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Voici une série de textes constituant mes premiers écrits. Bien plus loin que la parole que j'ai longtemps utilisé en radio, c'est une évasion dans les profondeurs de l'imaginaire, teintée de sensualité et d'amour dans les rapports que peuvent entretenir les hommes entre eux.
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Seitenzahl: 49
Veröffentlichungsjahr: 2015
A ceux qui ont pensé et pensent peut-être encore,
que mes écrits sont dignes d'intérêts.
Merci de votre confiance.
Merci à vous qui avez ce premier ouvrage entre les mains.
« Il est des moments où les rêves les plus fous semblent
réalisables à condition d'oser les tenter »
Bernard Weber
Extrait de : La révolution des fourmis.
LE BAISER
TU
CAFE DU MATIN
ABORDAGE MATINAL
REGARDS CROISES
A L'INCONNU
DESIRS SILENCIEUX.
AMANTS.
A LA DECOUVERTE DE TON CORPS...
A NOUS DEUX.
AMOURS ET LENDEMAINS.
AMOUR NAISSANT.
En ce matin, quelques fleurs d'orangers, le cloitre du monastère de Pedralbes à Barcelone en mémoire... Et un bonjour souriant, paisible, de douceur chargé, il prend la forme de ce baiser.
Celui que chaque matin je viens, par-devant vous, déposer. Non à vos pieds qui le mériteraient, mais à hauteur d'homme, ce qui élève considérablement la portée de l'attention.
Associé aux regards qui se croisent et parlent bien plus que les mots, je me pose sur une joue rasée de près, ou élégamment négligée de ces barbes de trois jours, qui en mettent plus souvent cinq d'ailleurs pour en avoir vraiment l'air... Alors, je me reprends de cette joue car, c'est ailleurs que j'irai me poser... Tel le papillon voletant de fleur en fleur, ne sachant laquelle saura le mieux me mettre en valeur, mes ailes déployées... Alors sur le front... Ornement magnifique pour un visage, un baiser sur le milieu du front... mais non, je m'envole à nouveau... juste plus bas, ce promontoire qui n'est ni pic, ni cap, encore moins une péninsule, mais bien cet appendice équipé d'orifices pour nous permettre de respirer... Hummm, je me sens bien là me dis-je soudain... oui, là sur le bout du nez de ce monsieur je me pose. "Ici je passerai la journée, personne ne me verra. Seul lui et moi saurons que nous y sommes..."
Seulement le destinataire ne l'entend pas de la sorte... de sa main, il m'attrape délicatement et m'indique la destination finale qu'il veut me faire prendre... Je devine un peu son attention, n'offre aucune résistance... D'un mouvement ample de la main il me fait à nouveau parcourir son visage...
Une ivresse m'envahit, saoul je suis... il ralentit, négocie un instant et repars de plus belle... "Dis-moi baiser ? Où vais-je donc te poser ? me dit-il dans le creux de sa main... Je me sens soudain précipité à mi-chemin entre tête et pied... Serait-ce bien là sur cet autre appendice qu'il me voudrait installé pour la journée ? Violemment, je suis attiré vers le haut... il rouvre sa main, me susurre... "plus tard nous verrons... mais sur mes lèvres je te veux, car de bonheur tu m'emplis chaque matin ainsi..."
Jour où l'eau va nourrir tout ce qu'elle baignera.
A peine cacher là où TU est, je Te distingue, toujours sans savoir qui TU est.
Si de Tes contours je perçois bien Ta barbe, il m'est encore difficile de voir la couleur de Ton regard. Je l'aimerais d'un bleu intense, pour pouvoir m'y baigner, m'étendre dans Ton flot à l'abandon de Ta volonté de me transporter d'une extrémité à l'autre de Tes rivages sans jamais toucher le fond.
TU me déposerait sur l'une de ces plages qui m'est inconnue.
TU m'envelopperait de ce qu'il a de plus doux, pour me sécher. De fatigue, je sombrerais en Te sachant là à mon côté... à mon côté, TU sombrerait. Une douce chaleur nous envahirait. D'où vient-elle ? Du dehors ? De nos corps ? Origine inconnue, elle suffirait à laisser nos deux corps ainsi exposés, habillés de cette nudité à peine voilée par une légère croûte de sel que le soleil adorerait craqueler... Découvrant ainsi le plus intime de ce que nous serions, livrés à ses rayons hardant. De peur alors qu'il ne me brûle, TU deviendrait bouclier... plus encore, rempart. Forteresse protégeant son trésor. Pourrais-je l'être ?
TU semblerait le vouloir.
Je ne sais qui TU est.
Ton nom m'est inconnu.
TU est mon inconnu.
Mais qui est TU ?
Quel est le rapport entre le premier café du matin et la nuit que vous venez de passer ?
Dans un premier temps, ce café est censé vous réveiller, vous donner un peu d'ardeur, vous sortir du lit, éveiller vos sens. Voilà qui est facile. Seulement, ce premier café a manqué sa mission, enfin, presque. Certes, il a permis votre réveil, de manière lente, calme, paisible presque... comme s'il osait à peine vous secouer... juste glisser tranquillement, de la première à la dernière gorgée, pour drainer votre gorge, votre oesophage, puis parcourir ce long chemin qui le mènera là où tout s'achève... par l'élimination.
J'ai senti son arôme emplir ma bouche et stimuler mes papilles... Il n'avait pas prévu, et moi non plus d'ailleurs, que la suite ne serait pas conventionnelle... Nonchalamment installé sous cette couette remontée à mi-hauteur du torse, rien, pas de manifestation visible de l'étape suivante, vous savez, celle de l'étirement de l'ours dans un rugissement dont les murs se souviennent chaque matin, et en conservent l'empreinte sonore à jamais...
Non...
Rien...
La tête calée sur l'oreiller redressé, je reste impassible, les yeux légèrement entrouverts, comme si je cherchais l'imperceptible là à quelques mètres, fronçant délicatement les sourcils pour concentrer cette quête du détail que seul j'arriverai à voir... Seulement voilà... Au chaud, le regard ainsi, si peu actif... je perçois clairement la seule et unique chose possible, celle que je vais y rester sous cette couette. Et, je m'évade...
