Culture de la paix - Mouvement Utopia - E-Book

Culture de la paix E-Book

Mouvement Utopia

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Beschreibung

N’est-il pas naïf ou paradoxal de se pencher aujourd’hui sur une hypothétique culture de la paix, alors que, loin de ce que l’on pensait avec la fin de la guerre froide, les conflits sanglants ne cessent de se multiplier ? Alors que, même sur le continent européen où a été élaborée en 1945 la Déclaration universelle des droits de l’homme, la guerre a refait son apparition ?

Aujourd’hui, des gouvernements aussi puissants que ceux des États-Unis, de la Russie et d’Israël déclarent ouvertement qu’ils ne respecteront pas ou plus les instances et les règlements internationaux liés aux droits humains, issus des deux dernières guerres mondiales et qu’ils ont pourtant signés.

Les conquêtes territoriales, religieuses, culturelles ou économiques, seraient-elles toujours plus fortes que la volonté des peuples de vivre en paix ? La violence et la guerre sont-elles consubstantielles à l‘espèce humaine et devons-nous nous contenter de les rendre un peu moins barbares et de limiter le nombre de morts ?

C’est justement lorsque le contexte n’est pas favorable qu’il ne faut pas céder au défaitisme, en déconstruisant les idées reçues sur ces violences qui sont en fait culturelles et non naturelles. Puis cet ouvrage propose des pistes pour décliner cette culture de la paix à laquelle l’ensemble de l’humanité aspire.

Nous proposons une autre forme de combat, non-violent et culturel cette fois, afin, pour reprendre la célèbre formule du sociologue Marcel Mauss, de « savoir s’opposer sans se massacrer ».

À PROPOS DE L'AUTEUR

LE MOUVEMENT UTOPIA est une association citoyenne agréée Jeunesse et Éducation Populaire, qui vise à élaborer un projet de société solidaire et convivial, écologiquement soutenable, dont l’objectif est le « buen vivir ». Elle a également pour objet d’agir comme un trait d’union, une passerelle, entre les acteurs de la société civile, du monde politique et institutionnel, du monde intellectuel et du monde artistique et culturel.

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Seitenzahl: 139

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Couverture

Page de titre

Les Éditions Utopia

Collection Controverses

Les Éditions Utopia

61, boulevard Mortier – 75020 Paris

[email protected]

www.editions-utopia.org

www.mouvementutopia.org

Diffusion : CED-Cédif

Distribution : DOD

© Les Éditions Utopia, mai 2025

Citation

La faiblesse de la force, c’est de ne croire qu’en la force.

La guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissent

pas et qui se massacrent au profit d’hommes qui se

connaissent mais ne se massacrent pas.

Paul Valéry

SOMMAIRE

Préface

Introduction

Définition de la culture de la paix

Première partie : Idées reçues

Idée reçue n° 1. L’homme est un loup pour l’homme

Idée reçue n° 2. Vivre en paix, cela ne dépend que de nous

Idée reçue n° 3. La non-violence ne permet pas de résoudre tous les conflits

Idée reçue n° 4. La paix, c’est une affaire de faibles

Idée reçue n° 5. Si davantage de femmes occupaient des postes de pouvoir, il y aurait moins de violence

Idée reçue n° 6. La démocratie est suffisante pour garantir la paix

Idée reçue n° 7. La neutralité ne garantit pas la paix

Idée reçue n° 8. Si tu veux la paix, prépare la guerre

Idée reçue n° 9. L’ONU est là pour garantir la paix grâce notamment au droit d’ingérence

Idée reçue n° 10. L’humanité est incapable d’inscrire la paix dans la durée

Deuxième partie : Propositions

Proposition 1. Construire la paix en dépassant le concept d’État-nation

Proposition 2. En France, instituer le renoncement à la guerre

Proposition 3. Lancer un processus de désarmement de la France

Proposition 4. Programmer le désarmement nucléaire militaire de la France

Proposition 5. Faire la paix avec le vivant

Proposition 6. Repenser les organisations internationales pour une nouvelle gouvernance mondiale

Proposition 7. Promouvoir une éducation facteur de paix et protéger les enfants de la violence

Proposition 8. Transformer l’art et la culture en armes de construction massive de la paix

Proposition 9. Mettre l’économie au service de la paix

Proposition 10. Réaffirmer la priorité à la prévention des conflits

Conclusion

Annexes

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948

La Charte de l’environnement de 2005

L’apartheid de genre, grand absent du droit international

Initiatives pour le désarmement nucléaire (IDN)

ICAN France

Bibliographie

Quelques structures et organisations

Notes

Livres des Éditions Utopia

Préface

Je suis très heureux d’introduire cette réflexion sur la paix que nous offre le Mouvement Utopia.

