, elle descend de voiture, traverse la route et vient me saluer. Ça fait plaisir : nouvelle petite émotion.

Nous arrivons chez Monique ; Hélène, Maryline sont là. Michel, le journaliste, prend quelques photos pour son article.

Nous partons, Patrice nous accompagne jusqu’à Pierre Aigüe, And retourne à la maison.

Premier arrêt à la pancarte de Bouaye pour la photo et nous filons par le chemin du lac. Nous rencontrons Nelly qui fait son jogging habituel ; elle marche avec nous jusqu’à Pierre Aigüe.

Halte place de l’église à Saint-Aignan, les thermos de café sont à peine sorties que la belle-maman de Carole, qui a sa maison juste sur la Place, nous invite à prendre un café chez elle. On fait la queue aux toilettes ; tout le monde en profite…

Nous repartons, quelques gouttes de pluie viennent un peu nous embêter, mais les ponchos restent au sec.

Devant, les filles marchent très vite en papotant ; elles n’ont pas 12 kg sur le dos et ne sont pas parties pour faire 1.600 km. Marie et Claude suivent notre allure.

Nous nous arrêtons au pied d’une vigne pour pique-niquer. Véronique sort sa nappe. A la fin du repas, elle nous offre le café, c’est sympa !

Nous arrivons très vite au Bignon (sans doute trop vite pour nos pieds, nous le verrons plus tard). Nous faisons une pause à la pancarte du Bignon avant d’aller chez nos premiers hébergeurs : Philippe et Odile (beau-frère et belle-sœur de Véronique). Très bon accueil.

Nous prenons tout de suite notre douche. Première ampoule : nous avons marché trop vite !

Odile nous propose de laver notre linge avec le sien qui était en attente dans la machine. Elle fait des crêpes succulentes pour tout le monde. Claude et Marie partent avec Rémi qui est venu les chercher, Maryline profite de la voiture.

Nous attendons Jean-Marc et Patrice pour l’apéro . Nous passons à table : salade de crudités avec thon et potée au poulet. En dessert, de délicieux macarons (Odile travaille dans l’entreprise qui les fabrique).

Il est 22h30, nos accompagnateurs du jour repartent et nous, nous allons dormir.

Jeudi 16 août – Gorges – 21 km

J’ai bien dormi bien que réveillée un peu tôt. Lever à 6h30, en forme. Un bon petit déjeuner nous attend : yaourt, compote, etc. Odile nous donne le reste de salade composée et des crêpes qui nous serviront de déjeuner.

Le sac à dos va peser un peu plus ! Nous passons à la boulangerie puis nous prenons la route.

Arrêt à Aigrefeuille : courses pour le dîner. Encore un peu de poids en plus dans les sacs à dos.

Nous traversons la Maine par une agréable passerelle et trouvons le petit chemin (lors du repérage, nous avions eu beaucoup de difficulté à le découvrir). Nous décidons de continuer ; nous déjeunerons à l’arrivée chez Olivier, même s’il est un peu tard.

Nous prenons le chemin agricole indiqué sur le plan, mais, à notre grande surprise, il s’évanouit dans les champs. Nous avisons une ferme au loin, il n’y a pas âme qui bouge. Nous continuons toujours à travers champs, jusqu’à une petite route qui traverse un village. Nous sommes perdues… Il est déjà 13h30. Nous sonnons à une porte, attendons, pas de réponse. Soudain la porte s’ouvre. Une personne âgée, qui était à faire sa sieste avant d’aller « au club », nous apprend que nous avons fait un détour d’au moins quatre km. Déception : nous sommes déjà fatiguées et avons hâte d’arriver chez Olivier pour déjeuner.

Nous arrivons à Gorges vers 14h30 dans une maison bien fraîche.

Après le repas, nous soignons nos ampoules : deux grosses pour Monique, une pour moi. Ce soir, au lit de bonne heure.

