44,10 €
La femme et l'homme sont égaux en droit. Pourtant, beaucoup de femmes constatent qu'il n'en est rien dans la réalité. Une accusation revient souvent chez celles et ceux qui dénoncent cet état de fait : ce sont les religions et leurs lois divines qui sont responsables de cette discrimination des filles d'Eve. Or, du Code d'Hammourabi au Coran, en passant par l'Antiquité gréco-romaine, l'Ancien et le Nouveau Testaments, ces prescriptions sont écrites en langage humain et toujours par des hommes qui façonnent les divinités à leur image : celle du chef qui protège et commande à sa femme comme à ses enfants. On en retrouve la trace dans les lois civiles. Ainsi de l'article 213 du Code Napoléon de 1804 dont les rédacteurs se réclamaient de saint Paul : Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari, tandis qu'un siècle plus tard le législateur suisse composait ce bel alexandrin : Le mari est le chef de l'union conjugale. Croyants et incroyants trouveront matière à réflexion dans ce récit documentaire qui se termine sur un rappel des droits des femmes tels qu'ils sont aujourd'hui proclamés.
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 513
Veröffentlichungsjahr: 2019
Information bibliographique de la Deutsche Nationalbibliothek La Deutsche Nationalbibliothek a répertorié cette publication dans la Deutsche Nationalbibliografie; les données bibliographiques détaillées peuvent être consultées sur Internet à l’adresse http://dnb.d-nb.de.
Tous droits réservés, en particulier le droit de reproduction, de diffusion et de traduction. Sans autorisation écrite de l’éditeur, l’oeuvre ou des parties de celle-ci ne peuvent pas être reproduites, sous quelque forme que ce soit (photocopies, par exemple), ni être stockées, transformées, reproduites ou diffusées électroniquement, excepté dans les cas prévus par la loi.
© Stämpfli Editions SA Berne · 2019
www.staempfliverlag.com
ISBN 978-3-7272-2077-7
Pour Anne-Marie, Céline, Noémie, Nana, Angelina et toutes celles qui poursuivront la lignée.
« La création, c’est le Verbe au sens large, c’est Dieu. Créer quelque chose de nouveau dans le monde, cela relève du divin, du sacré. Au départ, seul Dieu est créateur. S’il a délégué son pouvoir, cela ne peut être qu’à la plus noble des créatures : l’homme, le mâle. »
Michelle PERROT1
« L’homme est le prince de la famille et le chef de la femme. »
Léon XIII2
« La religion enferme les femmes dans leurs cages comme des hamsters, les roues dans lesquelles elles courent ne les mènent nulle part, mais leur donne l’illusion de la liberté et de l’existence. »
Inna SHEVCHENKO/Pauline HILLIER3
Avant-propos
S’il faut en croire les conventions internationales, les constitutions et les lois, la femme et l’homme sont égaux en droit. Pourtant, beaucoup de femmes constatent chaque jour qu’il n’en est rien dans la réalité. Et quand il s’affiche dans la loi ou la jurisprudence, le machisme est l’une des pires formes de l’injustice légalisée. A cet égard, une accusation revient fréquemment dans la bouche ou sous la plume de celles et ceux qui dénoncent cet état de fait : ce sont les religions et leurs « lois divines » qui sont responsables de cette discrimination du « sexe faible ». En effet, la plupart des religions traitent la femme comme un être suspect, qu’il faut en permanence surveiller, contraindre et châtier lorsque cela se révèle nécessaire. De l’Antiquité aux temps modernes, les divinités des religions polythéistes ou Dieu l’Unique des monothéismes fournissent à l’homme – le mâle – la justification de ce traitement inégalitaire de celle qu’il nomme parfois sa « moitié » mais dont il entend rester le maître en toutes circonstances.
Mais que disent vraiment au sujet des femmes les règles de ce « droit divin » ? Et comment sont-elles appliquées aujourd’hui ? C’est le sujet de cette recherche, entreprise par un incroyant à propos de certaines pratiques des croyants.
R.S.
Table des matières
Couverture & mentions
Avant-propos
Bibliographie
I. Introduction
A. Des lois divines …
B. …et du sexe
C. Une discrimination qui perdure
D. Pas tout à fait une vraie travailleuse
E. Avec le consentement du mari
F. Une disqualification permanente
G. Droit religieux, loi civile et tradition
H. La femme sujette de droit divin
I. Gare à l’interprétation littérale !
II. Le Code d’Hammourabi
A. Répression du viol et de l’inceste
B. Fiançailles et mariage
C. Concubines et épouses secondaires
D. Captivité du chef de famille
E. L’adultère
F. Le divorce-répudiation
G. L’avortement
III. L’Antiquité gréco-romaine
A. A l’origine de toutes les calamités
B. L’infériorité des femmes
C. Les fonctions cultuelles
D. Le mariage
E. Maternité et contrôle des naissances
F. L’adultère
G. Le divorce
IV. Le judaïsme
A. Le droit hébraïque
B. Le statut des femmes dans la Bible
C. L’infériorité des femmes
D. Le vêtement et la parure des femmes
E. La loi des intégristes
F. Faibles d’esprit
G. Inéligibles
H. Le mariage
I. C’est le mari qui épouse sa femme
J. Donner du plaisir à sa femme
K. La polygamie
L. Maternité et contrôle des naissances
M. L’avortement
N. L’adultère
O. Un crime puni de mort
P. Le divorce
V. Le christianisme
A. L’infériorité des femmes
B. Pour plaire à Dieu et ses pontifes
C. L’admission aux fonctions cultuelles
D. Le vêtement et la parure des femmes
E. Un mal nécessaire
F. La virginité dans tous ses états
G. Une blanche colombe
H. Le mariage
I. En avoir ou pas
J. La bonne épouse
K. Le devoir d’obéissance
L. Maternité et contrôle des naissances
M. « Maîtresses de notre ventre »
N. Sus aux « filles-mères » !
O. L’adultère
P. Le divorce
VI. L’islam
A. Le droit musulman ou islamique
B. La charia
C. Un droit machiste
D. Le statut des femmes
E. Un homme d’expérience
F. Une supériorité controversée
G. La moitié d’un cerveau
H. Une protection bienveillante
I. Le vêtement et la parure des femmes
J. Du voile …
K. …et de son usage
L. Le mariage
M. Le devoir d’obéissance
N. Le droit de correction
O. La polygamie
P. Maternité et contrôle des naissances
Q. L’avortement
R. L’adultère
S. Le divorce
VII. Droits de l’Homme et droits des femmes
A. L’arme du droit
B. L’égalité des sexes
C. La primauté de la loi civile
D. Mettre fin aux discriminations à l’égard des femmes
E. Les inégalités salariales
F. A temps partiel
G. Eliminer les violences faites aux femmes
H. La Convention d’Istanbul
Conclusion
Annexes
L’auteur
Remarques
Bibliographie4
ABDEL-SAMAD Hamed, Le fascisme islamique. Une analyse (trad. Gabrielle Garnier), Paris : Grasset, 2017. Cité : ABDEL-SAMAD.
ABOUDRAR Bruno Nassim, Face cachée. « Le voile sert à soustraire les femmes au visible, car elles sont sacrées », Le Monde des religions n° 71, mai-juin 2015 (propos recueillis par Alice Papin), p. 38-39. Cité : ABOUDRAR.
AGACINSKI Sylviane, Métaphysique des sexes. Masculin/Féminin aux sources du christianisme, Paris : Seuil, 2005. Cité : AGACINSKI, Métaphysique.
AHMAD al-HUSSEIN Lubna (avec Djénane Kareh Tager), Suis-je maudite ? La femme, la charia et le Coran, Paris : Plon, 2011. Cité : AHMAD al-HUSSEIN.
AL ASHMAWI Fawzia, L’évolution de la femme dans le monde musulman, RAMBAUD, p. 65-70. Cité : AL ASHMAWI.
AL-ASHMAWY Muhammad Saïd, L’islamisme contre l’islam (trad. Richard Jacquemond), Paris : La Découverte/Al-Fikr, 1991. Cité : AL-ASHMAWY.
AL-BANNA Gamâl, L’Islam, la liberté, la laïcité et Le crime de la tribu des « Il nous a été rapporté » (présentés et traduits par Dominique Avon et Amin Elias avec la collaboration d’Abdellatif Idrissi), Paris : L’Harmattan, 2013. Cité : AL-BANNA.
ALEXANDRE Monique, De l’annonce du Royaume à l’Eglise. Rôles, ministères, pouvoirs de femmes, DUBY/PERROT, L’Antiquité, p. 537-579. Cité : ALEXANDRE.
ALI Zahra (dir.), Féminismes islamiques, Paris : La Fabrique, 2012. Cité : ALI.
ALLOUCHE-BENAYOUN Joëlle, Mariage mixte, parentalité et transmission, LIPSYC, p. 185-201. Cité : ALLOUCHE-BENAYOUN.
ALTWAIJRI Abdulaziz Othman, La femme en islam et son statut dans la société islamique, RAMBAUD, p. 15-26. Cité : ALTWAIJRI.
AMALRIC Jean, La condition de la femme dans le Code d’Hammourabi et le Code de Moïse, thèse présentée à la Faculté libre de théologie protestante de Montauban, en juillet 1907, pour obtenir le grade de bachelier en théologie, Leopold Classic Library (reprint). Cité : AMALRIC.
AMANDIER Maud/CHABLIS Alice, Le déni. Enquête sur l’église et l’égalité des sexes, Paris : Bayard, 2014. Cité : AMANDIER/CHABLIS.
ANDRE-SALVINI Béatrice, Le Code de Hammurabi, Paris : Louvre éditions/Somogy Editions d’art, 2016. Cité : ANDRE-SALVINI.
ANGOT Michel, Les mythes des Indes, Paris : Seuil, 2019. Cité : ANGOT.
