Mon peuple accuse - Leopold Ndiaye - E-Book

Mon peuple accuse E-Book

Leopold Ndiaye

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Beschreibung

Léopold Ndiaye dénonce l’égoïsme des politiciens quand des hommes comme Nelson Mandela chérissaient l’idéal d’une société libre et démocratique

Écrivain, philosophe à la poésie lumineuse, Léopold Ndiaye est aussi un acteur de développement. C’est ce qui l’a poussé à s’investir en politique déjà à 14 ans, car pour lui la politique est un moyen puissant pour changer le quotidien de ses concitoyens et faire d’eux des hommes au plein sens du terme. Pour lui, il faut « rompre avec cette politique de la terre brulée et cette politique de l’autruche qui ne fait qu’enfoncer les honnêtes citoyens dans la pauvreté, la précarité et le sous-développement. »

« il incombe alors à tous les intellectuels de tous bords de réfléchir sur la chose politique sans complaisance et de proposer des solutions pour des changements de comportements certains de tous ceux et celles qui prétendent gérer la cité au nom de leurs concitoyens. » dit-il.

Ce livre est un recueil de ses convictions et de sa vision politique. C’est sa modeste contribution de citoyen sénégalais, fils du Djiéguème, qui, après trente ans sur le terrain politique, dont douze ans de mandature comme conseiller municipal, a pris un recul pour exposer son point de vue à travers une froide analyse des faits et actes politiques de sa localité, et au-delà, du Sénégal, c’est l’occasion de réfléchir globalement sur la gouvernance locale non dans ses aspects juridiques et/ou administratifs, mais plutôt en mettant en avant l’approche purement politique et sociologique.

Un essai écrit avec le recul et l'expérience nécessaire, pour une vision globale de la politique sénégalaise

EXTRAIT

Qu’est-ce que la politique? C’est une notion assez polysémique qui peut avoir plusieurs sens. Pris dans son sens le plus large, celui de civilité ou Politikos elle peut « indiquer le cadre général d’une société organisée et développée ». Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte alors sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités, comme le soutenait Arendt Hannah pour qui « la politique repose sur un fait : la pluralité humaine… Le présupposé de la politique serait ainsi la pluralité. »

A PROPOS DE L’AUTEUR

De son vrai nom Léopold Ndiaye, est né le 6 novembre 1970 à Bacobof un village de la région de Fatick au Sénégal. Il est juriste de formation, titulaire d’un baccalauréat littéraire en 1990 et d’une licence en Sécurité et Sciences Criminelles, option Sûreté et Sécurité Aéroportuaire de l’Académie Internationale des Hautes Etudes de la Sécurité (A.I.H.E.S) de Dakar, après un passage à la Faculté de droit de l’Université Cheikh Anta Diop.

Il a collaboré durant 15 ans avec une ONG (Christian Children’s Fund) s’occupant d’enfants déshérités, dans le cadre du Programme de Développement de l’Enfant et de la Famille (P.D.E.F). Il assume actuellement des responsabilités comme Assistant aux Ressources Humaines à l’Union des Institutions Mutualistes Communautaires d’Epargne et de Crédit (U–IMCEC), grand réseau de microfinance au Sénégal, institution qu’il a précédemment dirigée comme Président du Conseil d’Administration et membre du Comité de Crédit. Il est aussi 3ème adjoint au maire de sa ville Thiadiaye, où il vit avec sa famille.

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Seitenzahl: 101

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Titre

Mon peuple accuse...

Les princes sont-ils machiavéliques ?

Essai politique

Edité par:

Éditions DIASPORAS NOIRES

www.diasporas-noires.com

©Léopold Ndiaye 2015

ISBN version numérique : 9791091999199

Date de publication numérique : 26 octobre 2015

Cette version numérique n’est pas autorisée pour l’impression

Mentions légales

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PREMIÈRE PARTIE

Et si nous étions tous fautifs ?

Chapitre I

Ma vision de la politique

Qu’est-ce que la politique? C’est une notion assez polysémique qui peut avoir plusieurs sens. Pris dans son sens le plus large, celui de civilité ou Politikos elle peut « indiquer le cadre général d’une société organisée et développée ». Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte alors sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités, comme le soutenait Arendt Hannah pour qui « la politique repose sur un fait : la pluralité humaine… Le présupposé de la politique serait ainsi la pluralité. »[1] Dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir[2]. Dans son étymologie, la politique provient du grec « polis »,la Cité et « techné »,la science. La politique se définit ainsi donc comme une science du gouvernement de la cité. Du point de vue philosophique, le concept a beaucoup évolué et il s’agira plutôt de mener une réflexion sur la pluralité des gouvernements et le but de la politique. Si de Platon à Montesquieu la philosophie politique s’intéressait plus à savoir quel est le meilleur régime, Rousseau a transformé ce questionnement en se demandant quels sont les principes qui fondent la légitimité d’un pouvoir. Ainsi pour Platon « l’art politique réalisant le plus magnifique et le plus excellent de tous les tissus, en enveloppe, dans chaque Cité, tout le peuple, esclaves ou hommes libres, les serre ensemble dans sa trame et, assurant à la Cité tout le bonheur dont elle peut jouir, commande et dirige » (Le Politique).

