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Jean Quentin, baron de Champlost (1637-1717) nous fait pénétrer dans le monde des officiers commensaux de Louis XIV. En son temps, le Roi Soleil préférait vendre les charges de domestiques à de nouveaux riches anoblis plutôt qu'à des aristocrates ruinés. Simple perruquier parisien, Jean Quentin mit au point un procédé révolutionnaire, ce qui lui valut les éloges du Roi. A la différence de son frère aîné et protecteur, François, marquis de Champcenetz, qui consacra toute sa vie à la charge prestigieuse de Premier Valet de chambre, Jean occupa à la Cour une grande variété d'emplois : perruquier ordinaire, porte-manteau ordinaire, premier barbier, premier valet de garde-robe, maître d'hôtel. Son épouse Marie-Angélique Poisson, qui était au service de la Dauphine de France, est logée comme toute sa famille au château de Versailles. Ensemble, ils donnent naissance à une véritable dynastie de premiers valets de garde-robe, de gentilshommes ordinaires de la chambre, de premiers valets de chambre. Parmi ces deniers, Marie-Louis aurait recueilli les confidences de Louis XV à la mort de la marquise de Pompadour.
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Seitenzahl: 212
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Du même auteur :
Un gentilhomme irlandais au service du roi de France (comtes O’Mahony)
Madame de La Lande, sous-gouvernante des Enfants de France
Louise du Bot du Grégo, chouanne, amoureuse, intrigante
Le dernier seigneur d’Arsy (famille de Gouy d’Arsy)
Histoire généalogique de la maison du Trousset, marquis d’Héricourt de Valincour
Les Preissac
Barons puis comtes de Champlost
Saint-Simon détestait cette bourgeoisie parvenue qui apportait à la cour sa brusquerie, sa franchise et son honnêteté, toutes choses qui plaisaient au roi.
Quelques précisions
Des origines incertaines
A propos de Richebourg
Les premières années
Des perruques faites au métier
Porte-manteau du roi
Le mariage
Monsieur de Villiers
Premier valet de garde-robe du roi
Lettres de noblesse
Retour d’Angélique à la cour
Enregistrement des armoiries
La Vienne obtient Richebourg
Baron de Champlost
Maître d’hôtel du roi
Les aventures galantes de la duchesse de Bourgogne
Mariage Quentin-Girangy
Morts en série
Jean Quentin, 2
e
baron de Champlost, et sa descendance
Louis, 2
e
marquis de Champcenetz, et sa descendance
Logements au château de Versailles
Actes de baptêmes
Branche de Launay
Branche de Richebourg
Références
Reprenant la classification de Sophie de Laverny dans son livre Les domestiques commensaux du roi de France au XVIIe siècle, nous pouvons distinguer les commensaux militaires, dirigés par le roi, qui devaient protéger le souverain mais aussi combattre en première ligne sur les champs de bataille, les commensaux ecclésiastiques, sous l’autorité du Grand aumônier de France, qui l’aidaient à faire ses dévotions et à accomplir son devoir envers ses sujets, les domestiques du roi dont nous allons parler, et les commensaux des services annexes, comme la prévôté de l’hôtel du roi, les grande et petite écuries, la grande vénerie, la grande fauconnerie, la louveterie et le vautrait cassette1.
Parmi les domestiques composant la maison civile du roi, on distinguait ceux de la bouche, dirigés par le grand maître de France, ceux de la chambre, dirigés par le grand chambellan, ceux de la garde-robe, dirigés par le grand maître de la garde-robe, ceux du garde-meuble, dirigés par l’intendant général des meubles, ceux du cabinet (affaires et dépêches, livres, armes, fauconnerie, musique), dirigés par le grand chambellan, ceux de la faculté (médecins, chirurgiens, apothicaires), dirigés par le même, ceux des cérémonies, dirigés par le grand maître des cérémonies, et ceux des logements, dirigés par le grand maître des logis.
Les officiers de la bouche étaient les plus nombreux ; ils nourrissaient le roi qui, à son tour, les nourrissait. Ceux de la chambre étaient les plus enviés, car ils approchaient le roi chaque jour. Jean Quentin fit partie de ces deux catégories.
Les grands officiers, qui occupaient les charges les plus élevées, étaient de la plus haute noblesse et souvent des princes de sang. Les officiers supérieurs étaient de grande noblesse alors que les charges moyennes allaient aux simples gentilhommes ou nouveaux anoblis. Ceux que l’on appelait les bas officiers étaient en grande majorité des marchands et artisans suivant la cour.