ANWAR Zainah, Négocier les droits des femmes sous la loi religieuse en Malaisie, ALI, p. 143-164. Cité : ANWAR.
ARIF Asif, Outils pour maîtriser la laïcité, Paris : La Boîte à Pandore, 2017. Cité : ARIF.
ARNAUD-DUC Nicole, Les contradictions du droit, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 101-139. Cité : ARNAUD-DUC.
ASCHA Ghassan, Du statut inférieur de la femme en islam, Paris : L’Harmattan, 1999. Cité : ASCHA.
ATLAN Gabrielle, Le statut de la femme dans le judaïsme, RAMBAUD, p. 33-46. Cité : ATLAN.
ATTANÉ Isabelle, Les « femmes manquantes » en Asie, OCKRENT, p. 35-62. Cité : ATTANÉ.
AUSLANDER Leora/STEINBERG Sylvie (dir.), Judaïsme(s) : genre et religion, CLIO. Femmes, Genre, Histoire n° 44/2016. Cité : AUSLANDER/STEINBERG.
AYOUN Monique/BOUSSOUF Malika, Musulmanes et laïques en révolte. Rencontre avec 20 femmes d’exception. Leur combat est aussi le nôtre, Paris : Hugo et Compagnie, 2014. Cité : AYOUNE/BOUSSOUF.
BADINTER Elisabeth, Fausse route, Paris : Odile Jacob, 2003. Cité : BADINTER.
BADRAN Margot, Féminisme islamique : qu’est-ce à dire ?, ALI, p. 39-54. Cité : BADRAN.
BALTA Paul, L’Islam, Paris : Le Cavalier Bleu, collection idées reçues, 2001. Cité : BALTA.
BARLAS Asma, Femmes musulmanes et oppression : lire la libération à partir du Coran, ALI, p. 71-97. Cité : BARLAS.
BASTIÉ Eugénie, Adieu mademoiselle. La défaite des femmes, Paris : Cerf, 2016. Cité : BASTIÉ.
BATSCH Christophe, La mère profanée : retour sur une innovation juridique dans la Judéeantique, AUSLANDER/STEINBERG, p. 21-42. Cité : BATSCH.
BAUBEROT Jean, De la femme protestante, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 241-259. Cité : BAUBEROT.
BAUBEROT Jean/MILOT Micheline, Laïcités sans frontières, Paris : Seuil, 2011. Cité : BAUBEROT/MILOT.
BAYLY Christopher Alan, La naissance du monde moderne (1780-1914) [trad. Michel Cordillot], Paris : L’Atelier/Editions Ouvrières/Editions d’en bas, 2007. Cité : BAYLY.
BEBE Pauline, L’égalité hommes femmes dans le judaïsme libéral, LIPSYC, p. 133-143. Cité : BEBE.
BEN DRIDI Ibtissem, Bris-collages des vertus et accommodements religieux en terres d’Islam, ROCHEFORT/SANNA, p. 153-163. Cité : BEN DRIDI.
BENHABIB Djemila, Les soldats d’Allah à l’assaut de l’occident, Le Triadou : H&O, 2012. Cité : BENHABIB.
BENKHEIRA Mohammed H., L’amour de la Loi. Essai sur la normativité en islâm, Paris : Presses universitaires de France, 1997. Cité : BENKHEIRA.
BERGEAUD-BLACKLER Florence, Normes islamiques de sexualité : l’émergence des « Gay Muslims » en Europe, ROCHEFORT/SANNA, p. 231-244. Cité : BERGEAUD-BLACKLER.
BERNARD-MAUGIRON Nathalie/BRAS Jean-Philippe, La charia, Paris : Dalloz, 2015. Cité : BERNARD-MAUGIRON/BRAS.
BERNARD-MAUGIRON Nathalie, La place de la charia dans la hiérarchie des normes, DUPRET, p. 51-64. Cité : BERNARD-MAUGIRON, hiérarchie.
BERNARD-MAUGIRON Nathalie, Droit national et référence à la charia en Egypte, DUPRET, p. 95-111. Cité : BERNARD-MAUGIRON, Egypte.
BERRIOT-SALVADORE Evelyne, Le discours de la médecine et de la science, DUBY/PERROT, XVIe-XVIIe siècle, p. 407-454. Cité : BERRIOT-SALVADORE.
BESSIS Sophie, Les droits civils des femmes en Afrique subsaharienne et dans le monde arabe, OCKRENT, p. 327-353. Cité : BESSIS, droits civils.
BESSIS Sophie, Les Arabes, les femmes, la liberté, Paris : Albin Michel, 2007. Cité : BESSIS, Les Arabes.
BIDAR Abdennour, Lettre ouverte au monde musulman, Paris : Les liens qui libèrent, 2015. Cité : BIDAR.
BIN-NUN Ariel, Le droit de l’Etat d’Israël une introduction (trad. Anne-Claude Ducout ; adapt. David Cohen), Paris : Britt & Litec, 1992. Cité : BIN-NUN.
BLANC François-Paul, Le droit musulman, Paris : Dalloz, 2e éd., 2007. Cité : BLANC.
BLOCH Marc, La société féodale, Paris : Albin Michel, réédition 1994. Cité : BLOCH.
BOCK Gisela, Pauvreté féminine, droits des mères et Etats-providence, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 515-554. Cité : BOCK.
BOEHRINGER Sandra/SEBILLOTTE CUCHET Violaine, Hommes et femmes dansl’Antiquité grecque et romaine. Le genre : méthode et documents, 2e éd., Paris : Armand Colin, 2017. Cité ; BOEHRINGER/SEBILLOOTE CUCHET.
BONNARD André, Les dieux de la Grèce. Mythologie classique, Lausanne : Mermod, 1944. Cité : BONNARD.
BOTTERO Jean, La plus vieille religion. En Mésopotamie, Paris : Gallimard, 1998. Cité : BOTTERO.
BOURDIEU Pierre, La domination masculine, Paris : Seuil, 1998, coll. Points/Essais. Cité : BOURDIEU.
BRAGUE Rémi, La loi de Dieu. Histoire philosophique d’une alliance, coll. Folio essais, Paris : Gallimard, 2008. Cité : BRAGUE.
BRERETON Georgina E./FERRIER Janet M. (édit.), Le Mesnagier de Paris (trad. Karin Ueltschi), Paris : Librairie Générale Française, coll. Lettres gothiques, 2010. Cité : Mesnagier.
BRISSET Claire, Dès l’enfance…, OCKRENT, p. 19-34. Cité : BRISSET.
BRUIT ZAIDMAN Louise, Les filles de Pandore. Femmes et rituels dans les citésgrecques, DUBY/PERROT, L’Antiquité, p. 441-493. Cité : BRUIT ZAIDMAN.
BRULEY Yves, Mariage et famille sous Napoléon : le droit entre religion et laïcité, Napoleonica. La Revue 2012/2 (N° 14), p. 111-126 (https://www.cairn.info/revue-napoleonica-la-revue-2012-2-page-111.htm). Cité : BRULEY.
BULZ Emmanuel, Le divorce en droit rabbinique dans ses rapports avec le droit laïque moderne, thèse Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds : Imprimerie coopérative, 1954.
BUISSET Ariane, Les religions face aux femmes, Paris : Accarias L’Originel, 2008. Cité : BUISSET.
BUSSY GENEVOIS Danièle, Femmes d’Espagne. De la République au franquisme, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 267-286. Cité : BUSSY GENEVOIS.
CARCOPINO Jérôme, La vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’empire, Paris : Hachette, 1992. Cité : CARCOPINO.
CARNAC Romain, S’adapter pour mieux résister : la théologie de la sexualité de Jean-Paul II, ROCHEFORT/SANNA, p. 97-108. Cité : CARNAC.
CASAGRANDE Carla, La femme gardée, DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 99-142. Cité : CASAGRANDE.
CHARPIN Dominique. Le statut des «Codes de lois» des souverains babyloniens in Lelégislateur et la loi dans l’Antiquité, Hommage à Françoise Ruzé, Presses universitairesde Caen, 2005, p. 93-107. Cité : CHARPIN.
CHEBEL Malek, La femme en islam, MARTINI, p. 73-91. Cité : CHEBEL, La femme.
CHEBEL Malek, S’émanciper de la tutelle des religieux. La réponse d’un spécialiste de l’islam, MARTINI, p. 145-148. Cité : CHEBEL, S’émanciper.
CHEBEL Malek, Le Coran. Traduction fondée sur les textes anciens, validés par les érudits arabes d’aujourd’hui, moderne et compréhensible par tous, Paris : Arthème Fayard, 2009, ici dans l’édition du Livre de Poche, collection La Pochothèque, 2012. Cité : trad. CHEBEL.
CHEBEL Malek, Dictionnaire encyclopédique du Coran, Paris : Arthème Fayard, 2009, ici dans l’édition du Livre de Poche. Cité : CHEBEL, Dictionnaire.
CHEBEL Malek/SULTAN Sohaib, Le Coran pour les nuls, Paris : First/Livre de poche, 2012. Cité : CHEBEL/SULTAN.
CHELINI-PONT Blandine/ROCHEFORT Florence (dir.), Femmes, féminismes et religionsdans les Amériques, Aix-en-Provence : Presses Universitaires de Provence 2018. Cité : CHELINI-PONT/ROCHEFORT.
COHEN Yolande, Du féminin au féminisme. L’exemple québécois, DUBY/PERROT, XXesiècle, p. 695-716. Cité : COHEN.
COMMELIN P., Mythologie grecque et romaine, Paris : Garnier Frères, 1948. Cité : COMMELIN.
CONTENSOU Antoine, Minos, Cécrops, Phoronée : figures du premier législateur humaindans ses rapports avec le divin, VOISIN/de BECHILLON, p. 67-79. Cité : CONTENSOU.
