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Décryptez l’univers d'Edgar Allan Poe en moins d’une heure !
Janvier 1809, Boston. Edgar Allan Poe voit le jour dans ce qui n'est alors qu'un gros bourg aux rues sombres et mal famées où sévissent le crime et la maladie. Le ton de son existence est donné. Né pauvre, il meurt à 40 ans, pauvre encore, n'ayant connu que de brèves périodes de bonheur et un seul véritable succès littéraire, pour son poème
Le Corbeau. Quant à son œuvre, elle est, à l'image de sa vie, imprégnée de noirceur et de pessimisme. Mais il n'empêche que, belle et terrifiante à la fois, elle fascine encore aujourd'hui les lecteurs du monde entier !
Ce livre vous permettra d’en savoir plus sur :
• Le contexte politique et culturel dans lequel Edgar Allan Poe s’inscrit
• La vie de l’écrivain et son parcours
• Les caractéristiques et spécificités de ses œuvres
• Une sélection d’œuvres-clés de Poe
• Son impact dans l’histoire littéraire
Le mot de l’éditeur :
« Dans ce numéro de la série 50MINUTES | Écrivains, Hervé Romain nous livre une magnifique synthèse sur l'époque, la vie et l'œuvre d'un auteur devenu mythique : Edgar Allan Poe. Après un portrait complet de l'homme, il passe à la loupe les mille et une facettes de son œuvre : son appartenance au romantisme noir, ses accents gothiques, son style classique, son attrait pour l'inconnu ou encore son registre psychologique. Enfin, l'auteur de ce numéro s'arrête sur quelques œuvres-phares de l'écrivain dont
La Chute de la maison Usher et
Le Corbeau. » Stéphanie Felten
À PROPOS DE LA SÉRIE 50MINUTES | Écrivains
La série « Écrivains » de la collection 50MINUTES aborde plus de cinquante écrivains qui ont profondément marqué l’histoire littéraire, du Moyen Âge à nos jours. Chaque livre a été conçu à la fois pour les passionnés de littérature et pour les amateurs curieux d’en savoir davantage en peu de temps. Nos auteurs analysent avec précision quelques-unes des œuvres des plus grands écrivains français et étrangers.
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Seitenzahl: 39
Veröffentlichungsjahr: 2015
Naissance ? Né le 19 janvier 1809 à Boston.
Mort ? Décédé le 7 octobre 1849 à Baltimore.
Contexte ? Les États-Unis se développent vers l’ouest sur fond de révolution industrielle et voient fleurir, en art et en littérature, un romantisme marqué par l’influence européenne.
Œuvres majeures ?
Contes (1832-1849) : Manuscrit trouvé dans une bouteille (1833), La Chute de la maison Usher (1839), Double Assassinat dans la rue Morgue (1841), Le Scarabée d’or (1843), La Lettre volée (1845), etc.
Les Aventures d’Arthur Gordon Pym (roman, 1838).
Le Corbeau (poème, 1845).
Eurêka (essai, 1848).
Le mythe d’Edgar Allan Poe se fond dans celui de l’Amérique, sans toutefois se confondre avec lui. À la légende d’une nation jeune, dynamique, tournée vers la conquête, semble répondre en négatif celle d’un être maladif, morbide, tourné vers lui-même. A priori, rien ne relie l’une et l’autre. Et pourtant…
S’il a encore des détracteurs, Edgar Allan Poe figure aujourd’hui au panthéon des lettres américaines. Son nom est le sésame d’un univers à la fois beau et terrifiant, beau parce que terrifiant. Un univers où, sous un ciel bas et lourd parcouru d’oiseaux noirs, des êtres tourmentés, hantés par le souvenir d’amours défuntes, hantent eux-mêmes d’antiques demeures. Certains esprits incrédules ne manquent pas de trouver risible ce déballage de noirceur qu’ils jugent malsain, tandis que d’autres, plus nombreux, y voient, génération après génération, le reflet d’une part sombre de leur âme. Fallait-il que son originalité soit profonde pour continuer de susciter la polémique, un siècle et demi après sa mort.
Mais Poe serait oublié s’il n’était qu’un artisan de l’horreur, fût-elle psychologique. Or il est bien plus que cela. On lui attribue la paternité du genre policier, voire de la science-fiction, et il annonce avec près d’un siècle d’avance les explorations de l’inconscient et les révolutions littéraires post-modernes. Aussi sa manière subtile se teinte-t-elle de dérision, comme si l’artiste ne se prenait pas au sérieux. Mais ne nous y trompons pas : lucide et critique sur son art, il ne recherche rien de moins que la perfection.
Au début du XIXe siècle, les États-Unis en sont encore à leurs balbutiements. Déclarés indépendants par Thomas Jefferson (1743-1826) en 1776, ils ne le sont en fait et en droit que depuis 1783, grâce au traité de Paris par lequel la Grande-Bretagne reconnaît l’indépendance des 13 colonies qui constituent cette première république moderne. Les relations restent toutefois tendues entre les deux nations, qui s’affrontent à nouveau en 1812 lors de la seconde guerre d’indépendance.
En 1809 (date de naissance d’Edgar Allan Poe), les États-Unis ne comptent qu’une vingtaine d’États, tous regroupés sur la côte Est, sans dépasser les Appalaches (Poe surnomme d’ailleurs l’Amérique « l’Appalachie »). L’expansion va cependant très vite, la jeune nation triplant sa superficie en quelques décennies, notamment par l’annexion des territoires français (la Louisiane, alors beaucoup plus grande qu’aujourd’hui), anglais (l’Oregon), espagnols et mexicains (la Floride, la Californie et le Texas).
À l’Ouest, les contrées sauvages, inconnues, sont encore à conquérir. William Clark (1770-1838) et Meriwether Lewis (1774-1809) atteignent le Pacifique en 1805. Très vite, les Américains prennent conscience de ce qu’ils appellent leur « destinée manifeste » : cette terre nouvelle est à eux, et il est de leur devoir d’en prendre possession. C’est sous le signe de cette évidente et nécessaire progression vers l’ouest que naît le nationalisme américain, sous les traits de la propriété privée, de l’utilitarisme et de l’esprit d’industrie. Mais la médaille a aussi son revers : pouvoir de l’argent, individualisme et mythe du self-made-man, autant d’éléments constituant les germes du fameux rêve américain qui en décevra plus d’un. Sans oublier le « vice originel » que constituent le remplacement des Indiens par les Américains et, bien sûr, l’esclavage.
Les villes se développent rapidement et à partir de rien. Mais dans les rues non pavées et non éclairées règnent la pauvreté et la maladie (notamment la tuberculose). Au début du siècle, la population est encore faible : les plus grandes cités ne dépassent pas 50 000 habitants, le pays entier comptant à peine 5 millions d’âmes, Indiens non compris. Mais le boom ne se fait pas attendre : de 1800 à 1850, le nombre de citadins se voit multiplié par cinq, voire par dix dans certaines villes, notamment grâce à l’immigration qui s’accentue à partir de 1840, et aux ruées vers l’or de 1828 et 1849.
