L’abbaye de Einsiedeln - Markus Bamert - E-Book

L’abbaye de Einsiedeln E-Book

Markus Bamert

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Beschreibung

L’abbaye d’Einsiedeln fait partie des plus importants sites monastiques baroques. À l’emplacement de la cellule de l’ermite Meinrad un monastère bénédictin a été construit au haut Moyen Âge. Au fil du temps, un pèlerinage s’est développé, tout d’abord vers la chapelle construite à l’emplacement de la cellule de Meinrad, consacrée par le Seigneur (Dédicace Angélique), puis vers la première image de la Vierge dans cette chapelle. Aujourd’hui encore, la chapelle avec la statue miraculeuse de la Vierge noire est le but d’un pèlerinage qui rayonne loin à la ronde. C’est à l’époque baroque que le monastère actuel a été construit selon les plans du frère Caspar Moosbrugger, avec l’église au centre et la place du monastère situé devant. Le monastère a survécu à toutes les vicissitudes du temps, comme la Réforme et la suppression lors de l’invasion française, et abrite toujours un couvent bénédictin très vivant.

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Seitenzahl: 81

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Markus Bamert · Georges Descœudres · P. Gregor Jäggi

L’abbaye de Einsiedeln

Canton de Schwytz

Histoire de la construction du monastère et les infrastructures pour les pèlerins

La chapelle Saint-Meinrad sur l’Etzel

Exploitation de la Forêt sombre

Fondation et débuts de l’abbaye

Incendies récurrents

Les chemins de pèlerinage menant à Einsiedeln

Rénovation du complexe abbatial

Visite descriptive guidée

Place de l’abbaye et façade de l’abbaye

Visite autour de l’abbaye

L’église de l’abbaye

La nef

Architecture

La chapelle des grâces

Les voûtes

La chaire, les épitaphes et les orgues

Les autels

Le plancher

Le chœur

L’architecture

L’église inférieure

Le «Beichthaus»

La chapelle des pénitents

La chapelle de Marie-Madeleine

L’oratoire

La bibliothèque

La cour

La grande salle

La grande salle à manger

Une abbaye dans la Forêt sombre

Interprétation théologique de l’iconographie de l’église abbatiale

La reconnaissance

Annexes

L’abbaye vue du nordouest.

Histoire de la construction du monastère et les infrastructures pour les pèlerins

À ses débuts, l’histoire de la construction de l’abbaye d’Einsiedeln, aux origines légendaires, est liée au moine Meinrad. La biographie du «vénérable ermite Meginrat» évoque l’histoire d’un moine, né à l’époque de Charlemagne, qui fut envoyé de son couvent-mère de l’île de Reichenau, sur le lac de Constance, pour enseigner dans un établissement monastique non spécifé sur le lac de Zurich-Obersee. Peu de temps après, il se retira dans la solitude pour mener une vie d’ermite et construisit une cellule au col de l’Etzel.

La chapelle Saint-Meinrad sur l’Etzel

Il est rapporté en 1289, que le monastère d’Einsiedeln a fait construire une chapelle dédiée à Saint-Meinrad au col de l’Etzel, en souvenir de son premier séjour en tant qu’ermite. Dans une représentation du XVIe siècle, la chapelle médiévale est surmontée d’un clocher semblable à celui de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul d’Ufenau, appartenant à l’abbaye d’Einsiedeln. La chapelle qui se dresse actuellement au col de l’Etzel fut achevée en 1698 en suivant les plans de Caspar Moosbrugger, un frère lai de l’abbaye d’Einsiedeln qui est également mentionné comme l’architecte du complexe monastique baroque.