COQUET-MOKOKO Cécile, Traîtresses à leur race. Représentations des femmes dansles couples noirs-blancs en Alabama aujourd’hui, CHELLINI-PONT/ROCHEFORT, p. 81-90. Cité : COQUET-MOKOKO.
COTT Nancy F., La femme moderne. Le style américain des années vingt, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 145-163. Cité : COTT :
COUSSIRAT-COUSTERE Vincent, La manifestation de sa religion vue de Strasbourg. La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, DUARTE, p. 11-64. Cité : COUSSIRAT-COUSTERE.
CRAMPE-CASNABET Michèle, Saisie dans les œuvres philosophiques (XVIIIe siècle), DUBY/PERROT, XVIe-XVIIIe siècle, p. 367-406. Cité : CRAMPE-CASNABET.
CREMIEU Elizabeth, Géopolitique de la condition féminine, Paris : Presses universitaires de France, 2014. Cité : CREMIEU.
CROS Nathalie/JULIA Marie-Ange, Forme et force de l’injonction et de l’interdiction dans leslois divines et humaines, VOISIN/de BECHILLON, p. 47-64. Cité : CROS/JULIA.
CRUVEILHIER Pierre, Commentaire du Code d’Hammourabi, Paris : Ernest Leroux, 1938. Cité : CRUVEILHIER (accessible en ligne).
DAHAN Daniel, Agounot : « les femmes entravées ». Problèmes et solutions du droit matrimonial hébraïque, Aix-en-Provence : Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2014. Cité : DAHAN.
DALARUN Jacques, Regards de clercs, DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 33-63. Cité : DALARUN.
DAUPHIN Cécile, Femmes seules, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 513-531. Cité : DAUPHIN.
DE GIORGIO Michela, La bonne catholique, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 203-239. Cité : DE GIORGIO.
DEJARDIN Isabel, Iphigénie en Tauride ou l’avènement du droit logique, VOISIN/de BECHILLON, p. 235-248. Cité : DEJARDIN.
DELCAMBRE Anne-Marie, L’islam des interdits, Paris : Desclée de Brouwer, 2009. Cité : DELCAMBRE.
Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, Paris : Robert Laffont, coll. Bouquins, 1993. Cité : DEJ.
DJENNANE Harima, Le féminisme musulman aux Etats-Unis et ses prémisses sud-américaines, CHELINI-PONT/ROCHEFORT, p. 145-157. Cité : DJENNANE.
DOBZYNSKI Charles, Anthologie de la poésie yiddish. Le Miroir d’un peuple, Paris : Gallimard, 2000. Cité : DOBZYNSKI.
DREYFUS Annie, Divorce civil et divorce religieux, LIPSYC, p. 173-184. Cité : DREYFUS.
DUARTE Bernadette (dir.), Manifester sa religion : droits et limites, Paris : L’Harmattan, 2011. Cité : DUARTE.
DUBY Georges/PERROT Michelle, Histoire des femmes en Occident. I. L’Antiquité, Paris : Perrin, coll. Tempus, 2002. Cité : DUBY/PERROT, L’Antiquité.
DUBY Georges/PERROT Michelle, Histoire des femmes en Occident. II. Le Moyen Âge, Paris : Perrin, coll. Tempus, 2002. Cité : DUBY/PERROT, Moyen Âge.
DUBY Georges/PERROT Michelle, Histoire des femmes en Occident. III. XVIe-XVIIIe siècle, Paris : Perrin, coll. Tempus, 2002. Cité : DUBY/PERROT, XVIe-XVIIIe siècle.
DUBY Georges/PERROT Michelle, Histoire des femmes en Occident, IV. Le XIXe siècle, Paris : Perrin, coll. Tempus, 2002. Cité : DUBY/PERROT, XIXe siècle.
DUBY Georges/PERROT Michelle, Histoire des femmes en Occident, V. Le XXe siècle, Paris : Perrin, coll. Tempus, 2002. Cité : DUBY/PERROT, XXe siècle.
DUCOS Michèle, La condition de l’homo sacer, VOISIN/de BECHILLON, p. 17-29. Cité : DUCOS.
DUPRET Baudouin (dir.), La charia aujourd’hui. Usages de la référence au droit islamique, Paris : La Découverte, 2012. Cité : DUPRET.
DUPRET Baudoin, La charia. Des sources à la pratique, un concept pluriel, Paris : La Découverte, 2014. Cité : DUPRET, charia.
EL HAJJE Osman, Les pays islamiques et les instruments internationaux sur les droits de l’homme, Conscience et liberté n° 41/1991, p. 69-75. Cité : EL HAJJE.
ELKOUBY Janine, Chroniques bibliques au féminin, Paris : Albin Michel, 2013. Cité : ELKOUBY, Chroniques.
ELKOUBY Janine, Le contrat de mariage, la sexualité et le couple, LIPSYC, p. 159-171. Cité : ELKOUBY, contrat.
EL TIBI Zeina, L’islam et la femme. Rappel pour en finir avec les exagérations et les clichés, Paris : Desclée de Brouwer, 2013. Cité : EL TIBI.
ERGAS Yasmine, Le sujet femme. Le féminisme des années 1960-1980, DUBY/PERROT, XXesiècle, p. 667-694. Cité : ERGAS.
FARANTON Valérie, Loi des dieux, loi des hommes : deux exemples d’ordalie dans les aventures de Leucippé et Clitophon, VOISIN/de BECHILLON, p. 275-283. Cité : FARANTON.
FERNANDEZ Marc/RAMPAL Jean-Christophe, Ciudad Juárez, capitale du féminicide ; Esther Chávez,la mémoire des femmes de Ciudad Juárez ; Les meurtres de femmes au Guatemala, OCKRENT, p. 164-192. Cité : FERNANDEZ/RAMPAL.
FERRIÉ Jean-Noël, Usages politiques de la charia, DUPRET, p. 79-90. Cité : FERRIÉ.
FLACELIERE Robert, La vie quotidienne en Grèce au siècle de Périclès, Paris : Hachette, 1959. Cité : FLACELIERE, Vie.
FLACELIERE Robert, Le féminisme dans l’ancienne Athènes in Comptes rendus des séances de l’Académie des inscriptions et Belles-Lettres, n° 4/1971, pp. 698-708. Cité : FLACELIERE, féminisme.
FONAY WEMPLE Suzanne, Les traditions romaine, germanique et chrétienne, DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 223-263. Cité : FONAY WEMPLE.
FONTAN Arlette, La femme et les religions. Un regard philosophique, MARTINI, p. 13-26. Cité : FONTAN.
FORTIER Corinne, Genre, sexualité et techniques reproductives en islam, ROCHEFORT/SANNA, p. 173-187. Cité : FORTIER.
FOSSIER Robert, Ces gens du Moyen Âge, Paris : Fayard/Pluriel, 2010. Cité : FOSSIER.
FOUREST Caroline, La tentation obscurantiste, Paris : Grasset/Livre de poche, 2005/2012. Cité : FOUREST.
FOUREST Caroline/VENNER Fiammetta, Tirs croisés. La laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman, Paris : Calmann-Lévy/Livre de poche, 2011. Cité : FOUREST/VENNER.
FOUREST Caroline/VENNER Fiammetta, Les interdits religieux, Paris : Dalloz, 2010. Cité : FOUREST/VENNER, interdits.
FRAISSE Geneviève, De la destination au destin. Histoire philosophique de la différence dessexes, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 63-99. Cité : FRAISSE.
FREGOSI Franck, Usages sociaux de la référence à la charia chez les musulmans d’Europe, DUPRET, p. 65-77. Cité : FREGOSI.
FRUGONI Chiara, La femme imaginée, DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 441-520. Cité : FRUGONI.
FUSTEL de COULANGES Numa-Denys, La Cité antique, 1864. Cité : FUSTEL de COULANGES.
GADEYNE François, Les hommes et les dieux : la loi dansl’Orestie d’Eschyle, VOISIN/de BECHILLON, p. 207-219. Cité : GADEYNE.
GASQUET de Béatrice, « Dépasser l’interdit ». Le châle de prière des femmes en France auXXIe siècle, AUSLANDER/STEINBERG, p. 123-145. Cité : GASQUET.
GAUTIER Arlette, Les droits reproductifs, une nouvelle génération de droits ?, Autrepart n° 15, 2000, p. 167-180. Cité : GAUTIER.
GAYTE Marie, Les religieuses américaines à l’index ? Féminisme et conservatisme ausein de l’Eglise catholique américaine, CHELINI-PONT/ROCHEFORT, p. 133-143. Cité : GAYTE.
GERARD André-Marie, Dictionnaire de la Bible, Paris : Laffont, 1989. Cité : GERARD.
GHAMROUN Samer, Liban : mobiliser la norme islamique, préserver le système pluricommunautaire ? DUPRET, p. 113-125. Cité : GHAMROUN, Liban.
GHAMROUN Samer, Le droit de la communauté sunnite libanaise saisi par les femmes, ROCHEFORT/SANNA, p. 203-215. Cité : GHAMROUN, droit.
GIROD Virginie, Les Femmes et le sexe dans la Rome antique, Paris : Tallandier, 2017. Cité : GIROD.
GLEAVE Robert, La charia dans l’histoire : ijtihad, épistémologie et « tradition classique », DUPRET, p. 23-34. Cité : GLEAVE.
GODEFROY Aurélie, Les religions, le sexe et nous. Paris : Calmann-Lévy, 2012. Cité : GODEFROY.
GODINEAU Dominique, Filles de la liberté et citoyennes révolutionnaires, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 25-44. Cité : GODINEAU.
GOLDBERG Sylvie Anne, Lien de sang – lien social. Matrilinéarité, convertis et apostats, del’Antiquité tardive au Moyen Âge, AUSLANDER/STEINBERG, p. 171-200. Cité : GOLDBERG.
