Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
« Si, à 40 ans, je ne décroche pas une place récurrente dans le domaine de l’humour au sein d’un média belge, quel qu’il soit, j’arrête le métier ! »... Et c’est le 1er septembre 2010, le jour même de ses 40 ans, que Jérôme de Warzée distille sa première chronique sur les ondes de VivaCité dans son émission Un cactus dans le Waterzooi. Chaque matin, il tente l’équilibre, entre écriture polysémique, second degré, sarcasmes, jeux de mots, et vérités (enfin presque). Ce quatrième tome est dans la même veine que les trois premiers : un florilège de ses meilleures chroniques radiophoniques. Classées chronologiquement, elles proposent un regard cynique et irrévérencieux sur l’actualité belge et internationale et se savourent sans modération.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 211
Veröffentlichungsjahr: 2020
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
LES CACTUS
de Jérôme de Warzée
Éditions Luc Pire [Renaissance SA]
Drève Richelle 159
1410 Waterloo
https://www.editionslucpire.be
Les Cactus
de Jérôme de Warzée
Couverture : Mehdi
Dessins : Mehdi
Corrections : Ariane Le Fort
Mise en pages : CW Design
e-ISBN : 9782875422255
Dépôt légal : D/2020/12.379/14
© Éditions Luc Pire, 20
Tous droits réservés. Aucun élément de cette publication ne peut être reproduit, introduit dans une banque de données ni publié sous quelque forme que ce soit, soit électronique, soit mécanique ou de toute autre manière, sans l’accord écrit et préalable de l’éditeur.
Jérôme de Warzée
Les Cactus
de Jérôme de Warzée
IV
Prélude
2020 restera comme l’année de la Covid-19.
Personne n’aurait pu prédire l’année précédente que les termes « distanciation sociale », « cluster », « déconfinement », « FFP2 », « hydroxychloroquine », « nous attendons le porte-parole Emmanuel André », « neuf ministres de la Santé ? ! ? ! », « youpie, j’ai rien foutu de l’année en rhéto mais je passe quand même ! », « courbe épidémiologique », « tracing », « j’peux pas, j’ai kayak », « deuxième vague », « asymptomatique », « pandémie », « franchement, ton vaccin, tu peux te le foutre dans le cul ! », « période d’incubation », « t’as ton masque ? » allaient définir notre vocabulaire courant.
Personne n’avait rien vu venir, moi non plus, et ce quatrième recueil de chroniques suit donc de manière chronologique les « événements » ayant émaillé notre globe terrestre belgo-mondial.
Mon petit écouvillon me dit que le cinquième tome pourrait bien être la suite et, espérons-le, la fin de cette déferlante psycho-pandémique qui nous aura tous atteints d’une manière ou d’une autre.
Fin août 2019, cette nouvelle saison de chroniques radiophoniques débute sous des auspices ordinaires et inaltérables. Je suis fort heureux de m’y remettre, l’air est très doux et les magouilles continuent…
28/08/2019 • Nominations à l’Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi (ISPPC)
Mais quelle rentrée ! Fichtre, me suis-je vraiment absenté ?
Ce matin, une magouille dans une intercommunale carolo… Jusque-là, me direz-vous, rien d’anormal… mais ourdie par le MR ! Dix ans de chroniques mais l’actualité me surprendra toujours ! Les libéraux ont pris un virage à gauche ! L’ISPPC, l’Intercommunale Solidement Pistonnée Particulièrement Corrompue, nous avait déjà démontré tout son savoir-piquer en 2017 lorsqu’était divulgué le fameux scandale des doubles jetons de présence accordés lors de ses réunions, et la non moins fumeuse explication du directeur socialiste de l’époque qui avait osé : « Oui, mais c’est parce que nous assistions à deux réunions en même temps. »… Deux ans plus tard, je n’ai toujours pas trouvé de meilleure vanne à ajouter. Vous me direz : « Bon, là, au moins, il y avait du monde aux réunions ! » Certes… mais le procédé est fallacieux ! Une actrice de film pornographique doit-elle toucher deux fois son salaire de l’heure si elle est besognée par deux hommes en même temps ? Pardonnez-moi l’exemple, j’en cherchais un où quelqu’un, dans l’histoire, se faisait automatiquement baiser (puisque dans le cas qui nous occupe, et dans tous les autres, aussi, d’ailleurs, c’est nous qui nous faisons baiser). Sincèrement, avec toutes les intercommunales sises à Charleroi, tous les postes créés que cela entraîne, mais comment, comment y a-t-il encore des chômeurs dans le Hainaut ?
