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L'Union européenne est en péril et le lecteur trouvera des réponses sur la déchirure du drapeau dans cet ouvrage...
Le drapeau bleu étoilé de l’Union européenne est déchiré. Le divorce chaotique avec le Royaume-Uni, puis le coup de massue de la pandémie ont fait entrer cette communauté d’États unique au monde dans une période de turbulences dont l’issue peut encore être fatale au rêve européen. Laisser s’éteindre les étoiles d’une Union, forgée à partir des années 1950 pour sortir de l’engrenage des guerres et des rivalités mortelles, serait la pire des renonciations.
Ce petit livre n’est pas un guide. Il ne prétend pas dire tout sur le processus qui a conduit à l’Union européenne d’aujourd’hui. Mais il est une flamme que nous voulons entretenir. Il souffle sur les braises d’un dessein européen qui doit impérativement renaître.
Pourquoi ces déchirures dans le drapeau ? Pourquoi ce ressentiment contre « Bruxelles » alors que l’adhésion au projet européen demeure massive et réelle ? Le besoin d’Europe exige un droit d’inventaire. Le voici. Parce que pour convaincre les peuples, il faut d’abord – et toujours – s’efforcer de les comprendre.
Un grand récit suivi d’entretiens avec
Béatrice Giblin,
Ivan Krastev,
Mark Mazower,
Alain Lamassoure et
Paolo Rumiz.
Ce témoignage et ces entretiens permettront au lecteur de comprendre le destin de l'Europe ! Parce que pour connaître les peuples, il faut d’abord les comprendre...
À PROPOS DES AUTEURS
André Gattolin est sénateur français (LREM) du département des Hauts de Seine, vice-président de la Commission des Affaires européennes du Sénat.
Richard Werly>/b> est le correspondant pour les Affaires européennes du quotidien suisse Le Temps. Il a créé et dirige la collection L’âme des peuples.
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Seitenzahl: 135
Veröffentlichungsjahr: 2020
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L’ÂME DES PEUPLES
Une collection dirigée par Richard Werly
Signés par des journalistes ou écrivains de renom, fins connaisseurs des pays, métropoles et régions sur lesquels ils ont choisi d’écrire, les livres de la collection L’âme des peuples ouvrent grandes les portes de l’histoire, des cultures, des religions et des réalités socio-économiques que les guides touristiques ne font qu’entrouvrir.
Ponctués d’entretiens avec de grands intellectuels rencontrés sur place, ces riches récits de voyage se veulent le compagnon idéal du lecteur désireux de dépasser les clichés et de se faire une idée juste des destinations visitées. Une rencontre littéraire intime, enrichissante et remplie d’informations inédites.
Précédemment basé à Bruxelles, Genève, Tokyo et Bangkok, Richard Werly est le correspondant permanent à Paris et Bruxelles du quotidien suisse Le Temps.
Retrouvez et suivez L’âme des peuples sur
www.editionsnevicata.be
@amedespeuples
À Jeannette, ma mère, qui m’a donné le goût des livres
André Gattolin
Pourquoi l’Europe ?
Ce petit livre sur l’état de l’Union européenne et sur sa destinée n’est pas un guide. Il a pour objectif d’être le compagnon de vos cogitations, de vos envies, de vos rêves comme de vos désillusions, lorsque arrive dans les conversations ce sujet de débat passionné que sont l’Europe et son avenir.
Voici, brossé en un court mais percutant récit, un tableau des défis que les 27 pays membres de cette communauté d’États unique au monde doivent, après l’épidémie de coronavirus survenue dans la foulée de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, affronter ensemble. Le tableau d’un continent blessé par tant de tempêtes et d’ouragans au cours de son histoire et toujours confronté à cet impitoyable constat : l’Europe est un mythe que nous avons su bâtir, mais que nous ne savons plus chérir. Peut-on aimer l’Union européenne ? Comment donner à cet ensemble de 450 millions d’habitants unis par une souveraineté partagée si difficile à mettre en œuvre, le sentiment pérenne d’une appartenance commune ? Tel est le propos de ce hors-série de la collection L’âme des peuples au titre évocateur : Rallumer les étoiles.
