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Le "Congrès des législateurs du monde" est une œuvre fascinante et symbolique qui aborde les thèmes de la gouvernance internationale et de la coopération entre nations. Le livre prend la forme d'un dialogue entre divers représentants des pays, présentant leurs idéologies et leurs visions sur la législation mondiale. La prose y est claire mais adoptant parfois un registre oratoire, qui reflète le sérieux des discussions politiques. Écrit dans un contexte où les tensions géopolitiques sont de plus en plus prégnantes, cet ouvrage se positionne comme une réflexion critique sur la nécessité d'une harmonisation des lois à l'échelle globale. Ce style interroge le lecteur, le poussant à considérer l'importance de la collaboration entre les États pour faire face aux défis contemporains tels que les droits de l'homme et le changement climatique. L'auteur anonyme de cette œuvre, plongé dans l'effervescence des débats politiques du début du XXIe siècle, semble avoir été façonné par l'angoisse d'un monde de plus en plus fragmenté. Son choix de garder l'anonymat pourrait aussi laisser place à une multiplicité de voix, reflétant ainsi le caractère pluraliste et complexe des idées présentées. La volonté de susciter le débat sur l'état actuel des législations nationales et leur impact sur la scène mondiale est au cœur de cette démarche. Je recommande vivement "Le congrès des législateurs du monde" à tout lecteur s'intéressant aux enjeux de la législation internationale et à la dynamique des relations entre nations. Cet ouvrage est non seulement éclairant pour ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance des affaires politiques contemporaines, mais il est aussi une incitation nécessaire à réfléchir sur l'avenir de notre gouvernance mondiale. Son message, toujours d'actualité, résonne avec une pertinence qui transcende les frontières géographiques.
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Veröffentlichungsjahr: 2021
LORSQU’ON écrit, on doit craindre de ne reproduire que les idées d’autrui: la mémoire, sans qu’on s’en rende compte, fournit souvent plus que l’imagination. On a tant écrit, on écrit tant tous les jours, qu’il est presque téméraire de vouloir écrire encore, et de croire qu’il reste quelque chose à dire. Mais les Objets qui paroissent les plus simples ont un si grand nombre de faces, qu’il en reste toujours quelques-unes qui n’ont pas été aperçues. Plus on en a découvert, plus il semble que l’on va en découvrir encore; et celui qui a cru arriver au terme de la carrière, n’a fait quelquefois qu’ouvrir une nouvelle route pour la parcourir. Une seule idée neuve peut être la source de mille autres; et plus on écrira, plus il restera à écrire, pour commenter, expliquer, appliquer, combattre. C’est un cercle où l’on tourne depuis long-temps, et où l’on tournera toujours.
Les notices que je me décide à publier ne contiennent pas des principes neufs; je les ai puisés dans une éducation religieuse et monarchique, et heureusement que par le même moyen ils ont été transmis à beaucoup d’autres qui n’ont cessé et ne cessent de les proclamer mieux que je ne puis le faire; mais leur application à toutes les situations de la société est si variée, et fait l’objet de tant de contestations, que si, dans ces courts et rapides aperçus, inspirés par un peu d’expérience, j’avois pu rencontrer quelques applications justes, ou seulement en indiquer, je croirois cette publication suffisamment justifiée.
DANS un temps bien loin de nous, le roi d’un grand empire, abusé par son extrême bonté , se persuada un jour que son peuple étoit malheureux, parce qu’il ne pouvoit pas le rendre aussi heureux qu’il le désiroit. Cependant ce peuple vivoit tranquille; depuis près de deux siècles, aucun trouble civil n’a voit compromis son repos, ni aucun ennemi étranger n’avoit entamé ses frontières: il n’y avoit qu’à jeter les yeux sur ses voisins, qu’à lire avec discernement l’histoire, et tout homme désintéressé et impartial auroit conseillé à ce peuple de ne changer son sort pour celui d’aucuns peuples présens et passés. Mais son roi, dans son inquiète sollicitude, n’en jugeoit pas ainsi: il imagina de lui demander à lui-même ce qu’il vouloit qu’il fit pour lui. On a beau être bien, on voudroit toujours être mieux; ce peuple saisit avidement l’occasion qu’on lui offroit, et de se plaindre, et de faire des demandes, que le roi lui-même, malgré sa bienveillance excessive, finit par trouver de la dernière extravagance.
Cependant, ne pouvant renoncer à sa chimère de perfection, il se montra disposé à lui faire tous les sacrifices. Profitant de cette funeste disposition, on le dépouilla peu à peu de son autorité ; les passions n’ayant plus de frein, sa présence ne pouvoit être qu’un reproche pour les ingrats qui avoient abusé de sa bonté , et bientôt ils lui ôtèrent la vie: terrible leçon pour les rois réformateurs, qui doivent bien consulter leurs forces avant de tenter des réformes qui toujours aiffoiblissent l’autorité ! et fatal argument contre la liberté des peuples, dont le despotisme pourra souvent profiter!