À l’occasion des derniers travaux de rénovation, des fouilles archéologiques ont été menées en 2010 à l’intérieur de la chapelle. Nulle trace d’une cellule d’ermite n’a toutefois été retrouvée: il paraissait en effet peu probable que Meinrad ait construit sa cellule sur la crête du col de l’Etzel, un lieu exposé aux intempéries. La légende selon laquelle la chapelle aurait été édifiée à l’emplacement de la première cellule ne doit donc pas être prise au pied de la lettre, et le choix d’un lieu si exposé se justifie plutôt par son caractère emblématique. On raconte que Meinrad vécut sept ans en ermite au col de l’Etzel. Comme il recevait de plus en plus de visites de gens du monde, il décida de se retirer plus loin encore, dans le Finstern Wald (la «Forêt sombre») – un topos bien connu dans les narrations des vies d’ermites. Là, «avec l’aide d’hommes pieux, et surtout d’une abbesse» (probablement celle de l’abbaye de Fraumünster de Zurich), il construisit une nouvelle cellule, où il vécut jusqu’à sa mort violente en 861. La construction d’une petite chapelle est mentionnée à dans sa biographie: il s’agit des fondations de la future chapelle des grâces.

La chapelle dédiée à saint Meinrad datant de 1698 et commémorant son séjour en tant qu’ermite est visible de loin sur le col de l’Etzel.

Exploitation de la Forêt sombre

La formulation employée dans sa biographie suggère que sa cellule à la Forêt sombre n’était pas non plus à l’écart de toute activité humaine. L’examen du pollen conservé dans le sol dénote clairement qu’une exploitation agricole était déjà présente dans la région d’Einsiedeln du vivant de Meinrad; l’activité de cette exploitation s’intensifia ensuite après la fondation de l’abbaye. Des fouilles archéologiques menées dans les années 1980 ont permis de confirmer en partie les résultats de l’analyse pollinique. À l’est de la plus ancienne église de l’abbaye, on trouve des traces d’habitat qui ne peuvent pas être interprétées avec certitude ni datées clairement; on ne peut cependant pas considérer qu’il s’agit des ruines de la cellule de Meinrad.

Selon la tradition de l’abbaye, Meinrad fut assassiné par deux brigands le 21 janvier 861. La légende raconte que deux corbeaux apprivoisés, qui avaient tenu compagnie au saint dans les dernières années de sa vie, poursuivirent les assassins jusqu’à la ville de Zurich, causant une telle agitation que ces derniers furent capturés et condamnés pour leur crime. La dépouille mortelle de Meinrad fut déplacée vers son couvent-mère sur l’île de Reichenau. Plus tard, elle fut exhumée et, en 1039, une partie de ses précieux restes, notamment son crâne, furent transférés dans l’église rénovée de l’abbaye d’Einsiedeln.

Lorsque le pape Jean-Paul II consacra l’autel de l’église de l’abbaye d’Einsiedeln le 15 juin 1984, un reliquaire moderne serti d’argent contenant le crâne de Saint-Meinrad y fut déposé. Auparavant, l’abbaye avait chargé un anthropologue de pratiquer une expertise scientifique du crâne, qui a montré qu’il s’agissait vraisemblablement du crâne de l’ermite. L’état des dents suggérait un «régime probablement maigre, mais sain, sans doute essentiellement végétal».

Dans la Fôret sombre, Saint-Meinrad a construit une chapelle à côté de sa cellule d’ermite. Les deux corbeaux l’ont accompagné durant les dernières années de sa vie.

Saint-Meinrad est abattu et dépouillé. (Les deux illustrations proviennent du livre xylographique de 1466).

Fondation et débuts de l’abbaye

La tradition est peu explicite en ce qui concerne la période immédiatement postérieure à la mort de Meinrad. Il semble que plusieurs «hommes pieux» aient maintenu l’ermitage pendant un certain temps. Dans la première moitié du Xe siècle, Eberhard, prévôt du chapitre de Strasbourg, installa une communauté monastique à Einsiedeln pour qu’elle y suive la règle de Saint-Benoît. On estime que la fondation de l’abbaye remonte à l’an 934. En 948, l’église de l’abbaye fut consacrée «en l’honneur de la Sainte Mère de Dieu et de Saint-Maurice». Ce furent le duché de Souabe et la maison impériale saxonne des Ottoniens qui encouragèrent de manière décisive la création de l’abbaye d’Einsiedeln pour sécuriser les contreforts des Alpes.