On a plus que jamais le sentiment que cette valeur-clé de l’humanité est oubliée, marginalisée, voire moquée. Mais est-elle même pensée ? Voilà bien longtemps que notre Vieux monde, celui de l’Europe auquel s’est rattachée la part septentrionale de l’Amérique, n’envisage plus la paix autrement qu’en négatif, comme une « non-guerre », c’est-à-dire une simple trêve, la rendant pratiquement synonyme de l’idée modeste d’armistice. Cette supposée paix qui apparaît épisodiquement sur la scène internationale ne serait qu’une « avant-guerre » dont notre histoire regorge : la paix n’avancerait donc que pour mieux reculer !

Nous sommes en fait prisonniers de cette longue histoire européenne qui, au moins depuis la Renaissance, faisait paradoxalement de la guerre le principe régulateur des relations internationales. Les États souverains ne pouvaient être qu’impliqués dans une compétition infinie dont la guerre n’était d’évidence que l’événement paroxystique, aussi naturel qu’inévitable. Face à cette fade apparence, on n’a su opposer, la plupart du temps, qu’un pacifisme naïf s’appuyant simplement sur le rejet mécanique de toute guerre, précipitant parfois ses tenants inattentifs dans les affres de la compromission, ou conduisant à nier le droit des peuples à se soulever pour briser leurs chaînes coloniales. On dut découvrir alors, tout progressivement, que la paix était plus haute et plus noble que la seule antithèse de la guerre : on comprit qu’il fallait en faire une vertu en soi, plus substantielle et plus audacieuse qu’une simple négation…

C’est ici qu’opère la vraie foi militante en la paix : admettre que celle-ci est un état, un accomplissement, une totalité en soi. Elle est un état permanent et non une relation de circonstance ou ce bricolage évoqué par les trêves et les cessez-le-feu : elle doit être cette réflexion persistante sur l’état naturel de coexistence déjà pensé par Aristote et magnifiquement illustré par Victor Hugo quand il parlait de « sympathie des âmes » réunissant les humains. L’exception dans laquelle est reléguée la paix doit redevenir la règle, fondant l’altérité comme naturellement complémentaire, en lieu et place de la compétition qui n’est en rien humainement innée. C’est dire aussi que la paix est d’abord l’affaire des comportements individuels et des solidarités sociales, avant même d’être celle des gouvernements. Si ceux-ci prennent leur essor dans une société agressive, leur posture guerrière s’en trouvera confortée : il faut donc changer notre système éducatif pour enseigner la paix aux enfants, mais il faut aussi apprendre à chacun l’art de l’hospitalité et du respect de l’autre plutôt que lui donner les clés des demeures maudites, celles de la xénophobie, de la haine ou de la dévalorisation de celui qui est différent, celles aussi de la peur de la « submersion », du « remplacement », du « danger ethnique » …

La paix est aussi un accomplissement, car elle suppose de placer l’humanité au sommet de la Cité comme de l’ordre mondial. « Si tu veux éviter la guerre, prépare la paix », pourrait-on dire pour bien montrer que celle-ci dispose d’une antériorité créatrice qu’on a très souvent oubliée. Il faut bien admettre que la guerre résulte certes de désirs martiaux, mais surtout de ce défaut d’accomplissements humains, de cette négligence des besoins matériels et symboliques qui font le quotidien de l’humanité : besoins de s’alimenter, de se soigner et de s’éduquer, mais besoins aussi d’être reconnu dans son identité et dans ses droits, d’être compris et respecté, sans jamais oublier qu’au final un humain vaut un autre humain, que l’humiliation est le premier moteur belligène et va jusqu’à engendrer la rage.

Enfin, la paix doit accéder à la vertu de totalité. Sa surface est autrement plus vaste que le seul espace de la non-guerre. Le piège est également là : la paix couvre tout le périmètre des souffrances humaines et des risques globaux, climatiques, sanitaires, alimentaires, économiques… Toutes ces pathologies, anciennes pour certaines, mais récentes pour d’autres, non seulement s’imposent de plus en plus comme sources hélas prioritaires des nouveaux conflits, mais conduisent aussi à des formes de déshumanisation qui sont l’inverse même de l’idée de paix…

C’est dire combien cette présente réflexion et les propositions qui l’accompagnent sont essentielles pour ranimer la flamme du débat public, où la frilosité identitaire l’emporte aujourd’hui dramatiquement sur l’exigence humaniste, celle-là même qui est l’antichambre de la vraie paix.

Bertrand Badie, février 2025

Introduction

N’est-il pas naïf ou paradoxal de se pencher aujourd’hui sur une hypothétique culture de la paix, alors que, loin de ce que l’on pensait avec la fin de la guerre froide, les conflits sanglants ne cessent de se multiplier ? Alors que, même sur le continent européen, où a été élaborée en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme, la guerre a refait son apparition ?

