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C'est le 1er septembre 2010, le jour même de ses 40 ans, que Jérôme de Warzée distille sa première chronique sur les ondes de Vivacité. Chaque matin, il brocarde tour à tour ces "froucheleurs" de politiciens, ces "barakis" de supporters et ces "Ménapiens extrémiss", tentant l'équilibre entre écriture polysémique et vitriolée mais toujours au second degré, sarcasmes, jeux de mots et vérités (?). Cet ouvrage renferme quelques-uns de ses textes, savamment ordonnancés dans un brol absurde que Magritte lui-même aurait légendé: "Ceci n'est pas un livre".
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Seitenzahl: 229
Veröffentlichungsjahr: 2017
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les cactus
dejérômedewarzée
Couverture hommage à Gaston Lagaffe de Franquin par Mehdisur une idée de Jérôme de Warzée qui en avait parlé avec sa maman qui trouvait que ça serait bien aussi.
Éditions Luc Pire [Renaissance SA]
Avenue du Château Jaco, 1 – 1410 Waterloo
Éditions Luc Pire
www.editionslucpire.be
Les Cactus
de Jérôme de Warzée
Couverture : Mehdi
Dessins : Mehdi
Corrections : Catherine Meeùs
ISBN : 978-2-875-42154-8
© Éditions Luc Pire, 2017
Tous droits réservés. Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit, introduit dans une banque de données ni publié sous quelque forme que ce soit, soit électronique, soit mécanique ou de toute autre manière, sans l’accord écrit et préalable de l’éditeur.
les cactus
de jérôme de warzée
Prélude
Cet opuscule regroupe quelques-unes des 1334 chroniques écrites entre le 1er septembre 2010 et le 30 juin 2017 pour l’émission Le 8/9, sur les ondes de Vivacité, présentée par Benjamin Maréchal. La sélection desdites chroniques fut, finalement, chose très aisée : un virus informatique me priva naturellement des textes des deux premières saisons. Une lecture rapide des textes de la troisième me poussa à penser que, décidément, la saison 2012-2013 était déjà bien éloignée des préoccupations de l’actualité qui nous emporte, et que, de surcroît, elle ne me fut guère profitable en termes d’inspiration. Il me restait dès lors à choisir entre les 760 textes restants des quatre saisons s’étalonnant de septembre 2013 à juin 2017. Mon éditeur me convainquit d’écarter toutes les chroniques où je faisais intervenir mes trois camarades de jeu favoris : Fabian Le Castel, Kody et Martin Charlier, alias « Kiki l’Innocent », la restitution de nos dialogues « parlés » étant sans doute moins audible à l’œil (voire même moins visuelle aux oreilles). L’étau se resserrait donc. Un nouvel écrémage s’imposa d’emblée, certains textes étant médiocres, à côté, sans relief, redondants, trop pointus, anecdotiques, bien tentés mais loupés, pas assez littéraires, bref, j’en étais à me demander si j’allais pouvoir finalement l’honorer, cette commande. Je rassemblai alors les chroniques qui me paraissaient être les plus à même de res(t)ituer l’esprit du Cactus sur papier en les regroupant par thèmes. Vous comprendrez vite que je ne me suis pas foulé au niveau des thèmes sélectionnés, celui d’« inclassable » étant déjà une escroquerie en soi. Tout dans la vie étant affaire de choix, j’ai sans doute jeté aux oubliettes quelques petits bijoux méconnus qui vous auraient enchantés, et sans doute offré-je à vos yeux écarquillés d’autres bluettes plus anodines, mais que voulez-vous, je suis un peu comme votre femme, Messieurs, ou votre mari, Mesdames : pourquoi critiqueriez-vous les choix de votre conjoint tant aimé puisque vous en êtes un ? Répondre à la question « Mais pourquoi écrivez-vous tant de chroniques, et ce, depuis des années ? » en invoquant la manne financière qu’elles me procurent ne serait pas chevaleresque, dès lors, je paraphraserai Woody Allen à qui l’on demandait pourquoi il n’arrêtait jamais de tourner des films : « Je tourne beaucoup de films, comme ça, je suis sûr que, statistiquement, il y aura au moins un ou deux chefs-d’œuvre dans le tas. »
JdW
L’enseignement
L’enseignement sous Joëlle Milquet…
(23/04/2015)
Quand nous nous délections des frasques de Madame la Ministre en matière de décret, de fuites aux examens, de retards équivoques et de pactes impactés surimpactants.