Vendredi 17 août – Montaigu – 21km800

Très bonne nuit chez Olivier. Nous partons vers 8h30. Direction Clisson, la gare, le château. Nous demandons notre chemin ; traversons un très grand parc, bien conçu, avec panneaux pédagogiques sur différents thèmes, c’est bien agréable.

Monique a un problème avec ses ampoules au talon : je lui prodigue quelques soins.

Nous rencontrons des joggeurs, des marcheurs : ils nous questionnent, nous souhaitent bonne route et bon courage.

Photo-souvenir de la première balise du Chemin de Compostelle.

Nous continuons par un sentier très agréable en bord de Sèvre, puis nous accédons à la route. Il commence à faire chaud.

Des pancartes pour vélo indiquent : Montaigu 15 km ! Nous marchons déjà depuis un certain temps : c’est impossible ! Je suis complètement découragée. Il doit y avoir une erreur ! Il fait chaud, je grogne.

Au bout d’un moment, qui m’a paru très long, nous quittons la piste cyclable pour retrouver un sentier pédestre. Ah enfin !

Montaigu n’est plus qu’à 3km500 !

Nous marchons sur une petite route, en plein soleil, il fait très chaud : nous sommes fatiguées.

Il est 15h00 lorsque nous arrivons, épuisées, à Montaigu.

Au premier carrefour, un bar « salvateur » se présente à nous. Le cafetier très sympa me sert une grande bière (50 cl) bien fraîche.

Lorsqu’ils aperçoivent notre coquille, les clients, comme le patron du bar, engagent, chaleureusement, la conversation. Une bande de jeunes (18/19 ans) de la table d’à côté s’intéresse à nous, ou plutôt au Chemin, nous discutons avec eux.

Nous filons à la Mairie faire tamponner notre crédentiale, puis nous nous dirigeons vers le Leclerc, lieu de rendez-vous avec Annick qui nous héberge cette nuit.

Nous n’avons toujours pas déjeuné, juste un peu de pain sec et de l’eau pendant la marche. Nous achetons et dégustons des fruits en attendant Annick.

Nous sommes installées dans une petite annexe à 50 mètres de leur maison.

La douche est la bienvenue ! Nos ampoules sont soignées, notre linge se lave dans la machine d’Annick et l’apéro nous attend au frais dans leur maison. Nous dînons dehors des produits de leur jardin : excellent !

Michel, le mari d’Annick, nous propose de nous conduire demain matin au couvent de la Fouchardière ; c’est sur notre route et ça nous rapproche de Saint-Fulgent : notre destination.

Trois bonnes raisons d’accepter cette proposition :

- assister à la messe avec les Carmélites

- diminuer notre étape, ce qui convient bien aux ampoules de Monique

- faire une « grasse matinée » de 45 minutes…

Dédicace sur mon carnet de route :

« Que le Seigneur vous donne le repos et la force pour continuer sur ce chemin où il vous appelle. Qu’Il bénisse votre parcours » Amen – signé : Michel et Annick

Samedi 18 août – Saint-Fulgent – 22 km

Nous assistons à la messe avec les neuf carmélites : nous les apercevons à peine. Dans leur quotidien, elles fabriquent des hosties.

Michel nous avance un peu sur le chemin et nous dépose au moulin Fonsard. Nous longeons une retenue d’eau pendant un certain temps. Nous traversons le barrage et, de l’autre côté, nous longeons la rivière « La Maine ». Sentier très agréable, à l’ombre. Puis nous prenons une route : c’est beaucoup moins bien ; ça nous échauffe les pieds. Nous jouons à aller un coup à droite, un coup à gauche, pour bénéficier de l’ombre : il fait très chaud.

A 13h30 nous arrivons à Saint-Fulgent, juste devant un Super U. Ça tombe bien : c’est l’heure de déjeuner. Nous entrons : Oh délices, éternité de délices ! Il y a bien 15 degrés de moins que dehors : c’est très agréable.

