Face au monde d'après - JEAN-DAVID HADDAD - E-Book

Face au monde d'après E-Book

Jean-David Haddad

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Beschreibung

La nouvelle décennie a ouvert ses portes sur une crise sanitaire, qui a déclenché un interventionnisme sans précédent des états d'Europe. S'en suivra fatalement une crise économique plus profonde que les précédentes, car nous partons d'une situation bien plus dégradée qu'en 2001 ou 2008. Émergeront de nouvelles normes comportementales, professionnelles, politiques, etc. Bienvenue dans "le monde d'après" ! Il fallait bien un essai pour vous y accompagner ! Que vous ayez des enfants ou ados à guider dans ce monde, que vous vous interrogiez sur vos placements et votre patrimoine, sur votre retraite, que vous soyez autoentrepreneur ou salarié, ou que vous souhaitiez simplement tenter de comprendre où nous allons, ce livre est fait pour vous ! Ce premier essai à être publié sur le sujet, est une gifle à nos certitudes et nos habitudes ! Après avoir tenté de comprendre pourquoi le monde en est arrivé là, l'auteur esquisse les contours de cette nouvelle société : davantage de contrôle social et technologique, de méfiance et de défiances, l'avènement probable d'une inflation sans croissance, des changements politiques majeurs, des marchés financiers volatiles, des états en grande difficulté budgétaire, une explosion des inégalités, une forte pression écologique, etc. Irons-nous jusqu'à des "dictatures 2.0"? Face à ce monde, il faudra vous réinventer pour ne pas sombrer. Réinventer vos placements financiers, l'orientation de votre patrimoine, adapter votre carrière professionnelle, les études des jeunes ou les perspectives de retraite des plus âgés. Faudra-t-il aller vivre ailleurs ? Enfin, l'auteur laisse la parole à des jeunes, tous nés au 21ème siècle. Ils expliquent et racontent comment eux voient l'avenir... Leur avenir, et comment ils comptent s'y adapter. C'est la première fois que des natifs du 21ème siècle prennent la parole dans un livre écrit par un économiste de renom, afin de donner leur vision de l'avenir, et la manière dont ils vont tenter de s'adapter. Tout au long de cet essai, l'auteur s'appuie sur des sondages d'opinion, qui montrent que ce monde d'après était finalement prévisible et qu'il suffisait d'une brèche pour en ouvrir les portes. Comme de nombreux livres de la collection "Les Pros de l'Éco" cet essai comporte des QR codes qui renvoient vers des articles, des interviews, etc. Retrouvez tous les livres de la collection ainsi que notre émission de TV sur : www.lesprosdeleco.com

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Seitenzahl: 192

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Dans la collection Les Pros de l’Éco

L’économie ? Rien de plus simple !

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Retrouvez tous ces auteurs régulièrement sur :

www.lesprosdeleco.com

À mon fils…

TABLE DES MATIÈRES

AVERTISSEMENTS

AVANT-PROPOS

INTRODUCTION AU MONDE D’APRÈS

De la grippe espagnole au coronavirus

Une société radicalement différente…

La vie à tout prix !

Un avant et un après…

PREMIÈRE PARTIE : CE QUI NOUS ATTEND…

CHAPITRE 1

UNE DÉMONDIALISATION EN TROMPE-L’ŒIL

Tout part d’une volonté des peuples…

La démondialisation a déjà commencé

Le virus de la mondialisation : un bel alibi !

L’heure de relocaliser !

Le commerce et la production : mirages souverainistes

Et l’Europe ?

Les transports en question

CHAPITRE 2

L’ÉCOLOGIE, OMNIPRÉSENTE ET PUNITIVE

Le climat : un alibi fiscal de choix !

Vers une écologie punitive…

Montée du véganisme, un corolaire à l’écologie

CHAPITRE 3

UNE TERRIBLE CRISE ÉCONOMICO-FINANCIÈRE

Une crise sur un terrain déjà très miné

Déflation, puis inflation, puis implosion

Une perte de confiance aux effarantes conséquences…

Le cycle du crédit : faillites et chômage de masse en vue

Poursuite de la paupérisation

En résumé : un coma économique !

Le jubilé des dettes : la solution ?