GREEN Nancy, La femme juive. Formation et transformations, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 261-279. Cité : GREEN.
GROSS Martine, Judaïsme et homosexualité féminine, LIPSYC, p. 277-294. Cité : GROSS.
GUIDERE Mathieu, Sexe et charia, Monaco : Editions du Rocher, 2014. Cité : GUIDERE.
GUIRAND Félix/SCHMIDT Joël, Mythes et mythologie, Larousse-Bordas, 1996. Cité : GUIRAND/SCHMIDT.
GUITTON René, La France des intégristes. Extrémistes juifs, chrétiens, musulmans. Le refus de la République. Paris : Flammarion, 2013. Cité : GUITTON.
HADDAD Philippe, La femme dans le judaïsme, MARTINI, p. 29-49. Cité : HADDAD, La femme.
HADDAD Philippe, Prendre acte de la révolution féminine. La réponse du judaïsme, MARTINI, p. 138-140. Cité : HADDAD, révolution féminine.
HAFIZ Chems-eddine/DEVERS Gilles, Droit et religion musulmane, Paris : Dalloz, 2005. Cité : HAFIZ/DEVERS.
HAGEGE Claude, Les Religions, la Parole et la Violence, Paris : Odile Jacob, 2017. Cité : HAGEGE.
HALPERIN, Que reste-il aujourd’hui du droit hindou ? 4e Congrès du Réseau Asie & Pacifique, 14-16 septembre 2011, Paris (http://www.reseau-asie.com). Cité : HALPERIN.
HAUT-COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L’HOMME, Recueil d’instruments internationaux, Vol. I (première partie) Instruments universels, Nations Unies, New York et Genève, 2002 (accessible en ligne).
HEINEN Jacqueline, Normes religieuses et statut des femmes par-delà nations et continents, ROCHEFORT/SANNA, p. 279-289. Cité : HEINEN.
HENNION Cécile, L’honneur des Irakiennes, OCKRENT, p. 122-125. Cité HENNION.
HENNION Cécile, L’excision au Kurdistan. Un secret de famille et de guerre, OCKRENT, p. 223-227. Cité : HENNION, excision.
HELVIG Jean-Michel (coord.), La laïcité dévoilée. Quinze années de débat en quarante « Rebonds », Paris : Libération et éditions de l’Aube, coll. les dossiers de Libération, 2004. Cité : Libération et nom de l’auteur.
HERITIER Françoise/PERROT Michelle/AGACINSKI Sylviane/BACHARAN Nicole, La plus belle histoire des femmes, Paris : Seuil, 2011. Cité : La plus belle histoire.
HEYDT Jean-Marie, Les religions et les droits des femmes, RAMBAUD, p. 27-32. Cité : HEYDT.
HORVILLEUR Delphine, En tenue d’Eve. Féminin, pudeur et judaïsme, Paris : Grasset, 2013. Cité : HORVILLEUR.
HOWATSON M.C. (dir.), Dictionnaire de l’Antiquité. Mythologie, littérature, civilisation, Paris : Robert Laffont, coll. «Bouquins, 1993. Cité : HOWATSON.
HUFTON Olwen, Le travail et la famille, DUBY/PERROT, XVIe-XVIIIe siècle, p. 25-63. Cité : HUFTON.
JAFFE Dan, Essai sur l’interprétation et la culture talmudiques. Femmes et familles dans leTalmud, Paris : Cerf, 2013. Cité : JAFFE.
JULLIEN Hélène, Asma Jahangir. Une avocate au Pakistan, OCKRENT, p. 108-114. Cité : JULLIEN.
KÄPPELI Anne-Marie, Scènes féministes, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 575-613, Cité : KÄPPELI.
KELLER-MESSAHLI Saïda, La Suisse, plaque tournante de l’islamisme. Un coup d’œil dansles coulisses des mosquées, Neuchâtel : Livreo-Alphil, 2018. Cité : KELLER-MESSAHLI.
KHAN Sona, Imrana ou la sécurité des femmes musulmanes en Inde, OCKRENT, p. 149-163. Cité : KHAN, Imrana.
KHAN Sona, La condition des femmes indiennes, OCKRENT, p. 358-397. Cité : KHAN, Condition.
KIAN-THIEBAUT Azadeh, Les lapidations en Iran, OCKRENT, p. 131-148. Cité : KIAN-THIEBAUT.
KLAPISCH-ZUBER Christiane, diverses interventions in DUBY/PERROT, Moyen Âge.
KNIBIEHLER Yvonne, Les médecins et la « nature féminine » au temps du Code civil in Annales. Economies, sociétés, civilisations, 31e année, n° 4/1976, p. 824-845. Cité : KNIBIEHLER, médecins.
KNIBIEHLER Yvonne, Corps et cœurs, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 391-438. Cité : KNIBIEHLER, corps.
KUJAWSKI Marc, « Béni sois-tu l’Eternel […] qui ne m’a pas fait femme ». Pour une ontologie au féminin, LIPSYC, p. 125-132. Cité : KUJAWSKI.
KÜNTZEL Matthias, Jihad et haine des Juifs. Le lien troublant entre islamisme et nazisme à la racine du terrorisme international (trad. Cécile Brahy), Paris : Editions de l’œuvre, 2009. Cité : KÜNTZEL.
KURZWEIL Arthur/MALKA Victor, La Torah pour les nuls, Paris : First, 2009. Cité : KURZWEIL/MALKA.
KYMLICKA Will, Les théories de la justice : une introduction. Libéraux, utilitaristes, libertariens, marxistes, communautariens, féministes… (trad. Marc Saint-Upéry), Paris : La Découverte/Poche, 2003/2013. Cité : KYMLICKA.
LACOUE-LABARTHE Isabelle, L’émergence d’une « conscience féministe » juive. Europe,Etats-Unis, Palestine (1880-1930), AUSLANDER/STEINBERG, p. 95-122. Cité : LACOUE-LABARTHE.
LAFONT Sophie, Le juge biblique in CARBASSE Jean-Marie/DEPAMBOUR-TARRIDE Laurence (dir.), La conscience du juge dans la tradition juridique européenne, Paris : Presses Universitaires de France, 1999, p. 19-48. Cité : LAFONT.
LAGRAVE Rose-Marie, Une émancipation sous tutelle. Education et travail des femmes auXXe siècle, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 581-623. Cité : LAGRAVE.
LAMCHICHI Abderrahim, Femmes et Islam. L’impératif universel d’égalité, Paris : L’Harmattan, 2006. Cité : LAMCHICHI.
LAMRABET Asma, Femmes et hommes dans le Coran : quelle égalité ? Beyrouth : Dar Albouraq, 2012. Cité : LAMRABET.
LAMRABET Asma, Entre refus de l’essentialisme et réforme radicale de la pensée musulmane, ALI, p. 55-70. Cité : LAMRABET, essentialisme.
LAPERLE Dominique, La militance féministe des Sœurs des Saints Noms de Jésus et deMarie, au Québec, aux Etats-Unis et en Amérique latine (1960-1985), CHELINI-PONT/ROCHEFORT, p. 105-120. Cité : LAPERLE.
LARRIEU Peggy, Mythes grecs et droit. Retour sur la fonction anthropologique du droit, Québec : Les Presses de l’Université Laval, coll. Diké, 2017. Cité : LARRIEU.
LAS Nelly, Le féminisme en Israël, LIPSYC, p. 311-333. Cité : LAS.
LATTE ABDALLAH Stéphanie, Féminismes islamiques à l’heure révolutionnaire : normes,genre et démocratie, ROCHEFORET/SANNA, p. 217-230. Cité : LATTE ABDALLAH.
LAURANT Françoise, Le droit à l’avortement en Europe, OCKRENT, p. 490-507. Cité : LAURANT.
LE BARS Stéphanie, Intifada. Huis clos pour les femmes, OCKRENT, p. 90-96. Cité : LE BARS.
LEDUC Claudine, Comment la donner en mariage ? La mariée en pays grec (IXe-IVe s.av. J.-C.). DUBY/PERROT, L’Antiquité, p. 309-382. Cité : LEDUC.
LEGRAIN Michel, Dictionnaire des femmes de la Bible, Paris : Cerf, 2015. Cité : LEGRAIN.
LEGRAS Bernard, Hommes et femmes d’Egypte (IVe s. av. n. è. – IVe s. de n. è.). Droit, histoire, anthropologie, Paris : Armand Colin, 2010. Cité : LEGRAS.
LEITER Brian, Pourquoi tolérer la religion ? Une investigation philosophique et juridique (trad. Louis Muskens), Genève : MARKUS Haller, 2014. Cité : LEITER.
LENOIR Frédéric, Petit traité d’histoire des religions, Paris : Plon, 2008. Cité : LENOIR.
LEONE Massimo, Sémiotique du fondamentalisme religieux. Messages, rhétorique, force persuasive, Torino : Editions L’Harmattan Italia, 2014. Cité : LEONE.
LE POINT Références, n° 51, Protestantismes. Les textes fondamentaux commentés, Paris : mai-juin 2014. Cité : LE POINT, protestantismes.
LE POINT Références, n° 73, Féminismes. Les textes fondamentaux, Paris : mai-juin 2018. Cité : LE POINT, féminismes.
LETTERON Roseline, Les modèles de laïcité en Europe, Questions internationales, Nos 95-96, janvier-avril 2019, La documentation française, p. 40-45. Cité : LETTERON.
L’HERMITE-LECLERCQ Paulette, L’ordre féodal (XIe-XIIe siècle), DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 265-321. Cité : L’HERMITE-LECLERCQ.
LIPSYC Sonia Sarah (dir.), Femmes et judaïsme aujourd’hui, Paris : In Press, 2008. Cité : LIPSYC.