Bonjour, goiendag allemaal en alle, Joëlle… Le sujet du jour : les dégâts collatéraux liés encore et toujours au décret inscription. Ce fameux décret qui a déjà été autant révisé que la voiture de ma grand-mère (oui, elle démarre encore à la manivelle, figurez-vous… Pas ma grand-mère, sa voiture), bref, le décret inscription, ce fameux décret, cher petit élève, qui a été voté par des Monsieurs et des Madames qui ont décidé de t’interdire d’aller dans l’école de ton choix, ce qui ne t’empêchera heureusement pas de te voir, toi, un jour, récompensé d’un beau diplôme qu’eux n’ont pas été capables de décrocher. Joëlle Milquet a annoncé l’accessibilité à un site Internet permettant de connaître le nombre de places disponibles dans chaque école de la fédération Wallonie-Bruxelles. Oui, car jadis, lorsque nous avions 6 ans, nous prenions notre cartable et nous nous rendions à l’école de notre quartier. Maintenant, dès 3 ans, tu dois remplir des formulaires assermentés via des clés réseau sur des accès Internet à côté desquels celui de la NSA est facilement piratable. Je vous donne l’adresse IP, chers auditeurs, elle est heureusement assez simple à retenir par le truchement de quelques mnémoniques basiques : www.ecolesmaternellesetprimairesenfederation walloniebruxellesjaimelecdhmercicestgraceajoelle.be… et tout cela en un mot, et sans accent, sauf si vous êtes néerlandophone, bien fait pour vous. Alors, vous me connaissez, je voulais avoir tous les apaisements concernant ma fille qui n’a pas encore d’école. Il faut dire qu’elle n’est ni handicapée, ni placée par un juge de la jeunesse, ni cousine avec un directeur d’école : vous l’avouerez, cette petite idiote ne nous aide pas ! J’ai testé l’outil, mardi soir, vers 22h30, j’ai donc introduit dans les cases idoines toutes les données relatives à son indice composite et l’on m’a signalé qu’il n’y avait pas d’école disponible dans un rayon de 82597 litres. Ça fonctionne bien, dites donc. J’ai ensuite encodé ses choix d’école par ordre décroissant et il m’a été directement répondu qu’il n’y avait plus de place dans les universités de San Salvador avant 1723. Merci, c’est noté. Après, il y a eu un grand « pouf » et on a vu, traversant l’écran, un avatar de Joëlle Milquet qui dévorait la page de garde. Et alors, les tracasseries inhérentes à chaque établissement, pour les écoles de Molenbeek ! Il ne faut pas avoir fait de prison avant l’âge de 7 ans ! Pour le Collège Saint-Michel, on doit s’inscrire obligatoirement par groupe de six ! Bref, simplification, simplification, il faudrait s’entendre ! J’ajouterai qu’il est tout de même insensé qu’en Belgique, rien que pour comprendre comment choisir son type d’enseignement primaire, il faut avoir fait l’unif. J’adresse un vibrant appel à la station de radio qui m’emploie : au lieu de distribuer à tout vent contraire des places de concert pour des artistes que personne ne va voir, offrez deux places pour un établissement secondaire de votre choix ! Ah ! Une dépêche ! Je voudrais annoncer une excellente nouvelle au petit Théo, qui habite Saint-Gilles, en agglomération bruxelloise, et qui était sans école jusqu’à aujourd’hui. Théo, une solution a été trouvée, tu as une place à Fontaine-l’Évêque ! C’est dans le Hainaut. Et pour te permettre de dormir tes huit heures par nuit, le directeur a accepté que tu arrives à 11h tous les jours ! Bravo, Théo ! Et, tadam tadam, une fourche spéciale t’est octroyée le mardi entre 14h et 15h30 pour te permettre de rallier Juprelle où te sera distillée ton option grec-économie ! Voilà, Théo. Pardon, Théo ? C’est où, Juprelle ? C’est loin. Ça, Fontaine-l’Évêque-Juprelle, quand on habite Saint-Gilles, il faut être motivé pour grec-éco, je ne te le cache pas. D’ailleurs, maintenant que j’y reviens, il doit d’ailleurs y avoir une erreur, parce qu’une option grec-économie, c’est antinomique, c’est comme une option néerlandais-langues modernes, ça ne se met pas.