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Une autre précision nécessaire à la bonne compréhension de la suite, est l’organisation de la journée de Louis XIV, véritable cérémonial, qui se déroulait autour du lever, du travail, du dîner, de l’après-midi, de la fin de journée, du grand couvert, et du coucher. Nous reprenons ici le travail de Sophie de Laverny :
« Il est environ 7h du matin, le premier valet de chambre qui dort au pied du lit royal, se lève, s’habille, fait entrer les fourriers pour ranimer le feu. A 8h, il murmure au roi : Sire, voilà l’heure. Le premier médecin, le premier chirurgien, et la nourrice du roi (si elle est encore en vie), entrent dans la chambre. A 8h15 le premier gentilhomme de la chambre ouvre les rideaux, le petit lever débute alors, par l’entrée familière : la famille royale et les princes de sang entrent en bon ordre dans la chambre. La deuxième entrée, appelée grande entrée, est réservée aux grands officiers de la chambre et de la garde-robe, ainsi qu’aux nobles à qui le roi a accordé cette faveur. Tous assistent à une courte messe se déroulant dans le cabinet du Conseil, jouxtant la chambre royale, et dont les portes ont été ouvertes. Débute alors le grand lever : le grand chambellan et le premier valet de chambre apportent les habits royaux tandis que le roi, assis dans son fauteuil, se fait raser et peigner par son premier barbier. Vers 9h, le roi demande son déjeuner, légère collation du matin. Le garde suisse annonce la première entrée du grand lever comportant les lecteurs, l’intendant des plaisirs et d’autres privilégiés. Après avoir chaussé ses souliers, le roi réclame les officiers de sa chambre, qui arrivent avec l’entrée de la chambre, composée aussi du grand aumônier, des ministres et secrétaires d’état, des conseillers d’état, des officiers de la garde du Corps, des maréchaux de France, etc. Le grand chambellan aide le souverain à ôter sa chemise de nuit pour pouvoir enfiler celle de jour. Le maître de la garde-robe boucle ensuite les chaussures, attache l’épée et l’aide à passer son habit. Le roi s’agenouille sur son prie-Dieu pour les secondes prières de la journée. L’admission à l’entrée du cabinet dépend surtout du bon vouloir du grand chambellan qui fait entrer auprès du roi ceux qui ont sa faveur. Le roi passe alors dans son cabinet où il dicte son emploi du temps devant tous ses courtisans réunis. Quelque fois il convoque des musiciens pour quelques concerts improvisés. Enfin, c’est au tour de l’entrée par les derrières, la plus recherchée de toutes car ceux qui y ont droit (les fils du roi, même illégitimes, leurs familles, les gendres du roi, etc.) ne passent pas par les grandes portes mais par une porte de derrière. Enfin le roi est prêt. Il quitte ensuite ses appartements pour se diriger vers sa chapelle2.
Le métier de roi commence alors véritablement. Il consacre ses matinées aux réunions du conseil, sauf le jeudi où il reçoit les architectes de ses bâtiments, ses jardiniers ou ses officiers de la chambre pour régler des détails, et sauf le vendredi où il est avec son confesseur. Le roi dîne ensuite au petit couvert, c’est-à-dire seul, dans sa chambre. Le premier gentilhomme l’accompagne jusqu’à sa table que les courtisans entourent à une distance respectueuse. [Le repas se déroule selon un cérémonial que nous verrons dans le cours du récit].
Le dîner terminé, le roi regagne immédiatement son cabinet où il réclame sa garde-robe pour changer de vêtements. Il part ensuite à la chasse ou bien se promener, accompagné de très nombreux commensaux et courtisans. D’autres jours il peut choisir de flâner dans les jardins, joliment accompagné de dames de la cour. Vers 17 heures on reprend le chemin du palais.
Toute la fin de journée le roi est en représentation. Il change de nouveau d’habits pour la troisième fois depuis le lever. Il revêt de magnifiques parures et s’installe à sa table où il signe des lettres qui ont été rédigées à l’avance par ses secrétaires. Souvent il tient encore conseil. Puis il rend visite soit à la Reine, soit à Mme de Maintenon (après la mort de la reine), puis assiste une à deux fois par semaine au salut dans la chapelle. Cette cérémonie qui permet aux courtisans d’approcher le roi pour recueillir ses faveurs est généralement précédée par les prières du soir. Viennent ensuite les plaisirs de l’appartement où depuis la tombée de la nuit jusqu’à dix heures il converse avec les dames, ou joue, ou va à la comédie ou aux bals. Après quoi a lieu le souper en grand couvert.
