Discours de leon damel - Marie-Martine Damel - E-Book

Discours de leon damel E-Book

Marie-Martine Damel

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Beschreibung

Recueil de divers discours sur l'Ancien Régime prononcés par Léon Damel, membre éminent du Cercle des Républicains lors de conférences organisées par l'Université Populaire de Châlons-sur-Marne.

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Seitenzahl: 82

Veröffentlichungsjahr: 2024

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En hommage à mon grand-père.

Sommaire

LÉON DAMEL

DÉCORATIONS

LÉON DAMEL

Chapitre I: LA COUR SOUS LOUIS XVI

Préambule

LA COUR

SES DÉPENSES

SA COMPOSITION

Chapitre II: LOUIS XVI ET MARIE-ANTOINETTE

Louis XVI comme roi

MARIE-ANTOINETTE

LES FINANCES

Chapitre III: LE PAYS SOUS LOUIS XVI

Préambule

L’EXTRÊME MISÈRE DU PEUPLE

Chapitre IV: LE PAYSAN SOUS LOUIS XVI

Chapitre V: CONVOCATION DES ÉTATS GÉNÉRAUX

Le secret espoir de la Monarchie

Le dépouillement des Cahiers de 1789

Les doléances et les injonctions du Tiers Ėtat

L’énergie du peuple

Chapitre VI: CONCLUSION

Chapitre VII: LA SOUVERAINETÉ SOCIALE

Chapitre VIII: LA RÉVOLUTION FRANҪAISE

Chapitre IX: CONSTITUTION DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE DU 4 NOVEMBRE 1848

Préambule

Chapitre X: LA LOI DU 31 MAI 1850

Chapitre XI: L’EMPIRE DE NAPOLÉON III

Coup d’Ėtat du 2 décembre 1851

Chapitre XII: LA RÉPUBLIQUE DU 4 SEPTEMBRE 1870

Notes

LÉON DAMEL

Diplômé de la faculté de droit de Dijon.

D’une grande érudite, Léon Damel lit le latin et le grec « aperto libro », c’est-à-dire « à livre ouvert », ce qui signifie qu’il est capable de déchiffrer, de lire et de comprendre des textes anciens.

Conseiller de Préfecture du Territoire de Belfort, de l’Aisne et du Puy-de-Dôme.

Président du conseil interdépartemental de préfecture de l’Aisne.

Préfet de la Marne à Châlons-sur-Marne.

Reconnu pour être un des plus éminents spécialistes du droit administratif, il est élu Président du tribunal administratif de Châlons-sur-Marne par décret du 22/09/1926.

DÉCORATIONS

Président régional de la Croix-Rouge.

Chevalier de la Légion d’honneur au titre des Régions libérées par décret du 11 août 1931.

Décoré de la Croix de Guerre et du Mérite, ainsi que des Palmes académiques. Officier du mérite social. Chevalier du mérite agricole.

Décoré de la médaille des anciens combattants, de la médaille interalliée, de la médaille de Verdun, de la médaille d’or des assurances sociales, de la médaille du secours mutuel.

Décoré par Ahmed Pacha-Bey, Possesseur du royaume de Tunis, sur proposition du ministre des Affaires Ėtrangères de Tunis, de la décoration de Commandeur de l’Ordre du Nichan-Htikhar, le 22 juin 1937.

LÉON DAMEL

Républicain radical socialiste.

Membre éminent du Cercle des républicains de Châlons-sur-Marne.

Le Parti républicain est le premier grand parti français à l’échelle nationale fondé en 1901 à Paris, très influent sous la troisième République et très attaché à la propriété privée et à la laïcité.

Il est l’intermédiaire entre la gauche et la droite.

Sa vision est spécifique de l’organisation sociale et humaine, bâtie sur la primauté de l’individu.

Sa profession de foi est composée de cinq points :

Laïcité, Solidarité, Humanisme, Tolérance et Universalisme.