LIPSYC Sonia Sarah, L’accès des femmes au Talmud : le point de vue traditionnel en question, LIPSYC, p. 23-68. Cité : LIPSYC, Talmud.
MACE-SCARON Joseph, L’horreur religieuse, Paris : Plon, 2016. Cité : MACE-SCARON.
MADERO Marta, La loi de la chair. Le droit au corps du conjoint dans l’œuvre des canonistes(XIIe- XVe siècle), Paris : Publications de la Sorbonne, 2015. Cité : MADERO.
MALKIN Vitaly, Illusions dangereuses. Quand les religions nous privent de bonheur, Paris : Hermann, 2018. Cité : MALKIN.
MARINI Marcelle, La place des femmes dans la production culturelle. L’exemple de la France, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 403-431. Cité : MARINI.
MARTINI Evelyne (dir.), La Femme. Ce qu’en disent les religions, Paris, L’Atelier/Editions Ouvrières, 2002. Cité : MARTINI.
MATHIEU Séverine, Au nom du père : assistance médicale à la procréation et variable religieuse, ROCHEFORT/SANNA, p. 165-176. Cité : MATHIEU.
MATTAR Shafika, Rana Husseini, une journaliste rompt le silence, OCKRENT, p. 115-121. Cité : MATTAR.
MATTHEWS GRIECO Sara F., Corps, apparence et sexualité, DUBY/PERROT, XVIe-XVIIIe siècle, p. 65-110. Cité : MATTHEWS GRIECO.
MEGEVAND Matthieu, Le Coran et la femme. Entre avant-gardisme et misogynie, Le Monde des religions n° 71, mai-juin 2015, p. 34-36. Cité : MEGEVAND.
MELLUL Corinne, Le judaïsme et Israël dans les relations internationales, Questions internationales, Nos 95-96, janvier-avril 2019, La documentation française, p. 120-127. Cité : MELLUL.
MERNISSI Fatema, Le Harem politique. Le Prophète et les femmes, Paris : Albin Michel, 2010. Cité : MERNISSI.
MERVIN Sabrina & MOULINE Nabil (dir.), Islams politiques. Courants, doctrines et idéologies, Paris : CNRS Editions, 2017. Cité : MERVIN/MOULINE.
MEZGHANI Ali, L’Etat inachevé. La question du droit dans les pays arabes, Paris : Gallimard, 2011. Cité : MEZGHANI.
MIR-HOSSEINI Ziba, Le projet inachevé : la quête d’égalité des femmes musulmanes en Iran, ALI, p. 113-141. Cité : MIR-HOSSEINI.
MISSEGUE Marie-Geneviève, Dans le christianisme, le Visage de l’Homme est autant celuid’une femme que d’un homme, RAMBAUD, p. 47-58. Cité : MISSEGUE.
MOREAU Tiphaine, Les lois constantiniennes sont-elles conformes aux vœux du Christ ?, VOISIN/de BECHILLON ; p. 335-348. Cité : MOREAU.
MOUAQIT Mohammed, Marginalité de la charia et centralité de la Commanderie des croyants : le cas paradoxal du Maroc, DUPRET, p. 141-151. Cité : MOUAQIT.
MURRAY Douglas, L’étrange suicide de l’Europe. Immigration, identité, islam (trad. Julien Funnaro), Paris : L’Artilleur, 2018. Cité : MURRAY.
NAHOUM-GRAPPE Véronique, Les viols, une arme de guerre, OCKRENT, p. 63-82. Cité : NAHOUM-GRAPPE.
NAKAD Nahida, Derrière le voile. Laïcité et foulard islamique : deux valeurs incompatibles ? Paris : Don Quichotte éditions, 2013. Cité : NAKAD.
NASEEF Fatima, Droits et devoirs de la femme en Islam à la lumière du Coran et de la Sunna (trad. M. Boudjenoun et A. Bourezak), 7e édition, Lyon/Paris : Tawhid, 2011. Cité : NASEEF.
OCKRENT Christine (dir.), Le livre noir de la condition des femmes, Paris : XO Editions, coll. Points, 2006. Cité : OCKRENT.
OPITZ Claudia, Contraintes et libertés (1250-1500), DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 343- 418. Cité : OPITZ.
Orateurs de la Révolution française, I, Les constituants. Textes établis, présentés et annotés par François Furet et Ran Halévi, Paris. Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1989. Cité : Orateurs.
PAGE Sarah-Jane, Femmes, mères et prêtres dans l’Eglise d’Angleterre. Quels sacerdoces ! (trad. Léa Drouet), Travail, genre et sociétés n° 27, avril 2012, p. 55-71 (https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2012-1-page-55.htm). Cité : PAGE.
PARMENTIER Elisabeth, La femme dans le christianisme, MARTINI, p. 51-71. Cité : PARMENTIER, La femme.
PARMENTIER Elisabeth, Relier l’émancipation des femmes et celles des Eglises. Une réponsechrétienne, MARTINI, p. 141-144. Cité : PARMENTIER, émancipation.
PERROT Michelle, Sortir, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 539-574. Cité : PERROT, Sortir.
PIRENNE Jacques, La civilisation babylonienne, Lausanne. Guilde du livre, 1945. Cité : PIRENNE.
POLLET-PANOUSSIS Delphine, Manifester sa religion : droits et limites. Le point de vue du juge administratif, DUARTE, p. 135-154. Cité : POLLET-PANOUSSIS.
RADJAVI Maryam, Les femmes contre l’intégrisme, Paris, Jean-Claude Gawsewitch, 2013. Cité : RADJAVI.
RAMBAUD Thierry (dir.), La femme dans les religions monothéistes in Société, Droit & Religion n° 4, Paris : CNRS éditions, 2014. Cité : RAMBAUD.
RAMBAUD Thierry, Remarques conclusives, RAMBAUD, p. 71-81. Cité : RAMBAUD, Remarques.
Rapport sur le développement humain arabe 2005, Vers la liberté de la femme dans le monde arabe, Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Bureau régional pour les Etats arabes, 2006. Cité : RADH 2005.
Rapport sur le développement humain arabe 2009, Les défis de la sécurité humaine dans les pays arabes, Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Bureau régional pour les Etats arabes, 2009. Cité : RADH 2009.
Rapport sur le développement humain arabe 2016, Youth and the Prospects for HumanDevelopment in a Changing Reality (n’existe qu’en anglais). Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), 2016. Cité : RADH 2016.
Recueil de fatwas concernant les femmes (compilé et annoté par AMR ABD AL-MUN’IM SALIM), 4e édition, Bruxelles : al-Hadîth, 2011. Cité : Recueil.
ROCHEFORT Florence/SANNA Maria Eleonora (dir.), Normes religieuses et genre. Mutations, résistances et reconfiguration XIXe-XXIe siècle, Paris : Armand Colin, 2013. Cité : ROCHEFORT/SANNA.
RÖMER Thomas, La Bible quelles histoires ! Entretien avec Estelle Villeneuve, Montrouge/Genève : Bayard/Labor et Fides, 2014. Cité : RÖMER.
de ROMILLY Jacqueline, La loi dans la pensée grecque : des origines à Aristote, Paris : Les Belles Lettres, 2e éd., 2002. Cité : ROMILLY.
ROSANVALLON Pierre, La société des égaux, Paris : Seuil, 2011. Cité : ROSANVALLON.
ROUSSELLE Aline, La contamination spirituelle. Science, droit et religion dans l’Antiquité, Paris : Les Belles Lettres, 1998. Cité : ROUSSELLE, contamination.
ROUSSELLE Aline, Entre procréation et continence à Rome, DUBY/PERROT, L’Antiquité, p. 385-437. Cité : ROUSSELLE, procréation.
ROUX Jean-Paul, La femme dans l’histoire et les mythes, Paris : Arthème Fayard, 2004. Cité : ROUX.
SALLES Catherine, Les bas-fonds de l’Antiquité, Paris : Laffont, Payot et Rivages, Petite Bibliothèque Payot, 2004. Cité : SALLES.
SAND Georgette (collectif), Ni vues ni connues. Panthéon, Histoire, mémoire : où sont lesfemmes ?, Paris : Hugo Doc, 2017. Cité : SAND.
SANNA Maria Eleonora, Le discours catholique contemporain sur le genre : un tournant néolibéral ?, ROCHEFORT/SANNA, p. 291-301. Cité : SANNA.
SCHATTNER Marius, Israël, l’autre conflit. Laïcs contre religieux, Bruxelles : André Versaille éditeur, 2008. Cité : SCHATTNER.
SCHIAPPA Marlène/PELTIER Jérémie, Laïcité, point !, La Tour d’Aigues : L’Aube, 2018. Cité : SCHIAPPA/PELTIER.
SCHEID John, D’indispensables « étrangères ». Les rôles religieux des femmes à Rome, DUBY/PERROT, L’Antiquité, p. 495-536. Cité : SCHEID.
SCHLEGEL Jean-Louis, La loi de Dieu contre la liberté des hommes. Intégrismes et fondamentalismes, Paris : Seuil, 2003. Cité : SCHLEGEL.
SCIALOM Rémy, Anthologie de droit hébraïque. Sources et codifications, Paris : La mémoire du droit, 2017. Cité : SCIALOM.
SHEVCHENKO Ina/HILLIER Pauline, Anatomie de l’oppression, Paris : Seuil, 2017. Cité : SHEVCHENKO/HILLIER.
SINEAU Mariette, Droit et démocratie, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 631-665. Cité : SINEAU.
SISSA Giulia, Philosophies du genre. Platon, Aristote et la différence des sexes, DUBY/PERROT, L’Antiquité, p. 83-127. Cité : SISSA
SLEDZIEWSKI Elisabeth G., Révolution française. Le tournant, DUBY/PERROT, XIXesiècle, p. 45-62. Cité : SLEDZIEWSKI.