Aristote quant à lui considère la Science Politique comme la science souveraine (Éthique à Nicomaque): « Et, renchérit-il, puisque la Politique se sert des autres sciences pratiques et qu’en outre elle légifère sur ce qu’il faut faire et sur ce dont il faut s’abstenir, la fin de cette science englobera les fins des autres sciences ; d’où il résulte que la fin de la Politique sera le bien proprement humain ». Pour lui comme pour Platon, la Politique s’intéresse à tout et sa finalité n’est rien d’autre que le Bonheur de l’homme. Mais tous les membres de la cité ne pouvant pas exercer le pouvoir en même temps, il faut penser selon Hobbes à une sorte de représentation, où le pouvoir sera confié à un seul homme ou une assemblée qui l’exercera au nom des autres. En réfléchissant ainsi, Hobbes pose déjà les jalons de la démocratie. Il affirme ainsi que « La seule façon d’ériger un pouvoir commun, c’est de confier le pouvoir et la force à un seul homme, ou à une assemblée, qui puisse réduire toutes leurs volontés, par la règle de la majorité, en une seule volonté. Cela revient à dire : désigner un homme ou une assemblée, pour assumer la personnalité du peuple; et que chacun s’avoue et se reconnaisse comme l’auteur de tout ce qu’aura fait ou fait faire, quant aux choses qui concernent la paix et la sécurité commune, celui qui a ainsi assumé leur personnalité, et que chacun, par conséquent, soumette sa volonté et son jugement à la volonté et au jugement de cet homme ou de cette assemblée. La multitude, ainsi unie en une seule personne, est ainsi appelée République. Telle est la génération de ce grand Léviathan ».

Ainsi, pour Machiavel « tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout » (Le Prince, analyse). C’est pour cela qu’elle peut être considérée comme « l’art de bien gérer la cité, mais aussi celui d'apprendre à se maintenir au pouvoir dans une situation ouverte à tous les retournements » toujours selon Nicolas Machiavel. Je pense que quelque soit l’acception que nous en avons la politique peut être considérée comme un art, car il faut du talent et beaucoup de subtilité pour mener l’action politique. Ainsi, si nous partons du postulat selon lequel la politique est un art, il n’est donc pas donné à tout le monde de l’exercer. Il faut être un artiste de la cité pour l’exercer. Or fondamentalement, un artiste c’est quelqu’un qui, d’une toute petite chose, insignifiante à la limite, peut accomplir une œuvre grandiose. Un artiste est quelqu’un qui tire de la boue un vase scintillant et magnifique qui force l’admiration. Ainsi, si le politicien est un artiste de la cité, il devrait se donner pour but de transformer les misères de la société en merveilles et en réussites éclatantes. Si le politicien est un artiste de la cité, il devrait canaliser les forces vives de la nation dans le seul but du développement intégral de l’homme.

Le but de la politique pourrait consister à faire la somme des intérêts particuliers pour faire ressortir l’intérêt général qui concoure ainsi au bien de tous et pour tous. Faire de la politique c’est se sacrifier sur l’autel de l’intérêt général et du désintéressement. C’est abandonner tout de soi, pour tous.

Mais la politique devrait d’abord être l’art de rentrer en soi et d’en ressortir renouvelé pour se mettre au service de la société, au service de l’homme dans toute sa dimension et sa plénitude. L’orgueil, un égo surdimensionné et un narcissisme à outrance ne font pas bon ménage avec la politique. Si on est plein de soi et toujours devant le miroir de son moi, on ne voit pas ce qu’il y a de meilleur et de bon en l’autre. Or faire de la politique, c’est d’abord se vider de soi pour être prêt à recevoir des autres et dans le laboratoire de nos idées, décliner tout cela en une vision apte à mener la cité sur des routes qui favorisent son plein épanouissement. On pourrait m’opposer d’être trop rêveur ou à la limite idéaliste. Certes, on pourrait le penser. Mais je suis convaincu que rien de grand ne se fait en politique sans rêves fous. Rien ne se réalise en politique sans un idéal pour lequel on est prêt à mourir pour son accomplissement. L’idéal politique n’est certes pas une vue de l’esprit. Il est basé sur une lucidité, une constance et une abnégation qui nous font réaliser les choses les plus folles et les plus irréalisables.