CHAPITRE 4

UBÉRISATION ET TÉLÉTRAVAIL

De fortes tendances des « années 10 »

Télétravail en France : un retard qui sera vite rattrapé

Économie collaborative : toujours plus forte, crise oblige…

La fin du CDI à vie

CHAPITRE 5

TOUS TRAQUÉS ? VERS LA DICTATURE 20

La technologie au service du contrôle des populations

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Vers la dictature 2.0 ?

CHAPITRE 6

DES PUISSANTS ENCORE PLUS PUISSANTS

Renforcement des pouvoirs politiques

Incertitude du côté bancaire

Grandes Nations toujours plus fortes, Chine en tête

DEUXIÈME PARTIE : COMMENT S’ADAPTER À CE MONDE ?

CHAPITRE 1

STRATÉGIES D’ADAPTATION PATRIMONIALE ET FINANCIÈRE

Sortir de la bulle sécuritaire

L’or, un bel avenir probable

L’argent, un intéréssant challenger

La bourse, mais avec un grand discernement…

CHAPITRE 2

STRATÉGIES D’ADAPTATION PROFESSIONNELLE

Prendre ou pas sa retraite ?

Se détacher du salariat

Métiers porteurs pour les jeunes : les sciences, le bien-être, la rédaction, l’audio-visuel !

CHAPITRE 3

STRATÉGIES D’ADAPTATION GÉOGRAPHIQUE

L’expatriation : une tendance lourde

Faut-il céder à la tendance… et où aller ?

La mobilité géographique des avoirs financiers est-elle possible ?

TROISIÈME PARTIE : VISIONS DE JEUNES…

VISION DE THOMAS ANDRIEU, NÉ EN 2003

Une nouvelle idéologie d’état

La fin d’une ère

Troubles économiques

Troubles politiques et étatiques

Liberté, propriété, progrès… Encore ?

VISION DE PAUL-ARMAND FREZOULS, NÉ EN 2002

VISION DE JUSTINE BEZIAN, NÉE EN 2002

EN CONCLUSION…

ANNEXES

ANNEXE 1 – Surendettement et pyramide de Ponzi

ANNEXE 2 – La dette : du rêve au cauchemar d’une nation

ANNEXE 3 – La dette : de l’émancipation individuelle au drame collectif

AVERTISSEMENTS

Cet essai contient des éléments de prospective sociale et économique, qui sont le fruit des analyses de l’auteur et ne peuvent en aucun cas être interprétés comme des certitudes quant à un avenir qui reste à écrire et qui peut être modifié par moult éléments dont nous ignorons forcément l’existence à l’instant t.

Le raisonnement déroulé dans cet ouvrage est fait « toutes choses égales par ailleurs », comme disent les économistes. C’est-à-dire avec les éléments dont dispose l’auteur au moment de la rédaction, effectuée en mai et juin 2020.

L’objectif de cet essai est de fournir au lecteur des pistes de réflexion sur le monde d’après-Covid, et non des conseils absolus.

La vision de l’auteur sur la décennie 2020-2030, qui est l’objet de cet essai, est complétée en fin d’ouvrage par des visions de jeunes, issus de la génération Z, à savoir la génération des natifs du 21ème siècle.

Ce livre comporte des QR codes, qui renvoient vers des articles et interviews données sur le site « Les Pros de l’Éco » (www.lesprosdeleco.com), site qui appuie la collection de livres dans laquelle est publié le présent essai.

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AVANT-PROPOS

Juin 2020.

Le monde d’après, il a déjà commencé.

On nous en a parlé pendant les deux mois de confinement. Le monde d’après, qui devait être si différent du monde d’avant.

Mais nos premiers pas dans le monde d’après montrent un monde pas si différent de celui que nous connaissions…

Et c’est normal, car la crise sanitaire n’aura fait qu’amplifier certaines tendances déjà observables précédemment. Le monde d’après ne sera que la suite logique du monde d’avant, avec néanmoins quelques ruptures. Car la crise est venue bouleverser le monde d’avant par de nouvelles habitudes de vie et de travail, qui viendront se greffer aux tendances antérieures.