Nous sommes très bien reçues à l’accueil : le sac à dos et la coquille font leur effet… On nous décharge de nos sacs ; ils sont mis en lieu sûr.

- C’est une clé cette coquille Saint-Jacques : nous n’avons pas besoin d’aller vers les gens, ce sont eux qui viennent vers nous, qui discutent, qui nous encouragent. C’est vraiment très plaisant. -

Dans les rayons frais du magasin, nous prenons tout notre temps : nous y sommes bien. Nous achetons boisson, salade composée, fruits, et même une part de flan.

On nous propose gentiment de prendre notre repas sur un banc au frais à l’intérieur du Super U.

Devant nous : la pharmacie. Nous sommes très bien accueillies par une petite pharmacienne qui bichonne le talon de Monique.

Nous sortons du Super U et nous nous dirigeons vers le centre de Saint-Fulgent, car nous voulons faire tamponner notre crédentiale à la Mairie. Nous sommes samedi après-midi et c’est fermé. Arrêt dans un bar pour prendre un café. Nous sommes reconnues comme pèlerines de Compostelle et le cafetier nous propose de tamponner notre « feuille de route ».

Appel téléphonique à notre hébergeuse qui arrive dans les 5 minutes. Elle nous conduit chez elle, dans une grande et belle maison qui vient tout juste d’être rénovée, toute moderne avec une grande piscine. Dommage, nous n’avons pas nos maillots !

Nous avons chacune notre chambre avec une douche rien que pour nous. Notre linge est lavé à la machine et, vu le temps qu’il fait, il va sécher très vite. Nous discutons avec nos hôtes à l’intérieur, il fait plus frais. Ce sont des gens dans nos âges : Francette et Eugène. Ils ont un élevage de cochons ; leur fils, qui habite à côté, travaille avec eux.

Francette nous demande nos motivations pour faire ce pèlerinage ; elle ne veut pas héberger de faux pèlerins qui prennent des vacances à pas cher. Il faut dire qu’ils nous hébergent gratuitement, logement et nourriture.

Dédicace sur mon carnet de route :

« C’est avec joie que nous vous avons accueillies ; en souhaitant que cette pause, dans votre long périple qui commence, vous ait été bénéfique. Bon courage pour la suite de votre voyage. Signé : Marie-Françoise et Eugène.

Quelques messages reçus :

23. Salut les marcheuses. Avec ce soleil de plomb, n’oubliez pas de vous hydrater, non, non, pas au p’tit rosé !... Alors super le Vegebom, soignez bien les bobos.

24. J’ai toujours un moment dans la journée où j’ai une pensée pour nos marcheuses. J’espère que tout va bien pour vous.

25. Chère Joëlle, J’ai cherché sur Internet pour suivre un peu votre périple, mais je n’ai pas trouvé le Couvent de la Fouchardière que tu m’indiques. Ce matin avec Paul, nous sommes allés à la messe au Sanctuaire de Saint Joseph à Entrammes, tout près de chez nous et vraiment je vous ai confiées ta belle-sœur et toi à Saint Joseph, qui lui aussi a beaucoup voyagé, afin qu’il veille sur vous. Hier samedi, il y a eu un reportage, aux informations, sur les pèlerins qui comme vous, vont à pied à Saint-Jacques-de-Compostelle. J’ai regardé avec plaisir en pensant à vous . Avec ces grosses chaleurs vous devez un peu souffrir ! Nous avons eu jusqu’à 35° chez nous et franchement je fais la sieste plus que d’habitude.

Que Dieu vous protège et vous bénisse ! Courage ! Combien de kilomètres déjà effectués ? Bravo ! Je t’embrasse très fort.

Dimanche 19 août – Saint-Vincent-Sterlanges – 22km600

Bien que nous ayons eu, Monique et moi, deux chambres séparées, nous avons passé une mauvaise nuit : j’ai dormi à peine 3 heures et d’un sommeil agité, Monique également. Nous nous sommes sans doute déjà habituées à dormir ensemble ….