Mais pour cela, il faudra accepter d’aller au charbon en donnant de ce qu’on a, de ce qu’on est et de ce qu’on sait. Conduire les masses, suppose jouer son va-tout, donner son être, mettre à contribution son savoir et faire fi de l’intérêt crypto-personnel pour la réalisation de chacun dans le tissu social. Le but de la politique devrait être l’atteinte d’un degré des plus raisonnables du bien-être social par toutes les couches de la société. Ceci autant au plan moral, spirituel que matériel.

Le but véritable de la politique pourrait consister à proposer des solutions aux problèmes sociaux. Si la politique n’est pas capable d’apporter des solutions aux maux de la société, alors elle n’a pas sa raison d’être. C’est pourquoi un politicien[3] au sens vrai du terme doit avoir certaines qualités. Il devra être un Homme dans toute sa plénitude et sa splendeur. Ceci suppose d’accepter de laisser les autres passer avant sa personne. Il faudrait alors avec confiance et subtilité savoir diriger et canaliser le peuple en étant à l’avant-garde de tous les combats et en les incitant ainsi à se battre pour la vie ? C’est ce que sans doute voulait nous dire Nelson MANDELA dans cette célèbre phrase : « Dirigez depuis le front – mais ne laissez jamais votre base à l’arrière. Dirigez depuis l’arrière – et laissez croire aux autres qu’ils sont à l’avant »

Le politicien devra être grand de cœur et toujours prêt à rendre service. Au lieu de penser à se servir, il va plutôt penser à servir. Il sera ainsi un homme au fait de tout ce qui l’entoure, très informé pour ne pas être dépassé par les évènements. Un homme averti, enraciné dans sa culture et sa civilisation, mais aussi assez ouvert à l’extérieur pour en faire une mixture qui, injectée dans le tissu social, relèvera bien des hommes et des femmes et leur redonnera le goût de vivre.

La politique et le politicien devront être au service du peuple et non le contraire. Il devra vivre et agir pour le peuple, car ce dernier est toute sa raison d’agir. Tous ses choix seront ainsi motivés uniquement par l’atteinte du bien-être social. Le politicien est celui qui est investi d’une mission sociale et qui prend celle-ci comme un sacerdoce. Il est là plus pour donner que pour recevoir. S’il doit recevoir, ce ne peut être que la satisfaction ressentie après un devoir bien accompli. Sa récompense sera plus la conscience d’avoir participé à instaurer la paix, l’harmonie et la justice dans la société.

Il devra être une sentinelle pour ses concitoyens, un éveilleur de conscience qui tire le peuple de l’obscurité vers une admirable lumière. Faire de la politique, c’est aider le peuple à s’affranchir de toutes les servitudes qui pèsent sur lui et faire de lui une entité libérée, consciente d’elle-même, de ses capacités et de son devenir. Une entité tellement consciente et libérée qu’elle peut désormais prendre en main son propre destin.

Le politicien doit être à l’avant-garde de tous les combats pour la libération de son peuple et son affranchissement. Il devra se faire esclave pour libérer les siens, il devra s’appauvrir pour enrichir son peuple, il devra s’aveugler pour que des yeux de son peuple jaillisse une lumière éclatante. Lumière faite d’espoir, de réussites et de sensations positives qui l’emportent vers des contrées épanouissantes.

Le politicien devra s’écraser pour laisser exister son peuple, s’effacer pour le laisser passer et s’affirmer dans la pleine mesure de ses capacités. Faire de la politique, c’est se dépouiller de tout pouvoir, et le rendre au peuple, qui seul est digne et mérite d’avoir le pouvoir en main. Le véritable pouvoir est celui qui vient de la masse. Ainsi, toute cette race de « politiciens » véreux qui confisquent le pouvoir entre leurs mains et manipulent les populations au gré de leurs intérêts sont de mesquins usurpateurs.

Gérer la cité, c’est se faire sien parmi les siens. Ouvrir les vannes de l’espoir et de l’abondance au milieu d’un océan de misères, de roublardises, d’insécurités et d’échecs constants. Gérer la cité, c’est faire fructifier, multiplier à l’infini les fruits de tous les sacrifices consentis par le peuple et mis entre nos mains ; en prendre soin et faire en sorte que ces fruits multipliés profitent à tous sans discrimination ni parti pris, mais dans un esprit de confiance absolue et de justice pour tous.