Memento de microfinance - Léopold Ndiaye - E-Book

Memento de microfinance E-Book

Leopold Ndiaye

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Beschreibung

Il n’est pas de travail bien fait sans le savoir qui lui incombe

Les institutions de microfinance sont dirigées par des organes dont les membres sont élus en Assemblée Générale. La nouvelle réglementation a sans doute renforcé d’une certaine manière leurs pouvoirs. Cependant, le problème majeur que nous constatons pour l’exercice de leur mission est le manque de formation et le déficit d’information.

C’est pour pallier à ce manque que nous voulons mettre à leur disposition ce petit guide, qui contient les informations de bases sur la gouvernance, le fonctionnement et les prérogatives des organes d’administration et de gestion à savoir le Conseil d’Administration et le Comité de Crédit.

Ce guide n’a donc pas la prétention d’être complet, mais nous voulons à travers lui apporter notre modeste contribution en notre qualité d’ancien membre de ces organes. L’étendue du sujet fait que son étude ne peut être épuisée dans le cadre d’un simple guide qui se veut un document de chevet que les membres d’organes pourront consulter à chaque moment pour se rafraîchir la mémoire.

Un ouvrage instructif à destination des institutions financières dans un but de partage de l’expérience déjà acquise par les anciens

EXTRAIT

La microfinance est une offre de services financiers destinée aux populations les plus démunies, habituellement exclues du système bancaire traditionnel par manque de garanties (pas de revenus, pas de patrimoine).

La microfinance a une longue histoire. Des systèmes de tontines existent depuis plusieurs siècles en Afrique et en Asie. En Irlande, Swift mit en place au XVIIIe siècle un système de prêts sans collatéral à des artisans. Des coopératives de crédit et d'épargne se sont aussi développées dès les années 1850 en Prusse avec le bourgmestre Friedrich Raiffeisen. Mais la microfinance s'est développée sous son aspect moderne dans les années 1970 seulement, au Bangladesh notamment avec Muhammad Yunus, mais aussi en Inde, au Brésil, au Kenya, au Ghana, au Togo...

A PROPOS DE L’AUTEUR

Né il y a 40 ans dans un petit village du Sénégal, Léopold Ndiaye est juriste de formation. Il est titulaire d’un baccalauréat littéraire en 1990, d’une licence en Sécurité et Sciences Criminelles, option Sûreté et Sécurité Aéroportuaire de l’Académie Internationale des Hautes Etudes de la Sécurité (A.I.H.E.S) de Dakar après un passage à la Faculté de droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Léopold Ndiaye a une grande expérience dans le mouvement associatif mais également dans la microfinance. Après avoir travaillé pendant 15 ans pour une ONG s’occupant d’enfants déshérités, il rejoindra l’Union des Institutions Mutualistes Communautaires d’Epargne et de Crédit (U – IMCEC), qui est un grand réseau de microfinance au Sénégal. Depuis mai 2011, il y assume les responsabilités d’Assistant aux Ressources Humaines. Cependant, il a auparavant dirigé cette institution comme Président du Conseil d’Administration et comme membre du Comité de Crédit.

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Seitenzahl: 95

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Titre

MEMENTO DE

MICROFINANCE

Dirigeants élus

des Systèmes Financiers Décentralisés

Par Léopold NDIAYE

Ancien Président du Conseil d’Administration

de l’Union des Institutions

Mutualistes Communautaires

d’Epargne et de Crédit du Sénégal

(U-IMCEC / Sénégal)

Edité par :

ÉditionsDIASPORASNOIRES

www.diasporas-noires.com

©Léopold Ndiaye 2011

N° ISBN version numérique : 9791091999328

Date de publication numérique : 10 décembre 2011

Cette version numérique n’est pas autorisée pour l’impression

Mentions légales

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'Auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par le Code de la propriété intellectuelle.

Toute cession à un tiers de copie à titre onéreux ou gratuit, toute reproduction intégrale de ce texte, ou toute copie partielle sauf pour usage personnel, par quelque procédé que ce soit, sont interdites, et constituent une contrefaçon, passible des sanctions prévues par les lois de la propriété intellectuelle.

INTRODUCTION

La microfinance est une offre de services financiers destinée aux populations les plus démunies, habituellement exclues du système bancaire traditionnel par manque de garanties (pas de revenus, pas de patrimoine).

La microfinance a une longue histoire. Des systèmes de tontines existent depuis plusieurs siècles en Afrique et en Asie. En Irlande, Swift mit en place au XVIIIe siècle un système de prêts sans collatéral à des artisans. Des coopératives de crédit et d'épargne se sont aussi développées dès les années 1850 en Prusse avec le bourgmestre Friedrich Raiffeisen. Mais la microfinance s'est développée sous son aspect moderne dans les années 1970 seulement, au Bangladesh notamment avec Muhammad Yunus, mais aussi en Inde, au Brésil, au Kenya, au Ghana, au Togo...