Nous nous levons à 5h30, préparons nos sacs. Le petit déjeuner nous est servi à 6h15 et à 6h50, Francette nous emmène en voiture jusqu’au lieu de départ à Saint-Fulgent.

Il pleut quelques gouttes. C’est un temps très lourd, très orageux, pas agréable, il fait moite. Bon… c’est le temps d’aujourd’hui et il faut bien l’accepter…. La première partie se déroule sur une route, sans problème. Nous marchons bien. En arrivant à Vendrenne, face à nous, un panneau signalétique annonce : Mouchamps 7 km. C’est tentant, mais ce n’est pas « le chemin de Compostelle » qui évite les routes et qui fait souvent de grands détours.

Nous suivons la coquille mais, peu sûres de nous, nous entrons dans une grande boulangerie demander confirmation. Il y a beaucoup de monde, nous prenons la file - on apprendra par la suite, que cette boulangerie fait les meilleures brioches de Vendée – Nous n’avions pas envie de brioche, seulement nous assurer du bon chemin pour arriver au plus vite ; il faisait déjà chaud.

Nous reprenons la route, trouvons bien la forêt, ou plutôt le Parc Soubise - c’est le bois privé du château – Nous y pénétrons, il y a une coquille : parfait. Il va faire bon, au frais, à l’ombre.

Hélas, trop vite dit… Avec ce temps orageux, il y a plein de moustiques, de bestioles, d’insectes qui nous piquent de partout, on se tape les jambes, les cuisses, les bras, le visage, ce n’est pas agréable, pas agréable du tout.

Cette besogne nous occupe à plein temps, nous marchons sans nous soucier du reste.

Sommes-nous bien sur le bon chemin ? Nous ne voyons plus de coquille. D’après le plan il fallait bifurquer à droite ! Nous filons, nous filons toujours, et toujours pas de coquille.

Au bout du parc, nous débouchons sur une route, toujours pas de coquille. Aucun panneau ! Nous décidons de prendre le fléchage du GR (blanc et rouge) ; nous arriverons forcément quelque part. Nous sommes tentées d’aller demander notre chemin à une maison qui est un peu plus loin sur la route mais, réflexion faite, nous continuons sur le GR.

Je marche vite, j’ai hâte de voir une indication. J’invoque mes anges gardiens et tous ceux qui peuvent m’aider à retrouver le chemin. Mes prières sont exaucées : 5 minutes après, une coquille et à droite, le chemin par lequel nous devions venir. Nous avons fait un détour de 5/6 km. A pied, ça veut dire une bonne heure et demie de marche en plus. Nous commençons mal la journée, sans parler de mon mal de ventre (sans doute les mogettes d’hier soir) qui m’oblige à m’arrêter souvent pour me délester ; enfin, dans une forêt, c’est plus aisé.

Nous continuons, passons devant le château (photo-souvenir) en étant très attentives aux coquilles…

Nous arrivons à Mouchamps. L’urgence est de trouver un bar pour prendre une bonne bière bien fraîche. Je demande ½ litre de bière, le serveur me fait répéter, c’est bien ½ litre que je désire ! Nous nous installons sur la terrasse, déjà occupée par deux couples avec de jeunes enfants. Ils s’intéressent à nous : nous demandent nos prénoms, soulèvent nos sacs, nous proposent de nous conduire en voiture là où l’on veut pour que ça aille plus vite, nous posent plein de questions… Quand on se balade avec un sac à dos et une coquille, ça impressionne… Ils partent et nous continuons notre discussion avec deux ou trois autres personnes.

Il est 13h30, il faut penser à repartir : nous ne sommes pas arrivées.