Ce petit livre est une plaidoirie lucide, nourrie par nos observations, depuis plus de 20 ans, dans les coulisses politiques et économiques de l’Union et de ses institutions. Il dit l’ampleur des divergences révélées, à Bruxelles et dans les 27 capitales de l’Union, par la crise financière de 2008- 2009 et par ce tsunami sanitaire et social qu’est, à l’heure d’écrire ces lignes, le déferlement de la pandémie sur le continent. Il s’attarde sur les erreurs politiques, les méprises historiques, les aberrations économiques et les blessures culturelles ou identitaires. Bref, il tente de refaire l’Europe en insistant sur ce qui lui procure encore un semblant de cohésion, dans ces années d’instabilité géopolitique mondiale face à laquelle les centaines de milliards d’euros du plan de relance pèseront bien peu s’ils ne parviennent pas à convaincre ses citoyens qu’ils sont mieux protégés ensemble qu’à l’abri de leurs frontières.
Nous aurions pu – et peut-être aurions-nous dû – raconter le destin du continent en repartant sur ses routes, en remontant ses fleuves, en parcourant ses sentiers montagneux, en nous laissant glisser dans ses vallées. À l’écoute des peuples européens, notre récit aurait tourné à la fresque, comme le fit avec tant de talent l’historien néerlandais Geert Mak en cette année charnière 19991 en sillonnant le continent pour raconter ses fractures et ses espoirs. Nous avons choisi, pour notre part, de nous pencher sur le dossier Europe, d’identifier les éléments à charge et à décharge, pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, et ce qui peut rallumer ces étoiles dans un ciel souvent obscurci par d’épais nuages.
L’avenir sera européen ou ne sera pas. Telle est la conviction de notre collection L’âme des peuples dont les premiers ouvrages (elle en compte désormais près de 70) furent consacrés, fin 2012, à l’Allemagne, à la Grèce, à la Pologne et à l’Espagne. Nos lunettes sont celles de la culture, de la démocratie, du vivre ensemble, de la diversité et du respect des traditions. Les fantômes de l’histoire nous guettent à chaque pas. Les religions, et pas seulement la foi chrétienne, surplombent notre quotidien. Notre Europe est un puzzle dont nous cherchons sans cesse les ultimes morceaux, alors que d’autres s’évertuent à bousculer la table pour rendre notre quête impossible.
Ce petit livre est un avertissement. L’Europe a mal. Les Européens ont mal à leur Europe. Mais à y regarder de près, le déclin si souvent annoncé d’une Europe soi-disant « sortie de l’histoire » ne relève – fort heureusement – pas de la certitude. Les pages qui suivent, tout comme les entretiens avec Béatrice Giblin, Ivan Krastev, Mark Mazower, Alain Lamassoure et Paolo Rumiz, trahissent cette inquiétude mêlée d’espoir et de volontarisme. Et c’est tant mieux. Car pour comprendre les peuples, il faut avoir conscience de leurs limites, de leurs difficultés, des cicatrices mal refermées de leur passé.
Rallumer les étoiles de l’Union européenne exige plus qu’un interrupteur. C’est la flamme et l’alimentation électrique que ce petit livre cherche à rétablir pour redonner des couleurs à l’élan communautaire. En évitant le court-circuit.
Richard Werly
Directeur de la collection L’âme des peuplesAthènes, août 2020
1Voyage d’un Européen à travers le XXesiècle, Geert Mak, Gallimard, 2010.