Les modes de financement des institutions de microfinance ont notablement évolué marquant l'inclusion de la microfinance dans le système financier. Jusqu'au début des années 1990 la microfinance étant principalement le fruit d'initiatives locales, son développement s'est appuyé sur des ressources gratuites ou quasi gratuites des bailleurs de fonds publics. Pendant cette période les institutions de microfinance ont démontré qu'elles pouvaient offrir des services financiers viables et profitables. Aux alentours de 2000, le secteur de la microfinance a évolué vers une commercialisation accrue : au-delà de la démonstration du succès de quelques expériences, il s'est alors agi de toucher un nombre significatif de personnes dans le monde de manière économiquement viable. Au même moment, la microfinance commençait à pénétrer le secteur financier formel, avec la création de fonds d'investissement dédiés à la microfinance, ou des partenariats entre banques traditionnelles et institutions de microfinance.

Cependant, cette explosion et cette professionnalisation croissante du secteur de la microfinance ne sont pas allées de pair avec des dirigeants de qualité, au fait parfaitement des tenants et aboutissants du secteur. Nous avons constaté que les membres des organes qui sont sensés être les dirigeants de ces institutions sont restés à leur stade le plus élémentaire du terme.

En effet, alors que l’administration et le contrôle de ces institutions requièrent un minimum de connaissances en phase avec le développement du secteur, tant du point de vue de l’orientation stratégique que du contrôle opérationnel, mais également et surtout de l’avant-gardisme visionnaire et proactif apte à booster les SFD dans bien des domaines, nous constatons que ces dirigeants pour la plupart du temps « administrent » ces institutions avec le peu de connaissances empiriques et expérimentales acquises dans leurs activités au sein du mouvement associatif.

C’est pour la plupart du temps des personnes choisies parmi leurs pairs parce qu’étant en général plus volontaires ou volontiers, mais qui ne sont pas généralement bien armées et préparées à assumer de telles responsabilités. D’abord il se pose en leur sein un problème de niveau d’instruction qui pour la plupart est assez bas, mais aussi de la capacité d’analyse et de critique constructive, objective et désintéressée en tout ce qui concerne l’orientation et la vie de l’institution.

Par ailleurs, pour ceux qui ont un niveau assez élevé, il se pose comme nous l’avons dit plus haut, un problème d’accès aux documents de base nécessaire à l’exercice de leur mission. Enfin, le déficit de formation continue réduit à la longue ces dirigeants en simples béni-oui-oui.

Il urge désormais de rompre avec cette pratique et cette culture, qui la plupart du temps « fabrique » des dirigeants « alimentaires » et qui à la longue peut créer une situation conflictuelle permanente entre techniciens et dirigeants élus. Cependant, il est heureux de constater que depuis un certain temps, il émerge dans les SFD, de plus en plus des dirigeants de qualité, soucieux du développement de leur institution et qui font des efforts énormes pour se former et maintenir le cap.

C’est à tous ceux-ci que ce guide est destiné. Il est en effet un recueil analytique de certains écrits et réflexions sur la microfinance en partant de son histoire, jusqu’au fonctionnement des organes d’administration et de gestion. Mais un tel guide ne pourrait être cohérent s’il ne faisant mention de la réglementation, principalement celle qui concerne les organes d’administration et de gestion. C’est pourquoi, nous avons essayé de commenter les principales dispositions qui régissent ces organes pour mieux orienter les dirigeants élus sur leurs prérogatives et leurs responsabilités au regard de la loi. Enfin, qui dit dirigeant, élu ou pas, dit gouvernance. Ainsi nous avons fait une brève incursion sur la notion de gouvernance des Systèmes Financiers Décentralisés, notamment les grands principes directeurs de la bonne gouvernance de ceux-ci.

CHAPITRE I : Un peu d’histoire

Section 1. Au tout début…

Le prêt existait tant pour des activités commerciales que sociales. L’épargne était en nature et l’assurance n’existait pas formellement. On pouvait constater :

·Des prêts informels au sein de la famille/communauté

·Desusuriers

·Des prêts au sein des réseaux de marchands

·DesChit Funds (Inde), premiers mécanismes de type Tontine, dédiés à l’épargne

·unCode Hammurabi (Mésopotamie, -1750, somme de jurisprudence et non-code légaliste) : Autorisation du prêt à intérêt avec régulation du taux : 20% pour les prêts en argent, 33% pour les prêts en semence.

