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L'heure est à la riposte, la bataille contre les Ombres et leurs serviles étrangers pâles ne peuvent continuer à oeuvrer pour la fin du monde.
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Seitenzahl: 76
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Le Secret Des Etoiles
Journal de l’Observateur
III
Jean-Michel Martin
Jour 64
08h30 à la montre
J’ai pris sur moi de faire le tour du dôme de verre. Je vais récupérer ce que nous avions abandonné dans notre fuite de l’ancien camp de base, du moins ce qui est récupérable, puis me mettre en route dans la jeep. Les traces que j’ai trouvées tout autour du dôme sont incompréhensibles. Elles n’ont rien d’humain et leur disposition ne permet pas de deviner si les choses venues d’ailleurs qui ont laissé ces traces allaient ou venaient.
11h30 à la montre
Le dôme ne comporte aucune ouverture qui aurait pu laisser passer les Ombres. Quelque chose d’aussi énorme fait des dégâts en proportions que nous avons déjà constatés. Et rien ne laissait penser qu’ils étaient sortis par là de la bulle de sable en fusion.
À cause de l’action des militaires, nous n’avons pas vraiment de notion de temps sur le déroulement de la tempête. Tout ce que je peux deviner, c’est que le dôme s’est formé après le massacre de la baie d’Hurghada, sinon la bulle de verre aurait été pulvérisée par les tirs de missiles et d’armes cinétiques.
En contournant en voiture le dôme créer par la tempête, j’ai tout de même trouvé quelque chose d’extrêmement important, une ouverture, haute de deux fois ma taille. Elle devait donc faire dans les trois mètres cinquante, quatre mètres peut-être. Les titans ne sont pas sortis par là, mais les étrangers pâles ont très bien pu entrer.
J’y ai bien sûr passé la tête, pour constater l’impensable : ces démons adoraient changer à leur gré les règles du jeu et ils venaient de le faire à nouveau.
Ils étaient passés en sous-sol !
Le dôme n’avait tout simplement pas de fond. Il n’y avait pas d’obélisque ni de porte géante noire et terrifiante qui joue avec le temps, juste un trou gigantesque de plusieurs dizaines de mètres de diamètre.
Le tunnel qu’ils avaient creusé semblait descendre droit aux enfers. Il n’avait pas d’inclinaison. Voilà un endroit où je ne pourrais pas les suivre.
Je n’ai plus qu’une option, essayer de rattraper mes deux amis partis avec plusieurs jours d’avance chercher des compagnons d’armes. Je connais leurs plans de déplacements, ils en ont parlé suffisamment devant moi.
21h30 à la montre
J’ai longuement réfléchi aux options et ai tenu ma résolution. L’organisation de la contre-attaque, je dois y participer. De toute façon, je ne vais pas tourner en rond dans le désert en priant pour tomber sur l’endroit où débouche le tunnel. Demain, je reprendrai la route direction Louxor, pour voir si j’y trouve un bateau simple à manœuvrer, si ce n’est pas le cas, je continuerais jusqu’à Hurghada.
Jour 65
22h30 à la montre
Ma déception est immense. Nous, enfin eux, Miguel, Eve et ceux qu’ils pourraient contacter, tout le monde attendait tant des informations que j’aurais pu récolter. Tout ce que j’ai appris, c’est qu’ils savent faire de gros trous dans le sol. Formidable.
Je n’ai même pas pu rouler n’importe comment pour passer ma frustration sur la route, demain, ça ira mieux. Je vais attaquer la piste et la partie du trajet qui est la moins accidentée.
La radio est toujours silencieuse à l’heure du contact.
Le trajet est pénible, demain, je ne m’arrête pas avant d’être sur l’eau.
Jour 66
21h00 à la montre
Perdu dans mes pensées, j’ai planté la jeep dans un de ces fichus cratères. Je me retrouve donc à pied, la ville n’est pas trop loin, d’après ce que je vois, mais je n’y serai jamais ce soir, donc, voilà, je me suis arrêté. Je n’ai pas d’observation à faire puisque je n’ai rien vu depuis des jours.
J’ai faim, j’ai froid et j’ai oublié le duvet dans la jeep. J’espère qu’Eve et le vieux n’ont pas parcouru une grande distance sinon je ne vais pas pouvoir les rattraper.
Bien sûr, comme tout va bien, je sens monter une forte migraine qui va sûrement m’empêcher de dormir.
Où sont les créatures, d’où viennent-elles, quel est leur objectif ? Je ne sais même pas comment répondre à ces questions.
Jour 67
12h35 à la montre
J’ai rejoint Nagaa Sitayh. Il me reste quelques kilomètres à parcourir pour rejoindre le Nil, de là je trouverai un bateau et je le laisserai me porter calmement jusqu’à la Méditerranée. J’aurai tout le temps de méditer sur les futures actions à entreprendre.
Mais entre temps, je vais piller les deux petits villages entre le fleuve et moi, j’ai besoin de vivres et de matériel.
19h45 à la montre
Les bords du Nil, à l’endroit où j’ai réussi à les atteindre, n’étaient pas aménagés pour l’accès en bateau. La navigation de plaisance ou de commerce semblait complètement absente et il fallait que je me déplace pour trouver de quoi échapper à cette mer de solitude.