Après chaque évènement important et bouleversant de l’histoire, il y a un monde d’après. On nous avait parlé d’un monde d’après pour les attentats du 11 septembre, d’un monde d’après pour la crise de 2008… Et maintenant d’un monde d’après pour la crise sanitaire. Un monde qui durera plusieurs années… Jusqu’à la prochaine crise mondiale majeure. Qu’elle soit sanitaire, financière, écologique, etc. Notre monde d’après qui commence en juin 2020 sera alors devenu le monde d’avant…

À chaque passage d’un monde d’avant à un monde d’après, il y a quelques ruptures et de lourdes accentuations. Ce sont ces ruptures et ces accentuations sociales, économiques, politiques, que nous allons explorer dans ces pages. Avant de nous demander comment s’y adapter.

INTRODUCTION AU MONDE D’APRÈS

Pied de nez de l’histoire, ou sujet de délectation pour les amateurs de théories cycliques, c’est un siècle après la fin de la pandémie de grippe espagnole qu’a commencé celle du coronavirus, dit aussi Covid-19 !

De la grippe espagnole au coronavirus

La grippe espagnole a fait entre 20 à 50 millions de morts selon l'Institut Pasteur, et peut-être jusqu'à 100 millions selon certaines réévaluations récentes. Pour une humanité qui comptait alors quelque 1.8 milliard d’âmes. Le fait de ne pas avoir de chiffre précis, montre à quel point cette pandémie avait été prise au sérieux ! Il faut dire qu’au sortir de la grande guerre, les gens avaient d’autres préoccupations ! Si on retient les chiffres de l’Institut Pasteur, ce virus a donc provoqué un taux de mortalité de l’humanité de 1 à 2 %. Mais il faut dire qu’il n’y avait pas les chaines d’info en continu pour opérer le sinistre décompte chaque jour !

Un siècle plus tard, le très sérieux Imperial College de Londres a expliqué au sujet du coronavirus que « si aucune action n'était entreprise contre l'épidémie, on pourrait s'attendre à environ 510 000 morts en Grande-Bretagne sur une population de 66 millions de personnes, et 2,2 millions aux États-Unis sur 330 millions. » Cela ferait respectivement 0.77 % et 0.67 % de morts. Il s’agit de pays plutôt bien équipés sur le plan sanitaire, même si les faits actuels montrent que leur capacité est nettement inférieure à des pays asiatiques ou scandinaves. On peut extrapoler, à l’échelle mondiale, en étant pessimistes, un taux de mortalité maximum de 0.8 %. Donc nettement inférieur à celui de la grippe espagnole.

Adam Smith (1723-1790) est célèbre pour sa métaphore de la main invisible selon laquelle chaque individu poursuivant son propre intérêt, agit sans le vouloir pour le bénéfice de tous, comme si une "main invisible" guidait son comportement de façon à accroître l'intérêt général. Ce mécanisme est régulièrement invoqué par les économistes libéraux pour justifier le « laisser-faire » et une intervention de l’État réduite au minimum dans l’économie.

On peut constater que la grippe espagnole a été arrêtée en quelque sorte par une main invisible, que les états ont laissé faire, alors que pour le coronavirus, un siècle après, ces mêmes états se sont lancés dans les politiques les plus interventionnistes de l’histoire contemporaine : confinement obligatoire, fermeture des commerces, des restaurants, des spectacles, contrôle des populations, et ne parlons pas des mesures économiques, des plans de relance à coups de milliards, plans mondiaux pour certains, nationaux pour d’autres…

Que s’est-il donc passé en un siècle ? Pourquoi a-t-on basculé d’un extrême à l’autre ?

Une société radicalement différente…

En un siècle, la société a évolué. Les mentalités ont radicalement changé, la vie humaine n’a plus le même prix qu’il y a un siècle : aujourd’hui, dans les représentations sociales, c’est-à-dire les manières de percevoir collectivement quelque chose, la vie d’un être humain est devenue sacrée. Du moins dans notre culture occidentale. Ce qui n’était pas le cas il y a un siècle.

On peut relier cela au fait qu’il n’y ait pas eu de guerres sur nos territoires depuis près de 80 ans. Ainsi, près de 90 % des Européens vivants n’ont pas connu la guerre.

On peut également expliquer ce phénomène par la croissance économique des trente glorieuses, qui a conduit à une hausse très forte du niveau de vie, à une baisse de la natalité et donc à un soin beaucoup plus attentif porté aux enfants. On fait moins d’enfants, l’enfant devient une denrée rare, donc précieuse… On investit beaucoup de temps, d’argent, d’énergie, d’affect, d’amour dans des vies humaines, bien plus qu’autrefois où les buts principaux de l’enfantement étaient de servir la Nation, de « prendre la relève », de travailler, etc.