Quand les questions du cours d’histoire fuitent sur les réseaux sociaux
(16/06/2015)
Bonjour, goiendag allemaalaise en alle bordel, cette épreuve d’histoire ayant fuité compte quatre compétences et est commune à tous les élèves de rhéto. Mais seule la compétence « 3 (synthétiser) » est mise en cause, les trois autres n’ont pas été annulées. Joëlle Milquet est sur la sellette puisqu’il est acquis que les fuites viennent de son cabinet. Une constatation prévaut : nous sommes bien plus malins que les Flamands de la KUL. Chez eux, les profs perdent les réponses, chez nous, les gamins piquent les questions ! Bravo, les gamins ! Joëlle Milquet est fragilisée, une autre affaire de ce type pourrait la pousser à la démission… Une seconde fuite lui serait fatale… Sans aucun doute… Et c’est pourquoi j’annonce, ici et maintenant, la divulgation de toutes les questions de l’épreuve de français du CE1D communes aux élèves de deuxième secondaire, qui a lieu dans quelques minutes ! Épreuve de français du mois de juin, compétence 1, phrase argumentative ! Cette année, c’est la littérature belge qui est à l’honneur – de rien : « Tu sais, d’ousqu’on a dit que j’aurais signé à Schalke, c’est sûr que c’est que des conneries et que si ils y croivent, y en a qui voyent pas plus loin que le bout de leur tich. » M. Wilmots, extrait de Tactique et zique zique zac, aux éditions Hors-Cadre. Voilà, les enfants, vous avez nonante minutes. Sans les arrêts de jeu. Analyse de la phrase, extrapolation cognitive, sémantisation hyperbolique et circonstancielle de lieu non adverbale, bonne chance à tous, ceci pour le socle de compétence 1. Socle 2. Analyse graduée post-sémantique ! Plus sélectif, il s’agit de corriger un texte truffé de fautes, empli de coquilles diverses et boursouflé de désorganisations syntaxiques et d’incohérences grammaticales. Le texte à retoucher est disponible sur le site Sudpresse.be. Vous choisissez un article, un peu au hasard. Attention à vos yeux, on signale plusieurs énucléations déjà dans les classes. Socle 3. Un socle de compétence, via un compendium par l’audition inductive de restitution transcriptive sublittérale. Je vulgarise pour les auditeurs de NRJ qui se sont trompés de chaîne ce matin : « Toi écouter Monsieur sur cassette et toi écrire. » Un texte clamé, cette année, par un linguiste de renom : Philippe Busquin. L’on espère que douze auditions suffiront. Socle 4. C’est le socle qui cumulera votre réflexion grâce à une épreuve de calcul, c’est révolutionnaire, c’est neuf. Question : à combien estimez-vous le retard de la ministre Milquet après la lecture du livre En attendant Joëlle de Samuel Lutgen Beckett ? Voilà. Et avant de vous quitter, la maison ne recule décidément devant aucun sacrifice, je suis en mesure de vous communiquer toutes les questions et les réponses du futur cours – de rien – instigué par la ministre ! Mais bien sûr ! Tout est prêt, ses questions et ses réponses ont été avalisées par le bureau d’étude pour la rentrée, elles portent donc sur la matière de la première année du cours – de rien… les voici… et – de rien.