Seule la famille royale participe au souper du roi duquel même les princes du sang sont exclus. Derrière le souverain se tient son premier médecin et quelques privilégiés. Le souper est moins abondant que le dîner car le roi préfère manger légèrement afin de s’assurer un paisible sommeil. Pendant tout le repas, la petite musique du roi se fait entendre.
Il est 23h et le souverain repasse quelques instants dans son cabinet avant de donner le bonsoir aux nombreux courtisans qui se retirent aussitôt. Une fois dans sa chambre, on assiste au même cérémonial que le matin, mais en sens inverse. Tout d’abord le grand coucher où ceux qui ont assisté au grand lever voient le roi prier puis se déshabiller. Puis ils sortent, laissant seuls avec le roi les privilégiés du petit coucher. Puis le roi se met au lit, on éteint les lumières et ne demeure près de lui que le premier valet de chambre. Il est 23h passées, le roi s’endort. Les gardes du corps veillent dans la salle attenante et les gardes suisses sont aux portes des appartement. »
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Nous mentionnerons très souvent dans le récit des montants exprimés en livres tournois3 (). Mathieu da Vinha nous indique dans son livre ″Au service du roi″ que sous le règne de Louis XIV, une maison à porte cochère de belle surface coûtait à Paris environ 20 000, un bel hôtel particulier environ 50 000, et un très beau château aux alentours de Paris environ 200 000. Un ouvrier spécialisé était payé 500 par an tandis que le plus simple ouvrier n’en recevait que 220. Ajoutons qu’un sous-lieutenant était payé 1 000 par an, un aumônier au service d’une grande maison 200 par an et un cocher 100 par an. Un lit complètement équipé avec son chevet coutait 10.
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Afin de rendre la lecture plus agréable, nous avons réservé les notes de bas de page, indiquées par des lettres, aux précisions apportées au texte. Les notes qui ne sont que des références ont, quant à elles, été portées en fin de livre et sont repérées par des chiffres.
1 Exclusivement pour la chasse au sanglier.
2 L’assistance quotidienne à la messe est obligatoire pour tous les gens de la maison du roi, les officiers et les courtisans.
3 Un écu valait 3 livres.
La famille Quentin, que l’on trouve également orthographiée Quantin et Cantin4, est originaire de Touraine, où elle se serait établie, prétend-on, venant de Bretagne.
Jean eut pour parents René Quentin et Antoinette Binet, mariés le 4 juillet 1621 à La Celle-Saint-Avant (Indre-et-Loire).
Il semble établi que le père de René ait pour nom André Quentin, mais l’identité de cet André fit, et fait encore, débat.
En effet, François Quentin, frère de Jean, produisit, en 1700, une généalogie montrant qu’André, fils de Guillaume et de Marie de la Rebertière, eut d’un premier lit avec Jeanne Drouin1 :
1. André, qui fit la branche de Launay,5 épousa le 16 avril 1586 Marie de La Salle, et laissa deux enfants : André et Marie.
a. Cet André, qui était seigneur de La Salle et de Bouchevreau, épousa Marie Boutet, dont il eut deux enfants : Bonaventure, mort sans descendance, et René, qui épousa Antoinette Binet duquel mariage sont issus François et Jean Quentin.
2. Charles qui eut une descendance de son mariage avec Catherine Robin2, descendance éteinte au XVIIIe siècle ;
3. Six filles.
et d’un second lit avec Marguerite Bougrault3 :
1. Barthélemy qui fut baptisé le 7 septembre 1577 dans l’église Saint-Saturnin de Tours4, et fut père 1°) de François, directeur général des Gabelles de Normandie, mort sans alliance, et 2°) de Marie, femme d’Antoine Vion, seigneur d’Hérouval, auditeur de la Chambre des comptes ;
2. Bonaventure, baptisé dans la même église que son frère le 25 novembre 1581, conseiller et maître des Requêtes de la reine Marguerite (dite Margot), qui fit la branche de Richebourg (voir annexe) ;
3. Marguerite, mariée en 15906 à Jean Geslin, marchand bourgeois de Tours ;
4. Marthe, mariée à René Boileau, également marchand bourgeois de Tours.
Baptême de Bonaventure, le 25 novembre 1581 (Baptêmes 1577-1583, vue 152/178) Les parrains sont Bonaventure Bigot et André Quentin, son demi-frère ; la marraine est Marie Quentin, sa demi-sœur.