Après un incendie destructeur – les plus anciens bâtiments de l’abbaye étaient probablement en bois –, un nouveau bâtiment en pierre fut érigé sous l’abbé Embrich entre 1031 et 1039: il s’agit d’une basilique à trois nefs avec une façade flanquée de deux tours. Une crypte, dont le mur extérieur est aujourd’hui visible dans l’église inférieure, s’étendait sous le sanctuaire. La cour devant l’entrée ouest abritait une chapelle dédiée au Sauveur et, selon la légende, la petite église construite par Meinrad se trouvait à l’emplacement de l’actuelle chapelle des grâces.

Incendies récurrents

À la suite d’un nouvel incendie, en 1226, l’église fut agrandie avec la construction d’une église inférieure au-dessus de la chapelle du Sauveur, qui fut donc englobée dans le nouveau complexe. Il se créait ainsi un effet de «sanctuaire dans le sanctuaire», qui existe encore aujourd’hui après la restauration de la chapelle des grâces. L’église inférieure détermine la structure en deux parties de l’église de l’abbaye telle qu’elle apparaît sur des représentations plus anciennes: l’église supérieure et ses deux tours étaient conçue comme une église abbatiale dédiée plus spécifiquement au couvent des moines, tandis que l’église inférieure faisait office d’église paroissiale et de lieu de pèlerinage.

Les pèlerinages proprement dits commencèrent au XIIIe siècle. Une image de la Vierge en trône, avec l’Enfant Jésus posé sur son genou gauche, comme celle qui figure sur le sceau du couvent de 1239, est considérée comme la plus ancienne image des grâces d’Einsiedeln. La Vierge prit ainsi la place qu’avait occupée le Sauveur dans la dédicace de la chapelle des grâces, et le culte de Saint-Meinrad passa ainsi au second plan par rapport au culte marial. Sous l’abbé Johannes I von Schwanden, l’abbaye fut entourée d’un mur d’enceinte, devenu manifestement nécessaire en raison de l’augmentation du nombre de pèlerins. L’abbé Johannes fit également construire un imposant porche devant l’église, sur le côté nord duquel s’étendait une cour pouvant accueillir des échoppes. Cette avant-cour destinée au commerce dévotionnel était orientée vers le nord, car jusqu’à la construction du chemin de fer au XIXe siècle, le principal flux de pèlerins n’arrivait pas à l’église de l’abbaye depuis le village situé à l’ouest, mais depuis le nord.

L’église de l’abbaye construite sous l’abbé Embrich (1ère moitié du XIe siècle). a chapelle du Saint-Sauveur se trouvait dans la cour devant la façade pourvue de deux tours.

La plus ancienne image miraculeuse d’Einsiedeln représente la Mère de Dieu trônant avec l’Enfant Jésus sur son genou gauche.

Le sceau du couvent d’Einsiedeln de 1239 représente la plus ancienne image miraculeuse.

Clé de voûte d’une arche gothique à ogive avec ce que l’on suppose être la représentation des Saints Sigismond, Justus et Maurice.

La chapelle des grâces fut vraisemblablement détruite lors du troisième incendie de l’abbaye en 1465. La construction d’un nouveau sanctuaire de la Sainte Vierge – à présent voûté – fut rapidement entreprise en vue du 500e anniversaire de la bénédiction des anges Dédicace Angélique en 1466. À la suite de ce qui ne devait être au départ qu’une restauration provisoire, vers 1500, l’église inférieure fut rénovée et flanquée de nefs latérales voûtées. Après un autre incendie en 1509, qui affecta également le village d’Einsiedeln, la nef centrale de l’église inférieure fut coiffée d’une voûte. En 1577, un autre incendie nécessita d’importants travaux de restauration. Seuls quelques vestiges de l’abbaye de la fin du Moyen Âge, qui a été reconstruite à plusieurs reprises, ont survécu, notamment la clé d’une voûte gothique à nervures avec la représentation de trois saints, probablement le roi Sigismond, Juste en céphalophore («porteur de tête») et Maurice en chevalier.

Les chemins de pèlerinage menant à Einsiedeln