Les cactus de Jérôme de Warzée 2 - Jérôme de Warzée - E-Book

Les cactus de Jérôme de Warzée 2 E-Book

Jérôme de Warzée

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Beschreibung

C'est le 1er septembre 2010, le jour même de ses 40 ans, que Jérôme de Warzée distille sa première chronique sur les ondes de Vivacité. Chaque matin, il brocarde tour à tour ces "froucheleurs" de politiciens, ces "barakis" de supporters et ces "Ménapiens extrémiss", tentant l'équilibre entre écriture polysémique et vitriolée mais toujours au second degré, sarcasmes, jeux de mots et vérités (?). Cet ouvrage renferme quelques-uns de ses textes, savamment ordonnancés dans un brol absurde que Magritte lui-même aurait légendé: "Ceci n'est pas un livre".

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Seitenzahl: 235

Veröffentlichungsjahr: 2018

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les cactus

dejérômedewarzée

Éditions Luc Pire [Renaissance SA]

Avenue du Château Jaco, 1 – 1410 Waterloo

Éditions Luc Pire

www.editionslucpire.be

Les Cactus

de Jérôme de Warzée

Couverture : Mehdi

Dessins : Mehdi

Corrections : Ariane Le Fort

ISBN : 978-2-875-42179-1

© Éditions Luc Pire, 2018

Tous droits réservés. Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit, introduit dans une banque de données ni publié sous quelque forme que ce soit, soit électronique, soit mécanique ou de toute autre manière, sans l’accord écrit et préalable de l’éditeur.

Sommaire

PRÉLUDE

Voici déjà le deuxième recueil de mes chroniques quotidiennes intitulées Les Cactus de Jérôme de Warzée. Vous applaudirez, d’abord, l’inspiration du génial caricaturiste Mehdi, grand pourvoyeur de dessins honteusement drôles à l’émission Le Grand Cactus, et qui s’est permis, en couverture, de me représenter en héros de Far-West. En un an, je suis donc passé du glandeur professionnel (Gaston Lagaffe) au héros de la gâchette tirant plus vite que son ombre (Lucky Luke). Je laisse à mes proches le soin d’analyser ce basculement de personnalité. Ensuite, vous remarquerez que j’utilisai le terme « deuxième » pour numéroter mes bouquins. En effet, le terme « deuxième » laisse entrevoir l’espoir (ou l’incrédulité vomitive, c’est selon) d’une suite… ce qui n’aurait pas été le cas si j’avais employé le substantif « second ». Je m’étais plaint, dans le prélude du précédent ouvrage, d’avoir eu peu de matière convenable à vous proposer. Vous imaginez qu’ici, j’ai donc dû racler les plus beaux fonds de mes plus récents tiroirs, extraire la plus gouleyante moelle putride au plus loin des os de mes pensées comiques, siphonner jusqu’à la dernière goutte la lie d’encre stagnant dans l’encrier de mon inspiration pour vous fournir une matière à la hauteur du premier opuscule. L’actualité me permet de rester sur le qui-vive et c’est avec un plaisir non feint que je vous ferai, par exemple, revivre le tracé de l’équipe nationale belge de football à la Coupe du monde en Russie. J’aurais pu écrire… « le tracé fabuleux… »…voire… « l’exceptionnel parcours »… ou encore… « la lyrique odyssée »… mais quand on n’est pas capable de battre des Français dans un sport, quel qu’il soit, on ne la ramène pas. D’ailleurs, la coupe, ils ne l’ont pas ramenée, c’est bien ce que je disais. Sans doute certains compareront-ils l’efficacité de ce deuxième recueil avec le premier. Peut-être quelques-uns estimeront-ils que l’un supplante l’autre ou que l’autre atomise l’un, sachez que j’ai mis autant de ferveur, de sérieux, de rigueur, de folie à les écrire tous deux, ce qui m’amène tout naturellement à vous inviter à acheter les deux sans rien discuter.

Goiendag allemaal, en alle femelle !