Et je voudrais vilipender la ministre De Bue qui brise dans l’œuf de la poule aux œufs d’or du népotisme cette splendide initiative de la création d’un emploi de conseiller général rétribué à hauteur de 200 000 euros par an. Alors, allez-vous me demander : qu’est-ce qu’un conseiller général dans une intercommunale ? Je cite : « C’est un super numéro deux, situé hiérarchiquement juste en dessous du numéro un. » Oui, ces gens ont toujours su compter juste. En gros, pour nos amis français qui nous écoutent de plus en plus nombreux (non, non, Macron, vous pouvez le garder), chez nous, au cœur d’un pays artificiel sans gouvernement, on crée des jobs artificiels, dans des structures artificielles, gérées lors de réunions qui n’ont pas lieu. Pour vous situer, il y a encore plus d’artificiel là-dedans que dans Kim Kardashian.
Et attention, d’autres postes ont été créés à l’initiative d’Olivier Chastel, outre celui de « super numéro deux » pour son demi-frère, on identifie aussi celui de « génial numéro trois » pour son quart de cousin, de « fantastique numéro quatre » pour son huitième de neveu et de « formidable numéro cinq » pour son seizième de voisin du gendre de la bru de son grand-oncle. Ah, ça bouge, hein, dans la casa de Chastel ! La casa de Chastel, avec Genève, Luxembourg, Lichtenstein, et ils payent en net fixe, et ça rapporte ! Des millions à donner ! Et tout cela a évidemment été avalisé à l’unanimité par le CA PS/MR/cdH/Ecolo… On a pris une photo du CA : ils étaient 245, tout sourire. C’est paru dans le magazine Salut les coquins !…
Moi, je vous le dis ce matin, si tous ceux qui étaient payés à ne rien foutre dans toutes ces intercommunales étaient pilotes de Canadair, aujourd’hui, l’Amazonie serait sous eau ! Il faut quand même imaginer la réaction des infirmières de l’ISPPC qui se crèvent à 1600 euros par mois dans des cadences infernales et qui croisent un type dans le couloir, juste muni d’un diplôme du secondaire et sans aucune expérience professionnelle probante… « Bonjour, vous êtes ? »… « Le super numéro deux, je viens donner des conseils au numéro un, pour 12 fois votre salaire mensuel »… « Oui, mais je gagne 12 fois moins en rendant la vie des gens meilleure ! »… « Oui, mais, mademoiselle, pardon, un bon conseil, ça n’a pas de prix ! »…
Quand Charles Michel nous disait « jobs jobs jobs », on ne réalisait pas que le MR allait les créer pour son propre usage. Le MR, ça ne va plus, il n’a pas la compétence du PS dans ce genre d’affaire de clientélisme, qu’il laisse la place, ça ne fonctionne plus. Je ne dis pas qu’il est exsangue, mais là, s’il joue un match de football contre Anderlecht, Anderlecht gagne, toute l’équipe du MR se barre, et comme le dit la blague qui court beaucoup en ce moment rue de la Loi : le MR, c’était « Michel-Reynders ». S’il ne reste que Wilmès et Clarinval, ça deviendra le WC, d’où l’expression « qui va à la chasse… a peut-être une gastro »…
Quand on voit Charles Michel et Didier Reynders quitter leurs troupes du MR pour aller à l’Europe, on se dit qu’en comparaison, le capitaine du Costa Concordia n’a pas tant démérité.
Allez, toujours les mêmes ! Les politiciens belges, c’est comme les petits oignons, ils nous font toujours pleurer quand on les épluche pour découvrir ce qu’il y a en dessous, mais on les fait toujours revenir et ce sont toujours eux qui se barrent avec la recette !