Une sentence des Requêtes de l’Hôtel du roi, rendue le 28 juin 1700, entérina cette généalogie, ce qui permit à François d’acquérir la seigneurie de Richebourg par retrait lignager, comme nous le verrons plus loin.
Mais en 1778, un de ses petits-fils, Jean-Louis Quentin de Richebourg, marquis de Champcenetz, produisit un certain nombre de pièces, dont l’extrait baptistaire de René, fils de messire André Quentin et de Marguerite Bougrault, sa femme, du 13 mars 1576, tiré des Registres de la paroisse de Saint-Saturnin de la ville de Tours, délivré par David, curé de ladite paroisse, le 6 octobre 1777, dûment légalisé par le grand-vicaire de l’archevêque de ladite ville7. En conséquence de quoi, une sentence rendue le 18 août 1778 ordonna de corriger celle de 1700 en exprimant qu’indépendamment des quatre enfants d’André Quentin avec Marguerite Bougrault, il était encore né de leur mariage ledit René Quentin.
François et Jean présentèrent cette nouvelle sentence à Antoine-Marie d’Hozier de Sérigny, juge d’armes de la Noblesse de France, qui la signa et demanda à Bernard Chérin, généalogiste des ordres du roi8, de faire vérifier si dans les généralités de Languedoc et de Touraine on trouverait un jugement, soit pour, soit contre, concernant la famille Quantin, ou Quentin, ou Quintin, dont les titres ci-joints. Chérin accrédita cette thèse en écrivant : Noble homme messire André Quentin et Marguerite Bougrault, sa femme, sont nommés dans les extraits de baptême de René, Barthélemy et Bonaventure, leurs fils, des 13 mars 1576, 17 7bre 1577 et 25 9bre 15815.
Pour être complet, citons Berthier, premier commis de Chérin auquel il succéda pendant deux ans, et qui renforça l’image du généalogiste incorruptible, qui écrivait le 19 avril 1787 à propos de Jean Quentin et de son frère François : On observe que deux généalogies manuscrites dont le nom de l'auteur est ignoré mais qu'une note mise à côté par M. Chérin apprend avoir été écrite de la main de M. Boulin conseiller en la cour des aides, conservée au cabinet de l'ordre du Saint-Esprit, donnent pour père à ce François et à Jean son frère, tige de la branche de M. de Champelost, un nommé Quentin, dont elles n'indiquent point le nom le disant né dans un état médiocre en la terre des Ormes Saint-Martin, lors appartenant à M. Pressart, conseiller au Parlement ajoutant que ce conseiller attacha à son service le même François et que le retrait de la terre de Richebourg, exercé par celui-ci avait été fait par connivence et pour se donner une origine noble, comme issu des seigneurs de Richebourg, on ne doit pas dissimuler que les faits et assertions sont de pures allégations inventées, qu'ils ne sont appuyés d'aucun titre, qu'ils sont dénués de toute vraisemblance et que l'auteur anonyme de ces généalogies est le seul qui les ait avancés, ils sont même opposés aux actes rapportés sur le degré de ce sujet et sur celui de son père, on y voit que celui-ci est né à Tours, qu'il est marié à la Selle-Saint-Avant, au diocèse de Tours, où il fait le plus constamment sa demeure et ensuite à la Haye, mais aucun acte ne prouve qu'il ait habité les terres des Ormes (...) M. Chérin, qui avait aussi fixé son opinion sur l'origine de cette famille d'après les deux généalogies ci-dessus mentionnées en avait pris une bien différente sur la communication qui lui avait été donnée du contrat de mariage de Jean Quentin tige de M. de Champlost et sans la considérer comme anciennement noble il la considérait du moins comme honorable, à l'égard de la sentence des Requêtes du Palais du 28 juin 1700 portant adjudication de la terre de Richebourg (...) et une autre sentence du 18 août 1778 a rectifié cette ascendance dans l'état où elle doit être.
A moins de considérer que l’extrait baptistaire de René, présenté par le marquis de Champcenetz, soit un faux, alors que Chérin dit en avoir eu l’original, on peut penser que ledit René Quentin est bien un fils d’André et Marguerite Bougrault. Il existe cependant de nos jours un courant de pensée9 cherchant à prouver, à l’aide de nouvelles pièces découvertes récemment, que René n’est pas un fils du couple Quentin-Bougrault, et qu’il y aurait donc une troisième voie.