La famille Royale Belge

Les faux passeports royaux

(25/09/13)

L’ancien ministre des Affaires étrangères Mark Eyskens a confirmé que les membres de la famille royale utilisaient depuis longtemps de faux passeports leur permettant de voyager incognito à l’étranger. Cette pratique singulière daterait officiellement de l’époque de Léopold II. Léopold II, qui, lui, pour l’incognito des voyages à l’étranger, n’avait sans doute d’autre choix que de se faire passer pour Moïse ou le père Noël. Cette figure emblématique de notre folklore chrétien (je parle du père Noël, bande de mécréants hérétiques) n’étant d’ailleurs sûrement pas ancrée dans l’inconscient collectif congolais de la seconde moitié du XIXe siècle. Sûrement pas. D’ailleurs, j’en mets ma main à couper. Je retire cette dernière phrase, vous eussiez pu y déceler de ma part un avis plus tranché. Il est donc raisonnable d’écrire qu’au vu de cette information relative aux faux passeports royaux, la famille royale belge, c’est un peu les cent papiers. On ne connaît pas les différentes identités des membres de la famille royale, si Albert est taquin, il se fait peut-être passer pour monsieur Albert Boël. Laurent, quant à lui, n’a manifestement pas saisi tous les (z) avantages (z) inhérents (z) aux procédés. Oui, vous le remarquez (z) à l’écrit, chers lecteurs, j’insiste sur les problèmes de liaisons. Mais quand on évoque Albert II, n’est-ce pas de bon ton d’insister sur les problèmes de liaisons ?Non, le prince Laurent n’est pas rompu au charme du procédé des faux passeports, en effet, c’est le seul qui donne son nom réel quand il se fait flasher. C’est ballot. Votre Altesse, après un procès-verbal pour excès de vitesse, prenez un nom d’emprunt. D’ailleurs, l’emprunt, c’est un peu votre spécialité. Je ne sais pas, moi, Ayrton Senna, Michael Schumacher, Jérôme d’Ambrosio, bon, certes, Jérôme d’Ambrosio, vu la vitesse à laquelle il roule, une accusation de vitesse excessive ne tiendrait pas la route. Le roi Philippe, lui, pour la plupart de ses déplacements, utilise le nom de Philippe Dermulle. C’est originalement inodore, incolore, transparent, bref, cela lui correspond assez bien. Mais cela trompe-t-il la vigilance des pandores assermentés ? Imaginons la scène. À l’aéroport de Bruxelles-National (Charleroi North), toute la petite famille est réunie lors de l’enregistrement des bagages, notre souverain seprésente au guichet :« Bonjour, Philippe Dermulle, ma femme, madame Termolle, le roi, la reine et les petits princes, lundi matin, je pars aux Amériques, ma femme Mathilde est la reine de Belgique, et elle va voir Magritte, mais ça n’est pas une pipe, mais qu’est-ce donc qu’une pipe mon roi, ah tu ne le sauras pas, tralala !!! »…Comme l’a souligné Marc Eyskens, avec cette solennité qui le caractérise, « ce ne sont pas vraiment des faux passeports, mais l’objectivité commande de préciser qu’il ne s’agit pas non plus de vrais passeports». En tout cas, pour ceux qui en douteraient, ces passeports-là, ils sont belges. Ah, pardon. Si les vrais faux passeports ne peuvent être considérés comme faux au vrai sens littéral du terme « faux », les faux vrais passeports ne peuvent en aucun cas être considérés comme vrais au vrai sens littéral du terme « vrai », il serait d’ailleurs faux d’utiliser le terme vrai pour un passeport qui ne peut être nommé autrement puisqu’il n’est pas vraiment vrai, le faux faux passeport. Dans cette affaire, je voudrais, une fois n’est pas coutume, mettre en exergue le rôle prépondérant joué par Didier Reynders, notre ministre des Affaires qui ne lui sont pas toutes étrangères, Didier Reynders qui s’est affiché dans tous les médias pour nous avertir qu’il n’était au courant de rien. Vous avouerez que cet homme est d’une constance dans son parcours de vie, quelle ligne professionnelle inébranlable :« En fait, je ne sais pas ! »… Donc, vous n’étiez pas au courant de cette escroquerie organisée ?… « Je ne sais pas »…oui, mais alors Fortis, Dexia ?… « Je ne sais pas »… non, mais, les transferts d’armes du FN vers la Libye, les exactions au Congo, la Syrie ?…« Ah, je ne sais pas »… mais quel est votre rôle précisément au sein de l’appareil de l’État ?… « Oh, je ne sais pas »… comment vous appelez-vous ?« Écoutez, je vous dis que je ne sais pas, je ne sais pas ! »… voilà. Une info comme celle-là, j’en redemande. Ah, pour conclure, on me signale qu’on vient d’identifier le nom du soldat inconnu ! Encore un coup des faussaires du palais, ça !