Le lendemain, les fuites se multiplient
(17/06/2015)
Et soudain, le ministère de l’Éducation découvrit Facebook. Suite à de nouvelles fuites, les examens de natation prévus ce jeudi sont annulés. Les élèves n’ayant pas eu la moyenne cette année peuvent considérer qu’ils sont coulés et le Cdh (le Certificat des Haut-Fonds) ne pourra être délivré puisqu’il n’y aura pas de repêchage. Les examens pour devenir policier sont également annulés, puisque tous les dessins à colorier se sont retrouvés sur le Net. Quant au principal parti incriminé, le Cdh, décidément, il demandera officiellement aujourd’hui une minute de silence en mémoire du génocide académicien. Joëlle Milquet, parlons-en, d’abord parce qu’elle adore ça et ensuite parce qu’elle le cherche, a lancé une foire aux questions sur le site Enseignement.be. Une foire… Pfft… Ils devraient faire attention aux termes utilisés en ces moments de grande confusion. Je pioche au hasard : « D’autres examens vont-ils être annulés ? », « L’armée va-t-elle descendre dans la rue ? », « L’école est-elle encore obligatoire au-delà de la majorité sexuelle ? », « À l’analyse de la situation, il est indéniable que c’est un gigantesque bordel, sachant cela, et vu son expérience en la matière, Dodo la Saumure ne devrait-il pas être nommé ministre de l’Éducation ? » Ce sont des questions que tout le monde se pose. Mais à la question « À quelle heure Madame la Ministre compte-t-elle arriver pour nous donner des réponses ? », le bug… J’en repioche : « Où peut-on trouver les réponses aux examens de mathématiques ? Signé : la famille Galant. » Le gouvernement italien a adressé une missive officielle, je relaie : « Notre fameux capitaine Francesco Schettino peut-il aider à redresser la barre de l’enseignement francophone suite à sa grande expérience des naufrages ? » Oui, bien sûr, pourquoi pas, finalement, dans cette affaire, il y a plus de fuites que sur le Costa Concordia et le Titanic réunis. Ah, une question de Delphine B. qui désirerait savoir si personne n’aurait vu un test ADN traînant quelque part. Quant aux enfants, ils posent aussi des questions. Bastien, 8 ans : « Bonjour, est-ce que Joëlle Milka, elle est en chocolat ? » Non, Sébastien, non, tu la vois fondre du visage, mais ce n’est pas du chocolat. Bref, tout s’enchaîne pour la malheureuse ministre, les perquisitions, les annulations et, pour couronner le tout, Joëlle Milquet a reçu le soutien de Rudy Demotte : « Il faut sortir Joëlle du feu. » Ah, vraiment, quand le sort s’acharne…
Quelques mois plus tard, Madame la Ministre est toujours en place
(01/09/2015)
Ce mardi, Joëlle Milquet effectue sa rentrée scolaire en tant que ministre de l’Enseignement et quelques nouveautés sont programmées, comme celle, attendue, de rendre obligatoires les règles d’accueil minimal pour les jeunes enseignants. De fait, lorsqu’ils débarquent pour prendre leurs fonctions dans un nouvel établissement, les bleus sont déboussolés, livrés à eux-mêmes dans la jungle inextricable de l’administration à outrance et des jets de tournevis dans la gueule. Dès lors, il sera impérieux de les accueillir de cette façon : « Bonjour, et bienvenue, laissez-moi vous présenter l’équipe ! » en lieu et place de : « Ah, c’est toi le nouveau ? Allez, courage, la Toussaint, c’est dans huit semaines ! » De même, l’on tentera de mettre le novice en confiance en lui disant : « Bravo, licencié en éducation physique, quelles belles études optimalisant les potentialités motrices de l’homme et de sa santé ! » en lieu et place de : « Ouille, ouille, ouille, eh, Bertrand, t’as vu ? Encore un connard qui a fait gym ! » Les élèves ne devront pas être en reste. Eux aussi veilleront à, je cite, une formulation correcte et analytique de la situation nouvelle proposée aux jeunes enseignants. En s’adressant à leur maîtresse, ils ne pourront plus lancer une sentence du genre : « Hé, Mademoiselle, quand tu veux dans le local de chimie, avec mes potes, viens, on va te fumer ! », mais préconiseront plutôt : « Mademoiselle, je vous conseille malicieusement de faire connaissance avec nos galapiats de sixième, vous découvrirez qu’il existe moult facettes sémantiques au terme “tournante” ». Joëlle Milquet assure également tout mettre en œuvre pour éviter les problèmes liés aux fuites des examens. Diable, nous sommes le 1er septembre et Madame la Ministre parle déjà des examens ! Avouez que cette fois-ci, on ne pourra pas la taxer d’être en retard. Le Cdh, lui, fait coup double dans la lutte pour l’humanisme et contre la désaffection des petites écoles de village, puisque le manque d’élèves sera automatiquement pallié par l’arrivée d’un migrant. Et cela créera du travail supplémentaire. À Verviers, par exemple, tous les cours devront être donnés en syrien. Dernière nouvelle du front de l’enseignement : à Mons, vu la triste fin de carrière d’Elio Di Rupo, on remplacera désormais le bonnet d’âne par le nœud papillon, tandis qu’à Liège, la pression psychologique sera maximale pour les élèves. Un slogan-choc pour contrer l’absentéisme vient d’être amendé : « Attention ! Si tu n’étudies pas bien, tu iras jouer au Standard ! » On attend 150 % des élèves pour la rentrée scolaire.