SOHN Anne-Marie, Entre deux guerres. Les rôles féminins en France et en Angleterre, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 165-195. Cité : SOHN.
SONNET Martine, Une fille à éduquer, DUBY/PERROT, XVIe-XVIIIe siècle, p. 131-168. Cité : SONNET.
STORPER-PEREZ Danielle, Lectures féministes de la bible, LIPSYC, p. 83-92. Cité : STORPER-PEREZ.
SYMONIDES Janusz/VOLODINE Vladimir, Droits des femmes. Recueil de textes normatifsinternationaux, 1998 : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000114416.
TAMZALI Wassyla, L’énigme du Maghreb, OCKRENT, p. 409-441. Cité : TAMZALI.
TANK-STORPER Sébastien, Droit personnel et droits des femmes en Israël : le cas des Agounot, ROCHEFORT/SANNA, p. 257-266. Cité : TANK-STORPER.
TAYLOR Charles, Multiculturalisme. Différence et démocratie (trad. Denis-Armand Canal), Paris : Flammarion, 2009. Cité : TAYLOR.
TEITELBAUM Viviane, Quand l’Europe se voile, Lormont : Le Bord de l’Eau, 2010. Cité : TEITELBAUM.
THEBAUD Françoise, Dix ans plus tard et autres textes, DUBY/PERROT, XXe siècle, p. 7-144. Cité : THEBAUD.
THOMAS Yan, La division des sexes en droit romain, DUBY/PERROT, L’Antiquité, p. 131-200. Cité : THOMAS.
THOMASSET Claude, De la nature féminine, DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 65-98. Cité : THOMASSET.
TREINER Sandrine, Au nom de l’ « honneur » : crimes dans le monde musulman et Les crimes d’ « honneur » en Europe, OCKRENT, p. 97-106 et 126-130. Cité : TREINER.
TREINER Sandrine, Pierre Foldès. La chirurgie contre l’excision, OCKRENT, p. 215-222. Cité : TREINER, excision.
VALLET Odon, Femmes et religions. Déesses ou servantes de Dieu ? Paris : Gallimard, 2006 (1994). Cité : VALLET.
VALLETTE Mireille, Boulevard de l’islamisme. L’essor du radicalisme islamique en Europe illustré par l’exemple, Sion : Xenia, 2012. Cité : VALLETTE.
VANA Liliane, L’absence des femmes des fonctions religieuses : un réexamen de la loi juive (Halakha), LIPSYC, p. 95-123. Cité : VANA, absence.
VANA Liliane, Sexualité, mariage et divorce, LIPSYC, p. 147-157. Cité : VANA, sexualité.
VASSAS Claudine, Présences du féminin dans le judaïsme, AUSLANDER/STEINBERG, p. 201-228. Cité : VASSAS.
VECCHIO Silvana, La bonne épouse, DUBY/PERROT, Moyen Âge, p. 143-180. Cité : VECCHIO.
VERNANT Jean-Pierre, Mythe et religion en Grèce ancienne, Paris : Seuil, 1990, ici coll. Points Essais, 2014. Cité : VERNANT.
VEYNE Paul, La vie privée dans l’Empire romain, Paris : Seuil, 1999, ici coll. Points Histoire, 2015. Cité : VEYNE.
VEXLER Jill, Initiatives récentes dans le cadre des associations féministes juives américaines, LIPSYC, p. 335-340. Cité : VEXLER.
VEYRETOUT Lucie, L’admission des femmes aux fonctions cultuelles. Une question dedroit(s), Strasbourg : Presses Universitaires de Strasbourg, 2016. Cité : VEYRETOUT.
VIGUERIE de Jean, Histoire et dictionnaire du temps des lumières 1715-1789, Paris : Robert Laffont, coll. Bouquins, 1995. Cité : VIGUERIE.
VOISIN Patrick/de BECHILLON Marielle (eds), Lois des dieux, lois des hommes, Paris : L’Harmattan, 2017. Cité : VOISIN/de BECHILLON.
WALKOWITZ Judith, Sexualités dangereuses, DUBY/PERROT, XIXe siècle, p. 439-478. Cité : WALKOWITZ.
WEIL-CURIEL Linda, L’excision en France, OCKRENT, p. 195-214. Cité : WEIL-CURIEL.
WILLAIME Jean-Paul, Religions, Etats et droits de l’homme, Questions internationales nos 95-96, janvier-avril 2019, La documentation française, p. 14-24. Cité : WILLAIME.
I. Introduction
Car à quoi sert d’être une femme sinon pour être cueillie ?
Paul CLAUDEL (1868-1955)5
Le 29 juin 1914, au lendemain de l’assassinat, à Sarajevo, de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche et de son épouse, un journal suisse publiait l’information suivante, sous le titre « Le décolleté » :
« Dans toute l’Allemagne se produit actuellement un énergique mouvement de protestation contre la trop grande licence dans le costume féminin. Il a trouvé un puissant appui auprès de l’épiscopat allemand qui a même publié une lettre collective contre les excès de la mode actuelle. La campagne semble même avoir produit, en certains endroits, un trop grand effet, ainsi à Buckebourg, où réside la petite cour princière de Schaumburg-Lippe [Basse-Saxe]. Le maréchal de la cour vient, en effet, de porter à la connaissance des milieux intéressés la note confidentielle suivante :
Son Altesse Sérénissime a constaté à nouveau, lors de la dernière soirée musicale dans sa résidence princière, que la plupart des dames se sont présentées avec un décolletage insuffisant. S.A.S. a chargé le maréchal de sa cour de faire connaître que désormais Messieurs les chambellans de service auront à rendre les dames invitées attentives à ce manquement à la règle. S.A.S. n’exige pas le décolletage dit ‹berlinois› mais Elle désire que les manches soient très courtes et surtout sans doublure.»6
En ce temps-là, placées devant les exigences contradictoires du clergé qui les exhortait à plus de décence et celles du potentat local qui appréciait les décolletés généreux, les femmes devaient choisir une tenue qui, de toute façon, leur était imposée par des hommes. Dès leur plus jeune âge, en effet, les femmes sont étroitement surveillées et modelées « pour produire des jeunes filles puis des épouses pudiques, vertueuses, qui dominent leur corps, leurs sens, leur imaginaire. »7 Car ce qui constitue en premier lieu la femme, « c’est le regard que sur elles posent des hommes. »8 Tant il est vrai que le corps féminin « offre un terrain de choix pour marquer un territoire, définir des normes ou des pratiques sociales, et s’assurer que les femmes se plient aux tâches qui leur sont imparties. »9 N’en jetez plus !
Depuis des siècles, l’intervention masculine dans la vêture des femmes est une constante.En effet, outre sa fonction utilitaire, le vêtement est ce qui marque l’identité sexuelle dans l’espace public. Et de tout temps l’homme s’est méfié de la manière dont les femmes – en particulier celles qu’il considère comme « les siennes » – en usent pour mettre en valeur leurs charmes. La beauté est l’arme spécifique, et légitime, du sexe faible, qui peut grâce à elle compenser sa faiblesse en apprivoisant le sexe fort, rappelle ironiquement une universitaire réputée pour son engagement féministe10.
Cacher le corps des femmes indisponibles sexuellement, écrit une historienne, en gommer les formes et les attraits par des tissus longs et flottants est symptomatique des « sociétés à honneur » selon l’expression des ethnologues. Cela signifie que la vertu des femmes est le gage de l’honorabilité de tout le groupe familial et qu’elle est préservée par la dissimulation du corps féminin dans l’espace public. Grâce à ces vêtements qui la cachaient, la femme vertueuse était censée ne pas provoquer le désir masculin11.
Eternel féminin
« L’observation de la représentation du corps féminin dans l’art permet une assez bonne appréciation de la vision antique du rapport taille-hanches. Lorsque l’on mesure les tours de taille et de hanches de la Vénus de Milo, on constate que son rapport taille-hanches est de 0,7. Il ne faut pas y voir le fruit du hasard mais la représentation de proportions féminines idéales. D’un point de vue anthropologique, le corps des femmes a beaucoup changé en deux mille ans. Bien que ce corps ait été ligoté dans des corsets pendant quatre siècles puis masculinisé par une adaptation à la vie active au XXe siècle, l’idéal féminin de l’homme occidental ne varie pas beaucoup dans le temps. La Vénus de Milo et Marylin Monroe ont cette même silhouette qui éveille l’instinct de reproduction chez l’homme en déclenchant une pulsion sexuelle ! »12
A. Des lois divines …
Parmi les multiples avanies que subissent les femmes13, celles qui résultent de lois ou de coutumes que les religions décrètent d’inspiration divine sont particulièrement redoutables. Ce ne sont pas les plus odieuses mais leur caractère prétendument sacré, qui relève du domaine des dieux14, en rend la contestation très difficile, voire impossible car elle suscite aussitôt le courroux d’instances juridico-religieuses qui se targuent d’être les seules à pouvoir interpréter la volonté divine et qui soutiennent qu’à la différence de la loi civile, un droit « révélé » est « parfait par essence [et] ne souffre ni dérogation, ni dispense »15, les lois divines ayant par elles-mêmes valeur d’argument suprême d’autorité16, sous peine de blasphème17 ou de sacrilège18.
La dictature religieuse, écrit une intellectuelle syrienne spécialiste de l’exégèse coranique, est la pire des dictatures, car on s’impose au nom de Dieu, ce qui ne laisse la place à aucune critique19. Qui plus est, souligne une sociologue, il existe un pouvoir informel des religions qui réside dans la diffusion au quotidien des idées normatives qui les sous-tendent, et dans l’influence qu’elles exercent sur les attitudes et sur la vie des individus. En ce sens, les conséquences indirectes des lois peuvent être encore plus dommageables et difficiles à combattre que les lois elles-mêmes20.