La grâce royale

(03/12/13)

Sire, vous êtes ma dernière chance. J’implore auprès de votre magnanimité légendaire une grâce, que j’attends royale, à l’égard d’un fait de vie totalement indépendant de ma volonté de nuire à qui que ce fût. Je me permets de vous interpeller car j’ai reçu dernièrement un courrier, l’estampillé BR.95.C3.645297/2013 émanant du centre régional de traitement de la police fédérale. Bien sûr, à la lecture de cet énoncé, je ne m’attendais pas à recevoir un bon d’achat chez Krëfel. Il s’avère, je tombe des nouilles, qu’à la date du 14 novembre dernier à 23h37, j’aurais commis une légère… sévère… infraction de roulage, enregistrée par l’agent Geert Verhulst (que je ne connais pas, je connais l’agent Verhaegen, mais j’ai la faiblesse de croire que l’humour du sieur Verhulst ne doit pas être au diapason des diatribes fiefeloufiennes de l’autre). Cet agent, Geert Verhulst,dont on est tout de même en droit de se demander ce qu’il foutait là, tapi dans la nuit noire en plein mois de novembre, a cru bon de me photographier au volant de mon véhicule. Pourquoi ? Peut-être m’avait-il reconnu ? Si tel était le cas, il est très fort, je roulais à 186km/h dans un virage serré au sortir d’une zone 30, et je m’apprêtais à passer en sixième pour accélérer à la sortie du virage susdit, comme mon moniteur d’auto-école de l’époque me l’avait valablement conseillé, afin d’éviter de traîner inconsidérément dans ce genre de sinuosité périlleuse, car, derrière, on sait comment les gens roulent !… Sire, je puis vous l’assurer, la photo est complètement ratée. On ne distingue que la plaque à l’arrière de mon véhicule. L’appareil photographique, je vous en informe, c’est un Trafic-Observer LMS-06. Sire, n’achetez jamais ça. Le cadrage n’est pas retouché, les couleurs sont ternes, le grain pelliculaire est grumeleux, sincèrement, je ne suis pas photographe, mais avec mon GSM, je vous envoie une photo de l’arrière de ma voiture en bien meilleure qualité. L’agent Geert Verhulst, opiniâtre, il doit m’apprécier, m’envoie une demande d’autographe, sous la forme d’un formulaire recto-verso, formulaire où l’on se rend compte qu’il sait qui je suis puisque mon nom est indiqué en haut à gauche. Vous l’avouerez, c’est toujours flatteur de se faire reconnaître, et je sais que votre demi-sœur Delphine attend ce moment avec impatience. Geert, oui, je l’appelle par son prénom, nous sommes proches à présent, a estimé à ce moment-là ma vitesse à 186 km/h. Après m’avoir avoué qu’il s’était trompé, il l’avait estimée à 195 km/h, mais il s’est corrigé juste en dessous. Je tiens à le remercier pour son honnêteté. D’après lui, « les conditions météorologiques étaient indéterminées », j’aimerais apporter un élément qui, je l’espère, vous permettra d’apprécier mon honnêteté, les conditions n’étaient pas du tout indéterminées : il pleuvait comme cent mille Manneken qui pissent. Ah, je m’en souviens très bien, j’étais tellement pété en sortant de la fête à Robert que j’ai glissé dans plusieurs flaques d’eau avant de ramper vers mon véhicule et de m’y introduire par la porte arrière où je m’étais d’ailleurs fait la réflexion que le volant était vraiment loin du siège, mais passons… oui, donc, j’étais un peu pompette, et c’est bien pour cela que je fais doublement attention lorsque je prends le volant, je connais les risques, un jour Marie-Martine Schyns m’a ramené après un congrès du cdH. Geert me réclame à présent une considérable somme d’argent et me demande, un peu hâbleur, si j’accepte le montant proposé de la perception immédiate. Étant donné qu’il y a quatre chiffres à ce montant, aucune virgule, et que le premier nombre est un neuf, j’ai répondu qu’une perception très lente n’était pas envisageable non plus. À la question :« Reconnaissez-vous l’infraction ? », Sire, j’étais en train de téléphoner à l’aide de mon GSM pour prendre rendez-vous pour un entretien, puisque je ne suis plus en ordre de contrôle technique depuis trois ans, c’est pour vous dire mon implication et ma rigueur en ce qui concerne la sécurité routière ! Sire, je n’ai jamais critiqué la famille royale. Ou en tout cas pas dernièrement. J’ai toujours fait montre d’un respect loyal envers votre frère, par exemple, que je n’ai pas dénoncé sur le formulaire précité alors qu’il m’avait dépassé dans la ligne droite juste avant ma manœuvre, en me montrant son majeur. Je ne suis pas une balance, je n’ai rien dit. Donc, vous avouerez que, de un, l’on ne peut que louer mon honnêteté et ma bonne foi dans cette affaire, et que, de deux, ce Geert Verhulst me paraît outrageusement procédurier. Dès lors, Sire, j’implore, de votre part, votre grâce.