Des figures telles que Clemenceau ou Gambetta, l’on porté.

Les quelques discours et extraits rapportés dans ce recueil ont été prononcés au Cercle républicain de Châlons-sur-Marne – Université populaire.

Chapitre I

LA COUR SOUS LOUIS XVI

Préambule

Mesdames, Messieurs,

C’est encore moi. L’accueil si bienveillant que vous m’avez fait la première fois en est la cause. Ce soir-là, je n’ai pas voulu dépasser la demi-heure habituellement consacrée à nos conférences et j’ai dû m’arrêter après vous avoir prouvé, en empruntant la réponse faite au roi par l’évêque de Chartres, qu’à la veille de la grande révolution de 1789, les hommes mangeaient l’herbe comme des moutons et crevaient comme des mouches.

Je n’ai pas pu alors vous montrer à quoi servaient les impôts qui pesaient si lourdement sur nos malheureux aïeux, auxquels le fisc ne laissait que le strict nécessaire pour ne pas mourir de faim.

C'est cette cause que je me propose de combler ce soir si vous voulez bien me le permettre, en vous retraçant l’extrême opulence des courtisans de Louis XVI, les dépenses fantastiques de sa cour pour payer les frais des noces et fêtes à jet continu qui s’y faisaient avec l’argent du pauvre peuple. Ce contraste de tant de jouissance en haut et de tant de misères en bas, ne manquera pas certainement d’intérêt.

Et j’aborde immédiatement mon sujet, en me référant pour le traiter, à des contemporains ou à des historiens qu’on ne saurait accuser de partialité envers l’ancien régime.

Mesdames, Messieurs,

Lorsque nous voulons comprendre notre situation présente, nos regards sont toujours ramenés vers la crise terrible et féconde par laquelle l’Ancien Régime a produit la Révolution, et la Révolution, le Régime nouveau.

Par un bonheur singulier, nous apercevons les hommes, leurs dehors et leurs dedans. Les Français de l’Ancien Régime sont encore tout près de nos regards.

Quelques-uns de nous, dans sa jeunesse, ont pu fréquenter des survivants de ce monde évanoui. Plusieurs de leurs hôtels subsistent encore avec leurs appartements et leurs meubles intacts. Pour ma part, j’ai connu de vieux paysans d’alors et visité leurs chaumières.

Au moyen de leurs tableaux et de leurs estampes, nous les suivons dans leur vie domestique, nous voyons leurs habillements, leurs attitudes et leurs gestes.

Avec leurs gazettes et leurs correspondances, nous pouvons restituer toutes leurs pensées, et jusqu’à leurs conversations familières.

Une multitude de mémoires, sorties depuis trente ans des archives publiques ou privées, nous conduisent de salon en salon comme si nous y étions présentés et nous donnent les portraits que cette société a tracés d’elle-même.

Grâce à eux, nous pouvons voir en détail, et de près, la condition des hommes, le train et le cérémonial d’une cour.

Et c’est à eux que j’ai eu recours pour pouvoir vous entretenir ce soir de la cour sous Louis XVI.

LA COUR

Voici le tableau qu’en donne monsieur Taine (1 ) :

[ … Un état-major en vacances pendant un siècle et davantage, autour du général en chef qui reçoit et tient salon…]

Voilà le principe et le résumé des mœurs sous l’ancien régime. C’est pourquoi, si l’on veut les comprendre, il faut d’abord considérer leur centre et leur source, je veux dire, la cour.

[… Comme l’ancien régime tout entier, elle est la forme vide, le décor survivant d’une institution militaire ; quand les causes ont disparu, les efforts subsistent et l’usage survit à l’utilité.