L’Europe va mal. C’est un fait. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, résumée par le terme Brexit, continue de secouer rudement l’édifice institutionnel communautaire mis à l’épreuve, depuis le séisme financier de 2008-2009, par la montée des colères souverainistes attisées par les crises à répétition : crise grecque, crise des migrants, fractures nord-sud ou est-ouest… Plus grave : en réveillant les peurs et en plongeant l’économie dans le précipice du confinement sanitaire, l’épidémie de coronavirus apparue à la fin de l’hiver est une menace durable pour la santé du patient « Europe ». Le Covid-191, tout comme le Brexit, sont d’implacables marqueurs. Ils témoignent de la longue impasse dans laquelle le processus communautaire s’est enlisé au cours de la dernière décennie du siècle passé, et ravivent les blessures mal cicatrisées.
Blessures de l’élargissement d’abord. La manière dont l’Union a accéléré son intégration depuis la réunification allemande – jusqu’au grand élargissement des années 2004- 20072 – a mis en lumière son incapacité à surmonter des défis auxquels elle ne s’était pas sérieusement préparée. Il est trop facile de faire porter la responsabilité du Brexit et des fractures est-ouest ou nord-sud aux seuls États et populations qui, par leur refus ou leurs rétractations, sont accusés de refréner la soi-disant marche en avant de l’Union européenne. Si, à travers le rassemblement progressif d’une grande partie des États du continent, les artisans de l’intégration communautaire sont parvenus à créer une Europe à 27, ils ont globalement échoué à construire des Européens. La montée des réactions populistes et nationalistes un peu partout au sein de l’Union trahit cet échec.
Blessures de l’identité ensuite. La liberté de circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services qui s’est progressivement instaurée depuis la création du marché commun en 1957 a sans conteste rapproché les peuples. Mais elle n’a pas encore forgé d’identité commune, y compris entre la France et l’Allemagne, dont la réconciliation fut la clef de voûte du processus communautaire. Soixante-dix ans de construction européenne ne s’effaceront pas, bien sûr, en un jour. Mais le risque d’un délitement sournois et sur une longue durée est réel. L’Union européenne doit aujourd’hui, comme le Royaume-Uni, se réinventer. Il lui manque fondamentalement un souffle qui rende cette construction non seulement nécessaire, mais bel et bien désirable.
Blessures historiques aussi. Les Européens ont beaucoup changé depuis les lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Et la disparition du rideau de fer qui séparait l’est et l’ouest du continent, fin 1989, n’a absolument pas abouti à la prétendue « fin de l’histoire » résumée par l’avènement généralisé de la démocratie. Pour complexifier l’équation, les valeurs dominantes en Europe ont connu, depuis un demi-siècle, une mutation profonde, bien expliquée par les travaux au long cours du politologue américain Ronald Inglehart3. Aux valeurs matérialistes de la période de l’après-guerre et de la reconstruction – propices à l’effort collectif et au partage de souveraineté – se sont substituées, à partir des années 1970-1980, des valeurs dites « postmatérialistes » traduisant des attentes fortes d’autonomie et d’expression individuelle : un substrat nouveau où les facteurs culturels, à l’opposé des facteurs économiques, finissent par dominer…
Blessures citoyennes enfin. Une des erreurs de l’Union européenne a été rapidement de se laisser enfermer dans la technicité extrême de ses politiques, les rendant peu appréhendables par les citoyens ordinaires. Pis : à défaut de disposer de moyens massifs d’intervention budgétaire, cette fédération d’États-nations (pour reprendre le terme de l’ancien président de la Commission Jacques Delors) a, au nom de la « nécessaire harmonisation du marché communautaire », concentré son action dans la production sans fin de normes et de standards plus ou moins opportuns. On nous objectera qu’elle n’avait pas d’autre choix, compte tenu de la volonté des dirigeants nationaux de préserver leurs prérogatives. N’empêche : cette forme d’intervention techniciste a peu à peu terni le blason européen auprès de populations déjà largement exaspérées par la bureaucratisation parfois excessive de leurs administrations nationales. En s’enfermant dans un langage toujours plus abscons, l’Europe institutionnelle a alimenté le fossé qui la séparait des citoyens et accentué le sentiment de déficit démocratique dans son fonctionnement. Bruxelles a, qu’on le veuille ou non, sa part de responsabilité dans la résurgence des nationalismes et des populismes qui secouent les démocraties du continent.