Votre sujet le plus verbal, malheureusement sans grand attribut,

Jérôme de Warzée

PS : Vous serez urbain de transmettre ce dossier auprès de madame Viviane Turtleboom, en même temps que mes excuses d’avoir comparé sa coiffure à un caniche électrocuté. Sire, vous avez ma parole que cela ne se reproduira plus, j’ai retenu la leçon. Dorénavant chaque matin, en partant au boulot, j’échangerai ma plaque d’immatriculation arrière avec celle de mon voisin.

L’interview d’Albert II

(10/06/14)

L’interview du roi Albert II par Pascal Vrebos, hier soir, sur RTL-TVI, était sans doute la dernière chance pour la chaîne privée de réaliser une bonne audience avant le retour de L’amour est dans le pré. On en attendait beaucoup, de cette interview. Trop. Pourtant, Albert II s’est laissé aller à quelques révélations sensationnelles, inédites, je dirais même truculentes, sur ses vingt années de règne. Par exem­ple celle-ci : la haie de buis joliment bouturée derrière les érables bordant le parc Royal, vous voyez, juste après le petit ponton qui borde les parterres de glycine blanche, eh bien, cette haie de buis, tenez-vous bien, a été imaginée en son temps par l’architecte Jacques Wirtz. Et on le sait peu, ça. Jacques Wirtz est, je ne vous apprends rien, la référence de l’architecture paysagère actuelle. Comme vous, je le suppose, j’ai toujours admiré cet homme. Je l’ai toujours adulé parce qu’il était un artiste botaniste libéré de tout préjugé stylistique et surtout qu’il a su imposer une souplesse salvatrice dans les lignes de l’art topiaire. Scotché et abasourdi par cette première information, Albert II nous retourne encore : sa grand-mère (la sienne, pas celle de Jacques Wirtz, suivez !), lui lisait des contes allemands dont le héros était un bourdon à qui il manquait une patte. Étonnant, non ? (J’ai toujours rêvé d’écrire un jour dans un des ouvrages ce petit mot :« Étonnant, non ? », seuls les vrais disciples du plus grand humeuriste de tous les temps sauront capter la référence.) L’on apprend aussi, mais quelle manne, « que l’on se sent parfois un peu à l’étroit dans les jardins du Belvédère ». Et on n’y pense pas assez, à ça. Vous organisez une petite garden-party au Belvédère, il est exclu d’y inviter plus de deux mille cinq cents personnes, c’est l’exiguïté, c’est l’étroitesse, c’est la pauvreté du lieu. Quel est ce pays où un souverain aimé de tous se voit contraint d’effectuer ses promenades quotidiennes dans un cagibi boisé ? Et ce n’est pas tout, Albert II,pardonnez-moi l’expression, se lâche comme dans les années soixante:« Il y a énormément de lapins dans les domaines royaux . » Bon, ça, on le savait, d’ailleurs, on en rémunère pas mal, il a même ajouté que de vieilles oies y faisaient un potin insupportable, itou, on