Le nombre de conflits a doublé dans le monde au cours des cinq dernières années et continue d’augmenter : une personne sur huit est désormais exposée à la guerre et l’année 2024 a été marquée par un nombre effroyable de personnes tuées et gravement blessées dans les conflits.

N’est-ce pas plutôt à un redéploiement de cette culture – ce culte – de la guerre auquel nous assistons ?

La violence et la guerre sont-elles consubstantielles au genre humain et devons-nous nous contenter de les rendre un peu moins barbares et de limiter le nombre de morts ?

Les droits humains, les déclarations internationales, les institutions comme l’ONU et l’Unesco, la CPI, la CIJ⁠1, sont-elles dépassées et impuissantes face aux replis identitaires, face à certains États-nations et leurs désirs de puissance ?

Les conquêtes territoriales, religieuses, culturelles ou économiques, seraient-elles toujours plus fortes que la volonté des peuples de vivre en paix ?

De plus, non contente de passer son temps et son énergie à essayer de se détruire mutuellement, à discriminer par le genre, l’origine ou le statut social, cette culture de la violence fait également la guerre à l’ensemble du vivant, comme on le constate avec le dérèglement climatique et la perte de la biodiversité.

Mais c’est justement lorsque le contexte n’est pas favorable qu’il faut essayer d’inverser les tendances et de ne pas céder au défaitisme en déconstruisant les idées reçues sur ces violences qui sont en fait culturelles et non naturelles, comme l’ont fait en leur temps, toutes proportions gardées, les rédacteurs du programme « Les jours heureux⁠2 », en pleine occupation nazie.

C’est donc une autre forme de combat, non-violent et culturel cette fois, que nous voulons mener avec beaucoup d’autres, sans nous leurrer sur les difficultés, les rapports de force et de domination ainsi que sur le temps nécessaire pour transformer les guerres en conflits afin de « savoir s’opposer sans se massacrer », pour reprendre la célèbre formule du sociologue Marcel Mauss.

C’est pourquoi, dans la deuxième partie de ce livre, nous proposons des pistes pour décliner cette culture de la paix à laquelle l’ensemble de l’humanité aspire : comment et sur quelles bases redonner du pouvoir aux instances internationales, dépasser le concept de l’État-nation, prévenir les conflits, programmer le désarmement, renoncer au nucléaire, restituer la primauté du vivant, mais aussi quels rôles pour l’éducation, l’économie et la culture ? Autant de thèmes abordés susceptibles de conduire cette longue marche pour la culture de la paix.

Dans ce combat entre Éros et Thanatos, soit entre la pulsion de vie et la pulsion de mort, nous choisissons résolument les forces de vie, avec la culture de la paix comme boussole.

Définition de la culture de la paix

« La culture de la paix est un ensemble de valeurs, attitudes, comportements et modes de vie qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s’attaquant à leurs racines par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les États ». Assemblée générale des Nations unies, 15 janvier 1998.

Puis le 13 septembre 1999, la 53e Assemblée générale des Nations unies a adopté une « Déclaration et un programme d’action sur une culture de la paix » (A/53/243) dont l’article premier donne la dernière et la plus complète définition de la culture de la paix « comme l’ensemble des valeurs, des attitudes, des traditions, des comportements et des modes de vie fondés sur » :

« a) Le respect de la vie, le rejet de la violence et la promotion et la pratique de la non-violence par l’éducation, le dialogue et la coopération ;

b) Le respect des principes de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États et de la non-intervention dans les questions qui relèvent essentiellement de la juridiction nationale de tout État quel qu’il soit, conformément à la Charte des Nations unies et au droit international ;

c) Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales et leur promotion ;

d) L’engagement de régler pacifiquement les conflits ;

e) Les efforts déployés pour répondre aux besoins des générations/ actuelles et futures en ce qui concerne le développement et l’environnement ;

f) Le respect et la promotion du droit au développement ;

g) Le respect et la promotion de l’égalité des droits et des chances pour les femmes et les hommes ;

h) Le respect et la promotion des droits de chacun à la liberté d’expression, d’opinion et d’information ;

i) L’adhésion aux principes de liberté, de justice, de démocratie, de tolérance, de solidarité, de coopération, du pluralisme, de la diversité culturelle, du dialogue et de la compréhension à tous les niveaux de la société et entre les nations ; et encouragés par un environnement national et international favorisant la paix et dont l’instauration dépend d’un environnement national et international propice⁠1. »

Première partie : Idées reçues

Idée reçue n° 1. L’homme est un loup pour l’homme

Idée reçue n° 2. Vivre en paix, cela ne dépend que de nous

Idée reçue n° 3. La non-violence ne permet pas de résoudre tous les conflits

Idée reçue n° 4. La paix, c’est une affaire de faibles

Idée reçue n° 5. Si davantage de femmes occupaient des postes de pouvoir, il y aurait moins de violence