Réconcilions l’Union avec les Européens
« Rallumer les étoiles » exige un diagnostic rigoureux des pannes de l’intégration communautaire. Or l’une d’entre elles, peut-être la plus importante, est de trop peu et trop indirectement s’adresser aux Européens eux-mêmes, les seuls pourtant à pouvoir lui conférer une véritable légitimité. Un signe : il fallut attendre 1986 pour que l’Europe se dote de quelques symboles rassembleurs comme son hymne ou son drapeau !
Soupçonneux à l’égard des dirigeants des États membres, trop souvent réticents à promouvoir urbi et orbi les bienfaits de la construction commune, les artisans du grand dessein européen ont préféré s’adresser aux élites et aux cercles supposés aptes à comprendre et approuver leur action. Leur calcul ? Cibler les « leaders d’opinion », pour que ceux-ci propagent ensuite la bonne parole européenne auprès des masses… Grave erreur. Loin d’être aussi efficace qu’escomptée, cette stratégie a eu pour effet pervers d’isoler les acteurs de l’Europe dans un entre-soi et de transformer parfois ses prétendus relais d’opinion en lobbyistes de leurs intérêts privés auprès d’instances européennes déjà en peine de légitimité populaire.
Ouvrons les yeux : le sentiment positif d’appartenance à l’Europe n’a progressé, en parallèle de la fierté nationale, que tant que la croissance économique a été forte et qu’elle répondait aux attentes matérialistes des populations. Or, depuis les années 1980, le doute s’est installé. Passé l’enthousiasme immédiat provoqué par la chute du mur de Berlin fin 1989, une fraction de plus en plus grande des Européens a commencé à s’inquiéter de la réunification allemande et de ses conséquences. Plus tard, avec le grand élargissement des années 2000 et l’accroissement sensible des flux de populations intra-européens qui s’est ensuivi, un sentiment de dilution de leur identité a frappé nombre d’entre eux. L’existence longtemps occultée des Européens de l’Est, différents par leurs cultures et avides de profiter des libertés et des bienfaits de l’Union, a bouleversé la donne. Inutile de rappeler ici les caricatures du fameux « plombier polonais » qui agitèrent l’opinion publique française lors de la campagne pour le référendum sur le projet de constitution européenne de 2005 ou combien l’immigration venue de l’Est fut un des arguments chocs de la campagne en faveur du Brexit au Royaume-Uni.
Ce mirage d’une citoyenneté européenne incapable d’émerger s’est plus récemment traduit par la tentation du repli national. L’indépendantisme écossais, flamand, catalan se nourrit aussi de ce paradoxe : l’appartenance communautaire est brandie, non pour avancer ensemble, mais pour plaider la cause du divorce régionaliste. Tout se passe, plus de 60 ans après le traité de Rome de 19574, comme si seule l’appartenance nationale ou régionale engendrait de l’identité collective. Or c’est un leurre ! Si la fragmentation linguistique de l’Europe et l’hermétisme excessif des récits nationaux contribuent bien sûr à cette impression de n’appartenir qu’à sa patrie ou sa nation d’origine, l’Europe est bien une réalité. Lorsqu’un Italien ou un Tchèque rentre d’un long séjour en Asie ou en Afrique pour s’installer dans un pays du continent autre que le sien, il ressent alors implicitement cette sorte d’identité partagée qui lie et rassemble les citoyens européens entre eux. Le sentiment d’appartenance nationale et celui, plus large, d’appartenance à une civilisation européenne, ne souffrent d’aucune incompatibilité génétique. La force de l’ancrage historique et civilisationnel européen est encore trop ignorée des… Européens mêmes. « Rallumer les étoiles » exige de remettre cet ancrage au premier plan car, sinon, le risque d’un délitement sournois lié à la perte du sentiment d’appartenance deviendra un danger majeur.
