NoËlle et Lui - Alban Bourdy - E-Book

NoËlle et Lui E-Book

Alban Bourdy

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Beschreibung

Paris. Noël approche. L'heure est à la célébration. Les lumières scintillent, des ombres rôdent. Les dés sont relancés, le hasard fait des siennes, les destins prennent forme, une violente tempête menace. La jeune orpheline Yolanda trouvera-t-elle comment guérir ses blessures et enfin vivre la vie à laquelle elle rêve ?

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Seitenzahl: 75

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Sommaire

Yolanda is coming to town

Au royaume du bonhomme hiver

Vive le vent

Sleigh ride

Winter wonderland

Baby it’s cold outside

Holy night

White christmas

I. YOLANDA IS COMING TO TOWN

Le boulevard Haussmann, cœur scintillant de la capitale en cette saison, commence sérieusement à s’activer. Les « Chauds les marrons ! » se mettent à fleurir devant les passages cloutés. Les pigeons ouvrent leurs yeux embués et essayent de gonfler leur plumage au maximum pour se faire un peu de chaleur.

Le froid pique. Les passants pressent le pas, sauf les plus contemplatifs qui oublient la température en admirant les spectaculaires et envoûtantes lumières multicolores des décorations de Noël. Yolanda est de ceux-là.

Il faut dire que c’est la première fois que la jeune béthunoise assiste à ce spectacle autrement que sur écran, c’est d’ailleurs la première fois qu’elle se rend à Paris pour un voyage d’agrément.

Elle est arrivée très tôt dans la matinée. Il faut dire qu’elle avait réservé une place dans le premier train de la journée.

Après avoir passé du temps dans un Starbucks autour d’un chocolat chaud, elle s’était jetée au dehors et avait conflué vers ce lieu qui était la raison de son voyage.

Elle a tenu à être sur place à l’ouverture des galeries marchandes pour éviter quelque peu la cohue qui s’annonce plus tard. Elle a gagné des bons d’achat d’une valeur cumulée de plusieurs centaines d’euros à utiliser dans les galeries parisiennes. Le tout grâce à un sondage par e-mail qu’elle croyait être une arnaque.

Ces bons d’achat ne sont valables qu’aujourd’hui 23 décembre. Elle attend ce jour depuis des semaines.

Nous sommes l’avant-veille de la Noël, ce qui suffirait à rendre le lieu bondé, mais vu qu’on est de surcroît un samedi, le coin promet d’être saturé dès la fin de matinée jusqu’à la fermeture des portes.

Pour l’heure, les portes vont bientôt s’ouvrir. Des personnes attendent ici depuis un moment en se pressant comme si on venait de sortir un album de Noël posthume de George Michael en édition limitée.

Ça joue quelque peu des coudes au moment où les premières personnes pénètrent dans les galeries. Il devrait y avoir là quelques anges ou elfes pour venir rappeler à ces braves gens que la raison de leur présence ici est Noël, et que leur comportement est indigne de l’esprit de cette fête. Diantre ! On n’est point dans un congrès politique devant désigner les prochains candidats à la primaire du parti.

Yolanda ne participe pas à la bousculade. Elle est restée en retrait en attendant que ça se tasse. Elle continue d’admirer les décorations et l’animation du boulevard. Elle se nourrit de tout ça par tous ses sens et tous les pores de sa peau, réussissant à bien faire abstraction des tumultueuses entrées des magasins.

Des vigiles interviennent en demandant aux gens de se calmer. La discipline se fait tant bien que mal et les clients entrent maintenant au compte-goutte.

Il faut dix bonnes minutes pour que l’afflux d’entrants ne soit plus constant. C’est à ce moment-là que Yolanda passe le seuil du fameux établissement.

Tout en se délectant de chaque détail, ses pas la portent directement dans le rayon des parfums. Très sensible aux fragrances depuis toujours, elle est comme aimantée par cette partie de la surface marchande. Elle hume des centaines de parfums, sans trouver véritablement satisfaction. La jeune femme aimerait trouver un parfum qui évoque Noël tout en pouvant être utilisé tout au long de l’année. Elle recherche une senteur qui aurait une touche féérique, mais même devant ce choix du roi qu’offre le magasin elle ne trouve rien de convaincant. Ce qui ne l’empêche pas de sélectionner trois bouteilles qu’elle place consciencieusement dans son panier rouge.

Une fois cette longue étape accomplie, elle oublie bien vite sa frustration et se met à flâner. Elle se retrouve devant le gigantesque sapin de Noël qui orne majestueusement le cœur de la galerie. Elle se place à la base de l’arbre et s’enivre à regarder vers la cime presque hors de vue.