Un crime aussi épouvantable ne resta pas sans punition; non seulement elle retomba sur ce peuple égaré, mais sur les peuples voisins qui avoient vu froidement cette horrible catastrophe, dont quelques-uns même s’étoient peut-être réjouis.
Ce ne fut bientôt que désordre par-tout; les doctrines les plus perverses se répandirent, et attaquèrent les principes les plus sacrés et les plus conservateurs de l’ordre social, On ne tarda pas à ne plus s’entendre sur rien; le pyrrhonisme politique, comme le pyrrhonisme religieux, régnèrent sur la terre, et détruisant toute confiance, ce qu’on avoit voulu établir la veille étoit renversé le lendemain.
Les uns crioient: Il faut arrêter ce torrent, le faire rentrer dans son lit; d’autres disoient qu’il falloit se borner à lui opposer de nouvelles digues, et lui abandonner une partie du terrain qu’il avoit déjà ravagé ; d’autres, qui croyoient y trouver leur compte, concluoient à le laisser aller à son cours, et à le suivre. Dans ce conflit, comme on laissoit faire, c’étoit nécessairement les derniers qui devoient remporter, et le torrent couvrit tant de débris.
Le bon roi descendu aux Champs-Elysées, apprit tous ces événemens par d’autres justes victimes comme lui du bien qu’il avoit voulu faire au monde: ne pouvant concevoir comment de si bonnes intentions avoient pu avoir de si funestes résultats, il résolut, s’il pouvoit rencontrer dans l’immortel séjour les législateurs qui avoient donné des lois durables à différens peuples, de savoir d’eux comment ils avouent pu faire. Son désir fut à peine formé, que les ombres de Zoroastre, de Confucius, Solon, Lycurgue, Numa, par ordre suprême vinrent l’entourer, en lui annonçant qu’ils étoient prêts à répondre à ses questions.
«Illustres régulateurs des choses du monde terrestre, dit notre roi, vous dont les lois vivent encore dans les souvenirs de l’univers, qu’avez-vous fait, je ne dis pas pour rendre les peuples heureux, mais pour leur faire adopter les moyens d’y parvenir autant qu’il l’est permis aux faibles humains? Expliquez-moi, s’il se peut, comment, avec les intentions les plus pures, au milieu d’un siècle éclairé, en cherchant par-tout, pour me seconder, les hommes les plus célèbres ou les plus chers à l’opinion publique, consultant sans cesse cette opinion, j’ai causé ma perte et la désolation de mon pays?»
Zoroastre le premier répondit: «0 prince, le plus vertueux des princes et le plus malheureux! j’ai donné des lois à une immense contrée; j’y ai établi des sages, mais ne les ai jamais consultés. C’est de plus haut qu’elles m’étoient inspirées: cette inspiration eût été sans force si elle eût été partagée. J’ai confié à ces sages le dépôt des principes de ces lois, le vulgaire en eût bientôt abusé ; le doute naît chez lui de ce qu’il appelle le savoir, et le doute ne permet rien de stable. Mes sages n’ont fait que suivre ce que je leur ai prescrit, et ils n’ont mérité le nom de sages que par leur fidélité à ne pas s’en écarter. J’ai pensé que pour que les lois fussent respectées et bien exécutées par-tout, il falloit qu’elles eussent été dictées par un seul, et qu’elles ne pussent être commentées et expliquées que par un petit nombre destinés devance à cette fonction: voilà tout mon secret.»
Confucius reprit d’un ton grave: «Le Dieu qui m’inspira me fit comprendre que l’immensité de la population du pays qui devoit recevoir mes lois, me forçait de la soumettre à des règles plus sévères, si je voulois assurer sa tranquillité. A mesure que la population augmente, il faut que la liberté diminue, sous peine de troubles continuels. Chacun devant être, pour ainsi dire, à la gêne, par le voisinage trop rapproché de son semblable, il falloit accoutumer tout le monde à se gêner soi-même; il falloit une morale sévère et des usages minutieux; il falloit faire des devoirs des moindres convenances, pour faire vivre en paix des gens qui ne peuvent, pour ainsi dire, se remuer, sans se rencontrer et être exposés à s’incommoder mutuellement; il falloit marquer des rangs fixer avec exaetitude et impérieusement les égards qui leur sont dus. Je l’ai fait: un grand nombre de siècles a pu faire juger si j’étois bien inspiré. Je sais qu’on a pu dire que je n’avois fait qu’un peuple paisible qui n’avoit pu se défendre contre un peuple guerrier. Cette catastrophe même a valu à mes institutions l’hommage le plus éclatant qu’elles pussent recevoir: les vainqueurs s’y sont soumis; et si une fois la tranquillité publique a été troublée par des étrangers barbares, elle ne l’a jamais été entre les citoyens.»