le savait, mais Albert II sait ménager ses effets de manche. Alors que nous étions déjà sous le coup d’une inextinguible tétanie après tous ces fracassants aveux, Albert II garde le plus décoiffant pour la fin, et je sais de quoi je parle. Je vous demande de prendre un peu de respiration avant de lire ce qui suit, je le cite :« Moi, ce que je préfère, c’est le poulet à la compote. » Prenez le temps de souffler. Et imaginez les plus grands historiens spécialistes de la monarchie belge, Francis Balace en tête, imaginez les aficionados les plus férus des royautés séculaires, ou Stéphane Bern, que sais-je, tant qu’à trouver des liens serrés entre des glands de ce monde et des lécheurs de sceptre, parlons de Stéphane Bern, bref, pour eux, apprendre qu’Albert II aime par-dessus tout le poulet à la compote, c’est l’aboutissement d’une vie de dévotion, et l’assurance de la publication de plusieurs ouvrages. Mais attardons-nous sur le travail journalistique de Pascal Vrebos, impeccable, d’une pugnacité inquisitoriale :« Sire, la question que tout le monde attend concerne votre fille, Delphine, mais comme l’affaire est en instruction, je ne vous la poserai pas. »… Machiavel réincarné. Il sait qu’Albert II doit réagir, mais point d’obligation, le silence qui s’ensuit est digne des plus grandes envolées d’Étienne Daho. Sept minutes quarante de silence, face caméra, d’une beauté, mais d’une beauté, même les frères Dardenne ne l’osent pas, ça, sept minutes quarante de plan fixe face caméra. Ou alors, en arrière-plan, on devine un chômeur se jeter dans un haut-fourneau, mais sinon… Pascal Vrebos était-il le meilleur choix ? Cela s’est joué entre Cyril Hanouna et lui, paraît-il… parce que vous, Benjamin Maréchal, pardon. Non mais vous, après trois questions posées, on aurait dû ranimer Paola dans l’ambulance avec des sels d’Italie, et vous auriez dû vous enfuir par la fenêtre, Albert vous coursant armé d’un tromblon chargé à la chevrotine… ah, mais je vous entends d’ici : Paola, c’est un secret de polichinelle, vous êtes la maîtresse d’Adamodepuis 1963 ! Est-ce pour vous qu’il a écrit :Tes seins sur mes hanches ?… On vous connaît, républicain, séditieux, Julien Lahaut ! C’est RTL qu’il faut blâmer, leur « teaser » était pourtant alléchant, mais RTL-TVI, c’est un peu comme le programme politique des vainqueurs des élections, on nous agite une belle bouteille de champagne sous le pif pendant six mois et dès qu’on débouchonne, à l’intérieur, c’est du Minute Maid pomme. Un anachronisme tout de même, Albert II nous apprend que lors du décès de son frère Baudouin, on avait dépêché l’amiral Pauwels pour lui annoncer la nouvelle car c’était le plus diplomate. S’appeler Pauwels et être diplomate…

Maître ADN

(24/09/14)