Un peu plus loin, nous trouvons une aire de pique-nique. Nous n’avons rien mangé depuis ce matin : il nous reste un peu de pain et de pâté - ils sont les bienvenus.

Je fais prendre l’air à mes pieds et m’allonge pour une mini-sieste. Ça me fait beaucoup de bien. Nous repartons par un sentier relativement agréable.

Au bout de 5 km 500, nous arrivons à Saint-Vincent-Sterlanges. Mais, bien sûr, la maison de nos hôtes est à l’autre bout du village.

Une grande grille blanche, derrière, une grande maison bourgeoise. Oh là là ! Où mets-je les pieds ! Nous rentrons, comment faire autrement ? Le propriétaire arrive à notre rencontre. Je l’avais eu plusieurs fois au téléphone en le tutoyant d’office ; sa femme Odile fait partie d’un groupe de prière où le tutoiement est de rigueur. Quand je vois le personnage et la maison, je me sens, d’un coup, pas très à l’aise.

Les enfants et petits-enfants, en vacances chez les grands parents, sont chez les voisins à profiter de la piscine. Ils ont une grande maison mais pas de piscine ! Quand ils rentrent, pour le goûter, tout le monde se vouvoie. Les petits enfants appellent leurs grands-parents Beau-papa et Belle-Maman, et « s’il vous plaît Beau-papa » et « merci Belle-maman ».

Je me pose la question : je garde ou non le tutoiement ? Mais bon, puisque j’ai commencé, je vais continuer.

On nous installe dans l’entresol de la maison : une chambre, une grande cuisine, une salle d’eau, une grande salle de jeux. C’est l’endroit habituellement occupé par les petits-enfants, mais ce soir-là, ils nous laissent leur domaine.

Notre lessive sèche dehors, devant la maison, sur un « Tancarville », ça n’a rien d’esthétique !

Bruno, le propriétaire, nous offre une menthe à l’eau (mais où est-elle ma bière !) puis nous discutons. Il connaît Françoise, une amie qui habite Bouaye. C’est la belle-sœur de son frère.

Nous nous retirons dans nos appartements. Belle-maman prépare le dîner, les enfants s’occupent des petits-enfants (douche, pyjama, repas).

On vient nous prévenir que le repas est servi : apéro de vin de pêche dehors dans le jardin avec deux ou trois petits gâteaux apéritif.

Les petits-enfants ont droit à un seul gâteau apéritif à condition de demander poliment et de dire merci à Beau-papa.

Leurs enfants, très sympathiques, nous accompagnent à dîner (ils ont à peu près l’âge de nos enfants). Repas très bon et très léger, ça me convient bien : courgettes et carottes de leur jardin. Odile les a fait cuire à l’eau et elle les a passées au four avec du fromage de chèvre.

Je suis à côté des deux belles-filles, nous discutons du Renouveau Charismatique. Elles font partie de la Communauté de l’Emmanuelle (un peu « tradi » dans la famille)

Avant de manger, nous chantons le bénédicité et après manger, les « grâces ».

Réflexion de Monique : « Eh ben, si Patrice avait été là… »

Ayant appris notre mésaventure du matin dans le Parc Soubise, Bruno a photocopié la carte IGN qu’il avait ; elle correspond exactement à notre parcours du lendemain. En regardant nos notes, il a tracé le chemin avec un fluo jaune, afin d’éviter que l’on se perde à nouveau. C’est vraiment super gentil.

Nous nous retirons pour aller dormir. Odile me donne une bouteille d’eau d’émeraude : j’ai une piqûre d’insecte sur chaque cuisse ; sur la droite, ce doit être un taon qui a fait son œuvre, c’est très très enflé et ça me fait mal. Sur la cuisse gauche, un autre insecte, non déterminé. Je consomme bien le quart de la bouteille. Elle l’a achetée dans un couvent ; pas cher, j’espère !