C’est précisément ce caractère surnaturel qui fait la particularité de cet étrange concept : la « loi divine », c’est-à-dire une prescription dont le fondement n’est pas humain mais relève de l’ordre divin21. Le culte des dieux est à l’origine des codes moraux, en ce sens que toutes les contraintes, tous les interdits sont censés avoir été promulgués par les dieux qui ont en même temps indiqué aux hommes la conduite juste22. Le point de savoir de quelles divinités il s’agit est indifférent pour le sujet de ce livre qui est la relation, réelle ou supposée, entre cette « loi divine » et le droit positif à propos de la condition féminine. En effet, comme cela a été maintes fois démontré, dans toutes les religions l’ordre divin consacre l’infériorité des femmes et leur soumission aux hommes, que ce soit dans le cadre de la famille ou dans celui de la société23. Le sexisme fait partie des valeurs les mieux partagées par l’ensemble des intégristes, constatent deux auteures qui dénoncent depuis longtemps cette sorte d’extrémistes24.Pourtant, affirmait jadis Sarah Grimké (1792-1873), célèbre féministe américaine :
« Dieu n’accorde pas d’importance aux personnes physiques ; l’âme de la femme est à sa vue comme celle de l’homme, tous deux sont pareillement capables de recevoir l’influence du Saint-Esprit. »25
Obéir à la loi divine est un acte de foi qui échappe à une explication rationnelle26. « Credibile est quia ineptum est » professe Tertullien(env. 155-222)27. Si la foi est la condition de la compréhension du divin, elle peut aussi suffire aux âmes simples28 ; celles qu’il ne faut pas oublier d’instruire, comme l’enseigne l’eudiste Roger-François Daon (1678-1749) dans son petit catéchisme pour les personnes grossières qui ont peu de mémoire et d’ouverture d’esprit :
« Il est du devoir des pasteurs de ne pas abandonner ces pauvres imbéciles. Ce sont leurs ouailles et ils en répondront à Dieu aussi bien que de leurs autres paroissiens. La grossièreté de leur esprit ne dispense pas les pasteurs de les instruire des vérités qu’ils pourront apprendre et de les disposer à la réception des Sacrements. »29
Blasphème
Asia Bibi, une ouvrière agricole pakistanaise de religion catholique, mère de cinq enfants, a été condamnée à mort pour blasphème en novembre 2010, après une querelle avec des voisines musulmanes, survenue en juin 2009, alors qu’elle gardait du bétail. Ces femmes avaient refusé de boire de l’eau dans un verre qu’elle venait d’utiliser, jugeant le liquide impur, ce qui avait donné lieu à un échange tendu. La jeune femme avait ensuite été accusée d’avoir « insulté » le prophète Mahomet. En effet, le blasphème est un sujet extrêmement sensible au Pakistan, pays très conservateur où l’islam est religion d’État. La peine de mort est l’une des sanctions prévues par la loi pour des personnes reconnues coupables d’offense à l’islam, une infraction qui comprend notamment les insultes à l’islam, à son prophète ou au Coran. Plusieurs personnalités politiques qui s’opposaient à cette législation ont été assassinées au cours des dernières années.
Après dix ans d’incarcération dans le couloir de la mort, à la prison de Multan, Asia Bibi a finalement été acquittée le 31 octobre 2018 par la Cour suprême du Pakistan. Ce verdict a suscité la fureur des milieux religieux fondamentalistes. Des islamistes radicaux avaient menacé publiquement les trois magistrats de la Cour s’ils prononçaient l’acquittement. Des responsables du parti religieux extrémiste Tehreek-e-Labaik Pakistan, étaient à l’origine de ces menaces. Ce parti, qui fait de la punition du blasphème sa raison d’être, avait manifesté à mi-octobre pour demander que la condamnation à mort fût confirmée. A l’issue du verdict de la Cour suprême, des manifestants ont paralysé une grande partie du pays pendant trois jours, avant qu’un accord soit conclu avec les autorités. Selon cet accord, – qualifié de « mascarade » par les défenseurs des droits de l’homme – le gouvernement ne s’oppose pas au dépôt d’une requête en révision du jugement de la Cour suprême et entamera une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire. Le 29 janvier 2019, la Cour suprême a rejeté ce dernier recours contre son arrêt du 31 octobre et définitivement acquitté Asia Bibi, désormais libre de quitter son pays30.
B. …et du sexe
Une autre constante de l’humanité est le besoin de fixer des règles sexuelles31. De tout temps, les maris ont surveillé leurs femmes « pour s’assurer que nul autre homme ne pouvait les féconder, le principe de la paternité restant attaché à la semence. »32 C’est un sujet de prédilection pour toutes les religions et leurs pontifes.
« Entre dégoût et obsession, répulsion et désir de possession, tabou et fascination, le rapport schizophrène de la religion au sexe féminin est l’épicentre du conflit entre le patriarcat et les femmes, écrivent deux militantes féministes. La religion s’est imposée pour régner en maquerelle autoritaire sur le sexe des femmes. Le leader spirituel, qu’il soit prêtre, imam ou rabbin, a pénétré leur intimité en revêtant successivement la blouse du médecin de famille et de l’accoucheur, les gants du chirurgien exciseur, les lunettes du conseiller conjugal, l’écharpe du marieur ou la robe du juge. »33
Force est de constater, en effet, que depuis des siècles les mâles docteurs de la foi semblent avoir un gros problème avec la sexualité des humains. Les enseignements religieux traditionnels placent les définitions du féminin et du masculin au cœur des conceptions normatives des relations humaines et des comportements sexuels à prescrire, attentifs à réguler le pur et l’impur34. Autant la femme est glorifiée dans son rôle de mère, indispensable à la conservation de l’espèce, autant elle est réprouvée comme dangereuse séductrice de l’homme et dispensatrice des plaisirs les plus vils35. Au point que ces gendarmes de la vertu pourraient faire leur idéal de l’insémination artificielle, puisque des couples appariés selon un eugénisme de bon aloi – sans métissage et autres mélanges de sangs purs et impurs – et des enfants conçus sans contact physique entre le père et la mère, épargneraient bien du travail à cette police des mœurs qui se voue à la répression du péché de la chair.
« Croissez et multipliez », certes, mais n’y prenez aucun plaisir ! Discours hypocrite s’il en est, que dénonce une ecclésiastique juive :
« Le propre de ces discours religieux fondamentalistes est d’affirmer que leur appel à la pudeur est au service de la femme alors qu’il vise bien souvent son effacement. Il s’agit d’éradiquer ‹pour son bien› la femme de l’espace public et de se débarrasser avec elle du désir qu’elle pourrait susciter.
Cette obsession de l’extinction du désir a quelque chose d’obscène, tant l’autre y est réduit à la tentation qu’il représente. En cela, la modestie imposée par les traditions religieuses relève bien souvent du paradoxe : elle fait prendre le risque de l’obscénité, tout en se réclamant de la pudeur. Elle fait du corps de la femme tout entier un tabou, tel un sexe à cacher en permanence dans l’espace public. Chaque femme, réduite au statut d’être sans visage, c’est-à-dire sans individualité, n’a plus à exprimer que sa nature sexuée. »36
La peur des femmes
« C’est terrible, cette peur que les hommes ont des femmes. Ils ont peur de nos seins, ceux-là mêmes qui leur procurent nourriture vitale puis plaisir sensuels. Ils ont peur de notre sang, celui-là même qui les fait naître à la vie. Ils ont peur de nos émotions, celles-là mêmes qui leur font éprouver le monde autrement. Et c’est cette peur qui les fait réagir ainsi dans un sordide mélange de rejet, de haine et de violence … »
Mouna IZZDINE37
C. Une discrimination qui perdure
Ce sexe est fait pour être assujetti, et je prédis aux peuples de l’Europe, qu’ils n’auront des mœurs et de la tranquillité, que lorsqu’ils l’auront remis à sa place.
Nicolas RESTIF DE LA BRETONNE (1734-1806)38
De toutes les discriminations, celle qui frappe les femmes a pour spécificité sa constance et sa durée, à la différence d’autres systèmes de domination aujourd’hui à peu près disparus, par exemple celles du maître sur l’esclave ou de l’homme blanc sur le Noir39. Depuis Aristote, constate une historienne du droit, l’égalité juridique se pose en termes d’inégalités estimées naturelles parce que dérivant de la nature des choses qui, pour les femmes, implique infériorité physique et faiblesse du raisonnement40.
Pendant longtemps, écrit Pierre Rosanvallon, la femme n’était pas l’égale de l’homme parce qu’elle n’était pas son semblable41. De même, souligne Pierre Bourdieu : « La différence biologique entre les sexes, c’est-à-dire entre les corps masculin et féminin, et, tout particulièrement, la différence anatomique entre les organes sexuels, peut ainsi apparaître comme la justification naturelle de la différence socialement construite entre les genres, et en particulier de la division sexuelle du travail. »42 Il faut rappeler à ce propos que le sexe désigne l’identité physiologique (mâle, femelle, androgyne), alors que le genre – un terme dérivé de l’anglais gender, parfois utilisé à tort comme synonyme de sexe – qualifie l’identité communément assignée à chaque sexe dans la vie sociale (masculin, féminin, transgenre), ainsi que le précise l’article 3 de la Convention d’Istanbul :
« Le terme ‹genre› désigne les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits, qu’une société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes. »43
Mais l’égalité n’est pas la similitude. L’antonyme de l’égalité est l’inégalité, non la différence ; celui de la différence est l’identité, non l’égalité44. Pourquoi les différences physiques entre les deux sexes donneraient-elles à l’un le droit d’assujettir l’autre, comme le préconisait le très machiste Restif de la Bretonne dont l’opinion était largement partagée par la gent masculine de son temps ?