Maître ADN, alias André-Denis Nuyttendaele, bâtonnier au barreau

« Après avoir acté un vice de forme, voire une forme de vice, dans la procédure concernant mon client Albert II, en effet, rappelons qu’il lui avait été reproché de ne pas vouloir reconnaître l’enfant de cette hôtesse de l’air togolaise lutinée lors d’un vol Genève-Lomé, le 13 décembre 2003, avant de se rendre compte que l’on parlait ici du prince Albert de Monaco, moi, maître André-Denis Nuyttendaele (ADN pour les intimes) soumets à votre jument, jugement, pardon, la défense de mon client. Je reprécise à nouveau qu’il s’agit bien du sieur Albert II dont nous parlons ici, pas d’Albert I, qui, certes, partageait le même goût que son ascendance pour une certaine forme d’escalade, que voulez-vous, à tout âge, un roi belge a toujours voulu marcher sur les dames. Mon client refuse le test ADN demandé par l’accusation et le revendique avec force : il n’est pas le père Boëlogique de la dénommée Delphine, fille cachée des amours unanimes d’un couple de l’ombre, dont on a peu parlé, Séraphin Boël, et Fernande Milquet. Oui, monsieur le juge, Delphine, de par sa capacité à toujours emmerder le monde est bien une Boël-Milquet de souche. Et je le prouve : Charles Aznavourtrès proche du couple dans les années soixante, leur avait dédié une de ses fameuses chansons dont la mélopée sirupeuse est à jamais ancrée dans nos tympans graciles :« La Boëlle »… et en ce temps-là, ça ne voulait déjà plus rien dire du tout. Bien sûr, je ne vais pas réécrire l’histoire, tel monsieur Benjamin Maréchal tous les jours entre 9 et 11h sur une chaîne publique, j’argumenterai avec les faits de manche que n’a pas manqué d’agiter l’accusation. J’en conviens, non, ça n’est sans doute pas le père Boël qui est descendu par la cheminée dans l’affaire qui nous occupe. Oui, c’est exact, Delphine ne peut avoir deux pères. Hormis si elle est clientechez l’opticien Afflelou en période de promotion, où – mais vous arguerez que si l’on rajoute une monture de plus à cette affaire –, bien des obstacles juridiques resteraient à chevaucher. Mon client, Albert II, ne se soustraira pas à la loi. J’entends qu’il n’est plus protégé par un totem d’immunité, comme tant de parlementaires coupables. Il réussira haut la main baladeuse l’épreuve du poteau, célèbre épreuve qui a mis fin à l’aventure de bien des têtes cou­ronnées qui s’y sont cassé les dents, je citerai, au hasard, Lady Di. Je conclurai en attestant que mon client est prêt à participer à la nouvelle émission de télé-réalité d’RTL-TVI,Koh-Laeken. Rappelons le principe : des naufragés royaux doivent survivre dans la jungle des serres de Laeken sans dotation. Une antenne médicale sera dépêchée sur place, Laurent ayant l’avantage de pouvoir parler aux plantes carnivores. Voilà, monsieur le juge, tout ce qui s’est dit lors de ce huis clos. Et j’ajouterai que si certains huis avaient été clos plus tôt, jamais, vous n’auriez eu à subir ma présence ce matin, parce que je vous le demande, va-t-on obliger toute la population belge à se soumettre à un test ADN ? Pour découvrir quoi ? Que Vivacité est la fille cachée d’RTL, allons, ça c’est vous qui le dites, monsieur Maréchal ! »

Les cinq cents jours de Philippe

(04/12/14)