Idée reçue n° 6. La démocratie est suffisante pour garantir la paix

Idée reçue n° 7. La neutralité ne garantit pas la paix

Idée reçue n° 8. Si tu veux la paix, prépare la guerre

Idée reçue n° 9. L’ONU est là pour garantir la paix grâce notamment au droit d’ingérence

Idée reçue n° 10. L’humanité est incapable d’inscrire la paix dans la durée

Idée reçue n° 1. L’homme est un loup pour l’homme

Cette idée reçue, formalisée par Plaute dans La Comédie des Ânes, vers 195 av. J.-C., puis reprise par le philosophe Thomas Hobbes dans sa théorie du Léviathan (1651), est défendue comme une évidence. Elle exprime l’idée que les humains sont incapables d’entretenir des relations sans agressivité les uns envers les autres. L’Histoire donne de si nombreux exemples de conflits sociaux, économiques et militaires, que remettre en perspective ce postulat semble une gageure.

Toutefois, il convient de différencier l’agressivité et la violence. L’agressivité peut en effet être considérée comme inhérente aux humains car elle est du ressort des émotions tandis que la violence est une construction sociale. Elle serait historiquement datée et intrinsèquement liée à certains types de rapports économiques et sociaux.

Selon la préhistorienne française Marylène Patou-Mathis⁠1, « la violence « primordiale » n’est pas consubstantielle au genre humain mais plutôt à la construction des sociétés modernes ». Selon elle, les découvertes archéologiques et scientifiques remettent en question le fait que la violence soit inscrite dans les gènes. Même si les récits actuels font passer les hommes et les femmes préhistoriques pour des êtres violents, toutes les recherches montrent qu’au contraire, au Paléolithique, il existe très peu de marques de violence. Par exemple, dans l’art pariétal ou dans les sépultures on ne trouve quasiment aucune représentation de la guerre.

Vers 6000 ans avant notre ère, la guerre, comme forme particulière de violence, apparaît avec la sédentarisation de certains groupes humains qui entrent ainsi dans une économie de production venant réduire ou se substituer à la chasse et à la cueillette. Cette nouvelle « économie », qui implique notamment des nécessités de stockage et de main-d’œuvre, amènera également de nouvelles questions comme celles de la propriété et de la transmission, ainsi que de nouvelles pratiques comme l’esclavage ou la montée en puissance d’une société pyramidale avec des castes, des élites et la diminution des sociétés matriarcales.

La violence entre groupes humains s’est en effet accrue après l’apparition de l’agriculture et de l’élevage avec la possibilité de s’approprier le fruit du travail d’autrui par la mise en place d’un système de domination. Pour James C. Scott⁠2 la « domestication » des céréales a par exemple été privilégiée car celles-ci offraient un triple avantage (du point de vue de la domination) : abondance du surplus, récolte à une période prévisible pour collecter « la part du prince » et très bonne capacité à être conservées et stockées. À partir de là, apparaissent certaines petites cités où s’accumulaient à la fois le pouvoir et le surplus avec la tentation d’aller asservir les cités voisines.

Des études démontrent néanmoins qu’il n’y a pas de fatalité à notre recours à la violence. Nous pouvons citer en exemple certains peuples non violents comme les Bochimans, les plus anciens habitants de l’Afrique australe dans le désert du Kalahari qui ont mis en avant des valeurs de coopération, de don et de contre-don au sein d’une société très peu hiérarchisée.

Pierre Clastres, dans La société contre l’État ⁠3, et David Graeber, dans Dette : 5 000 ans d’histoire ⁠4, dénoncent l’ethnocentrisme ambiant de nos sociétés et montrent que des territoires et des périodes ont échappé à « l’aliénation politique ». Autrement dit des sociétés policées sans État (et sans guerre) ont pu exister en régulant toute violence.

L’histoire et la sociologie ne donnent raison ni à Rousseau, pour qui l’humain, naturellement bon, est perverti par la société, ni à Hobbes, selon qui seule l’instauration du Léviathan – d’une certaine façon l’État – permettra de cadrer et de réguler la violence inhérente aux humains.

Ainsi, l’homme n’est pas nécessairement un loup pour l’homme. La violence est bien un phénomène historiquement daté et socialement construit. Elle se nourrit d’une part de rapports sociaux et économiques inégalitaires, de structures de domination dans la famille et dans la société et d’autre part d’une agressivité que d’autres prédispositions innées, à l’attachement, à l’empathie…, exprimées socialement sous les formes de coopération, d’amitié, ou de médiation peuvent nous aider à réguler.

Idée reçue n° 2. Vivre en paix, cela ne dépend que de nous