Aujourd’hui encore, dans beaucoup de pays, les femmes sont « avilies, écrasées sous le poids de mœurs ancestrales, soumises à la violence conjugale et à la tyrannie des hommes, asservies aux basses tâches. […] La misogynie ne cesse de s’y nourrir d’élaborations puisées dans un corpus de jurisprudence éculé et dans des sources prétendument spirituelles – mais pas exclusivement –, où le thème de la hantise du sexe féminin tient une place inquiétante. »45
L’un doit être actif et fort, l’autre passif et faible
« Dans l’union des sexes chacun concourt également à l’objet commun, mais non pas de la même manière. De cette diversité naît la première différence assignable entre les rapports moraux de l’un et de l’autre. L’un doit être actif et fort, l’autre passif et faible : il faut nécessairement que l’un veuille et puisse, il suffit que l’autre résiste peu.
Ce principe établi, il s’ensuit que la femme est faite spécialement pour plaire à l’homme. Si l’homme doit lui plaire à son tour, c’est d’une nécessité moins directe : son mérite est dans sa puissance ; il plaît par cela seul qu’il est fort. Ce n’est pas ici la loi de l’amour, j’en conviens ; mais c’est celle de la nature, antérieure à l’amour même.
Si la femme est faite pour plaire et pour être subjuguée, elle doit se rendre agréable à l’homme au lieu de le provoquer ; sa violence à elle est dans ses charmes ; c’est par eux qu’elle doit le contraindre à trouver sa force et à en user. L’art le plus sûr d’animer cette force est de la rendre nécessaire par la résistance. Alors l’amour-propre se joint au désir, et l’un triomphe de la victoire que l’autre lui fait remporter. De là naissent l’attaque et la défense, l’audace d’un sexe et la timidité de l’autre, enfin la modestie et la honte dont la nature arma le faible pour asservir le fort. »
Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778)46
Cela se manifeste aussi dans la préférence donnée aux garçons lors d’une naissance :
« Dans toutes les sociétés anciennes, écrit Françoise Héritier, les femmes sont appréciés en tant que mères, et surtout en tant que mères de fils. Si elles n’ont que des filles, bien souvent on considère qu’elles n’ont même pas d’enfant. La mère d’un fils est toujours dans une position supérieure à la mère d’une fille. Les maris attendent des fils. De nos jours encore, même des femmes très affirmées, ‹libérées›, souhaitent devenir mères de garçons plutôt que de filles. Cette intériorisation par les femmes de ce que l’on attend d’elles nous vient de la nuit des temps, elle est toujours transmise, très tôt, aux enfants. »47
A l’époque moderne, dans les pays qui limitent de manière autoritaire les naissances, notamment en Asie (Chine, Inde, Japon), on observe un déficit important de filles, ce qui signifie qu’une femme enceinte d’une fille avorte plus fréquemment que si elle attend un garçon, avec des conséquences désastreuses sur la démographie48.
Ainsi, en Chine, où la politique de l’enfant unique a été abolie depuis le 1er janvier 2016, le déficit démographique est estimé à 33 millions de femmes et des millions d’hommes se retrouvent confrontés à un « marché du mariage » où le manque de filles à marier se fait gravement sentir, quitte à en « importer » de pays voisins, notamment le Vietnam, pour le plus grand profit d’intermédiaires plus ou moins véreux. La recherche d’une fiancée est en outre compliquée par le fait que nombre de Chinoises retardent le plus possible l’âge de se marier, afin de profiter de l’indépendance économique que leur procure leur emploi en ville.
D. Pas tout à fait une vraie travailleuse
La femme a beau jouir de tous les droits, elle n’en reste pas moins opprimée en fait, parce que sur elle pèsent tous les soins du ménage. Le travail du ménage est généralement le moins productif, le plus barbare et le plus pénible de tous ; il est des plus mesquins et n’a rien qui puisse contribuer au développement de la femme.
LENINE (1870-1924)49
Dans le langage courant, une femme qui travaille est une femme qui exerce une activité lucrative, soit à domicile, soit à l’extérieur. Par contre, celle qui gère le ménage et élève ses enfants n’est pas considérée comme une travailleuse50. Or, dans tous les pays les femmes assument de nombreuses tâches qui vont bien au-delà des soins aux enfants et aux personnes âgées de la famille, en particulier dans le milieu rural51.
Pendant longtemps la femme au foyer est restée un idéal, d’autant plus lorsqu’elle est mère, ainsi que le proclamait en janvier 1958 le mensuel des fermières québécoises Terre et Foyer :
« Le foyer est affaire de femme, comme l’usine est affaire d’homme. Et quoique la guerre et l’après-guerre aient entretenu une périlleuse confusion des rôles et des attributs, la vérité reste la vérité : à quelques exceptions près, la femme ne s’épanouit vraiment que dans le foyer, en qualité d’épouse et de mère. »52
Aussi bien, dénoncent des féministes, les religions s’accordent à placer la femme à la maison et à lui donner comme mission « professionnelle » l’entretien du foyer. Dans nos sociétés occidentales, la « femme au foyer » est exclue de la « population active ». Elle peut se tuer à la tâche dix heures par jour pour briquer sa maison et élever ses cinq enfants, la société la considère toujours comme « inactive »53
Le travail des mères de famille
« C’est à la maison avant tout, ou dans les dépendances de la maison, et parmi les occupations domestiques, qu’est le travail des mères de famille. C’est donc par un abus néfaste et qu’il faut à tout prix faire disparaître, que les mères de famille, à cause de la modicité du salaire paternel, sont contraintes de chercher hors de la maison une occupation rémunératrice, négligeant les devoirs tout particuliers qui leur incombent avant tout : l’éducation des enfants. On n’épargnera donc aucun effort en vue d’assurer aux pères de famille une rétribution suffisamment abondante pour faire face aux charges normales du ménage. Si l’état présent de la vie industrielle ne permet pas toujours de satisfaire à cette exigence, la justice sociale commande que l’on procède sans délai à des réformes qui garantiront à l’ouvrier adulte un salaire répondant à ces conditions. »
Pie XI54
Ainsi, le portrait moral de la femme valorise la sensibilité au détriment de l’intelligence, le dévouement et la soumission aux dépens de l’ambition ou de spéculations intellectuelles excédant ses forces et menaçant sa féminité55. Dans ce sens, écrit Bourdieu, « être féminine », c’est essentiellement éviter toutes les propriétés et les pratiques qui peuvent fonctionner comme des signes de virilité. Dire d’une femme qu’elle est « très féminine », n’est qu’une manière particulièrement subtile de lui dénier le droit à cet attribut proprement masculin qu’est le pouvoir56.
Famille, je vous aime
« Je dis que le règne de la femme est dans la famille ; que la sphère de son rayonnement est le domicile conjugal ; que c’est ainsi que l’homme, en qui la femme doit aimer, non la beauté, mais la force, développera sa dignité, son individualité, son caractère, son héroïsme et sa justice, et c’est afin de rendre cet homme de plus en plus vaillant et juste, sa femme par conséquent, de plus en plus reine, que j’attaque la centralisation, le fonctionnarisme, la féodalité financière, l’exorbitance gouvernementale et la permanence de l’état de guerre. »
Pierre Joseph PROUDHON (1809-1865)57
E. Avec le consentement du mari
John Stuart Mill (1806-1873), féministe de son temps, écrivait en 1869 :
« De même qu’un homme fait choix d’une profession, de même on peut ordinairement présumer qu’une femme, quand elle se marie, choisit la direction d’un ménage et l’éducation d’une famille comme but principal de tous ses efforts pendant toutes les années de sa vie qui seront nécessaires à l’accomplissement de cette tâche, et qu’elle renonce, non pas à toute autre occupation, mais à toutes celles qui ne sont pas compatibles avec les exigences de celles-ci. Voilà la raison qui interdit à la plupart des femmes mariées l’exercice habituel ou systématique d’une occupation qui les appelle hors de chez elles, ou toute autre occupation qui ne peut être remplie à la maison. Mais il faut laisser les règles générales s’adapter librement aux aptitudes particulières, et rien ne doit empêcher des femmes douées de facultés exceptionnelles et propres à un certain genre d’occupation d’obéir à leur vocation, nonobstant le mariage, pourvu qu’elles parent aux lacunes qui pourraient se produire dans l’accomplissement de leurs fonctions ordinaires de maîtresses de maison.[…] »58
Une conception qu’on trouvait exprimée, par exemple, dans le Code civil suisse qui disposait jusqu’au 31 décembre 1987 que le mari est le chef de l’union conjugale et que c’est lui qui choisit la demeure commune, représente l’union conjugale et pourvoit convenablement à l’entretien de sa femme et de ses enfants. Pour sa part, l’épouse porte le nom du mari, dirige le ménage59 et prend soin des enfants. Elle assiste son mari selon ses capacités dans le soin qu’il prend de l’union conjugale et lui doit aide et conseil en vue de la prospérité commune. Elle ne peut représenter cette union que dans les limites des besoins du ménage, son mari pouvant d’ailleurs lui retirer ce pouvoir. Par ailleurs, la femme ne peut exercer une profession ou une industrie qu’avec le consentement du mari et si elle veut passer outre à ce consentement, elle doit prouver au juge que l’intérêt de l’union conjugale ou de la famille commande cette activité lucrative (anciens art. 160 et sv. CCS)60.
Il a fallu des siècles pour que les femmes acquièrent le droit à l’instruction et à la formation professionnelle dans les mêmes conditions que les hommes61. « Ce que nous voulons, c’est la science et la liberté » proclame Louise Michel (1830-1905) dans ses Mémoires écrits par elle-même, rejetant avec dédain les titres dont se parent les « messieurs »62.
Depuis le XIXe siècle, les femmes se sont battues pour obtenir leur autonomie économique et la liberté d’administrer leurs biens, ainsi que pour défendre le principe « à travail égal, salaire égal »63. Leur accession à l’égalité civile ne s’est pas faite partout au même rythme