Notre roi parut frappé de cette nécessité des rangs, et de moins de liberté en proportion d’une population plus nombreuse et trop pressée; il alloit se livrer à quelques réflexions sur l’application qu’on auroit pu faire de ces principes à son propre pays, lorsque le législateur d’Athènes prit la parole.
«Je connoissois trop le peuple léger auquel j’avois à donner des lois, pour espérer que je pourrois lui en donner de bonnes; je crus donc devoir me borner à lui donner les moins mauvaises qu’il pourroit supporter. Son code avoit été quelque temps la mort, et puis la mort; son inconstance l’avoit conduit jusque là. Elle devoit le conduire encore à bannir ou à faire périr ses plus vertueux citoyens; mais il a brillé par les arts plus que par son bonheur; les souvenirs qu’il a laissés flattent les passions humaines, et mon nom lié au sien a été transmis à la postérité. Je ne puis guère m’enorgueillir de ce que j’ai fait pour lui, car ayant de quitter la terre je l’ai vu le méconnoître lui-même. On me fait trop d’honneur de me mettre au rang des grands législateurs des nations; j’ai plus consulté les goûts et les désirs de la multitude que ses véritables besoins, et mon ouvrage ne pouvoit avoir ni force ni. durée; je l’ai vu altérer et même renverser; ce qu’on en a conservé a été continuellement dénaturé et il est sorti de là un de ces peuples dont l’exemple est funeste aux nations, en colorant toutes sortes de vices par un éclat trompeur dont les hommes corrompus se servent toujours pour appuyer leurs principes dangereux.»
Le roi soupira: dans ce que venoit de dire Solon des Athéniens, il trouvoit de justes applications à faire au peuple qu’il avoit gouverné. Il ne se permit aucune reflexion; c’étoit à Lycurgue à parler.
Mais celui-ci paroissoit vouloir garder le silence.
Pressé de s’expliquer, il dit enfin:
«Enfant des dieux au nom des dieux j’imposai silence aux passions humaines. Je voulus rendre l’homme maître de lui-même. C’étoit. chez une peuplade pauvre, dans l’âpre Laconie, aux bords stériles de l’Eurotas. De grands peuples, riches, bien, amollis, auroient voulu, dit-on essayer de mes lois; j’aurois ri de pitié, si je savois rire. Qu’ils se recommandent aux Dieux!»
Le roi frémit involontairement en pensant à l’impiété de sa patrie, qui avoit été incontestablement la première cause de ses maux. Il sentit l’application de la dernière parole de Lycurgue, qui indiquoit le seul remède qui lui restoit.
Ne pouvant espérer un plus long discours du législateur de Sparte, le roi sembla inviter par son silence le plus célèbre des législateurs rois à parler à son tour.
«Le peuple qui reçut mes lois, dit Numa, a rempli la terre de ses actions; on en parle encore comme du premier de tous les peuples. Et qu’étoit-il lorsque je fus appelé à le gouverner? Un ramas d’aventuriers, qui ne respiroit que la guerre et le pillage, dont il avoit encore besoin pour subsister. Mais, si c’étoit une peuplade barbare, elle étoit fatiguée de sa barbarie et désiroit en sortir, époque plus favorable pour donner des lois aux hommes, que lorsque, blasés par une longue civilisation, ils désirent des changemens qui ne manquent jamais de préparer une nouvelle barbarie. J’étois entouré de colonies grecques qui avoient apporté les lois de leur pays; je trouvai chez elles des lumières dont je profitai; j’inventai peu? je ne fis que modifier. Nourris dans les habitudes guerrières, la force et le courage militaire ayant été jusqu’alors les premières vertus des Romains; si l’on n’avoit pas opposé une forte digue à ces inclinations, avant de détruire leurs voisins, ils se seroient détruits eux mêmes. J’appelai tous les dieux à mon secours; ils ne furent pas sourds à ma voix, et mon peuple à son tour les entendit. J’enveloppai de la toge ces farouches conquérans, pour que la gloire s’abaissât devant elle, et pour leur faire supporter dans leurs foyers des idées d’ordre et de paix. Plus l’esprit militaire étoit l’esprit de la nation, plus je cherchai à l’éloigner du gouvernement pour n’en pas faire une nation de tigres. Comprimé au-dedans, peut-être en prit-il plus de force pour l’exhaler au-dehors.