Un autre phénomène concerne les croyances religieuses, qui, dans ces mêmes sociétés, se sont amenuisées : le mystique a moins de place, et la rationalité, corollaire de la science, a pris cette place occupée autrefois par la religion. Notre société a arbitré, peut-être trop vite, entre croyance et connaissance. On est passés en quelques décennies d’une croyance avec peu de connaissance à une vénération de la connaissance en abandonnant largement la croyance.

Ce phénomène s’observe surtout sur les cinq dernières décennies. Même aux États-Unis, où la religion reste bien plus prégnante qu’en France, le pourcentage des personnes sans religion a été multiplié par près de 5 sur les 50 dernières années :

En France, si on prend le cas de la Bretagne, une région truffée d’églises, le nombre de prêtres a baissé de 77 % en 58 ans, passant de 5037 à 1168 entre 1961 et 2018.

Les religions transmettent à leurs fidèles la perspective d’une « après-vie », ce que la science n’est pas (encore ?) capable de faire. De ce fait, l’abandon de la croyance pour la connaissance, le règne de la science érigée en dogme, prive toute une partie de la population de croire en un au-delà. Le scientisme (philosophie selon laquelle la connaissance ne peut être atteinte que par la science) est devenu sous-jacent à nos représentations de la connaissance.

Une statistique pour le moins funeste concerne le taux de crémation, qui a littéralement explosé ces dernières années, passant de 12 % en 1996 à 36 % en 2017. La crémation est mal vue, voire interdite par les croyances religieuses mais prônée par l’écologie.

Source : OGF, 2017

On peut penser, en France surtout, que les citoyens qui se disent catholiques, adhèrent plus à un esprit de perpétuation des traditions (baptêmes, mariages, etc.) qu’à une réelle spiritualité. À l'occasion de la fête de la Toussaint 2019, l'IFOP a réalisé un sondage exclusif pour Atlantico, sur les croyances et les représentations de l'au-delà pour les Français. Il en ressort des chiffres surprenants : 14 % des Français -seulement- estiment que l’âme humaine est immortelle. Comme le conclut Atlantico : « Nous avons donc bien la confirmation et l’amplification d’une croyance ou d’une représentation qui était déjà présente il y a vingt ans et qui se renforce ici : une majorité des Français estiment que la mort est finale ».

Et le rapport à la crémation aurait tendance à illustrer cette représentation collective. Ce sont 63 % des Français qui y pensent selon un sondage IPSOS d’octobre 2018.

La vie à tout prix !

Cette représentation d’une mort qui met un point final à ce que nous sommes, à notre conscience, notre esprit, a généré au fil du temps une peur collective de la mort. Peur amplifiée par le fait que les générations qui peuplent les pays occidentaux n’ont pas connu de grande guerre, ni même de vraie guerre sur leur sol. Ce qui n’est pas le cas des pays du sud.

Notre seuil de peur, en particulier de la mort, est devenu de plus en plus bas. Il le devient d’autant plus que l’espérance de vie atteint désormais un plateau alors que depuis un siècle elle n’a fait que croître.

Cette peur collective est devenue telle que nos sociétés s’acharnent à garder en vie des personnes dans le coma depuis des années. L’euthanasie est interdite, parfois même après des supplications de la famille des personnes concernées. La peine de mort pour les pires meurtriers a été abolie il y a 40 ans. Même la vie de ces derniers doit être préservée. C’est la vie à tout prix ! Et cette vie, en Europe, en France surtout, se doit d’être protégée et garantie par l’État, selon la tradition fortement étatique, interventionniste et jacobine de notre pays.

L’Homme occidental contemporain ne veut plus penser sa mort, sa finitude, qui l’effraye. C’est donc une fois de plus « la vie à tout prix » ! Et, accessoirement, la quête d’une bonne santé afin de profiter à fond de la période que nous avons à vivre, la volonté de prolonger la vie le plus longtemps possible…

Voilà donc les nouvelles valeurs dominantes de nos sociétés. Ou du moins d’une partie de ces sociétés. Aux États-Unis, la donne est différente. On notera qu’en avril 2020, les états à dominante démocrate, avec une population plus laïque, ont pratiqué le confinement (Minesotta, Michigan, New-York, etc.) ; alors que les états à dominante républicaine, souvent plus ancrés dans le protestantisme, qu’il soit traditionnel ou évangélique, n’ont pas confiné et ont privilégié l’économie. Comme si le travail, la religion, l’économie étaient des valeurs passant au-dessus de « la vie à tout prix ».