Le roi Philippe fête ( ?) aujourd’hui, ses cinq cents jours de règne ( ?). Et qui mieux que la maison mère, de verre, les agenouillés Quevrinesques ou Bergeyckiens pour suivre pas à pas une journée ordinaire ( ?) de notre souverain ( ?), et j’arrête les parenthèses flanquées d’énigmatiques ( ?) points d’interrogation. Non, point d’interrogation, la journée du roi Philippe est une journée commune. 7h30, un œil s’entrouvre, 7h40, hygiène dentaire royale, Adam, le grand chambellan, se fait admonester comme tous les matins par son Sire :« Mais par tous les bibis emplumés de Mathilde, où as-tu encore été fourrer ma brosse, Adam ?!?! » 8h, sport. 8h02, petit-déjeuner, exempt du moindre légume, Paola l’ayant suffisamment répété :« Attention, on devient ce qu’on mange ! » Trop tard. 10h, le deuxième œil s’entrouvre. 10h01, réunions diverses, les deux yeux se referment. 13h, déshibernation locale par ingestion intraveineuse du lunch. 13h30, sieste, mais royale, hein. 16h, réenclenchement du processus de réviviscence. Mathilde est présente. Certes, elle dit de lui qu’il est une pile électrique mais l’entourage le sait, lui, qu’on est souvent en période de black-out. 17h, le roi consulte, prend note, s’enquiert du nombre de nécessiteux qu’il régit, s’ébahit devant le chiffre croissant des centenaires foisonnant sur son royaume, centenaires, qui, pour l’occasion, reçoivent tous chez eux un portrait des souverains, ce qui contribue à en achever certains du côté de la Flandre orientale, notamment. 19h, dîner protocolaire, Philippe estdigne et c’est le roi. Et il est différent de son père, les gens le ressentent, et pas seulement parce que lui, Philippe, a fait tous ses enfants avec la même femme. Oh là là, on peut plaisanter, non ? C’est bientôt Boël ! Le soir, la bouche pétille, le roi Philippe badine, à chaque bon mot, tout le monde se marre de peur d’être virés. Mon rêve absolu. Philippe serre des mains, acquiesce, tergiverse, sourit, s’éclipse avec Charles Michel pour discuter de l’avenir du pays ! La porte doit rester fermée, nous dit-on. Question de sécurité. Et c’est vrai qu’en laissant la porte ouverte, la voiture téléguidée risquerait de quitter la pièce, des fléchettes pourraient toucher quel­qu’un ! 22h, la reine Mathilde, la seule logopède à avoir gagné au Win for Life, plus énergique, plus investie, Wonderwoman chez les Bisounours, la reine Mathilde, qui, d’une oreille attentive suit des cours de musicologie en vue du concours reine Élisabeth ! Des cours de musicologie, Majesté, la population attend de vous que vous soyez au diapason de ses préoccupations les plus principales, dès lors, suivez donc des cours de footballologie, ou de Carapilsologie, voilà ce qui tient votre peuple debout, Majesté, mais la musicologie !Mozart, Beethoven !?!? Mais, enfin, Majesté, qui s’intéresse encore à la peinture ?!?!... Mathilde berce Philippe en lui comptant les moutons, bref, en lui énumérant sa population. Voici la vie du roi, intense, parfois, un chamboulement imprévu vient perturber l’ensemble et il faut y faire face. Alors que l’on visite les serres de Laeken, l’on découvre une étrange graminée, hors de son pot, incroyablement échevelée, d’où s’échappent quelques borborygmes septentrionaux,fausse alerte, c’est Fabiola qui enterre des cassettes d’argent dans le jardin d’hiver. Une journée normale, pour une famille normale, cernée par quarante-sept chefs de protocole courbés comme des ministres MR devant Bart De Wever. Encore merci à RTL-TVI pour la flamboyance de ce reportage. Après les cinq cents jours du roi Philippe, nous nous impatientons de découvrir l’émission spéciale consacrée au prince Laurent pour l’anniversaire des cinquante mille jours où il n’a rien foutu.