Une grande félicité gagne son cœur. Elle retrouve ce bonheur qu’elle pensait envolé avec l’enfance, celui d’admirer un arbre de Noël comme si le sommet était mystérieux et inaccessible, peuplé de créatures enchantées veillant sur elle.

Lorsque l’effet diminue, elle reprend son exploration dans le magasin. Elle quitte bientôt l’étage des vêtements avec quelques robes dans son panier et un chemisier sous le bras.

La jeune femme a hésité à visiter l’étage de l’alimentation, elle ne le regrette pas en découvrant avec ébahissement toute la gamme Lindt. Pourtant grande amatrice de chocolat, elle ne connaissait pas la moitié du quart de tous les produits présents ici. Elle ne pourra pas sortir du rayon sans avoir pris une dizaine de tablettes et ballottins semblant tous plus extraordinaires les uns que les autres.

Alors qu’elle redescend les escalators, elle entend une vive clameur venir de la partie à sa droite de l’étage où elle arrive.

De cette intense clameur se distinguent des éclats de voix d’enfants, des rires, des bruits de cavalcade. On se croirait dans une cour de récréation. Yolanda pense que cela doit être un espace de jeux pour les enfants. Intriguée, elle s’en approche pour voir à quoi cela ressemble. Vu les sons qui en émanent et qui redoublent de volume à mesure qu’elle s’approche, cela doit être très amusant. Oh comme elle aimerait avoir encore accès à ces endroits… Quelle arnaque de grandir ! Il n’y a aucun endroit cool réservé aux adultes, que des lieux sordides, alors que plein de petits paradis sont réservés aux enfants.

Avec son presque mètre quatre-vingt et sa carrure, Yolanda ne peut pas se mêler à des enfants, même dans un square, sans que tout le monde la regarde d’un drôle d’air. Personnellement, elle pourrait s’en moquer, mais il se créé toujours une grande gêne qui fait que même si les enfants veulent bien jouer avec elle au début, ça ne dure jamais longtemps. Elle a alors la désagréable impression d’être un éléphant dans un jeu de quilles.

Alors que son pas s’accélère en approchant de la source du vacarme festif, elle croit défaillir en entendant la voix de son idole de toujours.

Ce n’est pas comme régulièrement, quand elle entend sa voix chanter ou parler à la radio ou à la télé. Non, elle a entendu au milieu de la clameur sa voix dire « Oui, allez, vas-y ! ». Elle a bien entendu cette voix comme présente et non en surimpression, elle était même quelque peu essoufflée.

Dans un état un peu second, elle continue de trottiner vers l’animation. Elle se convainc qu’elle a eu une hallucination auditive ou bien qu’il y a là un imitateur singeant la voix tant aimée.

Lorsque s’offre enfin à elle le spectacle vers lequel elle et de nombreux badauds convergent, elle croit encore à une hallucination, visuelle celle-ci.

La mâchoire inférieure lui tombe.

Son idole est bien là qui joue au foot avec des enfants en compagnie de Soprano. Il n’y a pas d’espace jeux pour les enfants, ce petit monde joue avec un ballon en plastique au beau milieu des rayons de jouets et autres jeux virtuels ou de société.

Yolanda se pince, mais la douleur est bien réelle. Réalisant la situation, elle sort son smartphone pour filmer la surréaliste scène. Diffusée en direct sur Instagram, la scène récolte un sacré paquet de petits cœurs.

Son idole, c’est Patrick Bruel, et celui-ci va même lui adresser un sourire lorsqu’elle va avec enthousiaste applaudir le retourné acrobatique d’un enfant.

Se sentant pousser des ailes, elle range son téléphone et demande aux deux stars si elle peut jouer avec eux.

Les spectateurs autour la regardent avec réprobation. Bruel et Sopra sont un peu éberlués par la demande mais ils y acquiescent avec un peu d’hésitation. Le rappeur articule : « Oui, euh, pourquoi pas ? ». Son idole se contente d’un hochement de tête.

On lui demande si elle veut jouer dans l’équipe de l’un ou de l’autre des artistes, la réponse est bien sûr affirmée sans la moindre hésitation.

Yolanda se jette alors à fond dans la partie. Une fois la balle récupérée, elle commence par effectuer un une-deux avec l’enfant qu’elle vient d’applaudir pour son retourné, puis elle réussit sous les vivats un petit pont sur un Soprano incrédule.

Dotée d’une bonne technique balle au pied, la jeune femme ne peut toutefois pas poursuivre son effort comme elle le voudrait, son léger embonpoint l’empêchant de courir comme elle le voudrait.

De toute façon, un vigile vient siffler la fin de la récréation en lui signifiant qu’il ne peut y avoir que les deux stars comme adultes, sinon ce ne doit être, pour des raisons de sécurité, que des enfants de moins d’un mètre cinquante.