Les premières familles y ont leur résidence fixe : l’énumération n’en finit pas… Elles forment une couronne de fleurs d’où s’élancent chaque matin autant de guêpes dorées pour briller et butiner à Versailles, centre de toute abondance et de tout éclat. On en présente chaque année, une centaine, homme et femme. Cela fait en tout, deux ou trois milles. Voilà la société du roi, les dames qui lui font la révérence, les seigneurs qui montent dans leurs carrosses…]

SES DÉPENSES

Le marquis d’Argenson (2 ) dans son journal, dit :

«… Qu’en 1721, on dépense cinq millions pour l’installation de la comtesse d’Artois (3) et qu’un simple appartement pour madame Adélaïde (4) coûte 800 000 livres (5). La maison civile de Monsieur, comprend 420 serviteurs et sa maison militaire, 179. Celle du comte d’Artois 235 et sa maison civile 456. Les trois quarts sont pour la montre avec leurs broderies et leurs galons, avec leur contenance dégagée et polie, leur air attentif et discret, leur belle façon de saluer, de marcher, de sourire. Ils sont bien alignés dans une antichambre, ou espacés dans une galerie. Par cet éclat des astres secondaires, jugez de la splendeur du soleil royal.

Il faut au roi, une garde, une infanterie, une cavalerie, des gardes du corps, des gardes françaises, des gardes suisses. 950 hommes coûtant chaque année 7 681 000 livres.

Étant gentilhomme, il est cavalier et il lui faut une écurie proportionnée. 1857 chevaux, 217 voitures, 1 458 hommes qu’il habille et dont la livrée coûte 540 000 francs par an. On achète pour 250 000 francs de chevaux par an. Le tout coûte 4 600 000 livres en 1775 et monte à 6 200 000 livres en 1787. »

Le comte d’Hézecques (6) dit qu’à son arrivée à Versailles en 1786, on y comptait 150 pages et qu’un seul de leurs habits

(velours cramoisi brodé d’or sur toutes les tailles) coûtait 1500 livres.

Waroquier (7 ) (maison de la reine), dis qu’on dépense en 1785, 179 194 livres pour la nourriture de chevaux et 53 412 livres pour celle des chiens.

Monsieur Hippolyte Taine écrit :

[… J’omets d’autres services, j’ai hâte d’arriver au centre, la bouche ; c’est à table qu’on reconnaît une grande maison.

Il y a trois divisions de la bouche : la première pour le roi et ses enfants en bas âge ; la seconde, nommée, « petit commun » pour la table du grand maître, pour celle du grand chancelier et pour celle des princes et princesses du sang. La troisième, nommée « grand commun », pour la seconde table du grand maître, pour celle des maîtres d’hôtel, pour celle des armoiriers, pour celle des gentilshommes servants et pour celle des valets de chambre. En tout, 383 officiers de bouche, 105 garçons et 2 177 000 livres de dépenses.

Le marchand de vin fournit par an pour 300 000 francs.

Lisez dans l’almanach des titres des officiers et vous verrez se développer devant vous, une fête de gargantuas, la solennelle hiérarchie des cuisines, grands officiers de la bouche, maîtres d’hôtel, contrôleurs, contrôleurs-élèves, commis, gentilshommes, panetiers, échansons et tranchants, écuyers et huissiers de cuisine, galopins ordinaires, coureurs de vins et tâteurs de rôti, potagers, verduriers, lavandiers, pâtissiers, serveurs, porte-tables, garde-vaisselle, sommiers des broches, maîtres d’hôtel de la table du premier maître d’hôtel, toute une procession de dos amples et galonnés, de ventres majestueux et rebondis, de figures sérieuses qui, devant les casseroles, autour des buffets, officient avec ordre et conviction.

Quand le roi tient « grand appartement », lorsqu’il donne à jouer ou à danser dans la galerie des Glaces, 4 à 500 invités, l’élite de la noblesse et de la mode s’ordonnent sur les banquettes ou se pressent autour des tables de cavagnole (8) et de tri…]

 

Références :

(1) Hippolyte Taine, né le 21 avril 1828 à Vouziers et mort le 5 mars 1893 à Paris, est un philosophe et historien français, membre de l'Académie française.