04/09/2019 • Cent jours sans gouvernement
Cent jours sans gouvernement… Ah, on l’aurait pas gagnée, la guerre des six jours, hein !
Bonjour à tous, 100 jours déjà que NOUS avons effectué notre devoir civique, et permettez-moi de faire état de toutes les avancées dans la formation du gouvernement fédéral : ………. voilà. Voilà ! Oui, 100 jours déjà sans gouvernement… Charles attend. Que fait-on ? On tire à pile ou fasciste ? Notez qu’en 2010, après 100 jours sans gouvernement, le Premier ministre Yves Leterme n’avait pas démissionné et il avait battu un record dont la rationalité peine encore aujourd’hui à être démontrée, celui d’avoir, suivez bien, dirigé un pays en tant que Premier ministre, plus longtemps sans gouvernement qu’avec. Et je regrette cette période où Herman Van Rompuy tentait de trouver des solutions à la crise, oh, pas pour la beauté de ces haikus, non, mais simplement parce qu’à l’époque, ma fille de huit ans riait beaucoup en le voyant parce qu’elle trouvait qu’il ressemblait comme deux gouttes d’acide à Kid Paddle, vieux.
Alors, qui se soucie de la formation de ce gouvernement ? Laurette Onkelinx et Louis Michel se sont recasés à LN 24. Ils sont soulagés, ils avaient postulé chez Match. Les tontons flingués du MR, Chastel, Michel, Reynders… se barrent tous à l’Europe. Moi qui croyais qu’en cas de naufrage, les convenances voulaient que ce soient les femmes et les enfants qui quittent le navire en premier, mais j’oubliais les rats.
Je ne sais pas vous, mais la dernière fois que j’ai passé 100 jours à attendre sans obtenir aucun résultat, c’est en tentant de contacter le call-center de mon fournisseur d’électricité. Alors, qui mourra en premier ? a) La Belgique, b) Le MR, c) Michel Drucker… oui, il y avait un piège, Michel Drucker est efficace et immortel. Je parierais sur le MR, moi. Qui reste-t-il au MR ? On nous parle de David Clarinval, le nouveau dauphin. Il porte bien son surnom, il est tout bleu et il est entouré de crabes autour… On nous dit que ça avance, les informateurs ont déjà fourni plusieurs notes… Restons positifs : fournir plusieurs notes, c’est déjà mieux que David Guetta. Laurel et Hardy remettront d’ailleurs prochainement leur cinquième rapport au roi. Ça va le perturber, ça, Philippe, lui qui n’en a connu que quatre dans sa vie…
D’où vient le blocage au fédéral ? Pour faire simple : le gouvernement flamand diligenté par la N-VA privilégierait une alliance suédoise au lancement d’une bourguignonne anversoise pour contrer le PS au fédéral qui, au niveau local, privilégierait, lui, une alliance arc-en-ciel à celle du coquelicot sans exclure le MR devenu alors incontournable pour la formation éventuelle d’un gouvernement fédéral sans la N-VA cette fois-ci, en sachant que le cdH n’ira pas, mais tout le monde s’en fout. Oui, Maxime Prévot a refait surface le week-end dernier. Afin de rappeler à la population, inquiète de ses décisions, qu’il avait décidé de se taire. Franchement, on peut dire merci à l’Angleterre et à l’Irak, sans cela, nous serions le pays le plus instable au monde.
Nous avons voté il y a 100 jours… et je suis sûr que certains Flamands ont même oublié qu’ils avaient voté pour le Vlaams Belang… mais bon, on sait que les électeurs du Vlaams Belang ont la mémoire courte et ils savent bien qu’il est beaucoup plus facile dans ce pays de toucher une pension d’Adolf Hitler que de former un gouvernement. Huit milliards d’euros de déficit à combler, d’ici octobre. J’ai calculé : sur l’échelle de remboursement « Claude Despiegeleer », on est à 40 000 ans de remboursement. Les enfants, arrêtez l’école immédiatement, allez bosser ! Elio Di Rupo a répété qu’il n’accepterait pas l’appauvrissement des Wallons… Donc, et c’est le PS qui le dit, il est encore possible de les appauvrir plus ! Et Elio Di Rupo va y arriver, à les appauvrir plus… Il y a encore une marge à la misère wallonne, il va y arriver à ce que le Wallon moyen, nu sous ses peaux de chien, aille ramasser des hérissons morts gisant sur la E19 pour se nourrir. Cent jours… S’il faut attendre aussi longtemps – c’est juste une réflexion, pas d’animosité particulière –, n’est-ce pas parce que nous voulons trop de femmes dans le gouvernement ? Et puis on nous dit qu’il y a des bonnes nouvelles : sur les six gouvernements, le gouvernement germanophone est formé ! Ah, ouf, voilà qui doit rassurer tout le monde… Dites, on va droit à la catastrophe, non ?... Ne vous en faites pas, à Eupen, la coalition Pro DG, SP, Pff est reconduite. Vous pouvez sortir les enfants, l’économie du pays est relancée !