Tentative de schématisation vulgarisée du Pacte d’excellence
(29/04/2016)
J’ai surfé, hier, sur Pacted’excellence.be. Si vous voulez vous choper une tumeur au cerveau, lisez tout. Rien qu’à la tentative de décryptage du point 9 : « Démarche pluriannuelle qualitative impactant le déploiement d’une culture d’outils d’évaluation », prenez rendez-vous pour un scanner. Le Pacte d’excellence, c’est pareil que certains titres de Sudpresse, tu as envie de te suicider rien qu’à la lecture de l’énoncé. Le Pacte d’excellence est un projet destiné à renforcer la qualité de l’enseignement francophone. En effet, récemment, deux groupes de travail se sont attachés à dresser un état des lieux du système éducatif. Après six mois de réflexion, de travail, de réunions, de consultations, le premier groupe a rendu un rapport qui s’est résumé à cette phrase : « La société d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. » Pour paraphraser Fabrice Luchini : c’est énorme… Le second groupe (oui, pour le premier, c’est tout) a défini les finalités de l’école de demain en partant de ce constat, réaliste : ces quatre-vingts dernières années, on a fait n’importe quoi. Aussi, pour remédier à l’atterrement général, le Pacte propose, par exemple, un réaménagement des horaires scolaires. Les élèves arriveraient plus tôt et partiraient plus tard, et ce, afin de proposer d’autres activités, culturelles, sportives. Vous imaginez le gamin tous les matins à l’école avec son cartable, son sac de sport, un frigo box pour trois repas, des vêtements de rechange… Bref, je vous le demande : comment allons-nous distinguer nos propres enfants des réfugiés ? S’ils nous reconnaissent encore : « Madame, c’est qui le Monsieur qui attend à la grille et qui me fait un signe de la main ? » « Mais, Clémence, c’est ton papa, tu ne le reconnais pas ? » « Oh, je ne sais pas, je ne le vois plus jamais, Madame ! » D’autre part, le redoublement serait proscrit de la première maternelle jusqu’à la troisième candi à l’université ! Si, si ! Ah ? Pardon, ça c’est le prochain projet pour 2022… Excusez-moi, jusqu’à la troisième secondaire, voilà, où là, en fin de cycle, on passerait un grand examen certificatif, les réponses desdits examens étant d’ailleurs disponibles sur certains sites Internet déjà cités et bien connus des élèves, Fuites.be, JoëlleMilquetcommedansunmoulin.com, etc., etc. Certaines périodes de congés seraient déplacées, beaucoup d’élèves se plaignant d’être déjà lessivés au mois de mai. Pas tous, heureusement, certains avouant du bout des lèvres qu’ils n’en ont déjà plus rien à foutre dès le 1er septembre. On rallongerait le congé de Carnaval afin de rattraper celui de Pâques, de façon à compiler huit semaines complètes de cours en juillet-août pour profiter un maximum de la luminosité. Quant au minutage des cours, parlons-en. Actuellement, nous subissons toujours une galantisation des horaires du cursus scolaire. En effet, avec des heures de cinquante minutes, il ne faut pas oublier qu’il y a presque vingt-neuf heures dans une journée, c’est pourquoi l’on ferait passer, ça n’est pas bête, les heures à nonante minutes, ce qui laisse augurer d’un réel casse-tête lors des grilles de rentrée : « Super, je n’ai que six heures de cours aujourd’hui, mais je dois donc passer deux nuits à l’école », et je ne vous raconte pas les internats : « Au revoir, mon petit Benoît, tâche de bien réussir ton CEB en sixième primaire, je te revois à ta majorité ! » Ah, mais c’est sûr que pour pondre un bazar pareil, Joëlle Milquet a dû phosphorer et en bouffer, du dauphin, du poisson, pardon ! Allez, bon week-end à tous, et n’oubliez pas que dimanche, c’est le 1er mai, le temps d’offrir à votre enfant un joli brin de Milquet !