Lundi 20 août – La Caillère/Saint-Hilaire – 26 km

Nous avons bien dormi l’une et l’autre. 0n se prépare (nous leur avions dit la veille que l’on pouvait se débrouiller seules : ils nous avaient donné du pain, de la brioche, du beurre et de la confiture). Nous partons en ayant soin de bien refermer la grille (selon les consignes) avec des tendeurs pour ne pas que les enfants s’échappent. Une fois sortie, je m’aperçois que j’ai laissé mes bâtons. Je suis obligée de rouvrir la grille en essayant de faire le moindre bruit possible pour ne pas les réveiller. Il est 7h00.

Nous sommes encore sur une route, c’est un peu dommage pour nos pieds. Assez vite, Monique se plaint de son talon, elle pense à une tendinite… Je discute avec elle pour la distraire de sa douleur, mais elle a toujours mal. Elle marche de moins en moins bien, et dès que l’on s’arrête, c’est de plus en plus dur de repartir.

A la pause, elle retire sa chaussure, bien sûr, on ne voit rien. Je lui masse le pied avec la pommade Voltarène. Nous repartons, elle a de plus en plus mal. Nous sommes à la Chataîgneraie-aux-Coteaux, il y a une grande côte à monter et ensuite un sentier GR de 11 km qui arrive à La Caillière/Saint-Hilaire. Sur ce GR, peu de chance de rencontrer voiture ou maison. Il faut donc prendre une décision.

Nous sommes à l’entrée du village, nous décidons d’aller frapper à la première porte. Une voiture arrive, je lui fais signe, elle s’arrête. C’est une dame, elle habite justement la première maison, on la voit d’ici. Elle revient de la Caillière où elle avait rendez-vous chez son dentiste. Il est pourtant midi, mais elle accepte de faire demi-tour, devant sa maison, pour retourner à la Caillère nous déposer. Elle nous arrête devant la pharmacie, qui n’est pas encore fermée ; une chance. Elle nous embrasse avant de partir en nous souhaitant bonne route et bonne chance.

La pharmacienne, très gentille, ne sait pas trop quoi dire, elle nous encourage à aller consulter, nous donne les coordonnées d’un médecin ainsi que celles d’un taxi : il n’y a pas de médecin à la Caillière, il faut aller au village d’à côté. Le rendez-vous est pris pour 15h15.

Nous allons à notre gîte - réservé de longue date - . Nous sommes accueillies par un type pas très sympathique qui nous dit que le gîte est complet : occupé par un groupe d’handicapés. Etonnement de notre part. Tout s’arrange avec l’arrivée de la patronne : sur mon insistance, elle téléphone au responsable du groupe qui accepte notre présence. Il y a au deuxième étage, une grande pièce qui sert de salle de jeux avec des lits que nous pouvons utiliser. Il faut juste se presser à prendre la douche au premier étage avant que le groupe n’arrive.

Tous les commerces sont fermés le lundi après-midi (ce n’est pas indiqué sur le guide !). Nous n’avons rien à manger. Nous optons pour le petit restaurant du coin très convivial et très bon : au menu une ratatouille délicieuse.

Le taxi arrive à l’heure et nous conduit chez le médecin : une femme sportive, elle est allée marcher en Corse cet été. C’est bien une tendinite. Elle s’étonne : Monique a de bonnes chaussures, elle est bien entraînée. C’est peut-être les ampoules qu’elle a à l’autre pied qui ont déformé sa marche ? Anti-inflammatoire et trois jours de repos…

Je lui montre mes cuisses enflammées, elle me prescrit une pommade à la cortisone. Attention : mettre les cuisses à l’ombre pendant le traitement !

Après un nouveau passage à la pharmacie, nous retournons au gîte. Le groupe est arrivé ; nous discutons avec les accompagnateurs.

Nous montons dans notre salle faire nos petites affaires : envoyer SMS et coups de fil en faisant bien attention de ne pas parler de la tendinite - Monique ne veut pas affoler les siens - Nous sommes heureuses de recevoir des réponses à nos SMS : ils sont bien appréciés.