Ne vous en faites pas pour tous ces politiciens, même si rien n’est formé avant 19 ans, ils toucheront leur salaire et ils ne risquent pas d’être exclus par l’ONEM !
09/09/2019 • Politique et bière
Des centaines d’amateurs de bières se sont pressés, ce dimanche, à un festival entièrement dédié à la zythologie (je ne connaissais pas le terme non plus). Ils ont ingurgité près de 1000 litres de bière, soit un petit peu moins que ne le faisait l’ancien bourgmestre Freddy Thielemans lors des réunions du collège échevinal…
Le secteur brassicole est en plein boom, il vient d’apprendre une excellente nouvelle, gage d’une production quasi quadruplée prochainement : la ville vient d’entériner l’engagement de 1500 policiers supplémentaires ! De quoi voir l’avenir en rosé…
Cette année, le festival a décidé de mettre à l’honneur une bière royale, la Delphine, une authentique blonde de Boël, au goût majestueux, avec beaucoup d’amertume, mais très difficile à reconnaître au premier abord. La bière, c’est comme nos ministres : il y en a toujours des centaines, et ça nous saoule très rapidement. Le festival a d’ailleurs attiré bon nombre de mandataires socialistes. En effet, on payait en jetons.
Cet après-midi, les pompes ont donc fonctionné à plein rendement, notamment chez Stéphane Moreau, patron de sa brasserie Nethys, où la fameuse triple intercommunale coulait à flots, une bière qui cumule de nombreux avantages mais qui vous fait ressentir de nombreuses absences. On peut parfois l’apparenter avec la Despiegebière, séculaire mixture carolo, laissant toujours beaucoup de dépôts. Elio Di Rupo, l’habitué des lieux et tenancier du Carapils Social Club, garant des vieilles recettes qui fidélisent sa clientèle, avec en fleuron l’Onkelinx, une ancestrale gueuze brune, très accrocheuse, dont le goût revient en bouche depuis des siècles, vous vrillant les tympans si vous en abusez. Une toute petite place était laissée sur l’étal à la Prévot, une bière d’abbaye, pauvre en solution, que l’on ressort du frigo lorsqu’il n’y a plus rien d’autre à boire. Elle peine à reprendre sa splendeur d’antan, et son taux d’alcool est égal au pourcentage recueilli par le cdH aux dernières élections, c’est vous dire qu’elle est quasiment cataloguée non alcoolisée. Parmi les bières éco-responsables, on pouvait déguster la Nollet-Maouane. Elle a un côté rafraîchissant, et un autre où vous tombez systématiquement dans le panneau. En tous les cas, c’est une bière qui ne séduit guère la majorité. Sur le stand d’en face, la brasserie Charles Michel, brasserie de père en fils, présentait quant à elle la Job, Job, Job, très surfaite. Attention, l’étiquette est alléchante, mais la bouteille est souvent vide, il en existe une version sans alcool, même si en son temps, Charles Michel avait déclaré : « Je ne m’allierai jamais avec la N.A. ». Sur le même comptoir, la Reynders IPA, IPA comme « Il Part, Adieu ! », une bière dont le col déborde généralement du verre, une bière qui aime se faire mousser, pas très accessible, un rapport qualité-prix totalement surévalué, mais qui procure un énorme plaisir quand on la termine. Elle est souvent associée en ce moment à la Vandelanotte, une vieille bibine ostendaise qui sent fort le sel et la moule. Fournisseur de la cour, en sus, vous ne pouvez pas encore goûter cette association : rien n’est mélangé et tout reste à faire, le contraire de l’Afflimarghem, iodée à Tihange, une bière dont on dit qu’elle pourrait vous atomiser si vous n’y prenez pas garde. À consommer, c’est une particularité, dans des verres fissurés. Elle n’est plus servie qu’au café Tihange 4, les trois autres cafés étant régulièrement fermés.