Et puis, MA rencontre avec MMS
(20/06/2016)
Ainsi donc, j’ai rencontré Marie-Martine Schyns ! La nouvelle ministre de l’Enseignement ! Enseignante de son état, ce qui n’est pas ballot finalement, une enseignante à l’enseignement, parce qu’avec Isabelle Durant, on avait déjà eu une infirmière à la mobilité, avec Inge Vervotte une assistante sociale à la fonction publique, et avec Laurette Onkelinx, une avocate à l’égalité des chances ! Ah, ah ! J’adore ce métier ! Une avocate à l’égalité des chances ! Les vannes tombent toutes seules ! À quand Maggie De Block à la Santé ? Non, je déconne ! J’ai donc rencontré Marie-Martine Schyns dans des circonstances un peu troubles : je poireautais devant un établissement de la Communauté française qui concilie le choix parental à la mixité sociale (donc une école turque à zone sensible), et pendant que j’attendais la ministre de l’Enseignement obligatoire, une petite ado, plutôt sympathique, s’est approchée de moi en sifflotant, munie d’un petit cartable sur les épaules. Je l’apostrophe : « Dis donc, ma petite fille, t’es pas en classe à cette heure-ci ? Tu es rentrée trop tard du concert des One Direction ? » Et cette péronnelle me répond tout de go : « Bonjour, Marie-Martine Schyns, ministre de l’Enseignement ». Nous avons discuté, elle a effectué ses classes politiques à Herve et, me dit-elle, « je préside la maison du tourisme du Pays de Herve depuis 2003 ». Je lui dis : « Depuis 2003 ? Mais tu… vous étiez née en 2003 ? » Bref, une certaine complicité s’installe, on sympathise, je lui parle de ma fille de 12 ans qui a dégotté une place dans l’école de son choix parce qu’elle s’est domiciliée chez son arrière-grand-mère qui est décédée en 2001, et on rit, et on rit, et puis on en vient à parler sérieusement, elle me réitère ce qu’elle a déclaré à la presse : « Vous savez, Monsieur de Warzée, je n’ai pas l’ambition d’arriver avec de nouvelles idées. » Oui, là, soyez sans crainte, vos collègues non plus, alors nous devisons : « Quels sont les axes principaux de votre politique de gestion de l’enseignement ? D’autres pistes de travail sont-elles à l’étude pour éluder les socles de compétence dans le second degré ? Est-ce que tu ne viendrais pas chez moi, parce que là, je commence à te kiffer, mais alors vraiment grave ? » Bref, je n’en pouvais plus. Mais le destin est rugueux. Je crois qu’elle n’était pas encore prête pour cette relation mature et passionnée puisqu’elle m’a mis un compas dans l’œil. Je lui souhaite néanmoins bonne chance. Et vive les décrets.