Au Brésil, où seulement 8 % de la population se déclare sans croyance religieuse (source : brazil-selection.com), et où les croyances religieuses et ésotériques sont très répandues et multiples, allant du catholicisme au chamanisme, en passant par des religions afro-brésiliennes, le Président s’est formellement opposé à tout confinement, à tout arrêt de l’économie, comme s’il fallait se reposer sur la bonne étoile du pays, sur une croyance supérieure en la capacité à surmonter une épidémie, et non sur la science. Le rapport à la mort, le rapport à la vie, au corps, sont totalement différents dans un pays comme le Brésil, pays le plus violent du monde par le nombre d’homicides volontaires (plus de 60 000 par an), où existent des combats clandestins, parfois même mixtes ; il ne faut pas s’étonner que le rapport à une épidémie soit totalement différent.

Ainsi, pour en revenir à la France, la baisse des croyances religieuses, alliée à une croyance accrue en la science, en la conviction que l’Homme est plus fort que tout y compris la mort, ont engendré une fuite de la mort bien plus importante qu’il y a un siècle. Être en vie et accessoirement en bonne santé, a pris le pas sur d’autres valeurs, dominantes il y a un siècle, ou même un demi-siècle, et considérées comme ringardes ou passéistes aujourd’hui, au mieux secondaires : la loyauté, le courage, la force, la fidélité, l’honneur, le travail, l’amour de la Nation ou la maternité. Voire même la liberté. Des valeurs qui demeurent essentielles dans d’autres contrées.

Aujourd’hui, on interdit pour préserver la vie. On fait peur pour préserver la vie et la santé publique (citons en exemple les campagnes obligatoires montrant des atrocités sur les paquets de cigarettes). On confine pour préserver la santé publique et la vie. Sauver des vies, est le maitre mot. Le ministre de l’intérieur n’a cessé de le répéter. Qui pourrait s’y opposer sans être taxé d’ignoble criminel ?

La vie à tout prix et la santé publique avant tout : voici les valeurs qui guident les pas des pays riches ne connaissant ni la guerre ni la misère à grande échelle, et des sociétés occidentales les plus laïques dont la France est le porte-drapeau.

Du coup, pour être en bonne santé, la population accepte, dans un cas extrême comme la crise du coronavirus, d’être privée des libertés les plus élémentaires comme la liberté de déplacement ou celle de rassemblement. Et, si on prend le cas de la France, où règne la culture, que dis-je, le culte de l’État-Providence, la population n’a eu aucun mal à lui concéder sa liberté, pour être protégée. Les libertés publiques passent donc derrière la santé publique, et la liberté individuelle passe derrière la vie à tout prix. Il y a eu des grognements sur internet, des pamphlets, des articles, mais pas de soulèvement populaire face à un état d’urgence liberticide majoritairement adoubé. Liberticide, oui… Mais pour sauver des vies ! Le leitmotiv revient en boucle ! La vie avant la liberté !

C’est donc un phénomène de société, un changement de valeurs dominantes dans les représentations qui entraine aujourd’hui une chute vertigineuse du PIB mondial, cela étant particulièrement marqué en France.

On voit donc à travers cet exemple l’intime liaison qui s’est nouée au fil de temps, entre la sociologie et l’économie.

Un avant et un après…

On nous dit qu’il y avait un avant et qu’il y aura un après. On nous laisse entendre que cette année 2020 est l’année charnière qui changera la face du monde. Que rien ne sera jamais plus comme avant.

On nous parle du « monde d’après ».

Que sera donc ce monde d’après ?

Un monde transitoire de quelques mois, le temps que le monde d'avant soit rétabli à l'identique ? Ou bien un monde différent ? Est-ce que le printemps 2020 va, à l'instar du printemps 1968 par exemple, changer les valeurs, les représentations sociales, les normes sociales et économiques associées ?