Les néerlandophones étaient présents, bien sûr. Tous les malades connaissent la De Block (à éviter, elle est létale). La De Block est servie en tonneau dans des verres à gros cul. La Schield en Vrienden est la bière qui fait fureur en ce moment, grosse influence teutonne, à boire exclusivement en à-fond bras tendu, talonnée par la De Wever, une anversoise qui a perdu de sa superbe dernièrement et qui tente de rester au contact grâce à une nouvelle production. La confédérale, une bière de fermentation très lente, très très lente, mais qui risquerait de vous scier en deux, mise en service avec la Théorval Francken, blanche de blanche, déconseillée aux étrangers, vous seriez rejetés à la mer.
Enfin, saluons deux visiteurs qui ne sont pas passés inaperçus, Willy Borsus et Marie-Martini Tchin-Tchin, qui n’étaient pas là pour présenter un produit mais pour en consommer plusieurs, et qui sont repartis, bras dessus, bras dessous à la foire du Ivre de Rendu !
15/09/2019 • Vente de VOO
On vient de l’apprendre, Nethys a donc vendu VOO le 24 mai, pile deux jours avant les élections, mais c’est une coïncidence, et sans demander l’accord de la maison mère Enodia comme elle aurait dû le faire si la vente avait eu lieu quatre jours plus tard. Au moins, on sait ce que signifie désormais Enodia : En Oubliant D’Informer les Administrateurs. En gros, c’est comme si vous rentriez du boulot, et découvriez que, sans vous avoir demandé la permission, vos enfants avaient vendu votre baraque : « Mais enfin, les enfants, qui sont ces gens dans le salon ? », « Les nouveaux propriétaires, papa, on a vendu la maison à des Américains ! », « Ah, ah, excusez-moi, messieurs, c’est une méprise de mes enfants ! », « No, no, too late, c’est signé, allez VOO faire foot, ah, ah, ah ! »
VOO, c’est télé-magouille, et on sait bien qui s’en met plein les fouilles ! Jean-Claude Marcourt crie au scandale. Évidemment, prendre une telle décision sans consulter le gouvernement… Imagine-t-on le PS signer un accord de gouvernement avec le MR en se foutant de l’avis des électeurs ? Non, ça n’arriverait jamais ! Nous ne sommes pas si cons ! Les faits sont là, et c’est un premier panneau photovoltaïque pour… pardon… c’est une première tuile pour le gouvernement wallon (je confonds toujours la tuile et le panneau photovoltaïque, notez que c’est compréhensible)… Pauvre gouvernement wallon, en une semaine, il connaît la vente de VOO, l’entrée d’Ecolo dans la majorité, et la prise en main de la région par un type en papillon de 68 ans qui se bat pour la retraite à 60 !