Jacques Delors avait raison lorsqu’il déclara : « On ne tombe pas amoureux d’un grand marché »5. En réalité, ce qui manque fondamentalement à l’Europe, c’est une inspiration ; ce que Churchill appelait « un geste magistral »6 capable de ressusciter le désir et l’enthousiasme partagés autour du projet européen. Or, aujourd’hui, notre Europe n’est plus une source de rêve susceptible de transformer ses habitants en véritables Européens. Elle n’a donc d’autre choix que de se pencher plus intelligemment qu’auparavant sur sa géographie, son héritage, son histoire et sa culture propre. C’est ainsi qu’au-delà de ses réussites économiques passées elle pourra réparer ses blessures.
Bâtissons des ponts sur l’archipel Europe
Nous devons nous réconcilier, en tant qu’Européens, avec la diversité de notre géographie aussi humaine que physique. Acceptons de regarder l’Europe telle qu’elle est et d’en tirer les conséquences lucides. La morphologie de nos villes, nos campagnes et nos paysages présente des caractéristiques différentes de celle des autres régions du monde. Dans Visions de la baie de San Francisco7, le prix Nobel de littérature Czeslaw Milosz, né en Lituanie avant de s’établir aux États-Unis en 1961, souligne le choc culturel qui l’envahit lorsqu’il découvrit l’Amérique. Ce qui le frappa le plus, ce fut ce rapport singulier à l’espace et aux distances, ainsi que la grande variété de densité de son peuplement.
L’Europe, elle, offre une tout autre distribution de la présence humaine sur son territoire. Une des caractéristiques flagrantes de notre continent est qu’il n’y demeure plus, depuis des siècles, d’espaces qui n’aient été aménagés par l’homme. Même dans les zones aujourd’hui en voie de désertification, la trace humaine reste omniprésente.
Ce que nous appelons « campagnes » (étymologiquement « vaste étendue de pays plat et découvert ») ou en allemand hinterland (« arrière-pays »), n’a en fait rien de commun avec la wilderness, ces grands espaces sauvages qu’on retrouve sur tous les autres continents. Cette omniprésence humaine propre à l’Europe explique pour beaucoup la proximité, mais aussi les rivalités entre ses peuples, jusqu’aux guerres engagées au nom de l’« espace vital ».
Par ailleurs, les métropoles européennes, avec leur maillage étroit de villes intermédiaires et de bourgs, exercent une forme de contrôle assez inédite des territoires. La multiplication des États-nations, surtout durant un dix-neuvième siècle marqué par une forte croissance démographique, n’y est sans doute pas étrangère.
L’autre particularité de l’Europe est d’être une péninsule hors norme, même si ce terme ne qualifie qu’imparfaitement sa réalité spatiale. En dépit de la prédominance de sa partie continentale, l’Europe s’apparente également à une sorte d’archipel, avec ses multiples îles de taille parfois très imposante.
Parler de continent pour l’Europe est d’ailleurs assez discutable, tant sa délimitation orientale demeure un sujet d’interrogations. Est-elle simplement le prolongement naturel de la vaste Asie ? Avant l’apparition de ses premières grandes civilisations endogènes (hellénistique, étrusque, romaine, carolingienne), le continent européen a été, ne l’oublions pas, le terrain de très nombreuses invasions venues d’Orient.
Ce qui renforce la particularité géographique de l’Europe, c’est que loin de disposer d’une morphologie ordinaire, elle est une péninsule complexe et composite, abritant nombre de sous-péninsules et d’isthmes en tous genres. Son littoral, extrêmement découpé, s’enfonce parfois très en avant dans ses terres, faisant de ce continent celui qui, au regard de sa superficie globale, dispose de la plus grande façade côtière.