Je pense pour ma part, avec l'humilité dont il faut faire preuve sur ce genre de questions, que le monde d'après va accentuer certaines tendances qui étaient déjà à l'œuvre et qu'on ne voyait pas forcément à l'œil nu. Il va concrétiser, sous prétexte de crise sanitaire, certaines aspirations des peuples, comme une certaine démondialisation qui ne pourra jamais être totale bien entendu… mais aussi, en contrepartie, une prégnance plus forte des gouvernements, des lobbies et des géants du net.

En 2020, il y a eu une rupture, mais aussi beaucoup d’éléments de continuité et d’amplification.

La population française, jusque-là, comptait sur l’État, que ce soit pour la redistribution, pour le maintien de l’ordre, pour la position de la France dans le monde, etc. En 2020, la population française s’est soumise à l’État, et bien volontairement. Certes, il y a eu des voix critiquant le confinement, le fait que l’on n’ait pas administré certains traitements que les pays pauvres, eux, ont administrés, avec un certain succès… Mais l’opinion publique, dans sa majorité a cautionné. Un cap a été passé, franchi… Le cap de la soumission. Et ce qui est franchi une fois peut l’être plusieurs fois ; un plafond de verre a sauté. Sans la moindre révolte. Au contraire. En effet, tous les sondages d’opinion réalisés par différents instituts en mars et avril 2020 ont montré que les français soutenaient majoritairement le confinement autoritaire décidé par le gouvernement français. Mais ce soutien est à mettre en corrélation avec une peur très majoritaire du virus, une sorte d’hypocondrie généralisée, liée aux phénomènes de représentation sociale évoqués plus haut. Ainsi, selon un sondage Elabe, réalisé le 8 avril 2020, soit un bon mois après la prise de conscience du phénomène virologique, et trois semaines après le début du confinement, 81 % des Français se montraient très inquiets de la propagation du virus.

L’inquiétude collective, relayée en boucle par des compteurs de morts s’affichant au bas de l’écran télé, a sacrifié la liberté sur l’autel de la santé et la longévité.

En fait, 2020 a été le choc, mais ce qui est arrivé est le fruit d’une longue montée en puissance de l’info en continu, du besoin accru d’État-providence, du changement de valeurs évoqué ci-dessus et de nouvelles valeurs annexes comme l’écologisme ou la cause animale.

Comme nous le verrons tout au long de cet essai, 2020, année 0 de la contamination, est un prétexte ; 2020 sera pour les gouvernements et autres puissants de ce monde, un formidable alibi pour que se prolongent, se légitiment et s’amplifient avec fracas un certain nombre de tendances déjà observables depuis le début du siècle et même avant : la démondialisation, l’écologisme, le tracking, la valorisation de la cellule familiale comme formidable unité de consommation, l’explosion de la dette, l’affaiblissement de l’artisanat, l’ubérisation de l’emploi, etc.

Sur de nombreux plans, l’après sera le prolongement de l’avant. Justifié par la crise sanitaire et ses conséquences. La crise apparaitra, sur beaucoup de plans, comme une justification tombée du ciel, un beau prétexte de changements qui germaient et qui en quelque sorte n’osaient pas ou peu s’exprimer.

Chaque pays s’est servi du coronavirus pour affirmer sans tabous son ADN politique :

- Autoritarisme et dictature pour des pays asiatiques comme les Philippines, l’Indonésie ou même la Chine. Des pays qui n’ont pourtant pas dans leur culture la notion de « vie à tout prix » mais juste la notion de « contrôle des populations à tout prix »… Et qui ont profité d’une situation voulue par l’Histoire pour l’affirmer.

- Centralisme, contrôle étatique et infantilisation pour la France, qui a d’ailleurs profité de cette psychose sécuritaire et sanitaire pour glisser progressivement vers un gouvernement qui ne fait que consulter le Parlement, et gouverne par décrets, sous couvert d’état d’urgence, comme après les attentats de 2015.

- Responsabilisation de la population, appel à la discipline collective pour l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et dans une moindre mesure l’Angleterre où le confinement n’a jamais été autoritaire ni policier.

- Affirmation des sacro-saintes libertés individuelles et appel au sens de la discipline collective pour la Suède.

- Hétérogénéité du pays pour les États-Unis, avec un sentiment global de liberté économique avant tout, et de croyance en une bonne étoile : « God bless the USA ».

2020 aura donc été un formidable révélateur et aussi un accélérateur de tendances socio-politico-économiques.