Mais il faudra encore compulser bien des documents pour aboutir, tâche bien ardue du fait du manque des archives sur les périodes concernées.
Peut-être un jour serons-nous donc démentis ? Nous n’allons pas épiloguer sur ce sujet, ce n’est pas le lieu et cela n’apporte rien à la suite de notre récit.
Registre des baptêmes de la paroisse Saint-Saturnin de Tours 1586-1594 vue 36/177
Nous voyons qu’André, fils d'André et de Marguerite de La Salle, a été baptisé le 30 août 1588. Il ne peut donc pas être le père de René, né en 1576, si toutefois cette date est exacte !
Cet André Quentin, père supposé de René, avait quitté la ville de Loches d’où sa famille était originaire et vint s’établir dans la ville de Tours. Il était qualifié marchand (de soie) bourgeois de Tours en 1577, était seigneur du fief de Richebourg, paroisse de Semblancay (aujourd’hui un lieu-dit de Semblancay), de la Ménardière à Saint-Cyr-lez-Tours10 et du Moulinet. Il partagea, avec son frère Gilles, la succession de leur père par acte passé à Loches le 17 janvier 1555 et se maria, comme nous l’avons vu, avec Jeanne Drouin puis avec Marguerite Bougrault.
Son père était Guillaume Quentin, bachelier ès loix, enquêteur ordinaire du roi ès siège et châtellenie de Loches, fils de Guillaume, lieutenant particulier du bailli de Touraine au siège royal de Loches11. Il avait ses armoiries peintes sur un vitrail de l’église paroissiale de Saint-Ours de Loches. Il passa des contrats d’acquêts devant Mesneau et Frillau, notaires à Loches, en 1544, 1547 et 1550 de plusieurs héritages12 joints au lieu de La Grange. De Marie de la Rebertière, il eut 1°) Gilles Quentin, aussi enquêteur et commissaire examinateur audit siège royal de Loches, fondateur de la chapelle des Quentin dans l’église Saint-Antoine de Loches, auteur de la branche aînée de cette famille, laquelle a exercé jusqu’en 1611 la même charge d’enquêteur examinateur, a donné deux hérauts d’armes de France, et s’est éteinte au commencement du 18e siècle6, 2°) André, dont il a été question précédemment, et 3°) deux filles.
René Quentin parait n’avoir eu ni emploi ni charge. Il aurait donc été baptisé le 13 mars 1576 en l’église Saint-Saturnin de Tours, et aurait épousé Antoinette Binet, le 14 avril 1621 à La Celle-Saint-Avant, au même diocèse13. On le dit seigneur de Richebourg et du manoir de la Ménardière mais on ne trouve pas d’actes où il soit cité avec ces qualificatifs.
On a pu lire que cette Binet était la fille du perruquier royal de ce nom, inventeur de la binette, mot qui est resté dans la langue7. Pour d’autres, l’inventeur de la binette est son neveu Benoit, fils de Sylvestre, tous deux perruquiers du roi. Il semble que le célèbre inventeur de la binette soit un autre neveu, François-Benoit, fils de Nicolas qui avait acheté sous Louis XIII l’hôtel du For-aux-Dames, fief de l’abbaye de Montmartre. Si la parenté exacte avec l’inventeur de ces hautes coiffures à marteau est incertaine, il est évident que le monde des Binet était celui de la perruque.
De cette union naquirent à La Celle-Saint-Avant plusieurs enfants dont on connait : Jacques (20 mai 1622), Etienne (14 mars 1627), Bénigne (16 avril 1628), François (14 novembre 1630) et Jean dont on ne connait pas la date exacte de la naissance, mais qui pourrait être en 163714. Ici ne sont cités que les fils, mais il y avait également une fille, Anne, mariée à Charles Richou, citée dans le contrat de mariage de son frère Jean.
C’est de ce Jean dont nous allons suivre l’ascension, mais il est difficile de le dissocier de François, son frère aîné, car c’est poussé par lui et protégé par Colbert, qu’il fit fortune. Jean fut baron de Champlost15 mais ce fut assez tard, et les éditorialises du temps l’appelèrent toujours Quentin, réservant le nom de sa terre à sa descendance. De même François, qui devint marquis de Champcenetz, fut toujours nommé La Vienne, sans que l’on sache vraiment pourquoi16, et non Champcenetz comme ses enfants le furent.