Quand vient le temps des examens pour les grands…
(21/06/2016)
Bonjour, goiedinsdag allemath en alle Bescherelle, c’est le début des examens pour les étudiants ou, plutôt, comme le décrit le Pacte d’excellence, c’est le laps de temporalité originel des procédures scripto-orales de jugement évaluatif du potentiel développable des futurs préchômeurs en phase de structuration éducative. Une pensée sincère pour certains politiciens qui sont en examen en ce moment, et en échec aussi, et pour tous ceux qui, comme moi, rentraient en classe en se disant : « Bon, allez, tant pis, j’y vais au talent ! » Une période, certes, contraignante pour nos adolescents mais, permettez-moi le jeu de mots, pleine d’enseignements pour le futur. En effet, ils ne travaillent et ne sont productifs que trois ou quatre demi-journées par semaine dans l’établissement qui les accueille, ce qui leur permet de s’immerger déjà dans le rythme de travail effectif d’un prof à temps plein. Des examens qui, cette année, promettent d’être très sélectifs, voire inabordables pour la plupart des élèves. En effet, Joëlle Milquet n’étant plus là, les probabilités de fuites sont dès lors quasi nulles. Les examens. Cette période durant laquelle des étudiants lobotomisés et las de l’année écoulée répètent sans réfléchir les choses qu’on leur a enfouies dans la tête, c’est un peu le principe du roi Philippe et son discours du Nouvel An. Les précautions d’usage s’imposent : le bon rythme de travail, chers étudiants, c’est une pause de cinq minutes toutes les deux heures, sauf si vous étudiez les sciences politiques, dans ce cas, une pause de deux heures toutes les cinq minutes vous préparera mieux à l’avenir de la profession, en n’omettant pas qu’en tant que fille ou fils de ministre, vous serez catalogués comme rejetons de présence. Aucune excuse cette année, Roland Garros est terminé, pas d’Euro de football ni de Coupe du monde, ni même de Grand Cactus, ah si, jeudi, un best-of des deux premières saisons, à 20h20 sur La 2, ne le ratez pas, un des deux présentateurs est vraiment très bien. Bref, pas d’excuse ni d’alibi de circonstance, rien ne devrait vous détourner du chemin de l’étude à outrance. Le gamin qui vous dit : « Je n’arrive pas à étudier, ya la commission Publifin » est mûr pour y faire face dans le futur. Notons qu’encore une fois, cette année, le niveau d’exigence sera relevé, l’on surnotera même tous les élèves de sixième primaire lors de leur examen du CEB, il est en effet essentiel de motiver les tout-petits. Parvenir à leur faire admettre qu’ils ont compris l’inversion circonstanciée indirecte alors qu’ils ne savent pas écrire « papa » sans faute, ça remonte le moral des gamins et cela leur permettra de s’ouvrir à d’autres horizons qui leur légitimeront l’accès, peut-être, un jour, qui sait, à l’université afin d’y découvrir la grande littérature, et par son truchement, des ouvrages de référence, tels que Galant, je vous dis merde, mais n’anticipons pas. Ce livre, ainsi que ceux de Paul Magnette, est à découvrir à l’espace Jean-Paul Sartre, section « L’être et le néant ». Je vous l’ai dit, l’exigence sera de rigueur cette année. Pour réussir ou à tout le moins tenter ce qu’Yvan Mayeur a pu tenter pour tenter de s’en sortir, c’est-à-dire jouer les prolongations en sachant que ça sentait le roussi quand même, eh bien, il vous faudra une moyenne au moins égale au taux d’alcool dans le sang de Marie-Martine Tchin-Tchin un soir de grosse guindaille. Et puis viendra le temps de la rentrée universitaire… Sachez que, selon certaines statistiques, trois mois plus tard, vous serez 38% à penser que vous vous êtes trompés d’orientation, dix mois plus tard, vous serez 76% à recommencer l’année que vous entamez aujourd’hui et dans quatre ou cinq ans, pour les plus méritants, vous serez 100% à avoir du mal à décrocher un emploi.
… et pour les petits
(13/06/2017)
Goienwoensdag allemath en alle Bescherelle, actualité du Samu social oblige, attention à ne pas confondre le CEB, le certificat d’études de base, avec la CEB, la Commission d’enquête bruxelloise. Dans les deux cas, l’épreuve est contraignante. On vous interroge sur vos acquis et vous avez tout intérêt à répondre correctement sous peine d’être remis en examen. Sauf Pascale Peraïta qui refuse de répondre aux questions et qui n’a même pas réussi à faire son examen de conscience. Le CEB affiche un résultat nettement en baisse par rapport aux années précédentes et plusieurs hypothèses sont avancées. Primo, certains élèves auraient sous-estimé la tâche qui les attendait, sorte de pacte d’excédence de confiance, aussi nommé Syndrome Benoit Lutgen : tu t’en vas la fleur au fusil, persuadé de ton coup, et tu te retrouves en très grande difficulté, obligé de marchander ton avenir avec tes camarades. Deuxio, le niveau de difficulté serait plus élevé cette année. Pour preuve, la première questi