Aristote(-384 -322)‏

« L'intérêt est de l'argent issu d'argent, et c'est de toutes les acquisitions celle qui est la plus contraire à la nature »La Politique Livre 1

La poursuite du profit est dommageable pour la société, l'argent est un outil d'échange, pas une valeur en soi

Les sociétés « premières » ou animistes…

« Dans les sociétés “ premières ”, par exemple les anciennes sociétés africaines, ces sociétés où la quête de nourriture est primordiale, on observe que la dignité humaine y est pensée en termes d’équivalence au regard des biens nécessaires à la vie : tel homme (ou telle femme) vaudra, par exemple “ deux chameaux et une brebis ”. Cela veut dire que, symboliquement, il (ou elle) est “ digne ” d’une telle équivalence. » Bernard-Marie Dupont, 2006

« C’est avec le jus du poisson que l’on prépare le poisson (l’argent amène l’argent). »

Dans les cultures Amérindiennes et pacifiques, il existe la notion de Potlach, qui exprime « à la fois et d’un coup toutes sortes d’institutions : religieuses, juridiques et morales – et celles-ci politiques et familiales en même temps ; économiques – et celles-ci supposent des formes particulières de la production et de la consommation, ou plutôt de la prestation et de la distribution. » Marcel Mauss, Essai sur le don, formes et raisons de l’échange dans les sociétés archaïques

Platon (-427 -348)‏

Trois composantes de l'âme :

·Le Noûs ou Logismos : la raison noble, qui dirige avec équité et justice sur base des intuitions divines

·Le Thumos : le coeur, la volonté de gloire (enrichissement personnel, réputation, valeur)‏

·L'Epithuma : la passion qui mène au vice

Il y a une hiérarchie de la vie bonne, l'argent pour l'argent est rangé dans la troisième catégorie : l'engagement au bénéfice de la communauté (polis) est valorisé

L’Ancien Testament…

« Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, et l`assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre ». Genèse 1:28

« Si ton frère devient pauvre, et que sa main fléchisse près de toi, tu le soutiendras ; tu feras de même pour celui qui est étranger et qui demeure dans le pays, afin qu'il vive avec toi. Tu ne tireras de lui ni intérêt ni usure, tu craindras ton Dieu, et ton frère vivra avec toi. Tu ne lui prêteras point ton argent à intérêt, et tu ne lui prêteras point tes vivres à usure. »Lévitique, chap. 25, versets 35 à 37

« Si tu fais à ton prochain un prêt quelconque, tu n'entreras point dans sa maison pour te saisir de son gage ; tu resteras dehors, et celui à qui tu fais le prêt t'apportera le gage dehors. Si cet homme est pauvre, tu ne te coucheras point, en retenant son gage ; tu le lui rendras au coucher du soleil, afin qu'il couche dans son vêtement et qu'il te bénisse ; et cela te sera imputé à justice devant l'Éternel, ton Dieu. » Deutéronome, chap. 24, versets 10 à 13

L'argent est une bénédiction et doit bénéficier à tous, mais l'accumulation génère des inégalités et déstructure les rapports sociaux et moraux. Le Deutéronome introduit des prescrits légaux organisant la charité et la redistribution.

Avant JC : conclusions

·Quelle est la place de l’activité économique ?

ØInsertion dans un ensemble social très cohérent : religion, politique, société, famille

ØÉconomie de subsistance, de rareté, de risques et de fatalité

·Comment est perçu l’argent ?

ØL’argent comme étalon universel de valeur permet l’échange

ØL’accumulation de l’argent est perçue négativement car cela remet en question les hiérarchies existantes : religions, nobles, etc… et cela créé des tensions sociales (endettement, arnaques, vols, esclavage)‏

ØL’argent doit circuler pour créer de la valeur sociale

·Le crédit existe déjà sous différentes formes, ainsi que l’usure unanimement condamnée mais toujours pratiquée. Il est le fait d’individus, marchands ou nobles, engagés dans des activités commerciales : le crédit est vu comme un moyen de produire de la richesse financière ou sociale.

·Les prescrits moraux sont très forts et servent de contrôle des activités financières en vue de protéger l’ordre politique et social, entendu que l’esclavage de conquête ou comme solution au surendettement reste largement répandu dans certaines sociétés

Section 2. Christianisme, le Nouveau Testament…

Il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille qu’il ne l’est qu’un riche entre dans le royaume des cieux. » Evangile selon Saint-Mathieu (Chapitre 19 verset 24)

Les textes et les édits condamnent fortement la volonté de lucre, l’usure voire le prêt !

·30 deniers de Judas, le veau d’or et l’argent-icône

·Valorisation de la pureté par la simplicité, la pauvreté et le don : parabole de la vieille dame, marchands du temple, multiplication des pains…

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