Filiation retenue, jusqu'à preuves du contraire
4 Bien que sur les actes des premières générations le nom soit orthographié Quantin, nous adopterons l’orthographe Quentin, généralement admise de nos jours.
5 Il fit l’acquisition pour 30 500 livres, le 5 juillet 1654, de la terre et seigneurie de Launay avec la closerie de la Royserie, à Semblançay (Indre-et-Loire) et la métairie de la Dube à Neuillé-Pont-Pierre.
6 Donc née vers 1573 ; Charles, son demi-frère, et Jeanne et Marie, ses demi-sœurs, sont témoins au contrat de mariage du 24 juin.
7 Il est impossible de vérifier cet acte, les registres de la paroisse Saint-Saturnin présentant une lacune du 31 mai 1575 au 1er mai 1577.
8 Il y avait alors deux charges distinctes et concurrentes : généalogiste des ordres du roi et juge d’armes. Le premier avait été créé pour dresser les preuves de noblesse pour les ordres du Saint-Esprit, de Saint-Michel, de Saint-Lazare et du Mont-Carmel. Le second fut institué pour attribuer le droit de porter des armoiries, définir les blasons des nouveaux anoblis, juger les contestations, puis pour établir les preuves des pages de la Grande et de la Petite Ecurie, des élèves nobles du collège Mazarin et des demoiselles de Saint-Cyr.
9 Celui de Jean-Marie Germe, un généalogiste Poitevin, fondateur avec ses parents de l’association Les amitiés généalogiques Canadiennes-Françaises. Il fouille les archives de Poitiers et de Québec depuis de nombreuses années à la recherche d’actes de baptêmes. Selon le quotidien Sud-Ouest il s’était déjà signalé en 2012, pensant avoir trouvé l’acte de baptême de Champlain, mais avait été démenti par Eric Thierry, auteur de quatre livres sur le célèbre navigateur. Selon La Nouvelle République, il aurait également retrouvé les origines de René Binet né vers 1636, mais d’autres auteurs sont en désaccord avec lui. Alors que faut-il en penser ?
10 La Ménardière est aujourd’hui une zone industrielle entre Saint-Cyr-sur-Loire et Tours. Le manoir a disparu. La façade du manoir représentait un corps de logis au rez-de-chaussée, avec son comble, quatre marches, une porte carrée, lesdites armoiries en chapiteaux, deux fenêtres, l’une à gauche et l’autre à droite répétée dans le comble, qui est le grenier (dossiers bleu). Le manoir, aujourd’hui détruit, est maintenant un EHPAD.
11 Nommé dans une adjudication de 1534.
12 Maison avec ses dépendances et ses terres.
13 Là encore il est impossible d’accéder à cet acte, les registres de cette paroisse ne débutant qu’à l’année 1681. Chérin fait référence à un extrait des registres, légalisé.
14 Toutes ces dates sont connues par les extraits baptistaires légalisés fournis en 1677 et ne peuvent pas être vérifiées, les registres aujourd’hui disponibles ne débutant qu’en 1681.
15 Prononcer Chanlo.
16 La plupart pensent cependant qu’il prit ce nom d’un fief qu’il avait acheté à Chaumussay, selon d’autres c’est le nom de la rivière proche du lieu où il est né.
La maison, cour, jardins, colombier, terres, chapelles et dépendances, de Richebourg étaient situés dans la paroisse de Semblancay, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Tours. Le tout contenait cent arpents (25 ha), relevant des fiefs, terres et châtellenie du Plessis-Alleaume.
C’est André Quentin, sieur de la Ménardière, habitant de la ville de Tours, qui l’avait acheté, avec Marguerite Bougrault, son épouse, laquelle, étant veuve, rendit foi et hommage à Jacques de Beaune, chevalier des ordres du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, pour raison du lieu de Richebourg et ses dépendances, le 28 juillet 1594 par devant le bailli de Semblancay.
A l’acte de foi et hommage est joint le plan de la façade du manoir, qui présente un corps de logis au rez-de-chaussée, et son comble, quatre marches, une porte cintrée, une fenêtre de chaque côté, et sous celle de droite en entrant une porte de cave.
C’est probablement André qui fonda en 1580 la chapelle Notre-Dame de Richebourg à Loches.
Armoiries des Bougrault (émaux supposés)
On ne sait guère comment se passèrent l’enfance et la jeunesse de frères Quentin. A leur propos Eve de Castro fait dire à l’héroïne de son roman Le roi ses ombres :