Nous commandons un taxi pour le lendemain ; il nous conduira à l’étape suivante : nous ne pouvons pas rester une nuit de plus dans ce gîte et ceux des jours suivants sont déjà réservés. Il m’apparaît bien compliqué, voire impossible, de tout décaler : il faut continuer notre Chemin coûte que coûte.

N’ayant toujours rien à manger, nous retournons à notre petit resto du coin. Au menu : moules-frites vendéennes avec du chou blanchi, des lardons et de la crème, très bon. (j’ai trop mangé : je vais encore mal dormir cette nuit ! ). Il fait très chaud dans la salle : nous ouvrons toutes les fenêtres !

Fioritti : J’ai apporté « Prions en Eglise » et tous les matins, tout en marchant, je lis les paroles du jour. Je me sens en communion avec tous les chrétiens du monde entier qui lisent ces mêmes paroles ce jour-là. Cette lecture quotidienne de la Bible m’apporte nourriture spirituelle et favorise la réflexion et la méditation. Avant de partir de Bouaye, j’ai ôté toutes les pages qui ne m’étaient pas utiles (chaque gramme compte dans le sac à dos…). Tous les matins, au fur et à mesure de la lecture, j’effeuille les pages du « Prions en Eglise » en les laissant s’envoler. Ce n’est pas très bien pour l’environnement, mais c’est ma façon de « Semer la Parole ! »…

Quelques messages reçus :

26. Excellent d’avoir de vos nouvelles ! 8-10 jours ne sont pas encore passés mais on s’en approche doucement, j’aurais beaucoup aimé descendre bien plus bas avec vous… Avantages de la retraite, veinardes que vous êtes ! ALLEZ JOELLE allez Joëlle ! Je sais que tu peux. 1.000 bisous.

31. Merci Joëlle ! Je pense aussi bien à toi, enfin à vous, car vous devez avoir chaud et le paquet est lourd sans doute ? Il faut tenir bon et surtout garder le moral ! tu vas faire de belles rencontres enrichissantes et voir notre si belle France ! Grosses bises encourageantes avec toute mon amitié ainsi que pour Monique. Merci encore et à plus.

Mardi 21 août – Bourneau – 19 km

Je passe une bonne nuit, suis réveillée de bonne heure (5h00). Lever à 8h30 seulement - nous avons tout notre temps aujourd’hui, nous prenons le taxi… –

Je vais acheter du pain frais, du beurre, de la confiture ; on prend notre petit-déjeuner dans la grande salle.

Un petit passage à la Mairie (qui était fermée hier) pour faire tamponner notre crédentiale, puis à la pharmacie pour prendre le reste de médicaments et enfin au SPAR pour quelques courses pour notre déjeuner. Je rentre au gîte pour étudier le programme des jours suivants. Après discussion, nous décidons que je ferai tout ou partie du chemin à pied. Monique prendra le taxi.

Je suis très satisfaite de cette organisation, elle va me permettre de continuer de marcher pendant ces 3 ou 4 jours de repos de Monique.

Le taxi arrive vers 15h00 et nous dépose chez Marie Hidier à Bourneau (19 km). Elle est très étonnée de nous voir arriver si tôt et en taxi ; nous lui donnons l’explication.

Marie est une femme de 83 ans, très bien conservée aussi bien physiquement qu’intellectuellement : dans sa cuisine tout un tas d’appareils ménagers modernes, dans son bureau : ordinateur branché sur internet - 83 ans et être ainsi, moi je veux bien une longue vie comme ça - Elle nous offre des rafraîchissements ; nous l’écoutons nous raconter sa vie. Elle est seule, a besoin de parler et d’être écoutée. Bourneau est un petit village ou presque toutes les maisons sont fermées. La plupart ont été achetées par des Anglais qui ne sont là qu’aux vacances.