Les voitures que j’ai essayé de démarrer ne voulaient rien savoir. La plupart manquaient de batterie. Je me suis donc retrouvé sur un vieux vélo bancal, à pédaler le long du Nil pour trouver un machin qui flotte assez longtemps pour me conduire à Louxor.
Voilà, je ne sais pas vraiment où je suis, je suis juste au Nord de Nagaa Sitayh, je n’ai rien trouvé mais j’ai eu de la chance au pillage, je m’apprête donc à prendre mon repas du soir dans une ancienne ferme. Ce n’est pas désagréable.
Jour 68
10h22 à la montre
J’ai trouvé une petite coque de noix qui fera parfaitement l’affaire. J’y ai installé tout ce que je possède, c’est-à-dire quelques boîtes de conserve, de quoi faire du feu, ce journal sur lequel j’écris inlassablement jour après jour.
15h00 à la montre
Après quelques heures de dérive et une boîte de conserve plus tard, je suis entré dans le gouvernorat de Louxor. Devant la ville d’Armant, j’ai compris que j’aurai de la chance à Louxor.
Je ne me suis pas trompé. Lors de notre premier passage, j’ai vu, amarrés, toutes sortes de petits bateaux dans le port privé du Sheraton Luxor Resort, un ancien cinq étoiles qui devait étinceler il y a deux mois.
Là, une petite flottille de cat-boat attendait un capitaine.
Le gréement en cat-boat est un gréement à une seule voile dont l'emplanture du mât est située très à l'avant du bateau. Le terme cat-boat désigne à la fois le type de gréement et le voilier ainsi gréé. Les catboats sont des bateaux qui se sont fait connaître sous ce nom aux États-Unis dans les années 1850, alors qu'en Europe les appellations d'« Una rig » en anglais ou de « misainier » en français lui étaient préférées. Bateaux de travail à l'origine, dériveurs permettant de naviguer
dans les hauts fonds ostréicoles, les cat-boats sont devenus des bateaux de plaisance et de régate.
Pour faire simple, une voile large, un gouvernail, un fond plat, j’ai jeté mon dévolu sur le « Princesse de Galles ». Petit catboat blanc au fond peint en rouge sombre. La voile était dans un meilleur état que celle des autres, c’est surtout ce détail crucial qui a motivé mon choix. Ce soir, je serais sans doute au Caire avec l’allure que peut prendre ce petit bateau si le vent est bon.
J’ai rempli le fond de tout ce que j’ai pu trouver en nourriture et matériel utile à la survie. J’ai aussi retrouvé une carte de la haute Égypte. Je pourrais enfin savoir où je me trouve et surtout avec un point de départ aussi précis.
J’ai levé la voile et laissé le cat-boat filer le plus vite possible, avec un vent de travers d’Est, heureusement aidé par le courant.
21h20 à la montre
J’ai passé un après-midi fabuleux à me détendre au soleil et tremper mes pieds dans le Nil. Je n’ai strictement rien fait et je vais continuer de ne rien faire si ce n’est barrer et manger lorsque j’ai faim.
J’ai parcouru trente miles nautiques vers le Nord, donc quarante-huit kilomètres, pour m’amarrer en face d’ El Mahrousa. Le seul problème c’est que le nom sur la carte du village sur la rive Est est écrit en arabe.
Pour y passer la nuit, ce sera idéal.
Jour 69
20h30 à la montre
J’ai suivi le long court tranquille du Nil. Paisiblement, les heures s’égrènent et les miles défilent.
À mon arrivée en fin d’après-midi aux abords d’Asyut, quelque chose m’a troublé. Je suis passé devant sans la remarquer.
À mon dernier passage, il y avait une grande cité fantôme et, aujourd’hui, je n’apercevais pas un pan de mur debout. Au loin, un peu de poussière et les mouvements ont attiré mon attention.
Quelque chose était à l’œuvre à l’Est de la ville et cette chose a méticuleusement réduit la ville à l’état de gravats depuis l’Ouest.
Ce n’était pas une Ombre, je pourrais la distinguer facilement grâce à leur taille incroyable, il devait s’agir des étrangers pâles. Quoi qu’il arrive, je ne me lancerai pas à leur poursuite. Ils avaient si bien travaillé que rien ne pouvait dissimuler mon approche et ils ne manqueraient pas de me voir arriver.
Je n’étais pas en mesure de livrer un combat et j’ai affaissé la voile. J’espérais qu’ils n’y verraient qu’un petit bateau ou un débris à la dérive.
Je me laisse porter comme ça depuis quelques dizaines de minutes, espérant qu’ils ne soient pas curieux.
Jour 70
22h55 à la montre
Je me suis laissé porter par le courant à la dérive durant plusieurs heures la nuit dernière. Par chance, je n’ai rencontré aucun obstacle et j’ai gagné lentement beaucoup de terrain.
Au petit jour, lorsque la distance me paraissait sûre, j’ai hissé la voile et profité d’un excellent vent arrière qui propulsait le « Princesse de Galle ».
Tout le long du Nil, les villes les plus importantes avaient subi le même sort qu’Asyut.