Le roi en thalasso

(02/12/15)

Mes chers compatriotes… la reine et moi sommes en émoi, et moi… où suis-je ? Dans l’émoi ? Tiens, je croyais que j’étais dans le Lubéron ?... Pardon, j’ai le prompteur dans la main, c’est difficile… la reine et moi avons été très touchés par les commentaires de certains d’entre vous après la divulgation d’une photo de la reine et moi en thalasso alors que les troupes sont à l’assaut. Des photos de la reine et moi sont parues dans la presse, sur l’une, je sirotais un jus de betterave, c’est très bon, et je participe à l’exportation de ces saloperies hors de Flandre, sur l’autre, je lisais un livre pour me placer dans de bonnes dispositions, Massages au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Saline, oui, on sait rire quand on est chef des armées. Nous mettrons tout en œuvre, la reine et moi, pour découvrir qui est à l’origine de cette fuite. À ce sujet, nous attendons les alibis de mesdames Milquet et Galant, qui, niveau fuites, ne sont jamais les dernières à fermer les fenêtres de la maison alors qu’il n’y a pas encore de toit dessus. D’après nos services de renseignements, que je voudrais féliciter pour leur travail… je plaisantais… tout le monde est d’accord pour dire qu’en Belgique, en matière de renseignements, il vaut mieux téléphoner au 1307 que de s’adresser à la sûreté de l’État. D’après nos services de renseignements, c’est un canard qui a éventé l’affaire. Une piste est donc privilégiée, c’est un coup de Laurent. Un homme qui communique avec des poulpes est tout à fait capable d’endoctriner des palmipèdes. Ne riez pas, monsieur Jeanmotte, vous, vous tentez d’endoctriner des palmipédés, ça n’est guère plus reluisant ! Le prince Laurent dément avec la plus grande fermeté sa possible implication dans cette affaire incriminant la reine et moi. J’ai eu Laurent au téléphone, je lui ai dit :« Tu sais, papa m’a dit, enfin, mon père à moi m’a dit : si tu as trempé dans cette histoire de thalasso, tu seras privé de cadeaux de Boël »… ce qui serait un drame pour Laurent qui vit des fins de mois de plus en plus difficiles, surtout, comme le disait Coluche, les trente derniers jours. Mes chers compatriotes, nous nous sommes bien rendus, la reine et moi, en Bretagne la semaine dernière car il est de tradition familiale de s’éloigner du danger en cas de conflit grave… hormis bien sûr, pour mon arrière-grand-père, Albert I, qui, lui aussi, n’hésitait pas à prendre des bains de boue lorsque le royaume était menacé pour trancher dans le vif de l’ennemi, je vous vois sourire, oui, décidément, mon arrière-grand-père Albert I savait ce qu’était une bonne chute. Nous voulions nous reposer, la reine et moi, en Bretagne, car c’est une région qui ressemble en tous points à notre bonne mère patrie, la Belgique. En effet, il pleut tout le temps, les Bretons n’arrêtent pas de se crêper le chignon, nous, le chicon, et surtout, leur grande spécialité, c’est qu’ils produisent beaucoup d’andouilles royales. Bien sûr, en tant que chef des armées, je me suis tenu informé en permanence de la situation tendue à laquelle vous étiez tous confrontés, car, la reine et moi, suivons l’actualité minute par minute, avec intérêt et rigueurafin de répondre aux défis que nous devons relever, la reine et moi, et, à ce sujet, je ne puis que regretter que notre Premier ministre, monsieur Wilfried Martens, ne daigne plus me répondre au téléphone depuis quelque temps. Pour con­clure au creux de cette actualité morose, je voudrais profiter de cette tribune pour apporter une nouvelle fois tout mon soutien aux victimes du drame du Heysel, merci et bonne fête nationale…

Les voyages royaux

(08/11/17)

Philippe en Inde, il est en pays de connaissance, tous les mendiants n’arrêtent pas de lui dire :« Roupie ! Roupie ! »…

Bonjour, Sayonarallemaal en alle femelle ! Première visite d’un couple royal belge au Japon depuis une éternité. Ou quand le « Pays du Soleil Levant » reçoit le « Pays de la Drache Pleuvant ». Plusieurs villes belges sont jumelées avec des villes japonaises : Charleroi et Himeji, Waterloo etNagakute, et, bientôt… « Tihange et Fukushima dans un déluge de feu et de sang qui emportera tout sur son passage, air, terre, mer, les continents et les villes, et seront réduites en cendres la Terre et ses satellites !... »