Attention, la vente n’était pas secrète, il y avait juste une clause contraignante de confidentialité. Une clause contraignante de confidentialité ! On dira donc que les actionnaires publics ne se sont pas fait entuber, non, c’est juste qu’il y avait une clause de mise en tutelle postérieure non lubrifiée. Alors, chez Enodia, ex-Publifin, une réunion extraordinaire a eu lieu… Pourquoi extraordinaire ?... Bah, il y avait des gens, c’est extraordinaire… À mon avis, vu tous les jetons de présence ramassés cet après-midi-là, la réunion a dû avoir lieu à Las Vegas. Ils se sont assis : « Bonjour, comment t’appelles-tu, je ne t’ai jamais vu ? Moi non plus. Comme toi, c’est la première fois que je viens… » et ont tenté de se poser les questions fondamentales, à commencer par la première : Comment traduit-on branleur de mouches en anglais ? Fly walloon administrator ? La deuxième : « Est-on bien sûr que ce ne sont pas les frères Happart qui ont relu les contrats en anglais ? » Parce qu’alors, la région, Francorchamps, et le Standard ont été vendus 1 euro pièce. Apparemment, la Région wallonne ne revend pas directement à Donald Trump… pourquoi effectuer une transaction vers un gros milliardaire à l’ego surdimensionné, le patron, c’est déjà Stéphane Moreau ! Il est fabuleux, lui, il lui a fallu huit heures pour expliquer les tenants et aboutissants de la vente lors du CA… Huit heures dont sept heures 45 à expliquer l’organigramme liégeois, il a donc fait un powerpoint beaucoup plus court que d’habitude. Quel type… il est tellement discret et fortiche en négociation qu’il aurait revendu trois fois Albert II à Delphine sans que Paola ne le remarque ! Un cador… il génère tellement de pognon qu’à un moment, on va voir Laeticia Hallyday rôder du côté de Ans.
Quel duo ! Moreau et Di Rupo ! Cumul et cumulet ! Des jongleurs hors pair ! Ça jongle, ça jongle, et les quilles, c’est nous… Les beaujolais nouveaux de la politique, du mauvais rouge qui ne sert qu’à ramener un maximum d’argent… Alors, j’entends : « magouille, tricherie, en prison ! » En prison, ça ne va pas, non ? Vous mettez Stéphane Moreau en prison et deux jours après, il l’a revendue à la mafia calabraise ! Vous me direz, là, au moins, ça ne sera pas opaque, on sait comment ils bossent, eux.
On apprend aussi que la filiale de Nethys, Win, a été revendue à une société créée en juillet 2019, dont Stéphane Moreau est délégué à la gestion journalière et qu’en septembre, ses sociétés ont racheté une filiale de Nethys, dont il était délégué à la gestion journalière… Le type, il achète une bagnole, il crée une société qui la rachète, il rachète la bagnole à la société qu’il se revend à lui-même. C’est un génie. Ce que je viens de dire est incompréhensible, ça ne veut rien dire, mais c’est pour ça que c’est un génie. On file sans doute vers la création d’une commission d’enquête. Voyons le côté positif, ça ne résoudra rien, ça ne changera rien, mais au moins, ça donnera du travail au PTB et aux Ecolos.
18/09/2019 • Félix Tshisekedi en Belgique
Nous recevons ce matin l’aide de camp du président, monsieur Tshisekody. Alors, monsieur Tshisekody, c’est la première visite du président congolais en Belgique, pays qu’il connaît comme sa poche !
Félix Tshisekedi : C’est bien normal ! Pour un Congolais, la Belgique est toujours comme la poche du Congo…
Pourquoi donc ?
FT : C’est là qu’on a rangé une bonne partie de notre argent.
Heu… bien… donc, il est arrivé par avion, c’est bien ça ?
FT : Évidemment, il n’allait pas venir à vélo ! C’est pas Tshisekeddy Merckx, hein ! Dites, vous avez été stagiaire sur LN 24 ? On peut aller sur La Matinale de La Première pour avoir une interview correcte ? Ah, c’est l’heure des rediffusions des matinales de juillet ?
Quel est le programme de la visite présidentielle ?
FT : Eh bien, une rencontre avec Hélios Di Rupo, une audience au Pal…
Elio, voulez-vous dire ?
FT : Non, Hélios, c’est son surnom chez nous, il est comme le soleil africain : on n’a jamais vu quelqu’un autant assécher ses terres et générer autant de liquide ! Ensuite, une audience au Palais royal, une visite chez Nethys, un dîner à la Chambre du com…
Excusez-moi, mais qu’allez-vous faire chez Nethys ?
FT : Rencontrer Stéphane Moreau ! Il est très inspirant pour nous, économiquement.
Inspirant ? Il rachète ses propres filiales !
FT : Pour nous, Congolais, voir un Belge qui essaie enfin de se racheter, c’est positif… Et puis, on veut rencontrer Stéphane Moreau. Vous savez qu’au Congo, seuls 8 % des habitants ont accès à l’électricité ?
Oui, mais le rapport avec monsieur Moreau ?
FT : On nous a dit qu’il faisait fonctionner des intercommunales sans électricité : on ne voyait jamais de lumière dans les salles de réunions ! Eh bien, ça nous intéresse. Chez nous, on l’appelle le Voo-dou africain ! Il enfume son monde, disparaît d’un côté pour mieux réapparaître de l’autre, et ça fait mal au cul de tout le monde ! En plus, notre armée manque cruellement de parachutes et il paraît qu’il en a des milliers à sa disposition, très confortables, de couleur dorée.
Pour recevoir votre président, le roi mettra aussi les petits plats dans les grands.
FT : Plats qui sont à nous, d’ailleurs…
Quoi ?
FT : Les plats, petits et grands, il y a de fortes chances qu’ils soient à nous. L’aïeul barbu du roi Philippe, là, capitaine igloo avec son sabre, il a tout pris, en disant faire du « donnant-donnant », pardon, mais c’était plutôt du « prenant-prenant » ! Ah, le temps béni des colonies… On donnait le bras, il gardait la main. Très étranges, vos souverains… la reine Mathilde a félicité monsieur Tshisekedi pour son but contre la Russie et quand on a demandé à rencontrer le prince Laurent, on nous a répondu que comme Kabila, il n’était pas Désiré.
Vous n’avez pas prévu une visite au musée de l’Afrique centrale de Tervueren ?
FT : Dans la boutique de souvenirs ? Non. On repartirait bien avec tout ce qui est à nous mais on n’a pas assez d’avions et de bateaux pour tout ramener. Enfin, ce n’est pas plus mal que les jeunes Africains nés ici se cultivent un peu en se rendant au musée car ils pensent encore que les Hutus, c’est un groupe de rock irlandais !
Mais le Congo souhaite-t-il que la Belgique lui rende ce qu’elle avait à l’époque indûment pris ?
FT : Ça dépend. Si c’est Claude Despiegeleer qui négocie l’accord, on va nous rembourser 2,50 euros par mois pendant 865 ans… Mais nous apprenons des choses de vous ! Tout d’abord, votre nombre de ministres ! Si l’on calque ce système d’attribution au ratio du territoire congolais, nous pourrions nommer 264 ministres de l’Intérieur, 417 ministres de la Santé, et plus de trois millions et demi de chefs de cabinets divers, voire d’administrateurs d’intercommunales en tous genres, mais là, attention, il ne faudrait pas que le PIB du Congo en soit affecté.
Oui, car votre devise n’est pas très haute…
FT : Non, je dirais qu’une roupie vaut au moins Di Rupo !
Vous voyez qu’un gouvernement démissionnaire, ça a du bon…
FT : Un gouvernement de missionnaires ? ! ? ! Doucement avec les prêtres au pouvoir… je sais que nos enfants ont faim mais ils ne sont pas prêts à avaler n’importe quoi, non plus. Nous étions étonnés, au Congo, de ne plus avoir de prêtres compétents ! On a compris : ils sont tous ici ! Extraordinaire : vous pillez nos richesses, vous débauchez nos prêtres, et qu’est-ce que vous nous répondez quand on vous demande quelque chose ? Tintin ! ! ! Tout ça ne vous rendra pas le Congo ! ! !
Mais que voulez-vous ?
K : Nous allons d’abord commencer par récupérer nos joueurs de football natifs : Romelu Lukaku, son frère Jordan, Christian Benteke… on rapatrie tout ça au pays et on les renaturalise et, comme bonus, on naturalise aussi Eden Hazard et Kevin De Bruyne ! Vous nous devez bien ça, et puis, franchement, dans notre équipe, il y a beaucoup trop de Noirs ! Un peu de diversité que diable… que diable rouge, d’ailleurs ! Nous les rebaptiserons Innocent Hazard et Bienvenue De Bruyne, ça ira très bien !
Mais vous n’allez pas nous enlever nos symboles nationaux !
FT : Ah, ah ! Vous pouvez parler de symboles nationaux ! Même le Manneken-Pis est, sur certains points, le plus bel exemple du métissage belgo-congolais ! Sur certains points ! D’abord, parce qu’il est noir de peau, évidemment. A contrario
